Le Marxiste-Léniniste

Numéro 109 - 23 juin 2010

G8/20

Appel des Défenseurs de la terre pour
la Journée d'action du 24 juin pour
les droits des peuples autochtones

G8/20
Appel des Défenseurs de la terre pour la Journée d'action du 24 juin pour les droits des peuples autochtones - Le 4 avril 2010
Sur la lutte de la Première Nation Attawapiskat contre De Beers et l'État canadien
Voilà à quoi ressemble la démocratie: La marche à la défense des droits de tous

Le Sommet populaire
Les forces populaires renforcent leur organisation

Négociations des travailleurs du secteur public au Québec
La Fédération interprofessionnelle de la santé rejette unanimement l'offre du gouvernement
Le Fédération interprofessionnelle de la santé lance une pétition
Un CSSS de Montréal refuse d'appliquer les coupures ordonnées par la loi 100

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G8/20

Appel des Défenseurs de la terre pour
la Journée d'action du 24 juin pour
les droits des peuples autochtones

À l'occasion des Sommets du G8/20 au Canada, nous allons dire la vérité sur la conduite du Canada en matière des droits des peuples autochtones : une politique qui a toujours visé et vise toujours l'extinction des peuples autochtones en nous dépossédant de nos terres et de nos ressources et en niant notre droit à l'autodétermination par le biais de la Loi sur les Indiens et du ministère des Affaires indiennes. Le Canada demeure à ce jour le seul pays dans le monde qui s'oppose toujours à la Déclaration de l'ONU sur les droits des peuples autochtones ; les trois autres qui s'y opposaient ont changé leur vote ou sont en voie de le reconsidérer. Le Canada continue de criminaliser les activistes autochtones qui défendent les droits autochtones et les droits issus de traités - bien que ces droits aient été reconnus par la Constitution canadienne et la Déclaration de l'ONU. Les politiques canadiennes de dépossession et de contrôle continuent de créer de très hauts niveaux de pauvreté et de détresse sociale parmi les peuples autochtones du Canada. De plus, le Canada et les provinces n'ont rien fait pour enquêter sur la disparition et le meurtre de centaines de femmes autochtones à travers le pays et pour les faire cesser. Voilà la triste performance en matière de droits des peuples autochtones qui se cache derrière les grands déploiements de culture autochtone qui sont montrés pendant les Jeux olympiques et il est grand temps que le monde entier sache la vérité.

Nous ne reconnaissons en aucune façon le G8/20 comme un organisme habilité à prendre des décisions. Le G8/20 ne représente pas les peuples autochtones et il ne respecte pas les droits autochtones et les droits issus de traités. Le G8 et le G20 sont impliqués dans la colonisation et la destruction ininterrompue des peuples et terres autochtones. À la base de cette colonisation qui perdure au pays et à l'étranger on retrouve les doctrines racistes de la « découverte » et de la terra nullius.

Les Défenseurs de la terre, un réseau des peuples autochtones qui défend les terres autochtones, appelle à faire du 24 juin 2010 une journée pancanadienne d'action non violente pour les droits des peuples autochtones.

Aux peuples et communautés autochtones

À vous tous peuples et communautés autochtones du Canada, membres des communautés, dirigeants traditionnels, dirigeants élus, aînés, femmes et jeunes, nous lançons l'appel à tenir des actions non violentes le 24 juin dans vos communautés ou près d'elles sur des questions et avec des messages qui sont importants pour vous et sont élaborés par vous. Ces actions peuvent être des blocus, des occupations, des manifestations ou des actions de perturbations économiques, en plus des cérémonies spirituelles et des rassemblements communautaires, toutes actions qui sont emblématiques de notre respect de la vie et de nos droits en tant que peuples autochtones. La non-violence est un guide pour nos coeurs et nos esprits alors que nous décidons des actions qui conviennent le mieux à la défense et à la protection de nos terres, de nos communautés et de nos modes de vie ; nos actions ne visent pas à faire le jeu du gouvernement qui cherche à nous diviser les uns les autres et à nous pousser à nous accoler des étiquettes les uns aux autres. Les communautés doivent planifier leurs propres actions et faire ce qu'elles sont prêtes à faire et considèrent approprié à leurs conditions.

