Le Marxiste-Léniniste

Numéro 86 - 14 mai 2010

N'oublions pas la Nakba!

Les Palestiniens résistent héroïquement
à leur dépossession continue et
affirment leur droit de retour


Tira, Palestine, le 20 avril 2010: Des résidents de la ville arabe Miska marquent la Nakba avec une marche
vers ce village palestinien annexé par les sionistes en 1948. Selon le calendrier hébreux utilisé en Israël,
la Nakba est le 20 avril. (Yotam Ronen/Activestills)

Les Palestiniens résistent héroïquement à leur dépossession continue et affirment leur droit de retour
Le gouvernement du Hamas poursuit la reconstruction de Gaza pendant que les pourparlers «de proximité» piétinent
Marche et commémoration du 62e anniversaire de la Nakba à Montréal - Tadamon!

Journée nationale d'actions pour une politique en itinérance
La fin de l'itinérance passe par la reconnaissance des droits de tous et toutes

Environnement
«Sortez des zones migratoires!» – une lutte pour restreindre les monopoles norvégiens des aquacoles sur la côte ouest de Colombie-Britannique
Rapport sur la marche jusqu'à Victoria pour exiger la fermeture des piscicultures en eau libre - Alexandra Morton

Accueil | Archives | English

N'oublions pas la Nakba!

Les Palestiniens résistent héroïquement
à leur dépossession continue et
affirment leur droit de retour

Al Nakba : Une grande tragédie humaine

Le 15 mai est le 62e anniversaire de la Nakba (la catastrophe, en arabe) qui marque le nettoyage ethnique et la dépossession de plus de 800 000 Palestiniens de leurs logis, terres, villages et villes de la Palestine historique. Avant et après la création de l'État d'Israël le 15 mai 1948, des bandes terroristes sionistes ont orchestré par la violence, les massacres et la peur, cet exode de masse des Palestiniens qui formaient plus de 60 % de la population à l'époque. Des centaines de villages palestiniens ont été dépeuplés et entièrement détruits et c'est sur leurs décombres que les nouvelles colonies de l'État sioniste ont été construites. Bien que cet acte violait le droit international, et malgré les résolutions répétées de l'Assemblée générale de l'ONU, Israël n'a jamais permis à ces réfugiés et à leurs trois millions de descendants, y compris ceux qui ont été déplacés à l'intérieur de la Palestine historique, d'exercer leur droit de retour.


1948: La Nakba (catastrophe), l'expulsion forcée des Palestiniens de leurs terres pour créer l'État d'Israël.

En cette occasion, Le Marxiste-Léniniste condamne avec vigueur l'entreprise sioniste toujours active et ses crimes contre la nation palestinienne et salue la résistance courageuse du peuple palestinien qui lutte pour affirmer ses droits dans les conditions les plus brutales.

Un des aspects les plus significatifs de la commémoration de la Nakba c'est que ses répercussions se font encore sentir aujourd'hui. La Nakba, cet acte de dépossession individuelle et collective des Palestiniens, se poursuit toujours. Il en sera ainsi tant que les sionistes entraveront l'exercice du droit inaliénable des réfugiés de 1948 et de leurs descendants de reprendre leurs logis et leurs terres. Le droit de retour est une demande centrale de la lutte de libération nationale du peuple palestinien et la commémoration de la Nakba remet cette demande au premier plan. La Nakba en tant que projet toujours actif est ressentie de façon toujours aussi dramatique du fait que depuis 1948 jusqu'à aujourd'hui Israël continue d'ajouter au nombre de réfugiés palestiniens et à la dépossession nationale par ses politiques terroristes d'État de vol des terres, de construction illégale de colonies, de démolition de logis, d'occupation, de déportations et de violence quotidienne

La Nakba : un projet toujours actif

En même temps que l'administration Obama présente les pourparlers dits « de proximité » comme une voie vers la paix, Israël continue de perpétrer au quotidien ses crimes contre le peuple palestinien.




Au Canada à l'occasion du 60e anniversaire de la Nakba en 2008. De haut en bas: Toronto, Montréal et Vancouver.

