Le Marxiste-Léniniste

Numéro 99 - 8 juin 2010

Solidarité avec la Palestine

Militantes actions au Canada et partout dans le monde pour exiger: «Levez le siège de Gaza !»


Montréal le 5 juin 2010

Militantes actions au Canada et partout dans le monde pour exiger: «Levez le siège de Gaza !»
Israël déporte les activistes du Rachel Corrie
Des activistes préparent d'autres navires pour briser le blocus de Gaza
Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU ordonne une enquête sur l'attaque d'Israël contre la flottille de bénévoles
Israël refuse l'enquête internationale
Le chef du Hezbollah appelle à l'unité pour soutenir la Turquie, l'Égypte et la Flottille de la liberté 2

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Solidarité avec la Palestine

Militantes actions au Canada et partout dans le monde pour exiger:
«Levez le siège de Gaza !»

Les gens sont descendus dans la rue par milliers et par dizaines de milliers dans les grandes villes du monde à l'appel du Comité national palestinien du Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) à une journée mondiale de solidarité avec le peuple palestinien le 5 juin, et en particulier avec la population de Gaza. Ils ont également exprimé leur solidarité avec les familles des travailleurs humanitaires tués par les commandos des forces d'occupation israélienne le 31 mai et avec tous les activistes qui ont été détenus pour avoir tenté de briser l'embargo contre la population assiégée de Gaza.

En Suède, en plus des manifestations, le syndicat des débardeurs a lancé une semaine de boycott des chargements et déchargements de biens en provenance d'Israël en réponse à l'« attaque criminelle sans précédent contre le convoi pacifique ».

En Afrique du Sud, le comité exécutif du syndicat des travailleurs municipaux (SAMWU) a voté à l'unanimité le 4 juin une motion à l'effet que chaque municipalité du pays devienne une zone libre de l'apartheid israélien. Dans un communiqué annonçant sa décision, le syndicat déclare : « Dans le cadre de la campagne mondiale pour le Boycott, désinvestissement et sanctions, le SAMWU a résolu de faire en sorte que toutes les municipalités voient à annuler toute activité commerciale, académique, culturelle, sportive et autre liée au régime israélien. Chaque section locale du SAMWU communiquera immédiatement avec les autorités municipales de son district pour leur demander de participer à la campagne de BDS et de déclarer publiquement leur solidarité avec le peuple palestinien. »

Au Canada, des manifestations ont eu lieu d'un bout à l'autre du pays. D'autres activités sont prévues pour élargir la campagne de BDS contre l'État raciste d'Israël pour hâter la levée du siège de Gaza et de la fin de l'occupation et pour que justice soit rendue au peuple palestinien. Le Marxiste-Léniniste lance l'appel à tous de travailler au succès de cette campagne.

Voici en photos certaines des actions qui ont eu lieu en fin de semaine au Canada.

Halifax




Québec

(Collectif de Québec pour la paix)

Montréal



Ottawa




Toronto










Hamilton




Windsor



Winnipeg


(Glen Michalchuk/Winnipeg Peace Alliance)


Calgary



Vancouver

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Israël déporte les activistes du Rachel Corrie

La marine israélienne a intercepté le navire d'aide humanitaire Rachel Corrie et pris le contrôle du bateau samedi alors qu'il essayait de se rendre dans la bande de Gaza. Le Rachel Corrie a été conduit au port d'Ashdod dans le sud d'Israël et les activistes de même que l'équipage ont été conduits au centre d'immigration Holon près de Tel Aviv pour y être interrogés avant d'être déportés. Sept d'entre eux, un Cubain et sept Malaisiens, ont été déportés en Jordanie. Les six Malaisiens sont Mohd Nizar Zakaria, un député du parlement malaisien, deux journalistes du réseau de télévision T3 et trois membres de l'organisation Perdana qui milite pour la paix mondiale. Ils ont traversé le pont d'Allenby et ont été accueillis par des représentants du gouvernement jordanien. On s'attend à ce que onze autres soient déportés à partir de l'aéroport Ben Gourion. Ils comprennent la lauréate du Prix Nobel de la paix Mairead Maguire et l'ex-assistant secrétaire-général de l'ONU Denis Halliday.