Les Défenseurs de la terre vont, dans la mesure de leur capacité, offrir des conseils, de la coordination et des communications, avec les médias par exemple. Nous ne sommes pas en mesure d'offrir de l'aide légale, alors les communautés doivent bien évaluer leurs actions en gardant cela à l'esprit et être prêtes à assumer les suites de leurs actions. Il est possible que les Défenseurs de la terre puissent vous mettre en contact avec des gens qui offrent de l'aide légale mais cela dépendra de ce qui est disponible et nous ne pouvons pas le garantir.

L'action principale des Défenseurs de la terre

Les Défenseurs de la terre organisent leur propre action de masse à Toronto le 24 juin en coordination avec d'autres groupes d'activistes autochtones et de supporteurs de la cause autochtone. Cette action mettra de l'avant les revendications suivantes :

1. Le Canada doit adopter et appliquer dans son entier la Déclaration de l'ONU sur les droits des peuples autochtones.

2. En coopération avec les communautés autochtones, le Canada doit changer sa politique sur les revendications territoriales et respecter les titres et les droits autochtones issus de traités ; il doit mettre fin à sa politique d'extinction et répudier les doctrines racistes de la « découverte » et de la terra nullius.

3. Le Canada doit cesser de criminaliser les peuples autochtones qui se dressent dans la lutte pour leurs droits.

4. Le Canada et les provinces doivent entreprendre des actions coordonnées pour enquêter sur les meurtres et les disparitions de femmes autochtones qui perdurent et les faire cesser.

5. Le Canada doit respecter notre droit de dire non à toutes les activités menées sur les territoires autochtones qui transforment en marchandises ce qui est sacré : l'air, la terre, les animaux, les plantes et les matériaux génétiques et notre connaissance écologique ancestrale. Il faut que les peuples autochtones soient informés de ces activités et que leur droit de dire NON soit respecté, à travers un processus représentatif qui respecte nos coutumes et les droits autochtones et issus de traités et les standards établis par la Déclaration de l'ONU sur les droits des peuples autochtones.

Sommet autochtone

Des représentants autochtones d'à travers le monde tiendront un « sommet » avant la journée d'action.

Aux supporteurs non autochtones

Si vous êtes intéressés à organiser des activités pour appuyer la Journée d'action pour les droits des peuples autochtones dans votre région, veuillez nous contacter par courriel à defendersoftheland@gmail.com afin que nous puissions coordonner et faire le calendrier des événements de la journée. Nous appelons les groupes de supporteurs à se guider sur le leadership donné par les Défenseurs de la terre en ce qui concerne les messages et les tactiques. Nous leur recommandons également d'offrir de l'appui matériel et de se joindre aux Premières Nations de leur région qui répondent à l'appel des Défenseurs pour la journée d'action.

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)

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Sur la lutte de la Première Nation Attawapiskat
contre De Beers et l'État canadien

Les très mauvaises conditions politiques, sociales et environnementales contre lesquelles les Premières Nations au Canada se battent ont été mises en lumière lors d'un atelier du Sommet populaire animé par les activistes de la Première Nation Attawapiskat, Jacqueline Hookimaw-Witt et Norbert Witt. Ils ont décrit la lutte soutenue que mène leur communauté de 1900 personnes sur la côte de la Baie James dans le nord ouest de l'Ontario contre le monopole sud-africain de diamant De Beers et l'État canadien. Ils ont dit que cette lutte fait rage depuis 1996, soit le moment où De Beers a commencé son exploration minière dans la région et cherché à diviser la communauté.

La présentation a mis en lumière la dégradation de l'environnement qui a été causée dès le début des opérations de la mine Victor en 2008 et comprend notamment l'émission de polluants par la mine à ciel ouvert qui a pompé entre 60 000 et 110 000 mètres cubes par jour de sel et d'eau contaminée au méthyle de mercure dans la rivière Attawapiskat. Tout cela a contaminé les poissons et détruit la vie animale dont la communauté dépend pour se nourrir.

