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US Steel
Les pensions à prestations
déterminées
ne sont pas un problème structurel!
Les concessions ne sont pas des solutions!
- K.C. Adams -
US Steel affirme depuis deux ans que des circonstances
économiques hors de son contrôle l'ont forcé
à fermer des usines, à mettre à pied des milliers
de travailleurs pour de longues périodes de temps et à
demander des concessions. L'entreprise invoque aussi ces mêmes
mauvaises conditions économiques pour justifier sa violation de
l'entente
qu'elle a signée avec Investissement Canada sur la production et
les planchers d'emploi et de l'engagement qu'elle y avait pris de ne
pas toucher aux pensions à prestations déterminées
des métallos.
Les métallos de US Steel, leurs
communautés et les Canadiens sont en droit de s'attendre
à ce que ceux qui sont en charge d'un secteur important de
l'économie fournissent une analyse scientifique qui leur sert de
base à un plan pour changer la situation de façon
à ce que les mêmes conditions économiques
destructives ne soient pas reproduites.
C'est dans cet esprit que les Canadiens qui sont
préoccupés de la situation ont lu les reportages sur le
discours récent du PDG de US Steel, Surma, et le plus
récent rapport financier de l'entreprise. Ils ont
été très déçus. Le discours de Surma
et le rapport financier ne contiennent aucune analyse scientifique des
causes inhérentes à ces mauvaises
conditions économiques récentes qui ont fait tant de
dommages. En plus, ils ne présentent absolument rien pour
changer la situation pour éviter un tel bouleversement à
l'avenir.
Au contraire, la dislocation économique
vécue durant la crise récente est utilisée pour
attaquer la classe ouvrière, ce qui est le comble de
l'irresponsabilité sociale. Les propriétaires
américains du capital, d'une façon totalement
intéressée, demandent des concessions au nom de
l'amélioration de la position concurrentielle de US Steel sur
les
marchés mondiaux. Les concessions ne sont même pas
présentées comme un moyen d'influencer les conditions
économiques qui se sont aggravées ou comme quelque chose
d'important pour renforcer une économie canadienne qui subvienne
à ses besoins. Les concessions sont présentées
simplement comme des mesures défensives visant à rendre
ce
monopole spécifique US Steel plus concurrentiel et lui permettre
de surmonter un « problème structurel »
qui a été encore aggravé par de mauvaises
conditions économiques hors de son contrôle. Nous sommes
tous supposés nous soumettre et être d'accord avec les
monopoles pour la simple raison qu'ils contrôlent
l'économie et y font
la loi. Il y a cependant une question qui se pose : comme ce sont
les monopoles qui contrôlent l'économie, pourquoi ne
règlent-ils pas ses problèmes ? Pourquoi les
propriétaires du capital et leurs représentants
considèrent-ils les problèmes non comme le
résultat de contradictions qui doivent être
résolues mais comme des occasions et
des excuses pour attaquer la classe ouvrière ? La raison en
est que les concessions et le jargon irrationnel qui cherche à
les justifier font partie de leur guerre de classe contre les
travailleurs. Les concessions ne s'adressent pas aux problèmes
de l'économie ; elles ne font que transférer la
richesse des travailleurs vers les propriétaires du
capital. Le discours de Surma et le rapport financier de US Steel ne
s'adressent pas aux problèmes de l'économie. Ils ne
parlent même pas de problèmes structurels réels qui
sont spécifiques à US Steel, comme l'absence d'un
laminoir de tôles à chaud, ce qui fait de cette usine
probablement la seule au monde qui ne peut faire passer une tranche
d'acier de son moule vers son laminoir à quatre stations sans
d'abord l'envoyer ailleurs se faire transformer en tôle chaude
parce que l'usine n'a pas de laminoir à chaud. Voilà un
vrai problème structurel, que les travailleurs ont
identifié depuis longtemps mais que l'entreprise refuse de
régler.
Dans l'esprit de l'entreprise c'est le fonds de pension
à prestations déterminées qui est un
problème structurel et même le plus pressant. Le monopole
choisit un aspect des rapports entre les propriétaires du
capital et la classe ouvrière, en l'occurrence les pensions
à prestations déterminées, et déclare que
cet aspect spécifique du rapport est un
« problème structurel ». Mais comment
peut-on qualifier de « problème
structurel » un aspect des rapports entre les travailleurs
et les propriétaires du capital sans examiner ce que sont ces
rapports et quels sont leurs problèmes ?
En mettant l'accent sur telle ou telle concession ou tel
ou tel aspect des rapports entre les travailleurs et les
propriétaires du capital comme les pensions ou les salaires et
en les qualifiant de problème structurel, les
propriétaires du capital essaient de détourner
l'attention des problèmes structurels fondamentaux de
l'économie et des rapports de
production.
