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Asie de l'Est
Le mouvement anti-guerre des peuples
est-asiatiques ne peut être arrêté!
Utilisant le prétexte, fabriqué
conçu de toutes pièces, que la République
populaire démocratique de Corée (RPDC) est responsable du
naufrage d'un navire de guerre sud-coréen, les États-Unis
et le Japon renouvellent l'entente sur le maintien de la base
militaire américaine au Japon en opposition directe au mouvement
grandissant qui
réclame : « Armée américaine, hors
de l'Asie de l'Est ! »
Le naufrage du navire de guerre de la République
de Corée que les États-Unis attribuent à la RPDC
est devenu la cause célèbre qui justifie l'occupation
militaire des îles japonaises d'Okinawa par l'empire
américain. Dans une déclaration
américano-japonaise publiée le 28 mai, le premier
ministre
japonais Yukio Hatoyama revient officiellement sur sa promesse de
commencer le retrait des bases américaines d'Okinawa.
Pendant le débat des chefs durant la campagne
électorale nationale de l'année dernière, Yukio
Hatoyama avait déclaré solennellement qu'il
« jouera sa vie sur la possibilité de repenser la
mission [de la base de l'armée américaine] de Futenma
à l'extérieur de la préfecture
(Okinawa) ». Même depuis qu'il soit
devenu premier
ministre, Hatoyama a déclaré à maintes reprises
que la base militaire américaine doit être
« à tout le moins » déplacée
de la préfecture et qu'il négociait les détails
d'un retrait américain.
Ces déclarations et promesses étaient en
reconnaissance de véritables changements en Asie de l'Est, et du
désir des peuples de se défaire de la présence
militaire américaine qui est constamment une menace de guerre et
la principale source d'instabilité. Le développement
économique et la confiance autant de la Chine que de la RPDC et
l'expérience directe de bonne volonté suscitée par
« la politique du soleil » sur la
réunification de la Corée par les deux
précédentes administrations de la République de
Corée forment la base de nouveaux arrangements dans la
région. Plusieurs en Asie de l'Est se sont rendus compte que les
nouveaux arrangements anti-guerre favorisant
la réconciliation et le développement pacifique ne
peuvent s'établir que par une opposition active à
l'ingérence américaine dans leurs affaires et que si les
bases militaires américaines et leur armada navale, avec leurs
arsenaux nucléaires, sont retirés de la région.
Le 16 mai 2010: la
chaîne humaine entourant la base militaire américaine de
Futenma pour exiger que l'armée
américaine quitte l'île d'Okinawa. Dans un article
intitulé «La base de Futenma et la controverse
américano-japonaise:
une perspective okinawaenne», paru dans la revue Japan Focus, le
professeur Yoshio Shimoji écrit que l'indépendance
du Japon «a été réalisée aux
dépens d'Okinawa, qui a été maintenue sous une
administration militaire brutale jusqu'à
ce qu'elle redevienne une préfecture japonaise en 1972. Mais
même après 1972, les bases américaines sur
l'île sont
restées intactes. Aujourd'hui le côté
négatif du Traité de sécurité mutuelle
entre le Japon et les États-Unis apparaît évident
à Okinawa, où sont concentrés 75% des effectifs
militaires américains au Japon. Bien que ces bases et
facilités
(85 au total) soient officiellement mises à la disposition de
l'armée américaine aux termes du traité de
sécurité,
elles sont essentiellement le prix de la victoire des forces
américaines.»
Il n'est jamais facile d'établir de nouveaux
arrangements, surtout que l'empire américain a beaucoup
d'expérience à saper et à saboter le mouvement
populaire pour l'indépendance et la paix. Toutefois,
l'expérience directe des peuples avec les prétextes de
guerre fabriqués par les États-Unis leur a apporté
une certaine acuité politique. Elle a
renforcé les mouvements de masse anti-guerre au Japon et en
République de Corée contre les tentatives de
détournement et de sabotage. Les peuples sont résolus
à mettre fin à l'occupation militaire américaine
de leur pays et à persister dans leur lutte, en dépit des
mensonges et des menaces.
