Le Marxiste-Léniniste

Numéro 76 - 29 avril 2010

Premier Mai 2010

Marches et rassemblements
à la défense des droits des travailleurs


Vancouver le 10 avril 2010: manifestation contre les coupures
dans les services publics devant le Musée des beaux arts

Les événements du Premier Mai à Vancouver
La mobilisation pour le Premier Mai en cours partout au États-Unis
Les syndicalistes de 21 pays célébreront le Premier Mai à Cuba

L'opposition au budget du Québec continue
Manifestation le 16 mai: Logement social: Y'a que des miettes dans son budget! - FRAPRU
Le mouvement syndical doit combattre les politiques antisociales de Charest - Jean-Pierre Fortin, directeur des TCA-Québec
Les médecins contestent le ticket - Déclaration commune

Revenu des aînés
Supplément de revenu garanti: Les aînés dénoncent la paperasserie

Loi anti-immigrant en Arizona
Protestation du Mexique et de l'Amérique centrale contre la nouvelle loi
C'est le gouvernement fédéral qui en est l'inspiration

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Premier Mai 2010

Les événements du Premier Mai à Vancouver

À Vancouver, une série d'événements animés auront lieu à l'occasion du Premier Mai, journée internationale de lutte de classe ouvrière. La journée commence par une marche à midi au parc Clark, immédiatement suivie d'un rassemblement à 13 h au parc Grandview. Le comité local du Premier Mai du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) tient une réunion publique sous le thème : « Bâtir une opposition ouvrière en Colombie-Britannique » de 16 h à 18 h. Puis une soirée sociale est organisée par le Conseil syndical de Vancouver.

Les effets du démantèlement de l'édifice national par les gouvernements fédéral et provinciaux au service des monopoles se fait sentir dans toute la Colombie-Britannique. Le 10 avril, la Coalition pour bâtir une meilleure Colombie-Britannique a tenu un rassemblement devant le Musée des beaux arts de Vancouver pour dénoncer et mobiliser contre les coupures dans les services publics. Les participants ont attiré l'attention sur les nouvelles taxes de vente harmonisées, qui transfèrent 1,9 milliard $ des impôts des sociétés aux individus. Dans un article paru récemment dans The Tyee, Kim Pollock, un chercheur pour le compte du syndicat des Métallos, souligne que malgré le fait que les monopoles forestiers paient de moins en moins d'impôt, « l'investissement dans la transformation du bois en 2008 était près de 80 millions $ inférieur à celui de 2001, une chute annuelle de 6,1 %. En fait, depuis 2005, l'investissement dans le secteur a annuellement diminué. Et le secteur forestier dans son ensemble emploie aujourd'hui 36 600 personnes de moins qu'en 2001, soit une baisse de 41,3 %. Même sans les effets de la récession, en 2008 l'industrie forestière avait déjà perdu 23 700 emplois [...] ».

Le résultat de la politique de payer les riches par la fiscalité réduite des monopoles et d'autres moyens, couplée à la destruction de l'industrie forestière, est la création d'une crise où la richesse sociale nécessaire pour financer des programmes afin d'assurer le bien-être de la population a été retirée de l'économie. C'est une situation intenable. Le Marxiste-Léniniste appelle la classe ouvrière et le peuple en Colombie-Britannique à participer aux événements du Premier Mai, à saisir l'occasion pour présenter leurs revendications et discuter des moyens de s'organiser pour trouver une issue à cette situation.

Voir le calendrier des événements du Premier Mai 2010.

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La mobilisation pour le Premier Mai
en cours partout au États-Unis

Ces dernières années nous avons été témoins de la renaissance du Premier Mai aux États-Unis en tant que journée d'action de masse de la classe ouvrière, en particulier à travers des actions pour s'opposer à la criminalisation des travailleurs immigrants. Voice of Revolution, une publication de l'Organisation marxiste-léniniste des États-Unis, rappelle que « dans les villes partout au pays s'organisent des marches, des rassemblements et des activités sociales pour le Premier Mai 2010. Atlanta, New-York, Buffalo, Détroit, Chicago, Madison, Milwaukee, Minneapolis, Saint-Louis, Memphis, Dallas, Los Angeles, Portland, et Oregon sont quelques-unes des villes où se tiennent des réunions de planification et de travail pour développer une grande unité dans l'action.

