Le 

Marxiste-Léniniste

Numéro 117 - 2 juillet 2010

Défendons le droit de s'opposer
aux politiques antipeuple du G8/20!


Toronto le 1er juillet 2010

À la défense du droit de combattre les politiques antipeuple du G8/20!
Des milliers de personnes à Toronto réclament: «Une enquête publique indépendante maintenant!»
Vigoureuse manifestation à Montréal contre les arrestations injustes et le G20
Un rassemblement à Hamilton exige l'abandon de toutes les accusations
Manifestation à Windsor contre le G8/20 et l'intimidation policière

Déclarations
Parti marxiste-léniniste du Québec (PMLQ)
Alliance de la fonction publique du Canada
Associations d'étudiants du post-secondaire de Toronto
Réseau de mobilisation communautaire de Toronto

Lettres à la rédaction
Nous ne «tournerons pas la page» sur le hooliganisme de l'État!
La résistance est un droit
Voilà la démocratie canadienne à l'oeuvre, ce n'est pas une aberration

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À la défense du droit de combattre les politiques antipeuple du G8/20!

Des milliers de personnes à Toronto réclament:
«Une enquête publique indépendante maintenant!»

On estime que plus de 4 000 personnes ont manifesté devant le parlement de l'Ontario le 1er juillet pour dénoncer les méthodes de Gestapo utilisées par la police et les forces de sécurité contre les opposants aux sommets des G8/20 et pour exiger une enquête publique complète et indépendante.

Plusieurs des orateurs qui ont pris la parole ont souligné à quel point le besoin d'une enquête publique et indépendante est une revendication populaire. Allant droit au coeur de la question, l'un d'entre eux a dit que le fait que quelques vitrines ont été brisées n'est rien comparé au terrorisme d'État et aux carnages organisés par les pays du G8 dans le monde. Par les actions de masse, c'est le peuple qui affirme qu'il refuse d'être intimidé et de se taire sur les choses qui le concernent, que ce soit au Canada ou à l'étranger. On a annoncé un rassemblement pour le 10 juillet pour continuer de faire pression en faveur d'une enquête publique.

Bon nombre des participants à la manifestation avaient participé aux actions contre le G8/20. Beaucoup d'autres sont venus parce qu'ils connaissent quelqu'un qui a été injustement détenus ou sont venus participer à une manifestation pour la première fois parce qu'ils sont en colère devant les méthodes de Gestapo utilisées. Plusieurs personnes arrêtées lors des sommets ont pris la parole, dont une jeune journaliste et un jeune homme qui, comme beaucoup d'autres, ont été arrêtés tout simplement parce qu'ils passaient par là. Ils ont raconté que les détenus ont subi un traitement injustifié, comme les menaces de viol et de violence sexuelle par des policiers. Un intervenant de premiers soins a parlé des nombreuses blessures que les bénévoles ont dû soigner durant la fin de semaine à cause de la violence policière.





L'esprit de la manifestation peut se caractériser par le refus d'être réduit au silence ou d'être intimidé par les méthodes policières dignes de la Gestapo et de défendre tous ceux et celles qui ont été arrêtés par tous les moyens. Un représentant du Réseau de mobilisation communautaire de Toronto a fait remarquer que plusieurs d'entre ceux qui ont été arrêtés sont des gens actifs dans la communauté – à combattre les politiques imposées par le G8/20. À chaque fois que ces regroupements impérialistes se réunissent, ils se heurtent à l'opposition populaire. Les gens vont continuer de dire Non ! Ce monde et ses ressources n'existent pas pour le profit de quelques-uns. Nous disons que le G20 ne doit se réunir nulle part, a dit l'orateur.

