Le Marxiste-Léniniste

Numéro 74 - 27 avril 2010

Premier Mai 2010

Tous aux rassemblements du Premier Mai
qui appuient l'édification nationale


Premier Mai 2010
L'appui grandit pour le rassemblement contre la destruction nationale à Hamilton
Convocation de tous les membres du STTP au rassemblement et à la marche du Premier Mai à Halifax - Jeff Callaghan, directeur de la région des Maritimes, STTP

Discussion sur le budget Charest
La «bonne» et la «mauvaise» dette selon le ministre des Finances - Pierre Soublière

Cuba
Les Cubains vont aux urnes pour défendre la Révolution contre les mensonges et le chantage

Bolivie: La Conférence mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de la Terre Mère
Déroulement réussi d'une conférence historique

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Premier Mai 2010

L'appui grandit pour le rassemblement
contre la destruction nationale à Hamilton

Nous reproduisons ci-dessous des extraits de lettres d'appui que la section locale 1005 du syndicat des Métallos unis (à US Steel, Hamilton) a reçues pour le rassemblement du 1er mai contre la destruction nationale. Les lettres démontrent la grande préoccupation qui existe face à la situation au pays et que la question de l'édification nationale est maintenant à l'ordre du jour au Canada.

* * *

Leo Gerard, président international du Syndicat des métallos : « Plusieurs d'entre nous avons remarqué que la base manufacturière de l'Ontario et de tout le Canada est en train d'être démantelée. C'est le résultat de la cupidité, de l'opportunisme, de l'indifférence et des politiques fiscales du gouvernement canadien. Le progrès réel vient de la fabrication de produits, pas de la manipulation de morceaux de papier par de soi-disant magiciens de la finance... L'expression ‘destruction nationale' s'applique tout à fait. Notre syndicat appuie les efforts de la section 1005 et d'autres pour unir le mouvement ouvrier et nos communautés dans la lutte pour défendre les familles ouvrières à l'échelle du Canada qui sont attaquées à chaque jour et ne reçoivent aucun appui des élus. Nous avons besoin d'un plan pour la base manufacturière pour l'Ontario et chaque province du Canada. »

Sid Ryan, président de la Fédération des travailleurs de l'Ontario : « La Fédération des travailleurs de l'Ontario appuie fermement la section 1005 du Syndicat des métallos dans sa lutte pour protéger les emplois manufacturiers et les pensions et pour stopper la destruction de l'édifice national... Notre pays a été gravement secoué par l'effondrement de sa base manufacturière et j'encourage tous nos membres et retraités à participer dans cette lutte... »

Wayne Fraser, directeur du district 6 du Syndicat des métallos : « La section locale 1005 a une riche et profonde histoire de lutte résolue pour la justice pour nos membres, nos retraités et nos communautés. Vous jouez un rôle dirigeant une fois de plus en prenant la rue et mobilisant les travailleurs contre les attaques ouvertes à notre de vie de la part de prédateurs internationaux comme US Steel, Vale et Gerdau... »

Lisa Hammond, présidente de la section de Hamilton-Wentworth des enseignants de l'élémentaire : « En cette journée de solidarité internationale entre les travailleurs, nous sommes côte à côte avec nos confrères et consoeurs de la section locale 1005 qui nous convient à protester contre la perte d'emplois manufacturiers et la destruction du pays. »

Elaine Young, présidente de la section locale 205 du SEFPO : « La section 205 du SEPFO appuie pleinement la section 1005 du Syndicat des métallos dans sa lutte pour protéger les emplois manufacturiers. Notre section locale et son exécutif encouragent tous nos membres et les autres syndicats de même que les politiciens à se joindre à cette lutte... »

Randy Smith, président de la section locale 504 des TCA : « La section locale 504 des TCA est fière de se joindre à la lutte contre les pertes continues d'emplois dans la ville de Hamilton et en Ontario. Le mouvement ouvrier doit montrer qu'il est uni et qu'il ne va pas regarder sans protester nos emplois se faire voler. Le 1er mai, j'appelle tous les employés syndiqués et non syndiqués à participer à la manifestation. »

