Que vont-ils tramer exactement au G8 et au G20 pour
qu'ils nécessitent tant de gardes armés jusqu'aux
dents ? Pourquoi cette campagne de désinformation et
d'intimidation menée par l'État canadien, sa police, son
armée et les médias monopolisés ?
Le but est d'intimider l'ensemble de la
société, de dire à tous les Canadiens qu'ils
feraient mieux de laisser ces affaires aux mains des chefs
d'État au
risque de devenir des dommages collatéraux. Le but est de
convaincre les gens que les activistes politiques et sociaux sont
violents, de créer un prétexte pour criminaliser la
dissidence et préparer la
population à accepter la violence que les agences de la loi et
de l'ordre se préparent à déclencher, et de faire
accepter à la classe ouvrière et au peuple canadien un
État policier. Le but est d'étouffer la conscience
collective avec un climat d'anarchie et de violence pour que personne
ne discute de l'ordre du jour du G8 et du G20.
Cela ne doit pas passer ! Les Canadiens demandent
des solutions pro-sociales à la crise, des solutions qui vont
servir les intérêts des travailleurs et de la
société. Le Marxiste-Léniniste invite
les travailleurs, les femmes et les jeunes à tout mettre en
oeuvre avec une conscience claire pour condamner le climat d'anarchie
et de
violence qui est créé, pour dénoncer l'ordre du
jour antisocial néolibéral du G8 et du G20 et pour que
les journées de manifestations à Toronto contre le Sommet
du G8 et du G20 soient un succès retentissant !

Huntsville et Toronto militarisées
Un des scandales liés à l'organisation des
sommets du G8 et du G20 par le gouvernement Harper est la facture de 1
milliard $ pour la
« sécurité » et celle de 2
millions $ pour le centre des médias qui comprend un lac
artificiel. En comparaison, le coût pour la
« sécurité » du sommet du G8
d'octobre 2009
à Pittsburgh a été de 381 millions $ et celui
du sommet du G8 à Gleneagles, en Écosse en 2005, a
été de 110 millions $.
Selon le Conseil des Canadiens, les manifestants
à Huntsville se retrouveront devant une clôture de 6
millions $ qui fait 15 kilomètres autour du site du sommet
du G8 alors qu'à Toronto, la soi-disant Zone rouge qui entoure
le
Palais des congrès et les hôtels environnants où se
tient le sommet du G20 a une clôture d'acier et de béton
de 4
mètres de haut. Des hélicoptères militaires la
survoleront, des tireurs d'élite seront postés sur les
toits et l'entrée de la zone est contrôlée de
façon très stricte pour empêcher les manifestants
de pénétrer.
On dit que les opérations policières
organisées par le Groupe de sécurité
intégré à l'occasion des sommets du G8 et du G20
sont les plus vastes opérations de
« sécurité » jamais entreprises au
Canada. Le constable Ed Boltuc, porte-parole du Groupe de
sécurité intégré des sommets, a dit aux
médias que « nous aurons sur le
terrain une présence massive – vraiment massive - de police et
de sécurité telle que vous n'en avez jamais
vue ».
En plus des services policiers de Toronto et de Peel, la
GRC aura à sa disposition des unités
spécialisées comme les équipes tactiques de la
SWAT et des policiers en civil travaillant en secret, des espions, etc.
On se rappellera les agents provocateurs de la Sûreté du
Québec qui incitaient à la violence lors du sommet
nord-américain à
Montebello en août 2007.
Des canons à son
Le Toronto Star du 27 mai publie en
première page un article intitulé « La police
de Toronto se munit de canons à son pour le G20 ». On
y lit : « Les manifestants contre le sommet du G20 le
mois prochain seront reçus par des canons à son qui
endommagent l'ouïe, ce
nouvel outil de la police de Toronto pour disperser les foules
récalcitrantes. Ces canons à son "à long rayon
d'action" (LRAD) peuvent émettre des sons agressifs pour
l'ouïe à fréquence si élevée qu'ils
dépassent le taux normal de tolérance à la
douleur. Après avoir été utilisés partout
depuis l'Irak jusqu'en haute mer pour repousser les pirates, les
LRAD sont de plus en plus employés comme instrument de
contrôle de foules et lors du sommet du G20 de Pittsburgh l'an
dernier, la police les a utilisés comme arme de premier recours,
de préférence aux gaz lacrymogènes et aux grenades
incapacitantes. » Tout cela est écrit sur un ton qui
présente les manifestants comme des animaux
violents qu'il faut maîtriser.
