Le Marxiste-Léniniste

Numéro 120 - 8 juillet 2010

Entente de principe à Vale Inco

Non aux ententes secrètes!
Une entente équitable tout de suite!


Sudbury, le 13 janvier 2010, à six mois de grève à Vale Inco.

Entente de principe à Vale Inco
Non aux ententes secrètes! Une entente équitable tout de suite!

Post-sommets G8/20
Défendons le droit de nous opposer aux politiques antipeuple du G8/20 et du gouvernement canadien
Toutes les accusations doivent être abandonnées et tous les détenus libérés!
Les services de la Police de Toronto bloquent les témoignages des citoyens à «l'enquête civile indépendante»
Manifestations partout au Canada pour exiger la libération des détenus et la tenue d'une enquête publique indépendante

Accueil | Archives | English

Entente de principe à Vale Inco

Non aux ententes secrètes!
Une entente équitable tout de suite!

Le Syndicat des métallos a émis un communiqué dimanche le 4 juillet dans lequel il annonce qu'une entente de principe de cinq ans a été conclue entre Vale Inco et la section 6500 représentant les travailleurs de Sudbury et la section 6200 représentant les travailleurs de Port Colborne. Tout ce que l'on sait, c'est qu'un protocole d'entente a été signé le 5 juin et que l'entreprise a refusé de reprendre les neuf travailleurs congédiés injustement et contre lesquels aucune accusation au criminel n'a été portée. Les travailleurs connaîtront le contenu de l'entente lors d'assemblées qui ont lieu aujourd'hui à Sudbury et à Port Colborne. Les syndiqués sont également appelés à ratifier l'entente dans ces assemblées. On sait aussi que la Commission des relations du travail débute ses audiences le 9 juin sur le cas des travailleurs congédiés, soit un jour après le vote de ratification, sur les voies de règlement du conflit portant sur le refus de Vale de reprendre les neuf travailleurs congédiés pour prétendues enfreintes au « code de conduite » de l'entreprise sur les lignes de piquetage.

Les travailleurs sont en grève depuis bientôt 11 mois et demi contre une entreprise qui s'est montrée intransigeante et brutale. Même si les grévistes ne savent pas encore quoi penser d'une entente qu'ils n'ont pas encore lue, les « blogueurs de Vale » disent déjà que les jeux sont faits et que l'entente doit être approuvée parce que les travailleurs n'ont pas le choix. Le Marxiste-Léniniste n'est pas d'accord. Il faut établir un processus qui permette aux travailleurs d'aller au fond des choses, sinon il est à craindre qu'on présente aux syndiqués l'entente sous un jour favorable pour créer un climat de faux enthousiasme et ainsi éclipser l'examen sérieux de l'entente. Nous souhaitons sincèrement que l'entente de principe soit une bonne entente mais pourquoi tout ce secret si tel est le cas ?

Le Marxiste-Léniniste félicite une fois de plus les travailleurs qui ont démontré un grand courage dans la lutte pour obtenir une entente équitable et il faut tout faire pour que les travailleurs congédiés soient repris. Leur cause est la cause de tous les travailleurs. Il faut les appuyer afin de faire pression sur la Commission des relations du travail pour qu'elle ne se soumette pas au diktat de l'entreprise et son « code de conduite ».

À titre d'information : Pourquoi les travailleurs sont en grève

Concessions sur les règles de travail : Vale s'est présenté à la table de négociations l'an dernier en demandant de limiter les droits d'ancienneté dans les cas de transfert de main-d'oeuvre et en disant que l'entreprise ne pourrait pas survivre si elle n'avait pas le champ libre pour réorganiser ses opérations de Sudbury. C'est une demande absurde quand on sait que Sudbury produit 83 500 tonnes métriques de nickel par an, soit 31 % de la production de nickel mondiale de l'entreprise. Vale n'en soutient pas moins que la restructuration et la réorganisation de ses opérations mondiales de nickel en une « opération unifiée d'extraction, de fonderie et de raffinage » demeurent essentielles pour son plan d'affaires.

Concessions sur les primes sur le nickel : Vale a aussi demandé à en juillet que la prime sur le nickel n'entre en vigueur qu'à partir du moment où le nickel se vend à 5 $ la tonne et non plus à 2,25 $ la tonne et il a demandé un plafond sur les primes même si s'il faut attendre que le prix de vente soit plus élevé.