John Fera, président de la section locale 6500 du Syndicat des métallos : « La section locale 6500 du Syndicat des métallos appuie pleinement la section 1005 dans sa lutte pour protéger les emplois manufacturiers et les pensions et pour stopper la destruction nationale. Nous encourageons tous nos membres, nos retraités, les autres syndicats et les politiciens à se joindre à cette lutte le 1er mai 2010 à Hamilton. »

Darren Green, président de la section locale 5328 du Syndicat des métallos : « Les communautés partout au Canada ont été frappées par des fermetures d'usines à répétition et par le vol des pensions. L'élimination d'emplois bien payés et leur remplacement par un programme d'assurance-emploi inadéquat et la hausse en flèche du nombre de gens sur l'aide sociale ont ruiné les gouvernements locaux. C'est vrai que c'est de la destruction nationale et nous de la section 5328 applaudissons les efforts de la section 1005 pour unir le mouvement ouvrier et nos communautés dans la lutte pour défendre les familles ouvrières qui sont attaquées à chaque jour et ne reçoivent aucun appui des élus... »

Derron Vernon, président de la section 5167 du SCFP : « La section locale 5167 du SCFP appuie pleinement la section locale 1005 dans sa lutte pour protéger les emplois manufacturiers et stopper la destruction nationale. Nous encourageons tous nos membres, nos retraités, les autres syndicats et les politiciens à se joindre à ce combat. »

Steve Weller, président de la section 7135 du Syndicat des métallos : « Venez protester avec nous le 1er mai contre les pertes d'emplois manufacturiers. Notre sécurité réside dans notre combat. Nos pensions et nos emplois sont en danger. »

Bill Ferguson, président de la section 8782 du Syndicat des métallos : « La section 8782 du Syndicat des métallos est fière d'être aux côtés de la section 1005 dans son combat pour protéger les travailleurs. Les pertes d'emplois manufacturiers, l'érosion des pensions et la destruction générale de la nation peuvent et doivent être stoppées. Nous avons hâte au rassemblement du 1er mai et à l'occasion qu'il nous donne d'amener notre message à la communauté et aux politiciens. Nous encourageons tous nos membres actifs et à la retraite de même que les gens de la communauté à y participer. »


Samedi, 1er mai 2010 à 13 h
Palais des congrès de Hamilton

Les portes ouvrent à midi

Rassemblement et manifestation dans le centre-ville
Conférence sur l'édification nationale le 2 mai
Base manufacturière, oui ! Destruction nationale, non !
C'est notre économie ! À nous de décider !

Pour plus d'information : (905) 547-1417
www.uswa1005.ca

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Convocation de tous les membres du STTP au rassemblement et à la marche du Premier Mai à Halifax

Alors que la lutte du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) pour développer et maintenir le système canadien de postes publiques est bien connue depuis 2007, cette lutte a pris encore plus d'importance. Sous la direction de Moya Green, tristement célèbre pour les ravages qu'elle a causés à Air Canada, au Canadien National, à Bombardier et à l'ancien Assurance-chômage du Canada, Postes Canada a annoncé son intention de couper plus de 27 000 emplois au cours des 10 prochaines années et de poursuivre sa réduction des services au public.

Le STTP croit fermement que les attaques contre les services publics doivent être contestées par le public ou encore moins tolérées par nos représentants élus. Les travailleurs des postes en Nouvelle-Écosse se joignent à l'appel de l'AFPC, du SCFP et d'autres syndicats du secteur public, partenaires de la coalition et dirigeants communautaires, à se réunir à l'occasion du Premier Mai pour dénoncer les attaques contre les travailleurs et pour célébrer les services publics et leur valeur aux yeux de nos collectivités.

Le rassemblement et la marche annuelle du Premier Mai à Halifax ont lieu samedi le 1er mai à 13h00 au parc Victoria (situé à Spring Garden Road et South Park Street). Un festival-forum avec des conférenciers, des clips, des créations orales, la musique et la nourriture suivra à 15 h, au Mi'kmaq Friendship Centre, 2158 Gottingen Street.

