Le Marxiste-Léniniste

Numéro 112 - 26 juin 2010

Tout en oeuvre contre le G8/20 !

Les « vastes pouvoirs policiers » sont inacceptables ! Non à la militarisation de Toronto et à la criminalisation de la dissidence ! Les tentatives de légaliser l'injustifiable ne doivent pas passer !

Journée d'action
Samedi le 26 juin à Toronto


Rassemblement devant le parlement de l'Ontario à 13 h

Voir le CALENDRIER D'ÉVÉNEMENTS

Tout en oeuvre contre le G8/20 !
Les « vastes pouvoirs policiers » sont inacceptables ! Non à la militarisation de Toronto et à la criminalisation de la dissidence ! Les tentatives de légaliser l'injustifiable ne doivent pas passer !

Journées d'action à Toronto
« Nous ne serons pas réduits au silence ! »
Nouvelles de Huntsville
Journée d'action sur les droits autochtones

Réflexions du camarade Fidel Castro
Que j'aimerais me tromper !

Accueil | Archives | English

Tout en oeuvre contre le G8/20!

Les « vastes pouvoirs policiers » sont inacceptables ! Non à la militarisation de Toronto et à la criminalisation de la dissidence ! Les tentatives de légaliser l'injustifiable ne doivent pas passer !

À la veille des grandes manifestations contre les sommets du G8 et du G20, nous apprenions que le 2 juin dernier le conseil des ministres du gouvernement de l'Ontario s'est servi de la Loi sur la protection des ouvrages publics pour adopter un « règlement » qui confère aux corps policiers des « pouvoirs additionnels ».

Le Toronto Star écrit : « Le règlement est entré en vigueur lundi et dure jusqu'au 28 juin, lorsque les sommets seront terminés. Le nouveau règlement est apparu sans préavis dans la banque de données Lois-en-ligne la semaine dernière, il ne paraîtra pas dans La Gazette de l'Ontario avant le 3 juillet, soit une semaine après son arrivée à échéance.

« Selon le nouveau règlement, des "gardes" nommés aux termes de la loi peuvent arrêter quiconque s'approche à moins de cinq mètres de la zone de sécurité dans les zones spécifiées.

« Dans ces zones, la police peut exiger des pièces d'identité de quiconque s'approche à moins de cinq mètres de la clôture du périmètre et soumettre la personne à une fouille. Si la personne refuse, elle est passible d'arrestation. Quiconque est trouvé coupable en vertu du nouveau règlement est également passible de deux mois de prison ou d'une amende maximale de 500 $. »

Au moins une personne a déjà été arrêtée en vertu du nouveau règlement, bien que l'homme en question n'ait pas enfreint de loi et n'ait eu connaissance des nouveaux « pouvoirs d'arrestation » qu'après avoir été relâché.

Le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) condamne le cabinet ontarien pour l'adoption de ce règlement à l'insu des députés, sans parler du mépris que cela exprime envers les citoyens et résidents de la province.


La clôture de sécurité du G20 dans le centre-ville de Toronto avant l'entrée en vigueur du règlement. (Billy Goat/Flick)

Même avec 1,2 milliard $ de mesures de sécurité, les gouvernements du Canada et de l'Ontario n'ont pas réussi à intimider le peuple et à lui faire renoncer à son droit de conscience et à son droit d'exprimer publiquement ses opinions sur le G8 et le G20. Les gens sont résolus à utiliser l'occasion des sommets pour faire connaître au monde entier le caractère antisocial et antipopulaire de ces organisations et du parti au pouvoir à Ottawa.

