Le Marxiste-Léniniste

Numéro 79 - 3 mai 2010

Premier Mai 2010

Militantes manifestations partout au Canada



Premier Mai 2010
Militantes manifestations partout au Canada

Oaxaca, Mexique
Non à l'impunité! Les assassinats, disparitions et intimidations doivent cesser!

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Premier Mai 2010

Militantes manifestations partout au Canada

Halifax

Plus de 200 travailleurs (syndiqués, non syndiqués, sans emploi et retraités) et autres membres de la communauté ont marché à Halifax à l'occasion du Premier Mai. C'était la quatrième marche annuelle du Premier Mai depuis qu'a été rétablie la tradition de célébrer la journée en l'honneur de la lutte de la classe ouvrière en Nouvelle-Écosse. L'événement a attiré des travailleurs de tous les coins de la province, notamment d'Antigonish, du Cap Breton et de la vallée de l'Annapolis, ainsi que des syndicalistes et des jeunes du Nouveau-Brunswick. Les travailleurs du secteur public ont été à l'honneur, à l'avant de la manifestation, pour leur opposition à l'offensive que les trois niveaux de gouvernements mènent contre eux et contre les services publics. De plus, les manifestants ont vigoureusement dénoncé la guerre et l'agression impérialistes et appelé à la solidarité internationale avec les peuples d'Amérique latine, de Cuba, de Palestine et d'ailleurs. L'arrestation de trois jeunes sous de fausses accusations n'a pas ralenti l'ardeur des marcheurs. Plus tard, les jeunes se sont rassemblés en masse devant le poste de police pour exiger la libération immédiate des trois arrêtés. La journée s'est terminée avec un Forum et Festival au Centre d'amitié autochtone micmac.




Montréal

Plus de 25 000 personnes se sont rassemblées au métro Lionel-Groulx à Montréal. Se sont adressés à la foule des représentants de la CSD, de la Coalition contre la tarification et la privatisation des services publics, de la Fédération des femmes du Québec et de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec. Tous ont dénoncé l'offensive antisociale du gouvernement libéral de Jean Charest et réitéré l'importance de poursuivre la lutte contre ces politiques, dont le récent budget. Après les discours, la manifestation s'est mise en branle pour emprunter les rues du quartier populaire de Pointe St-Charles, où les marcheurs ont été chaleureusement accueillis par les résidents, et s'est terminée au parc St-Gabriel. Une autre manifestation de plus d'un millier de personnes, principalement des jeunes, a eu lieu plus tard dans la journée. Elle s'est rendue devant les bureaux du premier ministre Charest dans le quartier d'affaires sur la rue Sherbrooke. Comme les années précédentes, les jeunes ont été la cible du harcèlement policier. Plusieurs ont été soumis à des fouilles à leur arrivée. L'appel a été lancé de se préparer pour le Sommet du G20 qui se tient à Toronto en juin.









Longueuil

À Longueuil, pour une deuxième année consécutive, l'ensemble des organisations syndicales de la région de la Montérégie section Rive Sud étaient unies pour l'organisation des activités du Premier Mai. Plus de 500 personnes se sont rassemblées au parc Saint-Charles avant d'entreprendre leur marche sur la rue Saint-Charles jusqu'au parc Le Moyne, où ont été prononcés les discours de dirigeants des syndicats et d'organisations populaires. Il y avait le fort contingent des ouvriers membres du syndicat des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA-Québec), composé des ouvriers du secteur aérospatial oeuvrant à la compagnie Pratt & Whitney de Longueuil.



Gatineau

À Gatineau, environ 200 jeunes et travailleurs se sont rassemblés au parc Fontaine et ont marché jusqu'au Palais de justice du Québec, au son des klaxons des automobilistes qui signalaient leur appui. Il y avait des syndiqués et des représentants des organisations de lutte à la pauvreté et pour le droit au logement, comme la Fédération autonome de l'enseignement, l'Alliance de la fonction publique du Canada, le Collectif régional de lutte à l'itinérance en Outaouais, le Réseau vigilance Outaouais, le Comité logemen'occupe. Break Syndical s'est chargé de la musique et du divertissement dans le parc. À l'avant de la manifestation il y avait la bannière de la FAE : « Nos classes débordent, nos jeunes décrochent – c'est assez ! » Les pancartes et les discours étaient en majeure partie dirigés contre l'offensive antisociale du gouvernement Charest et à la défense de l'éducation et des services sociaux.






Toronto

Des manifestations et rassemblements ont eu lieu à Toronto pour marquer le Premier Mai cette année, organisés par Personne n'est illégal et le Mouvement du Premier Mai. Les actions ont porté sur la situation des sections les plus vulnérables de la classe ouvrière, dont les sans-papier, les migrants et immigrants ainsi que les travailleurs pauvres. Les manifestants ont demandé des emplois, un logement décent et des services sociaux de qualité. Ils ont également porté un message fort et clair contre la guerre et l'agression impérialistes.











