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Tout en oeuvre contre le G8/20!
Les « vastes pouvoirs policiers » sont
inacceptables ! Non à la militarisation de Toronto et à
la
criminalisation de la dissidence ! Les tentatives de légaliser
l'injustifiable ne doivent pas passer !
À la veille des grandes manifestations contre les
sommets du G8 et du G20, nous apprenions que le 2 juin dernier le
conseil des ministres du gouvernement de l'Ontario s'est servi de la Loi
sur
la
protection
des
ouvrages
publics pour adopter un
« règlement » qui confère aux corps
policiers
des « pouvoirs additionnels ».
Le Toronto Star écrit :
« Le règlement est entré en vigueur lundi et
dure jusqu'au 28 juin, lorsque les sommets seront terminés. Le
nouveau règlement est apparu sans préavis dans la banque
de données Lois-en-ligne la semaine dernière, il ne
paraîtra pas dans La Gazette de l'Ontario
avant le 3 juillet, soit une semaine après son arrivée
à échéance.
« Selon le nouveau règlement, des
"gardes" nommés aux termes de la loi peuvent arrêter
quiconque s'approche à moins de cinq mètres de la zone de
sécurité dans les zones spécifiées.
« Dans ces zones, la police peut exiger des
pièces d'identité de quiconque s'approche à moins
de cinq mètres de la clôture du périmètre et
soumettre la personne à une fouille. Si la personne refuse, elle
est passible d'arrestation. Quiconque est trouvé coupable en
vertu du nouveau règlement est également
passible de deux mois de prison ou d'une amende maximale de
500 $. »
Au moins une personne a déjà
été arrêtée en vertu du nouveau
règlement, bien que l'homme en question n'ait pas enfreint de
loi et n'ait eu connaissance des nouveaux « pouvoirs
d'arrestation » qu'après avoir été
relâché.
Le Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste) condamne le cabinet ontarien pour
l'adoption de ce règlement à l'insu des
députés, sans parler du mépris que cela exprime
envers les citoyens et résidents de la province.

La clôture de
sécurité du G20 dans le centre-ville de Toronto avant
l'entrée en vigueur du règlement. (Billy
Goat/Flick)
Même avec 1,2 milliard $ de mesures de
sécurité, les gouvernements du Canada et de l'Ontario
n'ont pas réussi à intimider le peuple et à lui
faire renoncer à son droit de conscience et à son droit
d'exprimer publiquement ses opinions sur le G8 et le G20. Les gens sont
résolus à utiliser l'occasion des sommets
pour faire connaître au monde entier le caractère
antisocial et antipopulaire de ces organisations et du parti au pouvoir
à Ottawa.
Avec ces nouveaux pouvoirs policiers, les gouvernements
du Canada et de l'Ontario élèvent la barre en ce qui
concerne la criminalisation de la dissidence pour étouffer
l'expression des opinions publiques par l'intimidation. Les
médias monopolisés s'affairent à justifier la
militarisation de l'Ontario avec des gros
titres à propos des émeutes et des caches d'armes. Puis
les services policiers déploient des agents au sein des forces
populaires pour ensuite blâmer ceux qui résistent à
l'oppression pour l'escalade de la répression et de la
militarisation. Ces tentatives de blâmer les manifestants pour la
répression policière et isoler
les forces qui s'apprêtent à défendre leurs droits
sont la goutte qui fait déborder le vase et il faut s'y opposer
résolument, comme le font les jeunes et les forces combattantes.
Blâmer ceux qui résistent à l'oppression pour les
tactiques violentes du gouvernement et de la police obscurcit le fait
que c'est l'État et non
la résistance à l'oppression qui est la cause et
l'organisateur de la répression.