Avec ces nouveaux pouvoirs policiers, les gouvernements du Canada et de l'Ontario élèvent la barre en ce qui concerne la criminalisation de la dissidence pour étouffer l'expression des opinions publiques par l'intimidation. Les médias monopolisés s'affairent à justifier la militarisation de l'Ontario avec des gros titres à propos des émeutes et des caches d'armes. Puis les services policiers déploient des agents au sein des forces populaires pour ensuite blâmer ceux qui résistent à l'oppression pour l'escalade de la répression et de la militarisation. Ces tentatives de blâmer les manifestants pour la répression policière et isoler les forces qui s'apprêtent à défendre leurs droits sont la goutte qui fait déborder le vase et il faut s'y opposer résolument, comme le font les jeunes et les forces combattantes. Blâmer ceux qui résistent à l'oppression pour les tactiques violentes du gouvernement et de la police obscurcit le fait que c'est l'État et non la résistance à l'oppression qui est la cause et l'organisateur de la répression.

Certains croient que tant que la violence et la répression policières se font dans le respect de la loi, il faut l'accepter. C'est une logique fasciste qui est complètement inacceptable ! Allons-nous revenir sur le verdict de l'histoire contre ceux qui disaient obéir à la loi quand ils ont envoyé des hommes et des femmes dans les camps de la mort ? Allons-nous accepter l'activité criminelle des grandes puissances au Conseil de sécurité de l'ONU ou à l'OTAN qui sanctionnent les provocations pour justifier la guerre et des crimes contre la paix tout juste parce que des résolutions ont été adoptées en bonne et due forme ? Non, légale ou pas, cela demeure une activité criminelle ; c'est inacceptable et il faut tout faire pour que ça ne passe pas !

Certains font remarquer que ce nouveau règlement est sans doute une infraction à la Charte des droits et libertés. Le PCC(M-L) soutient pour sa part qu'il pourrait tout aussi bien ne pas être une infraction à la Charte car, rappelons-le, celle-ci renferme une clause sur les « limites raisonnables » qui donne à l'État le pouvoir de rendre légale toute violation qu'il croit nécessaire.

Les règlements comme celui adopté en vertu de la Loi sur les ouvrages publics de l'Ontario sont souvent justifiés au nom de la sécurité publique ou de la sécurité nationale. Les notions comme celle de la sécurité nationale sont notoirement mal définies. L'expérience nous a montré que la sécurité publique et la sécurité nationale sont souvent définies de manière à protéger le droit de monopole et les intérêts des puissances étrangères au service desquelles agit le gouvernement canadien. Ces intérêts des États les plus puissants regroupés au sein du G8 et du G20, notamment aux États-Unis, et la façon dont le Canada sert ces intérêts ne sont pas des choses que les représentants officiels discutent avec la population. Tout cela reste à la discrétion des ministres.

Le PCC(M-L) note à cet égard qu'on a bien vu à quel point inacceptables sont les critères utilisés pour déterminer qui représente un risque à la sécurité ou qui est un agent d'une puissance étrangère avec l'entrevue accordée à la CBC par le directeur du Service canadien du renseignement de sécurité, Richard B. Fadden. Cet homme considère clairement la Chine et d'autres puissances étrangères non spécifiées comme des ennemis et ceux qui s'associent à elles comme suspects. Le directeur du SCRS ne semble pas considérer les ministres et parlementaires qui sont des agents de la politique extérieure des États-Unis ou d'Israël comme des agents d'une puissance étrangère ! Selon toute vraisemblance, cette entrevue a été faite dans un but précis, à savoir intimider certains pays pour qu'ils se soumettent à l'ordre du jour établi par le Canada pour le G8 et le G20 et soutiennent la candidature du Canada comme membre du Conseil de sécurité de l'ONU. Sinon, pourquoi le gouvernement Harper ne démet-il pas immédiatement M. Fadden de ses fonctions pour avoir accordé une entrevue aussi provocante à un moment aussi critique ?

