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La plus grande manifestation était celle de Los Angeles, en Californie, où 350 000 personnes ont participé à la marche du Premier Mai, la plus imposante depuis 2006. Il y a eu des manifestations du Premier Mai dans au moins dix autres villes du nord de la Californie avec la participation de milliers de personnes, soit : Santa Cruz, Watsonville, Sacramento, San José, Santa Rosa, Fremont, Berkeley, San Francisco, Fresno et Modesto. À San Francisco, en Californie, 6 000 personnes ont manifesté à l'angle des rues 24th Street et Mission et ont marché jusqu'au Civic Center pour exiger le respect à part entière des droits des immigrants. Au moins 20 000 personnes ont défilé dans les rues de Seattle pour la dixième édition de la marche du Premier Mai consacrée à la défense des droits des immigrants. À Tucson, en Arizona, des activistes rapportent qu'environ 15 000 personnes sont descendues dans les rues pour célébrer le Premier Mai et exiger de tous les niveaux de gouvernement la fin des attaques racistes à l'endroit des immigrants, y compris la loi SB1070, et un terme à la militarisation des frontières et pour exiger une réforme de l'immigration qui soit humanitaire plutôt que punitive. Un activiste rapporte : « Beaucoup de ceux qui ont participé à la manifestation ont exprimé leur dégoût devant "l'apartheid de l'Arizona" et son profilage racial, notamment les attaques contre les étudiants latino en raison des directives données au personnel des écoles publiques de veiller à l'application de la loi de l'immigration dans les écoles. Beaucoup portaient des t-shirts et macarons sur lesquels on lisait « sans papier » ou des affiches qui disaient : « Est-ce que j'ai l'air illégal ? » Depuis des semaines, il y a des manifestations quasi quotidiennes en Arizona contre le racisme envers les immigrants. » Environ 10 000 personnes ont manifesté à Austin, la capitale de l'État du Texas, et il y a eu une grande manifestation à Dallas également. Des activistes rapportent que plus de 20 000 personnes
ont participé à la manifestation de Chicago. À
Milwaukee, quelque 65 000 ont défilé, deux fois plus
nombreux qu'en 2009. À Minnéapolis, environ 4 000
personnes ont participé à une marche et à New York
environ 15 000 travailleurs et immigrants se sont réunis
à Foley Square pour une
marche du Premier Mai autour de l'hôtel de ville. ![]() ![]() Premier Mai 2010: Minnéapolis ; Minnésota; Milwaukee, Wisconsin À Washington, des travailleurs, immigrants, étudiants et autres se sont rassemblés devant la Maison blanche. Pendant le rassemblement, le congressiste de l'Illinois Luis Gutierrez a annoncé que lui et d'autres se livreraient à un acte de désobéissance civile en restant sur le trottoir de la Maison blanche jusqu'à ce qu'une réforme globale de l'immigration soit signée ou qu'ils soient arrêtés. On rapporte que 35 personnes portant sur leur chandail « Arrêtez moi, pas mes amis » ont été arrêtées parce qu'elles refusaient de dégager le trottoir devant la Maison blanche. Les organisateurs ont promis que les actions de désobéissance civile se poursuivront.
Reportage-photos États-UnisLos Angeles, Californie
![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Santa Ana, Californie ![]() ![]() ![]() Watsonville-Santa Cruz, Californie ![]() ![]() San Francisco ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Berkeley, Californie ![]() Seattle, Washington ![]() ![]() ![]() ![]() Phoenix, Arizona ![]() Tuscon, Arizona ![]() ![]() Denver, Colorado ![]() ![]() ![]() ![]() Dallas, Texas ![]() ![]() Chicago, Illinois ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Washington ![]() ![]() New York ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Boston, Massachusetts ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() (Indymedia, USMLO, Fight Back! News) Loi anti-immigrant de l'Arizona Le boycottage prend de l'ampleurLa gouverneure de l'Arizona Jan Brewer a signé la loi SB1070 du sénat de cet État le 23 avril, une loi raciste à l'immigration qui a fait l'objet d'un vaste mouvement d'opposition pas seulement en Arizona mais partout aux États-Unis et aussi en Amérique latine. Et depuis que la loi a été adoptée l'opposition n'a cessé de grandir. Il y aura une journée nationale de protestation le 29 mai et l'État de l'Arizona est la cible d'un boycottage qui prend beaucoup d'ampleur, notamment avec la participation de nombreuses administrations municipales qui condamnent l'Arizona par des mesures concrètes de boycottage.
