Le Marxiste-Léniniste

Numéro 96 - 2 juin 2010

Asie de l'Est

Le mouvement anti-guerre des peuples
est-asiatiques ne peut être arrêté!


Les 15 et 16 mai: Manifestations contre la base aérienne américaine à Futenma, dans l'île d'Okinawa au Japon. À droite: Les manifestants forment une chaîne humaine de 17 000 personnes encerclant la base. (Press TV)

Asie de l'Est
Le mouvement anti-guerre des peuples est-asiatiques ne peut être arrêté!
Humiliation du parti au pouvoir au Japon

Bas les pattes de la Corée!
Les Sud-Coréens s'opposent à la confrontation et exigent une enquête sur le naufrage du Cheonan
Les États-Unis créent un climat de pression internationale
Le régime de Lee Myung-bak intensifie la confrontation
La Chine propose une enquête par la Commission d'armistice militaire de l'ONU - The Hankyoreh

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Asie de l'Est

Le mouvement anti-guerre des peuples
est-asiatiques ne peut être arrêté!

Utilisant le prétexte, fabriqué conçu de toutes pièces, que la République populaire démocratique de Corée (RPDC) est responsable du naufrage d'un navire de guerre sud-coréen, les États-Unis et le Japon renouvellent l'entente sur le maintien de la base militaire américaine au Japon en opposition directe au mouvement grandissant qui réclame : « Armée américaine, hors de l'Asie de l'Est ! »

Le naufrage du navire de guerre de la République de Corée que les États-Unis attribuent à la RPDC est devenu la cause célèbre qui justifie l'occupation militaire des îles japonaises d'Okinawa par l'empire américain. Dans une déclaration américano-japonaise publiée le 28 mai, le premier ministre japonais Yukio Hatoyama revient officiellement sur sa promesse de commencer le retrait des bases américaines d'Okinawa.

Pendant le débat des chefs durant la campagne électorale nationale de l'année dernière, Yukio Hatoyama avait déclaré solennellement qu'il « jouera sa vie sur la possibilité de repenser la mission [de la base de l'armée américaine] de Futenma à l'extérieur de la préfecture (Okinawa) ». Même depuis qu'il soit devenu premier ministre, Hatoyama a déclaré à maintes reprises que la base militaire américaine doit être « à tout le moins » déplacée de la préfecture et qu'il négociait les détails d'un retrait américain.

Ces déclarations et promesses étaient en reconnaissance de véritables changements en Asie de l'Est, et du désir des peuples de se défaire de la présence militaire américaine qui est constamment une menace de guerre et la principale source d'instabilité. Le développement économique et la confiance autant de la Chine que de la RPDC et l'expérience directe de bonne volonté suscitée par « la politique du soleil » sur la réunification de la Corée par les deux précédentes administrations de la République de Corée forment la base de nouveaux arrangements dans la région. Plusieurs en Asie de l'Est se sont rendus compte que les nouveaux arrangements anti-guerre favorisant la réconciliation et le développement pacifique ne peuvent s'établir que par une opposition active à l'ingérence américaine dans leurs affaires et que si les bases militaires américaines et leur armada navale, avec leurs arsenaux nucléaires, sont retirés de la région.


Le 16 mai 2010: la chaîne humaine entourant la base militaire américaine de Futenma pour exiger que l'armée
américaine quitte l'île d'Okinawa. Dans un article intitulé «La base de Futenma et la controverse américano-japonaise:
une perspective okinawaenne», paru dans la revue Japan Focus, le professeur Yoshio Shimoji écrit que l'indépendance
du Japon «a été réalisée aux dépens d'Okinawa, qui a été maintenue sous une administration militaire brutale jusqu'à
ce qu'elle redevienne une préfecture japonaise en 1972. Mais même après 1972, les bases américaines sur l'île sont
restées intactes. Aujourd'hui le côté négatif du Traité de sécurité mutuelle entre le Japon et les États-Unis apparaît évident
à Okinawa, où sont concentrés 75% des effectifs militaires américains au Japon. Bien que ces bases et facilités
(85 au total) soient officiellement mises à la disposition de l'armée américaine aux termes du traité de sécurité,
elles sont essentiellement le prix de la victoire des forces américaines.»

