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N'oublions pas la Nakba!
Les Palestiniens résistent
héroïquement
à leur dépossession continue et
affirment leur droit de retour
Al Nakba : Une grande
tragédie humaine
Le 15 mai est le 62e anniversaire de la Nakba (la
catastrophe, en arabe) qui marque le nettoyage ethnique et la
dépossession de plus de 800 000 Palestiniens de leurs logis,
terres, villages et villes de la Palestine historique. Avant et
après la création de l'État d'Israël le 15
mai 1948, des bandes terroristes sionistes ont orchestré par la
violence,
les massacres et la peur, cet exode de masse des Palestiniens qui
formaient plus de 60 % de la population à l'époque.
Des centaines de villages palestiniens ont été
dépeuplés et entièrement détruits et c'est
sur leurs décombres que les nouvelles colonies de l'État
sioniste ont été construites. Bien que cet acte violait
le droit international, et
malgré les résolutions répétées de
l'Assemblée générale de l'ONU, Israël n'a
jamais permis à ces réfugiés et à leurs
trois millions de descendants, y compris ceux qui ont été
déplacés à l'intérieur de la Palestine
historique, d'exercer leur droit de retour.

1948: La Nakba
(catastrophe), l'expulsion forcée des Palestiniens de leurs
terres pour créer l'État d'Israël.
En cette occasion, Le Marxiste-Léniniste condamne
avec
vigueur
l'entreprise
sioniste
toujours active et ses crimes contre
la nation palestinienne et salue la résistance courageuse du
peuple palestinien qui lutte pour affirmer ses droits dans les
conditions les plus brutales.
Un des aspects les plus significatifs de la
commémoration de la Nakba c'est que ses répercussions se
font encore sentir aujourd'hui. La Nakba, cet acte de
dépossession individuelle et collective des Palestiniens, se
poursuit toujours. Il en sera ainsi tant que les sionistes entraveront
l'exercice du droit inaliénable des réfugiés de
1948 et de leurs
descendants de reprendre leurs logis et leurs terres. Le droit de
retour est une demande centrale de la lutte de libération
nationale du peuple palestinien et la commémoration de la Nakba
remet cette demande au premier plan. La Nakba en tant que projet
toujours actif est ressentie de façon toujours aussi dramatique
du fait que depuis 1948 jusqu'à
aujourd'hui Israël continue d'ajouter au nombre de
réfugiés palestiniens et à la dépossession
nationale par ses politiques terroristes d'État de vol des
terres, de construction illégale de colonies, de
démolition de logis, d'occupation, de déportations et de
violence quotidienne
La Nakba : un projet toujours actif
En même temps que l'administration Obama
présente les pourparlers dits « de
proximité » comme une voie vers la paix, Israël
continue de perpétrer au quotidien ses crimes contre le peuple
palestinien.

Au Canada à
l'occasion du 60e anniversaire de la Nakba en 2008. De haut en bas:
Toronto, Montréal et Vancouver.
Les Forces d'occupation israéliennes (FOI)
attaquent régulièrement les zones résidentielles
et les terres agricoles à la frontière de Gaza. Le
réseau Press TV a rapporté le 13 mai qu'un affrontement
s'est produit entre les forces de la résistance palestinienne et
les forces israéliennes suite à leur incursion dans le
nord de Gaza. La confrontation,
rapporte Ma'an News, s'est produite quand des véhicules
blindés et des bulldozers israéliens ont
pénétré dans la zone à l'est de
al-Shujaiyeh et le journal ajoute que les combattants des
brigades Al-Quds ont tiré des grenades propulsées
à la roquette sur le convoi militaire israélien au moment
où il entrait dans Gaza. Selon un communiqué des brigades
Al-Quds, « en confrontant toute agression israélienne
contre les Palestiniens nous affirmons notre droit à la
résistance ».
Les incursions constantes, le meurtre de manifestants
non violents, la famine illégale causée par le
siège et les autres crimes israéliens à Gaza
depuis la fin de l'opération Plomb durci (l'invasion de Gaza en
2008-2009), démentent toutes les prétentions
d'Israël et des États-Unis à l'effet que
l'État sioniste est un partenaire des pourparlers de paix.
