Le Marxiste-Léniniste

Numéro 101 - 10 juin 2010

Solidarité avec la Palestine

L'Égypte ouvre le passage de Rafah indéfiniment


Montréal
Vigile hebdomadaire
Tous les vendredis - de midi à 13 h
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Ste-Catherine et McGill College (métro McGill)
Organisée par: Palestiniens et Juifs unis  (PAJU)

L'Égypte ouvre le passage de Rafah indéfiniment
La légitime défense impérialiste et la légitime défense populaire
Récit de l'assaut israélien par des passagers
On a tiré sur les activistes de la flottille à la tête et à bout portant - Paul Woodward, War in Context
Sur la légalité de l'attaque israélienne contre la flottille de Gaza

À titre d'information
La stratégie de sécurité nationale des États-Unis: la définition impérialiste de la légitime défense

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Solidarité avec la Palestine

L'Égypte ouvre le passage de Rafah indéfiniment

Un représentant du gouvernement égyptien a déclaré le blocus de Gaza un échec et a annoncé l'ouverture indéfinie des frontières, rapportait l'Associated Press dans une dépêche lundi. Cette décision suit l'ouverture du passage de Rafah, entre l'Égypte et Gaza, après l'attaque criminelle d'Israël contre la Flottille de la liberté le 31 mai, qui a fait au moins neuf morts. Le Marxiste-Léniniste est heureux d'apprendre cette nouvelle, qui est le résultat de la résistance héroïque du peuple palestinien et de l'opposition internationale au blocus criminel de Gaza par Israël et aux crimes contre l'humanité commis contre les Palestiniens. Le massacre du 31 mai a provoqué une condamnation internationale, à tel point que l'Égypte a été forcée d'ouvrir le passage de Rafah pour alléger les difficultés causées aux Palestiniens. Même les États-Unis ont été forcés d'envisager la possibilité d'une levée partielle du blocus et ils ont été incapables d'interdire à l'Égypte d'ouvrir la frontière. L'ouverture du passage de Rafah est une admission de l'échec du siège de Gaza. Déjà le 23 janvier 2008, la résistance palestinienne sous la direction du Hamas avait démoli les deux tiers du mur de 12 km entre l'Égypte et la bande de Gaza.

En 2007, Israël a institué un embargo criminel contre la population de Gaza et cela a provoqué une grave crise humanitaire. Les groupes d'aide à Gaza font état de pénuries alimentaires, d'un grave manque d'approvisionnements et de services médicaux et de la destruction de l'industrie de la pêche et de l'agriculture à cause du siège et notent que les dommages causés aux maisons et aux infrastructures vitales par l'opération « Plomb durci » déclenchée il y a 16 mois n'ont toujours pas été réparés. Depuis 2007, l'Égypte limitait les déplacements des Palestiniens au passage de Rafah. Les résidants de Gaza se voyaient interdits d'accès d'un côté ou de l'autre de la frontière et devaient attendre.

Il faut maintenant intensifier la campagne pour exiger la levée du siège, qui est considéré comme illégal et comme un acte de châtiment collectif aux termes du droit international. Israël a imposé l'embargo en représailles pour l'élection démocratique du Hamas, le mouvement de résistance islamique, aux élections présidentielles et législatives de 2006 en Palestine.

Le Marxiste-Léniniste salue également l'engagement pris lundi par le premier ministre de Turquie, Recep Tayyip Ergodan, à offrir à la bande de Gaza « tout ce dont elle a besoin ».

« La Palestine et Gaza sont une prison géante et cette situation ne peut plus continuer », a-t-il dit lors d'une conférence de presse tenue conjointement avec le président de la Syrie Bashar Al-Assad à Istanbul. « Nous ne pouvons plus nous taire et nous ne nous tairons plus en ce qui concerne Gaza. »

Le président Assad a dit qu'il « respectera toutes les décisions » prises par la Turquie concernant le siège, ajoutant que la Syrie « soutiendra toute décision et toute mesure demandée par la Turquie pour briser le blocus, y compris l'appui à une enquête internationale », faisant référence au refus par Israël d'une enquête internationale sur l'attaque contre la flottille telle que proposée par l'ONU. « Nous ne sommes pas des gens qui ne font que parler et émettre des condamnations, a dit le premier ministre syrien. Nous sommes en faveur de l'action et nous déclarons que nous allons agir. »

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La légitime défense impérialiste
et la légitime défense populaire

Les États-Unis et le projet colonial américano-européen appelé Israël revendiquent tous deux le droit à la légitime défense. Leur revendication à la légitime défense ne connaît pas de frontières. Cette revendication sans limites trouve sa base matérielle économique dans le système impérialiste d'États.

Les dirigeants du projet colonial israélien justifient leur attaque et leur abordage des dix navires de la Flottille pour briser le siège de Gaza en invoquant le droit à la légitime défense. Ils justifient le fait d'avoir blessé et tué plusieurs membres de la flottille comme des gestes de légitime défense de la part de leurs soldats qui ont abordé les navires dans les eaux internationales et rencontré de la résistance.

Le droit à la légitime défense, comme tout phénomène, a des aspects opposés. Ces qualités qui s'affrontent émergent des conditions définies de temps et d'espace. Les conditions de temps et d'espace donnent à cette dialectique, le droit à la légitime défense, sa matérialité historique. Les États-Unis qualifient habituellement de « sécurité nationale » leur droit à la légitime défense.

Les conditions modernes de temps et d'espace ont créé une définition du droit à la légitime défense qui est en contradiction avec la légitime défense impérialiste. Cette définition moderne du droit du peuple à la légitime défense est surgie en opposition au droit impérialiste à la légitime défense et pour nier ce droit.

La base économique du droit à la légitime défense impérialiste partout dans le monde réside dans les conditions, le temps et l'espace suivants :

- la nécessité, pour le système capitaliste parvenu à son stade suprême, d'exporter le rapport social inégal que constitue le capital et de s'assurer que les peuples et les nations partout dans le monde ne bloquent pas ou ne restreignent pas ce capital exporté ;

- la nécessité de défendre le capital exporté contre la résistance inévitable des peuples qu'il exploite et contre la concurrence provenant d'autre capital ;

- la nécessité pour l'impérialisme de s'emparer des sources de matières premières et des marchés partout dans le monde ;

- la nécessité de s'emparer et d'annexer des régions d'importance stratégique comme le canal de Suez, le golfe Persique, la péninsule coréenne, etc.

La nécessité à laquelle fait face l'impérialisme et son droit de se défendre sont en conflit ouvert avec le droit des peuples du monde de se défendre contre l'exploitation par ce rapport social inégal appelé capital, contre le vol de leurs matières premières et contre la domination et l'annexion de leurs marchés, de leurs régions et de leurs affaires politiques.

C'est au fil de plusieurs luttes historiques que la résistance à la légitime défense impérialiste a donné une forme et une définition au droit du peuple à la légitime défense. Le triomphe du peuple russe et de ses alliés par le renversement de l'impérialisme en 1917 et la victoire des peuples du monde contre le fascisme lors de la Deuxième Guerre mondiale y ont joué un rôle particulièrement important. Ces victoires de même que d'autres remportées au XXe siècle ont codifié la définition moderne du droit du peuple à la légitime défense en tant que droit de résister à l'oppression par le rapport social inégal appelé capital, le droit à l'autodétermination des nations et à leur indépendance face à l'impérialisme et le droit du peuple souverain à gouverner ses affaires économiques et politiques et à décider de son avenir.