Il n'est jamais facile d'établir de nouveaux arrangements, surtout que l'empire américain a beaucoup d'expérience à saper et à saboter le mouvement populaire pour l'indépendance et la paix. Toutefois, l'expérience directe des peuples avec les prétextes de guerre fabriqués par les États-Unis leur a apporté une certaine acuité politique. Elle a renforcé les mouvements de masse anti-guerre au Japon et en République de Corée contre les tentatives de détournement et de sabotage. Les peuples sont résolus à mettre fin à l'occupation militaire américaine de leur pays et à persister dans leur lutte, en dépit des mensonges et des menaces.

Dans ce contexte d'un mouvement grandissant en faveur d'un gouvernement anti-guerre, le premier ministre Hatoyama était incapable de maintenir l'unité dans son cabinet sur le prolongement de l'occupation militaire américaine d'Okinawa. Le Parti social-démocrate (PSD) a décidé de quitter la coalition qui forme le gouvernement parce que le premier ministre est revenu sur sa parole concernant la base de Futenma. La présidente du PSD, Mizuho Fukushima, a annoncé le retrait de son parti dimanche à l'issue d'une réunion de l'exécutif.

Fukushima, qui réclame la relocalisation immédiate de la base, qui avait été expulsée du cabinet et démise de ses fonctions de ministre des Affaires à la consommation, à la Sécurité alimentaire et à l'Égalité des sexes pour avoir refusé la trahison de la promesse électorale solennelle, a dit : « Me renvoyer, c'est renvoyer Okinawa. Me renvoyer, c'est trahir le peuple japonais. »

Selon une dépêche de Press TV, « le départ du PSD est un coup dur pour le parti de Hatoyama. Les démocrates ont besoin des autres partis pour remporter la majorité aux élections à la Chambre haute [en juillet]. »

L'immense campagne de propagande pour convaincre les Japonais que la RPDC veut la guerre et que l'impérialisme américain, malgré toutes les preuves du contraire, est un facteur de paix, n'avait pas réussi à maintenir l'unité du cabinet et à freiner la détermination du mouvement anti-guerre à bloquer le renouvellement de l'alliance de guerre américano-japonaise.

Même les détails officiels du naufrage du navire de guerre sont publiquement contestés, discrédités et rejetés. Les gens veulent savoir pourquoi la RPDC voudrait faire une chose pareille quand elle n'avait rien à gagner d'une telle attaque. Ils veulent savoir comment un de ses sous-marins aurait pu secrètement torpiller un navire de guerre et s'échapper sans être détecté dans des eaux peu profondes, et tout cela dans le contexte d'un gigantesque exercice naval militaire conjoint américano-sud-coréen impliquant des navires de guerre les plus sophistiqués de l'armada américain.

À bout d'arguments, Hatoyama a défendu la déclaration conjointe du 28 mai en invoquant le faux prétexte du naufrage du navire de guerre sud-coréen. Il a dit que « la situation demeure tendue en Asie de l'Est, notamment avec le naufrage. » Les Japonais étaient censés croire que la tension ne vient pas justement de l'occupation militaire américaine de la Corée et du Japon et de l'objectif déclaré de « changement de régime » en RPDC. Non, elle viendrait de la RPDC, qui de l'aveu même de l'élite dirigeante japonaise ne menace pas le Japon, sans parler des États-Unis, bien qu'elle soit certainement capable de se défendre si elle est attaquée.

Lors d'une rencontre avec les représentants de la Chine et de la Corée du sud en fin de semaine, Hatoyama a également déclaré que le Japon appuierait la Corée du sud si elle portait l'affaire devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

Le monde a changé et cela ne prendra pas des années à exposer les États-Unis pour cette plus récente répétition de l'« incident du Golfe du Tonkin », un mensonge et un prétexte pour influencer l'opinion publique des États-Unis pour engager encore une autre guerre brutale, cette fois-ci contre le peuple coréen. Déjà l'Internet abonde d'articles de journalisme d'enquête qui exposent le naufrage du navire de guerre coréen comme un complot délibéré pour saboter le mouvement anti-guerre des peuples de l'Asie de l'Est et exiger le retrait des bases militaires et de l'armada navale américaines de la région et le mouvement du peuple coréen pour la réunification de sa patrie par lui-même et sans ingérence de l'empire américain et du Japon occupé. Les peuples se rassemblent dans un mouvement résolu pour chasser l'armée des États-Unis de l'Asie.