Le maire de San Francisco, en Californie, Gavin Newsom, a annoncé le 27 avril un moratoire sur les déplacements des employés de la ville vers l'Arizona. L'interdiction aux employés de se rendre en Arizona est entrée en vigueur immédiatement. Sally Clark, conseillère municipale de Seattle, dans l'État de Washington, a dit qu'elle déposera un projet de règlement municipal restreignant les voyages ou les conférences en Arizona et propose de revoir tous les achats de produits et services de l'État de l'Arizona. Le conseil de ville d'El Paso, au Texas, a également pris position contre la loi anti-immigrants. Il a adopté une résolution limitant les déplacements de ses employés vers l'Arizona. Le conseil a d'ailleurs déjà adopté une résolution en faveur d'une interdiction totale d'achat et de déplacement en Arizona. De même, un conseiller municipal de Milwaukee, au Wisconsin, a annoncé qu'il déposera un projet de boycottage des entreprises qui ont leur siège social en Arizona. Si la résolution est adoptée, les employés municipaux ne pourront plus se rendre en Arizona pour des conférences et rencontres officielles. Les 13 conseillers municipaux de la ville de Washington parrainent un projet de règlement invitant tout le district de Washington à cesser de faire des affaires avec l'Arizona. Le conseiller municipal Michael A. Brown demande au gouvernement du district de Washington et à la Commission des retraites de se défaire de toute obligation émise par l'Arizona et de ne pas défrayer les déplacements vers l'Arizona. « Nous allons encourager le gouvernement du district de Washington à exprimer son opposition à cette loi discriminatoire, a-t-il dit. Nous allons l'encourager à se servir du pouvoir de l'argent pour combattre ces politiques qui institutionnalisent le profilage racial et l'inégalité pour les citoyens américains. La dernière fois qu'une loi a exigé le port de documents de citoyens aux États-Unis était durant l'esclavage. » Les conseillers municipaux veulent également interdire aux autorités policières de partager des renseignements sur les arrestations avec les autorités fédérales.
Il y a aussi des équipes sportives qui expriment leur opposition à la loi SB1070. Les Suns de Phoenix de l'Association nationale de basketball porteront sur leur chandail « Los Suns » lors de la deuxième partie des semi-finales de l'ouest le 6 mai « en hommage à notre communauté latino et à la diversité de notre ligue, de l'État de l'Arizona et du pays », a dit le propriétaire de l'équipe Robert Sarver. « Quelle que soit l'intention, la conséquence de cette loi est que nos principes de base sur l'égalité des droits et de protection devant la loi sont remis en question. Il y aura aussi des conséquences pour l'économie de l'Arizona, qui vit déjà des temps difficiles. » La proposition a été bien accueillie par les joueurs. « En tant qu'équipe et en tant qu'organisation, nous avons beaucoup d'amitié et de respect pour tous nos partisans, a dit Steve Nash. La ligue est très multiculturelle, Nous avons des joueurs qui viennent de partout dans le monde et notre communauté latino est très forte et très importante pour nous. » Adrian Gonzalez, joueur de premier but des Padres de San Diego qui a fait partie de l'équipe des étoiles de baseball à deux reprises, a dit qu'il ne participera pas au match des étoiles l'année prochaine si la loi de l'Arizona est en vigueur et qu'il aimerait que les équipes de la Ligue de baseball majeur boycottent le camp d'entraînement estival en Arizona. (ESPN, NBC, The Atlantic, USA Today, ABC, Arizona Daily Sun, City Insider) Les pays d'Amérique latine réitèrent leur condamnation de la loi racisteLe ministre des Affaires extérieures du Venezuela, Nicolas Maduro, a annoncé le 4 mai, durant la rencontre des ministres des Affaires étrangères de l'Union des nations sud-américaines (UNASUR), que le Venezuela appuie la décision du regroupement d'exiger l'abolition de la loi anti-immigration récemment adoptée en Arizona. Le sujet a été soulevé par la délégation de l'Équateur, donnant suite à la déclaration radiodiffusée du premier ministre Rafael Correa samedi