« Un objectif principal de ce travail est de renforcer la lutte pour l'unité de toutes les forces organisées à la défense des droits. Plusieurs s'appuient sur le travail mené pour les actions du 20 et 21 mars dans le district de Columbia, renforçant leurs relations basées sur le travail et le soutien au sein de la population. Partout les organisateurs combattent pour les droits - les droits des travailleurs, qu'ils soient travailleurs ou chômeurs, les droits des immigrants avec ou sans papiers, les jeunes et leur droit à l'éducation, le droit à des services de santé, pour la réunion des familles divisées et plus encore. La demande : "Arrêtez les descentes et les déportations ; légalisation maintenant !" est très populaire, comme l'est le slogan : "Un pour tous et tous pour un !" »

À Saint-Louis, au Missouri, auront lieu une marche et une vigile pour les droits des immigrants et les droits civils et humains, où les résidents sont appelés à se joindre à la lutte « pour garder les familles ensemble, mettre un terme aux détentions et aux déportations, protéger les droits des travailleurs, cesser le profilage racial et manifester votre appui à une véritable réforme du système d'immigration ».

À Détroit, au Michigan, les organisateurs déclarent : « Arrêtez les descentes et les déportations qui brisent les familles ! La séparation des enfants de leurs parents est une violation flagrante et sauvage des droits humains. Marchons pour la défense des droits humains des travailleurs immigrés et leurs familles.

« Fermez les centres de détention inhumains pour les familles immigrantes ! À bas "le mur frontalier" entre les États-Unis et le Mexique !

« Nous exigeons la réforme du système d'immigration - Le président Barack Obama a été élu à la présidence avec 70 % du vote latino. M. Obama a promis que s'il était élu, il ferait adopter en 2009 une réforme du système d'immigration qui favorise les droits des immigrants. La situation actuelle est insuffisante pour les familles immigrantes et les besoins de notre économie. »

Au Texas, les militants pour les droits des immigrants organisent une marche pour la journée du Premier Mai. Les Texans sont aux prises avec la militarisation de la frontière, les camps de détention de masse et les raids du gouvernement qui terrorisent les communautés. Comme beaucoup de villes en 2006, Dallas a été la scène d'une grande marche lorsque les travailleurs ont pris des mesures pour bloquer un projet de loi au Congrès qui criminaliserait tous les immigrants sans papiers. Maintenant, ils exigent du président Obama et de la majorité démocrate qu'ils adoptent une réforme juste du système d'immigration et qu'ils le fassent maintenant. Comme un militant l'a si bien dit : « Nous sommes fatigués de mañana [demain]. Nous voulons une réforme de l'immigration maintenant. » Pour plus d'événements et d'informations, visitez le site www.usmlo.org.

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Les syndicalistes de 21 pays
célébreront le Premier Mai à Cuba


Toronto, le 17 avril 2010:rassemblement de solidarité avec les Cinq héros cubains à l'occasion du
49e anniversaire de la défaite de la tentative d'invasion de Cuba à la baie des Cochons.

À la mi-avril, plus de 500 syndicalistes de 21 pays ont confirmé leur présence aux activités centrales du Premier Mai à Cuba pour réaffirmer leur solidarité avec la révolution cubaine.

Raymundo Navarro, membre du secrétariat national de l'Organisation centrale des syndicats cubains (CTC), dit que les visiteurs pourront participer à un vaste programme d'activités à partir du 26 avril, notamment à des visites à des sites d'intérêt historique, économique, culturel et social de diverses provinces.

Ils pourront également participer à la traditionnelle conférence de solidarité avec Cuba et à l'événement marquant le 65e anniversaire de la Fédération mondiale des syndicats, région Amériques.

Lors de leur visite à Cuba, ils auront l'occasion de connaître davantage le cas des cinq héros cubains emprisonnés aux États-Unis depuis 1998 pour avoir combattu contre le terrorisme. Le débat organisé par le CTC le 23 avril sous forme de forum en ligne sous le thème : « Pour la libération des cinq prisonniers cubains antiterroristes », avec la participation des dirigeants de la CTC, faisait partie des activités du Premier Mai 2010

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Logement social: Y'a que des
miettes dans son budget!