Dans ce contexte d'un mouvement grandissant en faveur
d'un gouvernement anti-guerre, le premier ministre Hatoyama
était incapable de maintenir l'unité dans son cabinet sur
le prolongement de l'occupation militaire américaine d'Okinawa.
Le Parti social-démocrate (PSD) a décidé de
quitter la coalition qui forme le gouvernement parce que le
premier ministre est revenu sur sa parole concernant la base de
Futenma. La présidente du PSD, Mizuho Fukushima, a
annoncé
le retrait de son parti dimanche à l'issue d'une réunion
de l'exécutif.
Fukushima, qui réclame la relocalisation
immédiate de la base, qui avait été
expulsée
du cabinet et démise de ses fonctions de ministre des Affaires
à la consommation, à la Sécurité
alimentaire et à l'Égalité des sexes pour avoir
refusé la trahison de la promesse électorale solennelle,
a dit : « Me renvoyer, c'est renvoyer Okinawa. Me
renvoyer, c'est trahir le peuple japonais. »
Selon une dépêche de Press TV,
« le départ du PSD est un coup dur pour le parti de
Hatoyama. Les démocrates ont besoin des autres partis pour
remporter la majorité aux élections à la Chambre
haute [en juillet]. »
L'immense campagne de propagande pour convaincre les
Japonais que la RPDC veut la guerre et que l'impérialisme
américain, malgré toutes les preuves du contraire, est un
facteur de paix, n'avait pas réussi à maintenir
l'unité du cabinet et à freiner la détermination
du mouvement anti-guerre à bloquer le renouvellement de
l'alliance de guerre
américano-japonaise.
Même les détails officiels du naufrage du
navire de guerre sont publiquement contestés,
discrédités et rejetés. Les gens veulent savoir
pourquoi la RPDC voudrait faire une chose pareille quand elle n'avait
rien à gagner d'une telle attaque. Ils veulent savoir comment un
de ses sous-marins aurait pu secrètement torpiller un navire de
guerre et
s'échapper sans être détecté dans des eaux
peu profondes, et tout cela dans le contexte d'un gigantesque exercice
naval militaire conjoint américano-sud-coréen impliquant
des navires de guerre les plus sophistiqués de l'armada
américain.
À bout d'arguments, Hatoyama a défendu la
déclaration conjointe du 28 mai en invoquant le faux
prétexte du naufrage du navire de guerre sud-coréen. Il a
dit que « la situation demeure tendue en Asie de l'Est,
notamment avec le naufrage. » Les Japonais étaient
censés croire que la tension ne vient pas justement de
l'occupation
militaire américaine de la Corée et du Japon et de
l'objectif déclaré de « changement de
régime » en RPDC. Non, elle viendrait de la RPDC, qui
de l'aveu même de l'élite dirigeante japonaise ne menace
pas le Japon, sans parler des États-Unis, bien qu'elle soit
certainement capable de se défendre si elle est attaquée.
Lors d'une rencontre avec les représentants de la
Chine et de la Corée du sud en fin de semaine, Hatoyama a
également déclaré que le Japon appuierait la
Corée du sud si elle portait l'affaire devant le Conseil de
sécurité de l'ONU.
Le monde a changé et cela ne prendra pas des
années à exposer les États-Unis pour cette plus
récente répétition de l'« incident du
Golfe du Tonkin », un mensonge et un prétexte pour
influencer l'opinion publique des États-Unis pour engager encore
une autre guerre brutale, cette fois-ci contre le peuple coréen.
