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20e anniversaire de la «Crise d'Oka»Le 11 juillet 2010 sera le 20e anniversaire de la « Crise d'Oka ». Ces événements d'il y a vingt ans avaient été provoqués par l'intransigeance de l'État canadien et l'abandon de ses obligations envers les droits ancestraux et les droits issus de traité des Mohawk de Kahnawake, au point de recourir à la force armée contre eux et leurs supporters. En cette occasion, Le Marxiste-Léniniste demande à tous les Canadiens et Québécois de continuer de s'informer et de soutenir la lutte des Premières Nations pour des relations de nation à nation, et pour une indemnisation pour les politiques de génocide de l'État canadien à leur endroit. Nous reproduisons ci-dessous une déclaration émise deux ans après les événements d'Oka par les Mères de clan et le Conseil des chefs des Mohawk de Kahnawake qui aide à situer la « Crise d'Oka » de 1990 dans son contexte et à voir les rapports de nation à nation qu'il faut établir pour rendre justice aux Premières Nations.
Déclaration au sujet de la «Crise mohawk de 1990»Les Rotinonson :ni sont un peuple souverain. Avec l'arrivée des puissances européennes en Amérique du Nord, la paix fut établie selon une entente, le Traité du wampum à deux rangs. Ce traité fut établi entre les Rotinonson :ni et les Hollandais et les Britanniques en Amérique du Nord. Cette entente est un traité de paix, d'amitié et de respect. Une grande paix fut ainsi établie entre nations souveraines. Il fut aussi entendu qu'advenant qu'une autre puissance ou nation viendrait menacer cette paix, les nations participantes à ce compact interviendraient pour protéger le peuple et rétablir la paix. Avec la formation du Dominion du Canada, le peuple canadien hérita naturellement de la responsabilité de ses prédécesseurs britanniques envers cette entente de paix. Notre peuple, les Rotinonson :ni, a continué de favoriser cette entente initiale avec les nouvelles autorités canadiennes. Nos nations demeuraient en paix mutuelle et il n'y avait pas lieu d'attendre une menace de la part de nos voisins pacifiques puisque le Traité du wampum à deux rangs était et est toujours perçu comme sacré. Tous les membres de cette entente avaient prêté serment de soutenir et de protéger cette Grande Paix advenant toute menace potentielle. Le temps passa et, présumant que notre traité international nous protégerait, les Rotinonson :ni devinrent victimes malgré eux d'assujettissement aux mains de la nouvelle Autorité canadienne. Le système des Conseils de bande élus fut imposé à notre peuple avec l'aide de la police du Dominion et de la force des armes comme tactique, ce qui força notre gouvernement traditionnel et nos gens traditionnels à fonctionner dans la clandestinité. Depuis ce temps, des méthodes encore plus exécrables ont été utilisées pour éliminer la souveraineté légitime des Rotinonson :ni et de leur gouvernement. Ces méthodes entravent jusqu'à ce jour notre capacité de voir à nos affaires. Les principes de paix qui avaient inspiré nos lois originales et nos institutions gouvernementales avaient aussi inspiré l'entente sacrée du Traité du wampum à deux rangs à laquelle adhéraient toutes les nations participantes. Un terrain d'entente fut établi lorsque nos ancêtres comprirent et acceptèrent que ce traité serait garant de paix et du bien-être des peuples de nos nations. Force est de conclure que l'agression armée contre notre peuple à Kanesatake le matin du 11 juillet 1990, par un détachement d'agents de la Sûreté du Québec armés jusqu'aux dents, était en violation de notre entente historique, le Traité de paix et d'amitié du wampum à deux rangs. Les Rotiskenenkehte ont immédiatement réagi afin de protéger la paix et empêcher une autre attaque contre notre peuple à Kanesatake. L'accès au pont Mercier fut bloqué à partir des routes 138, 132, 297 et du vieux chemin de Châteauguay. L'accès vers ces routes à partir du pont Mercier fut aussi bloqué, avec pour conséquence pratique d'empêcher tout passage sur ces routes à l'exception des véhicules d'urgence tels les ambulances et les camions de pompiers. Tout véhicule appartenant à la Sûreté du Québec et à la GRC se vit aussi refuser accès à ces routes. Cette mesure fut prise en réaction à l'assaut contre notre peuple à Kanesatake et en tant que mesure dissuasive. Dû