Criminalisation de la dissidence
La militarisation de Toronto et Huntsville est
justifiée au nom d'assurer la
« sécurité » des
« Canadiens », « des personnes
jouissant d'une protection internationale », des
« touristes » et même des
« manifestants ». L'État canadien et
ses forces policières et militaires travaillant avec des experts
étasuniens de la sécurité et avec NORAD, tout cela
de concert avec les médias monopolisés, pour mener une
campagne de désinformation visant à légitimer les
forums exclusifs et illégitimes que sont le G8 et le G20 tout en
criminalisant les manifestants. En tentant de diviser le
mouvement social entre « manifestants violents »
et « manifestants légitimes », ce sont les
préoccupations et inquiétudes de l'ensemble de la
population qu'on cherche à taire.
C'est dans cette optique qu'on parle de
« partenariat » sur le site Web du Groupe
intégré de la sécurité (GIS) du G8 et du
G20, un partenariat comprenant la Gendarmerie royale du Canada (GRC),
le service de police de Toronto (SPT), les Forces canadiennes (FC), la
police régionale de Peel et « d'autres organismes de
la
sécurité et de l'application de la loi ». Il
est dit qu'ils « ont entrepris un projet de planification
visant à assurer un milieu sécuritaire et pacifique
à l'occasion de la réunion annuelle du G20 ».
Il y a même une section qui informe les manifestants de leurs
droits en vertu de la Charte canadienne des droits et
libertés, où
l'on prend bien soin de préciser qu'il y a des
« restrictions raisonnables » à ces droits
dans les conditions suivantes selon le code criminel :
- blocage ou obstruction d'une grande route
(alinéa 423(1)g)
- troubler la paix (article 175)
- nuisance publique (article 180)
- fait de nuire aux moyens de transport (article 248)
- méfait (article 430)
- substance volatile malfaisante (article 178)
- émeutes (articles 32, 33, 64, 65, 67, 68 et 69)
- attroupement illégal (article 63)
- arrestation pour violation de la paix (article 31)
Le site Web met en garde les « manifestants
de se familiariser avec leurs droits et responsabilités en vertu
de la loi pour que leurs actes s'inscrivent dans les limites de la
loi ». Tous les sommets précédents du G8 et du
G20 ont clairement établi que ce ne sont pas les manifestants
qui sont violents et que c'est la police qui est à
l'origine de la violence. Le GIS « encourage les groupes qui
prévoient se faire entendre au Sommet à communiquer avec
le Groupe des relations communautaires [du GIS] afin de s'assurer que
leur manifestation se déroule dans le respect de la
loi ».
De cette façon, loin de
« protéger les manifestants », la police
crée une atmosphère et une justification pour agir avec
impunité contre ceux qui défient le G8/G20. Le site Web
existe uniquement pour fournir une justification aux agents de
l'État. On nous dit : « Vous avez
été prévenus d'agir dans les limites de la
loi. » L'expression « troubler la
paix » peut être interprétée de bien des
façons.

L'incendie de la Banque royale à Ottawa:
tactiques de terrorisme d'État
- Pierre Soublière -
Trente-trois ans après la mise sur pied de la
Commission Mcdonald sur les méfaits de la GRC, voilà que
l'État canadien donne toujours dans les coups montés pour
criminaliser l'opinion politique et tenter de déstabiliser le
corps politique. Des chapitres complets du rapport de la Commission ont
été censurés, en particulier ceux concernant les
activités énumérées contre le PCC(M-L) et
son dirigeant Hardial Bains. Le rapport a révélé,
entre autres, que la GRC avait brûlé des granges,
posé des bombes et émis des faux communiqués au
nom du Front de libération nationale du Québec (FLQ) dans
les
années soixante et soixante-dix. Nous voilà riches de
cette expérience. Notre expérience s'est enrichie
encore plus lors de la manifestation à Montebello en 2007,
lorsque des agents provocateurs furent filmés en pleine action.
Il faut dire qu'ils n'étaient pas « gros dans leurs
souliers », puisqu'ils avaient conservé leurs
chaussures de la Sûreté du Québec et que leurs
semelles ont fait les manchettes – le logo de la SQ y était
affiché ! Il devient donc plus difficile de nous faire
gober n'importe quoi.
