Lundi le 17 mai, la Commission des relations de travail
de l'Ontario (CRTO) a rejeté la demande du syndicat des
Métallos d'une « audience péremptoire
accélérée d'urgence » pour traiter de
la question qui achoppe dans les négociations, soit la
réintégration de neuf grévistes
congédiés depuis le début de la grève. La
Commission
avait accepté d'entendre la demande uniquement pour mettre fin
à six jours de protestation politique ininterrompue aux
entrées des mines Clarabelle et Coleman. L'annonce du rejet de
la demande n'a fait qu'accroître la détermination des
travailleurs et de la communauté, et le syndicat a
annoncé
un plan d'actions encore plus intense avec une
mobilisation encore plus étendue.
Le refus de Vale de réintégrer les
travailleurs congédiés est une pierre d'achoppement dans
les négociations contractuelles entre Vale et le syndicat des
Métallos. En fait, une plainte de négociation de mauvaise
foi a été initialement déposée le 13
janvier, au sixième mois de la grève, mais la Commission
ne prévoyait pas l'entendre avant la mi-
juin.
Le président de la CRTO, Kevin Whitaker, a donc
dit qu'il entendrait l'argument du syndicat vendredi le 14 mai. Le
syndicat a fait valoir que l'accélération de la
procédure concernant les neuf grévistes
congédiés rendrait possible le règlement du
conflit. Vale Inco a soutenu pour sa part que la Commission ne devait
pas accélérer la procédure
concernant les neufs grévistes parce que cela
« compromettrait » sa position
d'« inflexibilité » dans les
négociations. Elle a dit qu'elle avait le droit d'employer tous
les moyens à sa disposition pour défendre ses
intérêts, son droit de monopole.
La CRTO a été forcée d'entendre la
demande de procédure accélérée à
cause des protestations politiques des travailleurs et de la
communauté qui gagnaient de l'ampleur. Ceux-ci avaient
dressé des lignes de piquetage très efficaces sur un lieu
public avec pour effet d'empêcher en pratique toute sortie de
l'usine. Les choses en étaient rendues là
à cause du refus de négocier de la compagnie et de
l'emploi de briseurs de grève. Les travailleurs et leurs
supporteurs exigeaient que le gouvernement intervienne pour
empêcher Vale d'agir de la sorte. Ils ont accepté de faire
la trêve le 12 mai lorsque le directeur du district 6 du syndicat
des Métallos, Wayne Fraser, et le président de la section
locale 6500, John Fera, leur ont demandé de le faire,
après
avoir visité les sites de protestation.
La production aux mines, au concentrateur, à la
fonderie et l'affinerie de nickel de Vale à Sudbury, en Ontario,
a été interrompue par les protestations et un accident
majeur dans la fonderie. Les travailleurs ont défié une
décision injuste rendue le 11 mai par le juge Robbie Gordon de
la Cour supérieure donnant deux heures aux manifestants
pour mettre fin à leurs protestations. Lorsqu'ordonnés de
mettre fin ou de se faire arrêter par le shérif et la
police, les travailleurs se sont tenus par les bras en trois
rangées l'une derrière l'autre, en criant
« Plus de briseurs de grève ! »,
« Pas question ! Nous ne partirons
pas ! » et ont chanté Ô Canada et
Solidarité pour toujours ! Face à la
résistance déterminée des travailleurs, la police
n'avait pas d'autre choix que de se retirer, laissant libre cours aux
protestations. (Voir l'excellent vidéo de neuf minutes et demi
sur l'impasse à Clarabelle à http ://www.youtube.com/watch ?v=NVdKVZuxmFo).
Le jeudi 13 mai marque le
début du onzième
mois de la grève des 3 000 métallos contre Vale Inco
à Sudbury et Port Colborne.