Concessions sur les fonds de pension : Vale exige que les nouveaux engagés soient exclus du fonds de pension à prestations déterminées et placés sur un fonds d'épargne embelli appelé à tort « fonds de pension à contributions déterminées ». Le fonds actuel à prestations déterminées paie en moyenne 3300 $ par mois après 30 ans de services et cela jusqu'au décès du travailleur retraité. L'offre « généreuse de Vale » d'un fonds à contributions déterminées mènerait à des prestations bien moindres après 30 ans de service, soit environ 145 000 $ au total, ce qui ne durerait que quatre ans si le montant mensuel est maintenu à 3300 $. Tout cela bien sûr à condition que les rendements sur les investissements le permettent et qu'il n'y ait pas d'effondrement financier comme on vient d'en connaître.

Pas surprenant que les travailleurs de Sudbury aient voté à 85 % et ceux de Port Colborne à 95 % contre les demandes de concessions de Vale en juillet dernier. Vale, en mars de cette année, a présenté une autre offre. La compagnie insistait encore pour avoir les mains libres dans la restructuration de ses opérations ; elle demandait toujours que les nouveaux engagés soient exclus du fonds de pension à prestations déterminées et elle réitérait sa demande de concessions sur les primes du nickel. Le vote contre cette offre à Sudbury a été de 88,7 %, un pourcentage encore plus élevé que lors du vote de juillet 2009 !

À ce point-ci de la grève, Vale dit qu'il ne va pas reprendre les neuf travailleurs congédiés pour soi-disant violation du « code de conduite » de l'entreprise. Steve Ball, le porte-parole de l'entreprise, a dit que les travailleurs avaient eu la chance de justifier leur conduite sur les lignes de piquetage, qu'ils avaient refusé de s'expliquer et avaient donc été congédiés. Le directeur du District 6 des métallos, Wayne Fraser, a offert de confier le sort des travailleurs congédiés à l'arbitrage exécutoire mais Vale a refusé en disant que l'application de son code de conduite est sa prérogative et que la convention était échue, ce qui exclut l'arbitrage exécutoire comme voie de règlement du problème.


Sudbury, le 20 mai 2010: Manifestation contre l'inaction du député Rick Bartolucci.

L'irrationalité règne en maître chez Vale. Aucun de ces travailleurs n'a été accusé de quelque crime que ce soit et pourtant Vale insiste pour dire qu'il a le « droit » de congédier des membres de la section 6500 pour violation de son « code de conduite » et cela même si les travailleurs n'avaient plus de convention et qu'ils étaient en grève ! C'est totalement inacceptable qu'une compagnie agisse ainsi en toute impunité parce qu'elle a écrit son propre « code de conduite ». Référer cette question à la Commission des relations du travail est également risqué parce que la commission n'est pas neutre, quoi qu'on en dise. Le fait qu'elle refuse toujours de compter les bulletins de vote d'accréditation syndicale des enseignants et du personnel de soutien à temps partiel des collèges de l'Ontario le confirme. Les travailleurs doivent intensifier leur appui à la juste cause de ces travailleurs congédiés.

Une entente équitable tout de suite !
Un pour tous et tous pour un !
Un jour de plus, un jour plus forts !

Haut de page


Post-sommets G8/20

Défendons le droit de nous opposer aux politiques antipeuple du G8/20 et du gouvernement canadien

Le Marxiste-Léniniste est résolument du côté de tous ceux qui défendent le droit de s'opposer aux politiques antipeuple des institutions impérialistes illégitimes comme le G8/20 et du gouvernement canadien. Le sentiment général en ce moment est qu'on ne doit pas laisser les gouvernements et les forces policières s'en sortir avec leur démonstration de violence fasciste contre les manifestations lors des sommets du G8/20. Des manifestations ont lieu partout au Canada pour exiger une enquête publique indépendante sur la violence policière, la démission du chef de police de Toronto, la libération de tous ceux qui ont été arrêtés et l'abandon des accusations portées. L'objectif plus général de ces actions est de faire avancer la lutte contre l'offensive antisociale et les politiques annexionnistes et guerrières du détesté gouvernement Harper. Tous ceux qui ont été arrêtés et soumis à l'abus et à la violence doivent être compensés. De plus, à notre avis, il faut discuter du mandat de l'enquête publique.