Les Forces d'occupation israéliennes (FOI) attaquent régulièrement les zones résidentielles et les terres agricoles à la frontière de Gaza. Le réseau Press TV a rapporté le 13 mai qu'un affrontement s'est produit entre les forces de la résistance palestinienne et les forces israéliennes suite à leur incursion dans le nord de Gaza. La confrontation, rapporte Ma'an News, s'est produite quand des véhicules blindés et des bulldozers israéliens ont pénétré dans la zone à l'est de al-Shujaiyeh et le journal ajoute que les combattants des brigades Al-Quds ont tiré des grenades propulsées à la roquette sur le convoi militaire israélien au moment où il entrait dans Gaza. Selon un communiqué des brigades Al-Quds, « en confrontant toute agression israélienne contre les Palestiniens nous affirmons notre droit à la résistance ».

Les incursions constantes, le meurtre de manifestants non violents, la famine illégale causée par le siège et les autres crimes israéliens à Gaza depuis la fin de l'opération Plomb durci (l'invasion de Gaza en 2008-2009), démentent toutes les prétentions d'Israël et des États-Unis à l'effet que l'État sioniste est un partenaire des pourparlers de paix. Un des aspects les plus tragiques de la campagne sioniste de génocide contre Gaza est le fait que la majorité de sa population est constituée de réfugiés qui ont fui vers la Bande de Gaza lors de la Nakba de 1948, principalement de Jaffa et de régions situées plus au sud et de la région de Beersheva dans le Negev. Selon l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNWRA), plus des trois quarts du million et demi de personnes qui habitent Gaza sont des réfugiés enregistrés, ce qui représente plus de 22 % de tous les réfugiés palestiniens enregistrés à l'UNRWA. Les sionistes continuent encore aujourd'hui la catastrophe contre les réfugiés de la Nakba et leurs descendants.

La Nakba se perpétue aussi dans la construction continuelle illégale de colonies de peuplement par les sionistes et leur expansion qui se fait par le nettoyage ethnique toujours plus systématique des Palestiniens des terres qui sont utilisées pour les colonies. Le Palestine Monitor rapporte qu'il y a présentement 121 colonies de peuplement et environ 102 avant-postes israéliens construits illégalement en territoire palestinien occupé militairement par Israël depuis 1967, soit en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et sur les hauteurs du Golan.

Le Palestine Monitor rapporte également que ces colonies de peuplement et avant-postes sont habités par près de 462 000 colons israéliens et que le nombre de colons s'y accroît régulièrement de 4 à 6 % par année depuis deux décennies, soit un taux de croissance de la population bien supérieur à celui de la population israélienne dans son ensemble, qui est de 1,5 %. Le 12 mai dernier, l'agence Ma'an News rapportait que selon l'Autorité palestinienne, des citoyens d'Israël résidant dans l'avant-poste illégal de Shvut Rachel, lui même situé dans l'avant-poste du nord de la Cisjordanie, ont rasé au bulldozer 30 dunums de terre cultivés par les fermiers palestiniens dans le village de Jalud au sud de Naplouse.

Le Palestine Monitor rapporte que la construction de colonies de peuplement s'est accrue de 30 % depuis le lancement de la nouvelle ronde de pourparlers de paix en 2007 et que la construction de colonies autour de Jérusalem est maintenant 38 fois ce qu'elle était à ce moment là.

C'est dans ce contexte que le président Barack Obama a déclaré le mardi 11 mai, selon la Maison blanche, qu'Israël et les Palestiniens seraient les uns et les autres tenus responsables d'actions qui nuisent aux pourparlers lancés cette semaine. Sur quelle base peut-il y avoir des pourparlers de paix alors que la politique d'expansion des colonies israéliennes se poursuit avec impunité ? L'administration Obama cherche à créer des illusions en se présentant comme un médiateur de paix tout en appuyant Israël et ses crimes par tous les moyens possibles. Comme le fait remarquer le Palestine Monitor : « Il est important de se rappeler que bien que les colonies et les colons eux-mêmes constituent des obstacles d'importance à la paix, l'énorme appareil de sécurité et l'infrastructure qui les relient à l'Israël officiel sont des obstacles encore plus grands puisque les routes d'accès entre les colonies découpent la Cisjordanie en une série de 'bantoustans' isolés économiquement et politiquement. De plus, ces colonies sont souvent situées en des endroits stratégiques qui monopolisent des ressources vitales comme l'eau et les terres arables. »