Les actions de masse des travailleurs de Sudbury,
fondées sur la justesse de leur cause, la force de leur nombre
et l'ampleur du soutien de la communauté ont
démasqué la loi canadienne du travail pour ce qu'elle
est : l'expression codifiée de la volonté des
employeurs soutenue par la violence de l'État. Lorsque Vale a
besoin de la
menace de violence de la police pour imposer sa volonté, la Cour
supérieure vient à la rescousse. Lorsque les travailleurs
exercent un recours contre la négociation de mauvaise foi par la
compagnie ou que la municipalité cherche à faire
respecter ses règlements sur l'habitation qui interdisent aux
travailleurs mercenaires de résider sur la
propriété de
la société, la justice est retardée à
chaque fois. L'unilatéralité de la loi canadienne du
travail est exposée.
Une audience en procédure
accélérée devant la CRTO est un
événement rare et vient apparemment à la demande
du bureau du premier ministre McGuinty, révélant que le
calendrier de la CRTO qui, comme une pratique normale, impose de longs
délais dans ses procédures au détriment des
travailleurs, est une décision politique. Mais comme on
l'a vu, une audience accélérée ne signifie pas
encore que justice sera nécessairement faite. À n'importe
laquelle des étapes, la CRTO peut maintenir le diktat de
monopole au détriment des droits des travailleurs. Dans ce
cas-ci, la CRTO a choisi de retenir les objections de Vale et de ne
pas procéder rapidement. La CRTO peut décider que Vale a
le droit de monopole de congédier les neuf travailleurs. La CRTO
peut tendre un piège en déclarant que certains
travailleurs méritent d'être réembauchés
tandis que d'autres ne le méritent pas. Même si la CRTO
force Vale à réintégrer les neuf travailleurs,
cela n'oblige pas Vale à négocier une convention
collective de standard canadien et ne
l'empêche pas de continuer à utiliser des mercenaires pour
reprendre la production.
Vale Inco a congédié injustement neuf
travailleurs. Vale Inco et les médias manipulent l'affaire en
disant que l'insistance des travailleurs à ce que tout le monde
retourne travailler ensemble est ce qui bloque les négociations.
Rien qu'ils fassent ne changera quoi que ce soit au fait que la cause
des travailleurs est juste et tout le monde le
sait.
Vale et le gouvernement ontarien de Dalton McGuinty sont
alarmés par la position ferme et la protestation politique des
travailleurs de Sudbury qui refusent de se confiner dans les limites
fixées par les employeurs et leurs représentants
politiques. Les travailleurs de Sudbury et leurs supporteurs dans la
communauté ont démontré que, armés de la
justesse de leur cause et de la solidarité, l'organisation et la
force du nombre, ils sont capables d'arrêter la production
mercenaire de Vale et ils sont capables de le faire au moment de leur
choix.

Ne touchez pas aux pensions et avantages
sociaux!
Les concessions ne sont pas des solutions
à la crise, elles ne font que l'exacerber!
- K.C. Adams -
Les demandes de concessions par les
monopoles sont
un
vol pur et simple du produit social de la classe ouvrière.
La destruction récente du régime de
retraite à prestations déterminées pour les
nouveaux employés à US Steel, ateliers Lake Erie Works,
en Ontario, et l'élimination de l'indexation des pensions
à cet endroit ainsi que pour les travailleurs du secteur public
en Nouvelle-Écosse par le NPD au pouvoir sont un vol pur et
simple du produit social
appartenant à la classe ouvrière par les
propriétaires du capital et leurs représentants dans les
entreprises et le gouvernement. Ce produit social appartient aux
travailleurs du fait qu'ils sont les producteurs de la valeur
ajoutée et les dispensateurs des services, qu'ils soient actifs
ou à la retraite.
Les travailleurs résistent au vol de leur droit
au produit social partout au pays et, ce faisant, ils rejettent le
chantage idéologique que les concessions ne sont pas du vol mais
quelque chose de nécessaire pour rendre les monopoles
concurrentiels et équilibrer les comptes des gouvernements. Il
ne faut pas cesser de dénoncer cette absurdité des
monopoles et de leurs gouvernements ! Les concessions sont un
transfert de richesse vers les plus riches. La résistance
à ce vol de ce qui appartient de plein droit aux travailleurs
est ce que font courageusement les mineurs de Vale Inco, les
travailleurs de Lafarge Canada à Hamilton, les travailleurs du
secteur public au Québec, la section
locale 1005 du syndicat des Métallos de Hamilton Works et de
nombreux autres travailleurs des secteurs privé et public
partout au pays.