Les nombreuses victoires remportées par les peuples depuis le début du XXe siècle ont prouvé en pratique que le droit du peuple à la légitime défense ne peut se développer et fleurir qu'en niant le droit à la légitime défense impérialiste. La conscience sociale d'une loi fondamentale des conditions modernes s'est créée : que le droit du peuple à la légitime défense nie le droit à la légitime défense impérialiste et vice versa ; que le droit de l'un ne peut exister sans nier le droit de l'autre. Pour donner naissance à de nouveaux arrangements centrés sur l'être humain sur la base du droit du peuple à la légitime défense, il faut nier la légitime défense impérialiste.

Le criminel de guerre israélien Netanyahu au Canada

Dans son reportage sur la rencontre entre le criminel de guerre israélien Netanyahu et le premier ministre Harper, la CBC fait allusion sans le vouloir à la dialectique de la légitime défense : « Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dit que les commandos israéliens, qui ont pris d'assaut la flottille d'aide humanitaire à Gaza, ont tué neuf personnes et en ont blessé plusieurs autres, ont été attaqués et ont agi en état de légitime défense. »

Le reportage anti-conscient de la CBC fait référence au droit tactique à la légitime défense impérialiste qui découle du droit stratégique à la légitime défense impérialiste sur la base de la négation du droit du peuple à la légitime défense dans les conditions, le temps et l'espace du système impérialiste d'États.

Lorsque Michael Oren, l'ambassadeur israélien aux États-Unis, a défendu les meurtres perpétrés dans la Méditerranée, il a dit que le droit tactique des troupes israéliennes de se défendre contre le droit tactique du peuple à la légitime défense provient du droit stratégique à la légitime défense impérialiste que les États-Unis appellent la « sécurité nationale ». Les médias américains citent les propos suivants d'Oren : « Selon le droit international, dans une situation de blocus militaire contre une entité hostile, et nous vivons une telle situation à l'heure actuelle où l'entité hostile est le Hamas à Gaza, tout pays, en vertu de l'article 51 de la Charte des Nations unies, a le droit à la légitime défense, il a le droit de se défendre. »

Faisant fi de la dialectique vivante, Oren ne décrit pas l'autre aspect à l'oeuvre dans la contradiction sur le droit à la légitime défense : que les Palestiniens ont un droit stratégique de se défendre dans les territoires occupés et à Gaza et de retourner dans leur patrie, et qu'ils ont un droit tactique de se défendre contre les attaques impérialistes.

Le droit tactique à la légitime défense impérialiste

Ceux qui appuient la légitime défense impérialiste débattent souvent ardemment du bien fondé des tactiques de la légitime défense impérialiste. On l'a vu avec la déclaration émise par le chef libéral Ignatieff qui appuie le droit stratégique d'Israël à la légitime défense impérialiste mais émet des réserves sur cette action spécifique. Il dit entre autres : « Nous reconnaissons à Israël le droit de se défendre. Mais dans cette région, il est important que la réponse à des menaces à la sécurité soit mesurée. »

Un autre supporter du droit stratégique d'Israël à la légitime défense impérialiste a émis des critiques sévères contre la tactique d'intercepter et de tuer des gens en haute mer. Al Jazzera rapporte de la façon suivante l'opinion de Richard Falk, un expert américain international en matière juridique et le Rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens occupés : « La dispute sur qui a commencé l'affrontement à bord du navire passe complètement à côté du sujet. D'un point de vue légal, l'opération israélienne n'avait absolument pas sa place et c'est Israël l'agresseur. L'assaut s'est déroulé dans les eaux internationales, ce qui veut dire qu'Israël a violé le droit d'un convoi à la libre navigation. L'assaut est clairement un acte criminel parce qu'il a été commis en haute mer. Prendre d'assaut un navire pacifique revient à envahir un logis et il y a aussi des circonstances aggravantes puisque l'espace envahi dans ce cas-ci était rempli de biens destinés à alléger des souffrances humaines. Les gens sur le bateau avaient droit jusqu'à un certain point à la légitime défense en tant que victimes d'une attaque non provoquée. L'allégation de légitime défense par Israël ne tient pas, peu importe qui a porté le premier coup parce que l'entité Israël n'existe pas en haute mer. »

Même un porte-parole de l'impérialisme américain comme le New York Times a écrit dans un éditorial du 1er juin que le raid et les meurtres en haute mer constituent une « blessure grave qu'Israël s'est infligée à lui-même ». L'éditorial dit entre autres : « Israël n'a aucune excuse pour avoir si mal géré l'incident. L'attaque de commando sur le navire de proue portant le drapeau turc a causé la mort de neuf activistes et exposé Israël à une avalanche de critiques.

« Cela constitue une blessure grave, infligée à soi-même. Les relations d'Israël avec la Turquie, qui a déjà été son allié le plus proche dans le monde musulman, ont été endommagées ; le gouvernement dirigé par le Hamas en a tiré un grand avantage de propagande et les pourparlers de paix avec l'Autorité palestinienne en Cisjordanie sont devenus très problématiques.

« Cela a aussi rendu la tâche beaucoup plus difficile pour l'administration Obama de persuader le Conseil de sécurité des Nations unies d'adopter de nouvelles sanctions contre le programme nucléaire iranien dont les représentants d'Israël disent pourtant qu'il est leur priorité numéro un. »

Le New York Times s'inquiète que cette action particulière du droit tactique à la légitime défense impérialiste du projet colonial israélien n'endommage non seulement le droit stratégique de la colonie à la légitime défense impérialiste mais également la sécurité nationale ou le droit stratégique des États-Unis eux-mêmes à la légitime défense impérialiste.

Le droit des Palestiniens à la légitime défense populaire

Le droit du projet colonial israélien à la légitime défense impérialiste nie le droit des Palestiniens à la légitime défense populaire. Israël est une entité coloniale américano-européenne qui a usurpé le pouvoir par la terreur et la force, s'est emparé d'une grande partie des terres de la Palestine et s'est proclamée un État de type raciste pour des membres d'une religion donnée, a tué ou expulsé la majorité des Palestiniens lors de la Nakba (la catastrophe) et les a remplacés essentiellement par des réfugiés européens de la Deuxième Guerre mondiale et a élargi l'étendue de son occupation et de ses colonies de peuplement par la guerre et la répression continuelles.

En exerçant son droit à la légitime défense impérialiste, le projet colonial israélien nie le droit des Palestiniens à la légitime défense populaire et son droit à l'existence, qui comprend le droit fondamental de retour. Le droit des Palestiniens à la légitime défense populaire est exprimé par leur résistance héroïque et leur lutte pour retourner dans leur patrie et y établir un État palestinien moderne, qui comprend toute la Palestine historique, par l'établissement de nouveaux arrangements avec les colons du projet colonial qui nieront le droit à la légitime défense impérialiste du projet colonial américano-européen appelé Israël.

