Le Marxiste-Léniniste

Numéro 107 - 18 juin 2010

Non au G8 et au G20 ! Opposons-nous
à la criminalisation de la dissidence !


À gauche: Manifestation à Halifax contre le G8 et le G20, le 25 avril 2010.  (Media Coop)
À droite: Manifestation à Calgary contre le G8, le 1er mars 2003.

Non au G8 et au G20! Opposons-nous à la criminalisation de la dissidence !
Huntsville et Toronto militarisées
L'incendie de la Banque royale à Ottawa: tactiques de terrorisme d'État - Pierre Soublière
Les employés, étudiants et enseignants dénoncent «les restrictions à l'accès» à l'Université de Toronto
Non aux politiques de destruction nationale du G8 et du G20 ! - Steve Rutchinski
Calendrier des événements
18-20 juin: Le Sommet populaire 2010: Un mouvement à bâtir pour un monde juste – peoplessummit2010.ca

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Non au G8 et au G20! Opposons-nous
à la criminalisation de la dissidence !

Selon le gouvernement et les médias monopolisés, les sommets du G8 à Huntsville et du G20 à Toronto qui auront lieu la semaine prochaine seront l'opération de sécurité la plus grande et la plus coûteuse de l'histoire du Canada. Plus de 15 000 agents de la GRC, policiers des corps municipaux et provinciaux, soldats des Forces armées canadiennes, agents d'infiltration et d'autres agents de sécurité participent à l'opération. Les agences étasuniennes de sécurité et de renseignement ainsi que le Commandement de la défense aérienne de l'Amérique du Nord (NORAD) sont intégrés à la structure de commandement. La facture dépassera certainement le milliard de dollars, ce qui est plus du 898 millions $ dépensé pour la sécurité des Jeux Olympiques de Vancouver. Puisque les chefs d'État du G8 ne seront là que pour 10 heures de pourparlers, ces rencontres coûteront 100 millions $ de l'heure !

Les médias parlent beaucoup des « manifestants violents », mais ce ne seront pas eux qui seront armés, qui vont tirer des grenades de gaz lacrymogène et faire l'essai d'un nouvel équipement anti-émeute tel que le canon à son. Ce dispositif émet un son de haute fréquence qui est très douloureux pour les personnes qui sont trop près du périmètre de sécurité.

Ce sont les « chefs politiques » tels que le premier ministre et notre ministre des Finances, qui n'ont aucun mandat pour exécuter leurs politiques néolibérales de destruction de l'édifice national, qui ont érigé ces clôtures de mailles de fer, qui se sont entourés de gardes armés, qui ont placé des tireurs d'élites sur les toits, qui ont déployé des agents provocateurs pour commettre des dommages matériaux, etc. Ce sont eux qui sont la source de toute cette violence – sociale comme physique – contre le peuple !


Londres le 2 avril 2009: Manifestation contre la répression policière au sommet du G20 de 2009.

Que vont-ils tramer exactement au G8 et au G20 pour qu'ils nécessitent tant de gardes armés jusqu'aux dents ? Pourquoi cette campagne de désinformation et d'intimidation menée par l'État canadien, sa police, son armée et les médias monopolisés ?

Le but est d'intimider l'ensemble de la société, de dire à tous les Canadiens qu'ils feraient mieux de laisser ces affaires aux mains des chefs d'État au risque de devenir des dommages collatéraux. Le but est de convaincre les gens que les activistes politiques et sociaux sont violents, de créer un prétexte pour criminaliser la dissidence et préparer la population à accepter la violence que les agences de la loi et de l'ordre se préparent à déclencher, et de faire accepter à la classe ouvrière et au peuple canadien un État policier. Le but est d'étouffer la conscience collective avec un climat d'anarchie et de violence pour que personne ne discute de l'ordre du jour du G8 et du G20.

Cela ne doit pas passer ! Les Canadiens demandent des solutions pro-sociales à la crise, des solutions qui vont servir les intérêts des travailleurs et de la société. Le Marxiste-Léniniste invite les travailleurs, les femmes et les jeunes à tout mettre en oeuvre avec une conscience claire pour condamner le climat d'anarchie et de violence qui est créé, pour dénoncer l'ordre du jour antisocial néolibéral du G8 et du G20 et pour que les journées de manifestations à Toronto contre le Sommet du G8 et du G20 soient un succès retentissant !

