Le Marxiste-Léniniste

Numéro 110 - 24 juin 2010

24 juin: Fête nationale du Québec

Vive la nation québécoise !


Le 24 juin 1834, le patriote et député Ludger Duvernay et les membres de la société «Aide-toi, le ciel t’aidera» proclament le 24 juin fête nationale des Canadiens de toutes origines. Aujourd'hui, nous disons des Québécois de toutes origines.

24 juin: Fête nationale du Québec
Vive la nation québécoise ! - Serge Patenaude

20 ans après la défaite de Meech
Le peuple ne renoncera pas à son droit d'établir lui-même sa constitution

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24 juin: Fête nationale du Québec

Vive la nation québécoise !

Aujourd'hui est la Fête nationale du Québec. Le Marxiste-Léniniste transmet ses salutations chaleureuses à tous les membres du PCC(M-L) au Québec, aux collaborateurs du LML et à la classe ouvrière et au peuple du Québec. Nous reproduisons ci-dessous un article paru le 24 juin 2009 sur la signification et les origines du 24 juin, Fête nationale du Québec.

* * *

Les patriotes révolutionnaires et progressistes du XIXe siècle fondèrent à Montréal, il y a 175 ans, le 8 mars 1834, la société nommée « Aide-toi, le ciel t'aidera ». Cette institution patriotique avait pour but de « se doter d'un lieu de réflexion désigné (pour tous ceux qui reconnaissaient la nécessité de changement) pour discuter de l'état du pays » et « de ranimer le feu sacré de l'amour de la patrie, soit en éclairant la conduite de nos gouvernants, soit en accordant un juste tribut de louanges aux éloquents et braves défenseurs de nos droits ». C'est cette société, dirigée par le patriote et député Ludger Duvernay, éditeur et rédacteur du journal patriote La Minerve, qui organisa, le 24 juin 1834, le banquet dans le jardin de l'avocat MacDonnell pour instituer la fête nationale des Canadiens de toutes origines. Aujourd'hui, nous disons des Québécois de toutes origines.

Ce qui y a été inauguré ce 24 juin 1834 par Ludger Duvernay et les patriotes et députés du Parti patriote, c'est bien la fête nationale de notre nationalité et non la fête de la Saint-Jean Baptiste qui existait depuis belle lurette, créée à l'instigation du roi de France et du haut clergé catholique dans les colonies de l'empire de la France pour s'opposer à la fête civile du solstice d'été le 21 juin, que célèbrent les nations autochtones.

Rappelons qu'avec le Concile de Trente (1545-1563), l'Église tente de christianiser cette coutume de la célébration de la lumière autour d'un grand feu de joie pour lui substituer une représentation de soumission en la personne de saint Jean, « l'agneau de Dieu ». Dans cette même lignée, en 1702, monseigneur de Saint-Vallier, dans son Catéchisme du diocèse de Québec à l'intention des Canadiens, signale que l'Église catholique au Nouveau Monde (entendre dans les colonies de l'empire français) dit qu'il s'agit d'une cérémonie parfaite pourvu qu'on en bannisse les danses et les superstitions, sous-entendues les croyances des nations autochtones. Et ce n'est qu'en 1908 que le pape Pie X, supportant la division du peuple canadien en soi-disant « Canadiens-français » et « Canadiens-anglais » que voulait imposer l'empire britannique, décréta saint Jean Baptiste patron des « Canadiens-français ». Enfin, ce fut lors des fêtes nationales du peuple québécois le 24 juin de 1968 et 1969, en pleine période de résurgence du mouvement pour l'indépendance du Québec et de la souveraineté du peuple, que le symbole de la division et de la soumission fut écarté de la scène et que le peuple dansa autour d'un grand feu de joie. Il est intéressant de noter que depuis cinq ans, le 21 juin, lors de la Journée nationale des peuples autochtones est organisé le « Solstice des Nations, une manifestation d'échange et d'amitié entre les nations qui peuplent le Québec », et qu'est mise en place par les nations autochtones la « Cérémonie du feu pour le rapprochement des peuples vivant sur le territoire québécois » et que « les braises de ce feu allument le feu de joie du Grand spectacle de la Fête nationale du Québec, sur les plaines d'Abraham ».

