- K.C. Adams -
Une alternative prosociale est possible.
Cela peut se
faire! Cela doit se faire!
Les propriétaires du capital des
États-Unis et du Canada utilisent leur pouvoir et leurs
privilèges de classe pour empêcher la classe
ouvrière de s'organiser comme une force sociale
indépendante en soi, par soi et pour soi. En détournant
les travailleurs de leur propre pensée, de leur propre
conception du monde et de leur propre organisation, les
propriétaires du capital perpétuent leur
propriété et leur contrôle de l'économie
socialisée qui ont fait leur temps et ils empêchent les
travailleurs de se rebeller contre leur exploitation et d'organiser la
lutte pour une alternative prosociale.
Une de leurs tactiques préférées
pour amener les travailleurs à abandonner leur propre
pensée et conception du monde est la propagation de
désinformation sur les causes de la crise économique en
général et sur les causes des problèmes de
secteurs spécifiques comme le secteur de l'acier. Les
propriétaires du capital essaient de détourner
l'attention des travailleurs des causes des problèmes qui
affectent les États-Unis, lesquels proviennent des
contradictions internes entre l'économie socialisée et sa
division désuète en composantes privées et
rivales, en poussant les travailleurs à blâmer quelque
ennemi étranger pour les problèmes. Ces dernières
années, c'est la Chine qui est devenue
la grande diversion ; elle est blâmée pour
l'augmentation en flèche du chômage aux États-Unis
et accusée de causer de grands dommages au secteur manufacturier
américain.
Les représentants politiques des
propriétaires américains du capital jouent un rôle
de premier plan dans la propagation de la désinformation au
sujet de la crise économique. Le sénateur de la
Pensylvanie, Arlen Specter, a depuis longtemps été l'un
de
ceux qui ont détourné l'attention des travailleurs des
contradictions économiques et de classe qui
sont à l'oeuvre aux États-Unis vers un ennemi
extérieur accusé de tous les maux.
Le sénateur Specter s'est récemment
adressé en ces termes à des métallos dans une
aciérie située près de Pittsburgh :
« Cela fait maintenant plusieurs années que les
travailleurs américains de l'acier doivent affronter la
concurrence dans un monde qui prêche le libre-échange mais
pratique souvent le commerce illégal. L'American
Association of Manufacturing, US Steel et le Syndicat des
métallos ont rapporté la semaine dernière que les
États-Unis ont perdu 2,4 millions d'emplois depuis 2001 à
cause des pratiques commerciales des Chinois. Près de 100 000 de
ces emplois étaient en Pensylvanie, qui se situe au
sixième rang des États ayant perdu le plus grand nombre
d'emplois.
« Le yuan est présentement
dévalué de 40 %, ce qui donne à la Chine un
avantage insurmontable dans les exportations. Si on ne permet pas au
yuan de se déprécier, le déficit commercial
américain et les pertes d'emplois vont continuer d'augmenter. Si
la Chine refuse de coopérer, le département d'État
devrait déclarer que la Chine
est un État qui manipule la devise, ce qui contribuerait
à monter l'opinion publique contre la Chine et paverait la voie
à l'imposition de barrières commerciales contre les
produits chinois en mesure de représailles. Dans le cas ou se
faire accuser de manipuler la devise ne ramènerait pas la Chine
à la raison, nous devrions envisager une surcharge sur
les importations jusqu'à ce que la Chine réévalue
le yuan. » (Source : SteelOrbis)
Selon Specter, les travailleurs doivent faire
fi de l'expérience directe qu'ils ont avec les
propriétaires du capital et se concentrer sur un ennemi
extérieur. Specter demande aux travailleurs de faire comme s'ils
ne savaient pas qui contrôle l'économie américaine,
laquelle bien sûr comprend ses relations commerciales avec
l'étranger. Ce
n'est pas la Chine qui contrôle l'économie
américaine et ce ne sont certainement pas les travailleurs
américains non plus. Les plaintes de Specter contre la Chine
n'indiquent pas la voie pour résoudre les problèmes.
Elles amèneront seulement encore plus de querelles au pays et
dans le monde entre les propriétaires du capital et elles seront
possiblement la cause d'une nouvelle grande guerre.
Les travailleurs veulent que le renouveau de
l'économie commence au pays tout comme la responsabilité
pour l'économie commence au pays. C'est trop facile de
blâmer les autres pour les problèmes qui résultent
des contradictions internes de l'économie. Pour résoudre
les problèmes au pays, il faut partir de la reconnaissance des
droits qu'ont
les travailleurs en tant que producteurs de tout le produit social et
dispensateurs des services. Pour véritablement renouveler
l'économie, il faut mettre le facteur humain/conscience sociale
au centre de l'économie socialisée ; il faut nier
les privilèges de classe et la concurrence désastreuse
que se font les propriétaires du capital qui mène
inévitablement aux crises économiques récurrentes,
détruit la richesse du pays et provoque la guerre à
l'étranger. Pour renouveler l'économie, il faut augmenter
les investissements dans les programmes sociaux et l'entreprise
publique et bâtir autour de cela une économie moderne
subvenant à ses besoins qui est à l'abri des crises
économiques
récurrentes et développe ses relations commerciales sur
la base de l'avantage réciproque et qui s'abstient de
blâmer les autres parce que, selon la conception des
travailleurs, la responsabilité commence chez soi. Une
économie prosociale arrêtera de payer les riches et rendra
illégal le financement de l'entreprise privée avec de
l'argent du trésor
public. Tout l'argent public consacré à la stimulation
économique doit aller à l'entreprise publique dans chaque
secteur et aux programmes sociaux en tant que noyau d'une
économie moderne subvenant à ses besoins et à
l'abri des crises économiques.