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Huntsville et Toronto militarisées

Un des scandales liés à l'organisation des sommets du G8 et du G20 par le gouvernement Harper est la facture de 1 milliard $ pour la « sécurité » et celle de 2 millions $ pour le centre des médias qui comprend un lac artificiel. En comparaison, le coût pour la « sécurité » du sommet du G8 d'octobre 2009 à Pittsburgh a été de 381 millions $ et celui du sommet du G8 à Gleneagles, en Écosse en 2005, a été de 110 millions $.

Selon le Conseil des Canadiens, les manifestants à Huntsville se retrouveront devant une clôture de 6 millions $ qui fait 15 kilomètres autour du site du sommet du G8 alors qu'à Toronto, la soi-disant Zone rouge qui entoure le Palais des congrès et les hôtels environnants où se tient le sommet du G20 a une clôture d'acier et de béton de 4 mètres de haut. Des hélicoptères militaires la survoleront, des tireurs d'élite seront postés sur les toits et l'entrée de la zone est contrôlée de façon très stricte pour empêcher les manifestants de pénétrer.

On dit que les opérations policières organisées par le Groupe de sécurité intégré à l'occasion des sommets du G8 et du G20 sont les plus vastes opérations de « sécurité » jamais entreprises au Canada. Le constable Ed Boltuc, porte-parole du Groupe de sécurité intégré des sommets, a dit aux médias que « nous aurons sur le terrain une présence massive – vraiment massive - de police et de sécurité telle que vous n'en avez jamais vue ».

En plus des services policiers de Toronto et de Peel, la GRC aura à sa disposition des unités spécialisées comme les équipes tactiques de la SWAT et des policiers en civil travaillant en secret, des espions, etc. On se rappellera les agents provocateurs de la Sûreté du Québec qui incitaient à la violence lors du sommet nord-américain à Montebello en août 2007.

Des canons à son

Le Toronto Star du 27 mai publie en première page un article intitulé « La police de Toronto se munit de canons à son pour le G20 ». On y lit : « Les manifestants contre le sommet du G20 le mois prochain seront reçus par des canons à son qui endommagent l'ouïe, ce nouvel outil de la police de Toronto pour disperser les foules récalcitrantes. Ces canons à son "à long rayon d'action" (LRAD) peuvent émettre des sons agressifs pour l'ouïe à fréquence si élevée qu'ils dépassent le taux normal de tolérance à la douleur. Après avoir été utilisés partout depuis l'Irak jusqu'en haute mer pour repousser les pirates, les LRAD sont de plus en plus employés comme instrument de contrôle de foules et lors du sommet du G20 de Pittsburgh l'an dernier, la police les a utilisés comme arme de premier recours, de préférence aux gaz lacrymogènes et aux grenades incapacitantes. » Tout cela est écrit sur un ton qui présente les manifestants comme des animaux violents qu'il faut maîtriser.

Criminalisation de la dissidence

La militarisation de Toronto et Huntsville est justifiée au nom d'assurer la « sécurité » des « Canadiens », « des personnes jouissant d'une protection internationale », des « touristes » et même des « manifestants ». L'État canadien et ses forces policières et militaires travaillant avec des experts étasuniens de la sécurité et avec NORAD, tout cela de concert avec les médias monopolisés, pour mener une campagne de désinformation visant à légitimer les forums exclusifs et illégitimes que sont le G8 et le G20 tout en criminalisant les manifestants. En tentant de diviser le mouvement social entre « manifestants violents » et « manifestants légitimes », ce sont les préoccupations et inquiétudes de l'ensemble de la population qu'on cherche à taire.