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Discussion sur le budget Charest

La «bonne» et la «mauvaise»
dette selon le ministre des Finances

Dans son discours du budget, le ministre Bachand affirme : « En 2006, notre gouvernement a mis sur pied le Fonds des générations pour assurer que nos enfants et nos petits-enfants n'assumeraient que leur juste part de la dette contractée par leurs parents et leurs grands-parents. [...] L'objectif du Fonds des générations était de réduire fortement le rapport de la dette au PIB en 2026. [...] La partie de la dette que nous devons rapidement réduire est celle qui représente les déficits cumulés, c'est-à-dire la "mauvaise dette". »

Prétendre que ce sont les citoyens qui sont responsables de la dette, ou que la dette a été accumulée pour que les gens puissent avoir des services de santé et d'éducation, etc., est faux aussi bien qu'insultant. D'abord, voici une autre question à laquelle nous devons nous adresser : comment s'est accumulée la dette au cours des années, d'autant plus que la Confédération canadienne naquit sur la base d'une dette déjà contractée et c'était en 1867 ! Aussi, toutes les grandes réalisations de la Révolution tranquille dont la « nationalisation » d'Hydro-Québec à l'époque se sont faites sur la base d'endettement. (Et comment Charest est-il en train de financer les nouveaux méga-projets d'Hydro ?)

Mais il y a pire. Dans son budget, Bachand déclare qu'« en matière de production comme en matière d'emploi, le Québec a mieux résisté que ses voisins au ralentissement économique. [...] La récession dont nous émergeons est moins longue et moins profonde que celles de 81-82 et 90-91, en grande partie en raison des gestes que nous avons posés. »

Un de ces gestes dont le budget se vante à maintes reprises est le Plan d'infrastructures, ainsi que les investissements énergétiques. Ces mesures auraient contribué à maintenir l'activité économique. À la page 8 du budget, Bachand parle de 42,6 milliards dont 28,5 milliards seraient allés vers l'entretien des infrastructures, tels le réseau routier, le maintien en bon état d'établissements de santé et la rénovation de centaines d'écoles. Il parle aussi de 14,1 milliards dans la construction de routes, dans l'ajout de lits dans les hôpitaux et de classes dans des écoles.

Or, à la page 36 de son budget, où il aborde justement la question de la dette selon la version 101 centrée sur le capital de BMO, Bachand explique que la dette – ce qu'il appelle la « bonne dette » – a beaucoup augmenté au cours des dernières années en raison précisément du Plan québécois des infrastructures, « un peu comme le propriétaire qui ajoute à son emprunt hypothécaire pour financer une importante rénovation de sa maison ».

Récapitulons : l'engloutissement de 40 milliards de notre argent dans la Caisse de dépôt et de placement ne semble pas faire partie des effets de la crise financière qui a secoué le système, sans parler du fait que « récession » ou pas, les systèmes de santé et d'éducation sont en profonde crise, le système de santé l'étant depuis presque sa conception, et que la base industrielle du Québec est en train d'être démantelée; l'homme qui a troqué ses vieux souliers contre des lunettes (roses financées par BMO) dit tout simplement que les mesures – dont la majorité consiste à avoir « assisté les entreprises à risques » – ont été prises en s'endettant encore davantage, lequel dilemme il prétend vouloir atténuer en imposant un nouveau tribut sur la société tout entière pour que les générations futures n'aient qu'à payer « leur juste part ». Bel avenir en perspective !

Vivement l'opposition ouvrière et populaire !

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Cuba

Les Cubains vont aux urnes pour défendre la Révolution contre les mensonges et le chantage


De gauche à droite: le président Raul Castro, le vice-président Esteban Lazo et le président du parlement cubain Ricardo Alarcon votent lors des élections municipales de Cuba le 25 avril 2010. (Photos: Cuba Debate)

Des élections municipales ont eu lieu le dimanche 25 avril à Cuba où plus de 8,4 millions d'électeurs ont élu les délégués aux 169 assemblées de gouvernement municipal connues sous le nom d'Assemblées municipales du pouvoir du peuple. Il s'agissait d'élire plus de quinze mille délégués. Ce fut la 14e élection depuis la création de l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire (Parlement) en 1976, l'organe politique suprême de l'État cubain, lorsque le système de vote actuel a également été créé en tant qu'expression de la démocratie socialiste.