à l'absence de relations formelles entre nos deux nations, relations qui relèvent d'une responsabilité mutuelle selon notre Traité sacré du wampum à deux rangs, aucune autre alternative était envisageable qui permettait d'assurer la sécurité de nos deux peuples en conflit à Kanesatake. Vu l'escalade de la violence contre notre peuple, vu l'utilisation d'armes et de l'agression armée par les agresseurs, et face à l'indifférence à l'égard du principe de coopération dans le maintien de la paix et de la sécurité dans l'enceinte de nos territoires prévu par nos traités, il était et demeure justifié que les Rotiskenenkehte prennent les mesures nécessaires contre un recours à la force qui pourrait menacer la paix et la sécurité de notre peuple, nos lois et nos territoires, y inclus le recours à des armes de défense, à des fins défensives, tel que stipulé par les lois de notre peuple concernant les restrictions, l'usage et l'entreposage de telles armes. Les Rotiskenenkehte eurent aussi recours à des barricades et à des équipements à cet effet, dans l'unique but de maintenir la sécurité et la paix et de dissuader tout assaut violent contre notre peuple. Ces mesures furent aussi justifiées en raison de la violence utilisée contre nous par la Sûreté du Québec, la Gendarmerie royale et les Forces armées canadiennes tout au long de cette situation difficile. Ces actes ainsi que ceux commis par nos forces de réserve pour éliminer et dissuader les menaces à la paix contre notre peuple furent et demeurent justifiés aux yeux de notre constitution (Kaienerekowa) et nos lois (articles concernant spécifiquement les responsabilités de nos hommes et de nos femmes), et selon les traités historiques entre nos deux nations. Nous mettons aujourd'hui l'accent sur l'importance de renouveler les relations pacifiques entre nos deux nations. Nous souhaitons l'initiation de négociations pacifiques dans le but de trouver un encadrement à ces discussions. Nous invitons les autorités canadiennes à prendre note des intentions pacifiques des Mohawks de Kahnawake, à assurer et maintenir la paix au sein de nos communautés et à éviter des situations qui pourraient remettre en cause la paix qui existe entre Kahnawake et le peuple du Québec et du Canada. Il est proposé que toute action menée en violation de la juridiction des Mohawks de Kahnawake cèdent la place à l'initiation de ces négociations de paix que nous proposons, en tant que mesure conforme à notre traité sacré, lequel est conforme aux principes universels de paix et de coopération. Tel que résolu en ce jour, le 14 octobre 1992, à Kahnawake, comme en fait foi notre procès-verbal. Les Mères de clan et le Conseil des chefs, Rotinonson :ni, Kahnawake (Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste) Oka, Québec Les Mohawks de Kanesatake disent non à l'exploitation de niobium sur les terres ancestralesLa société minière Niocam Inc. cherche depuis douze ans à exploiter le niobium près de la ville de Oka, dans le sud du Québec. Beaucoup d'objections ont été soulevées par les communautés concernées, dont les résidents d'Oka et les Mohawks de Kanasetake. Cette région fait l'objet d'une réclamation territoriale non réglée, une situation qui a été portée à l'attention du monde entier lors de la « Crise d'Oka » de 1990, lorsque des promoteurs avaient tenté de déposséder les Mohawks de leurs terres ancestrales pour y construire un terrain de golf. Le Marxiste-Léniniste dénonce ces tentatives répétées de vol des terres des Premières Nations et lance l'appel à tous à appuyer les Mohawks de Kanesatake dans leur lutte pour l'affirmation de leurs droits ancestraux, pour s'opposer au projet minier et pour une juste résolution de leurs revendications territoriales. Dans un communiqué du 9 juin, le Conseil mohawk de Kanesatake jette catégoriquement l'idée du projet d'exploitation du niobium. La société Niocam voudrait établir la mine sur un terrain qui fait partie de la seigneurie du Lac des Deux-Montagnes. « Notre position est claire. Nous n'accepterons jamais que nos terres soient exploitées sans notre consentement et de façon nuisible à l'environnement », soutient le grand chef Paul Sohenrise Nicholas. Cette opposition du Conseil mohawk a été transmise au gouvernement québécois qui doit incessamment statuer sur la demande de certificat d'autorisation formulée par