Le Marxiste-Léniniste

Numéro 103 - 14 juin 2010

Appuyons la juste lutte des travailleurs de Vale Inco!

Les travailleurs de Sudbury
sur la colline parlementaire


Ottawa, le 27 mai 2010

Appuyons la juste lutte des travailleurs de Vale Inco!
Les travailleurs de Sudbury sur la colline parlementaire
La médiation est ajournée jusqu'au 19 juin - Steve Rutchinski

À titre d'information
La clause «Buy American»

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Appuyons la juste lutte des travailleurs de Vale Inco!

Les travailleurs de Sudbury
sur la colline parlementaire

Les 26 et 27 mai, les courageux travailleurs de Vale Inco étaient sur la colline parlementaire pour exiger que les politiciens fédéraux les appuient. Depuis le tout début de leur grève, qui en est maintenant à son onzième mois, contre les demandes de concessions du monopole brésilien, ils ont demandé que le gouvernement fédéral prenne ses responsabilités et appuie leur lutte de même que celles de tous les travailleurs canadiens contre les monopoles étrangers qui s'emparent des industries canadiennes et revendiquent le droit d'attaquer les travailleurs et leurs communautés en toute impunité.

Les travailleurs ont mis l'accent lors de ces deux journées sur la nécessité d'apporter des changements majeurs à la Loi sur Investissement Canada afin de restreindre le droit de monopole des monopoles étrangers de prendre le contrôle des industries canadiennes et d'attaquer les travailleurs à volonté. Ils ont distribué largement un tract qui rappelle à la population que depuis que le gouvernement Mulroney a aboli l'Agence d'examen de l'investissement étranger (AEIE) et l'a remplacée par la Loi sur Investissement Canada en 1986, on compte un seul cas sur 13 500 où le gouvernement canadien a rejeté une prise de contrôle d'une entreprise canadienne par une entreprise étrangère. Le tract mentionne le nom de plusieurs entreprises du secteur manufacturier, des ressources et de l'énergie et de la technologie et du commerce de détail qui ont été vendues à des intérêts étrangers et il blâme cette prise de contrôle pour les pertes massives d'emplois, l'abandon des communautés, l'élimination des pensions des travailleurs, pour la perte d'expertise et les exportations des profits.

Les travailleurs ont demandé que le gouvernement canadien restreigne les monopoles étrangers qui viennent au Canada et bouleversent l'économie et la vie des travailleurs et de leurs communautés. Ils ont dit que « l'avantage net » pour le Canada que la LIC dit garantir est une fraude totale comme l'illustre la destruction causée par US Steel à Hamilton, Xstrata dans le Nord de l'Ontario et Vale Inco à Sudbury, Port Colborne et Voisey's Bay, au Labrador.

Le 26 mai, les travailleurs ont tenu une vigile sur la colline parlementaire et rencontré des politiciens. Le 27 mai, ils ont tenu un rassemblement sur la colline qui a exigé des changements à la LIC pour protéger les travailleurs canadiens et leurs communautés. Les travailleurs de Vale Inco de Sudbury ont rempli trois autobus pour se rendre à la colline parlementaire et ils y ont été rejoints par un contingent de travailleurs de Vale de Port Colborne. Les travailleurs de la section 1005 du Syndicat des métallos représentant les travailleurs de US Steel à Hamilton Works ont aussi rempli un autobus et les travailleurs de Prysmian en grève à St-Jean-sur-Richelieu qui produisent des câbles pour Hydro-Québec et sont en grève depuis plus d'un an contre le monopole italien ont fait de même. Un contingent de travailleurs d'hôtel d'Ottawa, membres de Unite-Here, ont aussi participé au rassemblement.

Les travailleurs avaient fabriqué plus de 30 pierres tombales illustrant les prises de contrôle d'entreprises canadiennes par les monopoles étrangers, notamment Stelco par US Steel, Falconbridge par Xstrata et Inco par Vale. Ils ont débuté le rassemblement par un encan simulé où des entreprises canadiennes étaient vendues à des acheteurs étrangers.