L'abordage du Rachel Corrie par la marine israélienne s'est fait au mépris d'un appel direct du gouvernement irlandais qui avait demandé formellement à Israël de permettre au navire d'accoster à Gaza. Le 1er juin, le parlement irlandais a adopté une motion avec l'appui des députés de tous les partis qui condamne l'usage de la force militaire par Israël contre les navires d'aide humanitaire et exige « qu'Israël mette fin à son blocus illégal contre Gaza ».

Le navire transportant une cargaison de 1200 tonnes d'aide a été acheté via un fonds spécial établi par l'ancien premier ministre malaisien et président de Perdana, le Dr Mahathir Mohamad. Il est la propriété du Mouvement Gaza libre et il navigue sous pavillon irlandais. Il contenait des centaines de tonnes de fournitures médicales et de ciment de même que 20 tonnes de papier données par la population norvégienne aux écoles opérées par l'ONU à Gaza.

(Al Manar, Gaza libre)

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Des activistes préparent d'autres navires
pour briser le blocus de Gaza

Le Mouvement Palestine libre et le Rassemblement des journalistes sans frontières ont tenu une conférence de presse au Liban samedi où ils ont déclaré qu'ils enverront un navire à Gaza. Le Héros de la flotte de la liberté va prendre la mer cette semaine à partir de Beyrouth transportant du matériel éducatif pour les enfants de Gaza et d'autre matériel d'aide humanitaire.

L'agence Naharnet rapporte que Yasser Qoshok, le dirigeant du Mouvement Palestine libre, a appelé « tous ceux qui se considèrent comme des personnes libres à joindre le convoi » qui porte le nom de « Flottille Naji al-Ali en route pour briser le blocus des enfants et de la population de Gaza ».

Qoshok a ajouté que le navire aura notamment à son bord des journalistes qui feront des reportages sur la situation à Gaza et la crise humanitaire qui y sévit. En tout, 50 journalistes et 25 activistes européens dont des députés de l'Union européenne partiront de Beyrouth plus tard cette semaine.

Ailleurs, la Campagne européenne pour mettre fin au siège de Gaza a annoncé le 2 juin qu'elle a obtenu le financement nécessaire pour organiser trois autres navires qui prendront part à une nouvelle flottille vers Gaza portant le nom de « Liberté numéro 2 ». Le docteur Arafat Madi, le dirigeant du groupe basé à Bruxelles, a dit qu'une nouvelle flottille pour Gaza est en train de s'organiser qui comprend plus de navires et un plus grand nombre d'activistes que la première flottille.

« Suite au massacre perpétré par les forces armées israéliennes dans les eaux internationales, a dit le docteur Madi, l'humanité réclame une nouvelle flottille de façon encore plus pressante ». La nouvelle flottille devrait être prête à appareiller dans les semaines qui viennent. Le chef du groupe n'a pas écarté la possibilité que le gouvernement turc participe de façon semi-officielle au financement ou à l'organisation du convoi.

D'autres dépêches nous apprennent que l'organisation juive-allemande Voix juives pour la paix au Moyen-Orient est elle aussi à préparer une flottille pour se rendre à la bande de Gaza. « Nous avons l'intention de partir en juillet », a dit Kate Leitrer, membre de l'organisation. « Nous avons un petit navire en ce moment qui comprendra entre 12 et 16 personnes, surtout des Juifs ».

Elle a dit que les activistes ressentent de la crainte mais pas envers le Hamas. « Des Juifs se sont rendus à Gaza dans le passé et ils ont été reçus de manière amicale. », a-t-elle ajouté. « Nous leur avons parlé récemment et ils souhaitent vivement notre présence. Nous ressentons de la peur face à ce qui s'est produit sur le Marmara, mais si vous vous engagez dans une cause juste, vous devez être prêts à agir. Des gens ont aussi donné leur vie dans la lutte contre le fascisme. »

Elle a rejeté les allégations d'Israël à l'effet que les bateaux d'aide humanitaire faisaient entrer des armes à Gaza. « Il n'y a eu aucun rapport faisant état de la présence d'armes à bord de la flottille précédente mais des gens y ont été tirés à bout portant et ont été tués », a-t-elle dit. « Nous avons contacté des représentants d'Israël et leur avons dit qu'ils peuvent fouiller les bateaux s'ils le veulent mais qu'ils doivent nous laisser continuer vers Gaza. Ce sont des eaux qui font partie du territoire de Gaza et Israël n'a aucun droit d'exercer un contrôle sur elles. »

Le Croissant rouge d'Iran a également annoncé qu'il enverra deux navires d'aide humanitaire à Gaza plus tard dans la semaine dans un effort pour briser le blocus. Le ministère des Affaires étrangères d'Iran a approuvé le convoi dimanche, a dit Abdolrouf Adibzadeh, le directeur des relations internationales du Croissant rouge, qui comprendra un navire chargé de nourriture et un deuxième transportant des travailleurs d'aide humanitaire. « Les bénévoles qui veulent se rendre à Gaza et aider le peuple opprimé de la Palestine occupée peuvent contacter le site web du Croissant rouge et s'inscrire », a dit Adibzadeh.