Hamilton

Environ 1 500 travailleurs ont participé au rassemblement et à la marche organisés par la section locale 1005 du syndicat des Métallos à Hamilton le Premier Mai. De nombreux syndicats étaient représentés : plusieurs sections locales des Métallos, les TCA, le SCEP, le SCFP et les syndicats des enseignants. Il y avait une forte présence de travailleurs de Siemens de Hamilton, qui vient de fermer ses portes, et des travailleurs de la National Steel, qui menace de fermer ses portes. Les contingents des travailleurs de Vale Inco, de Sudbury, qui sont en grève depuis juillet 2009, ont eu la place d'honneur à la tête de la manifestation, suivis des travailleurs de Xstrata de Timmins qui se battent contre la fermeture du complexe sidérurgique de Kidd Creed. Le lendemain, le local 1005 des Métallos tenait une conférence nationale sur l'édification nationale sous le thème : « Base manufacturière oui ! Destruction nationale non ! » Y ont participé des dirigeants syndicaux, des syndiqués actifs et à la retraite et des activistes de l'Alberta, du Nord de l'Ontario, du Québec et du Nouveau-Brunswick. Il y a eu des présentations suivies d'un échange animé sur l'avenir du Canada et sur le rôle des travailleurs dans la détermination de cet avenir.









Windsor

Le Premier Mai à Windsor a été marqué par une militante manifestation dans le centre-ville. Elle a rassemblé les forces combattantes de la région et a été une occasion d'affirmer la nécessité de défendre la dignité du travail et des travailleurs et de s'unir à la défense des droits de tous. Parmi les slogans on a entendu : « Investissez dans nos communautés, pas dans la guerre », « Ne touchez pas à nos pensions » et « La prison pour ceux qui tuent des travailleurs ». La manifestation s'est terminée avec un spectacle et danse mettant en vedette des chants commémorant la lutte des travailleurs municipaux l'année dernière.




Edmonton

Il y a eu un vigoureux rassemblement à Edmonton auquel ont participé plus de 200 personnes, suivi d'une marche dans les rues du centre-ville jusqu'à l'Hôtel de Ville. Des orateurs du Comité de la marche, du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, de la Fédération du travail de l'Alberta, du Syndicat des employés provinciaux de l'Alberta et de la Coalition contre la guerre et le racisme d'Edmonton ont parlé de la signification du Premier Mai. Ils ont parlé de la résistance à l'offensive généralisée contre les programmes sociaux et contre l'économie, des atteintes à la dignité du travail et de l'introduction de l'esclavage moderne et fait valoir que c'est à la classe ouvrière qu'incombe la responsabilité de défendre les droits de tous et de donner le leadership dans la recherche d'une alternative.






Calgary



Vancouver

Des résidents de Vancouver ont marqué le Premier Mai avec une marche à l'heure du midi. Parmi les orateurs, il y avait Shane Simpson, député provincial, Jane Bouey, commissaire scolaire, Harsha Wallia de Personne n'est illégal, et un représentant du groupe de résidents du fameux Downtown Eastside. Plusieurs thèmes revenaient souvent, comme le vol de la richesse sociale et des ressources publiques, la nouvelle « loi sur l'énergie propre » qui transfert la production de l'hydro-électricité au secteur privé, et plusieurs aspects de l'impact de l'offensive antisociale sur les services sociaux, comme l'éducation, et sur les plus vulnérables de la société. Après la marche, le Comité de Vancouver du PCC(M-L) organisait une réunion publique sur le thème : « Pour bâtir une opposition ouvrière en Colombie-Britannique ».





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Oaxaca, Mexique

Non à l'impunité! Les assassinats, disparitions
et intimidations doivent cesser!

Le Marxiste-Léniniste exprime son indignation face à l'assassinat le 27 avril au Mexique de Beatriz Cariño Trujillo, coordinatrice du Réseau mexicain des personnes affectées par les mines (REMA) et membre du Centre de soutien aux collectivités oeuvrant ensemble (CACTUS), et de Tyri Antero Jaakkola, un Finlandais observateur des droits humains. Ils ont été abattus par UBISORT, un groupe paramilitaire ayant des liens étroits avec le gouvernement de l'État, lors d'une embuscade de la Caravane d'observation et de solidarité de la municipalité autonome de San Juan Copala, à laquelle Beatriz et Tyri participaient avec d'autres membres du REMA et de CACTUS, de membres de la Voix de Oaxaca édifiant l'autonomie et la liberté (VOCAL) et de plusieurs observateurs internationaux des droits humains d'Italie, de Belgique et d'Allemagne.