Le travailleur de Vale qui agissait comme maître de cérémonie a dit qu'il faut apporter des changements majeurs à la Loi sur Investissement Canada. D'autres travailleurs de Vale ont parlé de leur grève et de leur détermination à ne pas se soumettre aux demandes de concessions de Vale Inco et à son utilisation scandaleuse de scabs et à la criminalisation des travailleurs qui se défendent et défendent la communauté contre les attaques de Vale. Rolf Gerstenberger, le président de la section 1005 des métallos, a parlé de l'expérience des travailleurs de US Steel à Hamilton qui ont vu l'entreprise fermer toutes ses installations à Hamilton pendant un long moment et enfreindre tous les engagements qu'elle avait pris en vertu de la LIC sur la question des pensions et des emplois. Il a dit que la présence des travailleurs sur la colline parlementaire est très appropriée parce que les travailleurs exigent que le gouvernement cesse d'intervenir dans l'économie en faveur des monopoles et en particulier des monopoles étrangers. La vice-présidente exécutive du Congrès du travail du Canada, Barbara Byers, a salué les travailleurs au nom de la centrale syndicale. Des politiciens fédéraux du NPD, du Bloc québécois et du Parti libéral ont aussi pris la parole et promis d'aider les travailleurs.

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La médiation est ajournée jusqu'au 19 juin

Les concessions ne sont pas des solutions ! Une entente satisfaisante tout de suite !

La négociation en présence d'un médiateur entre Vale Inco et le Syndicat des métallos qui représente les 3 000 travailleurs en grève de la section locale 6500 de Sudbury et de la section 6200 de Port Colborne a été ajournée le 7 juin après 3 jours de médiation et remise au 19 juin. En annonçant l'ajournement, le médiateur Keven Burkett a dit que « les deux parties ont accepté de continuer entre-temps les négociations sur certaines questions. »

Alors que la grève en est à son onzième mois, les grévistes et leurs familles veulent qu'elle se termine, mais ils n'ont pas fait tous ces sacrifices depuis 11 mois pour retourner au travail sans une entente qui est juste.

La grève a été causée par les demandes de concessions de Vale Inco sur les pensions, la prime sur le nickel et les droits d'ancienneté. Les demandes de concessions ne sont certainement pas un « avantage net » que la prise de contrôle de nos ressources par le monopole brésilien était censée apporter au Canada. La demande de concessions est régressive pour les travailleurs et toute la société canadienne.

La demande par Vale de concessions sur les pensions ferait reculer les travailleurs de décennies, eux qui ont combattu pour avoir des pensions qui leur permettent et permettent à leurs conjoints de vivre décemment une fois à la retraite. Le fonds de « pension » à contributions déterminées que Vale veut imposer aux nouveaux engagés n'est pas un fonds de pension mais un fonds d'épargne embelli !

Le syndicat calcule que les concessions concernant la prime du nickel signifie une perte de 42 % des avantages sociaux des membres. La prime du nickel instituée en 1982 était une entente en vertu de laquelle Inco « partagera les profits » avec les travailleurs lorsque les choses vont bien, à la condition que le syndicat contribue au succès de l'entreprise à freiner les demandes salariales durant les bas du cycle économique capitaliste. Qu'est-il advenu de la promesse de « partager la richesse ? » En dix ans les versements pour la prime du nickel n'ont jamais été plus que 3,2 % des bénéfices annuels d'Inco (aujourd'hui Vale Inco), ce qui est très peu comparé aux intérêts versés aux vautours qui ont financé l'acquisition d'Inco par Vale ! Aujourd'hui les monopoles disent que les travailleurs doivent faire encore des concessions pour assurer la « viabilité » et la « longévité » de l'entreprise.

Le seul bénéfice que les communautés des régions-ressources tirent des opérations minières sont les salaires et avantages sociaux que les travailleurs reçoivent. Les compagnies minières ne paient pratiquement pas de taxe. Le secteur minier de Sudbury représentait jadis 25 % de l'assiette fiscale de la municipalité. Il n'en représente plus aujourd'hui que 6 %. Les contribuables de Sudbury subventionnent les infrastructures comme les routes et les ponts pour Vale Inco et Xstrata. Au niveau provincial, en 2003 les compagnies minières n'ont payé que 264 millions $ au total en taxes et impôts aux gouvernements fédéral, provincial et municipal, sur un produit social de plus de 5,5 milliards $ créé par les mineurs. Les communautés minières n'obtiennent que 16 % des taxes payées par les minières. La prime du nickel représente au moins de l'argent qui reste à Sudbury !