Les manifestants ont réclamé la démission du chef de police de Toronto Bill Blair, ainsi que la démission du premier ministre ontarien Dalton McGuinty et du premier ministre du Canada Stephen Harper. Ils ont scandé : « Nous ne voulons pas d'un État policier », « La protestation n'est pas un crime » et « À qui appartiennent les rues ? À nous ! » Un cordon policier a bloqué la voie à la marche qui se dirigeait vers le quartier général de la police de Toronto et une personne a été arrêtée une fois que les marcheurs ont repris le chemin de Queen's Park. Le rassemblement s'est terminé avec : « La police et les autorités ne nous briseront pas. Ce n'est que le début ! »

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Vigoureuse manifestation à Montréal
contre les arrestations injustes et le G20

Plus de 1 000 personnes, de tout âge et de tout milieu, se sont rassemblées le 1er juillet au carré Phillips à Montréal pour manifester contre la violence policière du G20 et les arrestations massives. Parmi la foule se trouvaient un grand nombre d'activistes politiques et sociaux qui avaient participé aux actions contre le G8/20 à Toronto. La plupart étaient des jeunes et beaucoup faisaient partie de ceux qui ont été arrêtés, terrorisés, frappés, séquestrés, menacés de viol, traités de terroristes, etc. La manifestation était caractérisée par la colère et l'indignation mais aussi par l'esprit de solidarité avec les 1 000 personnes qui ont été arrêtées dans un effort pour criminaliser la dissidence contre le G8/20 et ses politiques destructrices.

Plusieurs représentants d'organisations présentes aux manifestations contre le G20 à Toronto ont dénoncé la police fasciste, leur brutalité, l'impunité et l'atteinte aux droits de dissidence, de conscience et d'expression. Ils ont condamné le profilage des activistes provenant du Québec et dénoncé les conditions de détention et la terreur contre les détenus. D'une seule voix, les manifestants ont fermement dénoncé le G20 et ses décisions contre les peuples du monde. Les slogans « Libérez nos camarades ! », « Stephen Harper, le vrai 'casseur' », « La police au service des riches et des fascistes », « Pas de justice, pas de paix », « Voilà à quoi ressemble cette démocratie, voilà à quoi ressemble l'hypocrisie ! » ont retenti tout au long de la marche, sur les rues Sherbrooke, St-Laurent, Mont-Royal et Saint-Denis, jusqu'au rassemblement de la fin au métro Laurier.

Ceux qui ont été détenus ont parlé des conditions qu'on leur a fait subir dans le centre de détention, les menaces contre leur personne et l'humiliation, la torture psychologique et l'attitude généralement revancharde des policiers. Les récits de détention rappelaient les tactiques utilisées par les bandes paramilitaires dans les sales guerres des impérialistes américains en Amérique latine pour supprimer les mouvements populaires.

La militante manifestation de Montréal a été caractérisée par un esprit de résistance à la criminalisation de la dissidence et aux politiques antipeuple du G8/20.






(Le Marxiste-Léniniste, StephLaw-Flickr)

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Un rassemblement à Hamilton exige
l'abandon de toutes les accusations


Le 30 juin, la Coalition de Hamilton contre le G20 a convoqué une manifestation pour protester contre l'arrestation de 1 000 personnes à Toronto durant les journées d'action contre le G8/20. Beaucoup de travailleurs et de jeunes qui étaient aux actions de Toronto étaient présents, notamment les organisations suivantes : la branche de Hamilton du PCC(M-L), la branche de Hamilton de Common Cause, la section locale 1005 du syndicat des Métallos et la section locale 3906 du Syndicat canadien de la fonction publique.

Holly Driscoll, résidente de Hamilton, a raconté comment elle a été injustement arrêtée et détenue pendant 24 heures samedi et que durant sa détention les policiers l'ont menacée et brutalisée verbalement, comme ils l'ont fait à beaucoup d'autres femmes détenues. Elle a dit : « Mais les détenus étaient plus forts que les cages qui les retenaient. »

Rolf Gerstenberger, président du syndicat des Métallos 1005, faisait partie d'une délégation des métallos de Hamilton qui ont participé aux protestations de Toronto contre le G8/20, en particulier pour protester contre la militarisation de la ville. Il a transmis l'appui sans équivoque des travailleurs aux jeunes qui font l'objet de persécution en disant : « Les travailleurs sont très heureux d'être aux côtés des jeunes qui luttent pour un meilleur avenir pour le Canada. »

Éhontée, la police de Hamilton a fait sentir sa présence en déployant de nombreuses voitures de patrouille dans les environs et deux policiers à cheval.