Certains croient que tant que la violence et la
répression policières se font dans le respect de la loi,
il faut l'accepter. C'est une logique fasciste qui est
complètement inacceptable ! Allons-nous revenir sur le
verdict de l'histoire contre ceux qui disaient obéir à la
loi quand ils ont envoyé des hommes et des
femmes dans les camps de la mort ? Allons-nous accepter
l'activité criminelle des grandes puissances au Conseil de
sécurité de l'ONU ou à l'OTAN qui sanctionnent les
provocations pour justifier la guerre et des crimes contre la paix tout
juste parce que des résolutions ont été
adoptées en bonne et due forme ?
Non, légale ou pas, cela demeure une activité
criminelle ; c'est inacceptable et il faut tout faire pour que
ça ne passe pas !
Certains font remarquer que ce nouveau règlement
est sans doute une infraction à la Charte des droits et
libertés. Le PCC(M-L) soutient pour sa part qu'il pourrait
tout aussi bien ne pas être une infraction à la Charte
car, rappelons-le, celle-ci renferme une clause sur les
« limites raisonnables »
qui donne à l'État le pouvoir de rendre légale
toute violation qu'il croit nécessaire.
Les règlements comme celui adopté en vertu
de la Loi sur les ouvrages publics de l'Ontario sont souvent
justifiés au nom de la sécurité publique ou de la
sécurité nationale. Les notions comme celle de la
sécurité nationale sont notoirement mal définies.
L'expérience nous a montré que la sécurité
publique et la sécurité nationale sont souvent
définies de manière à protéger le droit de
monopole et les intérêts des puissances
étrangères au service desquelles agit le gouvernement
canadien. Ces intérêts des États les plus puissants
regroupés au sein du G8 et du G20, notamment aux
États-Unis, et la façon dont le
Canada sert ces intérêts ne sont pas des choses que les
représentants officiels discutent avec la population. Tout cela
reste à la discrétion des ministres.
Le PCC(M-L) note à cet égard qu'on a bien
vu à quel point inacceptables sont les critères
utilisés pour déterminer qui représente un risque
à la sécurité ou qui est un agent d'une puissance
étrangère avec l'entrevue accordée à la CBC
par le directeur du Service canadien du renseignement de
sécurité, Richard B.
Fadden. Cet homme considère clairement la Chine et d'autres
puissances étrangères non spécifiées comme
des ennemis et ceux qui s'associent à elles comme suspects. Le
directeur du SCRS ne semble pas considérer les ministres et
parlementaires qui sont des agents de la politique extérieure
des États-Unis ou d'Israël
comme des agents d'une puissance étrangère ! Selon
toute vraisemblance, cette entrevue a été faite dans un
but précis, à savoir intimider certains pays pour qu'ils
se soumettent à l'ordre du jour établi par le Canada pour
le G8 et le G20 et soutiennent la candidature du Canada comme membre du
Conseil de
sécurité de l'ONU. Sinon, pourquoi le gouvernement Harper
ne démet-il pas immédiatement M. Fadden de ses fonctions
pour avoir accordé une entrevue aussi provocante à un
moment aussi critique ?
Une chose est certaine : toutes ces mesures servent
à empêcher le peuple de débattre des enjeux et de
décider des politiques du Canada. Le gouvernement de l'Ontario a
adopté ce nouveau règlement complètement à
l'insu des Ontariens, invoquant l'autorité de la loi de 1990 sur
les ouvrages publics. Selon
cette loi, n'importe quoi et n'importe quel lieu peut être
déclaré ouvrage public, y compris des lieux de travail.
Un secteur complet du centre-ville de Toronto a été
déclaré ouvrage public où les policiers jouissent
de pouvoirs élargis pour maintenir le public à
l'écart et arrêter quiconque s'en approche. Forte des
dispositions
de cette loi, la police peut attaquer et déclarer
illégales les manifestations populaires et toute autre
activité dans un endroit public et poursuivre les contrevenants
en justice. On nous dit que cela est justifié parce que
l'État a légalisé la répression. Cette
répression et cette violence organisées par l'État
ne peuvent pas
être justifiées parce qu'elles ne sont pas justes !