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Humiliation du parti au pouvoir au Japon

Le premier ministre japonais Hatoyama a annoncé le 23 mai que son gouvernement a complètement capitulé devant l'impérialisme américain et qu'il permettra aux bases militaires américaines de rester à Okinawa.

À son arrivée à Okinawa où il a choisi de faire l'annonce de la capitulation à l'impérialisme américain et de la trahison de sa promesse électorale, Hatoyama a été accueilli par des manifestants en colère qui ont déclaré que la décision ne passera pas. Le maire de Nago, où une nouvelle base est proposée, dit que les citoyens et les dirigeants de sa municipalité ne permettront jamais que leur région soit souillée par l'armée américaine.

Il existe un sentiment grandissant à Okinawa et partout au Japon que l'impérialisme américain et ses conciliateurs représentent la plus grande menace pour l'humanité et la paix dans le monde. Aucun prétexte ne peut dissuader les gens de l'idée que l'empire américain est le plus grand danger pour l'humanité et qu'un véritable gouvernement anti-guerre est nécessaire pour arrêter le glissement vers la catastrophe d'une autre guerre mondiale.

Hatoyama a voulu expliquer pourquoi il a violé sa promesse de retirer les bases américaines d'Okinawa en disant que, depuis son arrivée au pouvoir, « [il] avait appris à apprécier le rôle dissuasif dans la région des marines américains et qu'Okinawa est l'endroit le plus stratégique pour eux. Nous sommes venus à la conclusion que nous devons demander aux résidents locaux d'accepter [une nouvelle] base dans une zone proche de Henoko. »

Hatoyama, dont le discours rappelle les envolées lyriques du premier ministre britannique Neville Chamberlain capitulant devant le régime nazi allemand à Munich, a qualifié sa décision de « déchirante » et dit : « (La base militaire américaine) Futenma devra rester à Okinawa. Je m'excuse du fond du coeur de la confusion que j'ai causée parmi les habitants d'Okinawa en ne tenant pas ma promesse de déplacer [les bases militaires américaines] en dehors de la préfecture. »

Il a tenté en vain d'utiliser le naufrage d'un navire de guerre sud-coréen comme un prétexte pour concilier avec les préparatifs de guerre américains. Il a déclaré que son « administration a renoncé au déménagement de Futenma à la lumière des incertitudes qui subsistent en Asie de l'Est, en particulier dans la péninsule coréenne. En tant que premier ministre, je dois dire que nous ne pouvons permettre de minimiser le pouvoir de dissuasion que représente la présence des forces américaines au Japon ».

Le gouverneur d'Okinawa, Hirokazu Nakaima, n'a rien voulu savoir de tout cela et a dénoncé Hatoyama en direct à la télévision lors de leur rencontre. Il a exprimé son « profond regret » devant la décision du gouvernement de ne pas tenir sa promesse faite aux résidents d'Okinawa sur l'élimination des bases américaines. Le gouverneur Nakaima a dit qu'il sera « extrêmement difficile » de mener à bien le plan des États-Unis quand on sait que le plus grand souhait des résidents d'Okinawa est que les installations militaires soient déplacées hors de la préfecture. « L'écart entre les attentes de la population (et la dernière décision du gouvernement) est énorme », a dit Nakaima à Hatoyama. Il a ensuite déclaré aux médias que Hatoyama a « trahi » Okinawa.

Lors de son voyage d'une journée à Naha pour expliquer la décision, Hatoyama a également rencontré en public le maire de Nago, Susumu Inamine, et onze autres maires. Inamine, qui a été élu en janvier sur la base de son opposition aux installations militaires américaines, a réitéré sa position ferme. Devant les caméras, il a dit au premier ministre que s'il est venu leur dire d'accepter les installations militaires américaines malgré leur ferme opposition, alors le premier ministre « n'est pas le bienvenu. Je ne peux pas cacher ma colère face au nouvel accord nippo-américain car il trahit le sentiment des gens de Nago et Okinawa. [...] En tant que maire de Nago, je tiens à exprimer ma ferme opposition. [...] Nago n'a pas besoin d'une nouvelle base ».

Tenant des propos semblables à ceux du gouverneur, le maire a dénoncé le premier ministre Hatoyama pour avoir « trahi » sa ville et Okinawa. Il a dit : « Il y a aucune possibilité » qu'une nouvelle base américaine militaire soit construite dans sa ville parce que l'opposition locale a pris de l'ampleur.