Pour revenir au propos initial, ce qui est organisé par Ludger Duvernay, les patriotes et leur parti politique, c'est la célébration de la nation canadienne aujourd'hui appelée québécoise. Historiquement, c'est donc la première célébration du peuple de cette nation, la première célébration du « peuple, source primitive de toute autorité légitime ». Duvernay, les patriotes, les députés patriotes et leur parti reconnaissaient notre « peuple, source primitive de toute autorité légitime ». Ils reconnaissaient donc la souveraineté du peuple.

Cette nationalité s'est constituée dans la lutte du peuple contre l'agression et l'occupation militaire de l'empire britannique, de sa patrie, contre la destruction et la domination de l'économie nationale par les monopoles de l'empire britannique tels la British American Land Company (Compagnie britannique des Terres en Amérique), par les capitalistes financiers tels que les McGill, Molson et Moffat qui, entre autres, contrôlent la Bank of Montreal, le commerce import-export, la construction et le transport naval et ferroviaire, l'industrie minière et la métallurgie, la compagnie de l'éclairage au gaz de Montréal, l'Université McGill, etc. Ce sont eux, qu'on appelait la Clique du Château, qui dictèrent aux administrateurs et aux armées britanniques en nos terres de supprimer par le feu et par le sang la république naissante du Québec.

Les hommes et les femmes de notre nation originaient de la Bretagne, de la Normandie, de la France, de l'Irlande, de l'Écosse et de l'Angleterre. Étaient Canadiennes et Canadiens tous celles et ceux qui provenaient du peuple et étaient le peuple de cette nouvelle nation qui s'est constituée au fil du temps et des luttes pour son développement indépendant, à la défense de son droit à la souveraineté. Il est nécessaire et juste de rappeler que, dans les années 1830-1839, les patriotes de toutes origines et leur Parti patriote, dans leur projet d'édification nationale, ne se divisaient pas en fonction de l'origine nationale ou de la langue d'expression. Ils n'ont jamais promu ou agi de façon sectaire, sur la seule base de la langue, la religion ou l'origine nationale dans leur projet d'édification nationale. Ils n'ont jamais déclaré être des « Canadiens-français », ou ne se sont jamais déclarés ou portés à la défense des « Canadiens-français » au détriment des Canadiens d'autres origines.

Les écrits des patriotes, du Parti patriote et de ses dirigeants les plus éminents tels les Nelson, De Lorimier, Chénier, Côté, Duvernay (La Minerve), O'Callaghan (The Vindictator), etc. n'ont jamais utilisé le vocable ou concept de « Canadiens-français ».

Rappelons-nous que les fondateurs de sociétés fondées sur la base des origines ethnoculturelles, linguistiques ou religieuses de leurs membres furent au XIXe siècle en nos terres des gens tels que les McGill, les Molson et les Moffat, desquelles sociétés ils se servirent pour diviser le peuple et pour combattre l'union des Canadiens à la défense de leur patrie, de leur économie nationale, engagés dans leur projet d'édification de leur république.

Ce concept de « Canadiens-français » et les concepts de « Québécois de souche » et « Québécois » dans le sens voulant dire seulement les Québécois « de souche » ont leur origine dans la politique de l'empire qui consistait à diviser le peuple et la nation pour perpétuer le pouvoir des exploiteurs et oppresseurs. Plus spécifiquement, il est le fait de l'émissaire et administrateur de l'empire britannique Lord Durham qui, suite à la suppression de la République naissante du Québec par le feu et par le sang, divisa de façon arbitraire et injuste notre nationalité en « Canadiens-français » et « Canadiens-anglais ». Il a falsifié l'histoire en prétendant qu'en tant qu'émissaire de l'empire britannique, il avait trouvé en nos terres une « guerre fratricide entre deux peuples », et non pas la lutte d'un peuple contre l'occupation et la domination par un empire étranger, contre un État et un gouvernement absolutiste et tyrannique, une lutte pour que sa patrie soit indépendante et pour une République démocratique. Cette falsification vient tout droit de son imaginaire.

