
Israël déporte les activistes du Rachel Corrie
La marine israélienne a intercepté le
navire d'aide humanitaire Rachel Corrie et pris le
contrôle du bateau samedi alors qu'il essayait de se rendre dans
la bande de Gaza. Le Rachel Corrie a été
conduit au port d'Ashdod dans le sud d'Israël et les activistes de
même que l'équipage ont été conduits au
centre
d'immigration Holon près de Tel Aviv pour y être
interrogés avant d'être déportés. Sept
d'entre eux, un Cubain et sept Malaisiens, ont été
déportés en Jordanie. Les six Malaisiens sont Mohd Nizar
Zakaria, un député du parlement malaisien, deux
journalistes du réseau de télévision T3 et trois
membres de l'organisation Perdana qui milite pour la
paix mondiale. Ils ont traversé le pont d'Allenby et ont
été accueillis par des représentants du
gouvernement jordanien. On s'attend à ce que onze autres soient
déportés à partir de l'aéroport Ben
Gourion. Ils comprennent la lauréate du Prix Nobel de la paix
Mairead Maguire et l'ex-assistant
secrétaire-général de l'ONU Denis Halliday.
L'abordage du Rachel Corrie par la marine
israélienne s'est fait au mépris d'un appel direct du
gouvernement irlandais qui avait demandé formellement à
Israël de permettre au navire d'accoster à Gaza. Le 1er
juin, le parlement irlandais a adopté une motion avec l'appui
des députés de tous les partis qui condamne l'usage de la
force militaire par Israël contre les navires d'aide humanitaire
et exige « qu'Israël mette fin à son blocus
illégal contre Gaza ».
Le navire transportant une cargaison de 1200 tonnes
d'aide a été acheté via un fonds spécial
établi par l'ancien premier ministre malaisien et
président de Perdana, le Dr Mahathir Mohamad. Il est la
propriété du Mouvement Gaza libre et il navigue sous
pavillon irlandais. Il contenait des centaines de tonnes de fournitures
médicales et de ciment
de même que 20 tonnes de papier données par la population
norvégienne aux écoles opérées par l'ONU
à Gaza.
(Al Manar, Gaza libre)

Des activistes préparent d'autres navires
pour briser le blocus de Gaza
Le Mouvement Palestine libre et le Rassemblement des
journalistes sans frontières ont tenu une conférence de
presse au Liban samedi où ils ont déclaré qu'ils
enverront un navire à Gaza. Le
Héros de la flotte de
la liberté va prendre la mer cette semaine à
partir
de Beyrouth transportant du matériel éducatif pour les
enfants de Gaza
et d'autre matériel d'aide humanitaire.
L'agence Naharnet rapporte que Yasser Qoshok, le
dirigeant du Mouvement Palestine libre, a appelé
« tous ceux qui se considèrent comme des personnes
libres à joindre le convoi » qui porte le nom de
« Flottille Naji al-Ali en route pour briser le blocus
des enfants et de la population de Gaza ».
Qoshok a ajouté que le navire aura notamment
à son bord des journalistes qui feront des reportages sur la
situation à Gaza et la crise humanitaire qui y sévit. En
tout, 50 journalistes et 25 activistes européens dont des
députés de l'Union européenne partiront de
Beyrouth plus tard cette semaine.
Ailleurs, la Campagne européenne pour mettre fin
au siège de Gaza a annoncé le 2 juin qu'elle a obtenu le
financement nécessaire pour organiser trois autres navires qui
prendront part à une nouvelle flottille vers Gaza portant le nom
de « Liberté numéro 2 ».
Le docteur Arafat Madi, le dirigeant du groupe basé à
Bruxelles, a dit qu'une nouvelle flottille pour Gaza est en train de
s'organiser qui comprend plus de navires et un plus grand nombre
d'activistes que la première flottille.
« Suite au massacre perpétré
par les forces armées israéliennes dans les eaux
internationales, a dit le docteur Madi, l'humanité
réclame une nouvelle flottille de façon encore plus
pressante ». La nouvelle flottille devrait être
prête à appareiller dans les semaines qui viennent. Le
chef du groupe n'a pas écarté la possibilité que
le
gouvernement turc participe de façon semi-officielle au
financement ou à l'organisation du convoi.