Le Marxiste-Léniniste réitère que le problème avec la répression policière n'est pas l'excès ou la démesure mais bien le fait que cette violence fasciste a été préméditée et que l'objectif visé est d'étouffer l'opposition aux politiques de ces sommets impérialistes. La violence déclenchée contre la population fait partie de la fascisation de l'État. Le problème est que nous sommes confrontés à une autorité fondée sur la violence et l'agression mais qui veut aussi être le juge de ce qui est « pacifique » et « légitime » comme protestation. L'État canadien se livre ouvertement à une activité criminelle et foule aux pieds toutes les normes de comportement civilisé et de justice en faveur du droit de monopole et du diktat impérialiste. Qu'il s'agisse de l'invasion et de l'occupation de l'Afghanistan et des préparatifs de guerre contre la Corée et l'Iran, de l'invasion militaire de Haïti et sa transformation en une base pour l'agression étasunienne en Amérique latine et dans les Caraïbes sous prétexte d'aide humanitaire, de l'appui aux agissements illégaux et meurtriers de l'État d'Israël contre le peuple palestinien ou des attaques sans retenue contre les travailleurs et les plus vulnérables ici au Canada, il est évident que les Canadiens ont affaire à un pouvoir d'État qui manque de légitimité et qui devient de plus en plus ouvertement l'instrument de l'anarchie et de la violence pour le compte des riches et de l'impérialisme américain. Les sommets du G8/20, avec leurs déclarations de guerre contre les peuples, leurs plans pour transférer le fardeau de la crise sur le dos des travailleurs et des peuples opprimés et de poursuivre leurs provocations contre l'Iran et la République populaire démocratique de Corée sous de faux prétextes, sont en soi la manifestation d'un système qui n'a que le pouvoir de l'agression et de la violence pour défendre les intérêts étroits des riches et des impérialistes.

Il y a une grave contradiction quand l'État qui est la source de l'agression et de la violence se proclame également juge et défenseur de la protestation légitime et pacifique. En tant que pouvoir qui recourt à la violence pour avancer les intérêts de ceux qu'il représente, il est naturel qu'il considère la tenue de ces sommets comme des occasions idéales pour pratiquer la terreur et la désinformation contre la population. Il est prévisible qu'il utilise la violence et blâme les manifestants pour la violence, qu'il tente de faire passer pour un acte illégal l'opposition politique au « droit » des pays du G8/20 d'exploiter et d'opprimer. C'est ce que les gens de Toronto ont vécu directement et que les peuples du monde ont vu à la télévision. Cela provoque la colère mais aussi et surtout la recherche urgente de solutions face à une autorité qui méprise la primauté du droit fondée sur le droit public.

Il faut commencer par identifier et dénoncer la vraie source de la violence : l'État canadien et les intérêts qu'il représente. Puis nous devons exiger que tous ceux qui sont encore détenus soient immédiatement libérés et que toutes les accusations soient abandonnées. Nous devons donner toute l'aide nécessaire aux jeunes qui défient le diktat de ces sommets impérialistes et cette répression d'État. C'est le premier devoir des travailleurs industriels, qui sont la cible principale de l'incohérence imposée à la société.

Haut de page


Toutes les accusations doivent être
abandonnées et tous les détenus libérés!

Selon la police de Toronto et le Comité de défense du mouvement (MDC), environ 1 105 personnes ont été arrêtées en lien avec les manifestations contre les sommets du G8/G20 à Toronto. Plusieurs d'entre elles n'ont pas été arrêtées durant une manifestation mais placées en détention suite à des descentes à domicile. Sur le total des détenus :

- 113 ont été arrêtés pour avoir « troublé la paix » mais relâchés sur les lieux sans inculpation;
- 714 ont été arrêtés pour avoir « troublé la paix » et relâchés sans inculpation en 24 heures;
- 263 ont été arrêtés et font toujours face à des inculpations;
- 15 ont été libérés sous promesse de comparaître;
- 17 personnes étaient toujours détenues en date du mardi 6 juillet, bien que la prison temporaire sur l'avenue Eastern soit fermée depuis lundi le 28 juin. Parmi elles, l'activiste montréalais Jaggi Singh recherché par mandat à Toronto, qui s'est rendu mardi matin.