La marine israélienne a arrêté des convois précédents du Croissant rouge iranien qui tentaient d'atteindre Gaza. La Garde révolutionnaire d'élite de l'Iran s'est toutefois dite prête à escorter les flottilles d'aide vers Gaza.

« Si le respecté dirigeant de la révolution (le dirigeant suprême l'ayatollah Ali Khamenei) nous donne un ordre à cet effet, les forces navales de la Garde révolutionnaire utiliseront leur capacité et leur équipement pour escorter les flottilles vers Gaza », a dit l'aide de Khamenei de la section navale de la Garde, Ali Shirazi, à l'agence de nouvelles Mehr dimanche.

(Al Manar, Ynet, International Middle East Media Center, Al Jazeera)

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Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU
ordonne une enquête sur l'attaque d'Israël
contre la flottille de bénévoles

Le 2 juin le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a adopté une résolution condamnant « dans les termes les plus vifs possibles l'attaque inacceptable lancée par les forces israéliennes contre la flottille d'aide humanitaire » et a appelé le Conseil à envoyer une mission internationale indépendante pour enquêter sur les violations du droit international résultant de l'action d'Israël.

La résolution appelle également Israël à « lever immédiatement le blocus de Gaza occupée et les autres territoires occupés ».

La résolution intitulée « Les graves attaques des forces israéliennes contre le convoi maritime d'aide humanitaire » (UN Doc. A/HRC/14/L.1) a été adoptée par 32 voix pour, 3 contre et 9 abstentions (voir détails des votes ci-dessous).

Les États-Unis ont voté contre la résolution réclamant que le Conseil aurait dû attendre que les faits aient été « découverts et compris ».

L'écrasante majorité des 47 États qui sont membres du Conseil ainsi que les observateurs se sont prononcés en faveur de la résolution condamnant l'action d'Israël au cours de la réunion d'urgence qui a duré deux jours, à compter du mardi soir.

Lors de l'ouverture de la session du Conseil, la haute commissaire aux droits de l'homme a condamné les attaques en disant qu'elle était « choquée » par les actes d'Israël et son adjoint a réitéré ce sentiment lors de son allocution à l'ouverture de la séance spéciale.

L'ambassadeur israélien a ouvert la réunion en disant « regretter la perte de vies » causée par l'action de son gouvernement mais a ensuite passé presque dix minutes à faire valoir que si le Conseil prenait des mesures à ce sujet, cela nuirait au processus de paix. Il a dit qu'il fallait davantage d'information sur la situation.

Prenant ensuite la parole, le délégué palestinien a déclaré que l'action d'Israël et sa défense de ces actions démontrent qu'il « se croît au-dessus des lois ». Il a également souligné que « l'aide humanitaire doit parvenir immédiatement à la bande de Gaza ». L'ambassadeur palestinien n'était pas à Genève pour la réunion.

L'ambassadeur de la Turquie a qualifié les actions israéliennes d'« inacceptables » et a rappelé les condamnations émises par plusieurs États, le Conseil de sécurité, le secrétaire général et le haut commissariat aux droits de l'homme.

Au total, soixante-douze États, deux organisations intergouvernementales, l'Institut national palestinien pour les droits de l'homme et douze organisations non gouvernementales sont intervenus.

La réunion avait été convoquée par le Pakistan au nom de l'Organisation de la Conférence islamique, le Soudan au nom des États arabes et la Palestine, qui ont également rédigé la résolution qui a été ensuite débattue.

Le Conseil des droits de l'Homme a adopté la résolution quelques heures après que le Conseil de sécurité de l'ONU eut refusé d'examiner une résolution et plutôt convenu d'une déclaration présidentielle dans laquelle il déclare qu'il « regrette profondément les pertes de vies et les blessures résultant de l'utilisation de la force pendant l'opération militaire israélienne dans les eaux internationales contre le convoi navigant vers Gaza ». Le Conseil de sécurité a expressément rejeté une proposition par les pays arabes demandant une enquête impartiale, semblable à celle demandée par le Conseil des droits de l'Homme.