Le Marxiste-Léniniste transmet ses salutations les plus chaleureuses au peuple cubain qui choisit et élit les meilleurs représentants de sa société et affirme le profond esprit démocratique qui fait partie intégrante de la Révolution cubaine.

Au total, 24 854 bureaux de scrutin ont ouvert à 7 h et fermé à 18 h pour le dépouillement des votes. Dans les districts où aucun des candidats n'obtient les 50 % des voix requises, un second tour de scrutin entre les deux candidats ayant obtenu le plus de votes aura lieu dimanche prochain, le 2 mai.

Les préparatifs qui ont précédé le jour du scrutin ont été décrits par les autorités cubaines comme un succès. Ils comportaient notamment un test du vote dynamique avec la mobilisation de toute l'infrastructure électorale et du personnel de soutien. Le vice-président de la Commission électorale nationale, Pirez Rubin, a salué l'engagement professionnel des autorités électorales et du personnel de soutien et a souligné que la plupart des réunions prévues dans les quartiers et des réunions des délégations ont eu lieu selon les règles et normes strictes prévues. Plus d'un demi-million de personnes ont travaillé à l'organisation et à la logistique des élections. Un éditorial de Radio Havana Cuba note que le militantisme et l'enthousiasme avec lesquels les préparatifs ont été effectués « expriment et défendent décidément nos principes socialistes et l'appui à la révolution socialiste ». Il poursuit :

« Selon notre mécanisme électoral, dans lequel les bureaux de scrutin sont gardés par des écoliers, les bulletins de vote sont dépouillés en présence de tous leurs électeurs, tandis que c'est le peuple et non pas un parti politique qui propose, nomme ou élit les candidats de manière directe et totalement secrète. »

Ricardo Alarcon, le président de l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire, affirme que l'élection est un véritable exemple de démocratie participative, car chaque citoyen a le droit de nommer et d'être nommé. Après avoir exercé son droit de vote dans sa circonscription, le président a déclaré que depuis le triomphe de la révolution en 1959, les Cubains ont été appelés à exprimer leur volonté politique plus souvent que les citoyens des pays d'Europe et des États-Unis. Il a souligné que, contrairement au système capitaliste, les candidats cubains ne s'engagent pas dans des campagnes de publicité et ils sont désignés sur la base de leurs mérites et de leurs capacités : « Il s'agit d'un processus électoral où la vérité est la règle. Il est très différent de ceux de nombreux pays, où la tromperie, l'achat de votes et la corruption sont toujours présents au moment des élections. »

Ce processus démontre hors de tout doute la politique d'ouverture du processus électoral cubain et raffermit la confiance du peuple dans son système politique, qui est maintenant la cible de la campagne impérialiste de mensonges et de chantage, a dit Ricardo Alarcon. Il a ajouté que les élections de dimanche réaffirmeront la volonté des Cubains de maintenir et d'améliorer leur système social.

(Radio Havana Cuba, Agence cubaine d'information, Granma international)

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Bolivie: la Conférence mondiale des peuples
sur le changement climatique et les droits de la Terre Mère

Déroulement réussi d'une conférence historique

La première Conférence mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de la Terre Mère à Cochabamba, en Bolivie, s'est terminée le 22 avril. Le Marxiste-Léniniste salue le succès de cet événement historique et le travail collectif des participants. Cette entreprise audacieuse répond aux besoins de l'humanité, en particulier à un moment où la domination impérialiste des instances internationales à des fins étroites nie les revendications des peuples du monde pour la justice par l'humanisation et l'harmonisation de l'environnement social et naturel.

Constitué sur la base d'une large participation des peuples du monde, la conférence a dépassé toutes les attentes. Le dernier jour, le ministre bolivien des Affaires étrangères, David Choquhuanca, a annoncé que 35 351 représentants de mouvements sociaux et indigènes de 142 pays avaient pris part à la conférence de trois jours. Il a transmis au monde entier les salutations des participants au sommet.