Après la manifestation, beaucoup de participants se sont rendus à un forum public sur le G20 au centre Workers Arts and Heritage.

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Manifestation à Windsor contre
le G8/20 et l'intimidation policière

Une manifestation a été convoquée devant le poste de police de Windsor le 30 juin pour informer la communauté des activités criminelles de l'État canadien durant les protestations contre le G8/20 à Toronto et pour montrer que les citoyens ne se laisseront pas intimider et réduire au silence. Des gens qui avaient participé aux actions de Toronto ont raconté leur expérience et parlé des violations des droits par les policiers. Les participants ont scandé : « Nous refusons de nous taire ! Nous refusons de nous laisser intimider ! » et « G8-G20 : Ils sont une poignée, nous sommes la multitude ! » Profitant de la présence des caméras de télévision, les manifestants n'ont pas hésité à exprimer leur ressentiment à l'endroit des médias monopolisés qui ont tout fait pour justifier la criminalisation de la dissidence et qui ne viennent que pour capter quelques clips sonores. Une participante a dit à un journaliste qu'il devrait se demander pourquoi, selon lui, les gens ne veulent plus parler aux médias.

Pour le comble, des policiers en civil ont filmé et photographié les participants à la manifestation, une autre méthode pour intimider et décourager l'expression des opinions.

Pour donner à la communauté l'occasion de prendre position contre les violations des droits durant les sommets du G8/20, des résidents de Windsor qui avaient participé aux protestations de Toronto ont convoqué une assemblée publique pour dimanche le 4 juillet à 19 h pour entendre des témoignages, discuter des enjeux et planifier d'autres protestations. L'assemblée est organisée par Windsor Drop Fees Coalition et parrainée par le local 195 du syndicat des Travailleurs canadiens de l'automobile. Pour plus d'information : drop.fees.windsor@gmail.com.

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Déclarations

Non au G8/G20! Exigeons la libération
de tous les détenus du G20!

Le Parti marxiste-léniniste du Québec (PMLQ) joint sa voix à celles des milliers de personnes qui manifestent aujourd'hui contre les méthodes de Gestapo utilisées contre les manifestants au G8/20 à Toronto, la brutalité, l'impunité et les plus de 900 arrestations qui ont eu lieu. Le PMLQ donne son plein appui à la manifestation de solidarité organisée par la CLAC (Convergence de luttes anti-capitalistes), un des groupes organisateurs du contingent du Québec qui a participé aux actions contre le G8/G20. La manifestation est organisée pour dénoncer la brutalité policière dont ont été victimes les milliers de manifestants qui ont courageusement défié et dénoncé le G8/G20 dans un climat de chaos et de peur créé par la police, le gouvernement et les médias monopolisés. Honneur à tous ces manifestants qui ont défendu le droit de conscience, de dissidence, d'assemblée, de liberté de parole et les droits de tous !

Le PMLQ dénonce les médias monopolisés qui ont joué un sale rôle dans cette hystérie pour alimenter et entretenir le climat de peur et d'hystérie avec les plus de 20 000 policiers de tout genre armés jusqu'aux dents pour blâmer les manifestants tout en rapportant avec excitation et détachement les rencontres du G8 et du G20 des pires criminels de guerre de la terre. Après avoir contribué à la confusion et à la désinformation, du jour au lendemain les sites de médias ont déjà tourné la page, « business as usual », c'est déjà le silence sur ce qui vient de passer à Toronto.

Et que fait le gouvernement du Québec de Jean Charest aujourd'hui ? A-t-il pris position pour dénoncer cette brutalité et exiger la libération des prisonniers du Québec et de tous les prisonniers dont les droits ont été bafoués dans le centre d'incarcération de Toronto ? Absolument pas. C'est le silence total. Pendant que des participants ont été victimes de la violence policière, Jean Charest a gardé le silence et est maintenant parti en mission en France sans avoir pris publiquement position. Honte au gouvernement québécois.

Le PMLQ lance l'appel aux travailleurs et au peuple du Québec à appuyer fermement tous les manifestants et activistes, à dénoncer la logique fasciste des attaques préventives contre ceux qui défendent nos droits. Exigeons que les mandats d'arrêts soient annulés, les prisonniers relâchés et les casiers judiciaires blanchis de toute accusation !