Niocan au ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP). Le communiqué continue comme suit : « Le Conseil de Kanesatake rappelle que tout le territoire de la seigneurie du Lac des Deux-Montagnes, incluant la région choisie pour l'exploitation minière, fait l'objet d'une négociation territoriale avec le gouvernement fédéral. Tant qu'une entente n'aura pas été conclue, les gouvernements doivent imposer un moratoire à tout projet de développement qui pourrait avoir un impact négatif sur les droits des Mohawks. « Aussi, le Conseil tient à souligner que des doutes sérieux ont été soulevés par de nombreux experts quant aux impacts que peut engendrer l'exploitation de niobium sur l'environnement et sur la santé publique. Les nombreux polluants, les radiations émises par la mine, les gaz, le bruit, la poussière et la possibilité d'impacts considérables sur le réseau hydrographique naturel de la région pourraient avoir des conséquences désastreuses pour l'environnement et la santé des familles qui vivent à proximité. « Pour toutes ces raisons, le Conseil Mohawk dit « non » au projet de Niocan. Les Mohawks de Kanesatake n'ont jamais consenti à ce projet, n'ont jamais été sérieusement consultés et continuent à s'y opposer fermement », précise le grand chef Nicholas. Une article de Mining Watch relève les dangers que représente cette mine pour l'environnement : * Consommation et contamination des eaux souterraines Une pétition à l'Assemblée nationale du Québec a été lancée jusqu'au 25 août pour bloquer le projet d'exploitation minière. Nous en reproduisons le texte ci-dessous. Pour la signer, cliquer ici. Pétition
ATTENDU QU'il y a un flagrant conflit d'usage entre la vocation agrotouristique et agroalimentaire de la région d'Oka et l'établissement d'une mine de niobium ; ATTENDU QUE les citoyens de la paroisse d'Oka se sont déjà prononcés à 62 % contre le projet minier le 16 avril 2000 ; ATTENDU QUE le projet de mine se situe à proximité d'un parc national, d'une école secondaire et de nombreuses résidences ; ATTENDU QU'aucun des cinq ministres du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs qui se sont succédés n'a autorisé Niocan à développer son projet malgré les demandes répétées dudit promoteur minier depuis douze ans ; ATTENDU QUE Niocan entend rejeter annuellement quelque 30 kg de déchets radioactifs dans le ruisseau Rousse, qui se déverse dans la Grande Baie du lac des Deux-Montagnes, celui-ci alimentant en eau les municipalités environnantes ; ATTENDU QUE ce même ruisseau s'écoule dans un milieu protégé riche en espèces animales et végétales, dont certaines sont menacées ; Nous, soussignés, résidents d'Oka, des municipalités limitrophes et du Québec, demandons au gouvernement du Québec de s'engager à protéger le milieu agricole, résidentiel, récréotouristique et écologique d'une grande valeur que représente la région d'Oka contre tout projet de développement minier actuel ou futur.
Les Premières Nations de la Colombie-Britannique: «Non à l'oléoduc d'Enbridge!»![]() Kitimat, Colombie-Britannique, le 28 mai 2010 (Ian McAlister/ILCP) Plus de 500 autochtones, autres résidents du nord et porte-paroles élus se sont rassemblés à Kitamaat sur la côte de la Colombie-Britannique le 28 mai pour s'opposer à l'oléoduc du passage nordique, un projet d'oléoduc qui transporterait le mazout des sables bitumineux de l'Alberta jusqu'au port en haute mer de Kitamaat afin de l'expédier outre-mer au moyen de super-pétroliers. Le rassemblement, organisé par les Premières Nations Haïsla et Gitga'at, a eu lieu deux jours après qu'Enbridge ait déposé une demande pour un tel projet. Une affiche de 16 pieds sur laquelle est écrit : « Nous disons non à Enbridge » a été érigée aux périphéries du rassemblement. « Jour après jour, de plus en plus de gens, provenant de toutes les couches de la société, s'unissent pour mettre un terme à ce dangereux projet. Le message qu'ils envoient ne peut pas être plus clair : il n'est pas question que des fuites de mazout viennent détruire notre territoire », selon Gérald Amos, un conseiller haïsla et organisateur de l'événement. « Aujourd'hui, les Premières Nations côtières réaffirment leur déclaration à l'effet que nous ne permettrons pas que le pétrole des sables bitumineux circule sur nos terres et sur nos eaux. Le fait qu'Enbridge maintient son projet