Grande manifestation à Westmount pour le logement social et un nouveau programme de HLM
Dimanche le 16 mai à Montréal
Départ à 11 h au coin des rues The Boulevard et Argyle
Plus d'infos : www.frapru.qc.ca

Le budget présenté le 30 mars par le ministre québécois des Finances, Raymond Bachand, multiplie les hausses de tarifs et de taxes, en plus d'ouvrir la porte à des compressions budgétaires brutales. Pendant ce temps, les grandes entreprises et les mieux nantis s'en sortent presque indemnes.

Il n'est donc pas surprenant que le budget ne consacre que des miettes au second « Plan de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale » sur lequel le gouvernement Charest a pourtant consulté pendant des mois. En fait, ce Plan se résume à deux mesures : un Crédit d'impôt pour la solidarité sociale qui compensera tout juste les ménages à faible revenu pour les hausses de tarifs et de taxes qui leur tomberont sur la tête, ainsi que le financement de 3000 logements sociaux dans le cadre du programme AccèsLogis.

Dans un tel contexte, ne devrions-nous pas justement nous réjouir que le gouvernement continue à financer du logement social et qu'il semble vouloir le faire à la hauteur qu'il avait promise durant la dernière campagne électorale, soit 3000 unités par année ? Ce serait négliger que le soi-disant Plan de lutte contre la pauvreté n'a pas été annoncé pour un an, mais bien pour cinq ! En 2004, le premier Plan de lutte prévoyait plutôt la réalisation de 16 000 logements sociaux en cinq ans. Toute une différence.

Nous avons besoin de logements sociaux. Allons le dire chez Jean Charest !

Transport organisé à partir de différentes villes et différents quartiers de Montréal. Inscrivez-vous auprès du comité logement le plus près de chez-vous

Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)



Sherbrooke le 8 avril: manifestation contre le budget pendant que le premier ministre Jean Charest en faisait l’éloge
à la chambre de commerce de Sherbrooke à l'hôtel Delta. L'action était  organisée par la Coalition opposée à la tarification
et la privatisation des services publics et des représentants de regroupements étudiants.


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Le mouvement syndical doit combattre
les politiques antisociales de Charest

C'est par un appel au réveil et à la mobilisation du mouvement syndical que le directeur québécois du syndicat des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA) a ouvert aujourd'hui à Saguenay les assises du Conseil québécois de son syndicat.

M. Fortin, qui est aussi vice-président de la FTQ, déplore en effet l'apathie générale du mouvement syndical face aux budgets antisociaux des gouvernements Harper et Charest. Dans un discours intitulé : « 50 ans de révolution tranquille ! Sommes-nous trop tranquilles ? », le dirigeant syndical s'en est pris particulièrement au gouvernement québécois qui « sabre notre patrimoine ».

« Le lendemain du budget Bachand, plus de 12 000 personnes provenant des groupes communautaires sont descendues dans les rues de Montréal. Où étaient les syndicats », s'est-il demandé.

« Le gouvernement Charest a décidé de passer à l'histoire en volant les pauvres pour en donner davantage aux plus riches de notre société ... Le budget aurait dû puiser dans les poches des bien nantis et non de la classe moyenne et des plus démunis. »

Rappelant que « 3,2 % de la population gagne plus de 100 000 $ annuellement » et que certains qui ont « des revenus de plusieurs millions » ne paient aucun impôt, il réclame une hausse de l'impôt sur le revenu. « Ne serait-il pas normal que les plus nantis paient davantage que ceux qui le sont moins ? Puisque le déficit du Québec est dû à une crise financière, créée par les banques et les institutions financières, n'aurait-il pas été approprié de mettre ces dernières à contribution par le biais d'une taxe sur les transactions financières ? »

« La plus scandaleuse des mesures est l'impôt santé. Ainsi, en 2010, chaque citoyen adulte ayant un revenu annuel supérieur à 15,000 $ se verra imposer d'une somme de 25 $, 100 $ en 2011 et 200 $ en 2012. »

« Cet impôt santé vient créer une brèche majeure dans notre système de santé gratuit et universel. Elle s'attaque de plein fouet au principe de gratuité et instaure un système d'iniquité sans précédent. Un simple citoyen gagnant à peine 15 000 $ par année ou un Pierre Karl Péladeau gagnant plusieurs millions, toute personne adulte paiera la même somme. »

