L'idéologie n'est pas une exemption à la
criminalité. Après une longue période
d'impunité au Venezuela, le système judiciaire commence
enfin à risquer d'imposer la loi, quelles qu'en soit les
conséquences. En novembre 2004, le procureur
fédéral Danilo Anderson, chargé d'enquêter
sur les individus impliqués dans le coup d'État d'avril
2002,
a été assassiné durant un acte terroriste atypique
après que son véhicule eut explosé. À ce
jour, son cas demeure non résolu.

Lutte contre la corruption ou persécution
des opposants politiques au Venezuela?
Une réponse au New York Times
- Suggett James, Venezuelanalysis.com, le
13 avril 2010 -
Comme le Venezuela se dirige vers sa 15e élection
sous surveillance internationale en dix ans[1], l'assaut des
médias internationaux contre le gouvernement
démocratiquement élu de Chavez s'intensifie. Le 3 avril,
le correspondant du New York Times Simon Romero a
prêté main forte à l'élite du Venezuela,
l'opposition néolibérale,
par la déformation des nouvelles positives sur les efforts
anti-corruption du gouvernement dans une diatribe profondément
biaisée sur la supposée persécution politique.
En faisant vaguement référence à
plusieurs faits très pertinents, Romero suggère que
Chavez a manipulé l'arrestation arbitraire du juge María
Afiuni Lourdes pour avoir simplement déplu au président,
et que cela fait partie des efforts de Chavez pour prendre le
contrôle du pouvoir judiciaire et faire taire la dissidence.[2]
Lorsqu'on la considère en soi, l'arrestation
d'Afiuni pour avoir illégalement permis à un riche
banquier en détention d'être libéré et donc
fuir le pays reflète les efforts du gouvernement visant à
établir la primauté du droit dans le secteur bancaire et
le système de justice historiquement corrompus. Il met aussi en
lumière des problèmes
profondément enracinés dans la magistrature du Venezuela,
ce qui indique qu'il y a encore beaucoup à faire pour bien
corriger ces problèmes.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Voici ce qui s'est passé : en 2007, les
autorités vénézuéliennes ont
arrêté Eligio Cedeño, l'ancien président de
deux banques, relativement à l'accusation d'avoir volé 27
millions $ de l'organisme de l'État gérant les
devises étrangères, CADIVI, grâce à un faux
contrat
d'importation.
En décembre dernier, le gouvernement a
intensifié ses enquêtes sur la corruption dans le secteur
bancaire, menant à l'arrestation de 10 banquiers pour fraude, et
à la liquidation ou nationalisation de huit banques qui avaient
violé les lois bancaires nationales - y compris les deux
anciennes banques de Cedeño, Banco Canarias et Banco Bolivar.
Trois dirigeants de la banque ont fui le pays pour éviter les
accusations, alors le gouvernement a imposé des interdictions
temporaires de voyage à l'étranger et a saisi les actifs
de près de trente autres banquiers qui ont été
soumis à l'enquête.[3]
Au milieu de tout cela, le 10 décembre, la juge
Afiuni a modifié les conditions du mandat d'arrêt de
Cedeño afin de lui permettre d'être libéré
de sa détention. Plus important encore, elle l'a fait lors d'une
audition sans préavis, sans en aviser le ministère public
du bureau du procureur général, en violation du code de
procédures pénales. Cedeño
a été libéré et, quelques jours plus tard,
il se retrouve à Miami, où il était détenu
par les autorités d'immigration des États-Unis pour
être entré illégalement au pays.[4]
Si la seule infraction d'Afiuni avait été
un vice de procédure judiciaire, alors elle n'aurait pas
été arrêtée. Au contraire, elle aurait
été sanctionnée par la Cour suprême en
fonction de son propre code de déontologie, une procédure
prévue par la Constitution de 1999 afin d'assurer
l'indépendance du pouvoir judiciaire. Cependant, il a
été prouvé
qu'Afiuni a conspiré pour aider Cedeño à
éviter de faire face aux accusations au moment de
l'éclatement du scandale de fraude dans lequel il était
impliqué. Ainsi, les procureurs nationaux ont mis en accusation
Afiuni pour complot, ce qui justifiait son arrestation.[5]
Il importe de souligner que ni la juge Afiuni ni Eligio
Cedeño n'a fait campagne contre ou critiqué le
gouvernement. Ceux qui font tout un plat de cette question comme
étant une manière de réduire au silence les
critiques du gouvernement se trompent et sont coupables d'avoir
délibérément trompé le public. La juge et
le banquier ont été
arrêtés respectivement pour corruption et fraude et ils
seront jugés comme tout autre citoyen.
