Le Marxiste-Léniniste

Numéro 89 - 20 mai 2010


Lundi le 24 mai
Journée nationale des patriotes 2010

  


Marche au Pied-du-Courant    
Les Jeunes Patriotes du Québec organisent une célébration de la Journée nationale des patriotes à la Prison au Pied-du-Courant où furent pendus les patriotes de 1837-1838
Rendez-vous à 12 h 30 au Pied-du-Courant
(angle De Lorimier et Notre-Dame).
 
Daniel Boucher y fera la lecture du testament politique de François-Marie-Thomas Chevalier de Lorimier. La marche sera suivie de la pièce de théâtre « Les Grands Soleils » de Jacques Ferron au Carré Saint-Louis vers 15 h 30 (une initiative de dix étudiants du cégep du Vieux-Montréal inscrits au programme Histoire et civilisation). De plus, cette année l'événement prend une tournure particulière en dénonçant par la même occasion le budget Charest.
  
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AUTRES ACTIVITÉS DE LA JOURNÉE
NATIONALE DES PATRIOTES

Est du Québec
Les communautés rejettent les déclarations d'«appui» sans substance du «bâtisseur» Jean Charest - Correspondant de l'Est du Québec

Le logement est un droit!
Manifestations à Westmount pour réclamer des investissements majeurs dans le logement social

Nouvelle-Écosse
Assaut du capital contre les Néo-Écossais
Les retraités du secteur public protestent contre le pouvoir par décret
Le NDP au pouvoir augmente la TVH
Tout augmente mais pas nos pensions - Extraits de la lettre du président Bernie LaRusic aux membres de la NSGREA

Secteur public
Quelques faits sur les salaires dans le secteur public - Toby Sanger

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Est du Québec

Les communautés rejettent les déclarations d'«appui» sans substance du «bâtisseur» Jean Charest

Lors de son passage aux Îles-de-la-Madeleine le 1er mai, à l'occasion de l'ouverture de la pêche au homard, les gens ont dénoncé l'arrogance et le sans-gêne du premier ministre Jean Charest venu leur dire qu'il les appuyait face à la crise qui affecte gravement l'Est du Québec. Les Madelinots l'ont confronté directement. Le premier ministre avait osé dire : « Je suis particulièrement fier d'être parmi les Madelinots et de célébrer avec eux la nouvelle saison de pêche au homard dans ce cadre exceptionnel, qui fait de l'archipel un joyau maritime et une attraction touristique fort importante du Québec ». Dans un communiqué le gouvernement du Québec écrivait que le premier ministre a réitéré l'appui de son gouvernement au développement des pêches, comme à celui de la mariculture et de l'agriculture aux Îles, tant en ce qui concerne les produits primaires que pour ce qui est des produits transformés. C'était de l'arrogance crasse face à la réalité et une preuve de l'insouciance totale du gouvernement libéral.

Aux Iles-de-la-Madeleine, les prix du homard versés à quai ont chuté de 17 %. Actuellement, ils sont à 3,57$ la livre comparativement à 4,29 $ l'an dernier. Dans l'Est du Québec en général, dans le secteur des pêches les quotas de crabes ont été coupés. En Gaspésie, le quota est coupé de 64 % dans le crabe. Les usines vont opérer 2 à 3 semaines tout au plus. La pêche aux homards est bonne, sauf que le prix est plus bas de 40 cents le kilogramme, comparativement à l'année 2009. Les gens sont en colère.

Du côté agriculture la crise générale du capitalisme et le refus du gouvernement de venir en aide aux agriculteurs continuent leurs ravages, En fait, le gouvernement Charest a institué des compressions draconiennes à la Financière agricole. Plus de 600 fermes risquent de disparaître dans l'Est du Québec si la réforme de l'assurance stabilisation n'est pas abandonnée par le gouvernement provincial. L'assurance stabilisation est un programme qui assure aux agriculteurs un revenu stable pour leur permettre de continuer leurs activités. Il est financé à 60 % par le gouvernement et à 40 % par les agriculteurs participants. Le gouvernement a changé le mode de calcul de l'aide financière, en retirant du calcul les 25 % des fermes les moins rentables ou moins productives. Selon les agriculteurs, l'accès à la Financière agricole doit être amélioré. Les agriculteurs trouvent qu'il y a trop de critères qui restreignent l'accès à l'aide financière.