« Les virages vers les valeurs de droite par le gouvernement conservateur à Ottawa et le gouvernement libéral à Québec sont sans précédent. Ces deux gouvernements nous imposent des reculs majeurs. Dans un contexte de mondialisation, nos sociétés québécoise et canadienne s'américanisent. »

M. Fortin croit que l'apathie actuelle du mouvement syndical face aux politiques conservatrices est dommageable tant pour la démocratie que pour la préservation des acquis sociaux. « Tout au long de l'histoire, le mouvement syndical a joué un rôle primordial dans l'instauration de la justice sociale, de conclure M. Fortin. S'il s'endort, c'est la société entière qui en souffrira. »

(Syndicat national de l'automobile, de l'aérospatiale et des autres travailleurs et travailleuses du Canada-Québec)

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Les médecins contestent le ticket

Le budget Bachand 2010 propose l'instauration d'une franchise santé calculée en fonction du nombre de visites médicales effectuées durant l'année, ce qui équivaut à un ticket modérateur. La mise en place d'une telle mesure obligerait les malades à verser des sommes d'argent supplémentaires à l'État pour rencontrer leur médecin ou recevoir des soins.

Cette proposition est inacceptable : non seulement ne doit-on pas taxer la maladie, mais le concept même d'utilisateur-payeur ne peut s'appliquer à la santé.

Reconnaissant la nécessité de financer adéquatement le système de soins, nous rejetons toutefois que ce financement prenne la forme d'un ticket modérateur (ou orienteur) pouvant avoir des conséquences néfastes sur la santé de nos patients, porter atteinte au lien de confiance médecin-patient et rendre encore plus complexe la gestion du réseau de la santé. De plus, aucune diminution des coûts n'est garantie avec une telle initiative, bien au contraire.

Rien ne justifie donc une telle remise en cause des principes de l'assurance maladie, où les soins médicalement requis sont couverts par un régime public financé collectivement.

Des impacts négatifs sur la santé des Québécois

Lorsque nos patients consultent, ce n'est certainement pas pour le plaisir, mais bien pour prendre soin d'eux-mêmes ou pour effectuer les suivis demandés et les examens requis. Notre désaccord est d'abord éthique : un ticket modérateur (ou « franchise santé ») risque de compromettre l'accès aux soins, notamment pour les personnes les plus vulnérables. Nous refusons l'idée que dorénavant nos patients puissent choisir de consulter ou non en fonction de leurs moyens plutôt que de leurs besoins.

C'est pourtant ce qui arrivera si un ticket modérateur est instauré : comme dans d'autres pays, certains patients retarderont ou annuleront des consultations, ce qui fragilisera la continuité des soins et conduira à une augmentation des hospitalisations et conséquemment des coûts. Parallèlement, la promotion de la santé et la prévention, éléments fondamentaux d'un bon système de santé, seront laissées pour contre.

Un ticket modérateur, qu'il soit modulé ou non, est donc une option éthiquement douteuse, médicalement indéfendable et d'autant plus injustifiée que les jeunes familles, les personnes âgées, les malades chroniques et les patients les plus pauvres en seront les premières victimes. Dans la perspective du vieillissement de la population et de la pandémie de maladies chroniques qui l'accompagne, cette mesure va à l'encontre de l'adaptation essentielle du système de santé à ces nouveaux défis.

Une proposition ingérable et coûteuse

Faut-il souligner la difficulté pratique de mettre en place une telle mesure ? On souhaite « modérer » ou « orienter » nos patients, mais comment évaluer si leurs « choix » seront ou non « adéquats » ? Selon quels critères nébuleux ? Bien répondre demandera une connaissance précise des conditions médicales et des trajectoires de soins. Alors, qui en jugera ? Un médecin, peut-être même le médecin traitant ? De notre côté, nous n'avons pas l'intention de nous prêter à ce jeu.

D'un strict point de vue comptable, les coûts d'administration d'un tel programme risquent par ailleurs de dépasser largement les « gains » théoriques, sans compter que l'aggravation prévisible de l'état de santé et la hausse conséquente des hospitalisations entraineront de nouvelles dépenses. De plus, en contradiction directe avec les principes de la loi canadienne sur la santé, le ticket modérateur fera l'objet de batailles juridiques aussi coûteuses qu'inutiles.