Cela relève de la plus grande hypocrisie de la
part des médias quand ils disent d'une part qu'il y a des
prisonniers politiques lorsque le gouvernement prend des mesures
efficaces contre la corruption et la criminalité, et qu'ils
condamnent, d'autre part, le gouvernement pour ne pas faire assez
à propos de la corruption et la criminalité, selon ce
qui sert leurs fins.
Néanmoins, il convient de rappeler qu'il y avait
des problèmes liés à l'arrestation de
Cedeño et Afiuni. Par exemple, Romero fait
référence à trois avocats des droits humains de
l'ONU qui ont critiqué la détention de Cedeño. La
critique est centrée sur le fait que la détention de
Cedeño a duré près de deux ans avant que son
procès commence,
ce qui constitue une infraction à son droit à un
procès expéditif.[6] En effet, les délais pour
procès sont depuis longtemps et continuent d'être un
problème au Venezuela.
Mais ce n'est pas une preuve de persécution
dirigée par l'État ; elle reflète
l'inefficacité de la procédure judiciaire dans son
ensemble. Ces problèmes systémiques doivent être
vus séparément en tant que tels et analysés en
détail, dans le contexte de l'ensemble des mesures du
gouvernement pour une réforme judiciaire.
Le système judiciaire
vénézuélien
Pendant des décennies avant Chavez, le
système judiciaire du Venezuela avait un énorme
problème avec la corruption qui sapait la primauté du
droit et servait les intérêts de la direction
répressive du monopole des deux partis. Plusieurs massacres
infâmes d'opposants politiques ordonnés par l'État
durant les années 1980 sont restés jusqu'à
présent impunis et le gouvernement Chavez enquête sur les
événements et localise les corps des victimes.[7]
La corruption persiste encore aujourd'hui, et il y a
encore des victimes, mais cela n'est pas mis en évidence par
l'opposition et leurs médias alliés internationaux. Cela
inclut plus de 220 organisateurs des régions rurales qui, dans
leurs campagnes pour obtenir des lopins de terre conformément
à la loi de 2001 sur les terres, ont été
tués par des
assassins au service des intérêts des grands
propriétaires terriens.[8] Ces riches propriétaires
terriens conservateurs utilisent leur argent pour exercer une influence
extraordinaire sur les tribunaux et les fonctionnaires du gouvernement
régional; par conséquent, seule une poignée de
gens
ont été emprisonnés pour ces crimes.[9]
Ce n'est pas surprenant que la situation de ces paysans
sans terre ne soit pas mise en évidence dans les médias
de masse, du moins pas avec un souci réel pour leur lutte. Au
contraire, leurs meurtriers sont défendus contre les
prétendues « invasions » de la
propriété privée par le gouvernement.[10]
Considérant ce contexte, l'affaire de la juge
Afiuni reflète deux problèmes majeurs dans le
système de justice : son traitement en prison et la
possibilité d'intervention par d'autres branches du gouvernement
dans son arrestation.
Les prisons
Romero suggère dans son article qu'Afiuni est
persécutée en étant placée dans une cellule
sombre dans la même prison que des détenus qu'elle a
condamnés ou qui sont en colère contre le système
judiciaire qu'elle représente. Pour être clair, aucune
preuve n'a été présentée que son droit
à un procès équitable a été
violé ou qu'elle a été privée d'information
ou d'un avocat, ou d'autres droits, comme le ton de Romero semble
suggérer.
Pendant des décennies, sinon plus, le
système carcéral vénézuélien a
été notoirement surpeuplé, mal entretenu, corrompu
et dangereux. Des affrontements sanglants en prison et des
soulèvements ont marqué les années 1990, avec une
population carcérale record de 32 000 en 1992. Le gouvernement
Chavez a initié un programme d'humanisation
des prisons en 2006, procuré à de nombreuses prisons de
meilleurs soins de santé, des installations sportives et des
leçons de musique.[11] Toutefois, les prisons restent
surpeuplées avec une population moyenne de plus de 20 000 au
cours des dix dernières années et il y a eu une
récente hausse de la population carcérale due à
l'accroissement des
mesures de la lutte contre le crime du gouvernement. Jusqu'aux deux
tiers des détenus ont été en attente de jugement
à certains moments et des centaines de prisonniers sont
tués annuellement dans des rixes.[12]
Certes, un juge ne devrait pas avoir une cellule plus
confortable juste à cause de sa classe socio-économique.