Déjà l'Internet
abonde d'articles de journalisme d'enquête qui exposent le
naufrage du navire de guerre coréen comme un complot
délibéré pour saboter le mouvement anti-guerre des
peuples de l'Asie de l'Est et exiger le retrait des bases militaires et
de l'armada navale américaines de la région et le
mouvement du peuple coréen pour la réunification de sa
patrie
par lui-même et sans ingérence de l'empire
américain et du Japon occupé. Les peuples se rassemblent
dans un mouvement résolu pour chasser l'armée des
États-Unis de l'Asie.

Humiliation du parti au pouvoir au Japon
Le premier ministre japonais Hatoyama a annoncé
le 23 mai que son gouvernement a complètement capitulé
devant l'impérialisme américain et qu'il permettra aux
bases militaires américaines de rester à Okinawa.
À son arrivée à Okinawa où
il a choisi de faire l'annonce de la capitulation à
l'impérialisme américain et de la trahison de sa promesse
électorale, Hatoyama a été accueilli par des
manifestants en colère qui ont déclaré que la
décision ne passera pas. Le maire de Nago, où une
nouvelle base est proposée, dit que les citoyens et les
dirigeants de
sa municipalité ne permettront jamais que leur région
soit souillée par l'armée américaine.
Il existe un sentiment grandissant à Okinawa et
partout au Japon que l'impérialisme américain et ses
conciliateurs représentent la plus grande menace pour
l'humanité et la paix dans le monde. Aucun prétexte ne
peut dissuader les gens de l'idée que l'empire américain
est le plus grand danger pour l'humanité et qu'un
véritable gouvernement
anti-guerre est nécessaire pour arrêter le glissement vers
la catastrophe d'une autre guerre mondiale.
Hatoyama a voulu expliquer pourquoi il a violé sa
promesse de retirer les bases américaines d'Okinawa en disant
que, depuis son arrivée au pouvoir, « [il] avait
appris à apprécier le rôle dissuasif dans la
région des marines américains et qu'Okinawa est l'endroit
le plus stratégique pour eux. Nous sommes venus à la
conclusion que nous
devons demander aux résidents locaux d'accepter [une nouvelle]
base dans une zone proche de Henoko. »
Hatoyama, dont le discours rappelle les envolées
lyriques du premier ministre britannique Neville Chamberlain capitulant
devant le régime nazi allemand à Munich, a
qualifié sa décision de
« déchirante » et dit :
« (La base militaire américaine) Futenma devra rester
à Okinawa. Je m'excuse du fond du coeur de la
confusion que j'ai causée parmi les habitants d'Okinawa en ne
tenant pas ma promesse de déplacer [les bases militaires
américaines] en dehors de la préfecture. »
Il a tenté en vain d'utiliser le naufrage d'un
navire de guerre sud-coréen comme un prétexte pour
concilier avec les préparatifs de guerre américains. Il a
déclaré que son « administration a
renoncé au déménagement de Futenma à la
lumière des incertitudes qui subsistent en Asie de l'Est, en
particulier dans la péninsule coréenne. En tant
que premier ministre, je dois dire que nous ne pouvons permettre de
minimiser le pouvoir de dissuasion que représente la
présence des forces américaines au Japon ».
Le gouverneur d'Okinawa, Hirokazu Nakaima, n'a rien
voulu savoir de tout cela et a dénoncé Hatoyama en direct
à la télévision lors de leur rencontre. Il a
exprimé son « profond regret » devant la
décision du gouvernement de ne pas tenir sa promesse faite aux
résidents d'Okinawa sur l'élimination des bases
américaines. Le
gouverneur Nakaima a dit qu'il sera « extrêmement
difficile » de mener à bien le plan des
États-Unis quand on sait que le plus grand souhait des
résidents d'Okinawa est que les installations militaires soient
déplacées hors de la préfecture.
« L'écart entre les attentes de la population (et la
dernière décision du gouvernement) est
énorme », a dit Nakaima à Hatoyama. Il a
ensuite déclaré aux médias que Hatoyama a
« trahi » Okinawa.