La destruction des régimes de retraite à
prestations définies, la fin de l'indexation des pensions,
l'augmentation de l'imposition individuelle comme la taxe de vente
harmonisée (TVH), les frais de toutes sortes, d'autres
concessions et des actions antisociales sous le prétexte de
rendre les monopoles concurrentiels et d'équilibrer les comptes
des
gouvernements sont plus qu'un problème pour les travailleurs et
les personnes directement concernées. Ce sont des
problèmes pour l'économie et les collectivités et
ce sont des manifestations de désintégration nationale.
Ce vol a tendance à retirer le produit social de
l'économie, d'affaiblir les collectivités du Canada et
d'affaiblir le pays dans son
ensemble. De plus en plus la richesse se retrouve dans les mains de
l'oligarchie financière internationale, y compris les
propriétaires de capitaux propres et les propriétaires de
la dette des monopoles tels que Vale, US Steel, Lafarge,
AbitibiBowater, les propriétaires de la dette
fédérale et provinciale ainsi que les
bénéficiaires des combines pour
payer les riches telles que les plans de sauvetage ou de
« stimulation » pour les monopoles de
l'automobile et l'avance de liquidités aux banques.
Ce vol de ce qui appartient de droit à la classe
ouvrière concentre la richesse entre de moins en moins de mains
loin de la population, de l'économie et des collectivités
au Canada. La circulation des biens et services est affaiblie par ce
vol, tandis que moins de produit social est entre les mains des
Canadiens pour leur utilisation directe. Cela fait
mal aux entreprises locales et au réinvestissement dans
l'économie et les communautés canadiennes. C'est une
façon de payer les riches et une forme de
désintégration nationale.
On doit y mettre fin avant que l'économie soit davantage
affaiblie, le niveau de vie des gens diminue davantage et le tissu
social de la société s'affaiblisse.
La mainmise du produit social hors des mains des
travailleurs actifs et retraités et en dehors de
l'économie par les riches, leurs monopoles et les gouvernements
est un problème grave qui doit être dénoncé
et opposé autant dans ses formes générales que
particulières. Tous les travailleurs devraient se rallier
derrière ces travailleurs qui sont
particulièrement menacés par des concessions et leur
fournir tout le soutien qu'ils peuvent, comme la défense de la
ligne de piquetage à Vale Inco et aider les travailleurs
retraités du secteur public en Nouvelle-Écosse dans leur
résistance face à l'élimination unilatérale
de l'indexation de leurs pensions par le gouvernement NPD.
Les travailleurs et leurs alliés doivent se
rallier pour bâtir leur propre opposition ouvrière et
mettre fin à cette tendance générale du vol du
produit social par les riches, leurs monopoles et leurs gouvernements,
produit social qui appartient aux travailleurs du fait qu'ils sont les
producteurs du produit social et les dispensateurs de services. Les
travailleurs et leurs alliés doivent s'unir et se rallier
à la défense des Canadiens, surtout les plus
vulnérables qui ont des droits en vertu du simple fait qu'ils
sont des être humains.
Ensemble, levons la bannière de l'augmentation
des investissements dans le secteur manufacturier, les programmes
sociaux, les services publics et les entreprises, la bannière de
l'édification nationale.
Arrêtez de payer les riches ! Augmentez les
investissements dans les programmes sociaux ! Les concessions ne
sont pas des solutions à la crise économique, elles ne
font que l'exacerber !