Donc, si l'on est à se plaindre au sujet des droits d'Afiuni en
tant que prisonnière dans ce contexte, il convient de souligner
que tous les prisonniers ont besoin de meilleurs programmes pour les
aider à se réadapter et se réintégrer dans
la société. Le commentaire d'Afiuni au New York
Times qu'elle se sent comme si elle était en
« enfer » n'est pas une preuve d'attaque directe
dirigée par l'État contre elle en particulier, mais
plutôt une indication qu'il y a encore beaucoup à faire
pour améliorer le système carcéral
vénézuélien.
Indépendance judiciaire
Une autre question importante est de savoir si
l'indépendance judiciaire a été confirmée
dans le cas d'Afiuni. Peu de temps après qu'Afiuni ait permis
à Cedeño d'être libéré, le
législateur de l'Assemblée nationale Carlos
Escarrá, un avocat de droit constitutionnel et ancien juge de la
Cour suprême, a
dénoncé publiquement Afiuni. « Elle a
été complice d'un crime, et qui plus est, elle a
aidé à l'évasion de Cedeño », a
déclaré Escarrá. « La justice doit
être égale pour tous. Tout comme quelqu'un qui vole un
morceau de pain est mis en prison, un banquier ou un homme d'affaires
doit subir le plein poids de la loi », a-t-il
dit.[13]
Une semaine plus tard, après la
réapparition de Cedeño à Miami, le
président Chavez a exprimé son indignation que la juge
serait impliquée en contredisant directement les efforts
d'anti-corruption menés dans le système judiciaire. Il a
dit qu'Afiuni devrait passer trente ans en prison. « Elle a
violé la loi, en premier lieu, parce qu'aucun
juge ne peut tenir une audience sans la présence de la
poursuite... elle est en prison, et je demande
sévérité contre cette juge », a dit le
président.[14]
Ces déclarations publiques provenant de la
branche législative et exécutive constituent-elles des
interventions dans la branche judiciaire, en violation de la
Constitution nationale ? Selon Red de Apoyo para la Justicia y la
Paz, une organisation indépendante des droits humains à
Caracas, cela est discutable.
« Ce qu'une personne déclare
publiquement sur une affaire est une chose. Il n'y a rien de mal
à ce qu'un politicien fasse une déclaration que quelqu'un
devrait être mis en prison », a dit le coordonnateur
général Pablo Fernández à Venezuela
Analysis la semaine dernière. « La
réaction au sein de la branche
judiciaire est une autre chose. La déclaration sur Afiuni
a-t-elle été comprise, ainsi que la réaction
à son sujet, comme un ordre ? Ou bien le bureau du
procureur général a-t-il suivi la procédure
normale pour un tel cas ? »[15] Jusqu'à
présent, il semble que les procureurs ont suivi les normes de
procédure pour un juge accusé
d'un crime.
Sur un autre aspect de la question de
l'indépendance judiciaire, un groupe des droits humains à
Caracas aligné sur l'opposition, PROVEA, a souligné dans
son rapport annuel 2009 qu'il y a une coïncidence entre les
déclarations des fonctionnaires de l'exécutif et une
partie des actions de la Cour suprême, du Bureau du procureur
général et le
Bureau du Défenseur public.[16]
Une telle coïncidence ne constitue pas en soi une
violation de l'indépendance judiciaire. Il est nécessaire
d'examiner les cas pour des éléments de preuve que les
déclarations du président ont influencé ou
sapé arbitrairement la justice.
Par exemple, PROVEA a dit que 509 manifestants
politiques ont été temporairement détenus ou
arrêtés durant les dix années de l'administration
Chavez. L'organisation les appelle les « prisonniers
politiques et victimes de l'intolérance politique »
et aussi les victimes de « l'utilisation de fonctionnaires
judiciaires en tant
qu'instruments d'intimidation », ce qui implique que le
parti politique au pouvoir intervient dans le pouvoir judiciaire.[17]
Des bulletins de nouvelles locales confirment que
certaines manifestations de l'opposition
vénézuélienne sont pacifiques et certaines sont
violentes, et certaines commencent pacifiquement puis tournent à
la violence. Des manifestations pacifiques ont lieu
régulièrement sans répression policière. Au
contraire, le cordon policier balise le parcours
jusqu'à ce que la marche soit terminée. Toutefois, des
témoins oculaires confirment que lors des marches violentes, qui
ces dernières années ont été principalement
dirigées par des groupes d'étudiants d'opposition, les
manifestants ont mené des assauts coordonnés contre la
police à l'aide de cocktails Molotov, d'armes artisanales, de
frondes, de
pierres, de verre et à l'occasion d'armes à feu. La
police a répondu aux agressions violentes avec des balles en
plastique et des gaz lacrymogènes. Les étudiants se sont
retirés sur leurs campus universitaires où la police ne
peut pas entrer parce que cela est interdit par la loi.