Lors de son voyage d'une journée à Naha
pour expliquer la décision, Hatoyama a également
rencontré en public le maire de Nago, Susumu Inamine, et onze
autres maires. Inamine, qui a été élu en janvier
sur la base de son opposition aux installations militaires
américaines, a réitéré sa position ferme.
Devant les caméras, il a dit au premier
ministre que s'il est venu leur dire d'accepter les installations
militaires américaines malgré leur ferme opposition,
alors le premier ministre « n'est pas le bienvenu. Je ne
peux pas cacher ma colère face au nouvel accord
nippo-américain car il trahit le sentiment des gens de Nago et
Okinawa. [...] En tant que maire de Nago, je tiens à
exprimer ma ferme opposition. [...] Nago n'a pas besoin d'une nouvelle
base ».
Tenant des propos semblables à ceux du
gouverneur, le maire a dénoncé le premier ministre
Hatoyama pour avoir « trahi » sa ville et
Okinawa. Il a dit : « Il y a aucune
possibilité » qu'une nouvelle base américaine
militaire soit construite dans sa ville parce que l'opposition locale a
pris de l'ampleur.
Les manifestants ont organisé un rassemblement
devant le siège du gouvernement de la préfecture
où la rencontre avec le premier ministre a eu lieu. Ils ont dit
à Hatoyama de respecter sa promesse électorale et de
forcer l'armée américaine à quitter Okinawa.
Beaucoup tenaient des pancartes rouges portant le caractère
kanji qui signifie
« colère ». Un trait remarquable des
manifestations incessantes réclamant le rapatriement des troupes
américaines est la participation active des jeunes, dont
beaucoup proviennent des écoles secondaires avoisinant les bases
américaines.

Bas les pattes de la Corée!
Les Sud-Coréens s'opposent à la
confrontation et exigent une enquête sur le naufrage du Cheonan
Le 26 mai, 91 partis d'opposition et organisations
civiles, publiques et religieuses ont participé à une
réunion d'urgence sur la situation sur la péninsule
coréenne au pavillon Paekbom à Séoul. Il y avait
le Parti démocratique, le Parti du travail démocratique,
le Quartier général sud de l'Alliance pan-nationale pour
la réunification de la Corée, la
Solidarité citoyenne pour une société
démocratique, la Solidarité des femmes, le Conseil des
prêtres catholiques pour la justice et l'Association des
prêtres bouddhistes pour la réalisation du bouddhisme. Les
organisations réunies ont déclaré qu'elles
réagiraient ensemble aux agissements imprudents du groupe de
traîtres à la tête de la Corée du sud.
Elles ont adopté une déclaration dans laquelle elles
exigent que les autorités cessent immédiatement les
provocations contre la RPDC et lèvent les mesures prises qui
mènent droit à la confrontation militaire.
Quatre-vingt neuf avocats à la retraite ont
également émis une déclaration le 26 mai, dans
laquelle ils enjoignent les autorités du gouvernement fantoche
à cesser immédiatement d'utiliser le naufrage du Cheonan
pour avancer leurs objectifs politiques étroits.

Séoul le 25 mai
2010: Assemblée publique et manifestation devant les bureaux du
ministère de
la Défense civile pour exiger une enquête sur le naufrage
du Cheonan. (SPARK)
Le 25 mai, les représentants de 37 organisations
civiques et publiques de la Corée du sud, dont Citoyens pour la
réalisation de la paix et de la réunification et
Solidarité pour l'application de la Déclaration Nord-Sud,
ont convoqué une conférence de presse à
Séoul pour exiger la divulgation d'informations concernant le
naufrage du navire de
guerre et une enquête approfondie sur l'incident.
Ils ont fait valoir que l'enquête
américano-sud-coréenne, sous la supervision des
autorités militaires, a été menée avec la
notion préconçue que le navire de guerre a
été coulé par « une torpille du
nord » et que des faits importants n'ont pas
été retenus ou rendus publics.