Défendons le droit public, y compris le droit de
conscience, le droit à la dissidence, la liberté
d'expression et le droit de s'organiser !
Oui à la cause des peuples du monde, à la
paix et au droit à l'existence, à leur droit de
décider des affaires économiques, politiques, culturelles
et sociales dans leur intérêt plutôt que dans
l'intérêt des puissances étrangères qui
pillent leurs ressources, commettent des crimes contre
l'humanité et préparent leurs
armées pour une troisième guerre mondiale.
Sachez que le PCC(M-L) appuiera inconditionnellement
tous ceux qui sont arrêtés, harcelés ou
blessés pour avoir défendu leur droit de conscience ou
leur liberté d'expression. Les lois qui légalisent le
harcèlement policier et les atteintes au droit de conscience et
au droit de s'organiser sous prétexte de circonstances
exceptionnelles ne peuvent pas être justifiées. Les lois
qui vont à l'encontre des intérêts du peuple ne
peuvent pas être considérées comme justes et
l'État ne peut pas transformer quelque chose qui est injuste en
quelque chose de juste tout simplement en adoptant une loi ou un
règlement.
Le PCC(M-L) est convaincu que le peuple a non seulement
le droit mais le devoir de défier une autorité qui agit
à l'encontre de ses intérêts et qui se sert de son
pouvoir pour imposer des politiques et des mesures qui vont à
l'encontre de ses intérêts.
Le PCC(M-L) profite également de l'occasion pour
condamner les efforts du gouvernement Harper pour utiliser le sommet du
G20 pour « persuader » différents pays de
soutenir sa candidature au Conseil de sécurité de l'ONU.
Les peuples du monde n'ont certainement pas besoin d'un
béni-oui-oui
des États-Unis au Conseil de sécurité, d'une autre
brute qui au nom de la liberté, de la démocratie et des
droits humains s'opposera farouchement au droit à l'existence de
pays comme l'Iran et la République populaire démocratique
de Corée, du peuple palestinien, du Liban et des peuples
d'Amérique latine et des
Caraïbes, d'Afrique, d'Asie et même d'Europe.
À bas le G8/20 !
Non aux tentatives de l'État de criminaliser la dissidence !

Journée d'action de la
communauté de Toronto contre le G8/20
« Nous ne serons pas réduits au
silence ! »
Des milliers de personnes ont marché dans les
rues de Toronto le 25 juin, défiant la présence
policière massive, pour reprendre la ville
assiégée par le G8 et le G20 et pour dire un Non !
retentissant à leurs politiques antisociales. Tout au long de
l'après-midi, les marcheurs ont défilé
derrière leurs bannières
et crié leurs revendications. La marche rassemblait de
nombreuses luttes et de nombreuses revendications.
La journée a été
caractérisée par l'esprit de défi, à
commencer par le rassemblement au parc Allan Gardens. Les policiers se
sont mis à enlever les porte-drapeaux sur une base tout à
fait arbitraire et à interdire l'accès au parc. Les
jeunes se sont rapidement regroupés aux endroits où les
policiers faisaient leur harcèlement
pour leur dire : « Laissez-les
passer ! » Le point de rassemblement a
été déplacé vers le bord du parc, de sorte
que les policiers ne puissent plus isoler les personnes qui arrivaient.
Des activistes de la Coalition contre la pauvreté
de l'Ontario et de Personne n'est illégal ont exprimé les
grandes revendications de la marche contre les regroupements
illégitimes que sont le G8 et le G20. Ils ont
dénoncé l'allocation de 1,2 milliard de dollars pour
protéger ceux qui prennent à tous les jours des
décisions qui sont contraires à nos intérêts
(des plans de sauvetage pour les banques aux compressions dans les
programmes sociaux) à l'heure où de nombreux
résidents de Toronto se voient nier les choses de
première nécessité comme la nourriture et le
logement. Le secteur du parc Allan Gardens, qui était le point
de rassemblement, est un secteur particulièrement pauvre, ont
fait remarquer les organisateurs, et ses résidents ont une riche
histoire de défense de leurs droits et d'opposition aux attaques
des riches contre les pauvres. Cette grande pauvreté que l'on
retrouve dans plusieurs quartiers de Toronto rend obscène la
dépense
de milliards de dollars pour la sécurité du sommet. Les
chefs du G8/20 disent se réunir pour trouver des solutions, mais
nous en avons des solutions à ces problèmes et ils ne
veulent pas les entendre, a fait remarquer un orateur.