Il est également significatif que par de telles actions, que ce soit en Cisjordanie, à la frontière avec Gaza ou à l'intérieur de la Ligne verte de 1967, et surtout à Jérusalem-Est, Israël crée encore plus de problèmes internes pour les réfugiés palestiniens qui doivent vivre sur un territoire qui se rétrécit constamment, lequel est si petit et fragmenté par l'infrastructure israélienne qu'aucun État palestinien indépendant viable ne pourra jamais y être établi.

La Nakba : un appel à la résistance

Face à la brutalité et aux crimes de l'entreprise sioniste en Palestine, en cette occasion de commémoration de la Nakba, les Palestiniens et leurs supporters s'engagent à continuer leur juste résistance pour réaliser les aspirations de la lutte de libération nationale palestinienne. Commémorer la Nakba veut dire lutter contre les crimes ininterrompus de l'entreprise sioniste. Le Marxiste-Léniniste appelle la classe ouvrière et le peuple canadiens à appuyer ce combat héroïque, face à toutes les tentatives de semer la désinformation et de réduire au silence et criminaliser ceux qui défendent les droits humains des Palestiniens, en participant aux activités de commémoration de la Nakba.

Vive l'héroïque résistance palestinienne !
La Nakba bien vivante dans notre mémoire !
Affirmons l'inaliénable droit de retour !

Haut de page


Le gouvernement du Hamas poursuit
la reconstruction de Gaza pendant que
les pourparlers «de proximité» piétinent

Selon Ma'an News, des porte-parole du gouvernement Hamas démocratiquement élu ont affirmé le 11 mai, lors de l'inauguration d'un nouveau complexe d'habitation en béton dans le quartier de Jabaliya, que « le siège sera vaincu ».

Le vice-premier ministre de Gaza, Ziad Thatha, qui participait à la cérémonie a dit : « Le gouvernement vaincra le siège en continuant les grands progrès dans la reconstruction de ce qu'a détruit la machine de guerre sioniste ». L'agence rapporte également les propos du ministre des Travaux publics, Yousif Al-Mansi, qui explique que les deux tiers des projets de développement dans le secteur sont en voie de réalisation. « La première phase de la reconstruction a été complétée », dit-il, précisant que cela comprend l'inventaire des pertes matérielles suite à la meurtrière opération « Plomb durci » lancée par Israël à l'hiver 2008-2009. Les autorités ont fait le bilan des pertes en collaboration avec les municipalités, les comités de quartier et le syndicat des ingénieurs dans le cadre d'un projet administré par le ministère des Communications et des Technologies de l'information.

La deuxième phase, a poursuivi le ministre, a été l'immense tâche de nettoyer après la campagne de bombardement. « Plus de 90 % de débris ont été nettoyés », dit-il, notant que les matériaux récupérés des débris ont été réutilisés dans la construction de projets comme le port de Gaza, le revêtement des routes et les travaux de construction générale. Quant aux réparations, qui sont la troisième phrase, elles se font en collaboration avec les agences d'aide internationale et comprennent la construction de 381 domiciles et la réparation de 263 autres, a dit le vice-premier ministre. Des familles ont reçu une aide financière pour reconstruire elles-mêmes leurs demeures : au total, 33 millions $US ont été distribués à cette fin, selon l'agence Ma'an.

