Le Marxiste-Léniniste

Numéro 90 - 21 mai 2010

US Steel

Les pensions à prestations déterminées
ne sont pas un problème structurel!
Les concessions ne sont pas des solutions!

US Steel
Les pensions à prestations déterminées ne sont pas un problème structurel! Les concessions ne sont pas des solutions! - K.C. Adams

Venezuela
Chavez: Nous sommes en état d'affronter la crise
Une entreprise publique d'import-export est créée pour combattre le capitalisme - Kiraz Janicke, Venezuelanalysis.com

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US Steel

Les pensions à prestations déterminées
ne sont pas un problème structurel!
Les concessions ne sont pas des solutions!

US Steel affirme depuis deux ans que des circonstances économiques hors de son contrôle l'ont forcé à fermer des usines, à mettre à pied des milliers de travailleurs pour de longues périodes de temps et à demander des concessions. L'entreprise invoque aussi ces mêmes mauvaises conditions économiques pour justifier sa violation de l'entente qu'elle a signée avec Investissement Canada sur la production et les planchers d'emploi et de l'engagement qu'elle y avait pris de ne pas toucher aux pensions à prestations déterminées des métallos.

Les métallos de US Steel, leurs communautés et les Canadiens sont en droit de s'attendre à ce que ceux qui sont en charge d'un secteur important de l'économie fournissent une analyse scientifique qui leur sert de base à un plan pour changer la situation de façon à ce que les mêmes conditions économiques destructives ne soient pas reproduites. C'est dans cet esprit que les Canadiens qui sont préoccupés de la situation ont lu les reportages sur le discours récent du PDG de US Steel, Surma, et le plus récent rapport financier de l'entreprise. Ils ont été très déçus. Le discours de Surma et le rapport financier ne contiennent aucune analyse scientifique des causes inhérentes à ces mauvaises conditions économiques récentes qui ont fait tant de dommages. En plus, ils ne présentent absolument rien pour changer la situation pour éviter un tel bouleversement à l'avenir.

Au contraire, la dislocation économique vécue durant la crise récente est utilisée pour attaquer la classe ouvrière, ce qui est le comble de l'irresponsabilité sociale. Les propriétaires américains du capital, d'une façon totalement intéressée, demandent des concessions au nom de l'amélioration de la position concurrentielle de US Steel sur les marchés mondiaux. Les concessions ne sont même pas présentées comme un moyen d'influencer les conditions économiques qui se sont aggravées ou comme quelque chose d'important pour renforcer une économie canadienne qui subvienne à ses besoins. Les concessions sont présentées simplement comme des mesures défensives visant à rendre ce monopole spécifique US Steel plus concurrentiel et lui permettre de surmonter un « problème structurel » qui a été encore aggravé par de mauvaises conditions économiques hors de son contrôle. Nous sommes tous supposés nous soumettre et être d'accord avec les monopoles pour la simple raison qu'ils contrôlent l'économie et y font la loi. Il y a cependant une question qui se pose : comme ce sont les monopoles qui contrôlent l'économie, pourquoi ne règlent-ils pas ses problèmes ? Pourquoi les propriétaires du capital et leurs représentants considèrent-ils les problèmes non comme le résultat de contradictions qui doivent être résolues mais comme des occasions et des excuses pour attaquer la classe ouvrière ? La raison en est que les concessions et le jargon irrationnel qui cherche à les justifier font partie de leur guerre de classe contre les travailleurs. Les concessions ne s'adressent pas aux problèmes de l'économie ; elles ne font que transférer la richesse des travailleurs vers les propriétaires du capital. Le discours de Surma et le rapport financier de US Steel ne s'adressent pas aux problèmes de l'économie. Ils ne parlent même pas de problèmes structurels réels qui sont spécifiques à US Steel, comme l'absence d'un laminoir de tôles à chaud, ce qui fait de cette usine probablement la seule au monde qui ne peut faire passer une tranche d'acier de son moule vers son laminoir à quatre stations sans d'abord l'envoyer ailleurs se faire transformer en tôle chaude parce que l'usine n'a pas de laminoir à chaud. Voilà un vrai problème structurel, que les travailleurs ont identifié depuis longtemps mais que l'entreprise refuse de régler.

Dans l'esprit de l'entreprise c'est le fonds de pension à prestations déterminées qui est un problème structurel et même le plus pressant. Le monopole choisit un aspect des rapports entre les propriétaires du capital et la classe ouvrière, en l'occurrence les pensions à prestations déterminées, et déclare que cet aspect spécifique du rapport est un « problème structurel ». Mais comment peut-on qualifier de « problème structurel » un aspect des rapports entre les travailleurs et les propriétaires du capital sans examiner ce que sont ces rapports et quels sont leurs problèmes ?