La division marquée ou, dit autrement, la ligne de démarcation franche, ce n'est pas entre « deux peuples » chimériques, inventés de toutes pièces par les monopolistes et capitalistes de l'empire britannique et de leurs administrateurs mais bien entre, d'une part, une nation dans la conquête de son indépendance et de sa souveraineté et sa détermination à établir sa république démocratique et, d'autre part, un empire colonialiste qui niait le droit d'être de cette nation.

Le génie et la force de caractère de ce peuple qui s'est constitué en nation en ces terres déjà habitées par des nations autochtones et qui a adopté la qualité de canadien, héritée des Premières Nations sont, entre autres, d'avoir refusé la négation de sa nationalité par les occupants de l'empire britannique, de ses administrateurs anglais et de leurs collaborateurs et conciliateurs canadiens qui firent tout pour la diviser sur une base ethnoculturelle et linguistique avec leurs appellations outrageuses « Canadiens-français » et « Canadiens-anglais ».

Le peuple refusa la négation de son droit d'être une nation constituée de tous les membres de sa société quelles que soient leur origine nationale, leur langue et leurs croyances. Il a plutôt adopté et promu le mot ou concept issu d'une langue autochtone, soit « kebek », pour s'affirmer comme nation, la nation québécoise.

La célébration de la fête nationale du peuple du Québec inclut la célébration de nos patriotes du XIXe siècle, tels que les Nelson, De Lorimier, Côté, Chénier, Duvernay, O'Callaghan, etc., qui ont combattu pour une patrie indépendante et une république qui investit le peuple de la souveraineté. Elle inclut la célébration de tous ceux qui ont épousé la cause des patriotes du Québec et en particulier ceux qui sont résolus à élaborer un projet d'édification nationale conforme aux exigences de l'heure.

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20 ans après la défaite de Meech

Le peuple ne renoncera pas à son droit d'établir lui-même sa constitution

Il y a vingt ans, le 23 juin 1990, échouait l'Accord du lac Meech, un ensemble d'amendements à la Constitution du Canada négocié trois ans plus tôt derrière des portes closes par le premier ministre du Canada, Brian Mulroney, et les premiers ministres des provinces. La défaite de l'Accord du lac Meech signalait un nouvel approfondissement de la crise constitutionnelle et celle-ci n'a fait que s'empirer depuis.

L'Accord de Meech avait été conclu dans le contexte de l'après-référendum de 1980 au Québec et du rapatriement de la Constitution par le gouvernement Trudeau en 1982 sans la participation du Québec. Trudeau avait promis de rédiger une nouvelle entente constitutionnelle après le référendum du Québec et cette promesse s'est soldée deux ans plus tard par l'ajout de la Charte des droits et libertés et d'une formule d'amendement à l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867. Le parlement britannique a adopté l'Acte du Canada le 29 mars 1982 qui mettait fin formellement à la dépendance britannique. La nouvelle loi constitutionnelle de Trudeau était l'« équivalent canadien » de l'Acte du Canada du parlement britannique et elle était incluse dans celui-ci. La Constitution était ainsi «rapatriée» sous la forme de La Loi constitutionnelle de 1982. Le Québec refusa d'en être signataire. C'est pour tenter à nouveau de résoudre cette crise que le gouvernement de Brian Mulroney entama en 1985 des négociations constitutionnelles qui allaient conduire à l'Accord du lac Meech deux ans plus tard.

L'Accord proposait cinq principales modifications à la Constitution. Il s'agissait de revendications formulées par le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, qui, selon ce dernier, étaient essentielles à l'adhésion du Québec à la Constitution. Au lieu de s'attaquer à la cause fondamentale de la crise constitutionnelle, c'est-à-dire la violation du droit du peuple québécois à l'autodétermination, y compris le droit à la sécession, l'accord établissait que le Québec est une « société distincte », accordait au Québec un veto constitutionnel, augmentait les pouvoirs provinciaux en matière d'immigration, étendait le droit à une compensation financière raisonnable à toute province optant de ne pas participer aux programmes fédéraux dans des domaines de juridiction provinciale exclusive et donnait voix au chapitre aux provinces sur la nomination des sénateurs et des juges de la Cour suprême.

