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Est du Québec
Les communautés rejettent les
déclarations d'«appui» sans substance du
«bâtisseur» Jean Charest
- Correspondant de l'Est du Québec
-
Lors de son passage aux Îles-de-la-Madeleine le
1er mai, à l'occasion de l'ouverture de la pêche au
homard, les gens ont dénoncé l'arrogance et le
sans-gêne du premier ministre Jean Charest venu leur dire qu'il
les appuyait face à la crise qui affecte gravement l'Est du
Québec. Les Madelinots l'ont confronté directement. Le
premier ministre
avait osé dire : « Je suis
particulièrement fier d'être parmi les Madelinots et de
célébrer avec eux la nouvelle saison de pêche au
homard dans ce cadre exceptionnel, qui fait de l'archipel un joyau
maritime et une attraction touristique fort importante du
Québec ». Dans un communiqué le gouvernement
du Québec écrivait que le
premier ministre a réitéré l'appui de son
gouvernement au développement des pêches, comme à
celui de la mariculture et de l'agriculture aux Îles, tant en ce
qui concerne les produits primaires que pour ce qui est des produits
transformés. C'était de l'arrogance crasse face à
la réalité et une preuve de l'insouciance totale du
gouvernement
libéral.
Aux Iles-de-la-Madeleine, les prix du homard
versés à quai ont chuté de 17 %.
Actuellement, ils sont à 3,57$ la livre comparativement à
4,29 $ l'an dernier. Dans l'Est du Québec en
général, dans le secteur des pêches les quotas de
crabes ont été coupés. En Gaspésie, le
quota est coupé de 64 % dans le crabe. Les usines vont
opérer 2 à 3 semaines tout au plus. La pêche aux
homards est bonne, sauf que le prix est plus bas de 40 cents le
kilogramme, comparativement à l'année 2009. Les gens sont
en colère.
Du côté agriculture la crise
générale du capitalisme et le refus du gouvernement de
venir en aide aux agriculteurs continuent leurs ravages, En fait, le
gouvernement Charest a institué des compressions draconiennes
à la Financière agricole. Plus de 600 fermes risquent de
disparaître dans l'Est du Québec si la réforme de
l'assurance stabilisation
n'est pas abandonnée par le gouvernement provincial. L'assurance
stabilisation est un programme qui assure aux agriculteurs un revenu
stable pour leur permettre de continuer leurs activités. Il est
financé à 60 % par le gouvernement et à
40 % par les agriculteurs participants. Le gouvernement a
changé le mode de calcul de l'aide
financière, en retirant du calcul les 25 % des fermes les
moins rentables ou moins productives. Selon les agriculteurs,
l'accès à la Financière agricole doit être
amélioré. Les agriculteurs trouvent qu'il y a trop de
critères qui restreignent l'accès à l'aide
financière.
Six cents fermes, c'est énorme. Mais il faut
réaliser que la situation est critique pour la majorité
des fermes. Leurs taux d'endettement sont très
élevés partout au Québec. Elles n'ont pas ou peu
de fonds de roulement (pas de liquidité). Elles se financent
auprès de la Financière agricole. Dans l'Est du
Québec, ce sont les producteurs de boeufs et
d'agneaux qui seront les plus touchés, suivis par les
producteurs de porcs. La crise va se répercuter dans les
abattoirs. Le Centre de transformation des viandes de Saint-Gabriel
près de Rimouski a cessé temporairement ses
activités depuis trois semaines.
Dans les pâtes et papiers, l'usine de
Rivière-du-Loup, F.F. Soucy, qui employait plus de 200
travailleurs, est fermée et sur le point d'être vendue
à White Birch, une entreprise des États-Unis appartenant
à Peter Brant. White Birch
possède deux autres usines au Québec, Stadacona à
Québec et Papiers Masson dans l'Outaouais.
Dans le secteur éolien, la compagnie Marmen de
Matane vient de recourir au travail partagé pour demeurer en
activité. Marmen produit les structures qui supportent les
palles et la génératrice, ainsi que les palles des
éoliennes. Les commandes sont rares et les projets ne se mettent
pas en marche par manque de financement. Northland Power à
Gaspé a aussi ralenti ses activités de production. On
parle de près de 1000 emplois pour la Gaspésie.