En mettant l'accent sur telle ou telle concession ou tel ou tel aspect des rapports entre les travailleurs et les propriétaires du capital comme les pensions ou les salaires et en les qualifiant de problème structurel, les propriétaires du capital essaient de détourner l'attention des problèmes structurels fondamentaux de l'économie et des rapports de production.

Bien sûr ce serait fantastique pour les propriétaires du capital s'ils n'avaient pas à consacrer tant d'argent à la retraite des travailleurs ou même aux salaires tant qu'on y est. C'est le rêve immémorial des propriétaires du capital depuis les débuts du capitalisme mais cela n'a rien à voir avec la solution de quelque problème mais tout à voir avec l'augmentation de leurs réclamations au produit social que crée la classe ouvrière. Les propriétaires du capital sont si excités à l'idée de réduire la portion de la richesse sociale qui va à la retraite des métallos qu'ils se convainquent qu'il doit sûrement s'agir d'un problème structurel. Ils disent à qui veut l'entendre et surtout aux médias de masse que le produit social qui ne sera pas utilisé pour les fonds de pension servira à payer des dividendes sur les actions, les intérêts sur la dette, les réclamations des dirigeants et peut-être même quelque stratagème pour faire des coups de fortune en un temps record. Dans leur esprit, ce montant additionnel de produit social qui leur est remis plutôt qu'à la classe ouvrière est la question-clé à la base de toute la structure capitaliste. Leur pouls augmente à mesure qu'ils envisagent des rentrées d'argent supplémentaires par le biais des concessions et ils auront tôt fait de dire qu'ils ont finalement réglé le problème structurel des pensions alors que tout ce qu'ils ont fait c'est de transférer du produit social vers les propriétaires du capital, ce qui pour eux va tout régler. Plutôt simple comme explication mais la réalité n'est pas si simple et à sens unique. Le problème structurel dans les rapports de production entre travailleurs et propriétaires du capital n'a toujours pas été réglé. Les propriétaires n'ont même pas réglé le problème de comment financer la retraite des travailleurs. La contradiction structurelle entre les travailleurs et les propriétaires du capital est toujours là.

Il en est de même pour le cycle d'affaires. Les propriétaires du capital n'ont pas réglé le problème structurel de mauvaises conditions économiques récurrentes. Peut-être qu'ils peuvent dire qu'ils ont réglé quelque chose du point de vue de leur propre conception égocentrique ou de leur monopole spécifique mais rien n'a été résolu en ce qui concerne les rapports en vigueur entre les travailleurs et les propriétaires du capital, les cycles d'affaires et les crises chroniques.

Les travailleurs sont là pour rester parce qu'ils sont essentiels au processus de production et à la dispensation des services. Sans les travailleurs, les propriétaires du capital n'ont rien. Non seulement on ne peut rien produire sans les travailleurs mais le capital lui-même, l'objet déifié de toutes les convoitises, perd toute valeur et signification. Le capital représente un rapport social inégal entre les travailleurs et les propriétaires du capital ; il représente la valeur produite à l'intérieur de la contradiction dans les rapports de production. Sans les travailleurs, il n'y a pas de rapport social et pas de contradiction entre les travailleurs et les propriétaires du capital et donc pas de capital. Les travailleurs doivent comprendre cette vérité du monde réel moderne que le capital ne peut exister sans travailleurs mais les travailleurs peuvent exister et prospérer sans capital, et que le capital personnifié par les propriétaires du capital, leurs entreprises et leurs représentants est tout à fait désuet et rien de plus qu'une forme transitoire entre la petite production médiévale et la production de masse de l'économie socialisée moderne. Cette forme transitoire désuète de la valeur appelée capital nie constamment la classe ouvrière et empêche l'économie moderne socialisée de donner tout son potentiel. Les crises économiques récurrentes et le bruit assourdissant pour les concessions, les attaques aux fonds de pension à prestations déterminées et à l'indexation des pensions sont des expressions de la domination qu'exerce le rapport social inégal appelé capital sur l'économie socialisée et l'expression de sa négation des travailleurs. La résolution de cette contradiction structurelle de l'économie socialisée appelle à la création d'un monde sans capital.