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L'Alliance de la fonction publique
du Canada dénonce la brutalité policière

Les arrestations massives, les détentions arbitraires et l'abus de pouvoir sont des affronts à la démocratie

Samedi dernier, le 26 juin, 25 000 personnes, dont des membres de l'AFPC, ont participé au rassemblement contre le G-20, à Toronto.

L'Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC) condamne l'arrestation massive de manifestants pacifiques durant le Sommet du G-20, à Toronto. Le syndicat réclame, à l'instar d'autres acteurs de la société civile, une enquête publique sur les agissements des policiers en fin de semaine.

Samedi dernier, le 26 juin, 25 000 personnes, dont des membres de l'AFPC, ont participé au rassemblement contre le G-20, à Toronto. Malgré l'atmosphère généralement paisible qui régnait, plus de 900 personnes ont été arrêtées samedi et dimanche, sous prétexte d'appréhender un petit groupe de vandales.

L'AFPC préconise la non-violence et les manifestations pacifiques. Et comme des milliers de Canadiennes et Canadiens, elle juge que les policiers ont employé une force excessive en fin de semaine.

Des journalistes, tant des médias traditionnels que citoyens, ont d'ailleurs rapporté que des gens avaient été enfermés dans des cages, que des policiers avaient tiré des balles de caoutchouc et que des policiers à cheval avaient foncé sur les manifestants. Les forces policières ont aussi attaqué les personnes qui, dimanche matin, s'étaient réunies devant le centre de détention temporaire sur l'avenue Eastern dans l'espoir d'avoir des nouvelles de leurs proches.

Parmi les personnes qui ont été arrêtées, on retrouve des jeunes, écroués sans motif valable, et des journalistes dûment accrédités. Leurs témoignages sont extrêmement troublants : conditions de détention inhumaines, allégations de fouilles à nu, menaces de violence, sévices sexuels, privation d'eau et de nourriture et accès limité aux médicaments et aux soins médicaux.

Quelques jours avant le sommet, on a appris que le gouvernement ontarien avait adopté en catimini un décret autorisant les policiers à fouiller et arrêter toute personne qui s'approchait à moins de cinq mètres des clôtures de sécurité entourant le site du sommet à Toronto. Hier, le gouvernement et Bill Blair, le chef de police de Toronto, ont admis qu'ils avaient menti et qu'aucune loi en ce sens n'existait.

« Nous avons été témoins, cette fin de semaine, de l'érosion des libertés civiles. Et comme syndicaliste, je trouve ça très inquiétant », a déclaré John Gordon, le président national de l'AFPC. « La liberté d'expression et le droit de réunion pacifique sont protégés par la Charte canadienne des droits et libertés. Personne ne devrait avoir peur de policiers qui sont censés les protéger. »

Amnistie Internationale et l'Association canadienne des libertés civiles ont également dénoncé la violence policière durant le G-20. De concert avec ces deux organismes, l'AFPC exige que les services policiers de Toronto ainsi que les gouvernements Harper et McGuinty soient tenus responsables des abus commis par les policiers au cours de la fin de semaine.

L'AFPC représente plus de 172 000 membres partout au pays, dont 130 000 travailleuses et travailleurs du secteur public fédéral. Le syndicat condamne non seulement la brutalité policière survenue lors du Sommet, mais aussi les soi-disant « mesures d'austérité » mises de l'avant par le G-20.

« On voit déjà les effets d'une telle stratégie politique au Canada, explique Gordon. Le gouvernement a éliminé des emplois à Postes Canada, à la Commission canadienne des droits de la personne, au Musée des beaux-arts et à Citoyenneté et Immigration Canada, entre autres. »

« C'est dévastateur pour les petites localités comme Antigonish et pour les régions où l'on trouve de fortes concentrations de fonctionnaires, comme Ottawa-Gatineau. Les communautés ont besoin de résidants qui ont de bons emplois, qui soutiennent les commerçants locaux et qui élargissent l'assiette fiscale de la municipalité, ajoute-t-il. Le G 20 et le gouvernement Harper font fausse route.