Étude
Le rythme accéléré de la
contraction de 2008-2009
- Statistique Canada, le 13 mai 2010 -
Le repli économique amorcé en 2008 a
été particulièrement remarquable quant à la
rapidité à laquelle il a surgi et à sa
gravité, lesquelles se sont manifestées sur le
marché financier et sur le marché des produits de base en
août 2008. Les fortes baisses observées à la fin de
2008 sur le marché boursier ainsi que sur ceux des produits de
base et
des changes ont été plus prononcées que celles
notées dans les trois marchés au cours des trois cycles
précédents (en 1981-1982, au début des
années 1990 et en 2001). De plus, la plupart de ces baisses sont
survenues au cours de deux ou trois mois à la fin de 2008, soit
un rythme bien plus rapide que ceux des replis économiques
précédents.
La forte baisse des prix des produits de base s'est
poursuivie pendant huit mois, soit de juin 2008 à février
2009. Il s'agit d'une période nettement plus courte que celles
des cycles précédents. Malgré sa
brièveté, la baisse de 50 % des prix des produits de
base durant le présent cycle a largement dépassé
celles des autres cycles.
Le dollar canadien s'est éloigné de la
parité avec le dollar américain, s'étant
replié pour se situer à 79 cents, soit son niveau mensuel
le plus faible des 10 mois compris entre mai 2008 et mars 2009. En
comparaison, les diminutions survenues au cours de chacun des trois
cycles précédents s'échelonnaient sur une
période d'un an ou plus. La
dépréciation de 21 % du dollar canadien vers la fin
de 2008 et au début de 2009 a largement dépassé
les baisses de moins de 10 % enregistrées au cours des
cycles antérieurs.
La Bourse de Toronto a atteint un sommet en juin 2008,
puis s'est rapidement repliée jusqu'au début de mars
2009, soit une dégringolade qui s'est poursuivie pendant neuf
mois. Cette situation est à mettre en parallèle avec la
baisse d'un sommet à un creux de 12 mois en 1981-1982, avec
celle de 14 mois en 1989-1990 et avec celle de 13 mois
en 2000-2001. La diminution de 45 % en 2008-2009 a
dépassé les baisses de 37 % en 1981-1982, de
23 % en 1989-1990 et de 39 % en 2000-2001.
Même si la contraction initiale de la production
et de l'emploi a été particulièrement rapide
à se manifester au cours du dernier repli, les pertes globales
n'ont pas dépassé les pertes des deux récessions
précédentes. Le produit intérieur brut (PIB)
réel trimestriel a fléchi de 3,6 % en 2008-2009, par
rapport au recul de 3,4 % en
1990-1991 et à celui de 4,9 % en 1981-1982. Près des
deux tiers de la baisse s'est produite entre novembre 2008 et janvier
2009, une période de trois mois durant laquelle le PIB a
diminué de 2,5 % alors que les exportations du Canada ont
reculé de 26 %.
De même, l'emploi a fléchi de 2,3 % au
cours de la présente récession, comparativement au repli
de 3,4 % en 1990-1992 et à celui de 5,4 % en
1981-1982. La quasi-totalité de la baisse est survenue au cours
des quatre mois compris entre novembre 2008 et février 2009.
Selon ces mesures, quoique la récession de
2008-2009 ait été plus rapide à toucher le fond,
elle a été semblable à celles des cycles
précédents, ou moins prononcée.
De plus, les contractions plus fortes sur les
marchés financiers observées en 2008 ne se sont pas
reflétées dans l'économie réelle.
Même si le rythme accéléré
des cycles a été évident tant sur les
marchés financiers que dans l'économie réelle
durant la contraction de 2008-2009, l'ampleur des baisses a
été fort différente, soit plus forte sur le
marché financier et plus contenue dans l'économie
réelle. Le rôle joué par les prix a permis de
réconcilier les deux.
La forte baisse des prix des produits de base a
été le principal facteur à l'origine de la
diminution des stocks et du taux de change au Canada. La baisse des
prix des produits de base s'est reflétée dans le repli
record de 7,6 % du PIB nominal, principalement attribuable
à une baisse de 4,2 % des prix, tandis que la diminution du
volume de production a été relativement faible. C'est ce
recul marqué des revenus et des prix nominaux qu'avaient
prévu les marchés financiers.