Le Conseil des droits de l'Homme devra maintenant se prononcer sur la composition exacte de la mission internationale indépendante et nommer ses membres.

À titre d'information

Les résultats du vote du 2 juin au Conseil des droits de l'Homme :

Ont voté pour (32) : Afrique du Sud, Angola, Argentine, Bahreïn, Bangladesh, Bolivie, Bosnie-Herzégovine, Brésil, Chili, Chine, Cuba, Djibouti, Égypte, Gabon, Ghana, Inde, Indonésie, Jordanie, Kirghizistan, Maurice, Mexique, Nicaragua, Nigéria, Norvège, Pakistan, Philippines, Qatar, Fédération de Russie, l'Arabie saoudite, Sénégal, Slovénie et Uruguay.

Contre (3) : Italie, Pays-Bas et les États-Unis d'Amérique.

Abstentions (9) : Belgique, Burkina Faso, France, Hongrie, Japon, République de Corée, Slovaquie, Ukraine et Royaume-Uni.

Les membres de l'Assemblée générale élisent les membres qui occupent les quarante-sept sièges du Conseil des droits de l'Homme. La durée de chaque mandat est de trois ans et aucun membre ne peut occuper un siège pendant plus de deux mandats consécutifs. Les sièges sont répartis entre les groupes régionaux des Nations unies comme suit : 13 pour l'Afrique, 13 pour l'Asie, six pour l'Europe orientale, huit pour l'Amérique latine et les Caraïbes et sept pour l'Europe occidentale et autres États.

(Ma'an News, ONU)

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Israël refuse l'enquête internationale

Le gouvernement israélien a déclaré jeudi qu'il s'oppose à toute enquête internationale sur l'attaque violente et meurtrière contre la Flottille de la liberté qui se dirigeait vers la bande de Gaza, entraînant la mort de neuf militants et faisant des dizaines de blessés.

Les responsables israéliens ont fait valoir que l'armée a commencé une enquête interne crédible.

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a déclaré qu'Israël n'acceptera aucune enquête internationale et ne va pas à cet égard coopérer et a ajouté que la plupart des ministres israéliens se sont opposés à une enquête et croient qu'une commission d'enquête interne est suffisante.

Le quotidien israélien Yedioth Aharonoth a indiqué que Lieberman a proposé de former un comité dirigé par un ancien juge israélien de la Haute Cour et a également indiqué qu'Israël pourrait accepter la présence d'observateurs internationaux.

Mark Regev, porte-parole du gouvernement israélien, a affirmé qu'Israël mène toujours une enquête interne après une attaque qui conduit à des pertes et dit que ces enquêtes sont effectuées en conformité avec les normes israéliennes.

Après avoir mené sa guerre contre Gaza (du 28 décembre 2008 au 18 janvier 2009), Israël a refusé de coopérer avec une commission d'enquête internationale dirigée par le juge Richard Goldstone et a déclaré qu'il mènerait sa propre enquête. L'enquête d'Israël a justifié son impunité et conclu que l'armée n'a pas violé le droit international et a agi conformément aux codes de conduite établis.

Pendant la guerre de Gaza, les Forces d'occupation israéliennes ont tué 1 419 Palestiniens, la plupart d'entre eux des civils, des femmes, des personnes âgées, enfants et bébés, et ont bombardé les maisons, les écoles, les installations de l'ONU, les hôpitaux et les établissements d'enseignement.

(International Middle East Media Center)

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Le chef du Hezbollah appelle à l'unité pour soutenir la Turquie, l'Égypte
et la Flottille de la liberté 2

Le secrétaire général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, prenant la parole lors du Festival de solidarité avec la Flottille de la liberté organisé par le Hezbollah dans la banlieue-sud de Beyrouth vendredi, a souligné l'importance de l'unité des peuples arabes et des musulmans en appui à l'Égypte et à la Turquie qui font l'objet de pression de la part d'Israël et des États-Unis.