Bien sûr ce serait fantastique pour les
propriétaires du capital s'ils n'avaient pas à consacrer
tant d'argent à la retraite des travailleurs ou même aux
salaires tant qu'on y est. C'est le rêve immémorial des
propriétaires du capital depuis les débuts du capitalisme
mais cela n'a rien à voir avec la solution de quelque
problème mais tout à voir avec
l'augmentation de leurs réclamations au produit social que
crée la classe ouvrière. Les propriétaires du
capital sont si excités à l'idée de réduire
la portion de la richesse sociale qui va à la retraite des
métallos qu'ils se convainquent qu'il doit sûrement s'agir
d'un problème structurel. Ils disent à qui veut
l'entendre et surtout aux médias de masse que
le produit social qui ne sera pas utilisé pour les fonds de
pension servira à payer des dividendes sur les actions, les
intérêts sur la dette, les réclamations des
dirigeants et peut-être même quelque stratagème pour
faire des coups de fortune en un temps record. Dans leur esprit, ce
montant additionnel de produit social qui leur est remis plutôt
qu'à la
classe ouvrière est la question-clé à la base de
toute la structure capitaliste. Leur pouls augmente à mesure
qu'ils envisagent des rentrées d'argent supplémentaires
par le biais des concessions et ils auront tôt fait de dire
qu'ils ont finalement réglé le problème structurel
des pensions alors que tout ce qu'ils ont fait c'est de
transférer du produit social
vers les propriétaires du capital, ce qui pour eux va tout
régler. Plutôt simple comme explication mais la
réalité n'est pas si simple et à sens unique. Le
problème structurel dans les rapports de production entre
travailleurs et propriétaires du capital n'a toujours pas
été réglé. Les propriétaires n'ont
même pas réglé le problème de comment
financer la
retraite des travailleurs. La contradiction structurelle entre les
travailleurs et les propriétaires du capital est toujours
là.
Il en est de même pour le cycle d'affaires. Les
propriétaires du capital n'ont pas réglé le
problème structurel de mauvaises conditions économiques
récurrentes. Peut-être qu'ils peuvent dire qu'ils ont
réglé quelque chose du point de vue de leur propre
conception égocentrique ou de leur monopole spécifique
mais rien n'a été résolu en ce qui
concerne les rapports en vigueur entre les travailleurs et les
propriétaires du capital, les cycles d'affaires et les crises
chroniques.
Les travailleurs sont là pour rester parce qu'ils
sont essentiels au processus de production et à la dispensation
des services. Sans les travailleurs, les propriétaires du
capital n'ont rien. Non seulement on ne peut rien produire sans les
travailleurs mais le capital lui-même, l'objet
déifié de toutes les convoitises, perd toute valeur et
signification. Le
capital représente un rapport social inégal entre les
travailleurs et les propriétaires du capital ; il
représente la valeur produite à l'intérieur de la
contradiction dans les rapports de production. Sans les travailleurs,
il n'y a pas de rapport social et pas de contradiction entre les
travailleurs et les propriétaires du capital et donc pas de
capital. Les
travailleurs doivent comprendre cette vérité du monde
réel moderne que le capital ne peut exister sans travailleurs
mais les travailleurs peuvent exister et prospérer sans capital,
et que le capital personnifié par les propriétaires du
capital, leurs entreprises et leurs représentants est tout
à fait désuet et rien de plus qu'une forme transitoire
entre la petite
production médiévale et la production de masse de
l'économie socialisée moderne. Cette forme transitoire
désuète de la valeur appelée capital nie
constamment la classe ouvrière et empêche
l'économie moderne socialisée de donner tout son
potentiel. Les crises économiques récurrentes et le bruit
assourdissant pour les concessions, les attaques aux
fonds de pension à prestations déterminées et
à l'indexation des pensions sont des expressions de la
domination qu'exerce le rapport social inégal appelé
capital sur l'économie socialisée et l'expression de sa
négation des travailleurs. La résolution de cette
contradiction structurelle de l'économie socialisée
appelle à la création d'un monde sans
capital.
Les besoins des travailleurs dans le cadre de ces
rapports de production doivent être satisfaits et l'un d'entre
eux est celui de la sécurité de la retraite. Le refus des
propriétaires du capital de satisfaire les demandes des
travailleurs pour la sécurité de la retraite nous montre
qu'il existe un problème structurel à l'intérieur
des rapports de production
entre les travailleurs et les propriétaires du capital. Le refus
des propriétaires du capital de régler les
problèmes du cycle d'affaires et des crises économiques
récurrentes nous montre qu'il existe un problème
structurel dans les arrangements qui gouvernent le système
économique.