D'autres dépêches nous apprennent que
l'organisation juive-allemande Voix juives pour la paix au Moyen-Orient
est elle aussi à préparer une flottille pour se rendre
à la bande de Gaza. « Nous avons l'intention de
partir en juillet », a dit Kate Leitrer, membre de
l'organisation. « Nous avons un petit navire en ce moment
qui
comprendra entre 12 et 16 personnes, surtout des Juifs ».
Elle a dit que les activistes ressentent de la crainte
mais pas envers le Hamas. « Des Juifs se sont rendus
à Gaza dans le passé et ils ont été
reçus de manière amicale. », a-t-elle
ajouté. « Nous leur avons parlé
récemment et ils souhaitent vivement notre présence. Nous
ressentons de la peur face à ce qui s'est produit sur
le Marmara, mais si vous vous
engagez dans une cause juste,
vous devez être prêts à agir. Des gens ont aussi
donné leur vie dans la lutte contre le fascisme. »
Elle a rejeté les allégations
d'Israël à l'effet que les bateaux d'aide humanitaire
faisaient entrer des armes à Gaza. « Il n'y a eu
aucun rapport faisant état de la présence d'armes
à bord de la flottille précédente mais des gens y
ont été tirés à bout portant et ont
été tués », a-t-elle dit.
« Nous avons contacté des représentants
d'Israël et leur avons dit qu'ils peuvent fouiller les bateaux
s'ils le veulent mais qu'ils doivent nous laisser continuer vers Gaza.
Ce sont des eaux qui font partie du territoire de Gaza et Israël
n'a aucun droit d'exercer un contrôle sur elles. »
Le Croissant rouge d'Iran a également
annoncé qu'il enverra deux navires d'aide humanitaire à
Gaza plus tard dans la semaine dans un effort pour briser le blocus. Le
ministère des Affaires étrangères d'Iran a
approuvé le convoi dimanche, a dit Abdolrouf Adibzadeh, le
directeur des relations internationales du Croissant rouge, qui
comprendra
un navire chargé de nourriture et un deuxième
transportant des travailleurs d'aide humanitaire. « Les
bénévoles qui veulent se rendre à Gaza et aider le
peuple opprimé de la Palestine occupée peuvent contacter
le site web du Croissant rouge et s'inscrire », a dit
Adibzadeh.
La marine israélienne a arrêté des
convois précédents du Croissant rouge iranien qui
tentaient d'atteindre Gaza. La Garde révolutionnaire
d'élite de l'Iran s'est toutefois dite prête à
escorter les flottilles d'aide vers Gaza.
« Si le respecté dirigeant de la
révolution (le dirigeant suprême l'ayatollah Ali Khamenei)
nous donne un ordre à cet effet, les forces navales de la Garde
révolutionnaire utiliseront leur capacité et leur
équipement pour escorter les flottilles vers Gaza »,
a dit l'aide de Khamenei de la section navale de la Garde, Ali Shirazi,
à
l'agence de nouvelles Mehr dimanche.
(Al Manar, Ynet, International Middle East Media
Center,
Al Jazeera)

Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU
ordonne
une enquête sur l'attaque d'Israël
contre la flottille de
bénévoles
Le 2 juin le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU
a adopté une résolution condamnant « dans les
termes les plus vifs possibles l'attaque inacceptable lancée par
les forces israéliennes contre la flottille d'aide
humanitaire » et a appelé le Conseil à envoyer
une mission internationale indépendante pour enquêter sur
les
violations du droit international résultant de l'action
d'Israël.
La résolution appelle également
Israël à « lever immédiatement le blocus
de Gaza occupée et les autres territoires
occupés ».
La résolution intitulée
« Les graves attaques des forces israéliennes contre
le convoi maritime d'aide humanitaire » (UN Doc.
A/HRC/14/L.1) a été adoptée par 32 voix pour, 3
contre et 9 abstentions (voir
détails des votes ci-dessous).