Les manifestants ont organisé un rassemblement devant le siège du gouvernement de la préfecture où la rencontre avec le premier ministre a eu lieu. Ils ont dit à Hatoyama de respecter sa promesse électorale et de forcer l'armée américaine à quitter Okinawa. Beaucoup tenaient des pancartes rouges portant le caractère kanji qui signifie « colère ». Un trait remarquable des manifestations incessantes réclamant le rapatriement des troupes américaines est la participation active des jeunes, dont beaucoup proviennent des écoles secondaires avoisinant les bases américaines.

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Bas les pattes de la Corée!

Les Sud-Coréens s'opposent à la confrontation et exigent une enquête sur le naufrage du Cheonan

Le 26 mai, 91 partis d'opposition et organisations civiles, publiques et religieuses ont participé à une réunion d'urgence sur la situation sur la péninsule coréenne au pavillon Paekbom à Séoul. Il y avait le Parti démocratique, le Parti du travail démocratique, le Quartier général sud de l'Alliance pan-nationale pour la réunification de la Corée, la Solidarité citoyenne pour une société démocratique, la Solidarité des femmes, le Conseil des prêtres catholiques pour la justice et l'Association des prêtres bouddhistes pour la réalisation du bouddhisme. Les organisations réunies ont déclaré qu'elles réagiraient ensemble aux agissements imprudents du groupe de traîtres à la tête de la Corée du sud. Elles ont adopté une déclaration dans laquelle elles exigent que les autorités cessent immédiatement les provocations contre la RPDC et lèvent les mesures prises qui mènent droit à la confrontation militaire.

Quatre-vingt neuf avocats à la retraite ont également émis une déclaration le 26 mai, dans laquelle ils enjoignent les autorités du gouvernement fantoche à cesser immédiatement d'utiliser le naufrage du Cheonan pour avancer leurs objectifs politiques étroits.


Séoul le 25 mai 2010: Assemblée publique et manifestation devant les bureaux du ministère de
la Défense civile pour exiger une enquête sur le naufrage du Cheonan. (SPARK)

Le 25 mai, les représentants de 37 organisations civiques et publiques de la Corée du sud, dont Citoyens pour la réalisation de la paix et de la réunification et Solidarité pour l'application de la Déclaration Nord-Sud, ont convoqué une conférence de presse à Séoul pour exiger la divulgation d'informations concernant le naufrage du navire de guerre et une enquête approfondie sur l'incident.

Ils ont fait valoir que l'enquête américano-sud-coréenne, sous la supervision des autorités militaires, a été menée avec la notion préconçue que le navire de guerre a été coulé par « une torpille du nord » et que des faits importants n'ont pas été retenus ou rendus publics.

Le 24 mai, des organisations religieuses ont fait parvenir une lettre de protestation à l'ambassade des États-Unis à Séoul enjoignant les États-Unis à rendre publiques toutes les informations concernant le naufrage du Cheonan.

(Korean Central News Agency)

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Les États-Unis créent un climat
de pression internationale

Le 26 mai, la secrétaire d'État américaine et émissaire impérial en chef Hillary Clinton a fait la demande scandaleuse que la communauté internationale doit répondre à la provocation « inacceptable » de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) en se référant à la fausse conclusion de « l'enquête » menée par les États-Unis et la Corée du sud sur le naufrage du Cheonan.

« La communauté internationale a une responsabilité et un devoir de répondre », a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse à Séoul. Présentant la réalité à l'envers, elle a prétendu qu'il y avait une preuve « accablante » que la RPDC était à blâmer, citant une prétendue « politique de belligérance ».

« Nous ne pouvons fermer les yeux sur l'agressivité et la provocation. Nous serons aux côtés [de la Corée du sud] en cette heure difficile et nous serons toujours avec vous. »

Elle a ajouté : « Nous appelons la Corée du Nord à cesser ses provocations et sa politique de menaces et d'agressivité envers ses voisins. Les États-Unis examinent également des options supplémentaires et l'autorité de tenir la Corée du Nord et de ses dirigeants responsables. »