Il faut faire passer le pouvoir des mains des
propriétaires du capital à celles de la classe
ouvrière si l'on veut que le Canada soit affranchi des
problèmes structurels qui existent dans les rapports de
production entre les travailleurs et les propriétaires du
capital. Un changement de pouvoir confirmerait que les concessions dans
les réclamations des
travailleurs au produit social qu'ils produisent ne résolvent
pas les problèmes structurels auxquels les Canadiens font face
dans leurs rapports de production.
Il faut que le pouvoir soit arraché à la
propriété et au contrôle privés de
l'économie socialisée où ce sont les
propriétaires du capital qui prennent les décisions et
où leur droit de monopole de prendre les décisions domine
les affaires économiques et politiques. Le pouvoir doit passer
aux mains de la propriété et du contrôle publics de
l'économie
socialisée où ce sont les producteurs du produit social
et les dispensateurs de services qui prennent les décisions et
où leur droit public de prendre les décisions domine les
affaires économiques et politiques.
Il faut apporter des solutions réelles aux
problèmes qui proviennent des rapports de production et d'une
économie socialisée qui est divisée en composantes
privées en concurrence les unes avec les autres. Chose
sûre, les concessions ne sont pas des solutions ! Les
propriétaires du capital et leurs dirigeants exécutifs et
représentants
politiques devraient abandonner leur fanatisme pour les concessions
parce qu'il est socialement irresponsable et que le
développement de l'Opposition ouvrière et la vie
elle-même posent des problèmes qui doivent être
résolus.
Les chiffres reproduits ci-dessous du rapport financier
du premier trimestriel de US Steel montrent l'importance des taux
d'utilisation de la capacité productive.
Fin
de
trimestre
------------------------------------------
31
mars
31
décembre 31 mars
(Dollars
en
millions)
2010
2009
2009
-------------------------------------------------------------------------------
Ventes
nettes
3896 $
3354 $
2750 $
DÉPENSES
D'OPÉRATIONS
(
REVENUS)
Coût
des
ventes
(à l'exclusion des
items
mentionnés
plus
bas
3639
3348 3007
Dépenses
générales
et
administratives
liées
aux
ventes
148
158
143
Dépréciation,
réduction
et
amortissement
165
177
158
Perte
(revenus)
en
investissements
5
(3) 21
Pertes
nettes
dans
la disposition
des
avoirs
(3)
10 (97)
Autre
revenu
(
net)
(1)
(7)
(4)
-----
-----
-----
Dépenses totales
d'opérations
3953
3683 3228
-----
----- -----
PERTES DANS LES OPÉRATIONS
(57)
(329) (478)
Intérêt
net
et
autres coûts
financiers
108
56
71
Les ventes nettes au premier trimestre ont
augmenté en une année de 1,1 milliard $ bien que les
prix par tonne aient baissé (la tôle plate est
passée de 715 $ à 654 $).
Ce que le rapport appelle « coût des
ventes » comprend les réclamations au revenu de tous
les employés actifs et les coûts de production (la valeur
produite précédemment qui est transférée
à la valeur nouvelle – l'électricité, le minerai
de fer, la ferraille, etc).
Le « coût des ventes » ne
s'est accru que de 632 millions $ face à des ventes qui ont
augmenté de 1,1 milliard $ et une production de tôle
(pour l'Amérique du Nord) qui est passée de 2 279 000
tonnes nettes (au premier trimestre 2009) à 3 572 000 tonnes et
alors que 811 000 tonnes n'ont pas été vendues mais
gardées en inventaire.
Les ventes nord-américaines de tôle plate
sont passées de 2 123 000 tonnes (premier trimestre 2009)
à 3 572 000 tonnes ce premier trimestre.
Le taux d'utilisation de la capacité de la
tôle plate (NA) est passé de 38 % à 73 %
(64 % au 4e trimestre de 2009).