Les besoins des travailleurs dans le cadre de ces rapports de production doivent être satisfaits et l'un d'entre eux est celui de la sécurité de la retraite. Le refus des propriétaires du capital de satisfaire les demandes des travailleurs pour la sécurité de la retraite nous montre qu'il existe un problème structurel à l'intérieur des rapports de production entre les travailleurs et les propriétaires du capital. Le refus des propriétaires du capital de régler les problèmes du cycle d'affaires et des crises économiques récurrentes nous montre qu'il existe un problème structurel dans les arrangements qui gouvernent le système économique.

Il faut faire passer le pouvoir des mains des propriétaires du capital à celles de la classe ouvrière si l'on veut que le Canada soit affranchi des problèmes structurels qui existent dans les rapports de production entre les travailleurs et les propriétaires du capital. Un changement de pouvoir confirmerait que les concessions dans les réclamations des travailleurs au produit social qu'ils produisent ne résolvent pas les problèmes structurels auxquels les Canadiens font face dans leurs rapports de production.

Il faut que le pouvoir soit arraché à la propriété et au contrôle privés de l'économie socialisée où ce sont les propriétaires du capital qui prennent les décisions et où leur droit de monopole de prendre les décisions domine les affaires économiques et politiques. Le pouvoir doit passer aux mains de la propriété et du contrôle publics de l'économie socialisée où ce sont les producteurs du produit social et les dispensateurs de services qui prennent les décisions et où leur droit public de prendre les décisions domine les affaires économiques et politiques.

Il faut apporter des solutions réelles aux problèmes qui proviennent des rapports de production et d'une économie socialisée qui est divisée en composantes privées en concurrence les unes avec les autres. Chose sûre, les concessions ne sont pas des solutions ! Les propriétaires du capital et leurs dirigeants exécutifs et représentants politiques devraient abandonner leur fanatisme pour les concessions parce qu'il est socialement irresponsable et que le développement de l'Opposition ouvrière et la vie elle-même posent des problèmes qui doivent être résolus.

Un regard sur le premier rapport trimestriel de US Steel

Les chiffres reproduits ci-dessous du rapport financier du premier trimestriel de US Steel montrent l'importance des taux d'utilisation de la capacité productive.

                                                  Fin de trimestre
                                     ------------------------------------------
                                     31 mars        31 décembre        31 mars

(Dollars en millions)                  2010            2009              2009
-------------------------------------------------------------------------------
Ventes nettes                          3896 $            3354 $          2750 $

DÉPENSES D'OPÉRATIONS ( REVENUS)
Coût des ventes (à l'exclusion des
items mentionnés plus bas              3639              3348            3007
Dépenses générales et administratives
liées aux ventes                        148               158             143
Dépréciation, réduction et
amortissement                           165               177             158
Perte (revenus) en investissements        5                (3)             21
Pertes nettes dans la disposition
des avoirs                               (3)               10             (97)
Autre revenu ( net)                      (1)               (7)             (4)
                                       -----             -----           -----
Dépenses totales
d'opérations           3953              3683            3228
                                       -----             -----           -----
PERTES DANS LES
OPÉRATIONS               (57)             (329)           (478)
Intérêt net et autres coûts
financiers                               108                56              71

Les ventes nettes au premier trimestre ont augmenté en une année de 1,1 milliard $ bien que les prix par tonne aient baissé (la tôle plate est passée de 715 $ à 654 $).

Ce que le rapport appelle « coût des ventes » comprend les réclamations au revenu de tous les employés actifs et les coûts de production (la valeur produite précédemment qui est transférée à la valeur nouvelle – l'électricité, le minerai de fer, la ferraille, etc).

Le « coût des ventes » ne s'est accru que de 632 millions $ face à des ventes qui ont augmenté de 1,1 milliard $ et une production de tôle (pour l'Amérique du Nord) qui est passée de 2 279 000 tonnes nettes (au premier trimestre 2009) à 3 572 000 tonnes et alors que 811 000 tonnes n'ont pas été vendues mais gardées en inventaire.

Les ventes nord-américaines de tôle plate sont passées de 2 123 000 tonnes (premier trimestre 2009) à 3 572 000 tonnes ce premier trimestre.

Le taux d'utilisation de la capacité de la tôle plate (NA) est passé de 38 % à 73 % (64 % au 4e trimestre de 2009).