Un des aspects les plus tragiques de la campagne sioniste de
génocide contre Gaza est le fait que la majorité de sa
population est constituée de réfugiés qui ont fui
vers la Bande de Gaza lors de la Nakba de 1948, principalement de Jaffa
et de régions situées plus au sud et de la région
de Beersheva dans le Negev. Selon l'Office de secours et de
travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine
dans le Proche-Orient (UNWRA), plus des trois quarts du million et demi
de personnes qui habitent Gaza sont des réfugiés
enregistrés, ce qui représente plus de 22 % de tous
les réfugiés palestiniens enregistrés à
l'UNRWA. Les sionistes continuent encore aujourd'hui la catastrophe
contre les réfugiés de la Nakba et leurs descendants.
La Nakba se perpétue aussi dans la construction
continuelle illégale de colonies de peuplement par les sionistes
et leur expansion qui se fait par le nettoyage ethnique toujours plus
systématique des Palestiniens des terres qui sont
utilisées pour les colonies. Le Palestine Monitor
rapporte qu'il y a présentement 121 colonies de
peuplement et environ 102 avant-postes israéliens construits
illégalement en territoire palestinien occupé
militairement par Israël depuis 1967, soit en Cisjordanie,
à Jérusalem-Est et sur les hauteurs du Golan.
Le Palestine Monitor rapporte également
que ces colonies de peuplement et avant-postes sont habités par
près de 462 000 colons israéliens et que le nombre de
colons s'y accroît régulièrement de 4 à
6 % par année depuis deux décennies, soit un taux de
croissance de la population bien supérieur à celui de la
population
israélienne dans son ensemble, qui est de 1,5 %. Le 12 mai
dernier, l'agence Ma'an News rapportait que selon l'Autorité
palestinienne, des citoyens d'Israël résidant dans
l'avant-poste illégal de Shvut Rachel, lui même
situé dans l'avant-poste du nord de la Cisjordanie, ont
rasé au bulldozer 30 dunums de terre cultivés par les
fermiers
palestiniens dans le village de Jalud au sud de Naplouse.
Le Palestine Monitor rapporte que la
construction de colonies de peuplement s'est accrue de 30 % depuis
le lancement de la nouvelle ronde de pourparlers de paix en 2007 et que
la construction de colonies autour de Jérusalem est maintenant
38 fois ce qu'elle était à ce moment là.
C'est dans ce contexte que le président Barack
Obama a déclaré le mardi 11 mai, selon la Maison blanche,
qu'Israël et les Palestiniens seraient les uns et les autres tenus
responsables d'actions qui nuisent aux pourparlers lancés cette
semaine. Sur quelle base peut-il y avoir des pourparlers de paix alors
que la politique d'expansion des colonies
israéliennes se poursuit avec impunité ?
L'administration Obama cherche à créer des illusions en
se présentant comme un médiateur de paix tout en appuyant
Israël et ses crimes par tous les moyens possibles. Comme le fait
remarquer le Palestine Monitor : « Il est
important de se rappeler que bien que les colonies et
les colons eux-mêmes constituent des obstacles d'importance
à la paix, l'énorme appareil de sécurité et
l'infrastructure qui les relient à l'Israël officiel sont
des obstacles encore plus grands puisque les routes d'accès
entre les colonies découpent la Cisjordanie en une série
de 'bantoustans' isolés économiquement et politiquement.
De plus, ces
colonies sont souvent situées en des endroits
stratégiques qui monopolisent des ressources vitales comme l'eau
et les terres arables. »
Il est également significatif que par de telles
actions, que ce soit en Cisjordanie, à la frontière avec
Gaza ou à l'intérieur de la Ligne verte de 1967, et
surtout à Jérusalem-Est, Israël crée encore
plus de problèmes internes pour les réfugiés
palestiniens qui doivent vivre sur un territoire qui se
rétrécit constamment, lequel est si petit et
fragmenté
par l'infrastructure israélienne qu'aucun État
palestinien indépendant viable ne pourra jamais y être
établi.