Innergex planifie un parc éolien communautaire de
25 mégawatts à Rivière-au-Renard. 3Ci, une autre
entreprise dans le domaine de l'éolien, veut construire deux
parcs éoliens de 25 mégawatts près de
Murdochville. Pour sa part, Northland Power propose un projet de 25
mégawatts derrière La Marte et Marsoui en
Haute-Gaspésie. Mais aucun
n'a encore vu le jour.
Pour le secteur forestier, l'annonce de 100
millions $ du gouvernement fédéral est insuffisante
et ne solutionne rien. Même les industriels de la forêt
décrient le ministre Lebel, ministre d'État de l'Agence
de développement économique du Canada pour les
régions du Québec, pour une intervention aussi timide.
Action-Chômage Kamouraska qui desservait le
Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie et la Côte-Nord vient de se
faire couper l'aide financière qu'il recevait du gouvernement
fédéral. Sa survie est en jeu. Un tollé de
protestations s'est fait entendre dans la population et parmi les
centrales syndicales. Action-Chômage répondait à
1700 demandes par
année.
La destruction des différents secteurs
industriels de l'Est du Québec est une tragédie
quotidienne pour les travailleurs et leur communauté. Les
mesures annoncées par les deux paliers de gouvernement sont
illusoires et ne réussissent pas à cacher le fait qu'ils
abandonnent les régions à leur sort parce qu'ils ne
croient pas qu'elles font partie des
« secteurs gagnants ». Les promesses sans
lendemain et les fausses mesures des gouvernements ne peuvent pas
cacher le fait que cette destruction fait partie d'un plan
délibéré des soi-disant
« bâtisseurs » - au service des puissants
et de la désintégration nationale. Ça ne doit pas
passer !

Le logement est un droit!
Manifestations à Westmount pour réclamer
des investissements majeurs dans le logement social
Le FRAPRU estime que les 3000 logements ne permettront
de répondre qu'à une infime partie des besoins.
« Ainsi, le recensement de 2006, pourtant
réalisé avant la crise économique,
dénombrait déjà 203 000 ménages locataires
québécois consacrant plus de 50 % de leur revenu
pour se loger, dont plus de 91 000 à Montréal. Le
FRAPRU évalue également qu'il manque toujours autour de
10 500 logements, dont 9000 pour familles, pour sortir de la
pénurie de logements locatifs qui affecte le Québec
depuis près de dix ans. Enfin, l'itinérance continue
à s'aggraver, la fréquentation des refuges ayant
augmenté, au cours de la dernière année, de
4,5 % dans le cas des
hommes et de pas moins de 30 % dans celui des femmes. »
« Compte tenu de besoins d'une telle ampleur,
le FRAPRU réclame le financement de 50 000 nouveaux logements
sociaux en cinq ans, dont une partie dans le cadre de l'actuel
programme AccèsLogis et une autre par la mise sur pied d'un
programme permettant la réalisation d'Habitations à loyer
modique. Aucun nouveau HLM n'a été
financé depuis le 1er janvier 1994. Pourtant, 39 000
ménages à très faible revenu sont toujours en
attente pour ce type de logement, dont plus de 22 200 sur l'île
de Montréal et près de 4000 en Montérégie,
1800 en Estrie, 1600 dans la région de la Capitale Nationale et
1300 en Outaouais. »

Nouvelle-Écosse
Assaut du capital contre les Néo-Écossais
L'attaque du gouvernement
NPD contre les pensions actuelles et à venir des employés
gouvernementaux en Nouvelle-Écosse peut certainement être
considérée comme un mauvais traitement des
aînés. Selon la pensée et la conception du monde du
NPD au pouvoir dans cette province, les travailleurs sont un coût
pour les propriétaires du capital.
Plutôt que d'honorer les travailleurs actifs et à la
retraite comme les créateurs du produit social et les
dispensateurs des services, la conception centrée sur le capital
met les choses à l'envers et donne priorité aux
réclamations des propriétaires du capital à la
richesse que les travailleurs produisent quand ils transforment les
ressources naturelles en
produit social. La conception du monde désuète du NPD au
pouvoir lui fait nier les travailleurs actifs et à la retraite
et leur droit à la première réclamation au produit
social que produit la classe ouvrière de Nouvelle-Écosse.