Le premier rapport trimestriel de US Steel ajoute : « Nous avons terminé à la mi-mars les travaux d'entretien sur notre haut-fourneau no. 14 à Gary Works et, nous avons rétabli notre entière capacité de fabrication de l'acier, sauf à Lake Erie Works, avant la fin du premier trimestre. Si l'on tient compte de Lake Erie Works et de l'interruption de service du haut-fourneau no. 14 à Gary Works, la production de tôle plate au premier trimestre de 2010 a fonctionné à 94 % de la capacité disponible en acier brut. »

Cette brève référence à Lake Erie Works (LEW) et un autre rapport faisant référence à la fin du lock-out à LEW constituent les seules remarques écrites concernant les anciennes usines de Stelco. Le rapport ne fournit pas de données séparées pour Stelco mais les incorpore dans le segment de tôle plate pour l'Amérique du Nord. Pour les dirigeants de US Steel et ses propriétaires du capital, Stelco est totalement annexé à son empire et ne mérite pas un examen séparé. Le rapport et les discours de Surma mentionnent rarement les activités canadiennes de US Steel ou de la poursuite intentée par le gouvernement fédéral contre l'entreprise pour violation de son contrat avec Investissement Canada qui comportait des engagements sur la production et les planchers d'emplois. Le monopole de l'acier s'était également engagé à ne pas toucher aux fonds de pensions à prestations déterminées mais il a aussi brisé cette promesse en imposant des concessions dans la nouvelle convention collective de LEW qui mettent fin au régime à prestations déterminées pour les nouveaux employés et éliminent l'indexation du coût de la vie dans le régime actuel à prestations déterminées.

Le rapport financier et les reportages sur le discours de Surma (le discours lui-même n'a pas été publié) n'expliquent pas pourquoi le taux d'utilisation de la capacité en acier en Amérique du Nord est tombé à 38 % l'an dernier et ils se contentent de dire que la crise économique a affecté les opérations à US Steel qui sont maintenant en train de reprendre, ce qui est à peu près aussi profond que de dire que les voiliers sont influencés par les vents.

C'est inexcusable et irresponsable de ne présenter aucune discussion ou analyse sérieuse de la crise économique générale et de son impact sur la production d'acier. Les dirigeants des monopoles occupent des postes importants dans l'économie socialisée et ils réclament pour eux-mêmes des millions de dollars chaque année mais ils n'ont rien à dire sur des questions cruciales comme la crise économique et les moyens de les prévenir dans l'avenir. Ils considèrent les choses sous l'angle très étroit de la protection de leur propriété du capital au sein de leur monopole et de la préparation des conditions pour son expansion ce qui signifie habituellement des attaques contre la classe ouvrière et des demandes pour le pillage du trésor d'État.

Il ne vient même pas à l'esprit des dirigeants des monopoles qu'un problème qui a mené à la chute de l'utilisation de la capacité productive à 38 %, à la fermeture des deux usines canadiennes, aux mises à pied de travailleurs renvoyés à la maison sans chèque de paie et à l'imposition de concessions à LEW devrait être analysé et discuté dans toute sa profondeur. Quelle est la cause de cet échec et des échecs récurrents du cycle d'affaires ? Comment peut-on les éviter ? Quelles contradictions devons-nous résoudre pour qu'il y ait un renouveau économique véritable ? Les gens ont le droit se s'attendre à des réponses de la part de ceux qui sont en position d'autorité. Ça n'est pas suffisant de dire qu'il y a de la reprise économique dans l'air mis à part des problèmes structurels qui viennent d'émerger et exigent des concessions de la part des travailleurs. C'est inacceptable que les dirigeants des monopoles n'aient rien de mieux à dire. C'est eux qui décident tout en matière économique et ils sont donc responsables des échecs. Leur refus de même discuter sérieusement des problèmes montre aux travailleurs que c'est à eux de le faire, à s'éduquer et à apprendre à maîtriser les affaires économiques et politiques au moyen de l'action avec analyse et à devenir eux-mêmes les preneurs de décisions. Les travailleurs doivent rejeter cette situation où on leur demande de faire les frais des échecs économiques tout en n'ayant pas leur mot à dire sur l'économie, leur secteur et monopole spécifique et en se voyant nier le droit de décider de la politique économique et de la direction de l'économie. Les administrateurs et les propriétaires du capital ne peuvent pas agir comme bon leur semble. Ils se donnent le droit exclusif de décider des affaires économiques mais ils n'acceptent aucune responsabilité sociale pour les échecs qui se produisent sous leur gouverne ; ils n'expliquent pas leurs causes et ne proposent rien pour changer la situation et renouveler l'économie sauf demander que les travailleurs fassent les frais de la crise par des mises à pied et des concessions sur le plan des salaires, des avantages sociaux, pensions, conditions de travail et par des coupures dans les programmes sociaux et les services publics.