Des femmes de différents collectifs ont ouvert la
marche, et des rues du centre-ville ont retenti les slogans des
marcheurs : « G8, G20, ils sont une poignée,
nous sommes la multitude. La rue nous
appartient ! » ; « Ils disent :
restez chez vous. Nous disons :
Ripostez ! » ; « La protestation n'est
pas un crime. Plus de policiers en temps
supplémentaire. » Chaque contingent amenait ses
revendications. Sur les pancartes les gens dénonçaient
les nouveaux pouvoirs
élargis
donnés aux forces policières et aux forces de
sécurité et affirmaient le
refus de se laisser intimider et de se taire.
Tout au long du trajet les gens s'arrêtaient sur
les trottoirs pour écouter et lire les pancartes et
bannières. Dans certains grands édifices, on voyait des
visages dans les fenêtres à tous les étages qui
regardaient la manifestation. Les marcheurs appelaient les gens
à se joindre à eux : Faites un pas du trottoir
à la rue !
La marche a été interrompue à
plusieurs reprises par des groupes de policiers qui attendaient aux
intersections. Le trajet a dû être modifié à
chaque tournant parce que la voie était bloquée. Il y a
eu plusieurs arrestations arbitraires tout au long du parcours et les
gens se faisaient enlever leurs pancartes. À chaque
fois, les manifestants scandaient : « Voilà
à quoi ressemble votre démocratie. Voilà à
quoi ressemble un État policier ! » et
« Laissez-nous marcher ! » À chaque
incursion contre la manifestation, à chaque arrestation, les
marcheurs se précipitaient et criaient :
« Laissez-les passer ! »
Confrontée à un barrage policier en route
vers la zone de sécurité, la manifestation a dû
changer son parcours pour revenir au point de départ où
les participants ont célébré les succès de
la journée et planifié les activités du lendemain.
Plus tard en soirée, les participants à un forum public
sur la justice mondiale
contre le G20 sont venus au parc pour exprimer leur appui. Il y a
également eu une manifestation de solidarité avec les
personnes arrêtées durant la journée.

Nouvelles de Huntsville
Nous reproduisons ci-dessous un article publié le
25 juin par le Conseil des Canadiens, intitulé « Mes
libertés civiles sont allées à Huntsville et tout
ce que j'ai obtenu c'est cette zone pitoyable pour
protester », en référence à la zone
pour protester contre le Sommet du G8 à Huntsville.
* * *

« Venez
chercher ici vos libertés civiles !»
|
Être à Toronto dans le cadre des
préparatifs du Sommet du G20 est vraiment une expérience
bizarre et désagréable : des centaines de
mètres de clôture, des milliers de policiers, des canons
soniques, des arrestations arbitraires et des agents infiltrés
mal déguisés.
Mais si vous voulez vraiment vivre une expérience
irréelle, c'est à Huntsville qu'il faut aller. Ce ne sont
pas tant les très prisées chaises Muskoka, les
panneaux-réclames qui attirent des centaines d'agents de
sécurité dans les magasins pour obtenir leur tasse ou
T-shirt commémoratifs du G8 ou la juxtaposition
quelque peu discordante de la police à chaque coin de rue de la
ville pittoresque. Non, ce qui amène vraiment Huntsville dans un
autre univers est une visite à « l'espace
désigné de liberté d'expression au sommet du
G8 ».