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Les étudiants demandent une revue
indépendante des mesures de sécurité

Les représentants des 150 000 étudiants universitaires de Toronto s'unissent pour demander une revue indépendante de la brutalité policière et des affronts faits aux libertés civiles lors du G20.

Aujourd'hui, les étudiants s'unissent pour demander une revue indépendante de la sécurité lors du G20 en réponse à la présence de la sécurité ce week-end qui a abouti à l'intimidation, la brutalité, et aux arrestations de masse par la police. Les tactiques de la police sont sans précédent et sapent les droits humains fondamentaux et les libertés garanties par la Charte des droits et libertés qui permet aux gens de se réunir, de manifester pacifiquement et d'exprimer leurs points de vue.

Les dirigeants des associations étudiantes se sont dits préoccupés par la brutalité policière infligée à la ville et aux résidents, en notant qu'il y a une nette différence entre la désobéissance civile et la destruction violente de la propriété. Le dimanche 27 juin, lorsque des représentants des associations étudiantes se sont rendus au centre de détention pour exprimer leur solidarité en réponse à des arrestations de masse et d'intimidation générale par la police, en organisant une manifestation publique pacifique, ils furent attaqués et directement témoins du recours à la force brutale, y compris l'usage de balles en caoutchouc et de bombes fumigènes.

Les étudiants ont une fière tradition d'activisme dans les rues de Toronto pour exprimer leur désaccord sur une variété de sujets et nous ne devrions pas avoir à vivre dans la crainte d'être attaqués ou confrontés aux représailles violentes de la police pour le simple fait de se tenir debout en faveur de la justice.

Ce week-end dernier, la sécurité des dirigeants du monde a supplanté le droit de manifester pacifiquement à plusieurs rues du lieu du sommet et en tant que représentants des étudiants, nous rejetons ce type d'interaction et de système qui a supplanté les droits du peuple.

Tout aussi préoccupant est l'agissement du premier ministre McGuinty et du gouvernement libéral de l'Ontario qui ont unilatéralement mis en oeuvre une nouvelle loi qui prive les Torontois de leur droit aux libertés fondamentales. Cette loi est entrée en vigueur et a donné à la police un mandat de réagir de façon excessive et piétiner nos droits démocratiques.

Avec plus d'un milliard de dollars consacrés à la sécurité, des centaines de personnes incarcérées dans un centre de détention et de nombreuses questions laissées sans réponse, les étudiants se joignent à l'appel d'Amnistie internationale pour exiger une revue indépendante des mesures de sécurité.

Nous demandons au gouvernement canadien et au gouvernement de l'Ontario de coopérer à la mise sur pied d'une revue indépendante des mesures de sécurité qui ont été mises en place pour les sommets du G8 et du G20. La revue devrait inclure la possibilité de participation du public et les résultats devraient être rendus accessibles au public. Entre autres questions, la revue doit tenir compte de ce qui suit :

- l'impact des mesures de sécurité, y compris l'usurpation de nos droits humains et civils, notamment les libertés d'expression et de réunion ;

- la façon dont les opérations de police et de sécurité et l'utilisation de dispositions légales telles que la Loi sur la protection des ouvrages publics ont eu des répercussions sur les droits de milliers de personnes vivant, travaillant et opérant des entreprises à l'intérieur et à proximité de la zone de sécurité du G20 ; et

- la façon dont les personnes qui ont été détenues, arrêtées et emprisonnées ou se sont vues priver de leurs libertés et droits fondamentaux.

Ceci est une déclaration conjointe publiée par : l'Association des étudiants de Ryerson, l'Association des étudiants de l'Université de Toronto, la Fédération étudiante de l'Université de York, l'Association des étudiants en grades supérieurs de York, l'Association des étudiants en formation permanente de l'Université Ryerson, l'Association des étudiants du collège Glendon et l'Association des étudiants du campus Scarborough de l'Université de Toronto, ce qui représente plus de 150 000 étudiants de niveau post-secondaire dans la grande région métropolitaine de Toronto.