La classe ouvrière doit dire haut et fort que cette situation est intenable et doit changer. Les travailleurs vont créer une nouvelle situation en bâtissant l'Opposition ouvrière qui va amener les changements nécessaires. Les producteurs doivent devenir les preneurs de décisions. Ils pourront ainsi faire face aux problèmes et aux échecs de façon franche et résoudre de manière socialement responsable les contradictions de l'économie socialisée au lieu de les ignorer parce qu'ils savent très bien, tout comme les propriétaires du capital d'ailleurs, que les problèmes vont revenir les frapper encore plus fort d'ici quelques années si l'économie n'est pas transformée en une économie diversifiée subvenant à ses besoins sous la direction des producteurs.

Le rapport de US Steel est extrêmement anecdotique et aligne des chiffres comme si en eux-mêmes ils expliquaient la situation. Bien que le ton général du rapport soit à l'optimisme, les dirigeants exécutifs demandent tout de même des concessions comme si qualifier les pensions à prestations déterminées de problème structurel justifiait leur destruction. Les paroles mêmes de Surma montrent pourtant qu'il y a une contradiction. Si la perspective est bonne et la reprise est en cours alors pourquoi les concessions sont-elles nécessaires ? Aucune explication n'est fournie. Les mots semblent n'avoir aucune signification. Ils sont lancés à la tête des gens de manière totalement pragmatique et sont dépourvus de substance, de principes, de cohérence et de vérité scientifique.

Selon le rapport de l'entreprise « Des revenus nets de 582 millions $ ont été amassés par l'émission de titres séniors à 7,375 % dus en 2020... (US Steel) a maintenu une situation positive du point de vue liquidités avec 1,4 milliard en argent comptant et des liquidités totales de 2,9 milliards $. »

Ces emprunts massifs qui iront dans les « revenus généraux » et pour refinancer sa dette européenne sont présentés comme quelque chose de positif et peut-être bien que le fait que les propriétaires du capital sont prêts à prêter 600 millions $ à une entreprise qui dit avoir perdu de l'argent pendant 18 mois de suite est aussi quelque chose de positif. La dette à long terme se chiffre maintenant à 3,651 milliards $ même une fois la dette européenne payée.

Commentant les résultats du premier trimestre, le PDG de US Steel a dit : « Le premier trimestre 2010 montre des pertes globales beaucoup moins élevées que le dernier trimestre de 2009 et cela est dû largement à une amélioration des conditions d'affaires et à une très bonne performance de notre segment de tôle plate. Nos profits ont repris en Europe et notre segment de tubes a connu un autre solide trimestre. »

Surma est ravi de ce que la situation semble annoncer pour les trois prochains mois, ce qui est à peu près aussi loin dans l'avenir que les propriétaires du capital et leurs représentants sont habituellement capables de voir ou de vouloir voir. « Nous pensons faire des profits dans nos trois segments d'opérations au second trimestre de 2010 à mesure que les conditions d'affaires améliorées vont se traduire en résultats opérationnels et en particulier dans notre segment de tôle plate. Notre carnet de commandes de la plupart de nos clients utilisateurs se porte bien ce qui nous permet d'augmenter nos niveaux de production.

Les inventaires nord-américains des clients utilisateurs comme l'automobile et les centres de services demeurent en-deçà des moyennes historiques tout comme le sont les importations de produits de tôle plate. En Europe, les importations sont aussi en-deçà des moyennes historiques et les inventaires sur tous nos marchés de clients utilisateurs demeurent. Nous sommes donc d'un optimisme prudent face à la perspective de la demande de nos clients utilisateurs dans nos trois segments d'opérations et ce dans les conditions d'une reprise économique graduelle et continue. »

Parfait ! La tempête est donc passée et le soleil pointe à l'horizon ! On oublie ce qui s'est passé et on repart comme si de rien n'était. Cela permet d'éviter de se demander pourquoi les pertes se sont accumulées depuis 18 mois et pourquoi les demandes de concessions continuent. Si les affaires s'améliorent et la vie revient à la normale, du moins selon la conception des propriétaires du capital, alors pourquoi cette propagande pour les concessions et les attaques continues contre les programmes sociaux et les services publics ? Les êtres humains ne sont pas des chiens de Pavlov qui ne font que répondre à des stimuli. Les êtres humains sont des êtres pensants qui sont capables de changer les choses en participant consciemment dans des actes de découverte. La question pour les travailleurs c'est d'éliminer le blocage qui les empêche de participer consciemment dans de tels actes et d'agir pour changer le monde, un blocage en partie infligé à soi-même quand on accepte l'idéologie dominante et les autorités économiques et politiques, les sauveurs condescendants qui disent penser pour les travailleurs. Nous ne voulons plus nous en remettre à d'autres pour penser pour nous et nous représenter.