Six cents fermes, c'est énorme. Mais il faut réaliser que la situation est critique pour la majorité des fermes. Leurs taux d'endettement sont très élevés partout au Québec. Elles n'ont pas ou peu de fonds de roulement (pas de liquidité). Elles se financent auprès de la Financière agricole. Dans l'Est du Québec, ce sont les producteurs de boeufs et d'agneaux qui seront les plus touchés, suivis par les producteurs de porcs. La crise va se répercuter dans les abattoirs. Le Centre de transformation des viandes de Saint-Gabriel près de Rimouski a cessé temporairement ses activités depuis trois semaines.

Dans les pâtes et papiers, l'usine de Rivière-du-Loup, F.F. Soucy, qui employait plus de 200 travailleurs, est fermée et sur le point d'être vendue à White Birch, une entreprise des États-Unis appartenant à Peter Brant. White Birch possède deux autres usines au Québec, Stadacona à Québec et Papiers Masson dans l'Outaouais.

Dans le secteur éolien, la compagnie Marmen de Matane vient de recourir au travail partagé pour demeurer en activité. Marmen produit les structures qui supportent les palles et la génératrice, ainsi que les palles des éoliennes. Les commandes sont rares et les projets ne se mettent pas en marche par manque de financement. Northland Power à Gaspé a aussi ralenti ses activités de production. On parle de près de 1000 emplois pour la Gaspésie.

Innergex planifie un parc éolien communautaire de 25 mégawatts à Rivière-au-Renard. 3Ci, une autre entreprise dans le domaine de l'éolien, veut construire deux parcs éoliens de 25 mégawatts près de Murdochville. Pour sa part, Northland Power propose un projet de 25 mégawatts derrière La Marte et Marsoui en Haute-Gaspésie. Mais aucun n'a encore vu le jour.

Pour le secteur forestier, l'annonce de 100 millions $ du gouvernement fédéral est insuffisante et ne solutionne rien. Même les industriels de la forêt décrient le ministre Lebel, ministre d'État de l'Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec, pour une intervention aussi timide.

Action-Chômage Kamouraska qui desservait le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie et la Côte-Nord vient de se faire couper l'aide financière qu'il recevait du gouvernement fédéral. Sa survie est en jeu. Un tollé de protestations s'est fait entendre dans la population et parmi les centrales syndicales. Action-Chômage répondait à 1700 demandes par année.

La destruction des différents secteurs industriels de l'Est du Québec est une tragédie quotidienne pour les travailleurs et leur communauté. Les mesures annoncées par les deux paliers de gouvernement sont illusoires et ne réussissent pas à cacher le fait qu'ils abandonnent les régions à leur sort parce qu'ils ne croient pas qu'elles font partie des « secteurs gagnants ». Les promesses sans lendemain et les fausses mesures des gouvernements ne peuvent pas cacher le fait que cette destruction fait partie d'un plan délibéré des soi-disant « bâtisseurs » - au service des puissants et de la désintégration nationale. Ça ne doit pas passer !

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Le logement est un droit!

Manifestations à Westmount pour réclamer des investissements majeurs dans le logement social

Dimanche le 16 mai, plus de 400 personnes ont manifesté dans les rues de Westmount à Montréal pour réclamer des investissements majeurs dans le logement social. Le choix de Westmount, une des villes les plus riches du Canada, n'était pas un hasard. Le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), l'organisateur de l'événement, visait entre autres à dénoncer le dernier budget Bachand qui est un véritable cadeau pour les riches.

« Le budget nous annonce un nouveau Plan de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale d'une durée de cinq ans qui ne contient que des miettes, dont la plus grosse est le financement d'à peine 3 000 nouveaux logements sociaux additionnels », a dit François Saillant, coordonnateur du FRAPRU. À titre de comparaison, le dernier plan de lutte quinquennal présenté en 2004 annonçait le financement de 16 000 nouveaux logements sociaux.