Puisque Meech aurait changé la formule d'amendement de la Constitution et modifié le processus de la Cour suprême, il fallait obtenir le consentement de toutes les législatures provinciales et du parlement canadien dans un délais de trois ans. Les dix premiers ministres provinciaux s'étaient tout de suite mis d'accord mais le consensus ne dura pas les trois ans requis pour obtenir le consentement des assemblées législatives. Une Conférence des premiers ministres fut convoquée vingt jours avant l'échéance pour essayer de sauver Meech et il fut convenu que Meech devait être suivi d'une autre ronde de négociations constitutionnelles. Le premier ministre de Terre-Neuve, Clyde Wells, s'attaqua au secret du processus décisionnel. Le 23 juin 1990, date limite, Elijah Harper, député de l'assemblée législative du Manitoba membre des Premières Nations, signala son refus de consentement en brandissant une plume d'aigle, rendant ainsi impossible l'unanimité requise de l'assemblée. Wells annula sa proposition de tenir un vote à l'assemblée de Terre-Neuve et l'Accord du lac Meech était officiellement mort.

Une des principales caractéristiques de l'Accord de Meech est qu'il embrouillait le statut du Québec en laissant entendre que la langue était l'aspect essentiel. Il affirmait que le Québec était une « société distincte » et que « la législature et le gouvernement du Québec ont le rôle de protéger et de promouvoir la société distincte ». La « société distincte » reste indéterminée dans les documents, les aspects « distincts » du Québec ne sont pas énumérés et il n'y a pas de critères par lesquels les préserver et les promouvoir. Le terme « société distincte » a été le sujet de nombreuses interprétations mais, comme par le passé, celle qui a dominé les cercles politiques officiels était que le Québec est distinct en raison de la langue française uniquement. En faisant de la langue la question centrale, la formule de Meech niait l'existence du Québec en tant que nation souveraine ayant évolué au fil de l'histoire avec une communauté d'économie et de territoire et une culture portant l'empreinte de cette histoire. Qui plus est, elle niait au peuple québécois le droit à l'autodétermination.

Un autre aspect important de l'Accord de Meech est la promotion qu'il faisait de la désunion et de l'inégalité. Le fait de définir une nation uniquement par sa langue mène à la théorie que le Canada est habité par un grand nombre de « nations linguistiques », toutes susceptibles d'un statut indépendant mais dont seulement l'« anglaise » et la « française » auraient une place d'honneur. Meech encourageait la désunion également en dévoluant certains pouvoirs fédéraux aux provinces comme s'il s'agissait de dix petites nations (les provinces) regroupées dans une grande nation (le gouvernement fédéral). Les deux territoires (le Nunavut n'existait pas encore) ne furent pas invités au lac Meech parce que le premier ministre considérait que leur pouvoir était insuffisant, établissant ainsi la possibilité de différents statuts selon la région. D'autre part, Meech accordait à chaque province un pouvoir de veto en matière législative et il était clair que chaque province s'en servirait pour avancer les intérêts étroits des regroupements économiques et politiques régionaux qui finançaient les gouvernements.

Le troisième aspect de Meech était son refus d'affirmer ou même d'aborder le sujet des droits ancestraux des peuples autochtones, ce qui revenait à supprimer ces droits. Les droits ancestraux ne sont pas un élément périphérique, ils doivent être enchâssés dans la Constitution. Les autochtones ont le droit légitime de revendiquer les terres de leurs ancêtres et d'en disposer comme ils l'entendent. En tant que peuples souverains, ils ont le droit de décider de leurs affaires mais aussi des affaires du Canada dans son ensemble. Aucune des modifications proposées par l'Accord de Meech n'abordait ces sujets. Les chefs autochtones présentèrent deux objections. La première concernait leur exclusion de l'ensemble des travaux de Meech. L'autre concernait le transfert possible de services fédéraux aux provinces prévu dans la clause sur le droit de retrait avec compensation, ce qui risquait d'entraîner le démantèlement de programmes essentiels pour les peuples autochtones.