Quel est le résultat de toute cette pensée désuète des propriétaires du capital ? Surma n'analyse pas ce qui est arrivé dans les derniers dix-huit mois, alors pourquoi les travailleurs devraient-ils le croire quand, de concert avec ses dirigeants exécutifs, il dit que les pensions à prestations déterminées sont un problème structurel que seule leur destruction peut résoudre. Ils ne disent même pas que cette destruction a quoi que ce soit à voir avec la solution des crises économiques et la voient uniquement comme une façon de s'emparer d'une portion toujours plus grande du produit social qui revient de droit aux travailleurs. C'en est assez de cette pensée qui tourne à vide et de cette rhétorique creuse des propriétaires du capital ; nous devons penser par nous-mêmes et nous représenter nous-mêmes dans les affaires économiques et politiques !

Les travailleurs disent que les concessions ne sont pas des solutions aux problèmes du capitalisme. En réalité, les concessions ne font qu'empirer les problèmes de l'économie parce qu'elles privent les gens de la possibilité de mettre des biens et des services dans la circulation. Revenant à l'affirmation de US Steel à l'effet que les pensions à prestations déterminées sont un problème structurel, on doit se rappeler que les travailleurs de Stelco ont ce type de pension depuis 1956. Pourquoi sont-elles soudainement devenues un problème structurel pour US Steel ? En quoi la concession résoudra-t-elle le problème d'un cycle d'affaires qui s'effondre puis qui reprend, comme on l'a vu en 2008, 2001, 1991 et de façon répétée depuis l'horrible crise économique des années 1930 où les pensions n'existaient même pas ? Les pensions ne représentaient aucun problème structurel pour les entreprises ou les gouvernements dans les années 1930 parce qu'il n'y en avait pas et pourtant la crise a mené à la fermeture d'entreprises, à des mises à pied de travailleurs et à la destruction en masse de richesse matérielle. En réalité, l'absence de programmes sociaux comme les pensions dans les années 1930 a encore aggravé la crise parce les gens, jeunes et moins jeunes, n'avaient que très peu ou pas de revenus et ne pouvaient pas mettre en circulation des biens et des services.

Si les travailleurs de Stelco n'avaient pas gagné leur fonds de pension à prestations déterminées en 1956, cela n'aurait rien changé aux hauts et aux bas du cycle d'affaires. Cela aurait voulu dire plus d'argent dans les mains des possesseurs du capital pour être dilapidé dans de folles aventures au pays et à l'étranger mais le cycle d'affaires et ses bouleversements auraient continué et Stelco aurait été avalée par un monopole plus gros parce que telle est la tendance du capitalisme monopoliste. L'existence des programmes sociaux y compris les fonds de pension à prestations déterminées a rendu les crises économiques récurrentes de l'après-guerre moins sévères parce qu'ils ont donné aux gens un peu d'argent qui a permis la mise en circulation d'un certain niveau de biens et de services en dépit de la crise. La destruction actuelle des programmes sociaux et les demandes de concessions ne vont que rendre l'inévitable prochaine crise économique encore plus dévastatrice. La classe ouvrière ne doit pas permettre que cela se produise.

Surma ne dit pas comment une concession dans les pensions à prestations déterminées et dans l'indexation des pensions va résoudre quoi que ce soit. Il ne fournit ni analyse ni leadership mais cherche uniquement à protéger le capital au détriment des travailleurs et à l'étendre dans les conditions de la reprise. Il en va de même pour Vale Inco, AbitibiBowater et tous les autres monopoles et gouvernements qui demandent des concessions. En d'autres termes, la concession demandée sur la question des pensions et les autres concessions ne sont rien d'autre que du vol de ce qui appartient de droit aux travailleurs et elles sont contraires aux meilleurs intérêts de la société et de l'économie. Monsieur Surma, il faut produire de l'acier et non voler les réclamations des travailleurs au produit social qu'est l'acier ! Ne touchez pas aux pensions des métallos ! Les concessions ne sont pas des solutions !

(L'examen du rapport de US Steel du premier trimestre va se poursuivre).