Rappelons qu'à l'inverse de certaines idées reçues, l'utilisation du système de santé suppose déjà certains déboursés directs de la part des patients, qui payent de leur poche une part significative des soins, notamment ce qui n'est pas entièrement couvert par l'assurance-maladie : médicaments, dentisterie, physiothérapie, etc. Or, d'après l'OCDE, les montants en jeu sont déjà plus élevés au Canada que dans la plupart des pays comparables. Comment dès lors justifier une hausse supplémentaire sous forme de ticket modérateur ?

Rejeter le ticket modérateur

Nos patients n'ont pas à subir les effets pernicieux d'un ticket modérateur. L'implantation de cette mesure aussi injuste qu'inefficace se ferait à leur détriment. Et ils risquent malheureusement d'en payer le prix... de leur santé. Il faut favoriser plutôt que nuire à l'accès à un médecin, alors que plus de 25 % des Québécois n'ont pas de médecin de famille, de loin le pire résultat au Canada.

Nous rejetons donc fermement une proposition qui ferait en sorte que les Québécois aient à défrayer des coûts pour chaque consultation médicale.

Nous sommes d'avis qu'il faut plutôt redoubler d'ardeur pour implanter les solutions connues, démontrées efficaces et qui amélioreront vraiment notre système de soins : une meilleure organisation de la première ligne et une bonification des ressources qui lui sont allouées, le suivi intégré des malades chroniques (ce qui prévient les consultations à l'urgence et les longues hospitalisations), l'informatisation du dossier-patient et la gestion centralisée des listes d'attente doivent donc compter parmi les priorités gouvernementales.

Le gouvernement doit orienter son action vers ces chantiers plutôt que d'instaurer un ticket modérateur.

Signent cette déclaration :

Alain Vadeboncoeur, vice-président et Marie-Claude Goulet, présidente, Médecins québécois pour le régime public ; Louis Godin, président, Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, Guillaume Charbonneau, président, Collège québécois des médecins de famille, Yann Dazé, président, Fédération des médecins résidents du Québec, Jean-François Lajoie, président, Association médicale du Québec, Myriam Auclair, présidente, Fédération médicale étudiante du Québec, Sylvain Dion, président, Association des médecins de CLSC du Québec, Réjean Hébert et Pierre J. Durand, doyens des facultés de médecine des universités de Sherbrooke et Laval

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Revenu des aînés

Supplément de revenu garanti:
Les aînés dénoncent la paperasserie

Environ 250 aînés membres de la Fédération de l'âge d'or du Québec (FADOQ) sont allés manifester devant les bureaux de Québec de la ministre fédérale des Affaires intergouvernementales Josée Verner, le 20 avril. Ils réclament deux choses d'Ottawa : qu'on augmente les prestation du supplément de revenu garanti (SRG) et que les personnes qui y ont droit y aient accès automatiquement.

Présentement, au Québec, on estime que 40 000 personnes âgées ne reçoivent pas de prestations du SRG, soit parce qu'elles ne savent pas qu'elles y ont droit, soit parce qu'elles se sont découragées devant l'ampleur de la paperasserie administrative qu'elles avaient à remplir. D'ailleurs, la FADOC a symboliquement lancé un avis de recherche dans le but, justement, de trouver des personnes qui auraient droit au supplément de revenu mais qui ne le reçoivent pas.

La FADOQ fait présentement circuler une pétition à l'appui de ses revendications, qui a déjà été signée par 15 000 personnes. Ses dirigeants vont la faire parvenir au gouvernement Harper vers la fin de l'année.

Le réseau FADOQ passe à l'action pour un SRG bonifié et simplifié !
- Communiqué, le 20 avril 2010 -

Aujourd'hui, le réseau FADOQ sonne l'alarme et se mobilise à travers tout le Québec pour faire pression auprès du gouvernement Harper concernant la situation inacceptable vécue par des milliers d'aînés démunis. En effet, le programme de la sécurité du revenu, qui comprend les prestations de Supplément de revenu garanti (SRG), de l'Allocation au conjoint (ALC) et de l'Allocation au conjoint survivant (ALCS), ne permet pas de subvenir aux besoins des personnes âgées à faible revenu. Comme la ministre responsable de la question, Mme Diane Finley, n'a pas donné suite à la demande de rencontre du réseau FADOQ, ce dernier passe à l'action ! Des manifestations et des rassemblements se tiendront à la grandeur de la province.