Dans la nuit du 18 mai, un
incendie s'est déclaré dans la Banque royale du Glebe, un
quartier d'Ottawa. Les policiers ont sitôt vu des intentions
criminelles, puisqu'ils prétendent avoir rencontré des
témoins ayant aperçu trois ou quatre hommes
s'éloigner de l'institution en courant, et filant dans un
véhicule utilitaire sport. L'incendie a eu lieu à
3 h 28 du matin. Puis, « coup de
théâtre », l'incendie est revendiqué par
vidéo par des individus « qui se qualifient
d'anarchistes », le « FFFC », bien que
la vidéo n'utilise pas le terme
« anarchiste ». L'incident avait
été filmé de l'autre côté de la rue,
devant l'édifice en flammes. Toujours selon
les policiers, le groupe menace de sévir à nouveau et
déclare qu'il sera à Huntsville et à Toronto, en
Ontario, lors des sommets du G8 et du G20. Les
« anarchistes » en question auraient
incendié la banque parce que l'institution financière a
commandité les Jeux olympiques de Vancouver qui ont
été présentés sur des « terres
indigènes volées », que ces jeux ont
augmenté les problèmes de pauvreté à
Vancouver et que la banque est un bailleur de fonds dans des projets
d'exploitation des sables bitumineux dans l'ouest du pays.
Deuxième « coup de
théâtre » : le site internet montrant la
vidéo renvoie à un numéro de
téléphone correspondant à un édifice
municipal de Montebello qui est le lieu de travail de groupes
communautaires. Des policiers sont allés immédiatement
faire des perquisitions à cet endroit sur la base de cet
« indice ».
Toujours selon les médias, le maire de Montebello s'est dit
estomaqué d'apprendre la nouvelle de l'incendie de la banque, et
que « des édifices municipaux qui sont
prêtés à des causes terroristes, c'est toujours
très inquiétant ». D'ailleurs, certains
médias, dont Radio-Canada, répètent les balivernes
dictées par la GRC ou le SCRS, selon
le cas, lorsqu'ils déclarent : « Rappelons que
la municipalité de Montebello a accueilli le sommet du G8 en
2008, qui avait été marqué par des manifestations
et de la casse. » C'est ce qui s'appelle « se
mêler dans ses menteries ». D'abord la manifestation
en question eut lieu en 2007 et était contre la visite de Bush
dans le cadre du Partenariat pour la sécurité et la
prospérité. La police avait, pendant les mois
précédant la rencontre, fait un siège militaire de
la région paisible de Montebello et avait même fait du
porte-à-porte dans le village pour mettre les gens en garde
contre des « gens masqués qui se promèneraient
dans leur cour » et autres
histoires de bonhomme sept-heures. Cette tactique n'a pas
fonctionné. Les organisateurs de la manifestation avaient
d'ailleurs tenu une réunion dans le village avant la tenue de la
manifestation où les gens étaient beaucoup plus
préoccupés par la visite chez eux du criminel de guerre
George W. Bush et par l'occupation militaire de leur région. Il
était
clair que s'il devait y avoir de la « casse »,
elle serait le fait de la police elle-même. Ceci fut
confirmé quelques jours plus tard quand les agents provocateurs
de la police ont été
« déculottés » et aussi quand les
policiers se sont mis à lancer des gaz lacrymogènes dans
les rues de Montebello alors que la manifestation était à
toute fin pratique dispersée et que plusieurs des soi-disant
casseurs dansaient dans la rue. Quant au site sur lequel la
vidéo a été publiée, le CMI-Ottawa (Centre
des médias indépendants), ce sont des sites à
publication libre. Lors de la manif de 2007 à Montebello, la
salle communautaire en question avait été utilisée
comme centre des médias
indépendants lors de la tenue de la manifestation. Le CMI
d'Ottawa était impliqué dans les activités de
Montebello et n'a jamais remplacé la bannière de son site
qui indique toujours « CMI-Montebello ».
L'État n'a sûrement pas apprécié se faire
exposer comme il l'a été lors de cette manif. Il fut, en
fait, la risée générale grâce aux
publications sur des sites à portée nationale et
internationale.