La communauté a maintes et maintes fois démontré son appui aux grévistes lors de rassemblements et de marches, et avec raison. Notre sécurité est dans la lutte pour nos droits. Les tentatives de Vale de saper le moral des grévistes, entre autres en essayant de criminaliser ceux qui sont aux premiers rangs, ont échoué. En résistant aux demandes de concessions de Vale Inco les travailleurs défendent leurs intérêts immédiats, mais aussi ceux de la génération suivante de mineurs et le bien-être de leur famille, de leur communauté et de la société dans son ensemble.

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À titre d'information

La clause «Buy American»

En février dernier, le Canada et les États-Unis ont signé une entente qui ouvre la soumission pour les contrats municipaux et provinciaux aux fournisseurs américains. Le 21 février, les jeunes du Parti dans l'Outaouais tenaient une discussion sur le sujet et plus spécifiquement sur la cause « Buy American » de la American Recovery and Reinvestment Act, une loi adoptée par le gouvernement des États-Unis pour, dit-il, soutenir l'économie américaine durant la crise économique. Voici les notes de cette discussion.

* * *

Le 5 février 2010, Peter Van Loan, ministre canadien du Commerce international, et Lawrence Cannon, ministre des Affaires étrangères, annonçaient que le Canada et les États-Unis avaient conclu une entente, l'Accord sur les marchés publics de l'Organisation mondiale du commerce. Utilisant le mantra qui va à l'encontre de l'expérience de la vie elle-même, Van Loan déclara : « Avec cette entente, on envoie un message clair : la meilleure façon de créer et de conserver des emplois c'est en ouvrant les possibilités économiques, pas en les refermant. » L'Accord prévoit « un accès préférentiel permanent entre États et provinces » par lequel « les provinces et territoires pourront donc avoir accès au marché d'approvisionnement américain, offrant en échange aux 37 États américains concernés le même privilège ». Comme le gouvernement américain dit accepter de lever certaines contraintes Buy American « exclusivement pour les provinces et municipalités canadiennes », celles-ci « permettront à leur tour aux entreprises américaines de présenter des soumissions pour leurs projets » aux niveaux municipal et provincial.

« Dans l'intérêt des entreprises et des travailleurs canadiens »

Rappelons que la ratification de cet accord a eu lieu alors que la parlement canadien était prorogé et dans l'euphorie du patriotisme agressant et agressif promu par l'élite politique et économique canadienne par le biais des Jeux olympiques de Vancouver. Au moment de ces déclarations par Van Loan, l'accord n'avait pas encore été ratifié par les provinces, mais le ministre a déclaré que « tous les gouvernements provinciaux avaient déjà donné leur appui aux mesures proposées », soulignant au passage « qu'ils ont été consultés tout au long des négociations canado- américaines », et il a déclaré que c'était « une victoire pour l'union économique canadienne ». Van Loan a déclaré que l'accord « renforce davantage les relations canado-américaines dans l'intérêt des entreprises et des travailleurs canadiens ». Y allant de l'autre mantra cher aux annexionnistes, il déclara « ...notre relation commerciale est essentielle pour les entreprises, les collectivités et les populations de nos deux pays. Nous sommes l'un pour l'autre le principal partenaire commercial, et l'intégration profonde de nos marchés nous rend tous deux plus concurrentiels à l'échelle mondiale. »

Ratification de l'accord au Québec

Le 16 février 2010, les membres de l'Assemblée nationale du Québec tinrent un débat d'urgence portant sur l'accord à la demande de l'opposition péquiste.

Usant de la prérogative royale, le conseil des ministres du Québec avait déjà donné son accord, par décret, au sujet de l'entente. L'opposition fit alors valoir, qu'en vertu de certains articles de la Loi du ministère des Relations internationales, la consultation de l'Assemblée nationale était nécessaire à la ratification de tout engagement international.