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Le Réseau de mobilisation communautaire
de Toronto condamne la campagne de relations
publiques du chef de police Bill Blair

La conférence de presse tenue mardi le 29 juin à Toronto par le chef de la police de Toronto, Bill Blair, est la suite de la campagne de relations publiques par le service de police pour réduire au silence et criminaliser ceux qui parlent contre le G20 et le Réseau de mobilisation communautaire de Toronto (TCMN). Sa tentative de diaboliser les manifestants est pour détourner l'attention sur la manière dont la police a brutalisé les gens et a ignoré les droits humains fondamentaux lors des mobilisations de masse de dizaines de milliers de personnes la semaine dernière. Comme l'auteure Naomi Klein l'a dit hier soir au chef de la police lors d'un rassemblement de solidarité avec les détenus en prison ; « Arrêtez de jouer à ce petit jeu politique de relations publiques avec la vie de nos amis et libérez-les. »

Des milliers de personnes à Toronto et d'autres communautés se sont réunies dans les rues parce qu'ils sont en colère et frustrées par les politiques du G8/G20 qui infligent la violence à des millions de personnes ici et partout dans le monde. Le G20 et leurs partenaires institutionnels du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale ont créé et mis en oeuvre des mesures économiques nuisibles qui favorisent le profit des riches aux dépens de la vie des pauvres et des marginalisés. L'étiquetage du Réseau communautaire par le chef Bill Blair, comme une organisation violente, ne peut pas cacher la façon dont les services policiers de Toronto et leurs partenaires dans le Groupe intégré de sécurité ont fait preuve d'abus de pouvoir et d'incompétence.

Ce que les gens de Toronto et les gens partout dans le monde ont vu samedi et dimanche, c'est la brutalité aveugle combinée à l'intimidation aux mains de la police. Mais ce traitement et ces tactiques n'empêcheront pas les gens de dénoncer l'injustice, qu'elle soit perpétrée par les politiques du G8/G20 ou par la police locale.

Le TCMN est un réseau composé de plusieurs personnes dont beaucoup sont des organisateurs communautaires travaillant quotidiennement auprès des jeunes, pauvres et des communautés marginalisées. Ces gens sont en colère face aux politiques du G8/G20 qui créent l'injustice sociale et la destruction de l'environnement dans leurs communautés et ailleurs. En tant que réseau diversifié, il reconnaît que les gens sont autonomes et décideront eux-mêmes comment ils expriment et communiquent cette frustration.

La police a tout fait pour criminaliser la dissidence légitime et se livre à une désinformation intentionnelle concernant les manifestants. Le Réseau exige que ceux qui font face à des accusations doivent être traités comme des êtres humains ayant droit à un procès équitable et soient libérés.

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Lettres à la rédaction

Nous ne «tournerons pas la page»
sur le hooliganisme de l'État!

Plus on prend connaissance de l'ampleur des brutalités et des illégalités commises contre les gens lors du G-20, plus il est difficile de trouver les mots pour dire les sentiments qu'elles font naître vis-à-vis ces hommes dits « politiques » qui déclenchent une telle inhumanité contre hommes et femmes, en particulier nos jeunes, et ce, au nom de grandes « valeurs » ronflantes. En plus, le message central des déclarations de ces « sommets sociaux » indique que c'est ce que ces « dirigeants » réservent à tous les collectifs et même à des pays entiers, si ces derniers ont d'autres plans pour l'avenir que les plans destructeurs et inhumains des grandes puissances. L'heure n'est pas à « tourner la page », ni d'émettre une quelconque déclaration cherchant à se dissocier « de toutes formes de violence ». La bête est à la porte, et il faut s'en occuper.

Une lutte se mène à l'instant même juste pour rétablir les faits, des faits qui établissent sans ambiguïté qui déchaîne la violence contre qui. Les faits sont comme ça. La vérité n'est pas bicéphale. Il faut démystifier les manipulations qui veulent faire croire que 1 000 personnes ont été arrêtées parce qu'elles étaient associées à une auto patrouille vandalisée ! Ça suffit !

Le réflexe spontané qui fait dire « s'il s'est fait arrêter, il doit avoir fait quelque chose » ne tient vraiment plus face à l'expérience vécue et chronique d'arrestations arbitraires, de blessures infligées par des chevaux utilisés lors des manifs, les gaz lacrymogènes, les coups de matraques, sans parler des perquisitions, des arrestations dites « préventives », d'enlèvements purs et simples de personnes, toutes des activités aussi illégales les unes que les autres.