La mine, selon les présentateurs, a une vie de douze ans. La question se pose : qu'est-ce que va faire la communauté une fois la mine fermée ? Le caribou des bois qui est déjà en voie d'extinction va disparaître de même que le carcajou, les poissons et les oiseaux migrateurs. Comment survit-on avec 280 $ par mois d'aide sociale, une eau contaminée et pas de sources de nourriture ?

On a aussi dénoncé le refus du gouvernement canadien de respecter les droits issus de traités de la communauté d'obtenir une nouvelle école bien que la vieille école ait été condamnée il y a plusieurs années parce qu'insalubre et non sécuritaire. Cela fait des années que les jeunes qui fréquentent cette école tombent malades. Des jeunes se sont suicidés par désespoir à cause de l'absence de perspectives d'avenir.

Les participants à l'atelier et tous les Canadiens ont été appelés à appuyer la lutte de la Première Nation Attawapiskat pour la reconnaissance de ses droits ancestraux et de ses droits issus de traités. Plusieurs actions ont déjà eu lieu, comme le barrage de la route permettant l'accès à la mine pendant l'hiver, des manifestations devant les bureaux de De Beers au centre-ville de Toronto et une campagne de lettres au gouvernement Harper exigeant qu'il construise immédiatement une nouvelle école pour les enfants d'Attawapiskat.

Les présentateurs ont dit qu'ils participeront à la Journée d'action du 24 juin contre les Sommets du G8/G20 à Toronto pour dénoncer l'oppression par le Canada des peuples autochtones et ils ont lancé l'appel à tous d'y participer eux aussi.

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Voilà à quoi ressemble la démocratie

La marche à la défense des droits de tous

Lundi le 21 juin, plus de 250 personnes - la grande majorité d'entre eux des jeunes - ont participé à la marche de Toronto à la défense des droits de tous. La marche a emprunté un trajet allant d'Allan Gardens vers la rue Dundas jusqu'à la rue Yonge où d'autres se sont joints au cortège avec leurs propres revendications dans l'esprit de défendre les droits de tous. Les slogans appelaient tout le monde à résister aux attaques contre les pauvres, les travailleurs, les immigrants, les femmes et les enfants. Ils ont souligné le caractère non démocratique du G8/20, « Nous sommes la multitude, vous êtes l'infime minorité », exigeant que les gouvernements répondent aux besoins de la population.

Au moment où la marche a commencé, des policiers de Toronto à vélo ont tenté d'empêcher les manifestants de quitter Allan Gardens mais les manifestants ont tenu bon et se sont dirigés vers le sud sur la rue Sherbourne. Refusant de se laisser intimider, ils ont affirmé : « Voilà à quoi ressemble la démocratie ! Voilà à quoi ressemble un État policier ! » Lorsque les marcheurs ont atteint la rue Dundas, la police a tenté d'arrêter la marche, mais les organisateurs ont appelé chacun à se tenir ensemble pour éviter que personne ne soit particulièrement visé par la police et les manifestants ont poursuivi leur trajet sur la rue Dundas jusqu'à la rue Yonge, « Le peuple uni jamais ne sera vaincu ! » La nature politique avouée des mesures de sécurité utilisées pour criminaliser la dissidence est devenue évidente lorsque la police a confisqué des pancartes et des poteaux de drapeaux avec la justification que les bâtons et les poteaux constituaient « un risque pour la sécurité » possible.

Les marcheurs ont dénoncé le démantèlement social exigé par le G8/20 et leurs institutions qui contraignent à la privatisation des programmes sociaux au niveau international. Privés de leurs pancartes et de leurs banderoles, ils se sont assurés que leurs chants mettent en évidence les préoccupations de la population : « Les soins de santé, les soins aux enfants ! Tout sauf la guerre ! » ont scandé les marcheurs. Parlant de leur propre expérience, les gens ont qualifié la Children's Aid Society d'instrument de l'État dans son offensive antisociale, qui plutôt que de venir en aide aux familles en détresse, détruit l'avenir et la vie des enfants et des familles en les séparant en toute impunité. Les marcheurs ont négocié avec les policiers pour qu'ils escortent la marche jusqu'au siège social de la Toronto Children's Aid Society où ils ont demandé à rencontrer le responsable de l'institution.