Les États-Unis ont voté contre la
résolution réclamant que le Conseil aurait dû
attendre que les faits aient été
« découverts et compris ».
L'écrasante majorité des 47
États qui sont membres du Conseil ainsi que les observateurs se
sont prononcés en faveur de la résolution condamnant
l'action d'Israël au cours de la réunion d'urgence qui a
duré deux jours, à compter du mardi soir.
Lors de l'ouverture de la session du Conseil, la
haute commissaire aux droits de l'homme a condamné les attaques
en disant qu'elle était « choquée »
par les actes d'Israël et son adjoint a
réitéré ce sentiment lors de son allocution
à l'ouverture de la séance spéciale.
L'ambassadeur israélien a ouvert la
réunion en disant « regretter la perte de
vies » causée par l'action de son gouvernement mais a
ensuite passé presque dix minutes à faire valoir que si
le Conseil prenait des mesures à ce sujet, cela nuirait au
processus de paix. Il a dit qu'il fallait davantage d'information sur
la situation.
Prenant ensuite la parole, le
délégué palestinien a déclaré que
l'action d'Israël et sa défense de ces actions
démontrent qu'il « se croît au-dessus des
lois ». Il a également souligné que
« l'aide humanitaire doit parvenir immédiatement
à la bande de Gaza ». L'ambassadeur palestinien
n'était pas à Genève pour la
réunion.
L'ambassadeur de la Turquie a qualifié les
actions israéliennes d'« inacceptables »
et a rappelé les condamnations émises par plusieurs
États, le Conseil de sécurité, le
secrétaire général et le haut commissariat aux
droits de l'homme.
Au total, soixante-douze États, deux
organisations intergouvernementales, l'Institut national palestinien
pour les droits de l'homme et douze organisations non gouvernementales
sont intervenus.
La réunion avait été
convoquée par le Pakistan au nom de l'Organisation de la
Conférence islamique, le Soudan au nom des États arabes
et la Palestine, qui ont également rédigé la
résolution qui a été ensuite débattue.
Le Conseil des droits de l'Homme a adopté la
résolution quelques heures après que le Conseil de
sécurité de l'ONU eut refusé d'examiner une
résolution et plutôt convenu d'une déclaration
présidentielle dans laquelle il déclare qu'il
« regrette profondément les pertes de vies et les
blessures résultant de l'utilisation de la force pendant
l'opération militaire israélienne dans les eaux
internationales contre le convoi navigant vers Gaza ». Le
Conseil de sécurité a expressément rejeté
une proposition par les pays arabes demandant une enquête
impartiale, semblable à celle demandée par le Conseil des
droits de l'Homme.
Le Conseil des droits de l'Homme devra maintenant se
prononcer sur la composition exacte de la mission internationale
indépendante et nommer ses membres.
À titre d'information
Les résultats du vote du 2 juin au Conseil
des droits de l'Homme :
Ont voté pour (32) : Afrique du Sud,
Angola, Argentine, Bahreïn, Bangladesh, Bolivie,
Bosnie-Herzégovine, Brésil, Chili, Chine, Cuba, Djibouti,
Égypte, Gabon, Ghana, Inde, Indonésie, Jordanie,
Kirghizistan, Maurice, Mexique, Nicaragua, Nigéria,
Norvège, Pakistan, Philippines, Qatar, Fédération
de Russie, l'Arabie saoudite, Sénégal,
Slovénie et Uruguay.
Contre (3) : Italie, Pays-Bas et les
États-Unis d'Amérique.
Abstentions (9) : Belgique, Burkina Faso,
France, Hongrie, Japon, République de Corée, Slovaquie,
Ukraine et Royaume-Uni.
Les membres de l'Assemblée
générale élisent les membres qui occupent les
quarante-sept sièges du Conseil des droits de l'Homme. La
durée de chaque mandat est de trois ans et aucun membre ne peut
occuper un siège pendant plus de deux mandats
consécutifs. Les sièges sont répartis entre les
groupes régionaux des Nations unies comme
suit : 13 pour l'Afrique, 13 pour l'Asie, six pour l'Europe
orientale, huit pour l'Amérique latine et les Caraïbes et
sept pour l'Europe occidentale et autres États.