Pendant que le gouvernement palestinien poursuit la reconstruction de Gaza en dépit du blocus et du siège israéliens qui se resserrent de plus en plus depuis trois ans, le pourparlers dits « de proximité » reprendront dimanche le 16 mai avec la médiation des États-Unis. Bien que les Palestiniens aient élu le Hamas, les pourparlers de proximité se font avec l'Autorité palestinienne administrée par Mahmoud Abbas établie en Cisjordanie. Le 12 mai, le Palestine News Network rapportait que l'envoyé spécial des États-Unis pour la paix dans la région, George Mitchell, retournait au Moyen-Orient pour prendre part aux pourparlers. L'annonce par l'État israélien que la construction d'autres projets illégaux de colonisation se poursuivait à Jérusalem avait interrompu les discussions il y a 16 mois. En fait, le maire de Jérusalem Nir Barkat a annoncé sa détermination à poursuivre cette colonisation dans tout Jérusalem.

Haut de page


Marche et commémoration du
62e anniversaire de la Nakba à Montréal

Samedi 15 mai 2010
Marche - départ à 11 h 30

Rassemblement au métro Mont-Royal et marche en direction du parc Lafontaine
Commémoration - de midi à 16 h
Parc Lafontaine, avenues Lafontaine et Rachel Est
métro Mont-Royal ou Sherbrooke
En cas de pluie, l'événement reprendra le dimanche 16 mai

En commémoration du 62e anniversaire de la Nakba (« la Catastrophe » en arabe), Tadamon ! vous invite à un après-midi de rassemblement afin de vous mettre au fait de la Nakba palestinienne de 1948 et ses effets continus sur le peuple palestinien.

Joignez-nous à l'intérieur d'une tente de réfugié simulée au parc Lafontaine pour une tasse de café ou de thé palestinien, en écoutant les histoires de Palestiniens qui ont vécu la Catastrophe de 1948, et qui sont encore affectés par les politiques israéliennes illégales d'expropriation de terre, de colonisation, d'occupation et d'apartheid. Lors de cet événement, vous serez également mis au courant du mouvement international de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre l'apartheid israélien dont l'objectif est de mettre fin à la Nakba palestinienne en cours.

De plus, à l'intérieur de la tente de réfugié simulée, nous vous présenterons une exposition de photos et des oeuvres d'art symbolisant la Nakba, ainsi que des airs de musique traditionnelle joués au « oud ».

Haut de page


Journée nationale d'actions pour une politique en itinérance

La fin de l'itinérance passe par la reconnaissance
des droits de tous et toutes

Le 10 mai des centaines de personnes de plusieurs villes du Québec ont tenu des actions pour réitérer leur demande pour une Politique globale en itinérance, une politique qui est réclamée par tous les intervenants du milieu et la population. Les actions qui sont tenues à Montréal, Gatineau, Sherbrooke et Saguenay témoignent de l'ampleur que prend l'itinérance.

À Montréal, plus d'une centaine de personnes dont beaucoup de sans-abris, se sont donné rendez-vous à 10 h à l'Hôtel de Ville pour participer à une tournée en autobus de plusieurs lieux significatifs. En guise de souvenir, ils ont laissé aux institutions visitées un baluchon contenant des symboles caractéristiques d'une politique en itinérance et de ses axes : une charte des droits pour le droit de cité, une clef pour le droit au logement, un porte-monnaie vide pour le droit à un revenu décent, une chaîne pour un réseau d'aide et de solidarité, une boîte contenant compas et crayon pour le droit à l'éducation et une boîte contenant seringue et compresse pour le droit à la santé.

Avant le départ, Lyn Thériault, responsable du développement social au comité exécutif de la Ville de Montréal, a souligné que l'administration municipale joignait sa voix à tous ceux qui demandent cette Politique globale en itinérance. Elle s'est jointe à la tournée.

Le premier arrêt a eu lieu devant les bureaux de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse où son président, Gaétan Cousineau, a pris la parole. Il a souligné la préoccupation de la Commission face au profilage social. Tout en soulignant l'importance d'assurer le respect de tous les droits des plus vulnérables, il a tenu à ajouter que la pauvreté n'est pas une question d'argent mais une question relevant du respect des droits.