Un « expert » en espionnage –
ça en dit long –, M. Juneau-Katsuya, est dorénavant
partout, à la télé, dans les journaux. Il
explique : « Le concept de terrorisme, c'est de
générer de la peur. » Ce qui décrit
assez bien le terrorisme d'État. M. J-K se permet aussi un
profil à la Criminal Minds des
prétendus terroristes en question : « Les jeunes
hommes, endoctrinés idéologiquement, se paient
probablement un trip narcissique, et sont atteints du
syndrome de Robin des bois. On a affaire à des gens qui ont au
moins une éducation collégiale, et fort probablement
universitaire. Ils visent une institution et l'expliquent
longuement. » Il déclare qu'il faudra certainement
enquêter sous la Loi antiterroriste de 2002. Aussi, la
Gendarmerie royale confirmait que l'une de ses Équipes
intégrées de la sécurité nationale (INSET)
collaborait à l'enquête menée par la police
d'Ottawa.
Au beau milieu de ce méli-mélo, même
l'ancien président de l'Association des policiers provinciaux du
Québec et candidat aux dernières élections
municipales de Gatineau, Tony Cannavino, déclarait qu'il
était trop tôt pour parler d'un geste de terrorisme.
« C'est évidemment un acte de vandalisme, un gros
méfait, mais à cette étape-ci,
c'est trop tôt pour parler de terrorisme ». (Le
Droit, 20 mai 2010)

Les employés, étudiants et enseignants
dénoncent «les restrictions à l'accès»
à l'Université de Toronto
Les syndicats, associations étudiantes et les
professeurs ont immédiatement et fermement dénoncé
la décision de fermer le campus St. George de
l'Université de Toronto au centre-ville pour la durée du
sommet du G20. Une lettre
ouverte a été envoyée au recteur et
président de l'université lui demandant d'annuler la
décision de « restreindre l'accès au
campus » parce que c'est une décision
« inopportune et répressive ».
La lettre ouverte,
disponible sur Perlink, a été écrite par la
section 3902 du Syndicat canadien de la fonction publique qui
représente les chargés de cours et elle est signée
par la section 1998 du Syndicat des métallos qui
représente les employés de bureau, de
même que par l'Association des étudiants de
l'Université de Toronto, l'Association des étudiants
à temps partiel, la Société des étudiants
diplômés de géographie et de planification, les
Étudiants francophones de l'Université de Toronto, la
section à l'université du Groupe de recherche de
l'intérêt public de l'Ontario (OPIRG), le Centre des
femmes,
le Groupe des transsexuels de l'université et plus de 30
professeurs.
Selon les auteurs de la lettre, l'université n'a
pas consulté les étudiants, les employés ou les
professeurs avant de prendre la décision de
« restreindre l'accès » au campus St.
George. C'est à travers un message courriel envoyé par la
vice-rectrice aux étudiants le 25 mai que la communauté
universitaire a appris que le campus serait
fermé. « La décision de fermer le campus St.
George de l'Université de Toronto pendant le sommet du G20
(durant la semaine du 21 au 27 juin) contredit la mission de
l'université, renforce les stéréotypes
négatifs au sujet des manifestants, légitimise la
répression et la violence policières et ne reflète
en rien la volonté des étudiants, des
employés et des professeurs », lit-on dans la lettre.
Le message courriel envoyé aux étudiants
par la vice-rectrice dit : « Comme vous le savez, le
sommet du G20 se tient à Toronto les 26 et 27 juin 2010. La
partie nord de Queens' Park, qui donne pratiquement sur le campus St.
George, a récemment été désignée
site officiel des manifestations. Bien sûr, nous respectons la
légitimité
des manifestations pacifiques. Nous savons par contre que les sommets
du G20 (dont celui de l'an dernier à Pittsburgh) peuvent donner
lieu à de la violence, aux gaz lacrymogènes, à des
arrestations, à des désordres et à des dommages
aux édifices. »
En conséquence, écrit l'administration, le
campus « sera à toute fin pratique fermé
à partir de 18 heures mercredi le 23 juin jusqu'au dimanche 27
juin ». Les cours sur le campus ont été
annulés. Des événements qui devaient se
dérouler sur le campus, comme la réunion organisée
par le Conseil des Canadiens le vendredi 25 juin au
Convocation Hall pour dénoncer le G20, ont été
annulés et devront se tenir ailleurs.