La présidence de l'Assemblée décida en faveur d'un débat : « En ce qui concerne l'urgence de tenir un débat, elle ne fait aucun doute. En effet, l'entente entre en vigueur aujourd'hui sans que l'Assemblée nationale n'ait eu, à ce jour, l'occasion d'en débattre. »

Le débat de près de deux heures donna l'occasion aux parlementaires d'exprimer leur foi aveugle dans le libre-échange, exposant ainsi les politiques bi-partisanes des principales formations politiques représentés à l'Assemblée nationale : cet accord serait bénéfique puisqu'il donnerait un accès privilégié au marché public de 37 États américains, un marché de 65 milliards de dollars contre 1,6 milliard de dollars pour le Québec.

Le ministre du Commerce internationale, Pierre Arcand, a ainsi résumé l'atmosphère régnant durant le débat d'urgence : « Je suis certain que... comme ça a été le cas d'ailleurs par le passé, je pense que les membres de l'opposition, qui ont toujours été, si on veut, des libre-échangistes en matière de commerce international, eh bien, ils le seront également au sujet de cette entente. Je pense qu'il n'y a jamais eu au Québec un accord aussi grand entre nos deux formations politiques principales que sur la nécessité pour le Québec, qui est quand même un marché relativement petit, de près de 8 millions d'habitants, de s'ouvrir au maximum sur le monde. »

Les députés du Parti Québécois et de l'Action démocratique du Québec ont critiqué légèrement l'accord, se défendant d'être contre le libre-échange et l'ouverture des marchés. Pour Pierre Curzi, la mesure de Buy American était une mesure protectionniste : « qui vient contrer en quelque sorte l'Accord de libre-échange et les accords qu'on a avec les États-Unis. Donc, en principe, on ne peut qu'être d'accord avec l'idée que cet accord-là va en quelque sorte déjouer une mesure extrêmement protectionniste des États-Unis ». Nicolas Marceau ajouta qu'il était satisfait de voir exclus de l'entente certains organismes publics comme Hydro Québec.

Rappelons qu'en vertu de l'article 92 du Règlement, le débat d'urgence n'entraîne aucune décision de l'Assemblée. Une telle décision n'étant pas nécessaire puisque le gouvernement avait déjà établi les arrangements nécessaires à sa ratification.

Commission des institutions sur les impacts de la ZLÉA sur le Québec

Dire que l'Assemblée nationale « n'a pas eu l'occasion » de débattre de l'Accord sur les marchés publics n'est pas tout à fait juste, puisque l'Assemblée elle-même avait, en l'an 2000, mandaté la Commission des institutions – une des commissions parlementaires permanentes de l'Assemblée nationale dont les compétences couvrent notamment tout le domaine des affaires intergouvernementales et internationales – d'examiner les impacts pour le Québec, du projet de Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA). La commission avait lancé une consultation générale au cours de laquelle elle avait reçu 41 mémoires et avait tenu six journées d'audiences publiques.

Le rapport présenté par cette commission à l'Assemblée nationale exposait certains événements liés à la démarche d'intégration continentale qui débuta en 1994 lors du Sommet des Amériques à Miami. Il rappela que le projet mettait de l'avant quatre grands objectifs :

- la protection et le renforcement de la démocratie ;
- l'intégration économique et le libre-échange ;
- l'éradication de la pauvreté et de la discrimination ;
- la promotion du développement durable et de l'environnement.

La commission constatait que l'accent fut mis sur « l'engagement du processus de négociation pour l'instauration d'une zone de libre-échange continentale dont l'accord devait être conclu en 2003 et la mise en oeuvre, en 2005 », et qu'ainsi, les autres objectifs visés par le Sommets avaient été mis un peu trop en veilleuse ».



Au sommet des Amériques à Québec en avril 2001: Des milliers de personnes venues de tous les coins du Canada et des Amériques ont manifesté contre le nouvel ordre mondial que l'élite dominante voulait imposer aux
peuples avec sa Zone de libre-échange des Amériques.