Mardi, les 17 personnes toujours détenues ont comparu en cour à Toronto pour leurs audiences de caution. Un personne s'est vue accorder une caution et a été libérée après un dépôt de 30 000 $ tandis qu'une autre s'est vue refuser la caution. Une audition de groupe pour la caution de 15 autres a débuté mardi ; la poursuite a présenté sa preuve et maintenant c'est au tour de la défense. La nature politique de la poursuite et des détentions est masquée par les appellations des inculpations, qui incluent : conspiration pour troubler la paix, dommage à la propriété de plus de 5 000 $, conspiration pour assaut sur policier et conspiration pour entrave au travail de la police.

Les activistes ont tenu une conférence de presse le 5 juillet à la bibliothèque Parkdale où ils ont réitéré l'appel à une enquête publique indépendante sur la violence policière lors des sommets et demandé la libération de tous ceux qui font toujours face à des accusations en lien avec le G20.

« Ces individus qui ont été arrêtés sont clairement des prisonniers politiques », a dit l'avocat Ryan White du MDC. Ils « ont été pris dans les manoeuvres de l'État pour étendre démesurément les pouvoirs policiers et ils doivent être libérés dès que possible ». Il a soutenu que ces manifestants ont été placés en détention « précisément à cause de leur position politique ».

En ce qui concerne la position arrogante du chef de la police de Toronto, Bill Blair, que si quelqu'un a un problème avec la façon dont ont agi les forces de sécurité, il n'a qu'à faire connaître ses doléances par les mécanismes normaux de plainte, Ryan White a qualifié cette position de grotesque : « Vous ne pouvez violer les droits de manière préventive puis demander aux citoyens de régler cela plus tard. »

L'infirmière Sarah Reaburn a parlé au nom de Toronto Street Medics, qui est formé d'environ 100 volontaires pour offrir les premiers soins aux manifestants blessés. Elle a dit que les infirmiers de rue étaient ciblés et harcelés par la police alors qu'ils essayaient de prodiguer les premiers soins. Plusieurs ont été détenus, dont un travailleur du Service médical d'urgence de Toronto (EMS). L'un d'entre eux fait face à plusieurs chefs d'accusation, a-t-elle dit, dont une fausse accusation de possession d'une arme dissimulée pour avoir transporté des ciseaux à bandages. Reaburn a dit que les bénévoles étaient préparés pour des « situations extrêmement difficiles » mais n'ont pas anticipé la gravité des centaines de blessures qu'ils ont eu à soigner, comme des bras brisés, des lacérations causées par les boucliers anti-émeute et un doigt écrasé. Elle a aussi traité un jeune homme avec une blessure à la tête qui montrait des symptômes de choc après avoir été frappé par un bâton de la police. « En dépit de nombreuses demandes d'aide à la police pour nous assister dans son transfert, nous étions incapables de le faire transférer aux services ambulanciers », a-t-elle dit. « Je l'ai finalement transféré avec de l'aide sur une planche à sandwich que nous avons empruntée à une boutique et nous l'avons placé à l'arrière d'un camion à légumes » pour l'amener à une ambulance. Les infirmiers ont continué leur travail, aidant les individus arrêtés à retrouver les médicaments disparus durant leur détention.

Des représentants du Conseil des Canadiens, d'Asian Canadian Labour Alliance et de Jane and Finch Action Against Poverty ont aussi parlé en défense des prisonniers politiques lors de la conférence de presse.

(Correspondants du Marxiste-Léniniste, Comité de défense du mouvement, Toronto Star, CTV News)

Haut de page


Les services de la Police de Toronto
bloquent les témoignages des citoyens
à «l'enquête civile indépendante»

Le Conseil des services de la police de Toronto, lors d'une rencontre spéciale le 6 juillet, a annoncé la mise sur pied d'une « enquête civile indépendante » (Independent Civilian Review, ICR) sur le travail de la police lors du Sommet du G20 à Toronto. Selon le rapport du président du conseil, Alok Mukherjee, approuvé à la rencontre, le mandat de l'ICR sera d'examiner « la surveillance, la gestion, la responsabilité, la transparence ainsi que les questions de communication et de supervision résultant du... service d'ordre du sommet du G20 ». Mukherjee a dit que l'enquête déterminera si les règles sur les droits humains et l'utilisation de la force par la police de Toronto ont été suivies durant le G20. Mukherjee est responsable de la définition des termes de référence, qu'il doit soumettre au conseil dans deux semaines, et de faire une recommandation pour le poste de « critique » pour présider l'enquête.