Intercalés entre les agressions violentes contre la police, on
trouve des
groupes de manifestants non armés à genoux devant la
police avec leurs mains en l'air, ce qui représente pour les
médias une image de victimes non violentes.[18] Les grands
médias, y compris le New York Times, reprennent cette
ligne en fournissant de fausses nouvelles et en faussant les
événements pour les adapter à leur ligne
éditoriale, affirmant que le gouvernement Chavez réprime
les manifestants pacifiques.[19]
Tout manifestant qui tire du pistolet ou lance une bombe
sur la police aux États-Unis et dans de nombreux autres pays est
rapidement abattu par une pluie de balles. Mais au Venezuela, ces
manifestants sont temporairement arrêtés ou
détenus, et souvent même pas.
Le fait que le président Chavez condamne
publiquement ces manifestations violentes lorsqu'elles se produisent,
et à une occasion a encouragé la police à lancer
des gaz lacrymogènes sur eux, ne semble guère constituer
une violation de l'indépendance judiciaire, ni du droit des
manifestants à la justice. Il semble très improbable que
les
commentaires de Chavez aient vraiment incité la police à
agir et les juges à décider autrement qu'ils l'auraient
fait ou plus durement que ce qu'ils devraient.
La réforme judiciaire du gouvernement
Il est clair que l'arrestation d'Afiuni est
présentée pour donner l'impression que c'est de la
persécution d'État ciblée, mais c'est vraiment le
résultat des efforts du gouvernement pour corriger les
problèmes systémiques de longue date. Il est
également clair que les opposants au gouvernement
utilisent l'argument de la persécution politique pour
défendre leurs alliés politiques quand ils commettent des
crimes. En plus de ces deux questions, certains critiques disent aussi
que les efforts mêmes de réforme judiciaire du
gouvernement violent l'indépendance judiciaire.
Peu de temps après que Chavez eut assumé
ses fonctions en 1999, une Commission de restructuration judiciaire a
été créée et 80 % des juges du pays
ont été démis de leurs fonctions pour corruption.
Ils ont été remplacés par des juges provisoires
qui ont été nommés par la Commission et
étaient censés être temporaires[20]. Toutefois,
PROVEA a souligné dans son rapport annuel qu'en 2008, seulement
51 % des juges ont été examinés et se sont
vus accorder une magistrature entière, tandis que 49 % sont
demeurés provisoires[21]. On pourrait faire valoir que ces
49 % peuvent être influencés par la volonté du
gouvernement qui les met en place. En outre, une
des raisons pour lesquelles le processus d'examen des juges provisoire
a pris si longtemps, c'est que beaucoup ont été
jugés corrompus et ont été destitués, et
remplacés. Ce brassage constant des juges a, malheureusement,
porté préjudice au prompt déroulement et à
l'objectivité de nombreux procès, ce qui a
également reçu des critiques.
La loi de 2004 de la Cour suprême a
également fait l'objet d'un débat sur
l'indépendance judiciaire. Après que la Cour
suprême en avril 2002 eut appuyé le coup d'État
contre Chavez en jugeant que ce n'était pas un coup
d'État, la loi de 2004 a été adoptée dans
un effort pour réformer une Cour suprême clairement
politisée. Cette loi a, entre
autres, permis à l'Assemblée nationale de nommer et
révoquer les juges avec un vote à majorité simple,
si un vote à la majorité des deux tiers n'est pas atteint
après trois tours de scrutin et de débat. Ce pouvoir,
disent les critiques, semble rendre la Cour suprême trop
subordonnée à l'alignement politique de
l'Assemblée nationale, qui a été et
demeure avant tout pro-Chavez[22].
Pour rendre le processus de réforme plus efficace
et effectif, le gouvernement a initié en 2005 une
deuxième ronde d'efforts de réforme. Un code de
déontologie a été créé, et des cours
municipales ont été créées pour
accélérer le traitement des dossiers et améliorer
l'accès des citoyens à la justice. De nombreuses
commissions ont été créées
pour améliorer la discipline dans le système judiciaire
et attaquer à la source les pots-de-vin, la corruption, les
violations de la procédure et d'autres infractions communes.