Notant les actions courageuses du peuple turc et de son gouvernement, il a déclaré : « Je félicite la Turquie et je tiens à exprimer ma profonde sympathie aux familles des martyrs. Je présente mes respects particuliers au peuple turc qui s'est uni derrière la Flottille de la liberté et la direction turque qui a établi son courage et sa présence. »

Au sujet de la gravité de la situation, Nasrallah a déclaré : « Nous sommes en face d'un grave incident dans le cours de la lutte de notre peuple contre l'occupation et l'ennemi usurpateur et nous comprenons très bien ce qui s'est produit. »

« Ce massacre est une preuve de plus de la nature agressive de cet ennemi qui a été établi sur la base de crimes, de la brutalité et des massacres. C'est une nouvelle preuve qu'Israël tue des civils non armés, utilise la terreur d'État, ne respecte aucune valeur, qu'il n'observe aucune loi, aucun accord international. C'est une preuve de plus qu'Israël se considère être au-dessus des lois, au-dessus des confessions pour mieux servir ses intérêts. Ce qui s'est passé dans la Méditerranée est une preuve de plus que l'administration américaine actuelle est toujours déterminée à défendre Israël et ses crimes, en ne le condamnant pas et en sapant les appels pour une enquête internationale. Les États-Unis croient que le crime d'Israël est son droit naturel de se défendre. La question pour les alliés de l'Amérique [...], est-ce qu'il n'y a pas partout des changements sauf dans la relation des États-Unis avec Israël ? Ce qui s'est produit a démasqué de nombreux gouvernements dans des pays qui prétendent défendre les droits humains ; ils ont été silencieux parce qu'Israël était l'agresseur. »

En ce qui concerne le monde arabe, il a dit : « La position arabe a été et est encore impuissante. Les militants ont été libérés en un temps record mais des milliers de Palestiniens sont encore dans les prisons israéliennes. Ce qui est différent aujourd'hui, c'est qu'il y avait des centaines de Turcs impliqués. Israël a mal calculé ses gestes car il pensait que son agression obligerait les dirigeants turcs à capituler. Je suis pratiquement sûr qu'Israël a été renversé d'entendre la réaction de la Turquie aux niveaux populaire et officiel. Quand la Turquie a dit à Israël qu'elle couperait ses liens si les autorités sionistes gardaient tout militant en garde à vue ou jugeaient l'un d'eux, Israël a été renversé parce que la Turquie est un pays fort avec une direction forte qui sait comment utiliser sa puissance. Pour la Turquie, couper les liens avec Israël reviendrait à un tremblement de terre en Israël. C'est une arme que la Turquie a utilisée, elle n'a pas exigé la libération de ses ressortissants mais de tous les militants. C'est une leçon pour certains de ceux qui prêchent la politique de l'humiliation, l'illusion et les voeux pieux qui résultent uniquement en disgrâce. D'autre part une politique fondée sur le pouvoir peut accomplir beaucoup de choses. »

Il a également exprimé sa satisfaction envers la réponse de l'Égypte à l'attaque de la flottille en ouvrant le passage de Rafah vers la bande de Gaza. « Ce que la Flotille de la liberté a réussi à accomplir, c'est qu'elle a ramené le siège de Gaza au premier plan après que les Arabes et le monde entier l'aient oublié. Le sang qui a coulé et les voix qui ont crié imposent à tous les gouvernements dans ce monde de mettre cette cause en tête de leur ordre du jour. Nous avons entendu [le secrétaire général des Nations unies] M. Ban Ki-moon, la Russie et d'autres États exiger qu'Israël cesse son blocus de Gaza, quelque chose ce que nous n'avions pas entendu avant le massacre de la flottille. Le gouvernement égyptien a ouvert le passage de Rafah et nous remercions l'Égypte pour ce geste. Il y a eu une tendance palestinienne à la réconciliation. Je vous dis que ce qui s'est produit va compliquer davantage la situation en Israël et rendra les Israéliens incapables de penser ou planifier une autre agression contre Gaza. Quoique l'agression contre le Liban, la Syrie ou l'Iran s'inscrive dans un autre calcul, cela demeure un scandale pour Israël, un scandale pour la politique américaine, une preuve de l'échec et du fiasco israélien. »

Nasrallah a également noté l'attaque d'Israël contre les flottilles comme un acte de stupidité à un moment où il est déjà de plus en plus isolé. « Le chef du Mossad a dit qu'Israël est en train de devenir un fardeau sur les épaules des États-Unis car avec chaque échec d'Israël, l'Amérique s'inquiète de payer le prix », a-t-il déclaré, notant que c'est aussi ce qu'a dit le général américain David Petraeus.