Ce n'est pas un endroit facile à visiter. En haut
d'une colline à la périphérie de la ville, non
loin du terrain de golf et certes présentant un panorama
pittoresque, les seules indications vous informant que vous approchez
d'un bastion
officiellement sanctionné des libertés civiles sont une
série de petits panneaux qui vous rappellent
le chemin qui vous conduit à un marché aux puces. C'est
aussi à quelque neuf kilomètres de l'endroit où
tout ce qui se passe réellement.
Un contingent important de l'OPP est là pour vous
accueillir, non pas qu'il soit absolument nécessaire puisque
personne n'est réellement là. Et lorsque les agents pas
très très souriants vous font signe de garer les
véhicules sur le côté de la route de gravier avant
d'entrer dans la zone en question, il est clair qu'ils
ne s'attendent pas vraiment à ce que quelqu'un se
présente, bien
que, pour être équitable, ils ont nolisé des
autobus en provenance de Huntsville pour ceux qui veulent effectuer le
trajet jusqu'ici.
La zone de liberté d'expression est vraiment un
bel exemple d'un engagement envers les libertés civiles :
un champ d'herbe ouvert, transformé en boue par les pluies
récentes, avec, à l'entrée, une ligne de
véhicules de l'OPP et d'agents de l'OPP qui s'ennuient. A
côté d'eux, une ligne de toilettes portables
flambant neuves comme jamais vous aurez l'occasion d'en voir.

La police et les toilettes portables sur le site désigné
de liberté d'expression.
|
Mais la véritable pièce de
résistance se trouve sous une modeste tente blanche : une
petite table et sur elle, un ordinateur portable branché
à une petite génératrice. De là, nous
dit-on, il y aura un flux en direct de la minuscule caméra Web
vers le site du sommet, à travers laquelle les manifestants dans
ce
champ lointain peuvent être vus et entendus par les dirigeants -
qui vont sans doute passer une bonne partie de leur réunion
blottis autour d'un montage similaire - leurs droits
démocratiques réalisés grâce à la
magie de la technologie moderne.
Nous nous promenons sur le terrain, les deux seuls
non-policiers présents. Après un bref échange sur
l'équipement informatique nous sommes accompagnés
à notre voiture par les agents qui posent des questions sur le
contenu de notre voiture et qui exigent de nous des pièces
l'identité. Même dans cette zone
désignée de liberté d'expression à
distance, il semblerait que la police ne peut jamais être assez
prudente.

À gauche: Il n'y a
pas une légende au monde qui pourrait décrire
l'absurdité de cette situation.
A droite: Beaucoup d'espace pour que la démocratie
s'épanouisse.
Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, je
vous jure que je n'ai rien inventé.

Journée d'action sur les droits autochtones
Oren
Zev
(Activestills)
Dans le cadre de la Journée d'action
pancanadienne sur les droits autochtones le 24 juin, il y a eu une
marche très militante dans les rues de Toronto, avec comme
arrière-plan les actions contre les sommets du G8/20.
Le but de l'action de Toronto était de faire
connaître au monde qui a les yeux tournés vers cette ville
que le Canada a un très mauvais bilan sur la question des droits
autochtones et que le gouvernement canadien doit assumer ses
obligations envers les droits ancestraux des Premières Nations.