Une telle commission, la Commission nationale du système
judiciaire, est composée de représentants de
l'Assemblée nationale, du Tribunal suprême de la justice,
du ministère
de la Justice et des Affaires intérieures, des forces de police,
du système carcéral, du bureau du procureur
général et du bureau du Défenseur public. La
commission a été chargée de coordonner les
politiques d'État pour l'amélioration du
système.[23] Dans son rapport annuel 2009, PROVEA a
critiqué le fait que la combinaison des branches de
l'actuel gouvernement à la Commission
« institutionnalise un facteur permanent d'intervention par
le reste des pouvoirs dans le pouvoir judiciaire ».[24]
Malheureusement, en dépit de ces efforts de
réforme, la corruption est encore très répandue.
Un sondage effectué en 2009 parmi les juges
vénézuéliens, réalisé par le groupe
de défense des droits humains Development and Justice
Consortium, a montré que seulement un tiers des juges pensent
que les juges qui acceptent des pots-de-vin sont
sanctionnés, et seulement la moitié des juges ont
déclaré que les juges qui violent les normes sont
licenciés.[25]
Ces critiques relatives à l'indépendance
judiciaire ont une base et doivent être
considérées, mais elles ne prouvent nullement que
l'arrestation d'Afiuni a été un exemple de la
persécution ou de la mise au silence des opposants au
gouvernement,
ni que cette persécution est une tendance croissante au
Venezuela. Cependant, elles soulignent la
difficulté - presque le paradoxe - d'intervenir dans un
système judiciaire politisé dans l'intention
d'établir l'indépendance judiciaire.
Conclusions
Dans son article du 3 avril pour le New York Times,
Romero
a
manipulé et falsifié les faits concernant le cas
Afiuni pour le rendre conforme à l'ordre du jour du Times d'entraver
la
parution
de nouvelles et discussions honnêtes sur le
Venezuela, et faire avancer le sabotage d'information
contre le gouvernement Chavez qui est largement répandu parmi
les médias internationaux à grand tirage.
Romero a affirmé que la juge Afiuni et Eligio
Cedeño sont des prisonniers politiques. Ceci est manifestement
inexact, d'autant plus qu'aucune preuve n'a été
présentée qu'ils étaient politiquement actifs. Son
article suggère aussi, par omission d'un contexte suffisant, que
le gouvernement Chavez est la principale cause des problèmes
dans le
système judiciaire. Ceci est également inexact et
fallacieux. Romero est même allé jusqu'à comparer
implicitement Afiuni au dalaï-lama à la fin de son article,
confirmant le manque de sérieux du Times pour aborder
ces questions.
L'article de Romero est une insulte aux réels
prisonniers politiques de l'Amérique latine - passés et
présents - qui ont été torturés,
assassinés et disparus par les dictateurs et les régimes
néolibéraux qui ont utilisé le système de
justice comme outil de répression pour éliminer les
opposants. Et, dans le cadre de ces faits historiques horribles,
l'article de Romero détourne son auditoire international de tout
discours constructif sur les problèmes du système
judiciaire du Venezuela et de la façon de les surmonter.
Le gouvernement vénézuélien a fait
des efforts pour amorcer une réforme intégrale et durable
du système judiciaire. Cela n'a pas été à
ce jour une réussite totale. Mais la réponse de
l'opposition - la condamnation impulsive de tous les efforts de
réforme du gouvernement, en mettant tout le blâme sur le
gouvernement de Chavez pour les
problèmes dans le système judiciaire, tout en
prétendant être des prisonniers politiques - est
destructeur et ne contribue pas à résoudre
problème historique du système judiciaire du Venezuela.
Notes
1. « Human Rights in
Venezuela », Ambassade de la république bolivarienne
du Venezuela aux États-Unis, le 24 février 2010,
http ://www.embavenez-us.org/factsheet/FS-HR %20in %20Venezuela02242010.pdf
2. Romero, Simon, « Criticism of Chávez Stifled by
Arrests », New York Times, le 3 avril 2010,
http ://www.nytimes.com/2010/04/04/world/americas/04venez.html ?scp=1&sq=afiuni&st=cse
3. Suggett, James, « Venezuela Seizes Assets of Bankers
Charged with Fraud », Venezuela Analysis, December
12, 2009, http ://venezuelanalysis.com/news/4999
4. Janicke, Kiraz, « Venezuela to Demand Extradition of
Banker Detained in the U.S. », Venezuela Analysis,
le 22 décembre 2009, http ://venezuelanalysis.com/news/5024
5. Pablo Fernández Blanco, coordonnateur de Red de Apoyo,
entrevue personnelle, le 6 avril 2010.
