Les travailleurs et leurs alliés sont très
préoccupés par les coupures dans les programmes sociaux,
la pression en faveur de concessions, la privatisation des avoirs
publics, la détérioration générale du
niveau de vie et les perspectives de chômage parmi les jeunes et
d'attaques contre les droits de tous. Les peuples du monde
réclament de nouveaux
arrangements sur les plans économique et politique pour
surmonter le cycle économique destructeur et garantir leur droit
à l'existence. Les travailleurs de l'Ontario, comme la section
locale 1005 des métallos à US Steel et les travailleurs
de Vale Inco et Xstrata, se battent pour arrêter la destruction
du secteur manufacturier et défendre leur droit à
des conditions de travail et à un niveau de vie correspondant au
rôle central et décisif qu'ils jouent dans la production
des bienfaits matériels de la société et dans la
dispensation des services. Le G8, lui, se préoccupe au contraire
de défendre la richesse et les privilèges des über-riches
et
de
leurs monopoles et le pouvoir politique de
l'élite dominante.
Dans son communiqué, le G8 évacue la crise
économique avec quelques mots de jargon néolibéral
comme dans le passage suivant : « Afin de soutenir la
reprise après la crise mondiale, le G8 rappelle qu'il est depuis
longtemps en faveur de marchés libres et ouverts. Nous
continuerons de résister aux pressions protectionnistes, de
promouvoir la libéralisation du commerce et de l'investissement
au sein de l'OMC, par la réduction des barrières à
l'échelon national et par des négociations
bilatérales et régionales. »
Les lieux communs néolibéraux qui servent
à justifier le statu quo, dans lequel les peuples et la Terre
Mère sont perdants, sont soutenus par un discours hostile sur la
nécessité de défendre le système
impérialiste contre toute remise en question, notamment celles
provenant des États et des peuples qui cherchent leur propre
voie vers l'avant vers
une alternative à l'exploitation, au privilège et aux
guerres incessantes.
Le G8 impérialiste nie aux peuples du monde leur
droit à l'existence
Le G8 prend à partie certains pays en voie de
développement qui s'efforcent de développer une voie
indépendante du système impérialiste
d'États. Il s'en prend d'abord à la République
populaire démocratique de Corée et à l'Iran. En
faisant du comportement de
la RPDC et de l'Iran un problème central dans le monde
aujourd'hui, le G8 laisse entendre que si seulement ces deux pays
cessaient d'irriter les grandes puissances, les problèmes du
monde seraient beaucoup moins graves et on y vivrait dans la paix et la
prospérité. Un
Canadien pensant ne saurait accepter cette absurdité.
Le communiqué ne
fait aucune mention des crimes
commis par les impérialistes américains, ce qui atteste
de l'illégitimité du G8. Nulle part ne condamne-t-il les
guerres d'agression et d'occupation des États-Unis, leurs
milliers de bases militaires et leurs flottes qui menacent le monde
entier, leurs donjons de torture et leur pratique de
l'enlèvement et de la disparition de personnes par la
déportation vers la torture et l'assassinat. Il ne mentionne
même pas la guerre des États-Unis pour réduire
l'Irak à néant et commente à peine la guerre
contre l'Afghanistan, et là encore ce n'est que pour dire
à la clique fantoche de Karzaï à Kaboul qu'elle doit
« présenter ses plans détaillés
et montrer les progrès concrets réalisés dans la
lutte contre la corruption, contre la production et le trafic de drogue
illicite, pour améliorer le respect des droits de la personne et
pour accroître la capacité des Forces de
sécurité nationale afghanes ».
Le G8 exige que tous les aspects de la vie
économique des pays en voie de développement et des pays
développés plus faibles soient dictés et
contrôlés par les grandes puissances grâce à
des termes d'échange inégaux, des accords de
libre-échange, l'hégémonie du dollar
américain et d'autres moyens. Aucun échange, aucun
développement,
aucune production et aucune transaction financière ne doit
échapper à la poigne de fer du G8 impérialiste et
au versement d'un tribut.
Selon le communiqué, « l'exploitation
et le commerce illicites des ressources naturelles – y compris les
minerais et le bois d'oeuvre – demeurent une source de
préoccupations pour le G8 ».
L'Afrique est dans la mire des monopoles miniers qui
considèrent comme « illicite » toute
activité qui échappe à leur contrôle et qui
ne leur profite pas. Selon le communiqué,
« l'exploitation et le commerce illicite des ressources
naturelles dans la partie orientale de la République
démocratique du Congo sont une cause
directe de l'instabilité et de la violence qui imposent des
souffrances indues à la population de ce pays ».
Évidemment, c'est la vérité
à l'envers puisque ce sont les monopoles miniers mondiaux, dont
plusieurs ont leur siège social au Canada, qui sont à
l'origine du conflit et de l'exploitation brutale des peuples d'Afrique
et d'Amérique latine en particulier. Ces monopoles miniers se
livrent à une concurrence à outrance, surtout contre
certains pays
en voie de développement menaçants, pour le droit
d'exploiter les ressources naturelles des peuples.