Une chose est certaine : toutes ces mesures servent à empêcher le peuple de débattre des enjeux et de décider des politiques du Canada. Le gouvernement de l'Ontario a adopté ce nouveau règlement complètement à l'insu des Ontariens, invoquant l'autorité de la loi de 1990 sur les ouvrages publics. Selon cette loi, n'importe quoi et n'importe quel lieu peut être déclaré ouvrage public, y compris des lieux de travail. Un secteur complet du centre-ville de Toronto a été déclaré ouvrage public où les policiers jouissent de pouvoirs élargis pour maintenir le public à l'écart et arrêter quiconque s'en approche. Forte des dispositions de cette loi, la police peut attaquer et déclarer illégales les manifestations populaires et toute autre activité dans un endroit public et poursuivre les contrevenants en justice. On nous dit que cela est justifié parce que l'État a légalisé la répression. Cette répression et cette violence organisées par l'État ne peuvent pas être justifiées parce qu'elles ne sont pas justes !

Défendons le droit public, y compris le droit de conscience, le droit à la dissidence, la liberté d'expression et le droit de s'organiser !

Oui à la cause des peuples du monde, à la paix et au droit à l'existence, à leur droit de décider des affaires économiques, politiques, culturelles et sociales dans leur intérêt plutôt que dans l'intérêt des puissances étrangères qui pillent leurs ressources, commettent des crimes contre l'humanité et préparent leurs armées pour une troisième guerre mondiale.

Sachez que le PCC(M-L) appuiera inconditionnellement tous ceux qui sont arrêtés, harcelés ou blessés pour avoir défendu leur droit de conscience ou leur liberté d'expression. Les lois qui légalisent le harcèlement policier et les atteintes au droit de conscience et au droit de s'organiser sous prétexte de circonstances exceptionnelles ne peuvent pas être justifiées. Les lois qui vont à l'encontre des intérêts du peuple ne peuvent pas être considérées comme justes et l'État ne peut pas transformer quelque chose qui est injuste en quelque chose de juste tout simplement en adoptant une loi ou un règlement.

Le PCC(M-L) est convaincu que le peuple a non seulement le droit mais le devoir de défier une autorité qui agit à l'encontre de ses intérêts et qui se sert de son pouvoir pour imposer des politiques et des mesures qui vont à l'encontre de ses intérêts.

Le PCC(M-L) profite également de l'occasion pour condamner les efforts du gouvernement Harper pour utiliser le sommet du G20 pour « persuader » différents pays de soutenir sa candidature au Conseil de sécurité de l'ONU. Les peuples du monde n'ont certainement pas besoin d'un béni-oui-oui des États-Unis au Conseil de sécurité, d'une autre brute qui au nom de la liberté, de la démocratie et des droits humains s'opposera farouchement au droit à l'existence de pays comme l'Iran et la République populaire démocratique de Corée, du peuple palestinien, du Liban et des peuples d'Amérique latine et des Caraïbes, d'Afrique, d'Asie et même d'Europe.

À bas le G8/20 !
Non aux tentatives de l'État de criminaliser la dissidence !

Haut de page


Journée d'action de la communauté de Toronto contre le G8/20

« Nous ne serons pas réduits au silence ! »

Des milliers de personnes ont marché dans les rues de Toronto le 25 juin, défiant la présence policière massive, pour reprendre la ville assiégée par le G8 et le G20 et pour dire un Non ! retentissant à leurs politiques antisociales. Tout au long de l'après-midi, les marcheurs ont défilé derrière leurs bannières et crié leurs revendications. La marche rassemblait de nombreuses luttes et de nombreuses revendications.

La journée a été caractérisée par l'esprit de défi, à commencer par le rassemblement au parc Allan Gardens. Les policiers se sont mis à enlever les porte-drapeaux sur une base tout à fait arbitraire et à interdire l'accès au parc. Les jeunes se sont rapidement regroupés aux endroits où les policiers faisaient leur harcèlement pour leur dire : « Laissez-les passer ! » Le point de rassemblement a été déplacé vers le bord du parc, de sorte que les policiers ne puissent plus isoler les personnes qui arrivaient.