Les marcheurs ont
dénoncé le G8 et le G20 en tant qu'instruments du
maintien de l'oppression colonialiste et de la répression des
peuples autochtones dans le monde et levier d'un développement
économique qui détruit les ressources humaines et
naturelles. Plus de 1 500 personnes ont participé à la
manifestation de mercredi qui a
commencé devant le parlement; ceux-ci ont passé par les
principales artères du centre-ville de Toronto. Les participants
provenaient de nombreuses nations autochtones, certains d'aussi loin
que la Colombie-Britannique et le nord de l'Alberta, en plus des
travailleurs et des nombreux étudiants du secondaire, des
collèges
et universités. En arrivant à Queen's Park, les gens
étaient immédiatement frappés par
l'immensité de la bannière portée par cent
personnes sur laquelle on lisait : « Les droits
territoriaux autochtones maintenant ! » Sur les
pancartes était déploré le sort des
Premières Nations et décrit leur lutte
à la défense de leurs droits : « Les pays
du G8/20 ne demandent jamais de permission ! »,
« Le Canada ne peut cacher son
génocide ! », « Les droits
autochtones sont des droits humains ! »,
« La honte du tiers-monde : les conditions de
vie sur les réserves canadiennes ! »,
« Où sont les enfants ? Où est la
justice ? », « Arrêtez la
marchandisation de l'air, de la terre et de l'eau ! »,
« Arrêtez le profilage racial de nos
communautés par la police ! », « On
ne respire pas de
l'argent ! »
Après les salutations d'ouverture par un
aîné de Mississauga, en reconnaissance du fait que le
parlement ontarien se trouver sur une terre volée à la
première nation Mississauga, Patrick Madahbee, chef du Grand
conseil Anishinabek, a lu un message du chef régional de
l'Ontario, Angus Toulouse, qui dénonçait
entre autres le gouvernement canadien pour son refus de signer la
Déclaration de l'ONU sur les droits des peuples autochtones. Le
gouvernement canadien dit « avancer vers » la
signature de la déclaration, mais la réalité de la
politique canadienne en matière de droits autochtones
« parle plus fort
que les mots ». Le chef dénonce les violations des
droits autochtones et des droits issus de traités, le maintien
des Premières Nations dans un état de pauvreté
extrême et de santé déplorable et le vol de l'eau
et des autres ressources naturelles. Madahbee a ajouté que
l'usurpation des terres autochtones n'a pas
éliminé les Premières Nations en tant que nations
souveraines combattantes avec leur culture de résistance et que
l'État canadien doit négocier avec les Premières
Nations de nation à nation.
Harrison Helkrow de Red Power United a dit que la
journée d'action avait pour objectif de faire connaître
aux yeux du monde qui regarde la vérité au sujet de
l'oppression coloniale des Premières Nations au Canada et dire
que les Premières Nations qui vivent au Canada ne renonceront
pas à leur lutte pour le
rétablissement de leurs droits ancestraux.
Darlene Ritchie du centre culturel Toronto Council Fire
a dit que la lutte des Premières Nations appartient à
tout le monde parce que les ressources de la Terre Mère forment
un tout et que c'est à tous qu'appartient le devoir de s'assurer
que ces ressources sont utilisées pour le bien de tous
plutôt que pour
l'enrichissement d'une infime minorité, comme celle
représentée par les G8/G20. Elle a noté que les
guerres menées contre les peuples en Irak et en Afghanistan sont
en soi une attaque contre l'esprit humain de partage des ressources
à l'avantage de tous et de manière à respecter
l'environnement.
Jasmine Thomas de la nation Carrier en
Colombie-Britannique a parlé de la lutte contre la destruction
que représentent l'exploitation des sables bitumineux et le
projet de pipeline Enbridge, qui se propose de traverser les terres
ancestrales de son peuple, et de l'apparition de nouveaux types de
cancer parmi les
siens. Lionel Lépine de la première nation Athabasca
Chipewyan, dans le nord de l'Alberta, a parlé de la
« lente assimilation » des Premières
Nations par les monopoles de l'industrie des sables bitumineux et dit
que les Premières Nations vont lutter jusqu'au bout contre ce
« développement »
et ses conséquences destructrices.
Les marcheurs se sont arrêtés devant le
consulat des États-Unis pour exiger la libération de
Leonard Peltier, l'activiste du American Indian Movement
emprisonné depuis 33 ans pour des meurtres qu'il n'a pas commis.
Ils ont exprimé leur appui aux activistes des Premières
Nations aux États-Unis qui subissent
la criminalisation aux mains du gouvernement étasunien et ont
exigé que le président Barack Obama signe
immédiatement la Déclaration de l'ONU sur les droits des
peuples autochtones.