Les activistes rapportent que deux personnes ont été arrêtées dans le cadre des actions de cette journée et que des actions de solidarité ont eu lieu devant la prison la nuit dernière.



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Le Sommet populaire

Les forces populaires renforcent leur organisation

Un des points saillants des événements du Sommet des peuples a été la tenue d'une réunion pour élaborer des plans et les préparatifs pour la semaine d'action. La séance a débuté avec le chant « G8, G20, ils sont peu, nous sommes nombreux » et s'est poursuivie dans un esprit militant et solidaire. L'information a été donnée pour l'ensemble des différentes actions au cours de la semaine. Les organisateurs des divers événements ont souligné que les actions servent à renforcer les forces combattantes qui convergent pour s'opposer aux sommets du G8/20. Plusieurs ont également exprimé leur volonté de poursuivre leurs relations de travail après les sommets afin de consolider les forces populaires. De cette façon, les forces populaires continuent de s'entraîner, de s'organiser et s'informer les uns les autres à la suite de chaque action pour s'opposer durant la présente période à la mondialisation impérialiste, remontant à la réunion du G5 à Halifax en 1995 en passant par le sommet de l'APEC de 1997 à Vancouver, la bataille de Seattle en 1999, le Sommet 2000 de l'Organisation des États américains à Windsor et le Sommet 2001 de la Zone de libre-échange des Amériques à Québec, pour n'en citer que quelques-uns.

Les différents collectifs offrant l'infrastructure et l'organisation font preuve d'un grand sens de responsabilité sociale pour le bien-être de tous ceux qui participent à divers événements à Toronto. L'information distribuée par les collectifs sur les soins médicaux, les droits et d'hébergement a montré le haut niveau de préparation établi pour aider et protéger les manifestants. Des numéros d'urgence pour accéder à l'aide médicale et juridique ont été distribués. Des équipes volantes en soins infirmiers ainsi qu'une tente de premiers soins et autres formes d'assistance médicale seront fournies. Le Comité du mouvement de défense du Barreau de l'Ontario a formé près de 100 observateurs juridiques qui portent des chapeaux identifiables et font un suivi des actions de la police afin de signaler les arrestations et les violations des droits au bureau juridique du groupe. L'aide juridique comprendra également des avocats pour les immigrants et les familles afin de faciliter la participation et la protection de tous.

Tout le monde a été encouragé à se préparer consciemment au risque de violences policières dans le cadre des préparatifs en vue d'une pleine participation. Les gens étaient invités à se joindre à un groupe collectif et ainsi s'assurer que personne ne soit laissé à lui-même ou elle-même. La réunion s'est terminée sur la note que les gens peuvent compter sur leur unité, leur nombre et la justesse de leur position pour affronter l'oppression et la violence du G8/G20.

Malgré les tentatives de l'État de criminaliser la dissidence en créant une atmosphère d'intimidation et d'impunité basée sur le harcèlement par la police et la menace de la violence d'État, c'est la volonté populaire et l'esprit de défi au G8/G20 qui dominent et sont déterminants.

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Négociations des travailleurs du secteur public au Québec

La Fédération interprofessionnelle de la santé
rejette unanimement l'offre du gouvernement

Lors de son Conseil fédéral spécial des 14 et 15 juin derniers, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) a rejeté à l'unanimité l'offre la plus récente du Comité patronal de négociation du secteur de la santé et des services sociaux.

Dans son bulletin de juin de FIQ en action, la Fédération explique :

« Plusieurs raisons ont été invoquées pour justifier ce rejet, notamment :

« - Le droit à des conditions de vie décentes pour les professionnelles en soins ;

« -Le droit à la santé pour la population et le droit de soigner dans le respect et la dignité pour les inhalothérapeutes, les infirmières auxiliaires, les perfusionnistes et les infirmières ;

« - L'urgence d'agir pour mettre en place des mesures permanentes pour attirer et retenir les professionnelles en soins dans le réseau public de santé. »

« Le dépôt patronal du 14 juin 2010 est pratiquement en tout point semblable à celui qui a été décrit dans la dernière édition du FIQ en Action. La position patronale est intransigeante et le gouvernement oppose une fin de non-recevoir au regard de l'aménagement du temps de travail proposé par la FIQ. Pourtant, les professionnelles en soins oeuvrant sur le terrain sont plus que convaincues que, sans ces changements concrets à leurs conditions de travail, c'est une rupture de service qui guette le réseau public de santé à moyen ou long terme.