L'État cherche à créer la division parmi ceux qui s'opposent à ces politiques néolibérales, que ce soit au pays ou à l'étranger. Quelqu'un peut penser, j'étais à cent lieux des événements, qu'est-ce qu'on peut me reprocher ? Mais voilà que par extension et par « association », le but visé est de discréditer toute opposition en prêtant des « intentions violentes » à toute opposition, aussi « légitime » soit-elle.

Par exemple, article du journal Le Droit décrit comment le fils du maire de Gatineau fut arrêté au G-20. Le jeune homme y décrit ses conditions de détention ainsi que les circonstances de son arrestation, qui confirment entièrement les compte-rendus publiés dans les pages du Marxiste-Léniniste. Le titre de la conclusion de cet article est : « Pas à ses premières frasques ». Selon le Petit Larousse, une « frasque » est un écart de conduite. Quels sont ces « écarts de conduite » tels que décrits par le journaliste ? « À la veille de son départ pour le G20, il a défendu ses positions antimondialistes au moyen de lettres publiées dans Le Droit et Le Devoir. Il est aussi associé à Réseau vigilance Outaouais, un regroupement d'organisations communautaires et syndicales. » On peut mieux comprendre que si écrire des lettres et être membre d'un regroupement d'organisations communautaires et syndicales est un « écart de conduite », que dire du fait d'avoir un foulard autour du cou ou d'être vêtu de noir ? ! Ainsi, comme le déclare le communiqué du G20, quiconque s'organise, fait partie d'un collectif dont le but est de défendre des droits sociaux ou d'émettre des opinions politiques autres que celles dictées par ces hommes qu'on dit « politiques » qui détiennent le pouvoir, alors tout le monde est déclaré suspect et susceptible de voir ses droits les plus fondamentaux suspendus à tout moment.

Deux choses s'imposent. 1) « Tourner la page » ne marche pas quand les hooligans qu'on appelle communément « les gardiens de la paix » poursuivent leurs actes illégaux au nom de défendre un État qui défend un « état de droit » qui nie le droit à l'existence du peuple. 2) Nous devons exposer et dénoncer ces tactiques léguées par la Gestapo, tout en déclarant que nous ne laisserons aucune section de la société se faire traiter de la sorte et que nous nous tenons comme les doigts de la mains à la défense des droits de tous !

Un enseignant de l'Outaouais

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La résistance est un droit

Quelques jours avant la manifestation du G20, je n'avais pas encore décidé si j'allais y participer. C'est très tranquille où je vis. Mais plus j'entendais parler des préparatifs « high tech » des forces policières et des armes d'intimidation, des nouveaux pouvoirs d'arrestation et de saisie et du nombre sans précédent de voyous en uniforme qu'on s'apprêtait à déployer, plus j'avais envie de me rendre à Toronto pour rejoindre mes frères et soeurs dans les actions de protestation. Il ne faut pas laisser passer ces menaces et ces tactiques d'intimidation.

J'ai vu qu'il y avait un grand esprit de solidarité parmi les manifestants. Les bannières, les pancartes et les drapeaux exprimaient très bien les vrais enjeux de ces sommets.

Ce qui s'est produit samedi et dimanche est entièrement la faute des autorités policières, fédérales et provinciales avec leurs provocations et grands déploiements des semaines à l'avance.

Les médias monopolisés jouent un rôle méprisable à répandre ces provocations. Ils ont fait la sourde oreille aux messages sur les questions de justice sociale, de santé, d'éducation et de travail, tout comme les chefs du G20.

Le G20 et les actions policières étaient un exercice de pouvoir pur et simple, rien à voir avec la sécurité. Il faut s'y opposer par tous les moyens.

Une illustratrice

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Voilà la démocratie canadienne à l'oeuvre,
ce n'est pas une aberration

Maintenant que les faits commencent à sortir au sujet de la violence de la police et du centre de détention « Torontonamo », on commence à voir toute l'ampleur de l'État policier à l'oeuvre à Toronto durant les manifestations contre le G20. Il faut une enquête publique sur ce qui s'est passé.

