Le Marxiste-Léniniste

Numéro 114 - 28 juin 2010

Le communiqué du G8:
Déclaration d'intention de répression
et de violence contre les peuples du monde


Toronto le 24 juin 2010

Le communiqué du G8: Déclaration d'intention de répression et de violence contre les peuples du monde
Appel à un appui politique élargi pour les détenus du G20 - Comité de défense du mouvement

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Le communiqué du G8:
Déclaration d'intention de répression
et de violence contre les peuples du monde

G8 : Huit gangsters impérialistes sous la férule des États-Unis : Allemagne,
Canada, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon et Russie.

Le communiqué du Sommet 2010 du G8 ne cache pas ses intentions de poursuivre à tout prix l'exploitation des peuples du monde et de la Terre Mère. Le G8 aborde les problèmes du monde dans la perspective des riches et de leurs monopoles mondiaux centrés en Amérique du Nord, en Europe et au Japon.

Crise économique

Le G8 ne reconnaît même pas l'échec du capitalisme mondial comme en témoigne la crise économique qui perdure. Parce que les problèmes économiques doivent être laissés à la discrétion du G20, cette « principale tribune pour la coopération économique internationale », le communiqué n'offre aucune analyse des raisons de la destruction de billions de dollars de richesse matérielles des peuples et de millions d'emplois et de l'insécurité extrême qu'on fait subir aux travailleurs actifs et à la retraite et même à des pays entiers, comme la Grèce. Le G8 n'offre pas de solution, il ne fait que regretter « que la crise a compromis la progression vers certains objectifs pour 2015 ». (La déclaration économique néolibérale du G20 sera examinée plus tard.)


Toronto le 26 juin 2010

Les travailleurs et leurs alliés sont très préoccupés par les coupures dans les programmes sociaux, la pression en faveur de concessions, la privatisation des avoirs publics, la détérioration générale du niveau de vie et les perspectives de chômage parmi les jeunes et d'attaques contre les droits de tous. Les peuples du monde réclament de nouveaux arrangements sur les plans économique et politique pour surmonter le cycle économique destructeur et garantir leur droit à l'existence. Les travailleurs de l'Ontario, comme la section locale 1005 des métallos à US Steel et les travailleurs de Vale Inco et Xstrata, se battent pour arrêter la destruction du secteur manufacturier et défendre leur droit à des conditions de travail et à un niveau de vie correspondant au rôle central et décisif qu'ils jouent dans la production des bienfaits matériels de la société et dans la dispensation des services. Le G8, lui, se préoccupe au contraire de défendre la richesse et les privilèges des über-riches et de leurs monopoles et le pouvoir politique de l'élite dominante.

Dans son communiqué, le G8 évacue la crise économique avec quelques mots de jargon néolibéral comme dans le passage suivant : « Afin de soutenir la reprise après la crise mondiale, le G8 rappelle qu'il est depuis longtemps en faveur de marchés libres et ouverts. Nous continuerons de résister aux pressions protectionnistes, de promouvoir la libéralisation du commerce et de l'investissement au sein de l'OMC, par la réduction des barrières à l'échelon national et par des négociations bilatérales et régionales. »

Les lieux communs néolibéraux qui servent à justifier le statu quo, dans lequel les peuples et la Terre Mère sont perdants, sont soutenus par un discours hostile sur la nécessité de défendre le système impérialiste contre toute remise en question, notamment celles provenant des États et des peuples qui cherchent leur propre voie vers l'avant vers une alternative à l'exploitation, au privilège et aux guerres incessantes.

Le G8 impérialiste nie aux peuples du monde leur droit à l'existence

Le G8 prend à partie certains pays en voie de développement qui s'efforcent de développer une voie indépendante du système impérialiste d'États. Il s'en prend d'abord à la République populaire démocratique de Corée et à l'Iran. En faisant du comportement de la RPDC et de l'Iran un problème central dans le monde aujourd'hui, le G8 laisse entendre que si seulement ces deux pays cessaient d'irriter les grandes puissances, les problèmes du monde seraient beaucoup moins graves et on y vivrait dans la paix et la prospérité. Un Canadien pensant ne saurait accepter cette absurdité.