Des membres de la FIQ campent sur le parterre de l'Assemblée nationale à Québec du 8 au 11 juin pour faire valoir leurs justes revendications. (FIQ)

« Les infirmières, les infirmières auxiliaires, les perfusionnistes et les inhalothérapeutes ne peuvent plus continuer à exercer dans les conditions actuelles. En attendant que le gouvernement le comprenne, la Fédération a décidé d'entreprendre un exercice dans certains de ses établissements afin de faire la démonstration que les solutions qu'elle propose sont réalistes et réalisables. De ce fait, le gouvernement ne pourra plus affirmer que celles-ci sont utopiques.

« Le rapport du médiateur doit être déposé à la mi-juillet. D'ici là, les membres de la FIQ doivent continuer la mise en oeuvre du plan d'action et de mobilisation qui a été voté. Que le gouvernement se le tienne pour dit, les professionnelles en soins prendront le temps nécessaire pour en arriver à un règlement satisfaisant : la survie du réseau public de santé et leur propre survie sont en jeu. »

Dans son communiqué de presse du 15 juin, la fédération déclare être toujours disponible pour négocier mais que le gouvernement doit montrer une volonté réelle d'appliquer des solutions concrètes sur la base des propositions de la FIQ.

« Nous ne voulons plus nous buter à une position patronale intransigeante et à une fin de non-recevoir de notre aménagement du temps de travail, affirme Régine Laurent, la présidente de la FIQ. En attendant que le gouvernement comprenne que les professionnelles en soins ne peuvent plus continuer à exercer dans les conditions actuelles, nous allons retourner dans les établissements de santé et faire la démonstration, concrètement, que les solutions proposées par la Fédération sont réalistes et réalisables. Nous allons relever nos manches et poursuivre notre travail, sur le terrain, afin que le gouvernement ne puisse plus nous dire que ce que l'on propose est utopique. Il devient de plus en plus évident qu'un règlement avant l'été est inatteignable, car le fossé entre les deux parties est trop grand... Notre plan d'action et de mobilisation se poursuit jusqu'à l'automne et nous prendrons le temps nécessaire pour en arriver à un règlement satisfaisant pour les membres. Cela veut donc dire que nous poursuivrons la négociation aussi longtemps que nécessaire. »

La proposition de la fédération pour un nouvel arrangement du temps de travail part du point de vue qu'un tel arrangement est devenu inévitable si l'on veut attirer de nouveaux travailleurs dans le système et convaincre ceux qui y sont en ce moment d'y rester, eux qui ont soutenu le réseau de santé à bout de bras au fil de tant d'années d'épuisement. La FIQ revendique une position à temps plein pour chaque professionnel de la santé basée sur une semaine de quatre jours de travail, avec 32 ou 33 heures de travail payées au salaire de 35 ou 36 heures. La FIQ revendique une structure de postes à temps plein pour chaque employé. Elle propose un mécanisme de transition pour que chaque poste devienne progressivement un poste à temps plein. S'ils le désirent, l'employeur et le syndicat local peuvent s'entendre pour maintenir un statut de temps partiel pour un maximum de 10 % des employés et remplacer ces positions par des postes à temps plein à mesure que ces postes deviennent vacants.

La FIQ représente environ 58 000 infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes répartis à travers tout le Québec.

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Le Fédération interprofessionnelle
de la santé lance une pétition

Le 22 juin, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) a lancé une pétition pour mobiliser de l'appui à sa lutte pour améliorer substantiellement les conditions de travail de ses infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes. Le thème de la pétition est : « Pour que le système de santé ne se réduise pas à une trousse de derniers soins : Pétition pour un réseau public de santé qui offre des conditions de travail acceptables aux professionnelles en soins. » La FIQ appelle les individus et les organisations à signer la pétition.