Le 24 mai, des organisations religieuses ont fait
parvenir une lettre de protestation à l'ambassade des
États-Unis à Séoul enjoignant les
États-Unis à rendre publiques toutes les informations
concernant le naufrage du Cheonan.

Les États-Unis créent un climat
de pression internationale
Le 26 mai, la secrétaire d'État
américaine et émissaire impérial en chef Hillary
Clinton a fait la
demande scandaleuse que la communauté internationale doit
répondre à la
provocation « inacceptable » de la
République populaire démocratique de
Corée (RPDC) en se référant à la fausse
conclusion de « l'enquête »
menée
par les États-Unis et la Corée du sud sur le naufrage du Cheonan.
« La communauté internationale a une
responsabilité et un devoir de
répondre », a-t-elle déclaré lors d'une
conférence de presse à Séoul.
Présentant la réalité à l'envers, elle a
prétendu qu'il y avait une
preuve « accablante » que la RPDC était
à blâmer, citant une prétendue
« politique de
belligérance ».
« Nous ne pouvons fermer les yeux sur
l'agressivité et la
provocation. Nous serons aux côtés [de la Corée du
sud] en cette heure
difficile et nous serons toujours avec vous. »
Elle a ajouté : « Nous appelons
la Corée du Nord à cesser ses
provocations et sa politique de menaces et d'agressivité envers
ses
voisins. Les États-Unis examinent également des options
supplémentaires
et l'autorité de tenir la Corée du Nord et de ses
dirigeants
responsables. »
Le ministre sud-coréen des Affaires
étrangères, Yu Myung-Hwan, est
intervenu docilement en disant que lui et Clinton ont convenu que la
RPDC doit assumer la responsabilité pour le naufrage du Cheonan.
Il
a
également
recommandé de laisser le Conseil de
sécurité s'occuper
de l'affaire. Rivalisant avec Clinton dans son mensonge
éhonté, le ministre a déclaré :
« Quand nous porterons cela au Conseil
de sécurité, la chose la plus importante seront les
faits. Je crois que
nous devrions être guidés avant tout par les
faits. »
Un porte-parole du ministère des Affaires
étrangères de la RPDC a
publié vendredi la déclaration suivante en relation avec
le fait que
les États-Unis deviennent d'autant plus téméraires
dans leurs
manoeuvres pour créer un climat de pression internationale sur
la RPDC,
en confiant l'affaire du navire de guerre
« Cheonan » au Conseil de
sécurité des Nations unies :
« Récemment, au cours de ses voyage
qui l'ont menée au Japon, en
Chine et en Corée du sud, la secrétaire d'État
américain a déchaîné une
vague de purs mensonges pour pointer du doigt la RPDC comme
étant le
principal coupable dans le naufrage du navire de guerre.
« Mais un examen de qui tire avantage de
"l'histoire d'une attaque à
la torpille par la Corée du Nord" et quels en seront les
bénéfices
permet clairement de conclure que l'affaire a été
montée de toutes
pièces par les États-Unis et les autorités
sud-coréennes. Tout d'abord,
l'administration Obama utilise le cas récent pour essayer de
projeter
une image "forte" à l'approche des élections de mi-mandat
au Congrès
prévues pour novembre, car son administration s'est acquise
durant la
première année de son mandat la réputation
d'être faible à l'étranger.
Deuxièmement, les États-Unis gonflent "la menace de la
Corée du Nord"
pour la faire paraître réelle, forçant finalement
le Parti
démocrate du Japon au pouvoir, qui avait été
désireux d'expulser les
forces américaines d'Okinawa, à céder. C'est la
raison pour laquelle
les "résultats de l'enquête" ont été
annoncés en mai. Troisièmement,
les États-Unis devaient justifier leur politique de "patience
stratégique" destinée à faire
dégénérer le climat d'investissements
internationaux en
Corée du Nord et progressivement étouffer son
économie. Quatrièmement,
il devenait possible pour les États-Unis de mettre la Chine dans
une
position inconfortable et maintenir le Japon et la Corée du sud
sur la
défensive.