La nécessité des définitions modernes

Tous les peuples du monde qui résistent à l'impérialisme, et surtout à l'impérialisme américain en ce moment, font face à une situation semblable. Pour que de nouveaux arrangements centrés sur l'être humain soient établis, il faut que le droit à la légitime défense populaire nie le droit à la légitime défense impérialiste. La conciliation avec le droit à la légitime défense impérialiste empêche le droit à la légitime défense populaire de créer de nouveaux arrangements centrés sur l'être humain qui reposent sur l'indépendance, l'autodétermination et la souveraineté et la fin de l'oppression et de l'exploitation.

L'acceptation du droit stratégique à la légitime défense impérialiste conduit inévitablement à la conciliation avec l'impérialisme et avec sa négation du droit stratégique à la légitime défense populaire. Les Canadiens doivent donner leur plein appui au peuple palestinien et à ses alliés qui luttent pour affirmer leur droit à la légitime défense populaire et pour nier le droit à la légitime défense impérialiste du projet colonial américano-européen appelé Israël et son soutien principal, l'impérialisme américain et l'État canadien qui lui est annexé.

Le peuple canadien doit participer consciemment aux actes organisés qui nient le droit à la légitime défense impérialiste et il doit par ces actes placer au centre des affaires économiques et politiques une définition moderne du droit à la légitime défense populaire. En participant consciemment à des actes organisés qui défendent le droit à la légitime défense populaire dans les affaires économiques et politiques du pays et du monde, le peuple canadien va mieux comprendre que toutes les affaires économiques et politiques sont mues par des contradictions semblables entre l'ancien et le nouveau, comme celle absolument fondamentale entre la démocratie impérialiste et la démocratie populaire.

Toutes les contradictions dans les conditions, le temps et l'espace d'aujourd'hui requièrent des définitions modernes et des solutions qui reposent sur la participation consciente du peuple à des actes de découverte et à la lutte de masse politique.

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Récit de l'assaut israélien par des passagers

Nous reproduisons ci-dessous des extraits de ce que certains participants à la Flottille de la liberté d'aide humanitaire avaient à dire au sujet de ce qui s'est passé lorsque les commandos israéliens ont assailli les navires le 31 mai.

Andre Abu-Khalil, cameraman pour Al Jazeera : « Premièrement ils [les Israéliens] ont essayé de venir par hélicoptère et ont essayé de débarquer sur le pont principal. Mais les Turcs se rassemblaient sur le toit et il ont réussi à attraper trois des soldats, ce qui a mené à l'arrivée d'un second hélicoptère et au début de tirs à balles réelles sur les gens. Les gens [à bord] n'avaient aucune arme. Tout ce qu'ils avaient étaient des bâtons en bois, ce qui est normal.

« J'étais sur le Mavi Marmara [le bateau principal de la flotte].

« Je n'étais pas sur le pont supérieur. J'étais sur le premier pont où les Israéliens ont essayé de grimper par les cordes sur le pont.

« Il y avait 20 Turcs qui résistaient en lançant des tomates et tout ce qu'ils pouvaient lancer sur les Israéliens.

« Puis, un de ces Turcs a reçu une balle en pleine tête. Lorsque les Turcs ont vu cela, ils l'ont traîné à l'intérieur et à ce moment les Israéliens ont commencé à faire feu de leur position sur le pont.

« [Après que les Israéliens aient pris le contrôle du navire] ils nous ont lié les mains derrière le dos, durant neuf heures, jusqu'à ce que nous atteignions le port d'Ashod et de là, ils nous ont interrogés individuellement puis expédiés tous à la prison de Be'er Sheva.

« Les organisateurs [de la flottille] ont échangé les quatre Israéliens enlevés ou capturés, par les gens sur le navire et parce qu'ils ont été battus, parce que c'est une sorte de résistance de notre côté, nous avons échangé les soldats israéliens pour [obtenir] des soins pour nos blessés. »

Mohamed Vall, journaliste pour Al Jazeera : « L'assaut israélien nous a complètement surpris.

« Durant cette heure et demie, tôt le matin, tout le monde à bord du navire pensait que personne ne survivrait à l'attaque israélienne parce que nous avons vu 30 vaisseaux de guerre entourant ce navire et des hélicoptères attaquant avec des bombes lumineuses dont le son faisait penser que nous étions morts.

« C'était la peur d'une guerre, une guerre totale sur un navire plein d'hommes, de femmes et même d'enfants.

« Les premiers soldats à bord n'ont pas été tués, ils n'ont pas été abattus, ils ont été capturés par les défenseurs du navire.

« Un peu plus tard, plus de soldats ont débarqué d'un autre hélicoptère plus gros et cette fois, ils ont tiré immédiatement sur les gens et en ont tué autant qu'ils pouvaient pour atteindre la cabine de pilotage et prendre le contrôle du navire.

« J'ai vu le sang couler sur le navire et tout le monde savait qu'il n'y avait pas d'armes. Nous savions tous que les Israéliens nous intercepteraient et tenteraient de nous arrêter mais nous ne pensions pas qu'ils tireraient dès le début.

« On m'a montré la photo d'un homme yéménite, et c'est ridicule, qui était sur le navire et la plupart des gens savent que tout Yéménite dans le monde a un couteau de style yéménite, que c'est un objet culturel et n'a rien à voir avec la violence.

« Je comprends maintenant qu'en Israël, ils essaient d'en faire grand cas, disant que le bateau était rempli de personnes violentes, tout cela en raison de cet homme. »

Othman Battiri, membre de l'équipe Al Jazeera : « À 4 h 15, des dizaines de bateaux de la marine transportant des dizaines de soldats ont essayé d'aborder les navires. Ils ont rencontré la résistance. La résistance pacifique. Des hélicoptères sont arrivés et des soldats ont tenté d'embarquer. Ils ne pouvaient pas.

« À ce moment, ils ont commencé à tirer à balles réelles.

« D'abord, ils ont tiré des bombes sonores et à gaz et des balles en caoutchouc. Certaines personnes ont été blessées par des balles en caoutchouc. Puis, des balles réelles ont été utilisées. J'ai vu plusieurs hommes blessés. Nous avons essayé d'aider certains des blessés. J'ai vu quatre personnes qui ont été tuées.

« J'ai vu deux personnes mourir devant moi. L'un d'eux avait une balle dans la poitrine. L'autre saignait mais je ne sais pas où il a été frappé.

« Nous sommes descendus pour voir les autres personnes mortes. Une avait une balle dans la tête comme si elle avait été touchée par un tireur embusqué. Ils tiraient de partout avec de vraies munitions.

« Ils n'ont pas respecté que tous ceux à bord des navires étaient des civils. Il n'y avait pas d'armes.

« En tant que médias, nous sommes témoins qu'il n'y a pas eu de tir par les militants sur les soldats.

« Les quatre morts que j'ai vus étaient tous turcs. Deux étaient des vieillards. Les deux autres étaient plus jeunes. Un des jeunes était un coordonnateur dans la salle des médias. Son nom est Juwdat.