La Nakba : un appel à la
résistance
Face à la brutalité et aux crimes de
l'entreprise sioniste en Palestine, en cette occasion de
commémoration de la Nakba, les Palestiniens et leurs supporters
s'engagent à continuer leur juste résistance pour
réaliser les aspirations de la lutte de libération
nationale palestinienne. Commémorer la Nakba veut dire lutter
contre les crimes
ininterrompus de l'entreprise sioniste. Le
Marxiste-Léniniste appelle la classe ouvrière et le
peuple canadiens à appuyer ce combat héroïque, face
à toutes les tentatives de semer la désinformation et de
réduire au silence et criminaliser ceux qui défendent les
droits humains des Palestiniens, en participant aux activités de
commémoration
de la Nakba.
Vive l'héroïque
résistance palestinienne !
La Nakba bien vivante dans notre mémoire !
Affirmons l'inaliénable droit de retour !

Le gouvernement du Hamas poursuit
la reconstruction de Gaza pendant que
les pourparlers «de proximité» piétinent
Selon Ma'an News, des porte-parole du gouvernement Hamas
démocratiquement élu ont affirmé le 11 mai, lors
de l'inauguration d'un nouveau complexe d'habitation en béton
dans le quartier de Jabaliya, que « le siège sera
vaincu ».
Le vice-premier ministre de Gaza, Ziad Thatha, qui
participait à la cérémonie a dit :
« Le gouvernement vaincra le siège en continuant les
grands progrès dans la reconstruction de ce qu'a détruit
la machine de guerre sioniste ». L'agence rapporte
également les propos du ministre des Travaux publics, Yousif
Al-Mansi, qui
explique que les deux tiers des projets de développement dans le
secteur sont en voie de réalisation. « La
première phase de la reconstruction a été
complétée », dit-il, précisant que cela
comprend l'inventaire des pertes matérielles suite à la
meurtrière opération « Plomb
durci » lancée par Israël à l'hiver
2008-2009. Les
autorités ont fait le bilan des pertes en collaboration avec les
municipalités, les comités de quartier et le syndicat des
ingénieurs dans le cadre d'un projet administré par le
ministère des Communications et des Technologies de
l'information.
La deuxième phase, a poursuivi le ministre, a
été l'immense tâche de nettoyer après la
campagne de bombardement. « Plus de 90 % de
débris ont été nettoyés »,
dit-il, notant que les matériaux récupérés
des débris ont été réutilisés dans
la construction de projets comme le port de Gaza, le revêtement
des routes et les travaux
de construction générale. Quant aux réparations,
qui sont la troisième phrase, elles se font en collaboration
avec les agences d'aide internationale et comprennent la construction
de 381 domiciles et la réparation de 263 autres, a dit le
vice-premier ministre. Des familles ont reçu une aide
financière pour reconstruire elles-mêmes leurs
demeures : au total, 33 millions $US ont été
distribués à cette fin, selon l'agence Ma'an.
Pendant que le gouvernement palestinien poursuit la
reconstruction de Gaza en dépit du blocus et du siège
israéliens qui se resserrent de plus en plus depuis trois ans,
le pourparlers dits « de proximité »
reprendront dimanche le 16 mai avec la médiation des
États-Unis. Bien que les Palestiniens aient élu le Hamas,
les pourparlers de
proximité se font avec l'Autorité palestinienne
administrée par Mahmoud Abbas établie en Cisjordanie. Le
12 mai, le Palestine News Network rapportait que l'envoyé
spécial des États-Unis pour la paix dans la
région, George Mitchell, retournait au Moyen-Orient pour prendre
part aux pourparlers. L'annonce par l'État israélien que
la construction
d'autres projets illégaux de colonisation se poursuivait
à Jérusalem avait interrompu les discussions il y a 16
mois. En fait, le maire de Jérusalem Nir Barkat a annoncé
sa détermination à poursuivre cette colonisation dans
tout Jérusalem.