« La vérité demeure
inchangée, même si les États-Unis s'en tiennent
à leur propre opinion. Les États-Unis disent qu'ils vont
amener
l'affaire devant le Conseil de sécurité, mais le Conseil
de sécurité est
l'instance qui a déjà été salie en
février 2003 à cause des mensonges
de Powell à propos de l'Irak. Les États-Unis, qui
présentent
l'affaire comme une "violation de la Convention d'armistice" (CA), ont
poussé les autorités sud-coréennes à
répandre l'affirmation que
l'affaire doit être discutée devant "la Commission
d'armistice
militaire" (CAM). C'est un aveu de contradiction. En ce qui concerne la
CA, elle est restée lettre morte pendant longtemps à
cause des
États-Unis. La
CAM est inopérante depuis que les États-Unis ont
rappelé de façon
unilatérale le plus ancien membre représentant "les
forces de l'ONU" et
l'ont remplacé par un "général" de l'armée
fantoche sud-coréenne, qui
n'est pas une partie signataire de la CA. Puisque la CAM n'existe que
de nom, le gouvernement américain arrive à la conclusion
que
l'affaire est une "violation de la CA" avant même que le
représentant
des "forces de l'ONU" à la CAM annonce qu'il mènera une
enquête sur
l'infraction. L'ironie est que la secrétaire d'État
américaine s'en
prend à la CA, mais elle ne sait pas dans quel état se
trouve la CA.
« Les États-Unis font pression sur
d'autres pays pour les forcer à
accepter les "résultats de l'enquête" annoncées par
la Corée du sud,
l'appuyant avec zèle, mais "l'équipe d'enquête"
formée des États-Unis
et des autorités sud-coréennes est vague et suspecte de
par sa nature.
Ce qui importe, c'est que l'équipe est avant tout
composée de
membres de l'armée sud-coréenne et ce qui est
problématique, c'est que
les autorités sud-coréennes ont inclus dans cette
équipe quelques
étrangers unilatéralement choisis par eux, pour les faire
passer pour
une "équipe d'enquête internationale". Il n'y
a pas de moyen de savoir
si ces étrangers ont participé à l'enquête
au nom des
gouvernements de leurs pays ou à titre privé et s'ils
avaient un mandat
d'enquêter ou agissaient comme prête-nom et si un accord
avait été
conclu sur les "résultats de l'enquête" [sans] passer par
toute la
procédure. Nous avons proposé plus d'une fois d'envoyer
sur les lieux
un groupe d'inspection, mais les États-Unis et les
autorités
sud-coréennes
refusent obstinément de le recevoir. [...]
« A peine les États-Unis et les
autorités sud-coréens ont-ils
annoncé les "résultats de l'enquête" qu'ils ont
menacé de mettre en
place des sanctions supplémentaires et de prendre des
contre-mesures
indépendamment du fait que la communauté internationale
comprenne ces
résultats ou non. C'est là un objectif caché qui
prouve
manifestement qu'ils agissent selon un scénario
déjà établi.
« Les États-Unis font gravement erreur
s'ils pensent pouvoir occuper
la péninsule coréenne tout comme ils l'ont fait pour
l'Irak avec de
purs mensonges. Si le Conseil de sécurité se laisse
berner par les
mensonges des États-Unis et reçoit les "résultats
de l'enquête" sur le
navire de guerre Cheonan et en discute, alors cela
signifie que le Conseil de sécurité est manipulé
de façon abusive pour
empiéter sur la dignité du peuple coréen et la
souveraineté de la RPDC.