« Nous avons entendu dire que plus de gens ont été tués. Je n'en ai vu que quatre. La plupart des combats ont eu lieu au niveau supérieur autour de la salle de pilotage du navire où les militants ont tenté d'empêcher les soldats de prendre le contrôle de la salle de pilotage. C'est là que les balles réelles ont été utilisées.

« L'attaque a commencé à 4 h 15 et s'est achevée vers 5 h 30 quand nous avons entendu que le navire a été contrôlé par les Israéliens.

« Autour de 7 h, ils nous ont demandé de quitter nos chambres et ils ont commencé à nous ligoter. »

Hazem Farouk, député égyptien des Frères musulmans : « Les hélicoptères volaient au-dessus de nous. Quatre navires militaires et 10 navires de la marine autour de nous. Ils nous ont arrosé avec des bombes sonores et à gaz comme si nous étions dans une véritable guerre.

« Quatre personnes sont mortes sous mes yeux et dans mes bras. Nous ne pouvions pas trouver de matériel de premiers soins. Ce qui venait de se passer aurait nécessité un hôpital de campagne pour soigner les blessés. Je n'avais pas le matériel nécessaire pour soigner leurs plaies saignantes.

« Quand nous avons essayé de transporter les blessés, les soldats israéliens ont refusé de permettre aux hommes de porter les blessés. Ils ont pointé leurs armes avec la lumière laser sur leur tête. Ils ont demandé aux femmes de porter les blessés. Certaines femmes ne pouvaient pas.

« Les blessés étaient très mal en point parce qu'ils n'ont pas été transportés de manière appropriée dans les escaliers et les portes étroites.

Farouk est un dentiste qui était à bord du Mavi Marmara, le premier navire de la flottille. Il a parlé à Al Jazeera après son arrivée au Caire.

Issam Zaatar, cameraman d'Al Jazeera : « Je filmais, et [un] soldat israélien a couru vers moi avec un pistolet paralysant.

« Il ne pouvait pas me rattraper. Un de ses collègues a frappé ma main par derrière avec un pistolet paralysant. Mon appareil photo est tombé. Il a couru pour écraser la caméra avec ses pieds.

« Je lui ai dit de ne pas casser mon appareil photo. Si vous voulez les bandes, je vais vous les donner. Je lui ai dit ce sont des équipements des médias. Ils n'avaient pas de retenue.

« Ils ont utilisé des balles en caoutchouc. Ils ont utilisé des bombes lacrymogènes. C'était une scène incroyable. »

Haneen Zubi, un membre palestinien de la Knesset : « Nous nous attendions à ce que l'armée israélienne nous arrête, nous empêche d'entrer mais assurément nous nous attendions pas à une guerre contre nous.

« Il y avait 14 navires qui se sont approchés de nous, autour de 4 h 30 du matin. Quatorze navires que je pouvais compter et un hélicoptère. Peut-être plus de 10 soldats, je ne pourrais pas dire exactement [combien] sont sortis de l'hélicoptère .

« Au deuxième étage du navire, il y avait seulement les passagers qui sont des journalistes, une infirmière et les organisateurs de la flottille qui n'avaient rien dans les mains.

« Après 20 minutes, peut-être 15 minutes, il y avait trois cadavres.

« Ça s'est terminé à six heures quand on a entendu une voix sur l'interphone déclarer que le navire est contrôlé par les Israéliens, "S'il vous plaît, entrez dans les cabines." »

Norman Paech, ancien député du parlement allemand : « Ce n'était pas un acte de légitime défense [de l'armée israélienne] et c'était totalement disproportionné - bien que nous nous attendions à ce que notre navire soit bloqué et peut-être vérifié.

« C'est une infraction très grave, c'est un crime de guerre.

« Personnellement, j'ai vu deux bâtons et demi en bois qui ont été utilisés [par les militants].

« Nous n'avions pas été préparés d'aucune façon à nous battre. Nous ne l'avions même pas envisagé.

« Pas de violence, pas de résistance parce que nous savions très bien que nous n'avions absolument aucune chance contre les soldats de ce genre. »

Mihalis Grigoropoulos, de la Grèce : « J'étais aux commandes du navire, nous avons vu les [soldats israéliens] capturer un autre navire en face de nous, qui est le navire à passagers turc avec plus de 500 personnes à bord et on a entendu des coups de feu. Nous n'avons pas résisté du tout, nous ne pourrions pas même si nous avions voulu. Qu'aurions-nous pu faire contre les commandos qui sont montés à bord ? La seule chose que certaines personnes ont tenté de faire est de les retarder avant qu'ils se rendent au pont, formant un bouclier humain. Ils ont essuyé des tirs de balles en plastique. Nous avons été très maltraités après notre arrestation. Nous étions en fait des otages, comme des animaux au sol.

« Ils ne voulaient pas nous laisser utiliser la salle de bain, ne voulaient pas nous donner de la nourriture ou de l'eau et ils ont pris un vidéo de nous en dépit des conventions internationales interdisant cela. »

Nilufer Cetin, de la Turquie : « Nous sommes restés dans notre cabine et avons joué à des jeux au milieu des coups de feu. Mon fils était nerveux depuis hier après-midi ... Je n'ai pas eu besoin de protéger mon fils. Ils savaient qu'il y avait un bébé à bord. J'ai mis un masque à gaz et un gilet de sauvetage sur mon fils. Nous n'avons pas eu à faire face à d'autres problèmes à bord, seulement une pénurie d'eau.

« Nous avons fait des promenades sur le pont, joué à des jeux avec mon fils. Les rideaux étaient tirés, donc je n'ai pas vu le raid au moment où cela se passait. J'ai seulement entendu des voix. Il y a eu beaucoup ou peu de personnes blessées. Il existe des milliers, des millions des bébés dans la bande de Gaza. Mon fils et moi voulions jouer avec ces enfants. Nous voulions leur apporter de l'aide. Nous voulions leur dire : "Regardez, c'est un endroit sûr, je suis venu ici avec mon bébé-fils."

« J'ai vu mon mari, de loin, il avait l'air bien. Le personnel du navire n'a pas été blessé parce qu'ils [les soldats] ont besoin d'eux pour diriger le bateau au port. Je vais de nouveau y aller si un autre navire y va. »

Cetin est retournée à l'aéroport d'Istanbul avec son fils âgé d'un an.

Youssef Benderbal, de la France : « Les directives étaient claires. Ne provoquez pas, restez calmes et allez à leur rencontre [les commandos] en disant "nous sommes des pacifistes et non pas des terroristes."

« Des commandos masqués ont pris possession du navire. Ils visaient la cabine du capitaine. »

Benderbal n'était pas à bord du Mavi Marmara, le premier navire de la flottille, mais sur l'un des cinq autres navires. Il a donné ce compte-rendu à la radio Europe 1 après son arrivée à l'aéroport de Paris.

Dimitris Gielalis, de la Grèce : « Tout à coup, de partout, nous avons vu venir à nous des embarcations gonflables et en quelques secondes des commandos pleinement équipés étaient à bord du bateau.

« Ils sont venus et ont utilisé des balles en plastique, nous avons subi des coups, nous avons subi des chocs électriques, toutes méthodes qu'on peut imaginer ils les ont utilisées. »

Gielalis était à bord du navire Sfendoni.