Israël refuse l'enquête internationale
Le gouvernement israélien a
déclaré jeudi qu'il s'oppose à toute enquête
internationale sur l'attaque violente et meurtrière contre la Flottille de la
liberté qui se dirigeait vers la bande de
Gaza, entraînant la mort de neuf militants et faisant des
dizaines de blessés.
Les responsables israéliens ont fait valoir
que l'armée a commencé une enquête interne
crédible.
Le ministre israélien des Affaires
étrangères, Avigdor Lieberman, a déclaré
qu'Israël n'acceptera aucune enquête internationale et ne va
pas à cet égard coopérer et a ajouté que la
plupart des ministres israéliens se sont opposés à
une enquête et croient qu'une commission d'enquête interne
est suffisante.
Le quotidien israélien Yedioth Aharonoth a
indiqué que Lieberman a proposé de
former un comité dirigé par un ancien juge
israélien de la Haute Cour et a également indiqué
qu'Israël pourrait accepter la présence d'observateurs
internationaux.
Mark Regev, porte-parole du gouvernement
israélien, a affirmé qu'Israël mène toujours
une enquête interne après une attaque qui conduit à
des pertes et dit que ces enquêtes sont effectuées en
conformité avec les normes israéliennes.
Après avoir mené sa guerre contre Gaza
(du 28 décembre 2008 au 18 janvier 2009), Israël a
refusé de coopérer avec une commission d'enquête
internationale dirigée par le juge Richard Goldstone et a
déclaré qu'il mènerait sa propre enquête.
L'enquête d'Israël a justifié son impunité et
conclu que l'armée n'a pas violé le droit international
et a agi conformément aux codes de conduite établis.
Pendant la guerre de Gaza, les Forces d'occupation
israéliennes ont tué 1 419 Palestiniens, la plupart
d'entre eux des civils, des femmes, des personnes âgées,
enfants et bébés, et ont bombardé les maisons, les
écoles, les installations de l'ONU, les hôpitaux et les
établissements d'enseignement.

Le chef du Hezbollah appelle à
l'unité pour soutenir la Turquie, l'Égypte
et la Flottille de la
liberté 2
Le secrétaire général du
Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, prenant la parole lors du Festival
de solidarité avec la Flottille
de la liberté organisé
par le Hezbollah dans la banlieue-sud de Beyrouth vendredi, a
souligné l'importance de l'unité des peuples arabes et
des musulmans en appui à l'Égypte et à la Turquie
qui font
l'objet de pression de la part d'Israël et des États-Unis.
Notant les actions courageuses du peuple turc et de
son gouvernement, il a déclaré : « Je
félicite la Turquie et je tiens à exprimer ma profonde
sympathie aux familles des martyrs. Je présente mes respects
particuliers au peuple turc qui s'est uni derrière la Flottille
de la liberté et la direction turque qui a établi
son
courage et sa présence. »
Au sujet de la gravité de la situation,
Nasrallah a déclaré : « Nous sommes en
face d'un grave incident dans le cours de la lutte de notre peuple
contre l'occupation et l'ennemi usurpateur et nous comprenons
très bien ce qui s'est produit. »
« Ce massacre est une preuve de plus de
la nature agressive de cet ennemi qui a été établi
sur la base de crimes, de la brutalité et des massacres. C'est
une nouvelle preuve qu'Israël tue des civils non armés,
utilise la terreur d'État, ne respecte aucune valeur, qu'il
n'observe aucune loi, aucun accord international. C'est une preuve de
plus qu'Israël se considère être au-dessus des lois,
au-dessus des confessions pour mieux servir ses intérêts.