Non satisfait des accusations arrogantes à
l'endroit de la RPDC et de l'Iran, le G8 dresse une liste de pays qui
ont été avisés de changer leur comportement et
qu'il menace de changement de régime. Les avertissements
commencent avec l'affirmation par les plus grands fauteurs de guerre au
monde, ceux-là qui possèdent les armées les plus
grandes et les plus menaçantes et les armes de destruction
massive, que « nous, les dirigeants du G8, demeurons
profondément préoccupés par de graves menaces pour
la paix et la sécurité internationales ».
Mis à part la RPDC et l'Iran, d'où
proviennent
les « menaces » qui terrorisent tant les riches
et leurs monopoles ? Le communiqué mentionne le Myanmar et
le Soudan.
Par contraste, en partie pour mettre en garde les
voisins de la Colombie, le G8 félicite « les
présidents de la Colombie et d'Haïti ainsi que le premier
ministre de la Jamaïque [qui] se sont penchés sur les
vulnérabilités en matière de
sécurité telles que le terrorisme, la
prolifération, le trafic de drogue, les flux de capitaux
illicites et la
criminalité transnationale organisée ».
Le G8 félicite la Colombie pour sa
« participation positive » comme avertissement
à tous les pays d'Amérique latine et des Caraïbes
qu'ils feraient mieux de se ranger du côté du
système impérialiste d'États sous la gouverne des
États-Unis parce que, comme le dit le communiqué,
« nous sommes préoccupés par la menace
que constituent les liens grandissants entre des terroristes, d'autres
criminels et des insurgés, et les liens croissants entre les
organisations qui se livrent au trafic de drogue en Amérique
latine, dans les Caraïbes et en Afrique de l'Ouest, et entre
celles à travers l'Asie ».
L'Afrique est également prise à partir sur
la question du piratage pour essayer de justifier la militarisation des
côtes de ce continent, voire des côtes du monde entier.
Le communiqué souligne qu'« à
cette fin, nous nous engageons à renforcer les capacités
d'États côtiers d'une importance cruciale et
d'organisations régionales vouées à la
sécurité maritime. Nous demeurons
préoccupés par la menace persistante que font peser les
groupes terroristes, ainsi que par leur présence grandissante au
Yémen, en
Somalie et à travers le Sahel. »
Ce ne sont pas des menaces en l'air. Le récent
déplacement d'une armada étasunienne, comprenant une
navire guerre israélien, par le canal de Suez en direction de
l'Iran et le positionnement d'un autre porte-avions et de navires de
soutien des États-Unis près de la côte ouest de la
RPDC, près des côtes chinoises, en sont la preuve.
En ce qui concerne la Palestine, le G8 laisse voir sa
fidélité dogmatique à son principal gendarme en
Asie de l'Ouest et Afrique du Nord, soit l'entité coloniale
qu'est Israël. Il dit partager « les
préoccupations légitimes d'Israël en matière
de sécurité, qu'il faut continuer à
respecter », pendant que le reste du monde est
atterré par
l'impitoyabilité et l'inhumanité du siège de Gaza
par Israël. Et faisant preuve d'une incroyable petitesse d'esprit,
surtout quand on pense à tous les problèmes du monde et
à la note de près de 2 milliards $ pour les sommets
illégitimes du G8/20, le communiqué rappelle qu'un soldat
israélien (un seul) est détenu à Gaza, un soldat
qui pourrait
être immédiatement rendu à sa famille si
Israël acceptait un échange pour les plus de 10 000
prisonniers palestiniens en Israël. « Nous appelons
à la libération immédiate du soldat
israélien qui a été enlevé, Gilad
Shalit », lit-on dans le communiqué.
Le communiqué au complet est un
enchaînement d'affirmations honteuses et une menace non
voilée d'escalade des attaques impérialistes contre les
peuples, comme l'ont connu d'expérience directe les
résidents de Toronto avec la militarisation de la ville et la
violence organisée par l'État. Tous ceux et celles qui
sont contre la guerre et pour la
justice sociale et les droits de tous doivent dénoncer le G8.
Les gestes et paroles du G8, et de sa progéniture tout aussi
criminelle qu'est le G20, exposent leur illégitimité et
leur caractère foncièrement antipeuple.
Le G8 est un front politique du système
impérialiste d'États sous domination étasunienne.
Le Canada doit se retirer immédiatement de ces regroupements
impérialistes. Le G8 est un ennemi juré de la classe
ouvrière internationale, des paysans et des autres travailleurs
du monde et de la Terre Mère elle-même.
Dénonçons le G8, un front
impérialiste sous la direction des États-Unis pour la
négation du droit à l'existence des peuples du
monde !

Appel à un appui politique élargi
pour
les détenus du G20
- Comité de défense du
mouvement, le 27 juin 2010 -