C'est dans cette optique qu'on parle de « partenariat » sur le site Web du Groupe intégré de la sécurité (GIS) du G8 et du G20, un partenariat comprenant la Gendarmerie royale du Canada (GRC), le service de police de Toronto (SPT), les Forces canadiennes (FC), la police régionale de Peel et « d'autres organismes de la sécurité et de l'application de la loi ». Il est dit qu'ils « ont entrepris un projet de planification visant à assurer un milieu sécuritaire et pacifique à l'occasion de la réunion annuelle du G20 ». Il y a même une section qui informe les manifestants de leurs droits en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés, où l'on prend bien soin de préciser qu'il y a des « restrictions raisonnables » à ces droits dans les conditions suivantes selon le code criminel :

- blocage ou obstruction d'une grande route (alinéa 423(1)g)
- troubler la paix (article 175)
- nuisance publique (article 180)
- fait de nuire aux moyens de transport (article 248)
- méfait (article 430)
- substance volatile malfaisante (article 178)
- émeutes (articles 32, 33, 64, 65, 67, 68 et 69)
- attroupement illégal (article 63)
- arrestation pour violation de la paix (article 31)

Le site Web met en garde les « manifestants de se familiariser avec leurs droits et responsabilités en vertu de la loi pour que leurs actes s'inscrivent dans les limites de la loi ». Tous les sommets précédents du G8 et du G20 ont clairement établi que ce ne sont pas les manifestants qui sont violents et que c'est la police qui est à l'origine de la violence. Le GIS « encourage les groupes qui prévoient se faire entendre au Sommet à communiquer avec le Groupe des relations communautaires [du GIS] afin de s'assurer que leur manifestation se déroule dans le respect de la loi ».

De cette façon, loin de « protéger les manifestants », la police crée une atmosphère et une justification pour agir avec impunité contre ceux qui défient le G8/G20. Le site Web existe uniquement pour fournir une justification aux agents de l'État. On nous dit : « Vous avez été prévenus d'agir dans les limites de la loi. » L'expression « troubler la paix » peut être interprétée de bien des façons.

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L'incendie de la Banque royale à Ottawa:
tactiques de terrorisme d'État

Trente-trois ans après la mise sur pied de la Commission Mcdonald sur les méfaits de la GRC, voilà que l'État canadien donne toujours dans les coups montés pour criminaliser l'opinion politique et tenter de déstabiliser le corps politique. Des chapitres complets du rapport de la Commission ont été censurés, en particulier ceux concernant les activités énumérées contre le PCC(M-L) et son dirigeant Hardial Bains. Le rapport a révélé, entre autres, que la GRC avait brûlé des granges, posé des bombes et émis des faux communiqués au nom du Front de libération nationale du Québec (FLQ) dans les années soixante et soixante-dix. Nous voilà riches de cette expérience. Notre expérience s'est enrichie encore plus lors de la manifestation à Montebello en 2007, lorsque des agents provocateurs furent filmés en pleine action. Il faut dire qu'ils n'étaient pas « gros dans leurs souliers », puisqu'ils avaient conservé leurs chaussures de la Sûreté du Québec et que leurs semelles ont fait les manchettes – le logo de la SQ y était affiché ! Il devient donc plus difficile de nous faire gober n'importe quoi.

Dans la nuit du 18 mai, un incendie s'est déclaré dans la Banque royale du Glebe, un quartier d'Ottawa. Les policiers ont sitôt vu des intentions criminelles, puisqu'ils prétendent avoir rencontré des témoins ayant aperçu trois ou quatre hommes s'éloigner de l'institution en courant, et filant dans un véhicule utilitaire sport. L'incendie a eu lieu à 3 h 28 du matin. Puis, « coup de théâtre », l'incendie est revendiqué par vidéo par des individus « qui se qualifient d'anarchistes », le « FFFC », bien que la vidéo n'utilise pas le terme « anarchiste ». L'incident avait été filmé de l'autre côté de la rue, devant l'édifice en flammes. Toujours selon les policiers, le groupe menace de sévir à nouveau et déclare qu'il sera à Huntsville et à Toronto, en Ontario, lors des sommets du G8 et du G20. Les « anarchistes » en question auraient incendié la banque parce que l'institution financière a commandité les Jeux olympiques de Vancouver qui ont été présentés sur des « terres indigènes volées », que ces jeux ont augmenté les problèmes de pauvreté à Vancouver et que la banque est un bailleur de fonds dans des projets d'exploitation des sables bitumineux dans l'ouest du pays.