Le premier rapport trimestriel de US Steel ajoute :
« Nous avons terminé à la mi-mars les travaux
d'entretien sur notre haut-fourneau no. 14 à Gary Works et, nous
avons rétabli notre entière capacité de
fabrication de l'acier, sauf à Lake Erie Works, avant la fin du
premier trimestre. Si l'on tient compte de Lake Erie Works et de
l'interruption de service du haut-fourneau no. 14 à Gary Works,
la production de tôle plate au premier trimestre de 2010 a
fonctionné à 94 % de la capacité disponible
en acier brut. »
Cette brève référence à Lake
Erie Works (LEW) et un autre rapport faisant référence
à la fin du lock-out à LEW constituent les seules
remarques écrites concernant les anciennes usines de Stelco. Le
rapport ne fournit pas de données séparées pour
Stelco mais les incorpore dans le segment de tôle plate pour
l'Amérique du Nord. Pour les
dirigeants de US Steel et ses propriétaires du capital, Stelco
est totalement annexé à son empire et ne mérite
pas un examen séparé. Le rapport et les discours de Surma
mentionnent rarement les activités canadiennes de US Steel ou de
la poursuite intentée par le gouvernement fédéral
contre l'entreprise pour violation de son contrat avec
Investissement Canada qui comportait des engagements sur la production
et les planchers d'emplois. Le monopole de l'acier s'était
également engagé à ne pas toucher aux fonds de
pensions à prestations déterminées mais il a aussi
brisé cette promesse en imposant des concessions dans la
nouvelle convention collective de LEW qui mettent fin au
régime à prestations déterminées pour les
nouveaux employés et éliminent l'indexation du coût
de la vie dans le régime actuel à prestations
déterminées.
Le rapport financier et les reportages sur le discours
de Surma (le discours lui-même n'a pas été
publié) n'expliquent pas pourquoi le taux d'utilisation de la
capacité en acier en Amérique du Nord est tombé
à 38 % l'an dernier et ils se contentent de dire que la
crise économique a affecté les opérations à
US Steel qui sont maintenant en
train de reprendre, ce qui est à peu près aussi profond
que de dire que les voiliers sont influencés par les vents.
C'est inexcusable et irresponsable de ne
présenter aucune discussion ou analyse sérieuse de la
crise économique générale et de son impact sur la
production d'acier. Les dirigeants des monopoles occupent des postes
importants dans l'économie socialisée et ils
réclament pour eux-mêmes des millions de dollars chaque
année mais ils n'ont rien à
dire sur des questions cruciales comme la crise économique et
les moyens de les prévenir dans l'avenir. Ils considèrent
les choses sous l'angle très étroit de la protection de
leur propriété du capital au sein de leur monopole et de
la préparation des conditions pour son expansion ce qui signifie
habituellement des attaques contre la classe ouvrière et
des demandes pour le pillage du trésor d'État.
Il ne vient même pas à l'esprit des
dirigeants des monopoles qu'un problème qui a mené
à la chute de l'utilisation de la capacité productive
à 38 %, à la fermeture des deux usines canadiennes,
aux mises à pied de travailleurs renvoyés à la
maison sans chèque de paie et à l'imposition de
concessions à LEW devrait être analysé et
discuté dans toute sa profondeur. Quelle est la cause de cet
échec et des échecs récurrents du cycle
d'affaires ? Comment peut-on les éviter ? Quelles
contradictions devons-nous résoudre pour qu'il y ait un
renouveau économique véritable ? Les gens ont le
droit se s'attendre à des réponses de la part de ceux qui
sont en position
d'autorité. Ça n'est pas suffisant de dire qu'il y a de
la reprise économique dans l'air mis à part des
problèmes structurels qui viennent d'émerger et exigent
des concessions de la part des travailleurs. C'est inacceptable que les
dirigeants des monopoles n'aient rien de mieux à dire. C'est eux
qui décident tout en matière économique et ils
sont donc
responsables des échecs. Leur refus de même discuter
sérieusement des problèmes montre aux travailleurs que
c'est à eux de le faire, à s'éduquer et à
apprendre à maîtriser les affaires économiques et
politiques au moyen de l'action avec analyse et à devenir
eux-mêmes les preneurs de décisions. Les travailleurs
doivent rejeter cette situation où on
leur demande de faire les frais des échecs économiques
tout en n'ayant pas leur mot à dire sur l'économie, leur
secteur et monopole spécifique et en se voyant nier le droit de
décider de la politique économique et de la direction de
l'économie. Les administrateurs et les propriétaires du
capital ne peuvent pas agir comme bon leur semble. Ils se
donnent le droit exclusif de décider des affaires
économiques mais ils n'acceptent aucune responsabilité
sociale pour les échecs qui se produisent sous leur gouverne ;
ils n'expliquent pas leurs causes et ne proposent rien pour changer la
situation et renouveler l'économie sauf demander que les
travailleurs fassent les frais de la crise par des mises à pied
et des concessions sur le plan des salaires, des avantages sociaux,
pensions, conditions de travail et par des coupures dans les programmes
sociaux et les services publics.