Avis de recherche

Le réseau FADOQ met en place la ligne FADOQ Info-SRG, au 1 866 668-0519, afin de palier les lacunes du système du gouvernement en place et de répondre adéquatement à la clientèle visée par le SRG. Il répondra aux questions de la population dès demain. Ce service a pour but d'aider les gens à s'orienter dans leurs démarches et de faciliter l'identification des citoyens potentiellement admissibles à ce programme, afin de les référer vers les bonnes ressources.

Une pétition à signer

Pour démontrer l'urgence d'agir, le réseau FADOQ lance officiellement, à travers le Québec, une pétition pour un SRG bonifié et simplifié. Il invite la population à la signer soit par le biais de son site Internet, au www.fadoq.ca ou en version papier, dans les bureaux régionaux du réseau FADOQ (1 800 828-3344).

Des revendications légitimes

L'inscription automatique au SRG. Au Québec, plus de 40 000 aînés ne reçoivent pas l'une ou l'autre des prestations, car l'inscription à celles-ci n'est pas encore automatique ! Cela peut représenter jusqu'à 600 $ pas mois. Pourtant, le gouvernement a tous les renseignements nécessaires pour évaluer l'admissibilité d'une personne de 60 ou de 65 ans à ce programme. Qu'attend-t-il pour donner aux aînés ce à quoi ils ont droit selon la loi ?

Une augmentation de 110 $ de la SRG pour les personnes seules et de 199 $ par mois de l'ALCS. Des milliers d'aînés, au Québec, en 2010, vivent sous le seuil de faible revenu, car le montant du SRG pour personnes seules et de l'ALCS sont tout simplement insuffisants. Il est inacceptable que ces aînés, qui ont contribué toute leur vie à la société, soient aujourd'hui abandonnés à leur indigence. L'augmentation demandée par le réseau FADOQ ne servira pas à du luxe ou à des gâteries, mais permettra aux aînés démunis de joindre les deux bouts.

Une rétroactivité pleine et sans condition pour les personnes qui auraient fait une erreur dans leur formulaire de demande de prestation ou qui auraient déposé celui-ci en retard. Lorsqu'il était dans l'opposition, le Parti conservateur s'était dit en faveur d'un remboursement complet de ces prestations perdues. Or, une fois au pouvoir, le gouvernement Harper a argué qu'un tel processus serait « trop compliqué » ! Ce type de réponse démontre bien à quel point les personnes âgées sont le dernier des soucis de ce gouvernement. Cela prouve également que nos dirigeants ignorent la profonde détresse des aînés démunis et l'urgence d'agir.

Une prolongation de six mois de la prestation d'un bénéficiaire en couple au moment de son décès. En ce moment, lorsqu'un bénéficiaire en couple décède, sa prestation de SRG ou d'ALC cesse le mois même du décès, laissant dans l'insécurité et la précarité son conjoint ou sa conjointe. Cette demande a pour but de permettre à la personne veuve de régler les obligations financières, de payer les frais funéraires et de déménager, au besoin. Au Québec et au Canada, plus d'un million de personnes soutiennent les revendications du réseau FADOQ. Ce dernier est appuyé dans sa démarche par plusieurs organisations telles que la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), différentes Tables de concertation des aînés du Québec, la Fédération des associations de retraités du Québec (FARQ), la Fédération des aînés et aînées francophones du Canada (FAAFC), la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et le Chantier de l'économie sociale. Le réseau est également appuyé par différents partis politiques fédéraux et provinciaux dont le Bloc Québécois (BQ), le Nouveau Parti démocratique (NPD), le Parti libéral du Canada (PLC), le Parti Québécois (PQ) et Québec solidaire.

Le réseau FADOQ est composé d'organismes affiliés. Il a pour mission de regrouper les personnes de 50 ans et plus et de les représenter devant différentes instances en vue de la reconnaissance de leurs droits et de leurs besoins. Il a également comme mission d'organiser des activités et d'offrir des programmes ainsi que des services répondant à leurs besoins. Le réseau FADOQ compte à ce jour plus de 250 000 membres.