Voici les conclusions du rapport qui reflétaient plusieurs des préoccupations de l'heure face à « l'intégration profonde » :

Dans un premier temps, la commission remarquait une très nette absence d'information pour tout ce qui touche le projet d'intégration de près ou de loin. À ce titre elle questionnait la portée de ces ententes vis-à-vis les marchés publics, particulièrement au niveau des services publics. Dans un second temps, elle déplorait l'absence d'évaluation disponible des impacts socio-économiques des accords de libre-échange en vigueur. Dans un autre ordre d'idée, elle constatait un déficit démocratique important puisque la société civile, mais aussi les représentants élus des Amériques sont pratiquement absents du processus préparatoire à ces négociations. En vertu du statut politique du Québec, ce dernier se retrouvait encore plus isolé.

Ainsi, les parlementaires des Amériques et ceux du Québec devraient pouvoir exercer une meilleure surveillance des négociations en cours. La commission préconisait alors la mise sur pied d'un « forum parlementaire ». De plus, elle concluait au sujet des effets du chapitre 11 de l'ALÉNA qu'il faille contrer la possibilité pour des investisseurs privés de pouvoir avoir recours au mécanisme d'arbitrage contre des gouvernements.

Afin que la richesse soit équitablement partagée à la fois entre les classes de la société et entre les États, la commission émettait les souhaits suivants :

- tout accord de libre-échange ne doit pas avoir pour effet non désiré d'abaisser ou de porter atteinte aux droits des travailleurs et de la personne, ni ici, ni ailleurs. ;

- la commission partage les inquiétudes relativement à la commercialisation de certains biens et services qui ne devraient pas l'être, dont l'eau ;

- tout accord de libre-échange ne doit pas imposer de choix de société contraire aux valeurs des Québécois et des Québécoises ;

- des études et des bilans sérieux doivent être faits de l'expérience de l'ALÉNA et de l'ALÉA et qu'on en tire des conséquences dans le cadre des négociations ;

- les parlements doivent redevenir, sur cette question-là, un lieu de débats.

Un regard sur le contenu de l'accord

Voici certains articles tirés de l'accord conclu entre le gouvernement du Canada et le gouvernement américain :

Dans l'article premier, « Une Partie accorde à l'autre Partie », à compter du 16 février 2010, un accès aux marchés publics des entités sous-centrales énumérées à son Annexe 2 de l'Appendice 1 de l'Accord sur les marchés publics de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) (ci-après dénommé AAMP de 1994).

Article 5 : Les États-Unis prennent, d'ici le 16 février 2010, toutes les mesures administratives nécessaires pour s'assurer que la section 1605(a) du American Reinvestment and Recovery Act of 2009 ne s'appliquera pas au fer, à l'acier, ou aux produits manufacturés provenant du Canada pour les marchés relevant de l'Annexe de l'AMP de 1994.

Article 6 : Le Canada accorde aux États-Unis l'accès aux marchés sous-centraux des services de la construction, conformément à l'Appendice C du présent accord. Il demeure entendu que sont inclus le fer, l'acier et les produits manufacturiers provenant des États-Unis utilisés dans les projets de construction, sauf disposition contraire.

Article 9 : Dans les 12 mois suivant l'entrée en vigueur du présent Accord, les Parties entameront des discussions exploratoires sur un accord élargissant, sur la base de la réciprocité, les engagements pris en matière d'accès aux marchés publics.

Appendice A : Modification à l'Appendice 1 du Canada : Comme il est énoncé en détail dans les documents joints à la présente notification, et conformément à l'Accord Canada-États-Unis, le Canada modifie son Annexe 2 pour inclure les provinces et les territoires dans le champ d'application.

L'Annexe 2 énumère les différentes provinces, y inclus le Québec, et indique les ministères et organismes (tous les ministères gouvernementaux et tous les organismes, commissions, conseils et comités provinciaux) de la province qui sont inclus dans l'Accord et ceux pour qui l'Accord ne s'applique pas.