6.
http ://www.un.org/apps/news/story.asp ?NewsID=33273&Cr=judges&Cr1
7. Suggett, James, « Venezuela Advances Investigations of
Fourth Republic Massacres », Venezuela Analysis,
October 1, 2009, http ://venezuelanalysis.com/news/4830
8. Suggett, James, « Venezuelan Farmer Activists March
Against Killings by Estate Owners », Venezuela Analysis,
October 3, 2009, http ://venezuelanalysis.com/news/4838
9. Selon Adriana Ribas, un membre du Front national Ezequiel Zamora
Campesino, six qui ont participé physiquement à ces
assassinats et un complice ont été arrêtés.
Farrel, Jojo ; Fox, Michael ; and Martinez, Carlos, Venezuela
Speaks ! : Voices from the Grassroots (Oakland :
PM
Press,
2010),
58.
10. Les exemples abondent, tels qu'ils apparaissent
régulièrement dans une série de journaux
d'opposition de diffusion nationale à grand tirage, mais voici
un de l'an dernier. « Denuncian masivas invasiones en Puerto
Píritu », El Universal, le 2 septembre 2009,
http ://noticias.eluniversal.com/2009/09/02/pol_art_denuncian-invasiones_1548622.shtml
11. L'article cite Human Rights Watch, NACLA, et d'autres sources sur
le sujet. Janicke, Kiraz, « Venezuela Moves to Humanize
Prison System Amidst Hunger Strikes », Venezuela
Analysis, le 11 mars 2008,
http ://venezuelanalysis.com/news/3260
12. Programa Venezolano de Educación-Acción en Derechos
Humanos, « Informe Annual 2009 : Derechos de las
Personas Privadas de Libertad », PROVEA, 2009,
http ://www.derechos.org.ve/proveaweb/wp-content/uploads/18-c %C3 %A1rceles.pdf
13.« Escarrá fustiga a jueza del caso Cedeño
por ser ‘cómplice de un delito' », Noticias24,
le
15
décembre 2009,
http ://www.noticias24.com/actualidad/noticia/128996/escarra-fustiga-a-jueza-del-caso-cedeno-por-ser-complice-de-un-delito/
14. « Chávez solicitó pena máxima para
jueza que liberó a empresario Eligio Cedeño »,
Agencia Bolivariana de Noticias, le 11
décembre 2009,
http ://www.abn.info.ve/noticia.php ?articulo=211496&lee=4
15. Pablo Fernández Blanco, coordonnateur de Red de Apoyo,
entrevue personnelle, le 6 avril 2010.
16. Programa Venezolano de Educación-Acción en Derechos
Humanos, « Informe Annual 2009 : Derechos a la
Justicia », PROVEA, 2009, p. 249,
http ://www.derechos.org.ve/proveaweb/wp-content/uploads/13-justicia.pdf
17. Ibid.
18. Gabriel, George and Suggett, James, « Venezuelan
Students and Security Forces Clash Violently as Referendum Debate
Intensifies »,Venezuela Analysis, le 28 janvier
2009, http ://venezuelanalysis.com/news/4148
19. Farrell, Jojo, « US Media Bias and Recent Student
Violence in Venezuela », Common Dreams, le 15
novembre 2007, http ://www.commondreams.org/archive/2007/11/15/5247
20. Wilpert, Gregory, Changing Venezuela by Taking Power : The
History and Policies of the Chavez Government (New York : Verso
Books, 2007), 45.
21. Programa Venezolano de Educación-Acción en Derechos
Humanos, « Informe Annual 2009 : Derechos a la
Justicia », PROVEA, 2009, p. 248,
http ://www.derechos.org.ve/proveaweb/wp-content/uploads/13-justicia.pdf
22. Wilpert, 47.
23. Alexander Eñaranda, membre du Front des avocats bolivariens,
entrevue personnelle, le 6 avril 2010.
24. Programa Venezolano de Educación-Acción en Derechos
Humanos, « Informe Annual 2009 : Derechos a la
Justicia », PROVEA, 2009, p. 248,

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca
Courriel: redaction@cpcml.ca