Le deuxième arrêt s'est tenu devant une maison de chambres de la rue de Bullion. Le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant, a réitéré l'importance de socialiser les maisons de chambre pour les rendre accessibles aux plus vulnérables. Il s'en est pris au Plan de lutte contre la pauvreté du gouvernement Charest, dont le seul aspect positif était la construction de 3 000 logements sociaux par année. Les activistes oeuvrant pour le droit au logement viennent d'apprendre dans la foulée du budget Bachand, qu'il s'agira plutôt de 3 000 logements sociaux en 5 ans.

Deux activistes de Laval et Longueuil ont également pris la parole pour briser le mythe sur les prétendus banlieues opulentes. Ils ont souligné que l'itinérance frappait également leurs villes mais que le financement du gouvernement fédéral alloué à la lutte contre l'itinérance n'était donné qu'aux grands centres. Il est important, ont-ils conclu, que les itinérants aient accès à des ressources où ils sont.

Le troisième arrêt s'est tenu devant les bureaux du Centre local d'emploi du quartier Centre-Sud où plusieurs itinérants se heurtent à la bureaucratie qui tentent de les priver de leur maigre chèque d'assistance sociale de 572 $ par mois. On a réitéré l'importance d'une hausse des chèques d'assistance sociale pouvant permettre aux itinérants de vivre décemment dans le respect de leurs droits.

Le dernier arrêt a eu lieu devant l'Agence de la santé et des services sociaux du Montréal métropolitain où une soupe populaire a été servie.

Le coordonnateur du Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), Pierre Gaudreau, a dit : « Seule une politique globale fera une priorité de l'itinérance pour le premier ministre et tous les ministères concernés, en les obligeant à agir non seulement pour soulager l'itinérance et mais aussi la prévenir. »

Selon le RAPSIM, « l'hiver dernier un nombre sans précédent de personnes ont fréquenté les ressources d'hébergement pour sans-abri à Montréal. Ainsi au niveau des hommes, le niveau d'occupation a augmenté de 4,5 % par rapport à l'hiver précédent (56 287 places en 2009-10 par rapport à 53 853 en 2008-09) et de 9 % depuis 2007-2008. Concernant les femmes, une ressource supplémentaire a dû être mise en place face au débordement que vivent à longueur d'année les organismes qui offrent de l'hébergement pour celles-ci. Cet hiver, 5 514 places ont été occupées, soit 30 % de plus qu'en 2008-2009.

« Ces données ne représentent que la pointe de l'iceberg, ne tenant pas compte de l'augmentation dans plusieurs autres ressources d'hébergement pour femmes, jeunes de la rue ou d'autres en toxicomanie. De plus, elles ne comptent pas les nombreuses personnes sans domicile qui ne fréquentent pas les refuges et hébergements, vivant dans la rue, les squats, s'empilant dans les piaules et maisons de chambres, les divans de connaissances, etc. Des personnes que les intervenants des organismes, la police et les services sociaux voient en nombre grandissant, au centre-ville comme dans d'autres quartiers, tel Hochelaga.

« Pour le moment, la réponse du gouvernement du Québec est celle, largement insuffisante selon les groupes du milieu, d'un Plan d'action interministériel en itinérance pour 2010-2013. Cinq mois après l'annonce de ce plan, aucune précision n'a été apportée sur comment les 70 mesures qu'il prévoit se concrétiseront, ni comment les 14 millions $ qui y sont accolés seront ventilés. »

Les nombreuses conversations avec les itinérants et les intervenants ont fait ressortir que pour eux, la fin de l'itinérance passe par la plein reconnaissance de leur droits. Leur détermination démontre qu'ils ne s'arrêteront pas tant que cela n'aura pas été réalisé.