Les manifestants se sont dirigés vers la maison de Jean Charest située à Westmount où ils ont pu constater pratiquement ce que voulait dire la devise maintenant célèbre « la police au service des riches ». On avait déployé un périmètre de sécurité avec de nombreux policiers pour « protéger » la maison du premier ministre. Les manifestants ont tenu un bed-in près de sa résidence pour illustrer toute l'ampleur et toute l'urgence des problèmes de logement et protester contre l'insuffisance du dernier budget libéral en matière de logement social. Ils ont profité de l'occasion pour tenir un dîner communautaire, une occasion de présenter aux résidents leurs revendications.

Pour terminer la journée, les manifestants ont repris l'autobus pour aller confronter le ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand, qui tenait une assemblée de financement dans son comté d'Outremont. Les manifestants ont appris que, ayant eu vent de l'action, le ministre avait interrompu son activité pour s'enfuir par la porte arrière.

De façon symbolique les manifestants ont lancé des sous noirs. Comme l'ont souligné les organisateurs de l'événement : « Tout ce qui reste aux ménages à faible revenu une fois le loyer payé, ce sont des cennes noires ; ce sont ni vers ces ménages ni vers la classe moyenne que le gouvernement aurait dû se tourner dans son dernier budget, mais vers ceux qui ont de l'argent, soit les contribuables à haut revenu et les grandes entreprises. »

Avant de se disperser, les manifestants ont convenu qu'ils manifesteraient partout où le ministre des Finances et le premier ministre seront présents.



Le FRAPRU estime que les 3000 logements ne permettront de répondre qu'à une infime partie des besoins. « Ainsi, le recensement de 2006, pourtant réalisé avant la crise économique, dénombrait déjà 203 000 ménages locataires québécois consacrant plus de 50 % de leur revenu pour se loger, dont plus de 91 000 à Montréal. Le FRAPRU évalue également qu'il manque toujours autour de 10 500 logements, dont 9000 pour familles, pour sortir de la pénurie de logements locatifs qui affecte le Québec depuis près de dix ans. Enfin, l'itinérance continue à s'aggraver, la fréquentation des refuges ayant augmenté, au cours de la dernière année, de 4,5 % dans le cas des hommes et de pas moins de 30 % dans celui des femmes. »

« Compte tenu de besoins d'une telle ampleur, le FRAPRU réclame le financement de 50 000 nouveaux logements sociaux en cinq ans, dont une partie dans le cadre de l'actuel programme AccèsLogis et une autre par la mise sur pied d'un programme permettant la réalisation d'Habitations à loyer modique. Aucun nouveau HLM n'a été financé depuis le 1er janvier 1994. Pourtant, 39 000 ménages à très faible revenu sont toujours en attente pour ce type de logement, dont plus de 22 200 sur l'île de Montréal et près de 4000 en Montérégie, 1800 en Estrie, 1600 dans la région de la Capitale Nationale et 1300 en Outaouais. »

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Nouvelle-Écosse

Assaut du capital contre les Néo-Écossais

L'attaque du gouvernement NPD contre les pensions actuelles et à venir des employés gouvernementaux en Nouvelle-Écosse peut certainement être considérée comme un mauvais traitement des aînés. Selon la pensée et la conception du monde du NPD au pouvoir dans cette province, les travailleurs sont un coût pour les propriétaires du capital. Plutôt que d'honorer les travailleurs actifs et à la retraite comme les créateurs du produit social et les dispensateurs des services, la conception centrée sur le capital met les choses à l'envers et donne priorité aux réclamations des propriétaires du capital à la richesse que les travailleurs produisent quand ils transforment les ressources naturelles en produit social. La conception du monde désuète du NPD au pouvoir lui fait nier les travailleurs actifs et à la retraite et leur droit à la première réclamation au produit social que produit la classe ouvrière de Nouvelle-Écosse.