Deuxième « coup de théâtre » : le site internet montrant la vidéo renvoie à un numéro de téléphone correspondant à un édifice municipal de Montebello qui est le lieu de travail de groupes communautaires. Des policiers sont allés immédiatement faire des perquisitions à cet endroit sur la base de cet « indice ». Toujours selon les médias, le maire de Montebello s'est dit estomaqué d'apprendre la nouvelle de l'incendie de la banque, et que « des édifices municipaux qui sont prêtés à des causes terroristes, c'est toujours très inquiétant ». D'ailleurs, certains médias, dont Radio-Canada, répètent les balivernes dictées par la GRC ou le SCRS, selon le cas, lorsqu'ils déclarent : « Rappelons que la municipalité de Montebello a accueilli le sommet du G8 en 2008, qui avait été marqué par des manifestations et de la casse. » C'est ce qui s'appelle « se mêler dans ses menteries ». D'abord la manifestation en question eut lieu en 2007 et était contre la visite de Bush dans le cadre du Partenariat pour la sécurité et la prospérité. La police avait, pendant les mois précédant la rencontre, fait un siège militaire de la région paisible de Montebello et avait même fait du porte-à-porte dans le village pour mettre les gens en garde contre des « gens masqués qui se promèneraient dans leur cour » et autres histoires de bonhomme sept-heures. Cette tactique n'a pas fonctionné. Les organisateurs de la manifestation avaient d'ailleurs tenu une réunion dans le village avant la tenue de la manifestation où les gens étaient beaucoup plus préoccupés par la visite chez eux du criminel de guerre George W. Bush et par l'occupation militaire de leur région. Il était clair que s'il devait y avoir de la « casse », elle serait le fait de la police elle-même. Ceci fut confirmé quelques jours plus tard quand les agents provocateurs de la police ont été « déculottés » et aussi quand les policiers se sont mis à lancer des gaz lacrymogènes dans les rues de Montebello alors que la manifestation était à toute fin pratique dispersée et que plusieurs des soi-disant casseurs dansaient dans la rue. Quant au site sur lequel la vidéo a été publiée, le CMI-Ottawa (Centre des médias indépendants), ce sont des sites à publication libre. Lors de la manif de 2007 à Montebello, la salle communautaire en question avait été utilisée comme centre des médias indépendants lors de la tenue de la manifestation. Le CMI d'Ottawa était impliqué dans les activités de Montebello et n'a jamais remplacé la bannière de son site qui indique toujours « CMI-Montebello ». L'État n'a sûrement pas apprécié se faire exposer comme il l'a été lors de cette manif. Il fut, en fait, la risée générale grâce aux publications sur des sites à portée nationale et internationale.

Un « expert » en espionnage – ça en dit long –, M. Juneau-Katsuya, est dorénavant partout, à la télé, dans les journaux. Il explique : « Le concept de terrorisme, c'est de générer de la peur. » Ce qui décrit assez bien le terrorisme d'État. M. J-K se permet aussi un profil à la Criminal Minds des prétendus terroristes en question : « Les jeunes hommes, endoctrinés idéologiquement, se paient probablement un trip narcissique, et sont atteints du syndrome de Robin des bois. On a affaire à des gens qui ont au moins une éducation collégiale, et fort probablement universitaire. Ils visent une institution et l'expliquent longuement. » Il déclare qu'il faudra certainement enquêter sous la Loi antiterroriste de 2002. Aussi, la Gendarmerie royale confirmait que l'une de ses Équipes intégrées de la sécurité nationale (INSET) collaborait à l'enquête menée par la police d'Ottawa.

Au beau milieu de ce méli-mélo, même l'ancien président de l'Association des policiers provinciaux du Québec et candidat aux dernières élections municipales de Gatineau, Tony Cannavino, déclarait qu'il était trop tôt pour parler d'un geste de terrorisme. « C'est évidemment un acte de vandalisme, un gros méfait, mais à cette étape-ci, c'est trop tôt pour parler de terrorisme ». (Le Droit, 20 mai 2010)

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Les employés, étudiants et enseignants dénoncent «les restrictions à l'accès» à l'Université de Toronto

Les syndicats, associations étudiantes et les professeurs ont immédiatement et fermement dénoncé la décision de fermer le campus St. George de l'Université de Toronto au centre-ville pour la durée du sommet du G20. Une lettre ouverte a été envoyée au recteur et président de l'université lui demandant d'annuler la décision de « restreindre l'accès au campus » parce que c'est une décision « inopportune et répressive ».