La Nouvelle-Écosse ne manque pas de richesse
réalisée ou potentielle qui puisse satisfaire les besoins
du peuple et de la société. Utiliser une
évaluation comptable d'un fonds d'épargne appelé
pension, lequel a été remis à l'oligarchie
financière, comme argument pour couper les pensions de tout
collectif de travailleurs est une fraude et une
capitulation complète au droit de monopole et aux
privilèges de classe des riches.
Quelle réclamation à la richesse de
l'économie sera considérée comme étant la
plus importante ? Voilà la question à
résoudre. Selon la perspective et le diktat centrés sur
le capital, ce sont les réclamations des propriétaires du
capital qui sont considérées comme la chose de toute
première importance tandis que les réclamations des
travailleurs actifs et à la retraite sont vues comme un
coût que doivent défrayer les propriétaires du
capital. La perspective centrée sur l'être humain
considère au contraire que ce sont les réclamations des
producteurs actifs et à la retraite et des dispensateurs des
services qui sont la priorité, de pair avec les
réclamations du gouvernement servant à
financer les programmes sociaux, à servir l'intérêt
général de la société et à
reproduire l'économie socialisée. La conception du monde
centrée sur l'être humain est cependant bloquée par
ceux qui ont usurpé le pouvoir afin d'imposer le droit de
monopole des riches et leurs privilèges de classe.
Les producteurs véritables de la richesse n'ont
pas le pouvoir politique et le rôle de direction. Ils ne
contrôlent pas la direction de l'économie et n'ont pas le
pouvoir de décider des affaires économiques et politiques
sur des questions comme les pensions, la distribution du produit social
créé par les travailleurs et l'organisation et le
contrôle de la
production et des services. Seule une puissante Opposition
ouvrière peut corriger ce problème laissé par
l'histoire.

Les retraités du secteur public protestent
contre le pouvoir par décret
Le 3 mai dernier, environ
200 employés du gouvernement à la retraite ont
manifesté devant le parlement de la Nouvelle-Écosse. Les
retraités sont indignés
par la décision prise unilatéralement par le NPD au
pouvoir dans la province de geler leur ajustement annuel au coût
de la vie à 1,25 % pour les cinq prochaines années.
Le décret stipule qu'après les cinq années de gel,
il n'y aura plus d'indexation si le fonds de pension du secteur public
provincial n'est
pas solvable à 100 % selon les règles comptables en
vigueur.
Les médias de masse ont rapporté que
l'ancien président du Syndicat des employés du
gouvernement de la Nouvelle-Écosse, Dave Peters, a dit :
« Jamais de toute ma vie je n'ai vu un tel comportement pour
faire passer des changements aussi dévastateurs dans un fonds de
pension. L'élimination dictatoriale de la clause d'indexation
des pensions est incroyable et certainement inacceptable. Nous avons
reçu cela comme un choc. À nous tous nous
représentons plusieurs centaines de milliers d'années de
services et nous ne méritons certainement pas un traitement
aussi indigne. »
Bernie LaRusic, le dirigeant de l'Association des
retraités du gouvernement de la Nouvelle-Écosse (NSGREA)
a dit : « Ces changements sont venus d'on ne sait
où. Ceux qui gèrent le fonds de pension savent que cela
n'arrivera jamais au gouvernement de devoir payer leurs pensions
à tous les employés actifs et à la retraite en
même temps, alors l'argument de la solvabilité à
long-terme est trop facile. »
LaRusic se réfère à la
méthode de calcul de la solvabilité qui crée un
scénario où la province ferme le fonds et on
détermine si à ce moment-là le montant en
principal contenu dans le fonds est suffisant pour payer tous les
retraités éligibles.
« Nous n'en revenons pas », a dit
LaRusic, qui est âgé de 75 ans et a pris sa retraite en
1991 après avoir été enseignant du
collégial pendant 30 ans. « Le gouvernement s'est
tout simplement retranché derrière sa décision.
Non seulement il nous a pris par surprise, mais je pense que
lui-même agit un peu à l'aveuglette de la
façon dont il procède. »
Le NSGREA écrit dans un communiqué de
presse que tous les changements des 25 dernières années
dans le fonds de pension ont été négociés
et non pas décrétés comme le fait maintenant le
NPD au pouvoir.