La Nouvelle-Écosse ne manque pas de richesse réalisée ou potentielle qui puisse satisfaire les besoins du peuple et de la société. Utiliser une évaluation comptable d'un fonds d'épargne appelé pension, lequel a été remis à l'oligarchie financière, comme argument pour couper les pensions de tout collectif de travailleurs est une fraude et une capitulation complète au droit de monopole et aux privilèges de classe des riches.

Quelle réclamation à la richesse de l'économie sera considérée comme étant la plus importante ? Voilà la question à résoudre. Selon la perspective et le diktat centrés sur le capital, ce sont les réclamations des propriétaires du capital qui sont considérées comme la chose de toute première importance tandis que les réclamations des travailleurs actifs et à la retraite sont vues comme un coût que doivent défrayer les propriétaires du capital. La perspective centrée sur l'être humain considère au contraire que ce sont les réclamations des producteurs actifs et à la retraite et des dispensateurs des services qui sont la priorité, de pair avec les réclamations du gouvernement servant à financer les programmes sociaux, à servir l'intérêt général de la société et à reproduire l'économie socialisée. La conception du monde centrée sur l'être humain est cependant bloquée par ceux qui ont usurpé le pouvoir afin d'imposer le droit de monopole des riches et leurs privilèges de classe.

Les producteurs véritables de la richesse n'ont pas le pouvoir politique et le rôle de direction. Ils ne contrôlent pas la direction de l'économie et n'ont pas le pouvoir de décider des affaires économiques et politiques sur des questions comme les pensions, la distribution du produit social créé par les travailleurs et l'organisation et le contrôle de la production et des services. Seule une puissante Opposition ouvrière peut corriger ce problème laissé par l'histoire.

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Les retraités du secteur public protestent
contre le pouvoir par décret

Le 3 mai dernier, environ 200 employés du gouvernement à la retraite ont manifesté devant le parlement de la Nouvelle-Écosse. Les retraités sont indignés par la décision prise unilatéralement par le NPD au pouvoir dans la province de geler leur ajustement annuel au coût de la vie à 1,25 % pour les cinq prochaines années. Le décret stipule qu'après les cinq années de gel, il n'y aura plus d'indexation si le fonds de pension du secteur public provincial n'est pas solvable à 100 % selon les règles comptables en vigueur.

Les médias de masse ont rapporté que l'ancien président du Syndicat des employés du gouvernement de la Nouvelle-Écosse, Dave Peters, a dit : « Jamais de toute ma vie je n'ai vu un tel comportement pour faire passer des changements aussi dévastateurs dans un fonds de pension. L'élimination dictatoriale de la clause d'indexation des pensions est incroyable et certainement inacceptable. Nous avons reçu cela comme un choc. À nous tous nous représentons plusieurs centaines de milliers d'années de services et nous ne méritons certainement pas un traitement aussi indigne. »

Bernie LaRusic, le dirigeant de l'Association des retraités du gouvernement de la Nouvelle-Écosse (NSGREA) a dit : « Ces changements sont venus d'on ne sait où. Ceux qui gèrent le fonds de pension savent que cela n'arrivera jamais au gouvernement de devoir payer leurs pensions à tous les employés actifs et à la retraite en même temps, alors l'argument de la solvabilité à long-terme est trop facile. »

LaRusic se réfère à la méthode de calcul de la solvabilité qui crée un scénario où la province ferme le fonds et on détermine si à ce moment-là le montant en principal contenu dans le fonds est suffisant pour payer tous les retraités éligibles.

« Nous n'en revenons pas », a dit LaRusic, qui est âgé de 75 ans et a pris sa retraite en 1991 après avoir été enseignant du collégial pendant 30 ans. « Le gouvernement s'est tout simplement retranché derrière sa décision. Non seulement il nous a pris par surprise, mais je pense que lui-même agit un peu à l'aveuglette de la façon dont il procède. »

Le NSGREA écrit dans un communiqué de presse que tous les changements des 25 dernières années dans le fonds de pension ont été négociés et non pas décrétés comme le fait maintenant le NPD au pouvoir.