Le communiqué ne fait aucune mention des crimes commis par les impérialistes américains, ce qui atteste de l'illégitimité du G8. Nulle part ne condamne-t-il les guerres d'agression et d'occupation des États-Unis, leurs milliers de bases militaires et leurs flottes qui menacent le monde entier, leurs donjons de torture et leur pratique de l'enlèvement et de la disparition de personnes par la déportation vers la torture et l'assassinat. Il ne mentionne même pas la guerre des États-Unis pour réduire l'Irak à néant et commente à peine la guerre contre l'Afghanistan, et là encore ce n'est que pour dire à la clique fantoche de Karzaï à Kaboul qu'elle doit « présenter ses plans détaillés et montrer les progrès concrets réalisés dans la lutte contre la corruption, contre la production et le trafic de drogue illicite, pour améliorer le respect des droits de la personne et pour accroître la capacité des Forces de sécurité nationale afghanes ».

Le G8 exige que tous les aspects de la vie économique des pays en voie de développement et des pays développés plus faibles soient dictés et contrôlés par les grandes puissances grâce à des termes d'échange inégaux, des accords de libre-échange, l'hégémonie du dollar américain et d'autres moyens. Aucun échange, aucun développement, aucune production et aucune transaction financière ne doit échapper à la poigne de fer du G8 impérialiste et au versement d'un tribut.

Selon le communiqué, « l'exploitation et le commerce illicites des ressources naturelles – y compris les minerais et le bois d'oeuvre – demeurent une source de préoccupations pour le G8 ».

L'Afrique est dans la mire des monopoles miniers qui considèrent comme « illicite » toute activité qui échappe à leur contrôle et qui ne leur profite pas. Selon le communiqué, « l'exploitation et le commerce illicite des ressources naturelles dans la partie orientale de la République démocratique du Congo sont une cause directe de l'instabilité et de la violence qui imposent des souffrances indues à la population de ce pays ».

Évidemment, c'est la vérité à l'envers puisque ce sont les monopoles miniers mondiaux, dont plusieurs ont leur siège social au Canada, qui sont à l'origine du conflit et de l'exploitation brutale des peuples d'Afrique et d'Amérique latine en particulier. Ces monopoles miniers se livrent à une concurrence à outrance, surtout contre certains pays en voie de développement menaçants, pour le droit d'exploiter les ressources naturelles des peuples.

Non satisfait des accusations arrogantes à l'endroit de la RPDC et de l'Iran, le G8 dresse une liste de pays qui ont été avisés de changer leur comportement et qu'il menace de changement de régime. Les avertissements commencent avec l'affirmation par les plus grands fauteurs de guerre au monde, ceux-là qui possèdent les armées les plus grandes et les plus menaçantes et les armes de destruction massive, que « nous, les dirigeants du G8, demeurons profondément préoccupés par de graves menaces pour la paix et la sécurité internationales ».

Mis à part la RPDC et l'Iran, d'où proviennent les « menaces » qui terrorisent tant les riches et leurs monopoles ? Le communiqué mentionne le Myanmar et le Soudan.

Par contraste, en partie pour mettre en garde les voisins de la Colombie, le G8 félicite « les présidents de la Colombie et d'Haïti ainsi que le premier ministre de la Jamaïque [qui] se sont penchés sur les vulnérabilités en matière de sécurité telles que le terrorisme, la prolifération, le trafic de drogue, les flux de capitaux illicites et la criminalité transnationale organisée ».

Le G8 félicite la Colombie pour sa « participation positive » comme avertissement à tous les pays d'Amérique latine et des Caraïbes qu'ils feraient mieux de se ranger du côté du système impérialiste d'États sous la gouverne des États-Unis parce que, comme le dit le communiqué, « nous sommes préoccupés par la menace que constituent les liens grandissants entre des terroristes, d'autres criminels et des insurgés, et les liens croissants entre les organisations qui se livrent au trafic de drogue en Amérique latine, dans les Caraïbes et en Afrique de l'Ouest, et entre celles à travers l'Asie ».

L'Afrique est également prise à partir sur la question du piratage pour essayer de justifier la militarisation des côtes de ce continent, voire des côtes du monde entier.