Pour le Québec, ce sont tous les ministères. Les entités publiques suivantes sont visées :
Agence d'évaluation des technologies et des modes d'intervention en santé
Bureau d'audiences publiques sur l'environnement
Comité de déontologie policière
Commissaire à la santé et au bien-être
Commission consultative de l'enseignement privé
Commission d'accès à l'information
Commission d'évaluation de l'enseignement collégial
Commission de l'équité salariale
Commission de la fonction publique
Commission de protection du territoire agricole du Québec
Commission de toponymie
Commission des biens culturels du Québec
Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse
Commission des partenaires du marché du travail
Commission des transports du Québec
Commission municipale du Québec
Commission québécoise des libérations conditionnelles
Conseil consultatif du travail et de la main-d'oeuvre
Conseil de la famille et de l'enfance
Conseil de la justice administrative
Conseil de la Science et de la Technologie
Conseil des aînés
Conseil des relations interculturelles
Conseil des services essentiels
Conseil du médicament
Conseil du statut de la femme
Conseil permanent de la jeunesse
Conseil supérieur de l'éducation
Conseil supérieur de la langue française
Coroner
Curateur public du Québec
Directeur des poursuites criminelles et pénales
Office de la protection du consommateur
Office des personnes handicapées du Québec
Office québécois de la langue française
Régie des alcools, des courses et des jeux
Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec
Régie du logement
Sûreté du Québec

Le présent accord ne s'applique pas aux marchés suivants :

a) les produits et les services culturels ou artistiques, ni à toute mesure adoptée ou maintenue relativement à la culture ou aux industries culturelles ;

b) la production de jeunes plants ;

d) l'acier de construction (y compris dans le cadre de sous-contrats);

e) les marchés passés avec des organismes sans but lucratif.

Le présent accord ne s'applique pas aux préférences ni aux restrictions concernant des projets de routes.

Le présent Accord ne s'applique pas à toute mesure adoptée ou maintenue relativement aux Autochtones, et n'a pas d'incidence sur les droits ancestraux et issus de traités des Autochtones reconnus à l'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982.

Article 6 : À l'exception de l'Ontario et du Québec, le présent accord ne s'applique pas aux marchés portant sur l'acquisition de produits, de services de construction pour le compte de conseils scolaires ou leurs équivalents, d'établissements d'enseignement financés par le secteur public, d'entités de services sociaux ou d'hôpitaux, ou qui leur seront transférés.

Article 9 : Le présent Accord ne s'applique pas aux sociétés d'État des provinces et des territoires.

Article 10 : La liste positive de produits figurant à l'Annexe 1 concernant le ministère de la Défense nationale, la Garde côtière et la Gendarmerie royale du Canada s'applique également aux marchés des forces policières provinciales à la valeur de seuil des produits applicable à la présente annexe.

L'Annexe 4 traite des services entités fédérales. Le Canada offre d'inclure les services suivants classés selon le système de classification des services de la CPC. Sont inclus, entre autres, dans l'accord,

Les services juridiques (conseils juridiques en matière de droit international et de droit étranger uniquement) ;

Services comptables, d'audit et de tenue de livres
Services de conseil fiscal
Services d'architecture et d'ingénierie
Services de consultations en matière de gestion des ressources humaines
Services d'essais et d'analyses techniques, y compris d'inspection et de contrôle de la qualité
Services annexes à la sylviculture et à l'exploitation forestière, y compris la gestion des forêts
Services de nettoyage de bâtiments
Services commerciaux de courrier
Services d'assainissement et d'enlèvement des ordures, services de voirie et services analogues
Services d'hôtellerie et services d'hébergement analogues
Services de restauration et de vente de boissons

L'Appendice C traite du traitement national et de la non-discrimination vis-à-vis les entreprises.

Article 5 : En ce qui concerne toute mesure relative aux marchés visés, aucune province ou territoire :

a) n'accordera pas à un fournisseur établi sur le territoire national un traitement moins favorable que celui qui est accordé à un autre fournisseur établi sur le territoire national, en raison du degré de contrôle ou de participation américain; ou

b) n'établira pas de discrimination à l'égard d'un fournisseur établi sur le territoire national, au motif que les produits ou les services que ce fournisseur offre pour un marché donné portant sur les services de construction sont des produits ou des services des États-Unis d'Amérique.

Article 7. Les provinces ou territoires feront en sorte que leurs lois, règlements, procédures, directives et décisions administratives concernant les questions visées par le présent appendice soient facilement accessibles.