Notant le développement de la position de la Turquie depuis l'époque de la guerre israélienne contre le Liban en 2006 et la guerre de la bande de Gaza en 2008-2009 et sa relation à d'autres développements, il a déclaré : « La position turque a évolué de manière significative lorsque l'attaque de la flottille a eu lieu. Je ne dirai pas qu'Israël a perdu la Turquie mais je peux dire qu'Israël a commencé à perdre la Turquie et c'est un changement très important dans la région. Va-t-il perdre tout à fait la Turquie ? C'est lié à d'autres développements. Un des développements très importants résultant de ce crime est la position du Koweït. Le parlement koweïtien a exigé que le Koweït se retire de l'initiative arabe et le gouvernement a accepté. Y-a-t-il d'autres parlements arabes qui ont pris des mesures semblables ? Nous saluons le Koweït de prendre cette mesure qui sous-entend des valeurs politiques et morales parce que l'initiative arabe comprend d'importantes concessions aux Israéliens. Ce qui s'est passé embarrasse tous ceux qui appellent à la normalisation des relations avec Israël et ceux qui font du marchandage durant les négociations avec l'ennemi. Ce qu'Israël a fait à la Flottille de la liberté gêne ceux qu'on appelle les arabes modérés. J'ai lu des articles dans quelques journaux du golfe qui défendent impudemment les actions des soldats israéliens ; de tels articles se retrouvent rarement dans les journaux israéliens. »

Il a exhorté les Arabes à s'unir en appui à la Turquie et l'Égypte : « Nous appelons les dirigeants égyptiens à maintenir le passage de Rafah ouvert. Les gouvernements arabes n'ont pas besoin de recourir au Conseil de sécurité de l'ONU pour libérer les détenus. Unissons-nous en tant que pays arabes et pays musulmans et tenons-nous ensemble aux côtés des dirigeants égyptiens car si nous faisons cela, personne dans ce monde ne les gênera et ne les forcera à fermer la frontière. Coopérons pour garder ce passage ouvert et de cette façon, nous pourrons mettre fin au siège de la bande de Gaza. Nous devons soutenir la position turque en sachant qu'une grande pression sera exercée sur les dirigeants turcs. Obama a communiqué avec le « Tayyib » [le bon homme] Recep Tayyib Erdogan et la pression va continuer sur la Turquie pour l'empêcher de jouer un rôle de premier plan avec les Arabes dans leur lutte contre Israël et à arrêter la détérioration de ses relations avec Israël ».

Il a déclaré que c'est un moment opportun « pour mettre fin au blocus imposé à Gaza et cela nécessite plus de Flottilles de la liberté. C'est à ce moment que l'objectif d'Israël - qui pense à prendre des mesures analogues - échoue. J'en appelle à plus de participation du Liban à la Flottille de la liberté 2. Aujourd'hui, l'Initiative de paix européenne a déclaré qu'elle organisait une autre flottille. Comment vont se positionner les Arabes et les musulmans ? Israël craint le drapeau rouge [Turquie] autant qu'il a peur du drapeau jaune [Hezbollah]. Ceux qui participent à la Flottille de la liberté 2 doivent savoir qu'ils appartiennent à une résistance qui ne laisse personne dans les prisons israéliennes. »

Nasrallah a insisté sur le fait que la cause de la bande de Gaza doit demeurer au centre des préoccupations internationales. « La cause palestinienne doit devenir une cause internationale. Dans le passé, ils ont dit que c'est la cause du monde arabe et non pas du monde islamique. Dans notre monde arabe, la cause a été transformée en cause palestinienne, la cause elle-même est devenue la cause de la bande de Gaza, la Cisjordanie et les réfugiés. Nous devons souligner que cette cause est humaine, islamique, arabe et mondiale. Nous devons insister sur l'enquête internationale même si nous savons déjà qu'elle sera compromise. Néanmoins exigeons une enquête internationale car elle va embarrasser Israël qui va sans doute la rejeter. Nous devons poursuivre les dirigeants israéliens partout où c'est possible dans le monde. Poursuivre Israël pour ses crimes déroutera les dirigeants israéliens devenus perplexes. Le monde entier doit apprendre la vérité sur Israël qui se présente comme une démocratie respectueuse des lois internationales. Nous devons profiter de la Flottille de la liberté pour rappeler au monde les massacres commis par Israël ».

(Al Manar)

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