Le quatrième aspect principal de Meech concerne le caractère antidémocratique des procédures. Toutes les consultations eurent lieu derrière des portes closes. Les gens disaient que c'était une rencontre de onze hommes blancs à cravate pour décider du sort du pays entre eux. Une fois l'accord conclu dans le secret, les onze premiers ministres tentèrent de l'imposer au peuple sans autre discussion ou délibération. Il n'y eut pas de consultation populaire, l'ordre du jour n'était pas établi suivant les désirs du peuple et les points discutés et inclus dans l'accord étaient ceux que les premiers ministres voulaient discuter et inclure. L'extrême mécontentement de la population face aux procédés de Meech fut capté par le Forum des citoyens sur l'unité nationale de 1990, appelé Commission Spicer, que Mulroney fut forcé d'établir après la défaite de Meech, disant que son gouvernement voulait entendre les opinions des Canadiens. Le rapport de la Commission Spicer publié en 1991 permet de constater que les Canadiens étaient très conscients que quelque chose manquait dans le processus politique canadien, qu'on ne pouvait pas faire confiance aux hommes et aux femmes politiques et qu'il manquait les mécanismes nécessaires pour habiliter le peuple. Beaucoup ont réclamé la convocation d'une assemblée constituante qui permettrait au peuple de délibérer et de décider de la constitution qu'il veut.

Quelle est la signification de Meech aujourd'hui ? C'est qu'à l'époque actuelle les peuples veulent être les arbitres et les décideurs. Dans la forme de pouvoir politique héritée par le Canada, le pouvoir absolu réside dans les oligarques financiers et leurs représentants politiques. Meech se proposait de maintenir cet aspect inchangé en disant que seuls les premiers ministres seraient habilités à proposer des amendements à la Constitution et que le peuple reste exclu du processus. Les Canadiens ont rejeté Meech parce qu'aujourd'hui l'histoire exige que le pouvoir soit transféré au peuple qui agit de son propre chef et dans son propre intérêt. Ils veulent retirer la politique des mains des intérêts en place et la mettre entre les mains de ceux qui s'attaqueront aux problèmes que le peuple veut régler, comme l'insécurité économique qui est devenue la plus grande priorité à l'heure actuelle. L'échec de Meech a également mené à la déconfiguration du parlement jadis fondé sur l'existence du « parti au pouvoir » (libéraux ou conservateurs) et du « parti de l'opposition ». Le Parti conservateur a été à toute fin pratique radié de la carte à l'élection de 1993 et le déséquilibre s'est établi. Le déséquilibre persiste à ce jour.

Le contenu de la société actuelle a dépassé les formes existantes, à commencer par les formes politiques et les arrangements constitutionnels qui leur correspondent. La continuation du statu quo menace le bien-être des Canadiens, elle menace leurs droits et libertés et mène à une concentration inégalée du pouvoir entre les mains des intérêts financiers les plus puissants. Elle a créé une situation où l'offensive antisociale se poursuit impunément envers et contre tous. Elle a mené à l'élection du gouvernement Harper qui attaque de façon routinière le droit public, prétend agir au nom de Dieu et propose des interprétations évangélistes du droit pour entraîner la société encore plus loin sur la voie de la rétrogression et de la violation des droits humains, civils et politiques. Le droit d'élire et d'être élu enchâssé dans la constitution est rendu caduc par le processus électoral et politique dominé par les partis : un système de partis-cartels s'est solidement implanté qui marginalise et dépolitise le peuple.

Le renouveau démocratique est à l'ordre du jour. Le Canada a besoin d'une nouvelle constitution mais cette constitution doit être écrite par le peuple. La Confédération de 1867 et tout ce qui a suivi, y compris Meech, fait partie du vieux projet. Le nouveau projet est que le peuple prenne le contrôle de sa destinée. Les Canadiens sont des gens instruits, industrieux et capables de gouverner une société moderne. Le pouvoir politique doit représenter non pas la minorité privilégiée mais l'ensemble des membres de la société. À tout le moins, une nouvelle constitution doit reconnaître la nation du Québec et son droit à l'autodétermination, reconnaître les droits ancestraux des peuples autochtones et enchâsser les droits et devoirs de tous.

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