La lettre ouverte, disponible sur Perlink, a été écrite par la section 3902 du Syndicat canadien de la fonction publique qui représente les chargés de cours et elle est signée par la section 1998 du Syndicat des métallos qui représente les employés de bureau, de même que par l'Association des étudiants de l'Université de Toronto, l'Association des étudiants à temps partiel, la Société des étudiants diplômés de géographie et de planification, les Étudiants francophones de l'Université de Toronto, la section à l'université du Groupe de recherche de l'intérêt public de l'Ontario (OPIRG), le Centre des femmes, le Groupe des transsexuels de l'université et plus de 30 professeurs.

Selon les auteurs de la lettre, l'université n'a pas consulté les étudiants, les employés ou les professeurs avant de prendre la décision de « restreindre l'accès » au campus St. George. C'est à travers un message courriel envoyé par la vice-rectrice aux étudiants le 25 mai que la communauté universitaire a appris que le campus serait fermé. « La décision de fermer le campus St. George de l'Université de Toronto pendant le sommet du G20 (durant la semaine du 21 au 27 juin) contredit la mission de l'université, renforce les stéréotypes négatifs au sujet des manifestants, légitimise la répression et la violence policières et ne reflète en rien la volonté des étudiants, des employés et des professeurs », lit-on dans la lettre.

Le message courriel envoyé aux étudiants par la vice-rectrice dit : « Comme vous le savez, le sommet du G20 se tient à Toronto les 26 et 27 juin 2010. La partie nord de Queens' Park, qui donne pratiquement sur le campus St. George, a récemment été désignée site officiel des manifestations. Bien sûr, nous respectons la légitimité des manifestations pacifiques. Nous savons par contre que les sommets du G20 (dont celui de l'an dernier à Pittsburgh) peuvent donner lieu à de la violence, aux gaz lacrymogènes, à des arrestations, à des désordres et à des dommages aux édifices. »

En conséquence, écrit l'administration, le campus « sera à toute fin pratique fermé à partir de 18 heures mercredi le 23 juin jusqu'au dimanche 27 juin ». Les cours sur le campus ont été annulés. Des événements qui devaient se dérouler sur le campus, comme la réunion organisée par le Conseil des Canadiens le vendredi 25 juin au Convocation Hall pour dénoncer le G20, ont été annulés et devront se tenir ailleurs.

La main de la police est de toute évidence pour quelque chose dans cette décision « de restreindre l'accès ». On sait que la police a fait sa tournée, pas toujours avec succès cependant, faisant pression sur les collèges affiliés à l'Université de Toronto pour qu'ils fassent comme l'administration centrale et déclarent « un accès restreint ». Mais même en ce qui concerne les édifices gérés par l'administration centrale, l'application de « l'accès restreint » varie, pour des raisons de façade plus que pour des raisons de sécurité proprement dites. Sinon comment expliquer que des résidences soient fermées et leurs étudiants déplacés vers d'autres campus tandis que d'autres, tout aussi près du « site officiel des manifestations », demeureront ouvertes ?

Le Marxiste-Léniniste salue les syndicats, les associations étudiantes et les professeurs membres de la communauté de l'Université de Toronto qui ont dénoncé la décision provocatrice, inopportune et répressive de l'administration de l'université de déclarer « un accès restreint » au campus St. George pendant la durée du Sommet du G20.

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Non aux politiques de destruction
nationale du G8 et du G20!

Lorsque les dirigeants du G8 et du G20 vont se rencontrer à Huntsville et à Toronto la semaine prochaine, leur ordre du jour va porter sur les moyens à prendre pour forcer les peuples à payer pour remettre sur pied leur système financier en crise et pour combattre férocement tout projet d'édification nationale basé sur l'autosuffisance et l'indépendance et la garantie du bien-être de tous ; un tel projet, qui va à l'encontre de l'édification d'empires par les grandes puissances, est qualifié de « protectionnisme ».

Le premier ministre Stephen Harper va présider les deux sommets. Dans une lettre adressée aux dirigeants du G20, il écrit : « Nous devons rapidement nous attaquer au prochain grand défi auquel sont confrontés nos pays et le G20 en général, soit de restaurer l'équilibre dans nos finances publiques, ou, comme plusieurs économistes l'affirment, mettre en oeuvre un plan de consolidation fiscale. »

Les dirigeants qui seront rassemblés à ce sommet semblent nous prendre pour des valises. Ce sont eux qui sont responsables de l'offensive antisociale néolibérale des dernières décennies qui a amené les États-Unis, le Canada, l'Europe et d'autres à la catastrophe financière. Ce sont ces mêmes financiers et leurs représentants politiques qui ont par la suite orchestré les sauvetages financés par l'État pour consolider leurs empires financiers et s'enrichir : 980 milliards $ aux États-Unis et 1 trillion $ juste le mois dernier en Europe !