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Loi anti-immigrant en Arizona

Protestation du Mexique et de l'Amérique centrale contre la nouvelle loi


Phoenix, Arizona: militante opposition à la loi 1070 du Sénat de l'Arizona, y compris un
débrayage des étudiants du secondaire devant le Capito.
(Photos: standing-firm.com)

Les gouvernements et organisations populaires de l'Amérique centrale et du Mexique expriment leur opposition à la loi anti-immigrant adoptée par l'État de l'Arizona, la considérant comme xénophobe, injuste et contraire au respect des droits humains. La loi permet à des policiers d'arrêter et d'interroger quiconque ne présente pas sur le champ des pièces d'identité. Les immigrants doivent avoir leurs documents sur eux en tout temps. Il est facile à prévoir que cela va accroître le profilage racial dans l'activité policière, puisque la loi stipule que les policiers doivent exiger des pièces d'identité dès qu'il y a un « doute raisonnable ». Les individus dont les pièces d'identité ne sont pas à jour ou en bonne et due forme seront considérés comme étant entrés aux États-Unis illégalement. La loi resserre par ailleurs les restrictions sur l'embauche et le transport de personnes « sans papier ». Il sera dorénavant illégal d'embaucher des journaliers sur le trottoir.

Le ministre des Affaires étrangères du Salvador a averti que les immigrants ne doivent pas être traités comme des criminels tout juste parce qu'ils sont entrés dans un pays par des procédés non réguliers. Selon l'archevêque de San Salvador, José Luis Alas, la loi de l'Arizona « est très injuste parce qu'elle incrimine nos frères sans papiers et les fait passer pour des criminels ».

Le gouvernement du Guatemala a exprimé par voie de communiqué son inquiétude face à la nouvelle loi, qu'il décrit comme « une menace aux notions de justice fondamentale ». Marila Prinz, coordonnatrice du Bureau national de la Migration du Guatemala, a lancé l'appel à manifester contre cette loi « qui encourage la discrimination, la haine et la persécution ».

Au Costa Rica, le secrétaire général de l'Association nationale des employés de la fonction publique, Albino Vargas, a qualifié la loi de raciste et de criminelle. Il demande aux gouvernements de l'Amérique centrale, et en particulier celui du Mexique, de condamner cette loi.

Lundi le 26 avril, le président du Mexique, Felipe Calderon, qui prenait la parole à une assemblée d'organisations d'immigrants, a dit que la nouvelle loi risque de provoquer la haine et la discrimination. « C'est une loi qui ouvre la porte à une discrimination raciale inacceptable qu'on a instituée. » Il a ajouté : « Le gouvernement du Mexique usera de tous les moyens à sa disposition pour défendre les droits des Mexicains touchés par cette loi et nous n'épargnerons aucun effort pour défendre la dignité de nos compatriotes. » Il a également précisé qu'« on aurait peine à imaginer la croissance et la prospérité des États-Unis au XXe siècle sans l'aide et la contribution des travailleurs hispaniques et mexicains. On s'image mal également une reprise économique solide aux États-Unis si le travail des migrants est exclu de la sorte, parce c'est très lucratif. » Calderon a dit qu'il soulevera la question auprès du président Obama lors de leur rencontre le mois prochain à Washington.

Aux États-Unis, des activistes pour les droits civils, politiques et démocratiques contestent la validité de la loi qu'ils considèrent comme étant raciste et une atteinte aux droits civils. Des milliers de personnes ont manifesté contre cette loi dimanche dernier à Washington. Des manifestations sont prévues partout aux États-Unis en fin de semaine, notamment dans le cadre des activités du Premier Mai.

Selon les reportages, le président Obama aurait dit qu'il n'est pas d'accord avec cette loi et il a demandé au département de la Justice d'en examiner la constitutionnalité.

Des organisations qui oeuvrent auprès de travailleurs migrants se disent inquiètes de l'impact que cette loi pourrait avoir, notamment concernant le profilage racial des immigrants hispaniques. « Que pourra faire le père de famille dans 90 jours ? Il peut être arrêté et interrogé par un policier pendant que sa famille est à la maison et que les enfants sont à l'école », dit Elias Bermudez, fondateur du groupe Immigrants Without Borders à Phoenix, en Arizona. « Ça va être le chaos, alors beaucoup d'entre eux se disent : "Avant qu'on me ramasse, j'aime mieux quitter l'Arizona pour un autre État et pour revenir chez moi." »

L'Arizona et le Mexique partagent une longue frontière et la criminalisation des immigrants n'est pas nouvelle. Selon certains estimés, il y a présentement 11 millions d'immigrants illégaux aux États-Unis, dont 62 % proviennent du Mexique, puis du Salvador (530 000), du Guatemala (480 000) et du Honduras (320 000). On estime qu'ils sont 460 000 en Arizona.