La classe ouvrière doit dire haut et fort que
cette situation est intenable et doit changer. Les travailleurs vont
créer une nouvelle situation en bâtissant l'Opposition
ouvrière qui va amener les changements nécessaires. Les
producteurs doivent devenir les preneurs de décisions. Ils
pourront ainsi faire face aux problèmes et aux échecs de
façon
franche et résoudre de manière socialement responsable
les contradictions de l'économie socialisée au lieu de
les ignorer parce qu'ils savent très bien, tout comme les
propriétaires du capital d'ailleurs, que les problèmes
vont revenir les frapper encore plus fort d'ici quelques années
si l'économie n'est pas transformée en une
économie diversifiée
subvenant à ses besoins sous la direction des producteurs.
Le rapport de US Steel est extrêmement anecdotique
et aligne des chiffres comme si en eux-mêmes ils expliquaient la
situation. Bien que le ton général du rapport soit
à l'optimisme, les dirigeants exécutifs demandent tout de
même des concessions comme si qualifier les pensions à
prestations déterminées de problème structurel
justifiait leur
destruction. Les paroles mêmes de Surma montrent pourtant qu'il y
a une contradiction. Si la perspective est bonne et la reprise est en
cours alors pourquoi les concessions sont-elles
nécessaires ? Aucune explication n'est fournie. Les mots
semblent n'avoir aucune signification. Ils sont lancés à
la tête des gens de manière totalement
pragmatique et sont dépourvus de substance, de principes, de
cohérence et de vérité scientifique.
Selon le rapport de l'entreprise « Des
revenus nets de 582 millions $ ont été
amassés par l'émission de titres séniors à
7,375 % dus en 2020... (US Steel) a maintenu une situation
positive du point de vue liquidités avec 1,4 milliard en argent
comptant et des liquidités totales de 2,9
milliards $. »
Ces emprunts massifs qui iront dans les
« revenus généraux » et pour
refinancer sa dette européenne sont présentés
comme quelque chose de positif et peut-être bien que le fait que
les propriétaires du capital sont prêts à
prêter 600 millions $ à une entreprise qui dit avoir
perdu de l'argent pendant 18 mois de suite est aussi
quelque chose de positif. La dette à long terme se chiffre
maintenant à 3,651 milliards $ même une fois la dette
européenne payée.
Commentant les résultats du premier trimestre, le
PDG de US Steel a dit : « Le premier trimestre 2010
montre des pertes globales beaucoup moins élevées que le
dernier trimestre de 2009 et cela est dû largement à une
amélioration des conditions d'affaires et à une
très bonne performance de notre segment de tôle plate. Nos
profits
ont repris en Europe et notre segment de tubes a connu un autre solide
trimestre. »
Surma est ravi de ce que la situation semble annoncer
pour les trois prochains mois, ce qui est à peu près
aussi loin dans l'avenir que les propriétaires du capital et
leurs représentants sont habituellement capables de voir ou de
vouloir voir. « Nous pensons faire des profits dans nos
trois segments d'opérations au second trimestre de 2010
à mesure que les conditions d'affaires améliorées
vont se traduire en résultats opérationnels et en
particulier dans notre segment de tôle plate. Notre carnet de
commandes de la plupart de nos clients utilisateurs se porte bien ce
qui nous permet d'augmenter nos niveaux de production.
Les inventaires nord-américains des clients
utilisateurs comme l'automobile et les centres de services demeurent
en-deçà des moyennes historiques tout comme le sont les
importations de produits de tôle plate. En Europe, les
importations sont aussi en-deçà des moyennes historiques
et les
inventaires sur tous nos marchés de clients utilisateurs
demeurent. Nous sommes donc d'un optimisme prudent face à la
perspective de la demande de nos clients utilisateurs dans nos trois
segments d'opérations et ce dans les conditions d'une reprise
économique graduelle et continue. »
Parfait ! La tempête est donc passée
et le soleil pointe à l'horizon ! On oublie ce qui s'est
passé et on repart comme si de rien n'était. Cela permet
d'éviter de se demander pourquoi les pertes se sont
accumulées depuis 18 mois et pourquoi les demandes de
concessions continuent. Si les affaires s'améliorent et la vie
revient à la
normale, du moins selon la conception des propriétaires du
capital, alors pourquoi cette propagande pour les concessions et les
attaques continues contre les programmes sociaux et les services
publics ? Les êtres humains ne sont pas des chiens de Pavlov
qui ne font que répondre à des stimuli. Les êtres
humains sont des êtres pensants qui sont
capables de changer les choses en participant consciemment dans des
actes de découverte. La question pour les travailleurs c'est
d'éliminer le blocage qui les empêche de participer
consciemment dans de tels actes et d'agir pour changer le monde, un
blocage en partie infligé à soi-même quand on
accepte l'idéologie dominante et les autorités
économiques et politiques, les sauveurs condescendants qui
disent penser pour les travailleurs. Nous ne voulons plus nous en
remettre à d'autres pour penser pour nous et nous
représenter.