Les variations de prix ont constitué la
principale différence entre les récessions aux
États-Unis et au Canada. Aux États-Unis, la contraction
de 3,8 % du PIB réel jusqu'à la fin du
deuxième trimestre de 2009 était légèrement
supérieure à celle des deux récessions
précédentes. Le PIB nominal des États-Unis a
reculé de seulement
2,4 % au cours de la dernière récession, ce qui
laisse entendre que les prix ont crû de 1,5 %, un contraste
frappant avec la baisse record des prix au Canada.
Ainsi, la récession du PIB en 2008-2009 a
été davantage attribuable aux prix qu'au volume au
Canada, mais davantage imputable au volume qu'aux prix aux
États-Unis. La distinction entre les prix et le volume est
importante pour plusieurs raisons. Le volume de production est plus
étroitement lié à l'emploi, ce qui aide à
expliquer pourquoi les
pertes d'emplois ont été plus importantes aux
États-Unis qu'au Canada. En outre, les variations de prix sont
plus faciles à inverser que les variations de la production.
L'étude « Le rythme
accéléré de la contraction de
2008-2009 » figure dans l'édition Internet de mai
2010 de L'observateur économique canadien, vol. 23, no 5
(11-010-X, gratuit), accessible à partir du module Publications
de notre site Web, sous l'onglet Ressource clé.

La fermeture de la brasserie Lakeport
à Hamilton
Il faut restreindre le droit de monopole!
Le monopole américano-belge de la bière
InBev (Labatt) a acheté une petite brasserie concurrente de
Hamilton en 2007 dans le seul but de la fermer dès que ce serait
politiquement opportun de le faire (c'est en tout cas l'opinion de
plusieurs). En mars dernier, le monopole a annoncé que la
fermeture était pour avril et que par la suite tout
l'équipement de la brasserie en serait sorti. InBev (Labatt) a
été on ne peut plus clair sur son intention de ne pas
avoir de compétition à Hamilton quand elle a dit que les
deux années qui restent sur son bail avec l'autorité
portuaire de Hamilton pouvaient aller à n'importe quelle
entreprise qui ne brasse pas de bière et ne produit pas de
liqueurs
douces.
Face aux dénonciations des gens de Hamilton,
plutôt que de montrer quelque souci pour le droit public, InBev
(Labatt) a dit aux 143 travailleurs de la brasserie Lakeport que
l'usine allait fermer plus tôt que prévu et que tous les
moyens de production seraient retirés immédiatement. Le
monopole a déjà agi de cette façon en Ontario dans
le
passé en fermant des brasseries à Waterloo et à
Etobicoke et en vidant les usines au mépris de l'opposition
populaire.
La destruction délibérée de
l'activité manufacturière par InBev (Labatt) pour servir
un but étroit est déjà devenue un classique de
l'imposition du droit de monopole. La question qui se pose à
Hamilton n'est pas tant de démontrer l'injustice flagrante de
cette négation du droit public et les dommages que cela cause
à l'économie socialisée mais
de mobiliser la population pour stopper cette négation.