Marche et commémoration du
62e anniversaire de la Nakba à Montréal
- Tadamon! -
Samedi 15 mai 2010
Marche -
départ à 11 h 30
Rassemblement au métro Mont-Royal et marche en direction du parc
Lafontaine
Commémoration
-
de
midi
à
16 h
Parc Lafontaine, avenues Lafontaine et Rachel Est
métro Mont-Royal ou Sherbrooke
En cas de pluie, l'événement reprendra le dimanche 16 mai
|
En commémoration du 62e anniversaire de la Nakba
(« la Catastrophe » en arabe), Tadamon !
vous invite à un après-midi de rassemblement afin de vous
mettre au fait de la Nakba palestinienne de 1948 et ses effets continus
sur le peuple palestinien.
Joignez-nous à l'intérieur d'une tente de
réfugié simulée au parc Lafontaine pour une tasse
de café ou de thé palestinien, en écoutant les
histoires de Palestiniens qui ont vécu la Catastrophe de 1948,
et qui sont encore affectés par les politiques
israéliennes illégales d'expropriation de terre, de
colonisation, d'occupation
et d'apartheid. Lors de cet événement, vous serez
également mis au courant du mouvement international de Boycott,
Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre l'apartheid
israélien dont l'objectif est de mettre fin à la Nakba
palestinienne en cours.
De plus, à l'intérieur de la tente de
réfugié simulée, nous vous présenterons une
exposition de photos et des oeuvres d'art symbolisant la Nakba, ainsi
que des airs de musique traditionnelle joués au
« oud ».

Journée nationale d'actions pour
une politique en itinérance
La fin de l'itinérance passe par la
reconnaissance
des droits de tous et toutes
Le 10 mai des centaines de personnes de plusieurs villes
du Québec ont tenu des actions pour réitérer leur
demande pour une Politique globale en itinérance, une politique
qui est réclamée par tous les intervenants du milieu et
la population. Les actions qui sont tenues à Montréal,
Gatineau, Sherbrooke et Saguenay
témoignent de l'ampleur que prend l'itinérance.
À Montréal, plus d'une centaine de
personnes dont beaucoup de sans-abris, se sont donné rendez-vous
à 10 h à l'Hôtel de Ville pour participer à
une tournée en autobus de plusieurs lieux significatifs. En
guise de souvenir, ils ont laissé aux institutions
visitées un baluchon contenant des symboles
caractéristiques
d'une politique en itinérance et de ses axes : une charte
des droits pour le droit de cité, une clef pour le droit au
logement, un porte-monnaie vide pour le droit à un revenu
décent, une chaîne pour un réseau d'aide et de
solidarité, une boîte contenant compas et crayon pour le
droit à l'éducation et une boîte
contenant seringue et compresse pour le droit à la santé.
Avant le départ, Lyn Thériault,
responsable du développement social au comité
exécutif de la Ville de Montréal, a souligné que
l'administration municipale joignait sa voix à tous ceux qui
demandent cette Politique globale en itinérance. Elle s'est
jointe à la tournée.
Le premier arrêt a eu lieu devant les bureaux de
la Commission des droits de la personne et de la jeunesse où son
président, Gaétan Cousineau, a pris la parole. Il a
souligné la préoccupation de la Commission face au
profilage social. Tout en soulignant l'importance d'assurer le respect
de tous les droits des plus
vulnérables, il a tenu à ajouter que la pauvreté
n'est pas une question d'argent mais une question relevant du respect
des droits.
Le deuxième arrêt s'est tenu devant une
maison de chambres de la rue de Bullion. Le coordonnateur du FRAPRU,
François Saillant, a réitéré l'importance
de socialiser les maisons de chambre pour les rendre accessibles aux
plus vulnérables. Il s'en est pris au Plan de lutte contre la
pauvreté du gouvernement
Charest, dont le seul aspect positif était la construction de 3
000 logements sociaux par année. Les activistes oeuvrant pour le
droit au logement viennent d'apprendre dans la foulée du budget
Bachand, qu'il s'agira plutôt de 3 000 logements sociaux en 5 ans.