Suite aux agissements illégaux de la GRC lors des manifestations contre l'APEC en 2005, l'État canadien avait tenu une enquête. Mais les violations des droits lors de manifestations n'ont pas cessé pour autant. À Windsor, durant la rencontre de l'Organisation des États américains, la ville au complet a été militarisée et beaucoup de personnes ont été arrêtées sans raison. Il n'y avait pas eu de vandalisme mais les gens ont été arrêtés quand même. Puis à Québec il y a eu des arrestations massives et encore durant le Sommet des Amériques à Kanasaskis et à Montebello et ce n'est pas d'hier qu'on assiste à la criminalisation des revendications des Premières Nations au Canada qui réclament la reconnaissance de leurs droits ancestraux. Et la liste continue...

Les agissements de l'État canadien à Toronto ne sont pas une aberration, quelque chose qui se produirait normalement ailleurs qu'ici, c'est la démocratie canadienne à l'oeuvre. Lorsque les citoyens prennent position à la défense de leur droit de décider de leur avenir, ils se heurtent à la violence et à la criminalisation de la dissidence. Il faut certainement une enquête sur ce qui s'est produit à Toronto. Mais ces enquêtes ne doivent pas servir à cacher les vrais problèmes et la crise du système politique canadien, le besoin de renouveau démocratique au Canada. Si on ne permet pas que l'enquête aille au fond des choses, elle ne servira qu'à saper le mouvement populaire pour le renouveau démocratique et le progrès.

Un étudiant de Windsor

* * *

Selon les reportages des médias, plus de 1 000 personnes ont été arrêtées à Toronto lors des sommets des G8 et G20. Selon ces mêmes médias, ce serait la première fois qu'un aussi grand nombre de personnes sont arrêtées dans l'histoire de la ville de Toronto. Je tiens à dénoncer ces pratiques fascistes du gouvernement canadien et j'invite les travailleurs du Québec à condamner ces attaques contre nos jeunes, contre notre droit de conscience et contre les attaques perpétrées contres les organisateurs les manifestations.

Une fois de plus, le gouvernement canadien a révélé son vrai visage à la face du monde, le visage de celui qui défend soi-disant les droits humains dans le monde mais qui appliquent les tactiques de la Gestapo au Canada. Les descentes de police dans les dortoirs, les arrestations de masse, les perquisitions dans les locaux des organisateurs, l'intimidation criminelle des forces policières, la criminalisation de la dissidence sous toutes ses formes sont des tactiques de Gestapo et doivent être résolument combattues.

Un camionneur à Montréal

* * *

La version des médias selon laquelle la brutalité policière était dirigée contre des manifestants violents ne colle pas à la réalité. Il est clair pour quiconque veut voir que ce sont les forces de répression qui sont les agresseurs. Samedi soir, le 26 juin, Radio-Canada a diffusé les événements en direct et malgré le récit qu'on nous fait de ce qui s'est produit, l'atmosphère de quasi-guerre civile et les images diffusées à l'infini de voitures de police incendiées, de journalistes qui se cachent derrière un cordon policier, ils ne pouvaient pas cacher que les personnes attaquées étaient des gens ordinaires qui n'avaient commis aucun acte de vandalisme. La vidéo qui montre des policiers anti-émeute qui attaquent des jeunes assis dans un parc, sur des bancs ou par terre, à discuter en petits groupes, est l'image la plus frappante à mon avis. Sans parler de l'attaque contre le jeune qui chante Ô Canada ! Ça s'arrête où ?

Un lecteur de Vancouver

* * *

Les travailleurs doivent dénoncer la méthode fasciste que sont les arrestations préventives. Cette tactique impérialiste est utilisée constamment contre les travailleurs qui luttent pour leurs droits, comme les grévistes de Val Inco. Les travailleurs doivent exiger que les mandats d'arrestation soient annulés, que les détenus soient relâchés et que les dossiers criminels soient effacés. Il faut aussi exiger que ceux qui ont commis ces actes ou qui les ont ordonnés soient poursuivis en justice pour cette violence contre le peuple et contre la justice.

Un lecteur de Sudbury

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