Ce qui s'est passé dans la Méditerranée est une
preuve de plus que l'administration américaine actuelle est
toujours déterminée à défendre Israël
et ses crimes, en ne le condamnant pas et en sapant les appels pour une
enquête
internationale. Les États-Unis croient que le crime
d'Israël est son droit naturel de se défendre. La question
pour les alliés de l'Amérique [...], est-ce qu'il n'y a
pas partout des changements sauf dans la relation des États-Unis
avec Israël ? Ce qui s'est produit a démasqué
de nombreux gouvernements dans des pays qui prétendent
défendre
les droits humains ; ils ont été silencieux parce
qu'Israël était l'agresseur. »
En ce qui concerne le monde arabe, il a dit :
« La position arabe a été et est encore
impuissante. Les militants ont été libérés
en un temps record mais des milliers de Palestiniens sont encore dans
les prisons israéliennes. Ce qui est différent
aujourd'hui, c'est qu'il y avait des centaines de Turcs
impliqués. Israël a mal calculé ses
gestes car il pensait que son agression obligerait les dirigeants turcs
à capituler. Je suis pratiquement sûr qu'Israël a
été renversé d'entendre la réaction de la
Turquie aux niveaux populaire et officiel. Quand la Turquie a dit
à Israël qu'elle couperait ses liens si les
autorités sionistes gardaient tout militant en garde à
vue ou jugeaient l'un d'eux,
Israël a été renversé parce que la Turquie
est un pays fort avec une direction forte qui sait comment utiliser sa
puissance. Pour la Turquie, couper les liens avec Israël
reviendrait à un tremblement de terre en Israël. C'est une
arme que la Turquie a utilisée, elle n'a pas exigé la
libération de ses ressortissants mais de tous les militants.
C'est une
leçon pour certains de ceux qui prêchent la politique de
l'humiliation, l'illusion et les voeux pieux qui résultent
uniquement en disgrâce. D'autre part une politique fondée
sur le pouvoir peut accomplir beaucoup de choses. »
Il a également exprimé sa satisfaction
envers la réponse de l'Égypte à l'attaque de la
flottille en ouvrant le passage de Rafah vers la bande de Gaza.
« Ce que la Flotille de la liberté a
réussi à accomplir, c'est qu'elle a ramené le
siège de Gaza au premier plan après que les Arabes et le
monde entier l'aient oublié. Le sang
qui a coulé et les voix qui ont crié imposent à
tous les gouvernements dans ce monde de mettre cette cause en
tête de leur ordre du jour. Nous avons entendu [le
secrétaire général des Nations unies] M. Ban
Ki-moon, la Russie et d'autres États exiger qu'Israël cesse
son blocus de Gaza, quelque chose ce que nous n'avions pas entendu
avant le
massacre de la flottille. Le gouvernement égyptien a ouvert le
passage de Rafah et nous remercions l'Égypte pour ce geste. Il y
a eu une tendance palestinienne à la réconciliation. Je
vous dis que ce qui s'est produit va compliquer davantage la situation
en Israël et rendra les Israéliens incapables de penser ou
planifier une autre agression contre
Gaza. Quoique l'agression contre le Liban, la Syrie ou l'Iran
s'inscrive dans un autre calcul, cela demeure un scandale pour
Israël, un scandale pour la politique américaine, une
preuve de l'échec et du fiasco israélien. »
Nasrallah a également noté l'attaque
d'Israël contre les flottilles comme un acte de stupidité
à un moment où il est déjà de plus en plus
isolé. « Le chef du Mossad a dit qu'Israël est
en train de devenir un fardeau sur les épaules des
États-Unis car avec chaque échec d'Israël,
l'Amérique s'inquiète de payer le prix »,
a-t-il
déclaré, notant que c'est aussi ce qu'a dit le
général américain David Petraeus.
Notant le développement de la position de
la Turquie depuis l'époque de la guerre israélienne
contre le Liban en 2006 et la guerre de la bande de Gaza en 2008-2009
et sa relation à d'autres développements, il a
déclaré : « La position turque a
évolué de manière significative lorsque l'attaque
de la flottille a eu lieu. Je ne
dirai pas qu'Israël a perdu la Turquie mais je peux dire
qu'Israël a commencé à perdre la Turquie et c'est un
changement très important dans la région. Va-t-il perdre
tout à fait la Turquie ? C'est lié à d'autres
développements. Un des développements très
importants résultant de ce crime est la position du Koweït.