« L'essentiel du combat que nous menons, a dit Régine Laurent, la présidente de la FIQ, en présentant la pétition, vise à donner aux infirmières, aux infirmières auxiliaires, aux inhalothérapeutes et aux perfusionnistes du Québec des conditions de travail plus décentes, qui tiennent compte des exigences du réseau de la santé, mais aussi des attentes légitimes de toutes ses travailleuses. À titre d'exemple, il manque actuellement 4 000 infirmières dans le réseau et, si rien n'est fait maintenant, c'est plus de 15 000 de ces professionnelles qui pourraient quitter la profession d'ici 4 ans... Notre combat n'est pas seulement celui des professionnelles en soins, c'est aussi celui de toutes les citoyennes et de tous les citoyens du Québec qui sont en droit d'obtenir des soins de qualité. »

Pétition pour un réseau public de santé qui offre des conditions de travail acceptables aux professionnelles en soins

Nous, citoyennes et citoyens du Québec, réclamons que le gouvernement accorde aux professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires des conditions de travail acceptables, susceptibles de limiter la pénurie de main-d'oeuvre qui menace le réseau public de santé du Québec.

Il est de la responsabilité du gouvernement du Québec de mettre en place les conditions nécessaires pour que toutes les Québécoises et tous les Québécois puissent avoir accès rapidement à des services de santé de qualité. Dans ce contexte, nous appuyons les revendications de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec – FIQ qui réclame des conditions qui sauront retenir les professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires dans le réseau public et favoriseront le recrutement des milliers de personnes qui sont requises pour assurer l'intégrité de notre réseau de la santé.

On peut signer la pétition en ligne à www.appuyonslafiq.qc.ca

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Un CSSS de Montréal refuse d'appliquer les coupures ordonnées par la loi 100

Les médias rapportent que le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) Lucille-Teasdale à Montréal refuse d'appliquer les coupures drastiques ordonnées par la loi 100 que le gouvernement Charest a passée sous le bâillon le 12 juin dernier. Cette loi ordonne entre autres des coupures de 10 % des « dépenses administratives » de toutes les institutions de santé, de services sociaux et d'éducation d'ici la fin de l'année fiscale 2013-2014. Fait partie de cette réduction de 10 % une réduction de 25 % des dépenses de formation, de déplacement et de publicité de ces organismes d'ici la fin de l'année fiscale 2010-2011. Personne au Québec n'est dupe de la désinformation du gouvernement Charest selon laquelle ces coupures ne concernent que les « dépenses administratives » et n'affecteront pas la dispensation des services publics.

Au milieu de la colère générale des Québécois contre l'offensive antisociale du gouvernement Charest, le conseil d'administration du CSSS Lucille-Teasdale a informé le gouvernement qu'il n'appliquera pas les coupures de 900 000 $ qui lui sont imposées en vertu de la loi dans son budget de 2010-2011.

Dans une lettre adressée au ministre de la Santé Yves Bolduc, le conseil explique que les coupes exigées par Québec entraîneront des baisses de dépenses en informatique. Or, le gouvernement demande aux CSSS de créer des dossiers de patients informatisés. « Comment réduire nos dépenses en informatique en même temps ? », demande le conseil. Sur la question de la réduction des dépenses de déplacement, le conseil explique que c'est là un des exemples les plus frappants de coupures dans des dépenses qui doivent absolument être consenties. « On demande de sabrer 25 % dans nos frais de déplacement. Ici, 80 % de nos frais de déplacement servent aux soins à domicile ! On voit que le discours du gouvernement disant que ces coupes ne toucheraient pas les services est faux... Les cibles de compressions budgétaires ne peuvent être atteintes sans avoir un impact sur les services à la clientèle et c'est illusoire et malhonnête de dire autrement. »

Le conseil d'administration du CSSS Lucille-Teasdale exprime aussi l'espoir que d'autres centres vont refuser d'appliquer les coupures.

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