Quel est le résultat de toute cette pensée
désuète des propriétaires du capital ? Surma
n'analyse pas ce qui est arrivé dans les derniers dix-huit mois,
alors pourquoi les travailleurs devraient-ils le croire quand, de
concert avec ses dirigeants exécutifs, il dit que les pensions
à prestations déterminées sont un problème
structurel que seule leur
destruction peut résoudre. Ils ne disent même pas que
cette destruction a quoi que ce soit à voir avec la solution des
crises économiques et la voient uniquement comme une
façon de s'emparer d'une portion toujours plus grande du produit
social qui revient de droit aux travailleurs. C'en est assez de cette
pensée qui tourne à vide et de cette
rhétorique creuse des propriétaires du capital ;
nous devons penser par nous-mêmes et nous représenter
nous-mêmes dans les affaires économiques et
politiques !
Les travailleurs disent que les concessions ne sont pas
des solutions aux problèmes du capitalisme. En
réalité, les concessions ne font qu'empirer les
problèmes de l'économie parce qu'elles privent les gens
de la possibilité de mettre des biens et des services dans la
circulation. Revenant à l'affirmation de US Steel à
l'effet que les pensions à
prestations déterminées sont un problème
structurel, on doit se rappeler que les travailleurs de Stelco ont ce
type de pension depuis 1956. Pourquoi sont-elles soudainement devenues
un problème structurel pour US Steel ? En quoi la
concession résoudra-t-elle le problème d'un cycle
d'affaires qui s'effondre puis qui reprend, comme on l'a vu
en 2008, 2001, 1991 et de façon répétée
depuis l'horrible crise économique des années 1930
où les pensions n'existaient même pas ? Les pensions
ne représentaient aucun problème structurel pour les
entreprises ou les gouvernements dans les années 1930 parce
qu'il n'y en avait pas et pourtant la crise a mené à la
fermeture d'entreprises, à
des mises à pied de travailleurs et à la destruction en
masse de richesse matérielle. En réalité,
l'absence de programmes sociaux comme les pensions dans les
années 1930 a encore aggravé la crise parce les gens,
jeunes et moins jeunes, n'avaient que très peu ou pas de revenus
et ne pouvaient pas mettre en circulation des biens et des services.
Si les travailleurs de Stelco n'avaient pas gagné
leur fonds de pension à prestations déterminées en
1956, cela n'aurait rien changé aux hauts et aux bas du cycle
d'affaires. Cela aurait voulu dire plus d'argent dans les mains des
possesseurs du capital pour être dilapidé dans de folles
aventures au pays et à l'étranger mais le cycle
d'affaires et ses
bouleversements auraient continué et Stelco aurait
été avalée par un monopole plus gros parce que
telle est la tendance du capitalisme monopoliste. L'existence des
programmes sociaux y compris les fonds de pension à prestations
déterminées a rendu les crises économiques
récurrentes de l'après-guerre moins sévères
parce qu'ils ont donné aux gens
un peu d'argent qui a permis la mise en circulation d'un certain niveau
de biens et de services en dépit de la crise. La destruction
actuelle des programmes sociaux et les demandes de concessions ne vont
que rendre l'inévitable prochaine crise économique encore
plus dévastatrice. La classe ouvrière ne doit pas
permettre que cela se produise.
Surma ne dit pas comment une concession dans les
pensions à prestations déterminées et dans
l'indexation des pensions va résoudre quoi que ce soit. Il ne
fournit ni analyse ni leadership mais cherche uniquement à
protéger le capital au détriment des travailleurs et
à l'étendre dans les conditions de la reprise. Il en va
de même pour Vale Inco,
AbitibiBowater et tous les autres monopoles et gouvernements qui
demandent des concessions. En d'autres termes, la concession
demandée sur la question des pensions et les autres concessions
ne sont rien d'autre que du vol de ce qui appartient de droit aux
travailleurs et elles sont contraires aux meilleurs
intérêts de la société et de
l'économie.
Monsieur Surma, il faut produire de l'acier et non voler les
réclamations des travailleurs au produit social qu'est
l'acier ! Ne touchez pas aux pensions des métallos !
Les concessions ne sont pas des solutions !

Venezuela
Chavez: Nous sommes en état d'affronter la crise
Le président vénézuélien
Hugo Chavez a affirmé que l'économie de son pays est
solide et en état d'affronter les difficultés
causées par la crise capitaliste mondiale. L'économie
vénézuélienne ne bascule pas, a dit
récemment Chavez qui commentait les déclarations de
certains experts comparant la situation
vénézuélienne avec celle de la Grèce.