Le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Yu Myung-Hwan, est intervenu docilement en disant que lui et Clinton ont convenu que la RPDC doit assumer la responsabilité pour le naufrage du Cheonan. Il a également recommandé de laisser le Conseil de sécurité s'occuper de l'affaire. Rivalisant avec Clinton dans son mensonge éhonté, le ministre a déclaré : « Quand nous porterons cela au Conseil de sécurité, la chose la plus importante seront les faits. Je crois que nous devrions être guidés avant tout par les faits. »

Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la RPDC a publié vendredi la déclaration suivante en relation avec le fait que les États-Unis deviennent d'autant plus téméraires dans leurs manoeuvres pour créer un climat de pression internationale sur la RPDC, en confiant l'affaire du navire de guerre « Cheonan » au Conseil de sécurité des Nations unies :

« Récemment, au cours de ses voyage qui l'ont menée au Japon, en Chine et en Corée du sud, la secrétaire d'État américain a déchaîné une vague de purs mensonges pour pointer du doigt la RPDC comme étant le principal coupable dans le naufrage du navire de guerre.

« Mais un examen de qui tire avantage de "l'histoire d'une attaque à la torpille par la Corée du Nord" et quels en seront les bénéfices permet clairement de conclure que l'affaire a été montée de toutes pièces par les États-Unis et les autorités sud-coréennes. Tout d'abord, l'administration Obama utilise le cas récent pour essayer de projeter une image "forte" à l'approche des élections de mi-mandat au Congrès prévues pour novembre, car son administration s'est acquise durant la première année de son mandat la réputation d'être faible à l'étranger. Deuxièmement, les États-Unis gonflent "la menace de la Corée du Nord" pour la faire paraître réelle, forçant finalement le Parti démocrate du Japon au pouvoir, qui avait été désireux d'expulser les forces américaines d'Okinawa, à céder. C'est la raison pour laquelle les "résultats de l'enquête" ont été annoncés en mai. Troisièmement, les États-Unis devaient justifier leur politique de "patience stratégique" destinée à faire dégénérer le climat d'investissements internationaux en Corée du Nord et progressivement étouffer son économie. Quatrièmement, il devenait possible pour les États-Unis de mettre la Chine dans une position inconfortable et maintenir le Japon et la Corée du sud sur la défensive.

« La vérité demeure inchangée, même si les États-Unis s'en tiennent à leur propre opinion. Les États-Unis disent qu'ils vont amener l'affaire devant le Conseil de sécurité, mais le Conseil de sécurité est l'instance qui a déjà été salie en février 2003 à cause des mensonges de Powell à propos de l'Irak. Les États-Unis, qui présentent l'affaire comme une "violation de la Convention d'armistice" (CA), ont poussé les autorités sud-coréennes à répandre l'affirmation que l'affaire doit être discutée devant "la Commission d'armistice militaire" (CAM). C'est un aveu de contradiction. En ce qui concerne la CA, elle est restée lettre morte pendant longtemps à cause des États-Unis. La CAM est inopérante depuis que les États-Unis ont rappelé de façon unilatérale le plus ancien membre représentant "les forces de l'ONU" et l'ont remplacé par un "général" de l'armée fantoche sud-coréenne, qui n'est pas une partie signataire de la CA. Puisque la CAM n'existe que de nom, le gouvernement américain arrive à la conclusion que l'affaire est une "violation de la CA" avant même que le représentant des "forces de l'ONU" à la CAM annonce qu'il mènera une enquête sur l'infraction. L'ironie est que la secrétaire d'État américaine s'en prend à la CA, mais elle ne sait pas dans quel état se trouve la CA.

« Les États-Unis font pression sur d'autres pays pour les forcer à accepter les "résultats de l'enquête" annoncées par la Corée du sud, l'appuyant avec zèle, mais "l'équipe d'enquête" formée des États-Unis et des autorités sud-coréennes est vague et suspecte de par sa nature. Ce qui importe, c'est que l'équipe est avant tout composée de membres de l'armée sud-coréenne et ce qui est problématique, c'est que les autorités sud-coréennes ont inclus dans cette équipe quelques étrangers unilatéralement choisis par eux, pour les faire passer pour une "équipe d'enquête internationale". Il n'y a pas de moyen de savoir si ces étrangers ont participé à l'enquête au nom des gouvernements de leurs pays ou à titre privé et s'ils avaient un mandat d'enquêter ou agissaient comme prête-nom et si un accord avait été conclu sur les "résultats de l'enquête" [sans] passer par toute la procédure. Nous avons proposé plus d'une fois d'envoyer sur les lieux un groupe d'inspection, mais les États-Unis et les autorités sud-coréennes refusent obstinément de le recevoir. [...]