Le ministre des Finances Jim Flaherty et les médias monopolisés vantent le système financier du Canada comme un modèle de stabilité et de bonne pratique commerciale dans le monde. C'est un non-sens. Le gouvernement canadien a rescapé les banques canadiennes en rachetant des banques 25 milliards $ de prêts hypothécaires et a présenté le tout comme un « investissement ». La monopolisation et la concentration du système financier du Canada sont beaucoup plus avancées qu'elles ne le sont aux États-Unis, mais le système financier canadien est entièrement intégré à l'empire américain et l'économie canadienne lui est annexée.

Le ministre des Finances est un parfait exemple de cette arrogance. Il a déclaré récemment qu'une des « toutes premières priorités » du Sommet du G20 est d'amener l'Europe à remettre de l'ordre dans ses finances et dit que « c'est sûr que certains de ces pays ont besoin de discipline fiscale ». Quel front ! Flaherty est aveuglé par son ignorance et sa partisanerie de classe qui l'empêchent de voir ce qui saute aux yeux d'un enfant d'école : que l'ordre du jour néolibéral dont il a été le champion en Ontario comme ministre des Finances du gouvernement de Mike Harris a détruit le système de sécurité sociale de la province, volé des milliards de dollars aux plus vulnérables et dans les programmes sociaux afin de payer les riches et laissé la province avec une dette trois fois supérieure à ce qu'elle était quand il est devenu ministre !

Le premier ministre Harper propose que le G20 adopte cela comme ordre du jour. « Nous devons continuer à remplir notre obligation internationale en mettant en oeuvre nos plans de relance économique jusqu'au bout pour éviter de retomber dans une crise financière ou économique, dit Harper. Toutefois, à mesure que la reprise économique se confirme et que nos plans de relance tirent à leur fin, nous ne pouvons pas nous permettre de nous asseoir sur nos lauriers ». Par « relance » il veut dire payer les riches en gelant les dépenses dans les services publics et en coupant dans les programmes sociaux et en augmentant les taxes à la consommation avec notamment les taxes de vente harmonisées qui ont été introduites en Colombie-Britannique et en Ontario.

De concert avec ces attaques contre la société, le G20 met l'accent sur la privatisation des avoirs publics et la politique d'échanges néolibérale. Cela fait un bon moment que la classe ouvrière et le peuple canadiens résistent à cet ordre du jour néolibéral et à ces politiques de destruction nationale et ils ne vont pas accepter ce diktat des monopoles.

Les travailleurs, les femmes, les jeunes et les étudiants discutent entre eux de ce qui se trame dans ces sommets et de la nécessité de prendre l'initiative pour changer la situation. Résister fait toute la différence. Non aux politiques de destruction nationale des sommets du G8 et du G20 !

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Calendrier des événements

Dans un esprit de résistance et de la demande d'un ordre du jour pour une société qui soit conforme avec ce dont les peuples ont besoin et pour un monde propre à l'existence humaine, diverses activités ont été planifiées à Toronto durant la semaine précédant le Sommet du G20 :

Calendrier des événements pour les Sommets du G8 et du G20 :

18 juin-20 juin : Sommet de peuples à l'Université Ryerson – « Le G20 – une assemblée autonommée, non démocratique des pays les plus riches du monde – vient à Toronto le 25 juin pour tenter de mettre de l'avant leur ordre du jour pour la planète. L'ordre du jour du G20 est basé sur un système échoué – un système qui nie la dignité humaine, crée la pauvreté, l'inégalité et la violence, et détruit l'environnement. Une semaine avant que le G20 ne vienne à Toronto, des organisateurs communautaires, des ONG, médias indépendants, travailleurs, communautés touchées, artistes – le peuple – se rassemblent pour enseigner et apprendre, bâtir des alliances et créer des alternatives – construire un mouvement pour un monde juste.