Deux activistes de Laval et Longueuil ont
également pris la parole pour briser le mythe sur les
prétendus banlieues opulentes. Ils ont souligné que
l'itinérance frappait également leurs villes mais que le
financement du gouvernement fédéral alloué
à la lutte contre l'itinérance n'était
donné qu'aux grands centres.
Il est important, ont-ils conclu, que les itinérants aient
accès à des ressources où ils sont.
Le troisième arrêt s'est tenu devant les
bureaux du Centre local d'emploi du quartier Centre-Sud où
plusieurs itinérants se heurtent à la bureaucratie qui
tentent de les priver de leur maigre chèque d'assistance sociale
de 572 $ par mois. On a réitéré l'importance
d'une hausse des chèques d'assistance sociale
pouvant permettre aux itinérants de vivre décemment dans
le respect de leurs droits.
Le dernier arrêt a eu lieu devant l'Agence de la
santé et des services sociaux du Montréal
métropolitain où une soupe populaire a été
servie.
Le coordonnateur du Réseau d'aide aux personnes
seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), Pierre
Gaudreau, a dit : « Seule une politique globale fera
une priorité de l'itinérance pour le premier ministre et
tous les ministères concernés, en les obligeant à
agir non seulement pour soulager l'itinérance
et mais aussi la prévenir. »
Selon le RAPSIM, « l'hiver dernier un nombre
sans précédent de personnes ont fréquenté
les ressources d'hébergement pour sans-abri à
Montréal. Ainsi au niveau des hommes, le niveau d'occupation a
augmenté de 4,5 % par rapport à l'hiver
précédent (56 287 places en 2009-10 par rapport à
53
853 en 2008-09) et de 9 % depuis 2007-2008. Concernant les femmes,
une ressource supplémentaire a dû être mise en place
face au débordement que vivent à longueur d'année
les organismes qui offrent de l'hébergement pour celles-ci. Cet
hiver, 5 514 places ont été occupées, soit
30 % de plus qu'en
2008-2009.
« Ces données ne représentent
que la pointe de l'iceberg, ne tenant pas compte de l'augmentation dans
plusieurs autres ressources d'hébergement pour femmes, jeunes de
la rue ou d'autres en toxicomanie. De plus, elles ne comptent pas les
nombreuses personnes sans domicile qui ne fréquentent pas les
refuges et hébergements, vivant dans la rue, les squats,
s'empilant dans les piaules et maisons de chambres, les divans de
connaissances, etc. Des personnes que les intervenants des organismes,
la police et les services sociaux voient en nombre grandissant, au
centre-ville comme dans d'autres quartiers, tel Hochelaga.
« Pour le moment, la réponse du
gouvernement du Québec est celle, largement insuffisante selon
les groupes du milieu, d'un Plan d'action interministériel en
itinérance pour 2010-2013. Cinq mois après l'annonce de
ce plan, aucune précision n'a été apportée
sur comment les 70 mesures qu'il prévoit se
concrétiseront, ni comment les 14 millions $ qui y sont
accolés seront ventilés. »
Les nombreuses conversations avec les itinérants
et les intervenants ont fait ressortir que pour eux, la fin de
l'itinérance passe par la plein reconnaissance de leur droits.
Leur détermination démontre qu'ils ne s'arrêteront
pas tant que cela n'aura pas été réalisé.

Environnement
«Sortez des zones migratoires!» – une lutte
pour restreindre les monopoles norvégiens des aquacoles sur la
côte ouest de Colombie-Britannique
Alexandra Morton est une biologiste qui a vécu et
étudié la vie marine dans une petite ville de l'archipel
de Broughton, dans la partie nord de l'île de Vancouver. Cela
fait plusieurs années qu'elle étudie l'impact des fermes
d'élevage de saumons en pleine mer que possèdent trois
monopoles de fermes aquacoles
norvégiens. Ces monopoles, dont celui possédé par
Statoil, le monopole pétrolier d'État de la
Norvège, ont reçu l'autorisation de passer outre aux
mesures de protection du saumon et d'autres espèces
prévues dans la Loi sur les pêcheries. Le
gouvernement fédéral et le gouvernement de la province
ont
donné des subsides à ces monopoles de fermes de poissons
sous prétexte qu'ils créent des emplois sur la côte
ouest qui est très affectée économiquement.