Il a expliqué que la dette vénézuélienne
est seulement d'environ 20 % du PIB, tandis que celle de la
Grèce a déjà atteint 115 % et passera
à 150 %. Le président a rappelé qu'il y a une
décennie, lors de son investiture à la présidence,
la dette vénézuélienne équivalait à
47,5 % du PIB. La réserve de devises (environ 27,52
milliards $) permettrait de payer toute la dette
étrangère, s'il s'avérait nécessaire. Les
réserves excèdent largement la dette, a-t-il
souligné. Chavez a déclaré que le Venezuela sait
où il se dirige ; il ne dépend pas de la Banque
mondiale ou du Fonds monétaire international. Il a une grande
stabilité économique, politique et sociale,
contrairement à d'autres nations telles les États-Unis
où investir est un risque.

Une entreprise publique d'import-export
est créée pour combattre le capitalisme
- Kiraz Janicke, Venezuelanalysis.com, 11
mai 2010 -
Le président vénézuélien
Hugo Chavez a annoncé la création d'une
société publique d'import-export dans le cadre d'un plan
global de lutte contre « l'hégémonie de la
bourgeoisie », la spéculation et l'inflation dans le
domaine de la distribution.
Malgré les contrôles des prix et un taux de
change fixe, l'inflation continue de poser un défi au
gouvernement Chavez, atteignant 25,1 % en 2009 - la plus
élevée en Amérique latine.
Selon les données de la banque centrale,
l'inflation a augmenté de 5,2 % en avril (le double de
celui de mars et nettement plus élevé qu'au même
mois l'an dernier, soit 1,8 %), ce qui porte l'inflation
cumulée pour 2010 à 11,3 %.
L'inflation au Venezuela a une « importante
composante spéculative » et ce comportement
spéculatif a un « sens politique », qui
est de créer le mécontentement à l'approche des
élections législatives en septembre, a fait valoir
Chavez. Dans ce contexte, il a comparé les différents
secteurs de l'économie vénézuélienne
à
d'autres pays en Amérique du Sud, en disant que, par exemple,
à Buenos Aires en Argentine, un dîner de famille dans un
restaurant peut coûter jusqu'à trois fois moins que dans
la capitale vénézuélienne, Caracas.
Il a également évoqué le prix des
véhicules neufs et dit que, par exemple, à Bogotá
en Colombie et au Brésil, ils se vendent deux ou trois fois
moins cher qu'à Caracas.
Bien que le gouvernement a pris des mesures importantes
pour augmenter les salaires -- une augmentation de 10 % du salaire
minimum en janvier et de 15 % le 1er mai, ce qui est le salaire
minimum le plus élevé en Amérique latine -- les
capitalistes ont immédiatement augmenté les prix afin que
cette redistribution du revenu
national soit « saisie par eux », a
expliqué Chavez.
« La bourgeoisie
vénézuélienne a encore beaucoup de pouvoir dans
l'économie, mais je lui conseille de ne pas essayer de nous
coincer », a-t-il averti, précisant que des mesures
telles que des amendes ou des expropriations seraient prises contre
ceux qui sont engagés dans la spéculation ou la
thésaurisation (l'accaparement de
richesse).
Actuellement au Venezuela, la thésaurisation et
la spéculation provoquent des pénuries de certains
produits alimentaires de base, y compris la viande, le sucre et le
lait. Un problème semblable avait été
créé durant la période menant au
référendum sur la réforme constitutionnelle en
2007 et durant d'autres processus électoraux.
Le ministre de l'Alimentation, Félix Osorio, a
fait valoir que la thésaurisation et la spéculation ont
deux objectifs. Le premier est d'essayer de briser le contrôle
des prix par le gouvernement et le deuxième est de promouvoir
des mouvements de panique dans les achats et de
« créer des courants d'opinion afin de provoquer des
pénuries et
de l'anxiété parmi le peuple
vénézuélien », ceci avec
« des intentions électorales ».
Le Venezuela, le plus grand producteur de pétrole
en Amérique du Sud, dont le revenu de pétrole
représente environ la moitié du PIB du pays et 90 %
des exportations, connaît un phénomène
économique appelé « le mal
hollandais », où les revenus élevés du
pétrole constituent un élément dissuasif pour
l'investissement
intérieur et la production dans d'autres secteurs, rendant le
pays fortement dépendant des importations et donc
extrêmement vulnérable à l'inflation.
Après le lock-out de deux mois en 2003 par les
patrons de l'industrie pétrolière, le gouvernement a
proposé en 2003 de réglementer l'échange de
devises et d'empêcher la fuite des capitaux. Le lock-out visait
à évincer du pouvoir Chavez démocratiquement
élu et a causé des dommages économiques
estimés à 20 milliards $.