Mutlu Tiryaki, de la Turquie : « Quand nous sommes allés sur le pont, ils sont sortis d'hélicoptères et de bateaux militaires et nous ont attaqués. Ils se sont approchés de notre navire avec des navires militaires après avoir émis un avertissement. Nous leur avons dit que nous étions désarmés. Notre seule arme était l'eau. »

(Al Jazeera)

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On a tiré sur les activistes de la flottille
à la tête et à bout portant

Nous savons maintenant que ce sont des hommes d'âge moyen qui ont été les victimes du massacre perpétré à bord du Mavi Marmara. Ce sont Ibrahim Bilgen, 61 ans, Çetin Topçuoglu, 54 ans, Cengiz Songür, 47 ans, Fahri Yaldiz, 43 ans, Cengiz Akyüz, 41 ans, Ali Haydar Bengi, 39 ans, Cevdet Kiliçlar, 38 ans et Necdet Yildrim, 32 ans. La seule victime âgée de moins de trente ans est Furkan Dogan, 19 ans, né aux États-Unis.

Les témoignages de survivants laissent à penser que la plupart des victimes ont été tuées à tout hasard. Six d'entre elles ont été tuées par le même soldat israélien qui est aujourd'hui candidat à une médaille de bravoure.

Al Jazeera rapporte :

« Sadreddin Furkan se trouvait parmi d'autres bénévoles avec le capitaine lorsque des soldats descendus d'un hélicoptère ont pris le navire d'assaut. Ils ont tiré sur lui trois fois à la jambe et une quatrième fois à l'autre jambe. »

« Ils tiraient dans toutes les directions. J'ai ressenti une forte douleur à la jambe. Elle s'est mise à saigner. Ils m'ont tiré dessus de l'arrière. »

The Guardian rapporte :

« Des pressions sont exercées sur Israël ce soir pour permettre une enquête indépendante sur son assaut contre la flottille humanitaire après que les résultats de l'autopsie sur les corps des victimes, dont le Guardian a obtenu copie, aient révélé qu'elles ont été tuées par plusieurs balles de 9mm dont plusieurs tirées à bout portant.

« Selon le vice-président du conseil turc de médecine légale qui a fait les autopsies pour le ministère de la justice turc aujourd'hui, neuf Turcs à bord du Mavi Marmare ont reçu plus de 30 décharges et cinq d'entre eux ont été touchés à la tête.

« Les résultats permettent d'établir qu'un homme de 60 ans, Ibrahim Bilgen, a été touché quatre fois, à la tempe, à la poitrine, à la hanche et dans le dos. Un jeune de 19 ans, Fulkan Dogan, qui a aussi la citoyenneté américaine, a été abattu de cinq balles tirées à moins de 45 centimètres, au visage, derrière la tête, deux fois à la jambe et dans le dos. Deux autres victimes ont été touchées quatre fois, a dit Yalcin Buyuk, le vice-président du conseil de la médecine légale, et cinq des victimes ont été touchées soit derrière la tête ou dans le dos.

« On a appris de nouveaux faits à mesure que les survivants ont relaté ce qui s'était passé. Ismaïl Patel, le président du groupe pro-palestinien basé à Leicester Les Amis d'al-Aqsa, qui est reparti en Grande-Bretagne aujourd'hui, a dit avoir été témoin de certains de ces tirs mortels et il a dit qu'Israël a appliqué la "politique de viser pour tuer".

« Selon lui, aux moments les plus sanglants de l'assaut, les commandos israéliens ont tué une personne par minute. Un homme a été touché à mort derrière la tête à deux pieds de lui et un autre a été atteint entre les yeux. Il a ajouté qu'en plus des victimes, 48 personnes ont été blessées par balles et six activistes sont toujours manquants, ce qui veut dire que le nombre des morts est peut-être encore plus élevé.

« Ces nouvelles informations sur la façon dont les meurtres ont été perpétrés démentent les allégations d'Israël selon lesquelles ses soldats ont ouvert le feu en légitime défense après avoir été attaqués par les activistes.

« Le député Andrew Slaughter, membre du groupe Grande-Bretagne-

Palestine formé de membres de tous les partis a dit que compte tenu des preuves troublantes qui contredisent les allégations des médias israéliens et suggèrent que les Israéliens n'ont pas fidèlement rapporté ce qui s'est passé, une enquête internationale s'impose. »

Le Times écrit :

« Six des neuf passagers qui ont été tués par l'assaut israélien sur un convoi d'aide pour Gaza l'ont été par un seul soldat israélien qui est maintenant cité pour une médaille de bravoure pour avoir sauvé ses camarades blessés par des passagers armés de bâtons, de couteaux et même de fusils qu'ils avaient arrachés aux soldats.

[...]

« Un soldat identifié comme le sergent S. a dit que contrairement aux rapports initiaux de l'armée israélienne, les tirs ont commencé dès les premières minutes quand lui et ses camarades ont été attaqués par "une meute de mercenaires".

« Il a dit que dès qu'il a mis pied sur le pont du bateau il a vu trois de ses supérieurs blessés au sol, l'un atteint d'une balle à l'estomac, un autre atteint au genou et le troisième gisant inconscient après avoir été battu.

« Il a pris en main les opérations et placé ses hommes autour des blessés, saisi son pistolet Glock de 9 mm et ouvert le feu sur les passagers qui selon lui avaient tiré sur les soldats avec des fusils arrachés aux premiers soldats qui avaient été assaillis alors qu'ils abordaient le navire un à la fois. »

Le Hybrid States rapporte :

« Nous avons cependant appris hier d'un officier de la marine que les commandos de la marine n'ont pas de fusils 9 mm et que les douilles vides de 9mm prouvent que les activistes humanitaires avaient amené des fusils avec eux. Dommage que personne ne l'ait dit au sergent S. »

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)

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Sur la légalité de l'attaque israélienne
contre la flottille de Gaza

Plusieurs représentants d'organismes internationaux ont souligné que l'assaut des sionistes sur les navires dans les eaux internationales est contraire au droit international. Au cours de la première conférence d'examen de la Cour pénale internationale à Kampala, en Ouganda, le secrétaire général Ban Ki-moon a appelé à une enquête et le Conseil de sécurité, malgré qu'il est empêché par les machinations des États-Unis d'émettre un jugement définitif condamnant le raid, s'est dit d'accord dans un déclaration présidentielle avec le secrétaire général « sur la nécessité d'avoir une enquête approfondie sur la question et il appelle à une enquête prompte, impartiale, crédible et transparente conformément aux normes internationales ».

Richard Falk, rapporteur spécial sur la situation des droits humains dans le territoire palestinien occupé, a déclaré qu'« Israël est coupable de comportement choquant en utilisant des armes mortelles contre des civils non armés à bord de navires qui se trouvaient en haute mer où la liberté de la navigation existe selon le droit de la mer » et a demandé que les responsables « soient tenus criminellement responsables de leurs actes illicites ».

La haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Navi Pillay, a repris le « point de vue international quasi-unanime que le blocus continuel sur la bande de Gaza est à la fois inhumain et illégal » et a condamné « l'usage disproportionné de la force, causant la mort et blessant de nombreuses personnes qui tentaient d'apporter de l'aide tant nécessaire à la population de Gaza ». Le sous-secrétaire général a souligné « l'importance que toutes les parties adhèrent strictement au cadre du droit international, y compris le droit international humanitaire et le droit de la mer ».

Robin Churchill, un professeur de droit international à l'Université de Dundee en Écosse, a déclaré que les commandos israéliens sont montés à bord du navire en dehors des eaux territoriales d'Israël. « Pour autant que je sache, il n'y a pas de base juridique pour l'arraisonnement de ces navires », a dit Churchill. Ove Bring, expert de la Suède sur le droit international public, a déclaré qu'Israël n'avait pas le droit de prendre des mesures militaires. Cela est corroboré par Mark Klamberg de l'Université de Stockholm. Hugo Tiberg, professeur en droit maritime, a déclaré qu'Israël n'avait pas le droit d'attaquer les navires.

Un groupe d'avocats israéliens, y compris Avigdor Feldman, a saisi la Haute Cour israélienne accusant Israël d'avoir violé la Convention des Nations unies sur le droit de la mer en capturant les bateaux dans les eaux internationales. Robbie Sabel, ancien conseiller juridique au ministère israélien des Affaires étrangères, a déclaré au Jerusalem Post que l'État va certainement faire valoir que la saisie des navires est un acte exécutif dans lequel le tribunal n'est pas habilité à intervenir.

Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré que « cette attaque est du terrorisme d'État, en violation du droit international ». Le ministre des Affaires étrangères de la Turquie a appelé le raid « une violation grave du droit international » et dit qu'il « relève du banditisme et de la piraterie », que c'était « un meurtre commis par un État, sans justification ». La liberté en haute mer, dit-il, la liberté de navigation, a été l'une des formes les plus anciennes du droit international, aucun navire ne pouvait être arrêté ou abordé sans le consentement du capitaine ou de l'État du pavillon. Toute suspicion de violation de la loi ne dispense pas l'État intervenant d'agir contrairement au droit international. Traiter l'aide humanitaire comme un acte hostile et traiter les travailleurs de l'aide comme des combattants ne peut pas être considéré comme légal ou légitime, a-t-il poursuivi. D'éminents juristes turcs ont décrit les actions d'Israël comme une violation du droit international et un « crime de guerre » . Le Dr. Turgut Tarhanl de l'Université d'Istanbul a cité le concept de passage inoffensif, dans lesquelles les navires se voient accordés le passage en toute sécurité dans les eaux territoriales d'une manière qui n'est pas une « atteinte à la paix, au bon ordre ou à la sécurité » de l'État. La Russie a décrit l'incident comme « une violation flagrante des normes du droit international ». L'Organisation de la Conférence islamique a également appelé le raid « une violation flagrante du droit international et des normes et standards humains ».

L'éditeur de la défense au journal britannique The Times a écrit qu'« Israël peut rencontrer des problèmes à justifier la légalité de sa décision », notamment parce que « en vertu de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, la haute mer est considérée comme n'appartenant à aucune nation ». Bien que l'arraisonnement d'un navire est acceptable dans certaines circonstances, Israël doit encore obtenir la permission du pays où le navire est immatriculé. Jason Alderwick, un analyste des questions maritimes à l'Institut international d'études stratégiques de Londres, est cité comme disant que le raid israélien ne semble pas avoir été effectué légalement en vertu de la Convention.

Lynda Brayer est une avocate des droits humains qui habite Haïfa et se spécialise dans les lois de la guerre et dans le droit international et représente les Palestiniens. Dans un article publié dans le Palestine Telegraph, elle écrit qu'Israël a enfreint le droit international lorsque la marine israélienne a attaqué le 31 mai dernier les six navires civils de la Flottille de la liberté pour Gaza. Cette attaque a été perpétrée dans les eaux internationales contre des navires naviguant sous pavillon de pays avec lesquels Israël n'est pas en guerre. Brayer écrit :

« Les navires transportaient des civils provenant de plus de seize pays.

« Points saillants :

« Comme aucune des parties impliquées n'était en guerre au moment de l'attaque, celle-ci constitue un acte de guerre contre les gouvernements dont les vaisseaux arboraient le drapeau national.

L'attaque tombe sous la juridiction du ius ad bellum, les lois qui gouvernent le recours à un conflit armé. L'action d'Israël ne tombe pas sous la catégorie du ius in bello, les lois qui gouvernent la conduite d'une guerre.

« Comme cette attaque a été perpétrée dans les eaux internationales, le statut de la relation entre le Hamas, ou toute autre institution palestinienne, et l'État d'Israël ne peut être invoqué dans ce cas-ci. De la même façon, le blocus de Gaza ou les allégations et les interprétations légales d'Israël à son sujet n'ont rien à voir avec l'agression d'Israël dans les eaux internationales.

« Nous n'avons pas affaire à un acte de piraterie. La piraterie est un acte d'agression perpétré en eaux internationales par des individus et non par des États.

« Les traités, chartes et ententes exécutoires suivants s'appliquent à l'attaque d'Israël :

« 1. Article 6 de la Charte du Tribunal de Nuremberg

(a) ' Les Crimes contre la Paix ' : c'est-à-dire la direction, la préparation, le déclenchement ou la poursuite d'une guerre d'agression, ou d'une guerre en violation des traités, assurances ou accords internationaux, ou la participation à un plan concerté ou à un complot pour l'accomplissement de l'un quelconque des actes qui précèdent ;

(c) ' Les Crimes contre l'Humanité ' : c'est-à-dire l'assassinat, l'extermination, la réduction en esclavage, la déportation, et tout autre acte inhumain commis contre toutes populations civiles, avant ou pendant la guerre... lorsque ces actes ou persécutions, qu'ils aient constitué ou non une violation du droit interne du pays où ils ont été perpétrés, ont été commis à la suite de tout crime rentrant dans la compétence du Tribunal, ou en liaison avec ce crime.

« 2. Convention (XI) relative à certaines restrictions à l'exercice du droit de capture dans la guerre maritime. La Haye, 18 octobre 1907.

« Chapitre II.- De l'exemption de capture pour certains bateaux.

« Article 4. Sont également exempts de capture les navires chargés de missions religieuses, scientifiques ou philanthropiques.

« Points saillants :

« Le standard en vertu duquel les actions d'Israël doivent être jugées est objectif et non subjectif. Ce que les ministres, généraux, admiraux ou soldats israéliens pensaient ou avaient l'intention de faire ne compte pas. Seul compte ce qu'ils ont fait.

« Ce qu'ils ont fait c'est commettre des actes de guerre au moyen d'armes de guerre en eaux internationales contre des vaisseaux qui sont protégés non seulement en temps de paix mais en temps de guerre également.

« Israël s'est donc rendu coupable à la fois de crimes contre la paix et de crimes contre l'humanité.