Le communiqué de presse poursuit :
« En 1986, le NSGREA a négocié avec le
gouvernement le plan de santé pour les retraités. Nous
avons négocié la pleine indexation pour les
retraités qui avaient pris leur retraite avant que l'indexation
ne soit en vigueur. Est-ce que le gouvernement ne sait pas à qui
il doit s'adresser s'il veut
faire des changements qui affectent nos pensions et notre
bien-être ? »
« Demandez-leur (aux députés du
NPD provincial) comment il se fait qu'un parti social-démocrate
puisse trahir les retraités en changeant les règles en
vertu desquelles ils ont été engagés et pris leur
retraite ?
« Demandez-leur comment il se fait qu'un
parti social-démocrate peut se permettre d'abaisser le niveau de
vie des retraités en gelant leur pension ? »
Le ministre néo-démocrate des Finances,
Graham Steele, a inclus les changements au fonds de pension dans le
budget de 2010-2011. Les médias ont rapporté que Steele a
dit que les changements sont nécessaires parce que le fonds
n'est pas viable dans son état actuel et n'a que 69 cents en
réserve pour chaque dollar qui est dû. Steel passe sous
silence le fait que le gouvernement a retiré de l'argent du
fonds, soit 200 millions $ en 1998, de la même
manière que le gouvernement fédéral retire des
fonds de l'Assurance-Emploi. Steele n'explique pas non plus comment il
se fait que le fonds a perdu de grandes sommes d'argent durant la crise
économique et pourquoi les fonds faits
d'argent public sont mis dans les mains du capital financier
international et pourquoi on fait payer aux retraités les pertes
qui découlent de la faillite générale du
système capitaliste et de ses cycles d'affaires
récurrents.
Selon Steel, la « résolution du
problème des pensions » par le gel de l'ajustement au
coût de la vie des retraités est une des grandes
réussites du budget provincial de 2010-2011. Le parti au pouvoir
s'attend à « sauver environ 100 millions $
pendant l'année fiscale 2010-2011, a-t-il dit. Les
épargnes pourraient atteindre
de 150 à 200 millions $ dans les années
subséquentes. »
Le NSGREA dit clairement que toute
« épargne » viendra des pensions que
touchent ses membres qui doivent vivre avec, en moyenne, 17 363 $
par année. L'organisation des retraités s'engage à
poursuivre sa lutte contre le diktat du gouvernement en allant devant
les tribunaux, en organisant des réunions et des discussions
avec tous les gens concernés et en tenant des manifestations.

Le NDP au pouvoir augmente la TVH
Le 26 avril, le gouvernement néo-démocrate
de la Nouvelle-Écosse a déposé son deuxième
budget depuis son arrivée au pouvoir. Le budget augmente la Taxe
de vente harmonisée de la province (TVH) à 15 %,
soit le taux le plus élevé au pays.
La TVH va passer de 13 % à 15 % en
juillet et l'ajustement au coût de la vie de tous les
retraités sera gelé.
Le premier ministre Darrell Dexter a dit :
« Personne n'aime les augmentations de taxes. Personne
n'aime les coupures. Vous savez, le problème auquel nous faisons
face se résume en peu de mots : nos dépenses
dépassent nos revenus. »
Les libéraux au pouvoir en Ontario et en
Colombie-Britannique inaugurent la TVH le 1er juillet alors que les
néo-démocrates de ces deux provinces disent s'opposer
à cette forme régressive de taxation individuelle.
Il y a un an, Dexter a dit qu'il serait capable
d'équilibrer le budget sans augmenter les taxes. Le NPD est
arrivé au pouvoir en juin 2009.
« On ne pourra pas ramener la province sur la
voie de la santé financière sans cette
hausse », a dit Dexter. « Elle fait partie des
trois choses que nous devons faire. Nous devons augmenter les revenus
(par l'augmentation des taxes aux particuliers), poursuivre nos
initiatives en profondeur visant au contrôle de nos
dépenses (en
coupant dans les pensions et dans les dépenses publiques) et
assurer la croissance de l'économie. »
Selon CBC, Dexter a dit qu'il y a d'autres
décisions difficiles qui doivent être prises avant que la
province cesse d'être dans le rouge. Dexter n'a pas
expliqué comment il va assurer la croissance de
l'économie en coupant dans les services publics, l'entreprise
publique et les pensions. Ce sont les propriétaires du capital
qui contrôlent
l'économie. Comment l'économie va-t-elle croître si
les propriétaires du capital refusent de réinvestir en
Nouvelle-Écosse le montant de leurs réclamations à
ce que les travailleurs de la province produisent et si le gouvernement
refuse d'augmenter les investissements dans les programmes sociaux, les
services publics et l'entreprise
publique ?