Ils se sont ensuite arrêtés devant
plusieurs symboles de l'appareil juridique canadien pour
dénoncer la « justice » coloniale de
l'État canadien, exigeant qu'on y mette fin et que l'État
canadien négocie avec les Premières Nations de nation
à nation et rétablisse leurs droits ancestraux. Le
dernier arrêt
était devant la Société d'aide à l'enfance,
une agence du gouvernement de l'Ontario que les Premières
Nations accusent d'enlever leurs enfants. Un orateur a
averti que l'argent que la société reçoit ne doit
pas servir à retirer les enfants de leurs communautés. La
marche s'est terminée au parc Allan Gardens
où les participants ont entendu des discours et des chants.
Dans la soirée, les gens se sont
rassemblés à la salle du syndicat des métallos
pour une soirée de discussion et de spectacles mettant en
vedette les luttes des peuples autochtones de l'Île de la Tortue,
des Mapuche tout au sud de l'Amérique latine jusqu'aux nations
autochtones du nord dont les terres volées servent
aujourd'hui à accueillir les rencontres illégitimes du
G8/G20. Les grandes puissances sont responsables « de la
famine, du déplacement et de la mort par la guerre, l'occupation
et l'ajustement économique » des peuples autochtones
partout dans le monde, ont fait remarquer les organisateurs de la
soirée. Ce sont elles, et non pas nous, qui sont violentes et
qui détruisent la Terre Mère et les nations et peuples
qui en dépendent, lesquels ont le droit et la
responsabilité de la défendre, fut la note de
clôture.

Réflexions du camarade Fidel Castro
Que j'aimerais me tromper !
Quand Granma publiera ces lignes demain,
vendredi, le 26 juillet, cette date à laquelle nous nous
rappelons toujours avec fierté l'honneur d'avoir
résisté aux coups de boutoir de l'Empire, sera fort
lointaine, même si à peine trente-deux jours nous en
séparent.
Ceux qui décident de chaque pas du pire ennemi de
l'humanité – l'impérialisme étasunien, ce
mélange de sordides intérêts matériels, de
mépris et de sous-estimation des autres habitants de la
planète – ont tout calculé avec une précision
mathématique.
J'ai écrit dans mes Réflexions du 16
juin : « On nous glisse diaboliquement les nouvelles
entre deux matchs de la Coupe du monde de football, de sorte que
personne ne s'en soucie... »
La fameuse compétition sportive est entrée
dans ses moments les plus passionnants. Pendant quatorze jours, les
équipes formées par les meilleurs joueurs de trente-deux
pays se sont battus pour accéder aux huitièmes de
finale ; viendront ensuite les quarts de finale, les demi-finales
et la finale.
Le fanatisme sportif ne cesse de croître,
envoûtant des centaines de millions, voire des milliards de
personnes dans le monde.
Je me pose une question : combien savent, en
revanche, que des bâtiments de guerre étasuniens, dont le
porte-avions Harry S. Truman, escorté d'un ou de
plusieurs sous-marins atomiques et d'autres navires de guerre
dotés de missiles et de canons plus puissants que ceux des vieux
cuirassés
de la dernière guerre mondiale (1939-1945), ont franchi le canal
de Suez en direction des côtes iraniennes ?
Les forces navales yankees sont accompagnées de
navires de guerre israéliens équipés eux aussi
d'armements de pointe, pour inspecter n'importe quel bateau
chargé des exportations et des importations des produits
commerciaux dont l'économie iranienne a besoin pour fonctionner.
Le Conseil de sécurité des Nations Unies
a,
sur proposition des USA soutenus par la Grande-Bretagne, la France et
l'Allemagne, voté une dure résolution à laquelle
aucun des cinq pays titulaires n'a opposé son droit de veto.
Le Sénat étasunien a voté une
résolution plus dure.