dernier. M. Correa a dit que cette loi était « une insulte à la dignité humaine » et a demandé à ses homologues de la condamner. Le ministre vénézuélien a expliqué que la position du président Hugo Chavez est « un appui absolu aux gens d'Amérique latine, des Caraïbes et du monde qui vivent aux États-Unis ». Il a dit que les immigrants sont persécutés et maltraités aux États-Unis. « Le traitement qu'ils reçoivent ne correspond pas aux droits humains. Il y a violation constante des droits de nos compatriotes », a dit M. Maduro. Pour sa part, le Mexique a émis un avertissement à « tous les Mexicains qui visitent, vivent ou étudient dans l'État de l'Arizona » au sujet du « climat politique défavorable aux communautés de migrants et aux visiteurs en provenance du Mexique ». Le ministère des Affaires étrangères du Mexique met en garde que « tous les citoyens mexicains pourraient être à tout moment harcelés ou interrogés sans motif ». L'alerte aux voyageurs émise par le gouvernement donne une liste de tous les consulats à contacter dans l'État de l'Arizona et fournit gratuitement une aide en ligne 24 heures pour tous les Mexicains résidant en Arizona. Le 26 avril, le président Felipe Calderón a condamné l'Arizona pour cette décision qui, dit-il, « ouvre la porte à l'intolérance, la haine, la discrimination et les abus dans l'application des lois ». (Agencia Bolivariana de Noticias, Radio Havana Cuba) Nouvelles sur la situation à Oaxaca, Mexique On demande que justice soit faite
Samedi le 1er mai, le procureur général du Mexique a annoncé la tenue d'une enquête fédérale sur l'attaque des paramilitaires contre la Caravane d'observation et de solidarité à la municipalité autonome de San Juan Copala le 27 avril, durant laquelle Beatriz Cariño Trujillo, activiste mexicaine, et Jyri Antero Jaakkola, observateur finlandais, ont été tués. L'annonce fait suite à un mouvement de condamnation partout au Mexique et en Amérique latine pour exiger que les auteurs de l'attaque soient traduits en justice. Le gouvernement finlandais demande une enquête complète et que les responsables soient traduits en justice. Essayant de se dérober à leurs responsabilités, les autorités de l'État d'Oaxaca proposent que les organisateurs de la Caravane soient tenus de rendre des comptes. Le secrétaire aux Affaires intérieures Evencio Martinez a dit : « Ceux qui ont organisé cette caravane devront rendre des comptes, ceux qui ont invité ces gens sans prendre les précautions nécessaires, parce que je pense qu'ils connaissaient mal la situation dans la région. » La plus grande action contre l'attaque des paramilitaires a été la marche de 40 000 personnes dans les rues de Oaxaca le 1er mai dernier pour démontrer au gouvernement en place et à ses tueurs paramilitaires que les citoyens d'Oaxaca n'ont pas peur et n'abandonneront pas leur lutte pour la souveraineté et un monde meilleur. D'une même voix les manifestants ont réclamé que soient traduits en justice les coupables, allant des paramilitaires aux responsables et hauts fonctionnaires des services de justice et de sécurité de l'État, jusqu'au gouverneur actuel, Ulises Ruiz. L'Assemblée des maires de l'Union des communautés autochtones de la zone nord de la péninsule (UCIZONI) a également condamné l'agression et demandé que le gouvernement mexicain fasse enquête et châtie les coupables. Dans la capitale, Mexico, des milliers de personnes se sont rassemblées et ont marché jusque devant les bureaux du ministère de l'Intérieur pour dénoncer la complicité et l'inaction du gouvernement Calderon envers les assassinats. Plusieurs groupes et organisations se sont rassemblés devant l'ambassade du Mexique à Costa Rica le 3 mai. Au Salvador, le groupe Red Sinti Techan a condamné l'attaque contre la caravane. Il y a également eu des manifestations en Allemagne, en Finlande, en Belgique et ailleurs en Europe. Aux États-Unis un rassemblement s'est tenu devant le consulat mexicain à Los Angeles tandis qu'à Washington la Commission interaméricaine des droits humains condamnait énergiquement l'agression et exigeait du gouvernement mexicain que les responsables soient jugés.