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Venezuela

Chavez: Nous sommes en état d'affronter la crise

Le président vénézuélien Hugo Chavez a affirmé que l'économie de son pays est solide et en état d'affronter les difficultés causées par la crise capitaliste mondiale. L'économie vénézuélienne ne bascule pas, a dit récemment Chavez qui commentait les déclarations de certains experts comparant la situation vénézuélienne avec celle de la Grèce. Il a expliqué que la dette vénézuélienne est seulement d'environ 20 % du PIB, tandis que celle de la Grèce a déjà atteint 115 % et passera à 150 %. Le président a rappelé qu'il y a une décennie, lors de son investiture à la présidence, la dette vénézuélienne équivalait à 47,5 % du PIB. La réserve de devises (environ 27,52 milliards $) permettrait de payer toute la dette étrangère, s'il s'avérait nécessaire. Les réserves excèdent largement la dette, a-t-il souligné. Chavez a déclaré que le Venezuela sait où il se dirige ; il ne dépend pas de la Banque mondiale ou du Fonds monétaire international. Il a une grande stabilité économique, politique et sociale, contrairement à d'autres nations telles les États-Unis où investir est un risque.

(Prensa Latina)

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Une entreprise publique d'import-export
est créée pour combattre le capitalisme

Le président vénézuélien Hugo Chavez a annoncé la création d'une société publique d'import-export dans le cadre d'un plan global de lutte contre « l'hégémonie de la bourgeoisie », la spéculation et l'inflation dans le domaine de la distribution.

Malgré les contrôles des prix et un taux de change fixe, l'inflation continue de poser un défi au gouvernement Chavez, atteignant 25,1 % en 2009 - la plus élevée en Amérique latine.

Selon les données de la banque centrale, l'inflation a augmenté de 5,2 % en avril (le double de celui de mars et nettement plus élevé qu'au même mois l'an dernier, soit 1,8 %), ce qui porte l'inflation cumulée pour 2010 à 11,3 %.

L'inflation au Venezuela a une « importante composante spéculative » et ce comportement spéculatif a un « sens politique », qui est de créer le mécontentement à l'approche des élections législatives en septembre, a fait valoir Chavez. Dans ce contexte, il a comparé les différents secteurs de l'économie vénézuélienne à d'autres pays en Amérique du Sud, en disant que, par exemple, à Buenos Aires en Argentine, un dîner de famille dans un restaurant peut coûter jusqu'à trois fois moins que dans la capitale vénézuélienne, Caracas.

Il a également évoqué le prix des véhicules neufs et dit que, par exemple, à Bogotá en Colombie et au Brésil, ils se vendent deux ou trois fois moins cher qu'à Caracas.

Bien que le gouvernement a pris des mesures importantes pour augmenter les salaires -- une augmentation de 10 % du salaire minimum en janvier et de 15 % le 1er mai, ce qui est le salaire minimum le plus élevé en Amérique latine -- les capitalistes ont immédiatement augmenté les prix afin que cette redistribution du revenu national soit « saisie par eux », a expliqué Chavez.

« La bourgeoisie vénézuélienne a encore beaucoup de pouvoir dans l'économie, mais je lui conseille de ne pas essayer de nous coincer », a-t-il averti, précisant que des mesures telles que des amendes ou des expropriations seraient prises contre ceux qui sont engagés dans la spéculation ou la thésaurisation (l'accaparement de richesse).

Actuellement au Venezuela, la thésaurisation et la spéculation provoquent des pénuries de certains produits alimentaires de base, y compris la viande, le sucre et le lait. Un problème semblable avait été créé durant la période menant au référendum sur la réforme constitutionnelle en 2007 et durant d'autres processus électoraux.

Le ministre de l'Alimentation, Félix Osorio, a fait valoir que la thésaurisation et la spéculation ont deux objectifs. Le premier est d'essayer de briser le contrôle des prix par le gouvernement et le deuxième est de promouvoir des mouvements de panique dans les achats et de « créer des courants d'opinion afin de provoquer des pénuries et de l'anxiété parmi le peuple vénézuélien », ceci avec « des intentions électorales ».

Le Venezuela, le plus grand producteur de pétrole en Amérique du Sud, dont le revenu de pétrole représente environ la moitié du PIB du pays et 90 % des exportations, connaît un phénomène économique appelé « le mal hollandais », où les revenus élevés du pétrole constituent un élément dissuasif pour l'investissement intérieur et la production dans d'autres secteurs, rendant le pays fortement dépendant des importations et donc extrêmement vulnérable à l'inflation.