L'hégémonie du dollar américain
Cela fait 25 ans que les propriétaires
américains du capital sont à la tête de ceux qui
demandent un libre-échange mondial. Un aspect de cette
mondialisation capitaliste est l'hégémonie du dollar
américain qui comprend une politique de dollar fort et
l'utilisation du dollar comme devise de réserve
internationale et moyen d'échange. La plus grande partie du
commerce international se fait en dollars américains et les prix
des marchandises de base comme le pétrole sont établis en
dollars américains. Chose certaine, tout le commerce entre les
États-Unis et la Chine se fait en dollars américains.
Lorsque GM, Ford ou Bechtel achètent de l'acier à
la Chine, ils paient en dollars américains. Ils
n'achètent pas d'abord des renminbis chinois ( yuans ) pour
payer l'acier chinois en monnaie chinoise. Le monopole du dollar dans
les échanges permet aux propriétaires américains
du capital d'emprunter de l'argent aux États-Unis pour acheter
des marchandises à l'étranger. Ils peuvent même
acheter
des dollars américains aux Chinois afin d'acheter des produits
chinois. La chose la plus importante c'est que l'État
américain peut émettre de nouveaux dollars
américains à volonté et les mettre en circulation
au pays ou à l'étranger sans se préoccuper qu'il y
ait une quantité équivalente de production
matérielle correspondante qui soit créée pour
maintenir la valeur de la devise stable. Les propriétaires du
capital qui contrôlent l'État américain savent
très bien que ces dollars seront requis pour la conclusion
d'ententes internationales ou seront gardés en réserve
par la plupart des pays. L'État américain peut de cette
façon financer son complexe militaire et sa bureaucratie et
donner des
subsides aux monopoles par des manoeuvres pour payer les riches
simplement en ajoutant à la dette américaine puisque
cette dette est financée en imprimant de nouveaux dollars. Leur
statut d'unique superpuissance leur permet de faire cela.
Arlen Specter
n'est pas sans savoir que les États-Unis jouent le rôle
dominant dans les affaires économiques
internationales. Il connaît également très bien le
rôle que l'État américain a joué dans la
réorganisation de l'industrie de l'acier selon les
intérêts des propriétaires du capital monopoliste
et dans la rupture du contrat social entre les travailleurs et les
monopoles de l'acier. Il est depuis 1981 un sénateur influent de
l'État de l'acier de Pensylvanie au
Congrès américain et il a donc été au
centre des affaires politiques des propriétaires du capital
monopoliste et aux premières lignes des attaques contre les
moyens de subsistance et les réclamations des travailleurs de
l'acier américains. C'est donc à tout le moins hypocrite
de sa part de blâmer les Chinois pour la destruction de la base
manufacturière
des États-Unis. Lui et d'autres dirigeants
politiques et économiques de l'État capitaliste
monopoliste américain au poste de contrôle de ses
politiques nationales et internationales. S'ils avaient voulu
abandonner le libre-échange et la politique d'un dollar
américain fort, ils auraient pu le faire à n'importe quel
moment en tant que membres
dirigeants de la seule superpuissance. Ils auraient pu conclure des
ententes alternatives avec la Chine et d'autres de commerce
bilatéral et d'échanges de devises à des termes
acceptés par les deux parties, ou bien ils auraient pu utiliser
les Droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI comme forme de devise
internationale comme le suggérait la Chine ou
mieux encore discuter d'échanges qui n'impliquent pas de devises
comme l'échange direct de produit social. Les
propriétaires américains du capital monopoliste ont
grandement profité des arrangements qui ont suivi la Guerre
froide en matière de libre-échange, d'un dollar fort et
de flux sans restriction du capital.
Le commerce international et d'autres politiques
dictées par les propriétaires américains du
capital ont précipité la crise économique et les
travailleurs américains devraient avertir Specter qu'il se
trompe de cible en attaquant la Chine et que les travailleurs
américains, mexicains et canadiens sont en train de s'organiser
pour régler leurs comptes
avec leurs propres propriétaires du capital peu importe
où est leur base et de hisser la bannière de
l'alternative prosociale afin de renouveler leur économie.
Depuis la fin de la Guerre froide, l'obsession du
libre-échange et de la mondialisation du capital et des devises
a surtout hanté les États-Unis qui ont agi en collusion
active avec l'Union européenne et le Japon. Les pays en voie de
développement et même les pays développés
moins puissants savent que le libre-échange signifie la
domination
des faibles par les plus puissants d'une façon ou d'une autre.