La main de la police est de toute évidence pour
quelque chose dans cette décision « de restreindre
l'accès ». On sait que la police a fait sa
tournée, pas toujours avec succès cependant, faisant
pression sur les collèges affiliés à
l'Université de Toronto pour qu'ils fassent comme
l'administration centrale et déclarent « un
accès
restreint ». Mais même en ce qui concerne les
édifices gérés par l'administration centrale,
l'application de « l'accès restreint »
varie, pour des raisons de façade plus que pour des raisons de
sécurité proprement dites. Sinon comment expliquer que
des résidences soient fermées et leurs étudiants
déplacés vers d'autres campus tandis
que d'autres, tout aussi près du « site officiel des
manifestations », demeureront ouvertes ?
Le Marxiste-Léniniste salue les
syndicats, les associations étudiantes et les professeurs
membres de la communauté de l'Université de Toronto qui
ont dénoncé la décision provocatrice, inopportune
et répressive de l'administration de l'université de
déclarer « un accès restreint » au
campus St. George pendant la durée du
Sommet du G20.

Non aux politiques de destruction
nationale du G8 et du G20!
- Steve Rutchinski -
Lorsque les dirigeants du G8 et du G20 vont se
rencontrer à Huntsville et à Toronto la semaine
prochaine, leur ordre du jour va porter sur les moyens à prendre
pour forcer les peuples à payer pour remettre sur pied leur
système financier en crise et pour combattre férocement
tout projet d'édification nationale basé sur
l'autosuffisance et
l'indépendance et la garantie du bien-être de tous ;
un tel projet, qui va à l'encontre de l'édification
d'empires par les grandes puissances, est qualifié de
« protectionnisme ».
Le premier ministre Stephen Harper va présider
les deux sommets. Dans une lettre adressée aux dirigeants du
G20, il écrit : « Nous devons rapidement nous
attaquer au prochain grand défi auquel sont confrontés
nos pays et le G20 en général, soit de restaurer
l'équilibre dans nos finances publiques, ou, comme plusieurs
économistes l'affirment, mettre en oeuvre un plan de
consolidation fiscale. »
Les dirigeants qui seront rassemblés à ce
sommet semblent nous prendre pour des valises. Ce sont eux qui sont
responsables de l'offensive antisociale néolibérale des
dernières décennies qui a amené les
États-Unis, le Canada, l'Europe et d'autres à la
catastrophe financière. Ce sont ces mêmes financiers et
leurs représentants politiques qui ont
par la suite orchestré les sauvetages financés par
l'État pour consolider leurs empires financiers et
s'enrichir : 980 milliards $ aux États-Unis et 1
trillion $ juste le mois dernier en Europe !
Le ministre des Finances Jim Flaherty et les
médias monopolisés vantent le système financier du
Canada comme un modèle de stabilité et de bonne pratique
commerciale dans le monde. C'est un non-sens. Le gouvernement canadien
a rescapé les banques canadiennes en rachetant des banques 25
milliards $ de prêts hypothécaires et a
présenté le tout comme un
« investissement ». La monopolisation et la
concentration du système financier du Canada sont beaucoup plus
avancées qu'elles ne le sont aux États-Unis, mais le
système financier canadien est entièrement
intégré à l'empire américain et
l'économie canadienne lui est annexée.
Le ministre des Finances est un parfait exemple de cette
arrogance. Il a déclaré récemment qu'une des
« toutes premières priorités » du
Sommet du G20 est d'amener l'Europe à remettre de l'ordre dans
ses finances et dit que « c'est sûr que certains de
ces pays ont besoin de discipline fiscale ». Quel
front !
Flaherty est aveuglé par son ignorance et sa partisanerie de
classe qui l'empêchent de voir ce qui saute aux yeux d'un enfant
d'école : que l'ordre du jour néolibéral dont
il a été le champion en Ontario comme ministre des
Finances du gouvernement de Mike Harris a détruit le
système de sécurité sociale de la province,
volé des milliards de
dollars aux plus vulnérables et dans les programmes sociaux afin
de payer les riches et laissé la province avec une dette trois
fois supérieure à ce qu'elle était quand il est
devenu ministre !