« A peine les États-Unis et les autorités sud-coréens ont-ils annoncé les "résultats de l'enquête" qu'ils ont menacé de mettre en place des sanctions supplémentaires et de prendre des contre-mesures indépendamment du fait que la communauté internationale comprenne ces résultats ou non. C'est là un objectif caché qui prouve manifestement qu'ils agissent selon un scénario déjà établi.

« Les États-Unis font gravement erreur s'ils pensent pouvoir occuper la péninsule coréenne tout comme ils l'ont fait pour l'Irak avec de purs mensonges. Si le Conseil de sécurité se laisse berner par les mensonges des États-Unis et reçoit les "résultats de l'enquête" sur le navire de guerre Cheonan et en discute, alors cela signifie que le Conseil de sécurité est manipulé de façon abusive pour empiéter sur la dignité du peuple coréen et la souveraineté de la RPDC. Dans le cas où la RPDC prend d'autres contre-mesures de légitime défense, comme elle l'a déjà déclaré, les États-Unis et leurs agents en porteront la responsabilité. »

(ITAR-TASS, l'Agence de nouvelles centrale coréenne)

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Le régime de Lee Myung-bak
intensifie la confrontation

Les manoeuvres sinistres du régime fantoche sud-coréen pour utiliser le naufrage du Cheonan pour mener des activités ouvertes contre la République démocratique populaire de Corée (RPDC) sont de plus en plus exposées. Celles-ci incluent « les entraves aux visites dans la partie Nord », la « référence du cas au Conseil de sécurité de l'ONU » et les initiatives de « guerre psychologique contre le Nord ». Minju Joson, l'organe officiel du gouvernement de la RPDC, déclare dans son commentaire du 28 mai :

« Les cercles dirigeants de Corée du sud ont depuis longtemps l'habitude de monter des scénarios choquants et de faire tout un bruit de confrontation à chaque fois qu'ils se trouvent face à un précipice.

« Il en va de même, poursuit l'article, pour le groupe conservateur de Lee Myung-bak. Ce groupe est maudit et dénoncé par le peuple et ses activités traîtresses, anti-réunification et impopulaires depuis son arrivée au pouvoir l'ont plongé dans une sérieuse crise de gouvernance. C'est pourquoi il a annoncé des "sanctions" et intensifié ses activités visant à escalader la confrontation avec la RPDC pour détourner la haine que le peuple lui voue et passer à travers la crise de la direction du pays, qui s'approfondit sans cesse. »

Hyun In-thaek, le ministre de la Réunification de Corée du sud, a contribué à ces tentatives de nuire à la RPDC et au travail pour la réunification en disant lors de la plénière du Comité consultatif politique du gouvernement le 25 mai que « les relations inter-coréennes ne devraient pas être les mêmes qu'elles étaient auparavant » suite au naufrage du navire de guerre et qu'il faut « rectifier ce qui ne va pas et ouvrir un nouveau chapitre dans les relations inter-coréennes ».

Il a dit que la partie sud va bâtir des « relations inter-coréennes saines et normales » et « modeler ces relations sur les désirs de la Corée du sud » et il a appelé à des « réponses fermes ». Avant d'être nommé ministre par le président Lee Myung-bak, Hyun In-thaek était notoire pour ses attaques contre la RPDC et pour son opposition à toute position de principe sur la question de la réunification.

Le Rodong Sinmun, l'organe officiel du Comité central du Parti des travailleurs de Corée, a répliqué à ces remarques le 28 mai en écrivant :

« Ceci n'est rien d'autre que le comportement méprisable de ceux qui sont très contents de l'effondrement des relations inter-coréennes.

« L'effondrement des relations inter-coréennes est une tragédie pour la nation coréenne dont le scénario a été écrit et orchestré par le groupe conservateur (de Lee Myung-bak).

« La RPDC espère que les relations inter-coréennes vont s'améliorer mais elle ne peut pas être un observateur passif des actions frénétiques du groupe de traîtres qui cherche à intensifier la confrontation et à provoquer une guerre contre la RPDC. Les mesures prises par la RPDC, de geler toutes les relations inter-coréennes, déchirer l'entente de non-agression nord-sud et stopper entièrement toute coopération inter-coréenne, sont un message clair aux partisans de la confrontation qui ont conduit les relations inter-coréennes à l'effondrement.