Des activistes de la Coalition contre la pauvreté de l'Ontario et de Personne n'est illégal ont exprimé les grandes revendications de la marche contre les regroupements illégitimes que sont le G8 et le G20. Ils ont dénoncé l'allocation de 1,2 milliard de dollars pour protéger ceux qui prennent à tous les jours des décisions qui sont contraires à nos intérêts (des plans de sauvetage pour les banques aux compressions dans les programmes sociaux) à l'heure où de nombreux résidents de Toronto se voient nier les choses de première nécessité comme la nourriture et le logement. Le secteur du parc Allan Gardens, qui était le point de rassemblement, est un secteur particulièrement pauvre, ont fait remarquer les organisateurs, et ses résidents ont une riche histoire de défense de leurs droits et d'opposition aux attaques des riches contre les pauvres. Cette grande pauvreté que l'on retrouve dans plusieurs quartiers de Toronto rend obscène la dépense de milliards de dollars pour la sécurité du sommet. Les chefs du G8/20 disent se réunir pour trouver des solutions, mais nous en avons des solutions à ces problèmes et ils ne veulent pas les entendre, a fait remarquer un orateur.

Des femmes de différents collectifs ont ouvert la marche, et des rues du centre-ville ont retenti les slogans des marcheurs : « G8, G20, ils sont une poignée, nous sommes la multitude. La rue nous appartient ! » ; « Ils disent : restez chez vous. Nous disons : Ripostez ! » ; « La protestation n'est pas un crime. Plus de policiers en temps supplémentaire. » Chaque contingent amenait ses revendications. Sur les pancartes les gens dénonçaient les nouveaux pouvoirs élargis donnés aux forces policières et aux forces de sécurité et affirmaient le refus de se laisser intimider et de se taire.

Tout au long du trajet les gens s'arrêtaient sur les trottoirs pour écouter et lire les pancartes et bannières. Dans certains grands édifices, on voyait des visages dans les fenêtres à tous les étages qui regardaient la manifestation. Les marcheurs appelaient les gens à se joindre à eux : Faites un pas du trottoir à la rue !

La marche a été interrompue à plusieurs reprises par des groupes de policiers qui attendaient aux intersections. Le trajet a dû être modifié à chaque tournant parce que la voie était bloquée. Il y a eu plusieurs arrestations arbitraires tout au long du parcours et les gens se faisaient enlever leurs pancartes. À chaque fois, les manifestants scandaient : « Voilà à quoi ressemble votre démocratie. Voilà à quoi ressemble un État policier ! » et « Laissez-nous marcher ! » À chaque incursion contre la manifestation, à chaque arrestation, les marcheurs se précipitaient et criaient : « Laissez-les passer ! »

Confrontée à un barrage policier en route vers la zone de sécurité, la manifestation a dû changer son parcours pour revenir au point de départ où les participants ont célébré les succès de la journée et planifié les activités du lendemain. Plus tard en soirée, les participants à un forum public sur la justice mondiale contre le G20 sont venus au parc pour exprimer leur appui. Il y a également eu une manifestation de solidarité avec les personnes arrêtées durant la journée.














Haut de page


Nouvelles de Huntsville

Nous reproduisons ci-dessous un article publié le 25 juin par le Conseil des Canadiens, intitulé « Mes libertés civiles sont allées à Huntsville et tout ce que j'ai obtenu c'est cette zone pitoyable pour protester », en référence à la zone pour protester contre le Sommet du G8 à Huntsville.

* * *

« Venez chercher ici vos libertés civiles !»

Être à Toronto dans le cadre des préparatifs du Sommet du G20 est vraiment une expérience bizarre et désagréable : des centaines de mètres de clôture, des milliers de policiers, des canons soniques, des arrestations arbitraires et des agents infiltrés mal déguisés.