Le communiqué de presse poursuit : « En 1986, le NSGREA a négocié avec le gouvernement le plan de santé pour les retraités. Nous avons négocié la pleine indexation pour les retraités qui avaient pris leur retraite avant que l'indexation ne soit en vigueur. Est-ce que le gouvernement ne sait pas à qui il doit s'adresser s'il veut faire des changements qui affectent nos pensions et notre bien-être ? »

« Demandez-leur (aux députés du NPD provincial) comment il se fait qu'un parti social-démocrate puisse trahir les retraités en changeant les règles en vertu desquelles ils ont été engagés et pris leur retraite ?

« Demandez-leur comment il se fait qu'un parti social-démocrate peut se permettre d'abaisser le niveau de vie des retraités en gelant leur pension ? »

Le ministre néo-démocrate des Finances, Graham Steele, a inclus les changements au fonds de pension dans le budget de 2010-2011. Les médias ont rapporté que Steele a dit que les changements sont nécessaires parce que le fonds n'est pas viable dans son état actuel et n'a que 69 cents en réserve pour chaque dollar qui est dû. Steel passe sous silence le fait que le gouvernement a retiré de l'argent du fonds, soit 200 millions $ en 1998, de la même manière que le gouvernement fédéral retire des fonds de l'Assurance-Emploi. Steele n'explique pas non plus comment il se fait que le fonds a perdu de grandes sommes d'argent durant la crise économique et pourquoi les fonds faits d'argent public sont mis dans les mains du capital financier international et pourquoi on fait payer aux retraités les pertes qui découlent de la faillite générale du système capitaliste et de ses cycles d'affaires récurrents.

Selon Steel, la « résolution du problème des pensions » par le gel de l'ajustement au coût de la vie des retraités est une des grandes réussites du budget provincial de 2010-2011. Le parti au pouvoir s'attend à « sauver environ 100 millions $ pendant l'année fiscale 2010-2011, a-t-il dit. Les épargnes pourraient atteindre de 150 à 200 millions $ dans les années subséquentes. »

Le NSGREA dit clairement que toute « épargne » viendra des pensions que touchent ses membres qui doivent vivre avec, en moyenne, 17 363 $ par année. L'organisation des retraités s'engage à poursuivre sa lutte contre le diktat du gouvernement en allant devant les tribunaux, en organisant des réunions et des discussions avec tous les gens concernés et en tenant des manifestations.

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Le NDP au pouvoir augmente la TVH

Le 26 avril, le gouvernement néo-démocrate de la Nouvelle-Écosse a déposé son deuxième budget depuis son arrivée au pouvoir. Le budget augmente la Taxe de vente harmonisée de la province (TVH) à 15 %, soit le taux le plus élevé au pays.

La TVH va passer de 13 % à 15 % en juillet et l'ajustement au coût de la vie de tous les retraités sera gelé.

Le premier ministre Darrell Dexter a dit : « Personne n'aime les augmentations de taxes. Personne n'aime les coupures. Vous savez, le problème auquel nous faisons face se résume en peu de mots : nos dépenses dépassent nos revenus. »

Les libéraux au pouvoir en Ontario et en Colombie-Britannique inaugurent la TVH le 1er juillet alors que les néo-démocrates de ces deux provinces disent s'opposer à cette forme régressive de taxation individuelle.

Il y a un an, Dexter a dit qu'il serait capable d'équilibrer le budget sans augmenter les taxes. Le NPD est arrivé au pouvoir en juin 2009.

« On ne pourra pas ramener la province sur la voie de la santé financière sans cette hausse », a dit Dexter. « Elle fait partie des trois choses que nous devons faire. Nous devons augmenter les revenus (par l'augmentation des taxes aux particuliers), poursuivre nos initiatives en profondeur visant au contrôle de nos dépenses (en coupant dans les pensions et dans les dépenses publiques) et assurer la croissance de l'économie. »

Selon CBC, Dexter a dit qu'il y a d'autres décisions difficiles qui doivent être prises avant que la province cesse d'être dans le rouge. Dexter n'a pas expliqué comment il va assurer la croissance de l'économie en coupant dans les services publics, l'entreprise publique et les pensions. Ce sont les propriétaires du capital qui contrôlent l'économie. Comment l'économie va-t-elle croître si les propriétaires du capital refusent de réinvestir en Nouvelle-Écosse le montant de leurs réclamations à ce que les travailleurs de la province produisent et si le gouvernement refuse d'augmenter les investissements dans les programmes sociaux, les services publics et l'entreprise publique ?