Le conseil a dit que l'enquête n'acceptera pas les témoignages publics dans la définition des termes de référence ou dans la sélection de la personne qui dirigera l'enquête, rapporte Toronto Media Co-op. Cette décision a été accueillie par des cris de « Honte ! » de la tribune publique où se trouvaient quelque 60 personnes, une indication de la grande consternation du public face à l'impunité et à la violence de la police durant le sommet. Plusieurs parmi l'auditoire ont exprimé des craintes que si les termes de référence sont trop limités ou si la mauvaise personne est choisie pour diriger l'ICR, la police n'aurait pas véritablement de comptes à rendre lors de l'enquête. « C'est comme rendre la souris responsable du fromage ! », a hurlé une personne dans la salle.


Des membres du public réclament justice à la réunion de la Commission des services policiers de Toronto le 4 juillet 2010. (Kevin/Toronto Media Co-op)

Un membre du public présent lors de la rencontre a dit au Marxiste-Léniniste que s'il y a un tel tollé populaire en faveur d'une enquête indépendante, c'est que les gens veulent que justice soit faire pour tous ceux qui ont été assaillis, détenus et qui ont eu leurs droits violés lorsqu'ils ont exercé leur droit de manifester ou de simplement vaquer à leurs affaires. Il a dit que « le public n'acceptera pas une 'enquête' symbolique qui, comme les G8/20 non démocratiques contre lesquels ils protestaient, sert à les exclure, à protéger ceux qui ont perpétré la violence et à préserver le statu quo. Ils n'accepteront pas un processus qui nie la justice au lieu de la rendre, comme tant d'enquêtes sur les malversations de la police ont fait dans le passé. »

Une autre personne a dit au Marxiste-Léniniste qu'à la lumière de la criminalisation des citoyens en raison de la pauvreté ou de la race, « ce qui a eu lieu durant les sommets n'est pas une aberration mais un accroissement de l'impunité et de la violence de la police et cela fait partie de la soi-disant démocratie canadienne ». Une personne à la rencontre, citée par le Toronto Media Co-op, a déclaré : « Je les ai vus abuser et battre plusieurs de mes amis, j'ai été illégalement fouillé, un ami a été touché par un Taser et sa tête a été fendue par un flic. Comme c'est là, les quartiers dans cette ville sont très surveillés par la police. Dans des endroits comme Rexdale, Jane et Finch, Malvern et Regent Park, il y a une présence policière massive. Ils ne sont jamais réprimandés, jamais congédiés. Je crois sincèrement que le processus protège la police. Il y a déjà un processus d'enquête qui existe mais les Torontois savent déjà qu'il n'est qu'une façade. Personne n'est forcé de rendre des comptes dans ces enquêtes. »

(Correspondants du Marxiste-Léniniste, Toronto Media Co-op, Globe and Mail)

Haut de page


Manifestations partout au Canada pour exiger la libération des détenus et la tenue d'une enquête publique indépendante

Partout au Canada des gens de tous les milieux poursuivent les actions pour exiger la libération de ceux qui sont encore détenus par la police de Toronto suite aux manifestations contre les sommets du G8/20, pour demander l'abandon de toutes les accusations et la tenue d'une enquête publique indépendante sur la criminalisation de la dissidence et l'impunité policière pendant les sommets. Voir Le Marxiste-Léniniste du 2 juillet pour les manifestations précédentes.

Edmonton

Le 3 juillet, plus de 200 personnes se sont rassemblées sur les marches de l'Hôtel de Ville pour exprimer leur indignation face aux attaques de la police lors des sommets du G8/20. Ils ont commencé vers deux heures de l'après-midi une marche vers les quartiers-généraux de la police d'Edmonton. À la tête de la marche se trouvait une grande bannière qui disait : « Solidarité avec les 900 de Toronto ! » Pendant toute la marche les manifestants ont scandé : « Nous ne nous laisserons pas museler ! » ; « Nos rues ! Nos Droits ! Nous décidons ! » ; « Pas de paix sans justice ! Non à la police fasciste ! » ; « Laissez tomber les accusations tout de suite ! Une enquête indépendante immédiatement ! » ; « Le peuple uni ne sera jamais vaincu ! » ; « Harper, criminel ! » ; « Voilà à quoi ressemble cette démocratie ! Voilà à quoi ressemble l'hypocrisie ! ».