Toutefois, les contrôles de la devise ont
créé une demande en plein essor pour les dollars et
certains estiment que près de 30 % des importations du pays
sont tributaires du marché non officiel ou parallèle du
dollar, dans lequel le bolivar se négociait à la fin de
2009 à environ un tiers du taux officiel.
Afin de remédier à ce
déséquilibre, Chavez a annoncé en janvier une
dévaluation contrôlée de la monnaie en bolivar.
Depuis 2005, elle était fixée à 2,15 bolivars pour
un dollar US et il a créé un taux de change à deux
niveaux, soit 2,60 Bs par dollar US pour les transactions
identifiées comme prioritaires par le gouvernement et 4,30 Bs
par
dollar US pour les activités économiques
générales, ainsi qu'une réglementation
spéciale pour intervenir sur les marchés
parallèles ou non officielles.
Cependant, alors que de nombreux importateurs
reçoivent de CADIVI, l'Office de réglementation du
Venezuela, des dollars US aux taux de change officiels selon les deux
niveaux, ils continuent à vendre des produits au taux officieux
qui se négocient actuellement aux alentours de 8 Bs pour un
dollar US, ce qui double ou triple leurs marges
bénéficiaires et contribue aux hausses
générales des prix.
« Il semble stupide de donner des dollars
à la bourgeoisie pour qu'elle importe, charge et surcharge,
alors qu'elle achète les marchandises [à
l'étranger], les fait venir ici et demande plus que ce qu'elles
coûtent vraiment » a déclaré M. Chavez,
afin d'expliquer pourquoi l'État devrait mettre en place sa
propre entreprise
d'import-export.
Nouvelle société d'import-export et un
réseau de distribution socialiste
Par le biais de cette
nouvelle société, le gouvernement sera en mesure
d'importer au taux de 2,6 Bs qui sera sensiblement inférieur
à celui des capitaux privés en vendant des produits
à des prix réglementés dans la nouvelle
chaîne commerciale socialiste qu'il va
créer.
À la suite de la dévaluation de janvier,
Chavez a nationalisé la chaîne d'hypermarchés Exito
à cause de « la spéculation et des pratiques
abusives anti-travailleurs » et l'a convertie en la
chaîne d'hypermarchés du Bicentenaire de
propriété publique. Puis, en février, le
gouvernement a annoncé son intention d'acheter la chaîne
de
supermarchés Cada détenue par le groupe français
Casino. Dimanche, Chavez a annoncé via son compte Twitter que la
chaîne Cada serait entièrement la propriété
d'État à la mi-juin.
Le gouvernement tente également de stimuler la
production agricole et a mis en place Comerso, une
société « socialiste » de
distribution alimentaire.
Américo Mata, le coordinateur de la chaîne
d'hypermarchés du Bicentenaire, a déclaré :
« Avec la transformation de ces sociétés, le
gouvernement national vise à créer une politique
alimentaire socialiste au profit du peuple
vénézuélien. »
Le conflit avec Polar
Il y a aussi un conflit qui perdure avec le plus grand
producteur de boissons et d'aliments du Venezuela, Empresas Polar,
depuis que Chavez a décrété le 28 avril
l'expropriation sans indemnisation d'un certain nombre de hangars de
stockage de Polar dans la ville de Barquisimeto, État de Lara,
afin de
construire des logements publics sur ces terrains. Polar a dit qu'il va
aller devant les tribunaux pour contester cette expropriation.
Polar est détenu majoritairement par Lorenzo
Mendoza, un des deux seuls Vénézuéliens dont le
nom apparaît sur la liste Forbes 2010 des milliardaires du
monde. Polar est surtout connu pour sa gamme de bières, mais
possède également la franchise Pepsi-Cola au Venezuela et
domine le secteur de l'alimentation.
Le conflit avec Polar a produit des scissions au sein de
l'alliance « chaviste » : le gouverneur de
Lara, Henri Falcon, s'est rangé du côté de Polar
durant ce conflit et a démissionné du Parti socialiste
uni du Venezuela (PSUV) de Chavez pour rejoindre les rangs du Parti
Patria Para Todos (la Patrie pour tous).
Dans l'État de Lara, Polar, le PPT et
Fedecameras, la Fédération des entreprises du Venezuela
(celle qui a mené le coup d'État de 2002 contre Chavez),
ont fait campagne contre les expropriations, ce qui a amené les
dirigeants du PSUV à déclarer qu'il n'y aura pas
d'alliance électorale avec « Polar Para
Todos » lors des prochaines
élections.

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