« Ces crimes sont de juridiction internationale. Le personnel politique et militaire israélien peut être nommé dans des procès qui peuvent se dérouler dans n'importe quel pays du monde. Si les Israéliens ne sont pas présents lors de ces procès, ils peuvent être jugés in absentia et les déclarations de culpabilité qui visent Israël peuvent être appliquées partout dans le monde.

« Comme des civils sans armes ont été tués par une attaque militaire planifiée d'avance, nous sommes en face de crimes à peine capitale. Bien que la communauté internationale ne semble plus considérer que la peine capitale soit un châtiment civilisé, le châtiment pour ces crimes de peine capitale peut consister en des sentences multiples d'emprisonnement à vie.

« Ces crimes donnent lieu à des réclamations de grands montants d'argent en dommages et les comptes de banque israéliens peuvent être saisis sur la base des déclarations de culpabilité des tribunaux.

« Les navires non armés accomplissaient une mission philanthropique et transportaient des civils et du matériel humanitaire. Même si Israël était en état de guerre avec n'importe lequel de ces pays, les clauses de la Convention de la Haye de 1907 lui interdiraient formellement de capturer ces vaisseaux.

« Conclusion

« Il s'ensuit qu'en tout premier lieu Israël n'était pas autorisé à attaquer militairement ces vaisseaux, et conséquemment de les aborder par la force, de les arraisonner, d'attaquer leurs passagers, de les emprisonner à bord des vaisseaux, de les en expulser par la force et de voler leurs effets personnels, que ce soient leurs caméras, leurs ordinateurs, leurs vêtements, etc.

« Tous les actes commis par les forces militaires israéliennes en ce 31 mai 2010 sont indubitablement et sans l'ombre d'un doute en violation du droit international. »

Presque tous sinon tous les points soulevés par Brayer s'appliquent également au Rachel Corrie qui a lui aussi été arraisonné par la marine israélienne le 5 juin avant d'avoir pu livrer sa cargaison d'aide humanitaire à Gaza assiégée.

Par ailleurs, Witness Gaza a rapporté le 2 juin que les organisateurs de la flottille ont fait de leur mieux pour se préparer à la propagande et la désinformation israélienne et empêcher que la flottille soit bloquée sous des prétextes fallacieux :

« Tous les navires ont été minutieusement fouillés par les autorités portuaires locales en Grèce et en Turquie avant leur départ. En outre, la coalition a embauché une firme de sécurité indépendante pour rechercher les navires et attester qu'il n'y a pas d'armes se trouvant à bord. Tous les passagers ont reçu une formation en non-violence et ont également été fouillés pour des armes avant l'embarquement. Le gouvernement turc, un État membre de l'alliance de l'OTAN, a contrôlé tous les passagers turcs pour s'assurer qu'il n'y avait personne ayant des liens avec des groupes extrémistes. Ces mesures de précaution ont été délibérément prises pour empêcher les fonctionnaires de la propagande israélienne de jamais affirmer que la Flottille de la liberté pose un "risque pour la sécurité" d'Israël.

« Il y a eu la radiodiffusion en direct par satellite de la traversée en mer du Marmara Mavi ainsi que les transpondeurs GPS indiquant à tout moment l'emplacement exact de la flottille à toute personne qui consulte le site Web de la coalition. L'intention de la Flottille la liberté n'a jamais été de "provoquer une confrontation", mais simplement de fournir une aide humanitaire si nécessaire à la bande de Gaza assiégée et, ce faisant, à attirer l'attention sur la politique brutale d'Israël qui pousse le peuple palestinien dans un état de dépendance pitoyable ».

(Wikipedia, Palestine Telegraph, Witness Gaza )

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À titre d'information

La stratégie de sécurité nationale des États-Unis: la définition impérialiste de la légitime défense

La Stratégie pour la sécurité nationale émise par le président Obama le 10 mai 2010 est une expression du droit à la légitime défense impérialiste des États-Unis qu'ils qualifient habituellement de « sécurité nationale ». Voici un choix de citations qui expriment l'étendue de la désinformation que propage l'administration Obama pour justifier les préparatifs de l'impérialisme américain pour le fascisme et la guerre, lesquels dans la bouche d'Obama sont appelés « le renouvellement du leadership américain » afin de « promouvoir nos intérêts de façon plus effective au XXIe siècle ».

* * *

À l'aube du XXIe siècle, les États-Unis d'Amérique font face à un vaste et complexe éventail de défis à notre sécurité nationale. Tout comme nous avons contribué à déterminer le cours des événements au XXe siècle, nous devons maintenant établir les fondements de la force et de l'influence des États-Unis et construire un ordre international capable de surmonter les défis du XXIe siècle.

Les guerres idéologiques ont engendré des guerres de religion, ethniques et d'identité tribale ; les dangers nucléaires ont proliféré ; l'inégalité et l'instabilité économique se sont aggravées ; les dommages à notre environnement, l'insécurité alimentaire et les dangers pour la santé publique n'ont pas de frontières ; les outils de développement sont aussi devenus des outils de destruction.

Le côté sombre de cet univers mondialisé a frappé de plein fouet le peuple américain le 11 septembre 2001. La menace immédiate manifestée par les attaques les plus meurtrières jamais perpétrées en sol américain a rendu nécessaires des approches fortes et durables pour défendre notre sécurité intérieure. Dans les années qui ont suivi, nous avons déclenché une guerre contre al-Qaïda et ses affiliés, nous avons décidé de faire la guerre en Irak et nous avons confronté une crise économique de très grande envergure. À travers tout cela, c'est le problème de la promotion des intérêts américains dans un monde qui a changé qui nous a interpellé, un monde dans lequel l'architecture internationale du XXe siècle vacille sous le poids de nouvelles menaces, où l'économie mondiale a accéléré la concurrence à laquelle notre population et nos entreprises font face et où l'aspiration universelle à la liberté et à la dignité s'affronte à de nouveaux obstacles.

Notre pays possède les attributs qui ont appuyé son leadership pendant des décennies : des alliances solides, une force militaire sans égale, la plus grande économie du monde, une démocratie forte et en évolution et des citoyens dynamiques. Il n'y a pas de doute que les États-Unis vont continuer à aller de l'avant ; nous allons continuer à défendre la sécurité mondiale par le biais de nos engagements envers nos alliés, nos partenaires et les institutions ; en nous concentrant sur la tâche de vaincre al-Qaïda et ses alliés en Afghanistan, au Pakistan et partout dans le monde et en étant déterminés à prévenir l'agression et la prolifération à l'échelle mondiale des armes les plus dangereuses.

Notre stratégie de sécurité nationale passe donc par le renouvellement du leadership américain qui nous permettra de promouvoir nos intérêts en ce XXIe siècle.

Ces fondements renforcés vont soutenir les efforts des États-Unis pour construire un système international capable de se mesurer aux défis de notre époque. Suite à la Deuxième guerre mondiale, ce sont les États-Unis qui ont joué le rôle dirigeant dans la construction d'une nouvelle architecture internationale pour maintenir la paix et établir la prospérité, depuis l'OTAN et les Nations unies jusqu'aux traités qui gouvernent les lois et les armes de la guerre, depuis la Banque mondiale et le Fonds monétaire international jusqu'à un réseau sans cesse plus étendu de traités d'échange.