Selon Statistiques Canada, sur une population totale de
775 000 personnes, la Nouvelle-Écosse a une population active
(force de travail) de 497 600 personnes. De ce nombre, 451 200 ont un
emploi – 367 300 à temps plein et 83 800 à temps partiel
– tandis que 46 500 sont en chômage (soit un taux de 9,3 %)
. Le taux d'emploi est de
58,2 % ce qui veut dire que 323 800 (ou 41,8 %) des gens ne
travaillent pas, ce qui comprend les retraités, ceux qui sont
trop jeunes, les étudiants et tous ceux qui ne font pas partie
de la population active, de même que les chômeurs.
Les travailleurs doivent penser à ce que devrait
être un taux d'emploi convenable dans une économie moderne
socialisée. Un taux d'emploi plus élevé dans une
économie socialisée, combiné avec l'utilisation
avancée de la machinerie et des techniques scientifiques,
devrait mener à une quantité plus élevée de
produit social auquel on peut
présenter des réclamations. Est-ce que c'est acceptable
que 323 800 personnes sur une population totale de 775 000 ne
produisent pas de produit social ou ne dispensent pas de
services ? Chose certaine, les 46 500 chômeurs et les 83 800
travailleurs à temps partiel exposent l'échec du
capitalisme à utiliser complètement et de manière
rationnelle le facteur humain dans la production du produit social et
la dispensation des services. C'est devenu très clair que la
classe ouvrière et ses alliés ne peuvent plus laisser les
propriétaires du capital et le marché décider de
ces question économiques cruciales. Une alternative à
l'égocentrisme et à l'anarchie du cycle d'affaires est
possible et
nécessaire.

Tout augmente mais pas nos pensions
- Extraits de la lettre du
président Bernie LaRusic
aux membres de la NSGREA -
Le bulletin récent de l'Agence des pensions de la
Nouvelle-Écosse prétend que les nouvelles initiatives du
gouvernement sur l'Indice des prix à la consommation (IPC) vont
améliorer votre sort. L'exécutif de la NSGREA trouve tout
à fait insultant qu'on tente de faire croire à un
employé à la retraite que geler son IPC à
1,25 % pour
chacune des cinq prochaines années est une bonne chose. Le
nouveau gouvernement a décidé de s'attaquer au
sous-financement à long terme du fonds de pension par ce qu'on
pourrait appeler un stimulant économique. Il va emprunter 535
millions $ pour rembourser une dette de papier. On peut
certainement supposer qu'ils vont payer des
intérêts sur cet emprunt, mais quand et à
qui ?
En gelant votre IPC à 1,25 %, et dans le cas
où l'IPC atteindrait 3,25 %, les plus de 12 000
retraités se trouveraient à contribuer 2 % au
paiement du sous-financement à long terme. Les contributeurs,
l'employeur (le gouvernement) et les employés (les syndicats)
vont continuer à contribuer à un taux fixe puisqu'on
prédit que
le fonds sera solvable à 100 % à partir de janvier
2011. Il n'y aura que les payeurs de taxes et nous d'affectés.
Imaginez-vous ! Après 25-35 ans de contributions à
nos « salaires différés », on nous
demande de contribuer à nouveau à nos pensions.
Le montant moyen annuel que touchent nos
retraités est de 17 363 $.
La NSGREA existe depuis 25 ans. En 1986, la NSGREA a
négocié avec le gouvernement notre plan de santé
à la retraite. Pendant les périodes de
« congés de contributions dans les
pensions » nous avons négocié la pleine
indexation pour les retraités ayant pris leur retraite avant que
l'indexation n'entre en vigueur. Compte tenu de
cette histoire, avec qui pensez-vous le gouvernement devrait-il parler
sur des questions qui affectent nos pensions et notre
bien-être ?
Vous vous demandez peut-être ce que nous allons
faire maintenant ? Chacun de nous va contacter le
député de son comté, y inclus le premier ministre
et le ministre des Finances. La NSGREA va également examiner
quelle poursuite légale elle peut intenter face à ces
changements dans notre IPC. Il faut demander aux députés
pourquoi
seuls les retraités et les payeurs de taxes, et nous en sommes
nous aussi, vont devoir contribuer à nouveau pour nos pensions.