Le 22 avril 2010: les chefs d'État et autres dignitaires saluent les participants à la cérémonie de clôture
de la Conférence des peuples du monde sur le changement climatique et les droits de la Terre Mère.
 (Photos: Agencia Boliviana de Informacion)

Prenant aussi la parole le 22 avril, le président bolivien, Evo Morales, a qualifié la conférence du succès retentissant, notant le contraste frappant avec la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques tenue en décembre au Danemark, qui s'est terminée par un échec et la honte. « Chacun d'entre nous réunis ici représente ceux qui sont vraiment désireux de défendre la Terre Mère. Ils sont les porteurs des idées des peuples, ils sont la voix des peuples », a-t-il souligné. Il a rappelé que le but du forum était « l'espoir que le Sommet [des Nations unies] sur les changements climatiques qui se tiendra au Mexique en décembre ne soit pas en vain et que nos demandes soient entendues là-bas ».

Les participants à la Conférence ont félicité le président Morales pour créer un espace où peut se rassembler un large éventail de défenseurs de la justice climatique. « L'appel de Morales englobe ce que de nombreux mouvements sociaux en Amérique latine ont proposé de manière fragmentée », a déclaré aux journalistes le directeur de l'Observatoire en Amérique latine sur les conflits environnementaux, Lucio Cuenca de Tierramerica.

Nidia Fernandez, dans un article publié dans Granma International, écrit qu '« un combat a commencé et qui nous concerne tous et, même s'ils choisissent de ne pas y croire, ceux-là mêmes, les responsables qui nous ont entraînés jusqu'à ce point. Ce sont eux qui ont provoqué - avec leur système de déchets effrénés - le réchauffement de la planète, responsable des pires catastrophes naturelles de ces dernières décennies, et ce sont eux qui sont également responsables de la dette climatique asphyxiant le Sud, où le sous-développement, une situation rétrograde, la pauvreté et l'apathie extrême des gouvernements néolibéraux ont empêché l'édification d'une infrastructure qui, en cas de catastrophe naturelle, peut aider ceux qui en ont besoin et garantir la sécurité collective.

« Enrayer cette catastrophe à venir et commencer chez soi à respecter et prendre soin de la Terre Mère est le signal de détresse envoyé à la planète, à partir de Tiquipaya. Ce n'est pas par hasard que la Bolivie est la scène de cette bataille décisive pour la vie. Non plus est-ce un hasard que son président indigène, Evo Morales, en soit son principal porte-étendard. »

Au rassemblement de clôture, dans l'après-midi de jeudi, au stade Felix-Carriles, des dignitaires et chefs d'État se sont adressés aux participants. Esteben Lazi, vice-président du Conseil d'État cubain et chef de la délégation cubaine, a transmis les salutations des chefs de la Révolution cubaine, Fidel Castro et le président Raul Castro, Il a convié les délégués à ne pas permettre aux pays développés de tenir des négociations internationales sur le sujet sous la pression de leurs politiques du consumérisme. Il les a appelés à encourager un processus de participation citoyenne, de consultation de la société et de dialogue ouvert pour permettre des actions urgentes pour épargner à la Terre Mère de pires dommages. Il a qualifié l'initiative de l'hôte de la conférence, le président Morales, de convoquer cette conférence de contribution positive et décisive à la défense de la nature, qui ne peut être compromise.

Au sujet du sommet de l'ONU au Mexique en décembre, le représentant cubain a demandé qu'on analyse les vraies causes, pas seulement les conséquences, des impacts environnementaux négatifs du changement climatique. « Nous devons obtenir des engagements des gouvernements du monde pour que les négociations futures contribuent à nous faire avancer vers un véritable modèle économique durable », a-t-il dit. Il a également parlé de la nécessité d'exiger que les États-Unis, en tant que plus grand pollueur de la planète, ratifient le Protocole de Kyoto (qui établit des objectifs de réduction des gaz à effet de serre) et prennent des engagements plus ambitieux pour la deuxième phase.