Dans notre effort pour assurer la sécurité des armes les plus dangereuses qui existent aujourd'hui, nous menons une guerre contre un réseau de haine et de violence qui a de grandes ramifications. Nous allons perturber, démanteler et défaire al-Qaïda et ses affiliés au moyen d'une stratégie globale qui les prive d'endroits où ils sont en sécurité, renforce nos partenaires de la ligne de front, assure notre sécurité intérieure, cherche à obtenir justice par des approches viables et oppose à un ordre du jour en banqueroute d'extrémisme et de meurtres un ordre du jour d'espoir et d'opportunité. La ligne de front de ce combat est en Afghanistan et au Pakistan, où nous appliquons une pression de tous les instants contre al-Qaïda, où nous brisons le momentum des Talibans et renforçons la sécurité et la capacité de nos partenaires. Dans cet effort, nos troupes démontrent encore une fois la qualité extraordinaire de leur service , consentant de grands sacrifices en des temps de danger, et elles ont notre appui complet.

Pour réussir, nos devons équilibrer et intégrer tous les éléments du pouvoir américain et mettre à jour notre capacité de sécurité nationale selon les besoins du XXIe siècle. Nous devons maintenir notre supériorité militaire conventionnelle tout en modernisant notre capacité à vaincre les menaces assymétriques. Nous devons moderniser notre diplomatie et nos capacités de développement et renforcer notre capacité civile de mission étrangère afin de pouvoir soutenir toutes nos priorités. Nous devons intégrer nos efforts de renseignement et de sécurité intérieure avec nos politiques de sécurité nationale et celles de nos alliés et partenaires. Il nous faut aussi accroître notre capacité à synchroniser nos actions tout en communiquant de manière effective avec les publics étrangers si nous voulons soutenir nos efforts dans le monde.

Notre plus grande force demeure le peuple américain. Dans une époque qui sera définie par la capacité à saisir les opportunités d'un monde qui est devenu inter-relié, c'est le peuple américain qui va faire la différence ; ce sont les troupes et les civils qui sont à l'emploi de notre gouvernement ; les entreprises, les fondations, les institutions éducatives qui opèrent partout dans le monde ; les citoyens qui ont le dynamisme, l'énergie et la diversité pour se faire valoir dans un monde qui s'est rétréci. La mondialisation, qui comporte aussi de grands dangers, est en partie le produit du leadership américain et de l'ingéniosité du peuple américain. Nous sommes les mieux placés pour tirer profit des possibilités qu'offre la mondialisation.

Les États-Unis mènent en ce moment deux guerres qui déploient plusieurs milliers de nos hommes et de nos femmes dans des zones de danger et allouent des centaines de milliards de dollars au financement de ces conflits.

Pour promouvoir la sécurité et la stabilité dans l'espace, nous allons mener des activités qui sont conformes avec notre droit inhérent à la légitime défense.

Défense : Nous renforçons notre capacité militaire afin d'assurer que nous ayons le dessus dans les guerres actuelles ; afin de prévenir et décourager les menaces contre les États-Unis, ses intérêts ainsi que contre ses alliés et partenaires ; d'être prêts à défendre les États-Unis dans les circonstances les plus variées contre des États et des gens agissant pour eux-mêmes. Nous allons continuer à rééquilibrer notre capacité militaire afin d'exceller dans le contre-terrorisme, la contre-insurrection, dans les opérations pour créer de la stabilité, et afin d'être en mesure d'affronter des menaces toujours plus sophistiquées à notre sécurité tout en nous assurant que nos forces armées maîtrisent tous les aspects des opérations militaires. Cela comprend la préparation à affronter des adversaires toujours plus sophistiqués, à décourager et vaincre l'agression dans des environnements difficiles d'accès, à défendre les États-Unis et à appuyer les autorités civiles au pays.

Nous allons continuer à nous assurer que nous pouvons avoir le dessus sur tous les adversaires potentiels – qu'ils soient des États hostiles ou des gens agissant pour eux-mêmes, tout en affectant l'environnement stratégique en utilisant tous les outils possibles pour promouvoir notre sécurité commune. Nous allons continuer à rassurer nos alliés et nos partenaires en maintenant intacte notre capacité à mettre en oeuvre des opérations précises, soutenues et effectives pour affronter les menaces les plus variées et vaincre de façon décisive des puissances régionales hostiles. Nous allons travailler avec nos alliés pour renforcer la capacité de combat de nos forces de pointe et de nos installations contre les attaques potentielles. Enfin, nous allons renforcer nos instruments de dissuasion régionaux, par des architectures de défense de missiles graduées et flexibles afin d'assurer que nos adversaires régionaux ne tirent aucun avantage de leur acquisition de nouvelles capacités militaires offensives.

L'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) est l'alliance de sécurité la plus importante dans le monde aujourd'hui. Avec nos 27 alliés dans l'OTAN et les multiples partenaires avec lesquels l'OTAN coopère, nous allons renforcer notre capacité collective à promouvoir la sécurité, à dissuader les menaces à nos vies et à défendre notre population.

Nos alliances avec le Japon, la Corée du Sud, l'Australie, les Philippines et la Thaïlande sont le pilier de la sécurité en Asie et le fondement de la prospérité dans la région de l'Asie-Pacifique. Nous allons continuer à approfondir et moderniser ces alliances afin qu'elles reflètent le dynamisme de la région et les tendances stratégiques du XXIe siècle. Le Japon et la Corée du Sud jouent un rôle de leadership de plus en plus important dans les questions régionales et internationales et dans l'expression et la promotion de nos valeurs démocratiques communes. Nous sommes à moderniser nos liens de sécurité avec ces deux pays afin d'être en mesure d'affronter les défis changeants de sécurité dans le monde du XXIe siècle et afin d'exprimer le principe de partenariat égal avec les États-Unis et d'assurer un fondement durable à la présence militaire américaine dans leurs régions. Nous travaillons avec nos alliés pour élaborer un ordre de jour qui favorise la sécurité dans la région, lequel est centré sur la sécurité régionale, la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive, contre le terrorisme, les changements climatiques, la piraterie internationale, les épidémies et pour la sécurité de l'espace, tout en promouvant la croissance équilibrée et les droits humains.

Les partenariats stratégiques et les rapports uniques que nous maintenons avec le Canada et le Mexique sont cruciaux pour la sécurité nationale des États-Unis et ont un impact direct sur notre sécurité intérieure. Notre coopération en matière de sécurité avec le Canada comprend la défense de l'Amérique du Nord et nos efforts outre-mer via l'OTAN.

Nous sommes liés au Moyen-Orient par des intérêts durables, des engagements à long terme et de nouvelles opportunités d'élargissement et d'approfondissement de nos relations. Cela comprend le maintien d'un partenariat fort avec Israël et l'appui à l'intégration durable d'Israël dans la région. Les États-Unis vont aussi continuer à développer leurs rapports de sécurité si importants dans la région avec des États arabes comme l'Égypte, la Jordanie, l'Arabie saoudite et d'autres pays du Conseil de coopération du Golfe qui sont des partenariats permettant à nos militaires et à nos systèmes de défense de travailler ensemble de façon plus efficace.

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