Le rassemblement a débuté par des salutations d'un membre de la première nation Chipewyan Athabasca qui a fermement dénoncé la destruction de ses territoires traditionnels pour servir la machine de guerre des États-Unis et la culture insensée de l'automobile. Des jeunes qui s'étaient rendus à Toronto pour le G20 ont aussi parlé de leur expérience directe de la brutalité policière. Plusieurs orateurs ont fait remarquer que les attaques contre ceux qui ont protesté contre la destruction du tissu social et de la Terre Mère représentée par le G8/20 visaient précisément à justifier l'intensification de la répression et de la criminalisation de la dissidence. Les orateurs ont affirmé et réaffirmé que le public ne se laissera pas intimider et que les gens vont continuer de s'organiser et de lutter pour les droits de tous. Des orateurs ont fait remarquer que des centaines de policiers d'Edmonton ont été envoyés à Toronto et ont participé aux attaques violentes contre les opposants au G20. Parmi les organisations présentes à la marche il y avait Greenpeace, le Conseil des Canadiens, la branche d'Edmonton du PCC(M-L) et les International Workers of the World (IWW).



Les gens ont discuté de leur propre expérience de la campagne de désinformation de la police et des médias monopolisés pour blâmer le peuple pour la violence. Ils ont dit que bien avant que le sommet ne commence, nous avons assisté à une campagne pour tenter de justifier les attaques contre les droits du peuple. Qu'est-ce que c'est que cet « outrage » exprimé pour quelques vitres brisées par ceux qui mènent une guerre meurtrière contre le peuple en l'Afghanistan, se sont demandés les participants. N'est-ce pas de la violence que de retirer plus de 1 milliard $ des programmes sociaux pour financer la « sécurité » du G8/20 ? Est-ce que ce n'est pas de la violence contre ceux qui ont besoin d'eau potable propre, de nourriture, de logements et de soins de santé, ont-ils ajouté.

Des orateurs ont mis l'accent sur le fait qu'on ne doit pas permettre aux forces policières d'agir en toute impunité. Non seulement doit-il y avoir une enquête publique mais ceux qui sont responsables de ces actes brutaux et criminels doivent en être tenus responsables.

Les gens ont discuté des actions qu'ils vont organiser dans la période qui vient et ils ont exprimé leur détermination à poursuivre la lutte à la défense des « 1000 de Toronto », à exiger l'abandon de toutes les accusations et la tenue d'une pleine enquête publique.

Calgary

Une foule animée s'est rassemblée au parc Tompkins à Calgary le dimanche 4 juillet pour exprimer sa solidarité avec tous ceux qui ont été arrêtés lors des actions contre le G8/20 et pour dénoncer les politiques violentes des gouvernements du G8/20. Portant bannières et pancartes et distribuant des tracts, ils ont scandé : « Non aux lois secrètes ! Non aux arrestations en masse ! » ; « Laissez tout de suite tomber les accusations ! » ; « Une enquête indépendante sur le G20 tout de suite ! » ; « Voilà à quoi ressemble cette démocratie ! Voilà à quoi ressemble l'hypocrisie ! » ; « C'est Stephen Harper le vandale ! » ; « Pas de paix sans justice ! Non à la violence policière ! » et « 1000 personnes en prison : c'est la violence policière qui est un crime ! »