Le parlement koweïtien a
exigé que le Koweït se retire de l'initiative arabe et le
gouvernement a accepté. Y-a-t-il d'autres parlements arabes qui
ont pris des mesures semblables ? Nous saluons le Koweït de
prendre cette mesure qui sous-entend des valeurs politiques et morales
parce que l'initiative arabe comprend d'importantes concessions aux
Israéliens. Ce qui
s'est passé embarrasse tous ceux qui appellent à la
normalisation des relations avec Israël et ceux qui font du
marchandage durant les négociations avec l'ennemi. Ce
qu'Israël a fait à la Flottille
de la liberté gêne
ceux qu'on appelle les arabes modérés. J'ai lu des
articles dans quelques journaux du golfe qui défendent
impudemment
les actions des soldats israéliens ; de tels articles se
retrouvent rarement dans les journaux israéliens. »
Il a exhorté les Arabes à s'unir en
appui à la Turquie et l'Égypte : « Nous
appelons les dirigeants égyptiens à maintenir le passage
de
Rafah ouvert. Les gouvernements arabes n'ont pas besoin de recourir au
Conseil de sécurité de l'ONU pour libérer les
détenus. Unissons-nous en tant que pays arabes et pays musulmans
et
tenons-nous ensemble aux côtés des dirigeants
égyptiens car si nous faisons cela, personne dans ce monde ne
les gênera et ne les forcera à fermer la frontière.
Coopérons pour garder ce passage ouvert et de cette
façon, nous pourrons mettre fin au siège de la bande de
Gaza. Nous devons soutenir la position turque en sachant qu'une grande
pression sera exercée sur les dirigeants turcs. Obama a
communiqué avec le « Tayyib » [le bon
homme] Recep Tayyib Erdogan et la pression va continuer sur la Turquie
pour l'empêcher de jouer un rôle de premier plan avec les
Arabes dans leur lutte contre Israël et à arrêter la
détérioration de ses relations avec
Israël ».
Il a déclaré que c'est un moment
opportun « pour mettre fin au blocus imposé à
Gaza et cela nécessite plus de Flottilles
de la
liberté. C'est à ce moment que l'objectif
d'Israël - qui pense à prendre des mesures analogues -
échoue. J'en appelle à plus de participation du Liban
à la Flottille de la
liberté 2.
Aujourd'hui, l'Initiative de paix européenne a
déclaré qu'elle organisait une autre flottille. Comment
vont se positionner les Arabes et les musulmans ? Israël
craint le drapeau rouge [Turquie] autant qu'il a peur du drapeau jaune
[Hezbollah]. Ceux qui participent à la Flottille de la
liberté 2 doivent savoir qu'ils appartiennent
à une résistance qui ne laisse personne dans les prisons
israéliennes. »
Nasrallah a insisté sur le fait que la cause
de la bande de Gaza doit demeurer au centre des préoccupations
internationales. « La cause palestinienne doit devenir une
cause internationale. Dans le passé, ils ont dit que c'est la
cause du monde arabe et non pas du monde islamique. Dans notre monde
arabe, la cause a été transformée en
cause palestinienne, la cause elle-même est devenue la cause de
la bande de Gaza, la Cisjordanie et les réfugiés. Nous
devons souligner que cette cause est humaine, islamique, arabe et
mondiale. Nous devons insister sur l'enquête internationale
même si nous savons déjà qu'elle sera compromise.
Néanmoins exigeons une enquête internationale car
elle va embarrasser Israël qui va sans doute la rejeter. Nous
devons poursuivre les dirigeants israéliens partout où
c'est possible dans le monde. Poursuivre Israël pour ses crimes
déroutera les dirigeants israéliens devenus perplexes. Le
monde entier doit apprendre la vérité sur Israël qui
se présente comme une démocratie respectueuse des lois
internationales. Nous devons profiter de la Flottille de la
liberté pour rappeler au monde les massacres commis par
Israël ».
(Al Manar)

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