« Il ne reste plus rien en ce moment des relations inter-coréennes. Seuls subsistent la confrontation intense et le danger de guerre. Les relations inter-coréennes aujourd'hui sont complètement différentes de ce qu'elles ont été dans le passé, comme le dit le groupe fantoche.

« On ne doit rien attendre du "nouveau chapitre dans les relations inter-coréennes" dont parle Hyun, ni de ses "relations inter-coréennes saines et normales" et de ses "relations inter-coréennes modelées sur les désirs de la Corée du sud". C'est par crainte d'être condamné publiquement au pays et dans l'arène internationale que Hyun In-thaek parle d'"un nouveau chapitre dans les relations inter-coréennes". »

« Cette rhétorique absurde n'aidera pas le groupe de traîtres à échapper à la responsabilité d'avoir détruit les relations inter-coréennes. »

Par ailleurs, dans un communiqué du 28 mai, le Comité Nord pour l'application de la Déclaration conjointe du 15 juin dénonce le régime de Lee Myung-bak pour avoir annulé une cérémonie prévue le 15 juin pour marquer le dixième anniversaire de la déclaration, malgré le désir unanime de tous les Coréens qui aspirent à la réunification indépendante et à la paix.

Le communiqué rappelle qu'à la réunion des représentants du nord, du sud et des chapitres internationaux du Comité de tous les Coréens pour l'application de la Déclaration conjointe du 15 juin, il a été convenu de tenir de grandes célébrations pour marquer cette anniversaire historique. Pyongyang avait été choisie comme ville hôte et les arrangements et les détails d'organisation étaient pratiquement achevés. Mais depuis la réunion, le régime Lee a tout fait pour bloquer la participation des représentants du sud à l'événement de Pyongyang.

(Korean Central News Agency)

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La Chine propose une enquête par
la Commission d'armistice militaire de l'ONU

À l'heure où les relations inter-coréennes courent à la confrontation sans issue, la Chine aurait proposé une nouvelle médiation concernant le naufrage du Cheonan.

Selon des sources requérant l'anonymat, la Chine aurait proposé que les États-Unis mènent une enquête conjointe avec la participation du commandement militaire de l'ONU, la Chine et la Corée du Nord. La proposition aurait été présentée la semaine dernière par la délégation chinoise à l'ONU et prévoit la convocation de la Commission d'armistice militaire du Commandement de l'ONU, qui a perdu son rôle avec le temps.

Les États-Unis et la Chine auraient informé le gouvernement sud-coréen de l'offre par l'intermédiaire de l'équipe d'enquête spéciale du Commandement de l'ONU lors des pourparlers stratégiques et économiques entre les deux pays à Pékin les 24 et 25 mai.

En réponse à la proposition, l'équipe d'enquête spéciale du Commandement de l'ONU a dit au gouvernement sud-coréen qu'elle demanderait à l'Armée de libération populaire de Chine de se joindre à la Commission d'armistice militaire et voudrait aussi la participation de l'Armée populaire de la Corée du Nord à l'équipe conjointe d'observation. L'équipe d'enquête spéciale de l'ONU aurait insisté sur la nécessité de résoudre le conflit par le dialogue. La Commission d'armistice militaire de l'ONU a constitué une équipe d'enquête spéciale le 22 mai pour examiner la cause du naufrage.

La Commission d'armistice militaire a été constituée de la Corée du Nord et de la Chine, d'un côté, et du Commandement de l'ONU de l'autre, conformément à l'Armistice de 1953. Or, la Corée du Nord s'est retirée en 1991 quand le Commandement de l'ONU a nommé un général sud-coréen à la commission. La Chine s'est retirée en 1994. Ainsi, si la Commission d'armistice est reconvoquée, il est fort probable qu'il y aura une enquête internationale avec la participation de la Corée du Nord, de la Corée du sud, de la Chine et des États-Unis.

La Corée du Nord soutient que la Commission d'armistice militaire n'existe que sur papier, mais selon certains observateurs depuis que la Chine a fait cette proposition il y aurait un certain consensus entre la Corée du Nord et la Chine. La position de la Corée du sud concernant cette proposition aurait été de dire que cela ne ferait que donner à la Corée du Nord une occasion de se justifier. [...]

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