Mais si vous voulez vraiment vivre une expérience irréelle, c'est à Huntsville qu'il faut aller. Ce ne sont pas tant les très prisées chaises Muskoka, les panneaux-réclames qui attirent des centaines d'agents de sécurité dans les magasins pour obtenir leur tasse ou T-shirt commémoratifs du G8 ou la juxtaposition quelque peu discordante de la police à chaque coin de rue de la ville pittoresque. Non, ce qui amène vraiment Huntsville dans un autre univers est une visite à « l'espace désigné de liberté d'expression au sommet du G8 ».

Ce n'est pas un endroit facile à visiter. En haut d'une colline à la périphérie de la ville, non loin du terrain de golf et certes présentant un panorama pittoresque, les seules indications vous informant que vous approchez d'un bastion officiellement sanctionné des libertés civiles sont une série de petits panneaux qui vous rappellent le chemin qui vous conduit à un marché aux puces. C'est aussi à quelque neuf kilomètres de l'endroit où tout ce qui se passe réellement.

Un contingent important de l'OPP est là pour vous accueillir, non pas qu'il soit absolument nécessaire puisque personne n'est réellement là. Et lorsque les agents pas très très souriants vous font signe de garer les véhicules sur le côté de la route de gravier avant d'entrer dans la zone en question, il est clair qu'ils ne s'attendent pas vraiment à ce que quelqu'un se présente, bien que, pour être équitable, ils ont nolisé des autobus en provenance de Huntsville pour ceux qui veulent effectuer le trajet jusqu'ici.

La zone de liberté d'expression est vraiment un bel exemple d'un engagement envers les libertés civiles : un champ d'herbe ouvert, transformé en boue par les pluies récentes, avec, à l'entrée, une ligne de véhicules de l'OPP et d'agents de l'OPP qui s'ennuient. A côté d'eux, une ligne de toilettes portables flambant neuves comme jamais vous aurez l'occasion d'en voir.


La police et les toilettes portables sur le site désigné de liberté d'expression.

Mais la véritable pièce de résistance se trouve sous une modeste tente blanche : une petite table et sur elle, un ordinateur portable branché à une petite génératrice. De là, nous dit-on, il y aura un flux en direct de la minuscule caméra Web vers le site du sommet, à travers laquelle les manifestants dans ce champ lointain peuvent être vus et entendus par les dirigeants - qui vont sans doute passer une bonne partie de leur réunion blottis autour d'un montage similaire - leurs droits démocratiques réalisés grâce à la magie de la technologie moderne.

Nous nous promenons sur le terrain, les deux seuls non-policiers présents. Après un bref échange sur l'équipement informatique nous sommes accompagnés à notre voiture par les agents qui posent des questions sur le contenu de notre voiture et qui exigent de nous des pièces l'identité. Même dans cette zone désignée de liberté d'expression à distance, il semblerait que la police ne peut jamais être assez prudente.


À gauche: Il n'y a pas une légende au monde qui pourrait décrire l'absurdité de cette situation.
A droite: Beaucoup d'espace pour que la démocratie s'épanouisse.

Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, je vous jure que je n'ai rien inventé.

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)

Haut de page


Journée d'action sur les droits autochtones


Oren Zev (Activestills)

Dans le cadre de la Journée d'action pancanadienne sur les droits autochtones le 24 juin, il y a eu une marche très militante dans les rues de Toronto, avec comme arrière-plan les actions contre les sommets du G8/20.