Selon Statistiques Canada, sur une population totale de 775 000 personnes, la Nouvelle-Écosse a une population active (force de travail) de 497 600 personnes. De ce nombre, 451 200 ont un emploi – 367 300 à temps plein et 83 800 à temps partiel – tandis que 46 500 sont en chômage (soit un taux de 9,3 %) . Le taux d'emploi est de 58,2 % ce qui veut dire que 323 800 (ou 41,8 %) des gens ne travaillent pas, ce qui comprend les retraités, ceux qui sont trop jeunes, les étudiants et tous ceux qui ne font pas partie de la population active, de même que les chômeurs.

Les travailleurs doivent penser à ce que devrait être un taux d'emploi convenable dans une économie moderne socialisée. Un taux d'emploi plus élevé dans une économie socialisée, combiné avec l'utilisation avancée de la machinerie et des techniques scientifiques, devrait mener à une quantité plus élevée de produit social auquel on peut présenter des réclamations. Est-ce que c'est acceptable que 323 800 personnes sur une population totale de 775 000 ne produisent pas de produit social ou ne dispensent pas de services ? Chose certaine, les 46 500 chômeurs et les 83 800 travailleurs à temps partiel exposent l'échec du capitalisme à utiliser complètement et de manière rationnelle le facteur humain dans la production du produit social et la dispensation des services. C'est devenu très clair que la classe ouvrière et ses alliés ne peuvent plus laisser les propriétaires du capital et le marché décider de ces question économiques cruciales. Une alternative à l'égocentrisme et à l'anarchie du cycle d'affaires est possible et nécessaire.

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Tout augmente mais pas nos pensions

Le bulletin récent de l'Agence des pensions de la Nouvelle-Écosse prétend que les nouvelles initiatives du gouvernement sur l'Indice des prix à la consommation (IPC) vont améliorer votre sort. L'exécutif de la NSGREA trouve tout à fait insultant qu'on tente de faire croire à un employé à la retraite que geler son IPC à 1,25 % pour chacune des cinq prochaines années est une bonne chose. Le nouveau gouvernement a décidé de s'attaquer au sous-financement à long terme du fonds de pension par ce qu'on pourrait appeler un stimulant économique. Il va emprunter 535 millions $ pour rembourser une dette de papier. On peut certainement supposer qu'ils vont payer des intérêts sur cet emprunt, mais quand et à qui ?

En gelant votre IPC à 1,25 %, et dans le cas où l'IPC atteindrait 3,25 %, les plus de 12 000 retraités se trouveraient à contribuer 2 % au paiement du sous-financement à long terme. Les contributeurs, l'employeur (le gouvernement) et les employés (les syndicats) vont continuer à contribuer à un taux fixe puisqu'on prédit que le fonds sera solvable à 100 % à partir de janvier 2011. Il n'y aura que les payeurs de taxes et nous d'affectés. Imaginez-vous ! Après 25-35 ans de contributions à nos « salaires différés », on nous demande de contribuer à nouveau à nos pensions.

Le montant moyen annuel que touchent nos retraités est de 17 363 $.

La NSGREA existe depuis 25 ans. En 1986, la NSGREA a négocié avec le gouvernement notre plan de santé à la retraite. Pendant les périodes de « congés de contributions dans les pensions » nous avons négocié la pleine indexation pour les retraités ayant pris leur retraite avant que l'indexation n'entre en vigueur. Compte tenu de cette histoire, avec qui pensez-vous le gouvernement devrait-il parler sur des questions qui affectent nos pensions et notre bien-être ?