Peggy Askin, ex-présidente du Conseil syndical de Calgary, a rappelé l'expérience des jeunes, des travailleurs et de plusieurs autres qui ont travaillé pendant plus d'un an à bâtir l'opposition à l'ordre du jour du sommet du G8 à Kananaskis en Alberta. Elle a dit que plusieurs mois avant le Sommet, les médias et la police ont créé l'hystérie à propos des « risques de violence » et de « débordements » dans le but exprès de monter les gens de Calgary contre ceux qui dénonçaient l'ordre du jour antipeuple du G8. Le gouvernement de Harper, a-t-elle dit, vient maintenant de dépenser 1,4 milliard $ pour les sommets du G8/20 à l'heure où nous assistons à une destruction sans précédent de la base manufacturière du Canada, à des pertes massives d'emplois et à la violence contre le peuple sous la forme de la destruction du système de santé et des systèmes de soutien pour les plus vulnérables de la société. Ceux qui ont protesté contre l'ordre du jour de Harper et du G8/20 et ont été arrêtés et traités de façon totalement inhumaine par la police sont des gens courageux, a-t-elle ajouté, et nous nous joignons à tous ceux qui protestent contre l'ordre du jour du G8/20 et contre les arrestations en masse et la violation des droits. Peggy a conclu en exigeant que tous les mandats d'arrêt soient annulés, que toutes les accusations contre les opposants au G20 soient abandonnées et qu'une enquête publique indépendante contre la violence policière contre les opposants au G20 soit mise sur pied immédiatement, enquête qui doit aussi examiner le rôle de la police de Calgary qui a envoyé le plus fort contingent de policiers aux sommets venus de l'extérieur de l'Ontario.

Jason Devine a parlé de son expérience en tant qu'organisateur de protestations antiracistes contre la Garde aryenne et du rôle que la police joue pour aider le groupe raciste tout en qualifiant les protestataires de « dangereux ». Kevan Hunter, un jeune candidat du Parti marxiste-léniniste du Canada, a parlé de la loi adoptée en secret qui amende la Loi sur la protection des ouvrages publics. Il a dit que nous devons redoubler d'efforts pour combattre pour une démocratie où non seulement les questions sont débattues dans les parlements fédéral et provinciaux mais où les intérêts du peuple sont représentés. Mel Teghtmeyer du Conseil des Canadiens a soulevé la question des intérêts qui sont servis par ces sommets, ajoutant que ce n'est pas l'ordre du jour des peuples qui a été discuté par les dirigeants mondiaux réunis à Toronto.

Vancouver et Victoria

Deux cents cinquante personnes ont défilé le 4 juillet en solidarité avec toutes les personnes détenues à Toronto au cours des manifestations contre le G8/20. Vancouver Media Co-op rapporte qu'à la tête de la marche il y avait une bannière sur laquelle on pouvait lire : « Solidarité contre la répression policière », bannière qui a été utilisée lors des manifestations contre la surveillance policière et le harcèlement durant la période menant aux Jeux olympiques d'hiver de 2010. Le rassemblement a débuté au parc Clark et Broadway et les manifestants se sont dirigés vers la station de police de Vancouver au centre-ville d'Eastside. Sur le trajet de 12 km, la marche s'est arrêtée à différents points symboliques pour les luttes du peuple. La marche était remarquable par la diversité des participants, qui provenaient de diverses organisations militantes, de familles, de Premières Nations, y compris les personnes victimes de violence et d'intimidation de la part de la police durant les jours d'actions à Toronto contre les sommets G8/20.

Une manifestation a également eu lieu à Victoria le 1er juillet avec plus de 100 personnes manifestant devant l'Assemblée législative provinciale.

Winnipeg

Quelque 100 personnes se sont rassemblées au Centre communautaire de la rivière Osborne, à midi, le 1er juillet pour exprimer leur solidarité avec toutes les personnes détenues, arrêtées et brutalisées lors du sommet du G20, ainsi que pour dénoncer la répression policière lors des manifestations. Le groupe a scandé « notre passion pour la liberté est plus forte que leurs prisons », alors que la marche procédait durant les festivités entourant la fête du Canada. La police était présente de manière évidente dans une tentative non subtile d'intimidation. Les manifestants ont formé un cercle à l'intersection des rues Osborne et Stradbrook où plusieurs orateurs ont pris le mégaphone pour diffuser des messages de soutien ou pour raconter leurs expériences lors des protestations contre le G8/20 à Toronto. L'événement était organisé par les membres du Collectif FemRev, Winnipeg Copwatch, l'Anarchist Black Cross de Winnipeg et le Nouveau groupe socialiste de Winnipeg , parmi tant autres, rapporte Toronto Media Co-op.

(Correspondants du Marxiste-Léniniste, Toronto Media Co-op)

Haut de page


Lisez Le Marxiste-Léniniste
Site web:  www.pccml.ca   Courriel: redaction@cpcml.ca