Morton a fait la preuve que les piscifactures de saumons
infestent les eaux qu'elles occupent avec des poux de mer et d'autres
éléments pathogènes. Les fermes occupent les eaux
où les jeunes saumons migrent des rivières et des lacs
vers l'océan Pacifique. Elle a compté le nombre de jeunes
saumons (des saumons
adolescents d'un an) qui sont infestés de poux de mer, lesquels
sont chose commune chez les saumons adultes mais fatals pour les jeunes
saumons. Elle apporte des preuves convaincantes que les neuf millions
de saumons sockeye « manquants » qui auraient
dû atteindre le fleuve Fraser l'été dernier ont
probablement été victimes de ce genre d'infestation
pendant leur voyage vers le nord à travers les fermes aquacoles
en 2007. D'autres bancs de saumons qui ont migré par la
côte ouest en 2009, là où les fermes de poissons
n'existent pas, sont revenus en nombre record, tout comme en Alaska
où les fermes aquacoles
sont interdites.
Morton a intenté deux poursuites légales
et organise la mobilisation de la population de Colombie-Britannique
pour exiger que les monopoles des piscifactures soient restreints et
forcés de déplacer leurs opérations vers la terre
ferme dans des bassins confinés où ils doivent
contrôler les maladies et les poux et
se débarrasser des déchets. Elle a obtenu une victoire en
Cour suprême, laquelle a forcé le gouvernement
fédéral à retirer la réglementation des
piscifactures des mains du gouvernement provincial et à la
placer sous autorité fédérale. La deuxième
poursuite, intentée directement contre un monopole de la
pisciculture
qui avait attrapé du saumon sauvage et du hareng dans ses
filets, a finalement été prise en mains par le procureur
de la Couronne suite à la poursuite au privé faite par la
biologiste.
Enfin, le travail d'Alexandra Morton et d'autres
scientifiques spécialisés dans le poisson, de concert
avec les Premières Nations des communautés de pêche
et plusieurs milliers de gens de la côte, ont forcé le
gouvernement Harper à instituer une enquête judiciaire sur
la disparition du saumon sockeye en 2009.
Le juge de la Cour suprême Bruce Cohen qui préside
l'enquête devrait commencer les audiences bientôt.

(www.salmonaresacred.org)
|
Du 23 avril au 8 mai, Morton a marché de sa ville
de résidence, Alert Bay, jusqu'à Victoria et a pris la
parole à des réunions dans plusieurs villes au passage
dans le but d'alerter l'opinion publique sur les dommages causés
par les fermes de saumons en pleine mer. Son périple a
culminé dans une grande assemblée
publique au Centennial Park à Victoria, suivie d'une autre
manifestation devant le parlement qui a demandé au gouvernement
provincial d'interdire les monopoles norvégiens des fermes
d'élevage de poissons ou de les forcer à faire leur
élevage dans des bassins en terre ferme, ce qui est tout
à fait possible. Sinon
on assistera à la disparition des bancs de poissons sauvages.
Beaucoup, comme Alexandra Morton, estiment que la
destruction du saumon sauvage ouvrirait toute grande la porte au forage
en mer, qui est présentement illégal, sur la côte
ouest de la province par les monopoles pétroliers, y compris
Statoil qui a de grands investissements dans les sables bitumineux de
l'Alberta.
D'autres craignent que si le saumon sockeye est détruit, des
monopoles étasuniens comme General Electric vont bâtir des
barrages sur le Fraser pour exporter de
l'hydroélectricité.
Morton a dit que la lutte pour restreindre les monopoles
norvégiens de la pisciculture et pour protéger le saumon
sauvage fait partie d'un combat plus vaste pour la démocratie et
pour le droit des communautés et de la population de
décider elles-mêmes de ces questions importantes de
politique publique.