Les représentants des mouvements des peuples autochtones participent à la cérémonie de clôture de la Conférence.
 (Photos: Agencia Boliviana de Informacion)

Le président du Venezuela, Hugo Chavez, a proposé de garantir la présence de représentants des peuples au Sommet de l'ONU à Cancun. Les pays participants pourraient contribuer à un effort matériel commun, a-t-il dit, pour assurer la présence de milliers de représentants des mouvements sociaux, des peuples autochtones et de différents groupes et formations soient présents à Cancun pour appuyer ce qui a été débattu à Cochabamba. Il a également proposé d'envoyer au sommet de l'ONU les propositions pour défendre la planète sorties de la conférence, notamment que les représentants des pays qui font partie de l'Alternative bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) rencontrent les personnes chargées de préparer les documents finaux et d'en rédiger un qui sera envoyé au sommet de Cancun. Il a dit que la rencontre qui s'est terminée jeudi « a été une occasion pour les peuples du monde d'exprimer leurs positions et leurs désirs en faveur de la planète sur laquelle nous vivons ».

Evo Morales a confirmé que l'ALBA apportera une proposition à Cancun en décembre « fondée sur les propositions issues des 17 groupes de travail de la conférence de Cochabamba ».

Déclaration finale

Le site Venezuelanalysis.com résume la déclaration finale de la rencontre comme suit :

« Les participants au sommet de Cochabamba ont appelé les pays les plus riches qui sont davantage responsables du changement climatique à réduire rapidement et de façon importante leur émissions, à verser des réparations pour dommages causés par le changement climatique et à aider les pays plus pauvres à effectuer une transition vers les énergies plus propres et renouvelables.

« "Les pays les plus riches ont une empreinte écologique qui est cinq fois plus grande que ce que la planète peut tolérer", lit-on dans la déclaration finale. Elle souligne que les émissions de dioxyde de carbone des États-Unis sont neuf fois plus grandes per capita que celles des pays du Sud planétaire et vingt fois plus grandes que celles de l'Afrique subsaharienne.

« En raison de cette disparité de responsabilité pour le changement climatique, les pays riches doivent réduire leurs émissions bien en-deçà des niveaux de 1990, avec comme objectif de maintenir les niveaux de dioxyde de carbone dans l'atmosphère à moins de 300 parties par million et les hausses de température planétaire à moins d'un degré, disent les signataires de la déclaration.

« Les pays riches doivent également créer un fonds, géré conjointement et avec la pleine participation des pays du Sud planétaire, pour aider les pays plus pauvres à se remettre des conséquences du changement climatique, à rétablir les forêts et les eaux polluées, à payer pour la relocalisation d'environ 50 millions de personnes forcées de migrer à cause des effets du changement climatique, et à opérer une transition vers un développement économique écologiquement durable, ce qui comprend le transfert de toute propriété intellectuelle des nouvelles technologies. Il est du devoir des pays développés de partager leur technologie avec les pays en voie de développement.

« En plus, les participants au sommet ont demandé la réalisation de la déclaration de l'ONU sur les droits des peuples autochtones (que les États-Unis et le Canada n'ont toujours pas signée) et la création d'un tribunal international pour juger et sanctionner les "crimes climatiques et environnementaux" commis par "des États, des entreprises et des personnes".

« Finalement, la déclaration demande l'abolition du mode de production capitaliste qui "recherche le profit sans limite, sépare l'humain de la nature et établit une logique de domination de la nature, transformant tout en marchandise".

« La déclaration finale préconise le remplacement de la grande agriculture mécanisée et intensive par un "modèle durable" qui "contribue à la résolution du problème du changement climatique et qui assure la souveraineté alimentaire, comprise comme étant le droit des peuples de contrôler leurs semences, leurs terres, leurs eaux et leur production alimentaire, garantissant par une production culturellement convenable en harmonie avec la Terre Mère l'accès des peuples à une alimentation suffisante". »

(Agence cubaine d'information, Granma international, venezuelanalysis.com)

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