Le communiqué souligne qu'« à cette fin, nous nous engageons à renforcer les capacités d'États côtiers d'une importance cruciale et d'organisations régionales vouées à la sécurité maritime. Nous demeurons préoccupés par la menace persistante que font peser les groupes terroristes, ainsi que par leur présence grandissante au Yémen, en Somalie et à travers le Sahel. »

Ce ne sont pas des menaces en l'air. Le récent déplacement d'une armada étasunienne, comprenant une navire guerre israélien, par le canal de Suez en direction de l'Iran et le positionnement d'un autre porte-avions et de navires de soutien des États-Unis près de la côte ouest de la RPDC, près des côtes chinoises, en sont la preuve.

En ce qui concerne la Palestine, le G8 laisse voir sa fidélité dogmatique à son principal gendarme en Asie de l'Ouest et Afrique du Nord, soit l'entité coloniale qu'est Israël. Il dit partager « les préoccupations légitimes d'Israël en matière de sécurité, qu'il faut continuer à respecter », pendant que le reste du monde est atterré par l'impitoyabilité et l'inhumanité du siège de Gaza par Israël. Et faisant preuve d'une incroyable petitesse d'esprit, surtout quand on pense à tous les problèmes du monde et à la note de près de 2 milliards $ pour les sommets illégitimes du G8/20, le communiqué rappelle qu'un soldat israélien (un seul) est détenu à Gaza, un soldat qui pourrait être immédiatement rendu à sa famille si Israël acceptait un échange pour les plus de 10 000 prisonniers palestiniens en Israël. « Nous appelons à la libération immédiate du soldat israélien qui a été enlevé, Gilad Shalit », lit-on dans le communiqué.

Le communiqué au complet est un enchaînement d'affirmations honteuses et une menace non voilée d'escalade des attaques impérialistes contre les peuples, comme l'ont connu d'expérience directe les résidents de Toronto avec la militarisation de la ville et la violence organisée par l'État. Tous ceux et celles qui sont contre la guerre et pour la justice sociale et les droits de tous doivent dénoncer le G8. Les gestes et paroles du G8, et de sa progéniture tout aussi criminelle qu'est le G20, exposent leur illégitimité et leur caractère foncièrement antipeuple.

Le G8 est un front politique du système impérialiste d'États sous domination étasunienne. Le Canada doit se retirer immédiatement de ces regroupements impérialistes. Le G8 est un ennemi juré de la classe ouvrière internationale, des paysans et des autres travailleurs du monde et de la Terre Mère elle-même.

Dénonçons le G8, un front impérialiste sous la direction des États-Unis pour la négation du droit à l'existence des peuples du monde !

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Appel à un appui politique élargi
pour les détenus du G20


Toronto le 27 juin 2010: «Libérez nos camarades!»

Le Projet de soutien juridique du Comité de défense du mouvement fait appel aux mouvements qu'il soutient pour une démonstration de force politique et de solidarité pour les près de 500 personnes qui ont été arrêtées au cours des quatre derniers jours. La police de Toronto semble avoir perdu le contrôle de son « centre de traitement des prisonniers » ; elle refuse aux personnes arrêtées le droit à une consultation adéquate des avocats et elle a battu et arrêté ceux et celles qui protestaient pacifiquement à l'extérieur du centre de détention.

En dépit des assurances du contraire, seule une poignée de personnes ont été relâchées jusqu'à présent, dont plusieurs qui ont été détenues pendant de nombreuses heures sans faire face à des accusations. La police donne de fausses informations aux personnes arrêtées concernant le processus de libération sous caution et aux amis et familles rassemblées devant la cour située loin du centre-ville et inaccessible par les transports en commun. Nos avocats téléphonent et se font dire qu'il n'y a personne pour répondre à leurs questions ou attendent des heures au centre de détention pour finalement se faire dire qu'ils n'auront pas accès à leurs clients. Près de 500 personnes sont en état d'arrestation et nous savons d'expérience que la vaste majorité des accusations vont être abandonnées plus tard mais pour l'instant les portes des cellules restent fermées.

Il faut intensifier la pression et bâtir une riposte politique. Nous avons besoin que beaucoup d'autres voix se joignent à nous, surtout parmi les personnes bien en vue, pour dire que les abus et l'incompétence au 629 Eastern Avenue doivent cesser. Nous devons exiger des gouvernements à tous les niveaux qu'ils ramènent les forces policières sous contrôle. Nous devons nous assurer que les tribunaux et les procureurs agissent dans le respect des droits constitutionnels plutôt que de collaborer à leur violation.

Libérez les 500 de Toronto !

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