Trois petites brasseries ont manifesté de
l'intérêt à acheter l'usine à condition que
l'équipement soit intact mais Inbev (Labatt) les a
repoussées tout de suite. Certains parmi les couches
intermédiaires, dont plusieurs élus, ont soulevé
la question au Conseil municipal, à la législature
ontarienne et au parlement fédéral mais ils ont
été vite
découragés par l'énorme puissance
financière et légale du monopole. On a rapporté
que le député de Hamilton Centre David Christopherson a
demandé à Tony Clement, le ministre de l'Industrie,
d'intervenir tout en ajoutant qu'il ne pense pas qu'Ottawa peut forcer
Labatt à vendre son équipement. Un député
provincial de Hamilton a demandé aux
libéraux au pouvoir d'intervenir mais la ministre du
Développement économique Sandra Pupatello l'a vite
rebuffé en disant : « Le rôle du
gouvernement dans un cas comme celui-là est de créer un
climat d'affaires qui attire les entreprises à Hamilton
plutôt que de les faire fuir en les attaquant. » Un
propriétaire de taverne de
Hamilton s'est dit d'accord avec l'appel des Teamsters à la
population de Hamilton à boycotter les produits de InBev
(Labatt) mais il a tout de suite ajouté que toutes les tavernes
doivent le faire sinon il va perdre des clients. Des gens qui oeuvrent
dans le domaine légal ont dit que le droit commercial actuel qui
traite de la restriction de la
compétition par les monopoles nous lie les mains parce que la Loi
sur
la
concurrence n'a pas de dents. Un conseiller municipal de
Hamilton a logé une plainte devant le Bureau de la concurrence
contre la décision de InBev (Labatt) de fermer la brasserie mais
le tribunal l'a rejetée.
Les couches intermédiaires et les petites et
moyennes entreprises ne sont pas capables à notre époque
d'être à la tête de l'édification nationale
parce qu'elles sont constamment absorbées ou bloquées par
les monopoles et leur contrôle de l'État. Pour que tous
joignent la résistance unie, il faut que le peuple se convainque
que la classe ouvrière est
sérieuse, bien organisée et consciente de la direction
nouvelle de l'édification nationale qu'elle veut donner au pays
et à l'économie en opposition au droit de monopole.
L'exemple de la brasserie Lakeport est un exemple du droit de monopole
qui supplante le droit public des travailleurs, des couches
intermédiaires et des petites et moyennes
entreprises. Aucune autre force sociale que la classe ouvrière
n'a la force du nombre et la détermination nécessaires
pour défendre le droit public et confronter le droit de
monopole.

Industrie forestière en
Colombie-Britannique
Nous avons besoin de plus d'industrie
du bois, pas moins
- Peter Ewart, le 29 mars 2010 -
Selon David Emerson, un ancien député du
cabinet fédéral, l'avenir des Canadiens consistera
à « continuer d'être des 'scieurs de bois et
des porteurs d'eau' » et la « création de
la richesse » sera « basée sur les
ressources naturelles et sur le développement des ressources
naturelles » encore plus que par le
passé.
Voilà une bien curieuse déclaration
compte-tenu du contexte, alors que l'économie canadienne se voit
rapidement « désindustrialiser » avec des
centaines de milliers d'emplois perdus dans les industries
forestière, automobile, et autres. En effet, Emerson semble
applaudir cette désindustrialisation, d'autant plus que c'est
sous sa
supervision en tant que ministre fédéral de l'industrie,
PDG de la corporation Canfor, et bureaucrate aux échelons
supérieurs du gouvernement provincial de la
Colombie-Britannique, que cette détérioration s'est
produite.
Déclaration curieuse, aussi, du fait que
même des membres de l'élite économique et politique
se plaignent (sans pour autant, bien sûr, faire quoi que ce soit
pour changer la situation) que la dépendance du Canada
vis-à-vis l'exportation de matières premières est
un problème sérieux. Par exemple, en 2007, le Conference
Board du
Canada indiquait, dans une critique acerbe de l'industrie canadienne,
qu'« un avantage compétitif fondé uniquement
sur des ressources locales ou à bas prix n'est pas
renouvelable ».
Sur une note similaire, Mark Carney, le gouverneur de la
Banque du Canada, exprimait récemment sa déception envers
les dirigeants des grandes entreprises pour leur « manque de
volonté » à réinvestir dans leurs
propres opérations au Canada, ayant comme résultat une
feuille de route de productivité exécrable (le 25 mars
2010, Globe and Mail).