21 juin : À la défense des droits de tous – Action organisée par Anti-Poverty Youth à Allan Gardens pour exiger du logement et autres besoin de la jeunesse

22 juin : Queer Liberation – Actions à la défense des droits des gais, lesbiennes et transgenres

23 juin : Actions pour le climat et l'environnement

24 juin : Journée d'action pour les droits des autochtones organisée par Defenders of the Land in defence of the rights of Aboriginal peoples

25 juin : Journée d'action communautaire à Toronto organisée par Ontario Coalition Against Poverty, No One Is Illegal, SAWRO, Jane-Finch Coaltion Against Poverty et autres pour exiger les droits collectifs pour les pauvres et sans abri, les travailleurs immigrants et sans papier, ainsi que d'autres demandes

26 juin : Marche familiale amicale du Congrès du travail du Canada débutant à 13 h à Queen's Park pour Briser la clôture – Marche jusqu'au périmètre clôturé de la rencontre du G20 (organisée par les jeunes et leurs alliés)

Fièvre du samedi soir : Les jeunes s'emparent des rues du centre-ville de Toronto

27 juin : Actions pour la justice sociale toute la journée, incluant une marche funèbre à 14 h pour enterrer le G8 et le G20.

(Voir le Calendrier d'événements pour plus de détails)

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18-20 juin

Le Sommet populaire 2010:
Un mouvement à bâtir pour un monde juste

Le sommet populaire de 2010 est le « contre-sommet » alternatif de la société civile aux sommets du G8 et du G20 qui se tiennent du 25 au 27 juin à Huntsville et à Toronto. Nos allons tous ensemble créer un espace dans lequel des mouvements locaux et internationaux peuvent organiser démocratiquement la promotion et l'éducation de la justice pour tous.

Des organisateurs communautaires, des activistes, des organisations non gouvernementales, des médias indépendants, des travailleurs, des communautés affectées, des artistes – bref, le peuple – vont converger en juin pour travailler tous ensemble à s'éduquer, à se donner du pouvoir et à entreprendre le changement positif que nous voulons voir se produire dans le monde.

* * *

Le Sommet populaire de 2010 : un mouvement
à bâtir pour un monde juste, les 18, 19 et 20 juin

À l'Université Ryerson, l'Université de Toronto
et à d'autres endroits à Toronto


Vendredi le 18 juin :
Histoires et solutions du nord et du sud

Les portes ouvrent à 18 h 30
Vous payez ce que vous pouvez
Au Carlu, 444, rue Yonge (coin College)

Le 18 juin, joignez-nous pour les « Histoires et solutions du nord et du sud » où des organisateurs et des activistes de partout à travers le monde nous parlerons du travail qu'ils font dans leurs communautés pour formuler des alternatives durables et transformatrices à l'ordre du jour des G8 et G20.

Mary Walsh sera l'hôte de cet événement incroyable où nous entendrons :
Maude Barlow, la présidente nationale du Conseil des Canadiens
Lorena Aquilar, conseillère internationale sur l'égalité des sexes, représentante
de l'Union internationale pour la conservation de la nature basée à Costa Rica

Victor Baez, du Brésil, secrétaire-général de la Confédération des syndicats des Amériques
Dorothy Ngoma, directrice-exécutive de l'Organisation nationale des infirmières
et sages-femmes du Malawi

Jessica Yee, directrice-exécutive du Réseau de la santé sexuelle des jeunes autochtones
Robert Lovelace, co-chef de la Première Nation algonquine Ardoch
Ambet Yuson, secrétaire-général du Syndicat international des métiers et
des travailleurs du bois des Philippines.

Sarah Marlowe et Eternia donneront des performances musicales.

Le samedi 19 juin et le dimanche 20 juin

À l'Université Ryerson et partout dans la ville.

Plus de 100 groupes de la société civile du Canada et du monde tiendront des ateliers, des
échanges d'expérience, des panels, séminaires, sessions de stratégie, performances
artistiques et de multiples autres activités.


Nous traiterons des grandes questions de justice sociale et environnementale selon cinq grands thèmes : la justice à travers le monde ; l'environnement et le changement climatique ; les droits humains et les libertés civiles ; la justice économique et le développement du mouvement.

Suite au Sommet populaire de 2010, le Réseau de mobilisation communautaire de Toronto coordonne une semaine d'événements et d'actions, du 21 au 27 juin, à Toronto et partout dans le monde.

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