Vous vous demandez peut-être ce que nous allons faire maintenant ? Chacun de nous va contacter le député de son comté, y inclus le premier ministre et le ministre des Finances. La NSGREA va également examiner quelle poursuite légale elle peut intenter face à ces changements dans notre IPC. Il faut demander aux députés pourquoi seuls les retraités et les payeurs de taxes, et nous en sommes nous aussi, vont devoir contribuer à nouveau pour nos pensions. Demandons-leur comment il se fait qu'un parti social-démocrate se permet de trahir les retraités en changeant les règles en vertu desquelles nous avons été engagés et avons pris notre retraite. Demandons-leur pourquoi un parti social-démocrate abaisse le niveau de vie des retraités en gelant leur pension. N'hésitez pas à y aller de vos propres idées et n'oubliez pas de leur dire que nous ne voulons pas que notre indexation soit changée. [...]

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Quelques faits sur les salaires dans le secteur public

La National Institute on Retirement Security aux États-Unis produit d'excellents rapports sur les pensions et les revenus de retraite qui méritent d'être lus.

La semaine dernière, l'institut a publié un rapport intitulé « Out of Balance ? », écrit par deux professeurs de l'Université du Wisconsin, qui comparent la rémunération entre le secteur public et le secteur privé au cours des vingt dernières années.

Ce rapport établit que lorsque les salaires sont ajustés en fonction du niveau d'éducation et d'autres facteurs, les travailleurs du secteur public gagnent généralement 11 % de moins que leurs confrères du secteur privé pour un emploi semblable. Ces calculs sont basés sur l'analyse de régression qui prend compte de plusieurs variables, et les différences de salaires reliées au genre et à l'ethnie sont aussi étonnantes. Ce rapport a eu une bonne couverture dans les médias américains, y compris sur le réseau CNN.

En revanche, les médias canadiens continuent de perpétuer de la désinformation qui provient de l'Institut Fraser et de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) sur cette question et d'autres sujets connexes. Habituellement, je ne prends pas le temps de répondre à toute cette désinformation provenant de ces sources puisque cela nécessiterait un emploi à temps plein, mais j'ai senti le besoin de répondre sur certains points.

Dans un article de fond publié dans le National Post d'aujourd'hui, Herb Grubel perpétue et amplifie la désinformation du Rapport sur les salaires de la FCEI de 2009 pour appuyer son argument que le droit de grève des syndicats du secteur public devrait être aboli. Il prétend que si les salaires des travailleurs du secteur public étaient égaux à ceux du secteur privé, les déficits des gouvernements baisseraient de 19 milliards $.

En réalité, l'étude de la FCEI manipule et altère les données du recensement de Statistique Canada pour arriver à ses conclusions que les travailleurs du secteur public canadien sont mieux rémunérés. Par contre, ce que l'étude ne dit pas est qu'elle ne rapporte pas les salaires pour les occupations individuelles, mais construit plutôt une moyenne après la manipulation des données.

Un certain nombre de personnes ont publié des critiques du Rapport de la FCEI, dont Sylvain Schetagne du Congrès du travail du Canada (CTC), David MacDonald et moi du National Union of Public and General Employees (NUPGE), mais peu de journalistes des médias canadiens ont rapporté les faits.

La vérité est que dans l'ensemble, les niveaux de rémunération moyens entre le secteur public et le secteur privé sont semblables. Il y a beaucoup plus de différence dans les niveaux de rémunérations du secteur privé, les emplois de haut-niveau étant payés beaucoup plus cher et les emplois de bas-niveau beaucoup moins, surtout pour les femmes.

Grubel prétend que l'indemnité différentielle dans le secteur public est entièrement attribuable aux variations du taux de syndicalisation et fait preuve d'un peu de malhonnêteté quand il dit vouloir des mesures pour assurer un « salaire égal pour un travail égal ».

En réalité, les salaires relativement plus élevés des niveaux inférieurs sont causés par les lois d'équités salariales, des politiques implicites du gouvernement afin d'établir des échelons de rémunération plus équitables et oui, des efforts des syndicats pour redresser les grandes inégalités de paye et de revenus qui existent dans notre société.

Ce n'est pas tout le monde qui a cette foi aveugle que les marchés privés donnent un salaire égal pour un travail égal.

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)

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