Après le lock-out de deux mois en 2003 par les patrons de l'industrie pétrolière, le gouvernement a proposé en 2003 de réglementer l'échange de devises et d'empêcher la fuite des capitaux. Le lock-out visait à évincer du pouvoir Chavez démocratiquement élu et a causé des dommages économiques estimés à 20 milliards $.

Toutefois, les contrôles de la devise ont créé une demande en plein essor pour les dollars et certains estiment que près de 30 % des importations du pays sont tributaires du marché non officiel ou parallèle du dollar, dans lequel le bolivar se négociait à la fin de 2009 à environ un tiers du taux officiel.

Afin de remédier à ce déséquilibre, Chavez a annoncé en janvier une dévaluation contrôlée de la monnaie en bolivar. Depuis 2005, elle était fixée à 2,15 bolivars pour un dollar US et il a créé un taux de change à deux niveaux, soit 2,60 Bs par dollar US pour les transactions identifiées comme prioritaires par le gouvernement et 4,30 Bs par dollar US pour les activités économiques générales, ainsi qu'une réglementation spéciale pour intervenir sur les marchés parallèles ou non officielles.

Cependant, alors que de nombreux importateurs reçoivent de CADIVI, l'Office de réglementation du Venezuela, des dollars US aux taux de change officiels selon les deux niveaux, ils continuent à vendre des produits au taux officieux qui se négocient actuellement aux alentours de 8 Bs pour un dollar US, ce qui double ou triple leurs marges bénéficiaires et contribue aux hausses générales des prix.

« Il semble stupide de donner des dollars à la bourgeoisie pour qu'elle importe, charge et surcharge, alors qu'elle achète les marchandises [à l'étranger], les fait venir ici et demande plus que ce qu'elles coûtent vraiment » a déclaré M. Chavez, afin d'expliquer pourquoi l'État devrait mettre en place sa propre entreprise d'import-export.

Nouvelle société d'import-export et un réseau de distribution socialiste

Par le biais de cette nouvelle société, le gouvernement sera en mesure d'importer au taux de 2,6 Bs qui sera sensiblement inférieur à celui des capitaux privés en vendant des produits à des prix réglementés dans la nouvelle chaîne commerciale socialiste qu'il va créer.

À la suite de la dévaluation de janvier, Chavez a nationalisé la chaîne d'hypermarchés Exito à cause de « la spéculation et des pratiques abusives anti-travailleurs » et l'a convertie en la chaîne d'hypermarchés du Bicentenaire de propriété publique. Puis, en février, le gouvernement a annoncé son intention d'acheter la chaîne de supermarchés Cada détenue par le groupe français Casino. Dimanche, Chavez a annoncé via son compte Twitter que la chaîne Cada serait entièrement la propriété d'État à la mi-juin.

Le gouvernement tente également de stimuler la production agricole et a mis en place Comerso, une société « socialiste » de distribution alimentaire.

Américo Mata, le coordinateur de la chaîne d'hypermarchés du Bicentenaire, a déclaré : « Avec la transformation de ces sociétés, le gouvernement national vise à créer une politique alimentaire socialiste au profit du peuple vénézuélien. »

Le conflit avec Polar

Il y a aussi un conflit qui perdure avec le plus grand producteur de boissons et d'aliments du Venezuela, Empresas Polar, depuis que Chavez a décrété le 28 avril l'expropriation sans indemnisation d'un certain nombre de hangars de stockage de Polar dans la ville de Barquisimeto, État de Lara, afin de construire des logements publics sur ces terrains. Polar a dit qu'il va aller devant les tribunaux pour contester cette expropriation.

Polar est détenu majoritairement par Lorenzo Mendoza, un des deux seuls Vénézuéliens dont le nom apparaît sur la liste Forbes 2010 des milliardaires du monde. Polar est surtout connu pour sa gamme de bières, mais possède également la franchise Pepsi-Cola au Venezuela et domine le secteur de l'alimentation.

Le conflit avec Polar a produit des scissions au sein de l'alliance « chaviste » : le gouverneur de Lara, Henri Falcon, s'est rangé du côté de Polar durant ce conflit et a démissionné du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) de Chavez pour rejoindre les rangs du Parti Patria Para Todos (la Patrie pour tous).

Dans l'État de Lara, Polar, le PPT et Fedecameras, la Fédération des entreprises du Venezuela (celle qui a mené le coup d'État de 2002 contre Chavez), ont fait campagne contre les expropriations, ce qui a amené les dirigeants du PSUV à déclarer qu'il n'y aura pas d'alliance électorale avec « Polar Para Todos » lors des prochaines élections.

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)

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