La caravane a été organisée par VOCAL et l'Assemblée populaire des peuples de Oaxaca (APPO). Plusieurs personnes ont été blessées lors de l'embuscade, alors que certains ont réussi à s'échapper au moment où les soldats paramilitaires rechargeaient leurs AK-47. Les soldats paramilitaires ont également tiré sur une ambulance qui est apparue sur la scène, l'empêchant d'aider les blessés, tandis que d'autres ont été entraînés de force dans la forêt et soumis à des interrogatoires et menaces de mort avant d'être abandonnés sur la route. Il a fallu plusieurs jours avant que ceux qui ont été emmenés par UBISORT puissent rentrer chez eux.


Mexico, le 30 avril 2010: « Arrêtez le harcèlement de la municipalité autonome de San Juan Copala. »

La caravane se dirigeait vers la municipalité de San Juan Copala dans la région de Triqui afin de fournir une aide à la communauté qui a été soumise à un blocus paramilitaire et contrainte à l'isolement depuis la déclaration de son autonomie. L'encerclement de la communauté autonome de Triqui fait partie de la répression de l'État contre les efforts déployés par le peuple pour prendre le contrôle de son destin, alors que les paramilitaires d'UBISORT, actuellement dirigés par Rufine Juarez Hernandez, jouissent de la pleine complicité du gouvernement de l'État. En raison du blocus paramilitaires, les enfants de la municipalité ne sont pas en mesure d'aller à l'école, la communauté est sans électricité, eau potable et services médicaux et elle est confrontée à des pénuries alimentaires tandis que les livraisons de l'extérieur sont bloquées.

Le 27 avril, la caravane tentait de briser cet encerclement et de livrer des fournitures à la population. Après l'annonce de la venue de la caravane, le chef d'UBISORT, Rufino Hernandez Juarez, a déclaré qu'il empêcherait à tout prix le passage de la caravane.

Ces agressions, notamment les assassinats de personnes qui luttent pour la défense des droits humains et la souveraineté, font partie des tactiques de guerre sale qui ont été institutionnalisées dans tout le Mexique. REMA a publié un communiqué de presse rejetant l'entière responsabilité de l'attaque sur tous les paliers du gouvernement, notamment le fameux gouverneur d'Oaxaca, Ulises Ruiz Ortiz, et le président Felipe Calderon Hinojosa. VOCAL a publié une déclaration le 30 avril avertissant qu'UBISORT envisage de mener de nouvelles attaques contre la population de la région. Elle précise : « Cette attaque montre le niveau de violence et l'impunité avec laquelle le parti au pouvoir, le PRI, maintient le tueur Ulises Ruiz Ortiz et les caciques locaux au pouvoir, ainsi que la nature des groupes paramilitaires qui soutiennent ce parti dans les communautés autochtones et paysannes de l'État d'Oaxaca. »

Seulement depuis novembre 2009, 19 personnes de San Juan Copala ont été assassinées par les paramilitaires et ces assassinats, ainsi que de nombreuses agressions brutales contre la population, n'ont jamais été élucidés, et encore moins les responsables traduits en justice. Cela a créé un climat d'impunité totale pour des groupes comme UBISORT, tandis que le gouvernement cherche à nier sa responsabilité.

Le gouvernement canadien doit aussi rendre des comptes en tant que complice dans cette agression contre la lutte des peuples du Mexique, puisqu'il ferme les yeux sur les dizaines de compagnies minières canadiennes qui pillent l'or, l'argent et beaucoup d'autres ressources naturelles du Mexique et refusent de se soumettre aux injonctions leur interdisant de poursuivre leurs opérations destructrices à la fois de l'environnement humain et naturel. Ces sociétés ont leurs organisations paramilitaires qui utilisent tous les moyens pour intimider, menacer et éliminer ceux qui luttent pour la défense de leurs droits et de la souveraineté, comme au Chiapas, à Cerro de San Pedro Potosi, à Oaxaca, Guerrero, et plusieurs autres États du Mexique.

Le Marxiste-Léniniste envoie ses plus sincères condoléances aux familles, amis et camarades de Beatriz Alberta Trujilo Carino et Tyri Antero Jaakkola. Nous nous joignons à toutes les organisations démocratiques et progressistes et aux forces du Mexique et du monde pour exiger :

1. Une enquête sur la planification, l'organisation et le déroulement de cette agression meurtrière et le jugement et châtiment de tous les responsables.

2. Le licenciement immédiat des hauts fonctionnaires de l'État d'Oaxaca, dont le secrétaire d'État, le procureur d'État et le secrétaire de la Sécurité publique et de la protection des citoyens pour ne pas être intervenus rapidement lorsque les faits ont été portés à leur attention, facilitant et fournissant ainsi l'impunité à UBISORT pour cet assaut meurtrier.

Levez le blocus paramilitaire contre la Communauté autonome de Triqui !
Cessez les violations des droits humains à Oaxaca ! Non à l'impunité !
Vive la lutte des peuples pour la défense de leurs droits et souveraineté !

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