Article 15. Il est entendu que le présent appendice n'a pas pour effet d'empêcher une entité contractante d'élaborer, d'adopter ou d'appliquer des spécifications techniques :

a) soit dans le but de favoriser la conservation des ressources naturelles ou de protéger l'environnement ;

b) soit dans le but d'exiger qu'un fournisseur se conforme aux lois d'application générale concernant ce qui suit :

i) des principes et droits fondamentaux en matière de travail, et

ii) des conditions de travail acceptables en ce qui a trait aux salaires minima, aux heures de travail et à la sécurité et la santé au travail,

dans le pays dans lequel le service de construction est fourni.

Procédures d'examens internes

16. Les provinces et les territoires devront établir une procédure de recours administratif ou judiciaire s'appliquant en temps opportun et étant efficace, transparente et non discriminatoire, au moyen de laquelle tout fournisseur américain peut présenter une contestation s'il estime que les dispositions du présent appendice n'ont pas été respectées dans la passation d'un marché visé dans lequel il a un intérêt.

17. En cas de plainte d'un fournisseur américain dans le contexte de la passation d'un marché visé dans lequel il a un intérêt, selon laquelle il y a eu manquement aux termes du paragraphe 16, l'entité contractante responsable de la passation du marché est encouragée à chercher à régler la plainte par des consultations. L'entité contractante examine la plainte de façon impartiale et en temps opportun, de manière à ne pas nuire à la participation du fournisseur américain à des marchés en cours ou futurs, et à ne pas porter atteinte à son droit de demander l'adoption de mesures correctives dans le contexte de la procédure d'examen administratif ou judiciaire.

19. Les provinces et territoires établiront ou désigneront au moins une autorité administrative ou judiciaire impartiale, qui sera indépendante de ses entités contractantes, pour recevoir et examiner une contestation déposée par un fournisseur américain dans le contexte de la passation d'un marché visé.

20. Dans le cas ou un organe autre qu'une autorité mentionnée au paragraphe 19 examinera initialement la contestation, la province ou le territoire fera en sorte que le fournisseur américain puisse faire appel de la décision initiale devant une autorité administrative ou judiciaire impartiale qui est indépendante de l'entité contractante dont le marché fait l'objet de la contestation.

Partie B – Accès aux marchés

Pour le Québec, plusieurs organismes sont visés parmi lesquels :

L'Agence de l'efficacité énergétique
L'Autorité des marchés financiers
La Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Le Bureau de révision et de décision des valeurs mobilières
Le Centre de services partagés du Québec
La Commission administrative des régimes de retraites et d'assurance
La Commission de la santé et de la sécurité au travail
Le Conseil des arts et des lettres du Québec
L'École nationale de police
Investissement Québec
La Régie de l'énergie
La Régie des rentes du Québec
La Société des alcools du Québec (SAQ)
La Société des loteries du Québec (Loto-Québec)

De même que certaines municipalités parmi lesquelles :

Montréal
Québec
Laval
Gatineau
Longueuil
Sherbrooke
Saguenay
Lévis
Trois-Rivières
Terrebonne

Le présent Appendice ne s'applique pas à la passation des marchés portant sur les produits et les services culturels ou artistiques, ni à toute mesure adoptée ou maintenue relativement à la culture ou aux industries culturelles.

Accord illégal

Vers les années 2000, le Conseil des Canadiens et le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes avaient plaidé un litige constitutionnel concernant les règles d'investissement de l'ALÉNA, et ce litige portait précisément sur les procédures de règlement des différends entre un investisseur et un État de l'ALÉNA. À l'époque, ils avaient fait une démarche devant la Cour supérieure de justice de l'Ontario à l'effet que les procédures de règlement des différends entre un investisseur et l'État de l'ALÉNA, et les lois canadiennes qui les mettent en oeuvre, sont nulles et de nul effet. Ils ont fait valoir devant la Cour que le gouvernement fédéral et le parlement du Canada avaient outrepassé leur pouvoir légal en établissant des procédures de règlement des différends entre un investisseur et un État de l'ALÉNA qui dépouillent les tribunaux canadiens de leur pouvoir de juger les questions qui leur sont réservées en vertu de l'article 96 de la loi constitutionnelle.

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