Le but de l'action de Toronto était de faire connaître au monde qui a les yeux tournés vers cette ville que le Canada a un très mauvais bilan sur la question des droits autochtones et que le gouvernement canadien doit assumer ses obligations envers les droits ancestraux des Premières Nations. Les marcheurs ont dénoncé le G8 et le G20 en tant qu'instruments du maintien de l'oppression colonialiste et de la répression des peuples autochtones dans le monde et levier d'un développement économique qui détruit les ressources humaines et naturelles. Plus de 1 500 personnes ont participé à la manifestation de mercredi qui a commencé devant le parlement; ceux-ci ont passé par les principales artères du centre-ville de Toronto. Les participants provenaient de nombreuses nations autochtones, certains d'aussi loin que la Colombie-Britannique et le nord de l'Alberta, en plus des travailleurs et des nombreux étudiants du secondaire, des collèges et universités. En arrivant à Queen's Park, les gens étaient immédiatement frappés par l'immensité de la bannière portée par cent personnes sur laquelle on lisait : « Les droits territoriaux autochtones maintenant ! » Sur les pancartes était déploré le sort des Premières Nations et décrit leur lutte à la défense de leurs droits : « Les pays du G8/20 ne demandent jamais de permission ! », « Le Canada ne peut cacher son génocide ! », « Les droits autochtones sont des droits humains ! », « La honte du tiers-monde : les conditions de vie sur les réserves canadiennes ! », « Où sont les enfants ? Où est la justice ? », « Arrêtez la marchandisation de l'air, de la terre et de l'eau ! », « Arrêtez le profilage racial de nos communautés par la police ! », « On ne respire pas de l'argent ! »




Après les salutations d'ouverture par un aîné de Mississauga, en reconnaissance du fait que le parlement ontarien se trouver sur une terre volée à la première nation Mississauga, Patrick Madahbee, chef du Grand conseil Anishinabek, a lu un message du chef régional de l'Ontario, Angus Toulouse, qui dénonçait entre autres le gouvernement canadien pour son refus de signer la Déclaration de l'ONU sur les droits des peuples autochtones. Le gouvernement canadien dit « avancer vers » la signature de la déclaration, mais la réalité de la politique canadienne en matière de droits autochtones « parle plus fort que les mots ». Le chef dénonce les violations des droits autochtones et des droits issus de traités, le maintien des Premières Nations dans un état de pauvreté extrême et de santé déplorable et le vol de l'eau et des autres ressources naturelles. Madahbee a ajouté que l'usurpation des terres autochtones n'a pas éliminé les Premières Nations en tant que nations souveraines combattantes avec leur culture de résistance et que l'État canadien doit négocier avec les Premières Nations de nation à nation.

Harrison Helkrow de Red Power United a dit que la journée d'action avait pour objectif de faire connaître aux yeux du monde qui regarde la vérité au sujet de l'oppression coloniale des Premières Nations au Canada et dire que les Premières Nations qui vivent au Canada ne renonceront pas à leur lutte pour le rétablissement de leurs droits ancestraux.

Darlene Ritchie du centre culturel Toronto Council Fire a dit que la lutte des Premières Nations appartient à tout le monde parce que les ressources de la Terre Mère forment un tout et que c'est à tous qu'appartient le devoir de s'assurer que ces ressources sont utilisées pour le bien de tous plutôt que pour l'enrichissement d'une infime minorité, comme celle représentée par les G8/G20. Elle a noté que les guerres menées contre les peuples en Irak et en Afghanistan sont en soi une attaque contre l'esprit humain de partage des ressources à l'avantage de tous et de manière à respecter l'environnement.

Jasmine Thomas de la nation Carrier en Colombie-Britannique a parlé de la lutte contre la destruction que représentent l'exploitation des sables bitumineux et le projet de pipeline Enbridge, qui se propose de traverser les terres ancestrales de son peuple, et de l'apparition de nouveaux types de cancer parmi les siens. Lionel Lépine de la première nation Athabasca Chipewyan, dans le nord de l'Alberta, a parlé de la « lente assimilation » des Premières Nations par les monopoles de l'industrie des sables bitumineux et dit que les Premières Nations vont lutter jusqu'au bout contre ce « développement » et ses conséquences destructrices.

Les marcheurs se sont arrêtés devant le consulat des États-Unis pour exiger la libération de Leonard Peltier, l'activiste du American Indian Movement emprisonné depuis 33 ans pour des meurtres qu'il n'a pas commis. Ils ont exprimé leur appui aux activistes des Premières Nations aux États-Unis qui subissent la criminalisation aux mains du gouvernement étasunien et ont exigé que le président Barack Obama signe immédiatement la Déclaration de l'ONU sur les droits des peuples autochtones.