Le Canada doit exiger du gouvernement mexicain qu'il fasse lumière et justice sur les crimes odieuxLa Coalition québécoise sur les impacts socio-environnementaux des transnationales en Amérique latine dénonce les vils assassinats survenus le 27 avril dernier dans l'État d'Oaxaca, au Mexique, de Bety Cariño du Réseau des victimes des activités minières (REMA, en espagnol), et de Yri Antero Jaakkola, militant des droits humains et environnementaliste d'origine finlandaise. La Coalition dénonce également l'agression subie par les membres d'une Caravane humanitaire pour la paix en mission dans la région. Un groupe de 15 paramilitaires ont tendu une embuscade à cette Caravane. Cette attaque armée est l'une des conséquences des conditions d'impunité dont jouissent les paramilitaires de cet endroit, oeuvrant dans un contexte de violence institutionnelle contre les différentes formes de lutte sociale à Oaxaca, plus spécifiquement pour empêcher le développement des processus d'autonomie en cours. La Caravane visait à rompre l'isolement de la communauté de San Juan Copala qui se trouve piégée. La situation dans cette population est critique. Depuis le mois de janvier, les enfants n'ont pas accès à l'école ; l'électricité, l'eau potable et l'accès aux soins médicaux ont été coupés. San Juan Copala vit un harcèlement paramilitaire permanent et un blocage de la route d'entrée au village. Bety Cariño était une militante des droits humains depuis plus de 15 ans. Elle était membre de l'équipe nationale de coordination du REMA et directrice du Collectif CACTUS. Elle participait également au Front élargi d'opposition à la transnationale minière canadienne New Gold-Minera San Xavier, qui continue les opérations de la mine San Xavier, malgré cinq jugements la forçant à arrêter ses activités. Cette agression s'inscrit dans la tendance répressive du gouvernement de l'État d'Oaxaca. Ulises Ruiz, le gouverneur actuel, a une longue histoire de répression et de corruption. Les communautés et organisations autochtones, populaires et les enseignants qui se sont opposés aux actes arbitraires de ce gouverneur, ont été violemment réprimés, poursuivis et emprisonnés. Des stratégies habiles de manipulation de la loi ont été mises de l'avant par le gouvernement pour leur imputer des délits qu'ils n'ont jamais commis ; des dizaines de militants se trouvent ainsi encore en prison ; d'autres ont été assassinés. La stratégie de la terreur d'Ulises Ruiz a impliqué la formation de groupes civils d'assassins qui ont semé la terreur auprès des communautés, des organisations syndicales et communautaires qui dénoncent la barbarie gouvernementale. Ainsi, 63 personnes ont été assassinées, de nombreuses personnes, hommes et femmes, ont été violées, 50 personnes sont disparues et il y a 500 ordres d'arrestation de militants pour des raisons politiques. Une violente répression a été déchaînée contre les représentants des communautés indigènes, des enseignants, des femmes et d'autres groupes sociaux qui mènent une activité sociopolitique publique et ouverte, les obligeant à se cacher ou à s'exiler hors de l'État fédéral d'Oaxaca. Depuis juin 2009, Ulises Ruiz a orchestré une campagne de salissage, d'harcèlement et de persécution contre le Comité de défense des droits du peuple (CODEPP-AOPPO) qui se battait contre l'implantation des compagnies minières canadiennes dans la zone. Il est également très inquiétant qu'une mission d'observateurs internationaux se fasse attaquer et que les paramilitaires agissent en toute impunité. Cela constitue une provocation et une tentative d'intimidation contre les initiatives de solidarité internationale de soutien aux mouvements sociaux qui s'opposent au saccage des richesses naturelles et à la violation de leurs droits. La Coalition québécoise sur les impacts socio-environnementaux des transnationales en Amérique latine demande au gouvernement canadien d'exiger du gouvernement mexicain qu'il fasse lumière et justice sur ces crimes odieux et que des mesures urgentes soient prises par les autorités mexicaines et canadiennes pour protéger les observateurs internationaux et les défenseurs des droits humains. Gerardo Aiquel,
coordonateur, Coalition québécoise sur les impacts
socio-environnementaux des transnationales en Amérique latine
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