Haut de page


Environnement

«Sortez des zones migratoires!» – une lutte pour restreindre les monopoles norvégiens des aquacoles sur la côte ouest de Colombie-Britannique

Alexandra Morton est une biologiste qui a vécu et étudié la vie marine dans une petite ville de l'archipel de Broughton, dans la partie nord de l'île de Vancouver. Cela fait plusieurs années qu'elle étudie l'impact des fermes d'élevage de saumons en pleine mer que possèdent trois monopoles de fermes aquacoles norvégiens. Ces monopoles, dont celui possédé par Statoil, le monopole pétrolier d'État de la Norvège, ont reçu l'autorisation de passer outre aux mesures de protection du saumon et d'autres espèces prévues dans la Loi sur les pêcheries. Le gouvernement fédéral et le gouvernement de la province ont donné des subsides à ces monopoles de fermes de poissons sous prétexte qu'ils créent des emplois sur la côte ouest qui est très affectée économiquement.

Morton a fait la preuve que les piscifactures de saumons infestent les eaux qu'elles occupent avec des poux de mer et d'autres éléments pathogènes. Les fermes occupent les eaux où les jeunes saumons migrent des rivières et des lacs vers l'océan Pacifique. Elle a compté le nombre de jeunes saumons (des saumons adolescents d'un an) qui sont infestés de poux de mer, lesquels sont chose commune chez les saumons adultes mais fatals pour les jeunes saumons. Elle apporte des preuves convaincantes que les neuf millions de saumons sockeye « manquants » qui auraient dû atteindre le fleuve Fraser l'été dernier ont probablement été victimes de ce genre d'infestation pendant leur voyage vers le nord à travers les fermes aquacoles en 2007. D'autres bancs de saumons qui ont migré par la côte ouest en 2009, là où les fermes de poissons n'existent pas, sont revenus en nombre record, tout comme en Alaska où les fermes aquacoles sont interdites.

Morton a intenté deux poursuites légales et organise la mobilisation de la population de Colombie-Britannique pour exiger que les monopoles des piscifactures soient restreints et forcés de déplacer leurs opérations vers la terre ferme dans des bassins confinés où ils doivent contrôler les maladies et les poux et se débarrasser des déchets. Elle a obtenu une victoire en Cour suprême, laquelle a forcé le gouvernement fédéral à retirer la réglementation des piscifactures des mains du gouvernement provincial et à la placer sous autorité fédérale. La deuxième poursuite, intentée directement contre un monopole de la pisciculture qui avait attrapé du saumon sauvage et du hareng dans ses filets, a finalement été prise en mains par le procureur de la Couronne suite à la poursuite au privé faite par la biologiste.

Enfin, le travail d'Alexandra Morton et d'autres scientifiques spécialisés dans le poisson, de concert avec les Premières Nations des communautés de pêche et plusieurs milliers de gens de la côte, ont forcé le gouvernement Harper à instituer une enquête judiciaire sur la disparition du saumon sockeye en 2009. Le juge de la Cour suprême Bruce Cohen qui préside l'enquête devrait commencer les audiences bientôt.


(www.salmonaresacred.org)

Du 23 avril au 8 mai, Morton a marché de sa ville de résidence, Alert Bay, jusqu'à Victoria et a pris la parole à des réunions dans plusieurs villes au passage dans le but d'alerter l'opinion publique sur les dommages causés par les fermes de saumons en pleine mer. Son périple a culminé dans une grande assemblée publique au Centennial Park à Victoria, suivie d'une autre manifestation devant le parlement qui a demandé au gouvernement provincial d'interdire les monopoles norvégiens des fermes d'élevage de poissons ou de les forcer à faire leur élevage dans des bassins en terre ferme, ce qui est tout à fait possible. Sinon on assistera à la disparition des bancs de poissons sauvages.

Beaucoup, comme Alexandra Morton, estiment que la destruction du saumon sauvage ouvrirait toute grande la porte au forage en mer, qui est présentement illégal, sur la côte ouest de la province par les monopoles pétroliers, y compris Statoil qui a de grands investissements dans les sables bitumineux de l'Alberta. D'autres craignent que si le saumon sockeye est détruit, des monopoles étasuniens comme General Electric vont bâtir des barrages sur le Fraser pour exporter de l'hydroélectricité.

Morton a dit que la lutte pour restreindre les monopoles norvégiens de la pisciculture et pour protéger le saumon sauvage fait partie d'un combat plus vaste pour la démocratie et pour le droit des communautés et de la population de décider elles-mêmes de ces questions importantes de politique publique.