Ils se sont ensuite arrêtés devant plusieurs symboles de l'appareil juridique canadien pour dénoncer la « justice » coloniale de l'État canadien, exigeant qu'on y mette fin et que l'État canadien négocie avec les Premières Nations de nation à nation et rétablisse leurs droits ancestraux. Le dernier arrêt était devant la Société d'aide à l'enfance, une agence du gouvernement de l'Ontario que les Premières Nations accusent d'enlever leurs enfants. Un orateur a averti que l'argent que la société reçoit ne doit pas servir à retirer les enfants de leurs communautés. La marche s'est terminée au parc Allan Gardens où les participants ont entendu des discours et des chants.

Dans la soirée, les gens se sont rassemblés à la salle du syndicat des métallos pour une soirée de discussion et de spectacles mettant en vedette les luttes des peuples autochtones de l'Île de la Tortue, des Mapuche tout au sud de l'Amérique latine jusqu'aux nations autochtones du nord dont les terres volées servent aujourd'hui à accueillir les rencontres illégitimes du G8/G20. Les grandes puissances sont responsables « de la famine, du déplacement et de la mort par la guerre, l'occupation et l'ajustement économique » des peuples autochtones partout dans le monde, ont fait remarquer les organisateurs de la soirée. Ce sont elles, et non pas nous, qui sont violentes et qui détruisent la Terre Mère et les nations et peuples qui en dépendent, lesquels ont le droit et la responsabilité de la défendre, fut la note de clôture.

Haut de page


Réflexions du camarade Fidel Castro

Que j'aimerais me tromper !

Quand Granma publiera ces lignes demain, vendredi, le 26 juillet, cette date à laquelle nous nous rappelons toujours avec fierté l'honneur d'avoir résisté aux coups de boutoir de l'Empire, sera fort lointaine, même si à peine trente-deux jours nous en séparent.

Ceux qui décident de chaque pas du pire ennemi de l'humanité – l'impérialisme étasunien, ce mélange de sordides intérêts matériels, de mépris et de sous-estimation des autres habitants de la planète – ont tout calculé avec une précision mathématique.

J'ai écrit dans mes Réflexions du 16 juin : « On nous glisse diaboliquement les nouvelles entre deux matchs de la Coupe du monde de football, de sorte que personne ne s'en soucie... »

La fameuse compétition sportive est entrée dans ses moments les plus passionnants. Pendant quatorze jours, les équipes formées par les meilleurs joueurs de trente-deux pays se sont battus pour accéder aux huitièmes de finale ; viendront ensuite les quarts de finale, les demi-finales et la finale.

Le fanatisme sportif ne cesse de croître, envoûtant des centaines de millions, voire des milliards de personnes dans le monde.

Je me pose une question : combien savent, en revanche, que des bâtiments de guerre étasuniens, dont le porte-avions Harry S. Truman, escorté d'un ou de plusieurs sous-marins atomiques et d'autres navires de guerre dotés de missiles et de canons plus puissants que ceux des vieux cuirassés de la dernière guerre mondiale (1939-1945), ont franchi le canal de Suez en direction des côtes iraniennes ?

Les forces navales yankees sont accompagnées de navires de guerre israéliens équipés eux aussi d'armements de pointe, pour inspecter n'importe quel bateau chargé des exportations et des importations des produits commerciaux dont l'économie iranienne a besoin pour fonctionner.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a, sur proposition des USA soutenus par la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne, voté une dure résolution à laquelle aucun des cinq pays titulaires n'a opposé son droit de veto.

Le Sénat étasunien a voté une résolution plus dure.