(Prensa Latina, Al Jazeera)

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C'est le gouvernement fédéral qui en est l'inspiration

La loi 1070 adoptée le 19 avril par le Sénat de l'Arizona n'est pas une aberration, elle s'inscrit dans une tendance antidémocratique instituée par le gouvernement fédéral des États-Unis. Après son passage à la Chambre des représentants de cet État, le projet de loi a reçu la signature de la gouverneure Jan Brewer le 23 avril. Il réunit les versions antérieures adoptées par la Chambre et entre en vigueur 90 jours après la fin de la session législative actuelle, soit au début d'août.

L'Arizona s'inspire de programmes fédéraux comme le « Secure Communities » (sécurité des communautés), qui permet aux autorités policières de l'État de faire appliquer la loi fédérale sur l'immigration. L'agence de l'immigration et des douanes se voit attribuer la responsabilité de coordonner les descentes et les campagnes d'arrestations. En fait, des programmes fédéraux en place ont déjà institué les pratiques de châtiment collectif pour terroriser les communautés, pratiques qui sont en soi des activités criminelles. Ils ont mené au profilage racial généralisé par les gouvernements, à des arrestations et des fouilles sans cause probable et à des déportations massives. En fait, l'agence fédérale effectuait des raids massifs, avec la mobilisation de 800 agents qui ont terrorisé quatre communautés de l'Arizona, dont Phoenix et Tucson, pendant même que les représentants de cet État débattaient du projet de loi.

Les programmes du gouvernement fédéral institués pour criminaliser et déporter des immigrants ont été l'inspiration pour la nouvelle loi de l'Arizona. Qui plus est, pour que cette loi fonctionne, il faut la coopération du gouvernement des États-Unis. Les policiers qui vont arrêter des individus vérifieront leur statut auprès des agences fédérales à l'aide de systèmes utilisant des banques de données fédérales. Ces banques de données sont notoirement bourrées d'erreurs : beaucoup de noms sont mal épelés et le statut d'« illégal » apparaît souvent à côté du nom de personnes qui sont citoyens ou qui ont des pièces d'identité en bonne et due forme. C'est le gouvernement fédéral qui se chargera de dire à la police de l'Arizona quels individus peuvent être considérés comme des criminels parce qu'ils seraient sans papier.

Les corps policiers de plusieurs villes refusent de coopérer avec les programmes fédéraux, parce qu'ils ne veulent pas cibler des travailleurs et des familles qui n'ont commis aucune infraction. La loi de l'Arizona est donc rédigée de manière à les obliger à le faire. Elle permet à tout résident de l'Arizona de poursuivre les corps policiers en justice, ou les propriétaires de logement et les représentants scolaires, pour les obliger à arrêter des gens contre qui un résident a un « doute raisonnable ». Elle interdit les villes sanctuaires. Elle cible par ailleurs les automobilistes et camionneurs venus de l'extérieur de l'État. À Phoenix, par exemple, les autorités ont annoncé qu'elles vont exiger des chauffeurs de l'extérieur qu'ils obtiennent un passeport ou un visa sous peine d'arrestation. Plusieurs groupes de camionneurs ont annoncé leur intention de boycotter l'Arizona.

Il est évident que cette loi, dans tous ses menus détails, incite au conflit au sein de la population. Elle crée des conflits entre les autorités policières municipales et les représentants de l'État qui s'y opposent, entre la police de l'État et la police locale et ainsi de suite. C'est le gouvernement fédéral qui a provoqué cette situation bourrée de dangers qui sème le conflit et l'anarchie en encourageant et en soutenant légalement des lois comme celle de l'Arizona. C'est lui qui a établi le modèle de la criminalisation des immigrants en bafouant les droits, ceux des immigrants, des travailleurs et de tous les citoyens et résidents.

Le président Barack Obama pourrait intervenir immédiatement pour mettre un terme aux descentes et aux programmes de criminalisation des immigrants, ce qui rendrait en pratique la nouvelle loi caduque. C'est d'ailleurs ce que réclament les résidents de l'Arizona.

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