Dans le cas où la RPDC prend d'autres contre-mesures de
légitime
défense, comme elle l'a déjà
déclaré, les États-Unis et leurs agents en
porteront la responsabilité. »

Le régime de Lee Myung-bak
intensifie la confrontation
Les manoeuvres sinistres du régime fantoche
sud-coréen pour utiliser le naufrage du Cheonan pour
mener des activités ouvertes contre la République
démocratique populaire de Corée (RPDC) sont de plus en
plus exposées. Celles-ci incluent « les entraves aux
visites dans la partie Nord », la
« référence du cas au
Conseil de sécurité de l'ONU » et les
initiatives de « guerre psychologique contre le
Nord ». Minju Joson, l'organe officiel du
gouvernement de la RPDC, déclare dans son commentaire du 28
mai :
« Les cercles dirigeants de Corée du
sud ont depuis longtemps l'habitude de monter des scénarios
choquants et de faire tout un bruit de confrontation à chaque
fois qu'ils se trouvent face à un précipice.
« Il en va de même, poursuit l'article,
pour le groupe conservateur de Lee Myung-bak. Ce groupe est maudit et
dénoncé par le peuple et ses activités
traîtresses, anti-réunification et impopulaires depuis son
arrivée au pouvoir l'ont plongé dans une sérieuse
crise de gouvernance. C'est pourquoi il a annoncé des
"sanctions" et intensifié ses
activités visant à escalader la confrontation avec la
RPDC pour détourner la haine que le peuple lui voue et passer
à travers la crise de la direction du pays, qui
s'approfondit sans cesse. »
Hyun In-thaek, le ministre de la Réunification de
Corée du sud, a contribué à ces tentatives de
nuire à la RPDC et au travail pour la réunification en
disant lors de la plénière du Comité consultatif
politique du gouvernement le 25 mai que « les relations
inter-coréennes ne devraient pas être les mêmes
qu'elles étaient auparavant »
suite au naufrage du navire de guerre et qu'il faut
« rectifier ce qui ne va pas et ouvrir un nouveau chapitre
dans les relations inter-coréennes ».
Il a dit que la partie sud va bâtir des
« relations inter-coréennes saines et
normales » et
« modeler ces relations sur les désirs de la
Corée du sud » et il a appelé à des
« réponses fermes ». Avant d'être
nommé ministre par le président Lee Myung-bak, Hyun
In-thaek était notoire pour ses attaques contre la RPDC et pour
son opposition à toute position de principe sur
la question de la réunification.
Le Rodong Sinmun, l'organe officiel du
Comité central du Parti des travailleurs de Corée, a
répliqué à ces remarques le 28 mai en
écrivant :
« Ceci n'est rien d'autre que le comportement
méprisable de ceux qui sont très contents de
l'effondrement des relations inter-coréennes.
« L'effondrement des relations
inter-coréennes est une tragédie pour la nation
coréenne dont le scénario a été
écrit et orchestré par le groupe conservateur (de Lee
Myung-bak).
« La RPDC espère que les relations
inter-coréennes vont s'améliorer mais elle ne peut pas
être un observateur passif des actions frénétiques
du groupe de traîtres qui cherche à intensifier la
confrontation et à provoquer une guerre contre la RPDC. Les
mesures prises par la RPDC, de geler toutes les relations
inter-coréennes, déchirer
l'entente de non-agression nord-sud et stopper entièrement toute
coopération inter-coréenne, sont un message clair aux
partisans de la confrontation qui ont conduit les relations
inter-coréennes à l'effondrement.
« Il ne reste plus rien en ce moment des
relations inter-coréennes. Seuls subsistent la confrontation
intense et le danger de guerre. Les relations inter-coréennes
aujourd'hui sont complètement différentes de ce qu'elles
ont été dans le passé, comme le dit le groupe
fantoche.