Tout cela révèle une sérieuse
carence dans l'économie, ainsi que dans l'attitude de
l'élite économique et politique de ce pays. Le Canada
abonde en ressources naturelles riches et fécondes, que ce soit
ses forêts, ses minéraux, ses métaux, son
énergie hydro-
électrique, son pétrole et son gaz, ses
produits agricoles, sa pêche, etc. Ces ressources naturelles sont
des avantages énormes quand il s'agit d'édifier la
nation, et de façon indéniable, plus d'un pays dans le
monde donnerait n'importe quoi en échange ne serait-ce que d'une
fraction des ressources du Canada.
Une des raisons pour lesquelles le Canada s'est
constitué en nation fut pour se défendre contre
l'expansion des États-Unis en Amérique du Nord. Pourtant,
au vingtième siècle, l'élite canadienne a
abandonné toute prétention d'édifier la nation et
a commencé un processus de braderie massive de nos ressources
naturelles et de notre économie
principalement aux intérêts étatsuniens.
Maintenant, au vingt-et-unième siècle, nous sommes
devenus un des pays les plus dominés par des
intérêts étrangers au monde, et cette domination
est dans les sphères économiques, culturelles et
commerciales.
Ceci dit, le Canadien moyen aspire à un pays
indépendant, économiquement équilibré et
qui contrôle ses ressources naturelles. Par contre, cette
aspiration n'est pas partagée par les sections dominantes de
l'élite canadienne.
Et ainsi va la vie, les politiciens de
l'establishment et les dirigeants des grandes entreprises, que ce soit
au niveau fédéral ou provincial, se font des
carrières sur la base d'une plus grande braderie des ressources
naturelles et d'une plus grande intégration à
l'économie des États-Unis. Au coeur de la
médiocrité se trouve l'esprit servile, et peu
d'endroits au monde ont une élite politique aussi servile que
celle du Canada.
Ainsi nous retrouvons-nous avec une économie dont
des secteurs en entier sont en état de léthargie
avancée et qui dépend grandement de l'exportation de
matières brutes ou à peu près non
transformées. Il est intéressant de noter que David
Emerson n'en a que pour l'industrie des sables bitumineux de l'Alberta
en tant que « bel
exemple » d'une « industrie à technologie
sophistiquée », bien qu'il n'explique pas pourquoi le
secteur industriel d'usinage, qui produit les machines qui servent
à l'extraction et au traitement de matières
premières et à la production, est extrêmement
sous-développé. Ce secteur est essentiel pour maintenir
une économie
indépendante, et pourtant, les produits de ce secteur – que ce
soit pour la foresterie, le pétrole et le gaz ou les autres
industries – nous proviennent d'autres pays sous forme d'importations.
En ce moment, beaucoup d'encre coule au sujet de
l'impact sur l'environnement occasionné par les sables
bitumineux, l'expansion de pipelines et les opérations
minières en Alberta aussi bien qu'en Colombie-britannique. Ce
que ce débat semble parfois perdre de vue est que pour chaque
baril de pétrole brut qui coule dans un pipeline, pour
chaque wagon rempli de charbon ou de minerai qui sort du pays,
disparaissent aussi toutes sortes d'opportunités pour des
emplois et pour le développement économique.
L'économie du pays est beaucoup affaiblie par le fait même.
C'est un paradoxe pour le moins étrange que des
ressources naturelles abondantes, telles que le pétrole et le
gaz, entre les mains d'une élite complaisante, peuvent mener
à dénaturer une économie en passant sous silence
ses faiblesses et son développement unilatéral. Les
budgets provinciaux de la Colombie-britannique et de l'Alberta sont des
exemples scandaleux de ce phénomène, et il en va de
même pour le gouvernement fédéral.
Comment trouver des solutions à une
économie dénaturée et tronquée, ainsi
qu'à la désindustrialisation ? Ne retenons pas notre
souffle, car David Emerson ainsi que les autres membres de
l'élite économique et politique ne proposeront rien en ce
sens. Leur oeuvre parle d'elle-même.
Ces réponses viendront plutôt du peuple, en
particulier les travailleurs, dont l'intérêt dans un pays
industriel, indépendant et prospère est
indéniable. [...]

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