Plus tard, l'Union européenne en a voté une autre encore plus dure. Tout ceci a eu lieu avant le 20 juin, ce qui explique pourquoi le président français, Nicolas Sarkozy, s'est rendu d'urgence en Russie pour s'entretenir avec le chef d'État de ce puissant pays, Dmitri Medvedev, dans l'espoir de négocier avec l'Iran et d'éviter le pire.

Il s'agit maintenant de calculer quand les forces navales étasuniennes et israéliennes se déploieront devant les côtes iraniennes afin de s'unir aux porte-avions et autres bâtiments des USA qui montent déjà la garde dans cette région.

Le pire, c'est que, à l'instar des USA, Israël, leur gendarme du Moyen-Orient, possède des avions d'attaque dernier cri et des armes atomiques très modernes que ceux-ci lui ont fournies, ce qui en fait, par sa force de frappe, la sixième puissance nucléaire des huit reconnues à ce titre, dont l'Inde et le Pakistan.

En 1979, l'ayatollah Ruhollah Khomeiny avait renversé le shah d'Iran sans employer une seule arme. Plus tard, les USA imposèrent à ce pays une guerre au cours de laquelle l'Iraq employa des armes chimiques – dont ils lui avaient fourni les composants en même temps que les renseignements dont avaient besoin ses unités de combat – contre les Gardiens de la Révolution iranienne. Cuba le sait parce que, comme je l'ai expliqué d'autres fois, elle présidait le Mouvement des pays non alignés. Nous savons bien les ravages causés à la population iranienne. Mahmud Ahmadineyad, le chef d'État iranien actuel, commandait la sixième armée des Gardiens de la Révolution et les Corps des Gardiens dans les provinces occidentales du pays qui supportèrent le gros de cette guerre.

Aujourd'hui, comme voilà trente et un ans, les États-Unis et Israël sous-estiment le million de soldats des forces armées iraniennes, leur capacité de combat terrestre, ainsi que les forces aériennes, maritimes et terrestres des Gardiens de la Révolution.

À quoi il faut ajouter les vingt millions d'hommes et de femmes âgés de douze à soixante ans, choisis et entraînés systématiquement par les diverses institutions militaires, parmi les soixante-dix millions d'habitants du pays.

L'administration étasunienne avait tracé un plan pour déclencher un mouvement politique qui, se fondant sur la soif de consommation capitaliste, aurait divisé les Iraniens et renversé leur gouvernement.

Cet espoir n'est plus qu'une lubie. Il est risible de penser que les bâtiments de guerre étasuniens et israéliens puissent éveiller les sympathies d'un seul Iranien !

J'avais cru au départ, après avoir analysé la situation, que la deuxième guerre coréenne serait le détonateur de la seconde guerre imposée à l'Iran par les USA.

La réalité s'est inversée : la guerre d'Iran déclenchera aussitôt la guerre de Corée.

Les dirigeants nord-coréens, accusés d'avoir coulé le Cheonan, mais qui savent pertinemment que cette corvette a été coulée par une mine que les services de renseignement yankees ont collée à sa coque, ne perdront pas une seconde et agiront dès que l'attaque sera déclenchée contre l'Iran.

Il est tout à fait juste que les supporteurs se passionnent pour la Coupe du monde de football. Moi, je fais mon devoir de mettre notre peuple en garde, en pensant surtout à notre jeunesse pleine de vie et d'espoirs, en particulier nos merveilleux enfants, pour que les faits ne nous prennent pas à l'improviste.

Je souffre de penser à tant de rêves conçus par les être humains et aux créations étonnantes qu'ils ont été capables d'engendrer en seulement quelques milliers d'années.

Quand les rêves les plus révolutionnaires sont en train de se concrétiser et que la patrie se redresse fermement, que j'aimerais me tromper !

Fidel Castro Ruz
Le 24 juin 2010
21 h 34

Haut de page


Lisez Le Marxiste-Léniniste
Site web:  www.pccml.ca   Courriel: redaction@cpcml.ca