Demandons-leur comment il se fait qu'un parti social-démocrate
se permet de trahir les retraités en changeant les règles
en vertu desquelles nous avons été engagés et
avons pris notre retraite. Demandons-leur pourquoi un
parti social-démocrate abaisse le niveau de vie des
retraités en gelant leur pension. N'hésitez pas à
y aller de vos propres idées et n'oubliez pas de leur dire que
nous ne voulons pas que notre indexation soit changée. [...]

Quelques faits sur les salaires dans le secteur public
- Toby Sanger, le 5 mai 2010 -
La National Institute on Retirement Security aux
États-Unis produit d'excellents rapports sur les pensions et les
revenus de retraite qui méritent d'être lus.
La semaine dernière, l'institut a publié
un rapport intitulé « Out of
Balance ? », écrit par deux professeurs de
l'Université du Wisconsin, qui comparent la
rémunération entre le secteur public et le secteur
privé au cours des vingt dernières années.
Ce rapport établit que lorsque les salaires sont
ajustés en fonction du niveau d'éducation et d'autres
facteurs, les travailleurs du secteur public gagnent
généralement 11 % de moins que leurs
confrères du secteur privé pour un emploi semblable. Ces
calculs sont basés sur l'analyse de régression qui prend
compte de plusieurs variables, et
les différences de salaires reliées au genre et à
l'ethnie sont aussi étonnantes. Ce rapport a eu une bonne
couverture dans les médias américains, y compris sur le
réseau CNN.
En revanche, les médias canadiens continuent de
perpétuer de la désinformation qui provient de l'Institut
Fraser et de la Fédération canadienne de l'entreprise
indépendante (FCEI) sur cette question et d'autres sujets
connexes. Habituellement, je ne prends pas le temps de répondre
à toute cette désinformation provenant de ces sources
puisque
cela nécessiterait un emploi à temps plein, mais j'ai
senti le besoin de répondre sur certains points.
Dans un article de fond publié dans le National
Post d'aujourd'hui, Herb Grubel perpétue et amplifie la
désinformation du Rapport sur les salaires de la FCEI de 2009
pour appuyer son argument que le droit de grève des syndicats du
secteur public devrait être aboli. Il prétend que si les
salaires des travailleurs du secteur public
étaient égaux à ceux du secteur privé, les
déficits des gouvernements baisseraient de 19 milliards $.
En réalité, l'étude de la FCEI
manipule et altère les données du recensement de
Statistique Canada pour arriver à ses conclusions que les
travailleurs du secteur public canadien sont mieux
rémunérés. Par contre, ce que l'étude ne
dit pas est qu'elle ne rapporte pas les salaires pour les occupations
individuelles, mais construit plutôt une moyenne
après la manipulation des données.
Un certain nombre de personnes ont publié des
critiques du Rapport de la FCEI, dont Sylvain Schetagne du
Congrès du travail du Canada (CTC), David MacDonald et moi du
National Union of Public and General Employees (NUPGE), mais peu de
journalistes des médias canadiens ont rapporté les faits.
La vérité est que dans l'ensemble, les
niveaux de rémunération moyens entre le secteur public et
le secteur privé sont semblables. Il y a beaucoup plus de
différence dans les niveaux de rémunérations du
secteur privé, les emplois de haut-niveau étant
payés beaucoup plus cher et les emplois de bas-niveau beaucoup
moins, surtout pour les
femmes.
Grubel prétend que l'indemnité
différentielle dans le secteur public est entièrement
attribuable aux variations du taux de syndicalisation et fait preuve
d'un peu de malhonnêteté quand il dit vouloir des mesures
pour assurer un « salaire égal pour un travail
égal ».
En réalité, les salaires relativement plus
élevés des niveaux inférieurs sont causés
par les lois d'équités salariales, des politiques
implicites du gouvernement afin d'établir des échelons
de rémunération plus équitables et oui, des
efforts des syndicats pour redresser les grandes
inégalités de paye et de revenus qui existent dans notre
société.
Ce n'est pas tout le monde qui a cette foi aveugle que
les marchés privés donnent un salaire égal pour un
travail égal.

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
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