Plus tard, l'Union européenne en a voté
une autre encore plus dure. Tout ceci a eu lieu avant le 20 juin, ce
qui explique pourquoi le président français, Nicolas
Sarkozy, s'est rendu d'urgence en Russie pour s'entretenir avec le chef
d'État de ce puissant pays, Dmitri Medvedev, dans l'espoir de
négocier avec l'Iran
et d'éviter le pire.
Il s'agit maintenant de calculer quand les forces
navales étasuniennes et israéliennes se
déploieront devant les côtes iraniennes afin de s'unir aux
porte-avions et autres bâtiments des USA qui montent
déjà la garde dans cette région.
Le pire, c'est que, à l'instar des USA,
Israël, leur gendarme du Moyen-Orient, possède des avions
d'attaque dernier cri et des armes atomiques très modernes que
ceux-ci lui ont fournies, ce qui en fait, par sa force de frappe, la
sixième puissance nucléaire des huit reconnues à
ce titre, dont l'Inde et le Pakistan.
En 1979, l'ayatollah Ruhollah Khomeiny avait
renversé le shah d'Iran sans employer une seule arme. Plus tard,
les USA imposèrent à ce pays une guerre au cours de
laquelle l'Iraq employa des armes chimiques – dont ils lui avaient
fourni les composants en même temps que les renseignements dont
avaient
besoin ses unités de combat – contre les Gardiens de la
Révolution iranienne. Cuba le sait parce que, comme je l'ai
expliqué d'autres fois, elle présidait le Mouvement des
pays non alignés. Nous savons bien les ravages causés
à la population iranienne. Mahmud Ahmadineyad, le chef
d'État iranien actuel,
commandait la sixième armée des Gardiens de la
Révolution et les Corps des Gardiens dans les provinces
occidentales du pays qui supportèrent le gros de cette guerre.
Aujourd'hui, comme voilà trente et un ans, les
États-Unis et Israël sous-estiment le million de soldats
des forces armées iraniennes, leur capacité de combat
terrestre, ainsi que les forces aériennes, maritimes et
terrestres des Gardiens de la Révolution.
À quoi il faut ajouter les vingt millions
d'hommes et de femmes âgés de douze à soixante ans,
choisis et entraînés systématiquement par les
diverses institutions militaires, parmi les soixante-dix millions
d'habitants du pays.
L'administration étasunienne avait tracé
un plan pour déclencher un mouvement politique qui, se fondant
sur la soif de consommation capitaliste, aurait divisé les
Iraniens et renversé leur gouvernement.
Cet espoir n'est plus qu'une lubie. Il est risible de
penser que les bâtiments de guerre étasuniens et
israéliens puissent éveiller les sympathies d'un seul
Iranien !
J'avais cru au départ, après avoir
analysé la situation, que la deuxième guerre
coréenne serait le détonateur de la seconde guerre
imposée à l'Iran par les USA.
La réalité s'est inversée : la
guerre d'Iran déclenchera aussitôt la guerre de
Corée.
Les dirigeants nord-coréens, accusés
d'avoir coulé le Cheonan, mais qui savent pertinemment
que cette corvette a été coulée par une mine que
les services de renseignement yankees ont collée à sa
coque, ne perdront pas une seconde et agiront dès que l'attaque
sera déclenchée contre l'Iran.
Il est tout à fait juste que les supporteurs se
passionnent pour la Coupe du monde de football. Moi, je fais mon devoir
de mettre notre peuple en garde, en pensant surtout à notre
jeunesse pleine de vie et d'espoirs, en particulier nos merveilleux
enfants, pour que les faits ne nous prennent pas à l'improviste.
Je souffre de penser à tant de rêves
conçus par les être humains et aux créations
étonnantes qu'ils ont été capables d'engendrer en
seulement quelques milliers d'années.
Quand les rêves les plus révolutionnaires
sont en train de se concrétiser et que la patrie se redresse
fermement, que j'aimerais me tromper !
Fidel Castro Ruz
Le 24 juin 2010
21 h 34

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Marxiste-Léniniste
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