à l'encontre de notre déclaration démontre un manque de respect qui ne sera pas toléré », a dit Art Sterritt, secrétaire général des Premières Nations côtières. « L'Union des chefs indiens de la Colombie-Britannique est fière de se tenir fermement solidaire avec toutes les Premières Nations qui défendent l'intégrité de leurs titres et de leurs droits autochtones contre les menaces environnementales que fait planer le Northern Gateway Pipeline », a dit le grand chef Stewart Phillip, président de l'Union des chefs indiens de la Colombie-Britannique (UBCIC). « Le poisson nous est essentiel – nous sommes un peuple qui vit de poisson », a dit le chef Larry Nooski, de la Première Nation Nadleh Whut'en. « Nous devons nous tenir collectivement et dire non à Enbridge. Nous ne voulons pas d'une autre fuite de mazout. Il y en a eu suffisamment. » En mars, à l'occasion du 21e anniversaire de la catastrophe du Exxon Valdez, plus de 28 Premières Nations ont déclaré qu'elles ne permettraient pas que le projet d'oléoducs jumelés de 1 170 km d'Enbridge transporte du pétrole des sables bitumineux sur leur territoire. Parmi elles se trouvent les Premières Nations des territoires Carrier Sekani et Wet'suwet'en dont les terres ancestrales seraient violées par les oléoducs ainsi que les Premières Nations qui s'inquiètent des effets négatifs sur les rivières d'aval et sur les eaux côtières dont elles dépendent. Enbridge a déposé une demande pour la construction de deux oléoducs parallèles liant les sables bitumineux de l'Alberta aux côtes de la Colombie-Britannique. Les oléoducs proposés pourraient transporter jusqu'à un million de barils de pétrole brut par jour ainsi que 193 000 barils par jour de produits condensés industriels utilisés pour extraire et pour transporter le pétrole des sables bitumineux. Enbridge se propose aussi de construire de nouvelles installations près de Kitimat pour expédier le mazout par pétrolier vers l'Asie et les États-Unis. On estime que ce projet pourrait voir plus de 200 pétroliers par an naviguer dans les eaux aux extrémités du détroit de Douglas. Les faits confirment que transporter de vastes quantités de mazout sur de grandes distances mènera, tôt ou tard, à des fuites. Selon un estimé fondé sur un bilan d'études antérieures de fuites d'oléoducs et de pétroliers, on peut prévoir que le projet d'oléoduc du passage nordique créerait un risque de fuite majeure en moins de 16 ans ainsi que des fuites secondaires entre-temps. En particulier, dans le contexte de la catastrophe actuelle dans le golfe du Mexique, les peuples autochtones de la Colombie-Britannique sont déterminés à respecter leur engagement envers la Mère Terre en refusant de permettre que ce projet d'oléoduc ne se réalise. Résolution
du
Conseil
des
chefs de l'Union
des chefs indiens de la Colombie-Britannique - les 17 et 18 mars 2010 - OBJET : Le projet d'oléoduc d'Enbridge ENTENDU QU'Enbridge propose la construction de deux oléoducs parallèles de 1 170 kilomètres en Alberta et en Colombie-Britannique dans le but d'exporter du mazout brut et autres produits pétroliers ; ENTENDU QUE ces oléoducs traverseraient 1 000 ruisseaux et rivières et mèneraient au transport de 525 000 barils de mazout brut par jour, de 193 000 barils de produits condensés par jour, et à la circulation de 225 pétroliers par année voyageant près des territoires des Nations vivant le long des routes des oléoducs et des pétroliers ; ENTENDU QUE le projet d'oléoduc du passage nordique d'Enbridge expédiera par pétrolier des produits de mazout dans nos eaux côtières ; ENTENDU QUE les Premières Nations ont exercé une juridiction incontestée, souveraine et absolue sur leurs territoires, leurs ressources et leur vie, incluant le droit de gérer leurs territoires et leurs eaux ; ENETENDU QUE les traditions et les lois des Premières Nations définissent nos responsabilités qui consistent à défendre nos terres et nos eaux ; ENTENDU QUE les Premières Nations de la Colombie-Britannique n'ont pas l'intention de mettre leurs territoires à risque par l'oléoduc du passage nordique d'Enbridge et le va-et-vient des pétroliers de mazout brut ; IL EST RÉSOLU que le Conseil des Chefs de l'UBCIC s'oppose au projet d'oléoduc d'Enbridge dans le passage nordique.
Palestine La Conseil des droits de l'homme
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