L'article qui suit est le compte-rendu d'Alexandra
Morton sur son périple à la défense du saumon
sauvage, qui est vital pour la survie des communautés
autochtones de toute la Colombie-Britannique et des milliers de gens de
la côte qui vivent du saumon depuis des générations.

Rapport sur la marche jusqu'à Victoria pour
exiger
la fermeture des piscicultures en eau libre
- Alexandra Morton, le 4 mai 2010 -
Notre marche à travers les communautés de
l'île de Vancouver dans le cadre des migrations de poissons
indésirables a été une expérience
très émouvante. Nous avons marché pour dire aux
gens que s'ils se lèvent et se rendent visibles auprès du
gouvernement, il n'y a pas de raison de perdre notre saumon sauvage.
Mais alors que nous marchions dans les villes avec nos drapeaux, nos
saumons en carton brillant, chantant « nous allons à
pied jusqu'à Victoria pour sauver nos poissons », une
chose tout à fait inattendue s'est produite. Les gens sont venus
vers moi et m'ont embrassée en pleurant. Ils ont parlé
des écoles
sans enfants, de leurs moyens indépendants de subsistance
perdus, de communautés qui se meurent. C'est beaucoup plus
qu'une affaire de poissons.

Le
mouvement « Get Out migration ». Au centre: Alexandra
Morton. (Bird Teresa)
|
C'est d'un mode de vie indépendant qu'il s'agit,
un mode de vie qui a donné naissance à ces
communautés et qui est en voie d'extinction. Sur notre trajet,
j'ai vu une terre arrosée par une eau pure, un sol fertile et
vivant, l'air doux parfumé par les fleurs, et puis je suis
entrée dans des villes accablées par la
mondialisation des marchés et qui ne peuvent plus se
développer à même la richesse de la terre. Il y a
quelque chose qui ne va pas ; c'est pénible de voir cela et
les gens en sont chagrinés.
D'une certaine manière nous sommes devenus
aveugles face à nos ressources publiques - des millions de
saumons qui se jettent chaque année à nos portes,
nourrissant les gens et l'ensemble de l'économie de notre
province. Nous nous sommes laissés convaincre que le saumon de
l'Atlantique, teinté rose, vacciné,
nourri de poissons chiliens, placé dans des cases où on
ne peut pas l'attraper, infestant nos poissons de parasites - est
mieux. Nous croyons que cela représente des emplois alors que
dans les faits, les sociétés norvégiennes
mécanisent aussi vite qu'elles le peuvent pour réduire la
main-d'oeuvre au minimum. Quand
les gens nous voient, ils savent que nous avons été
dupés et ils ne savent pas comment changer la situation. Notre
projet de mettre fin aux migrations de poissons indésirables a
été protégé, béni et honoré
par les Premières Nations qui savent mieux que quiconque ce qui
a été perdu. Tous les jours plus de gens se joignent
à notre marche – bravant des tempêtes dans des tentes,
saluant les milliers d'automobilistes qui klaxonnent sur la route de
Victoria. Nos rangs se sont gonflés d'une ville à
l'autre, des colombes blanches ont été
libérées, les Premières Nations en pirogue nous
ont accompagnés, des chansons ont été
écrites, des
fêtes préparées, des flottilles de bateaux nous ont
accompagnés, et les gens se sont éveillés.
Vivons-nous encore dans une démocratie ? Nos
droits et libertés essentiels sont perdus à des
actionnaires étrangers qui décident de notre sort, de ce
qui se passe sur notre terre, divisant nos communautés, selon
une équation où eux obtiennent plus à mesure que
nous avons moins. Quand nos saumons disparaissent,
c'est un peu nous-mêmes qui disparaissons : le saumon joue
un rôle important dans le monde naturel qui nous a donné
naissance. Nous devons ramener nos gouvernements vers où nous
pouvons survivre. Marchez avec nous. Soyez-y pour notre saumon, nos
villes, nos enfants, pour vous-même. Si vous voulez
être représentés, vous devez vous
représenter.

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