L'article qui suit est le compte-rendu d'Alexandra Morton sur son périple à la défense du saumon sauvage, qui est vital pour la survie des communautés autochtones de toute la Colombie-Britannique et des milliers de gens de la côte qui vivent du saumon depuis des générations.

Haut de page


Rapport sur la marche jusqu'à Victoria pour exiger
la fermeture des piscicultures en eau libre

Notre marche à travers les communautés de l'île de Vancouver dans le cadre des migrations de poissons indésirables a été une expérience très émouvante. Nous avons marché pour dire aux gens que s'ils se lèvent et se rendent visibles auprès du gouvernement, il n'y a pas de raison de perdre notre saumon sauvage. Mais alors que nous marchions dans les villes avec nos drapeaux, nos saumons en carton brillant, chantant « nous allons à pied jusqu'à Victoria pour sauver nos poissons », une chose tout à fait inattendue s'est produite. Les gens sont venus vers moi et m'ont embrassée en pleurant. Ils ont parlé des écoles sans enfants, de leurs moyens indépendants de subsistance perdus, de communautés qui se meurent. C'est beaucoup plus qu'une affaire de poissons.


Le mouvement « Get Out migration ». Au centre: Alexandra Morton. (Bird Teresa)

C'est d'un mode de vie indépendant qu'il s'agit, un mode de vie qui a donné naissance à ces communautés et qui est en voie d'extinction. Sur notre trajet, j'ai vu une terre arrosée par une eau pure, un sol fertile et vivant, l'air doux parfumé par les fleurs, et puis je suis entrée dans des villes accablées par la mondialisation des marchés et qui ne peuvent plus se développer à même la richesse de la terre. Il y a quelque chose qui ne va pas ; c'est pénible de voir cela et les gens en sont chagrinés.

D'une certaine manière nous sommes devenus aveugles face à nos ressources publiques - des millions de saumons qui se jettent chaque année à nos portes, nourrissant les gens et l'ensemble de l'économie de notre province. Nous nous sommes laissés convaincre que le saumon de l'Atlantique, teinté rose, vacciné, nourri de poissons chiliens, placé dans des cases où on ne peut pas l'attraper, infestant nos poissons de parasites - est mieux. Nous croyons que cela représente des emplois alors que dans les faits, les sociétés norvégiennes mécanisent aussi vite qu'elles le peuvent pour réduire la main-d'oeuvre au minimum. Quand les gens nous voient, ils savent que nous avons été dupés et ils ne savent pas comment changer la situation. Notre projet de mettre fin aux migrations de poissons indésirables a été protégé, béni et honoré par les Premières Nations qui savent mieux que quiconque ce qui a été perdu. Tous les jours plus de gens se joignent à notre marche – bravant des tempêtes dans des tentes, saluant les milliers d'automobilistes qui klaxonnent sur la route de Victoria. Nos rangs se sont gonflés d'une ville à l'autre, des colombes blanches ont été libérées, les Premières Nations en pirogue nous ont accompagnés, des chansons ont été écrites, des fêtes préparées, des flottilles de bateaux nous ont accompagnés, et les gens se sont éveillés.

Vivons-nous encore dans une démocratie ? Nos droits et libertés essentiels sont perdus à des actionnaires étrangers qui décident de notre sort, de ce qui se passe sur notre terre, divisant nos communautés, selon une équation où eux obtiennent plus à mesure que nous avons moins. Quand nos saumons disparaissent, c'est un peu nous-mêmes qui disparaissons : le saumon joue un rôle important dans le monde naturel qui nous a donné naissance. Nous devons ramener nos gouvernements vers où nous pouvons survivre. Marchez avec nous. Soyez-y pour notre saumon, nos villes, nos enfants, pour vous-même. Si vous voulez être représentés, vous devez vous représenter.

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)

Haut de page


Lisez Le Marxiste-Léniniste
Site web:  www.pccml.ca   Courriel: redaction@cpcml.ca