« On ne doit rien attendre du "nouveau
chapitre dans les relations inter-coréennes" dont parle Hyun, ni
de ses "relations inter-coréennes saines et normales" et de ses
"relations inter-coréennes modelées sur les désirs
de la Corée du sud". C'est par crainte d'être
condamné publiquement au pays et dans l'arène
internationale que Hyun In-thaek parle d'"un nouveau chapitre dans les
relations
inter-coréennes". »
« Cette rhétorique absurde n'aidera
pas le groupe de traîtres à échapper à la
responsabilité d'avoir détruit les relations
inter-coréennes. »
Par ailleurs, dans un communiqué du 28 mai, le
Comité Nord pour l'application de la Déclaration
conjointe du 15 juin dénonce le régime de Lee Myung-bak
pour avoir annulé une cérémonie prévue le
15 juin pour marquer le dixième anniversaire de la
déclaration, malgré le désir unanime de tous les
Coréens qui aspirent à la réunification
indépendante et à la paix.
Le communiqué rappelle qu'à la
réunion des représentants du nord, du sud et des
chapitres internationaux du Comité de tous les Coréens
pour l'application de la Déclaration conjointe du 15 juin, il a
été convenu de tenir de grandes
célébrations pour marquer cette anniversaire historique.
Pyongyang avait été choisie comme ville hôte et les
arrangements et les détails d'organisation étaient
pratiquement achevés. Mais depuis la réunion, le
régime Lee a tout fait pour bloquer la participation des
représentants du sud à l'événement de
Pyongyang.

La Chine propose une enquête par
la Commission d'armistice militaire de l'ONU
- The Hankyoreh, le 29 mai 2010
(extraits) -
À l'heure où les relations
inter-coréennes courent à la confrontation sans issue, la
Chine aurait proposé une nouvelle médiation concernant le
naufrage du Cheonan.
Selon des sources requérant l'anonymat, la Chine
aurait proposé que les États-Unis mènent une
enquête conjointe avec la participation du commandement militaire
de l'ONU, la Chine et la Corée du Nord. La proposition aurait
été présentée la semaine dernière
par la délégation chinoise à l'ONU et
prévoit la convocation de la Commission
d'armistice militaire du Commandement de l'ONU, qui a perdu son
rôle avec le temps.
Les États-Unis et la Chine auraient
informé le gouvernement sud-coréen de l'offre par
l'intermédiaire de l'équipe d'enquête
spéciale du Commandement de l'ONU lors des pourparlers
stratégiques et économiques entre les deux pays à
Pékin les 24 et 25 mai.
En réponse à la proposition,
l'équipe d'enquête spéciale du Commandement de
l'ONU a dit au gouvernement sud-coréen qu'elle demanderait
à l'Armée de libération populaire de Chine de se
joindre à la Commission d'armistice militaire et voudrait aussi
la participation de l'Armée populaire de la Corée du Nord
à l'équipe conjointe
d'observation. L'équipe d'enquête spéciale de l'ONU
aurait insisté sur la nécessité de résoudre
le conflit par le dialogue. La Commission d'armistice militaire de
l'ONU a constitué une équipe d'enquête
spéciale le 22 mai pour examiner la cause du naufrage.
La Commission d'armistice militaire a été
constituée de la Corée du Nord et de la Chine, d'un
côté, et du Commandement de l'ONU de l'autre,
conformément à l'Armistice de 1953. Or, la Corée
du Nord s'est retirée en 1991 quand le Commandement de l'ONU a
nommé un général sud-coréen à la
commission. La Chine s'est retirée en 1994.
Ainsi, si la Commission d'armistice est reconvoquée, il est fort
probable qu'il y aura une enquête internationale avec la
participation de la Corée du Nord, de la Corée du sud, de
la Chine et des États-Unis.
La Corée du Nord soutient que la Commission
d'armistice militaire n'existe que sur papier, mais selon certains
observateurs depuis que la Chine a fait cette proposition il y aurait
un certain consensus entre la Corée du Nord et la Chine. La
position de la Corée du sud concernant cette proposition aurait
été de dire que cela ne ferait que donner à
la Corée du Nord une occasion de se justifier. [...]

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Marxiste-Léniniste
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