Le premier ministre Harper propose que le G20 adopte
cela comme ordre du jour. « Nous devons continuer à
remplir notre obligation internationale en mettant en oeuvre nos plans
de relance économique jusqu'au bout pour éviter de
retomber dans une crise financière ou économique, dit
Harper. Toutefois, à mesure que la reprise
économique se confirme et que nos plans de relance tirent
à leur fin, nous ne pouvons pas nous permettre de nous asseoir
sur nos lauriers ». Par « relance » il
veut dire payer les riches en gelant les dépenses dans les
services publics et en coupant dans les programmes sociaux et en
augmentant les taxes à la consommation avec
notamment les taxes de vente harmonisées qui ont
été introduites en Colombie-Britannique et en Ontario.
De concert avec ces attaques contre la
société, le G20 met l'accent sur la privatisation des
avoirs publics et la politique d'échanges
néolibérale. Cela fait un bon moment que la classe
ouvrière et le peuple canadiens résistent à cet
ordre du jour néolibéral et à ces politiques de
destruction nationale et ils ne vont pas accepter ce diktat des
monopoles.
Les travailleurs, les femmes, les jeunes et les
étudiants discutent entre eux de ce qui se trame dans ces
sommets et de la nécessité de prendre l'initiative pour
changer la situation. Résister fait toute la différence.
Non aux politiques de destruction nationale des sommets du G8 et du
G20 !

Calendrier des événements
Dans un esprit de résistance et de la demande
d'un ordre du jour pour une société qui soit conforme
avec ce dont les peuples ont besoin et pour un monde propre à
l'existence humaine, diverses activités ont été
planifiées à Toronto durant la semaine
précédant le Sommet du G20 :
Calendrier des événements pour les
Sommets du G8 et du G20 :
18 juin-20 juin : Sommet de peuples à
l'Université Ryerson – « Le G20 – une
assemblée autonommée, non démocratique des pays
les plus riches du monde – vient à Toronto le 25 juin pour
tenter de mettre de l'avant leur ordre du jour pour la planète.
L'ordre du jour du G20 est basé sur un
système échoué – un système qui nie la
dignité humaine, crée la pauvreté,
l'inégalité et la violence, et détruit
l'environnement. Une semaine avant que le G20 ne vienne à
Toronto, des organisateurs communautaires, des ONG, médias
indépendants, travailleurs, communautés touchées,
artistes – le peuple – se rassemblent pour
enseigner et apprendre, bâtir des alliances et créer des
alternatives – construire un mouvement pour un monde juste.
21 juin : À la défense des
droits de tous – Action organisée par Anti-Poverty Youth
à Allan Gardens pour exiger du logement et autres besoin de la
jeunesse
22 juin : Queer Liberation – Actions
à la défense des droits des gais, lesbiennes et
transgenres
23 juin : Actions pour le climat et
l'environnement
24 juin : Journée d'action pour les
droits des autochtones organisée par Defenders of the Land in
defence of the rights of Aboriginal peoples
25 juin : Journée d'action
communautaire à Toronto organisée par Ontario Coalition
Against Poverty, No One Is Illegal, SAWRO, Jane-Finch Coaltion Against
Poverty et autres pour exiger les droits collectifs pour les pauvres et
sans abri, les travailleurs immigrants et sans papier, ainsi que
d'autres demandes
26 juin : Marche familiale amicale du
Congrès du travail du Canada débutant à 13 h
à Queen's Park pour Briser la clôture – Marche jusqu'au
périmètre clôturé de la rencontre du G20
(organisée par les jeunes et leurs alliés)
Fièvre du samedi soir : Les jeunes
s'emparent des rues du centre-ville de Toronto
27 juin : Actions pour la justice sociale
toute la journée, incluant une marche funèbre à 14
h pour enterrer le G8 et le G20.
(Voir le Calendrier
d'événements
pour plus de détails)

18-20 juin
Le Sommet populaire 2010:
Un mouvement à bâtir pour un monde juste
– peoplessummit2010.ca -
Le sommet populaire de 2010 est le
« contre-sommet » alternatif de la
société civile aux sommets du G8 et du G20 qui se
tiennent du 25 au 27 juin à Huntsville et à Toronto. Nos
allons tous ensemble créer un espace dans lequel des mouvements
locaux et internationaux peuvent organiser démocratiquement la
promotion et
l'éducation de la justice pour tous.
Des organisateurs communautaires, des activistes, des
organisations non gouvernementales, des médias
indépendants, des travailleurs, des communautés
affectées, des artistes – bref, le peuple – vont converger en
juin pour travailler tous ensemble à s'éduquer, à
se donner du pouvoir et à entreprendre le changement positif que
nous voulons
voir se produire dans le monde.