C'est seulement depuis décembre 2001 que la Chine est membre de
l'Organisation mondiale du commerce. La Chine utilise l'échange
de devises avec un nombre croissant de pays, surtout en Asie, et l'un
de ses objectifs est d'aider les petits pays à éviter
d'avoir à garder des dollars
américains et de les utiliser pour leur commerce avec des pays
autres que les États-Unis et elle les aide aussi à
défendre leur propre devise contre les spéculateurs
internationaux qui se retrouvent surtout aux États-Unis et en
Europe.
Avant la crise économique actuelle, les
États-Unis étaient capables d'accroître leur dette
nationale sans se préoccuper d'avoir à rembourser
l'argent avec du produit social concret et sans se soucier que le
dollar américain puisse perdre de sa valeur par rapport à
d'autres devises. La crise économique est venue changer cette
situation et certaines
sections des propriétaires du capital aux États-Unis et
ailleurs demandent maintenant de nouveaux arrangements. Certains
demandent la fin de l'arrangement qui maintient le dollar fort afin de
provoquer l'inflation des prix aux États-Unis et
transférer ainsi les réclamations des travailleurs au
produit social vers les propriétaires du capital alors que
d'autres qui profitent du dollar fort résistent, notamment les
industries consommatrices d'acier, les gros importateurs
d'électronique, de produits de mercerie et d'autres marchandises
et les monopoles du transport.
Réorganisation de l'industrie de l'acier
Depuis les 20 dernières années et
même avant, les propriétaires du capital dans le secteur
de l'acier ont utilisé la menace virtuelle ou réelle de
l'acier étranger à bon marché comme un facteur
majeur pour justifier la réorganisation de l'industrie de
l'acier. Pour que cette réorganisation anti-
ouvrière puisse devenir réalité, les
propriétaires américains du capital avaient besoin du
libre-échange ; ils avaient besoin d'améliorer leur
commerce avec la Chine ; ils avaient besoin de
l'hégémonie du dollar américain et ils avaient
besoin d'une augmentation de la productivité de la production de
l'acier à l'échelle mondiale, ce qui
veut dire la production d'une même quantité d'acier avec
une technologie plus avancée et moins de travailleurs ;
chose très importante, ils devaient amener les travailleurs
à abandonner leur propre pensée et leur propre vision du
monde. Ils cherchaient par cette réorganisation à
attaquer les salaires, les avantages sociaux et les pensions des
travailleurs américains actifs et à la retraite et
à concentrer la propriété et le contrôle de
la production et de la distribution de l'acier dans un certain nombre
d'empires comme US Steel et ArcelorMittal. Il fallait pour cela rompre
unilatéralement le contrat social de l'après-guerre entre
les propriétaires du capital et les travailleurs qui leur
fournissait
un certain niveau de sécurité d'emploi, de salaires,
d'avantages sociaux et de pensions en échange de quoi ils
renonçaient à s'organiser sur la base de leurs propres
demandes politiques de façon indépendante des
propriétaires du capital.
Cette
réorganisation a été faite
via la législation sur les faillites commerciales et sur la
protection contre la faillite et la menace virtuelle et actuelle de
l'acier étranger à bon marché. De nombreuses
usines ont fermé, les travailleurs de l'acier ont perdu leurs
emplois par dizaines de milliers et leurs réclamations au
produit social ont été
drastiquement réduites. Maintenant que le contrat social est
entièrement en lambeaux, de nouveaux arrangements sont en train
d'être établis mais la classe ouvrière n'a pas son
mot à dire et n'a pas de contrôle sur eux parce qu'elle
n'est pas organisée en une opposition ouvrière effective
en soi, par soi et pour soi qui est indépendante de la
conception du monde et de l'influence des propriétaires du
capital et de leurs représentants.
La classe ouvrière n'a rien en commun avec Arlen
Specter
Selon Arlen Specter, ce représentant politique du
capital monopoliste américain, « Le yuan est
présentement dévalué de 40 %. Si on ne permet
pas au yuan de se déprécier, le déficit commercial
américain et les pertes d'emplois vont continuer
d'augmenter ».
Specter ne dit pas quelle est la base scientifique de
son appréciation des devises américaine et chinoise et
comment le problème est si intimement relié au
« déficit commercial américain et aux pertes
d'emplois ». Si Specter était sérieux et
intéressé à faire autre chose que de
répandre de la désinformation afin d'empêcher les
travailleurs de s'organiser en opposition effective qui lutte pour le
renouveau prosocial de l'économie, il déposerait un
projet de loi au Congrès demandant que toutes les marchandises
achetées à l'étranger soient payées dans la
devise du pays vendeur et non en dollars américains. Cela
affaiblirait immédiatement le dollar américain et
mettrait fin à
son hégémonie. Les importateurs américains comme
Ford, GM, Bechtel Corporation ( le plus gros monopole américain
de la construction), Best Buy, Apple Inc. et Wal-Mart seraient alors
obligés d'échanger des dollars américains pour des
renmibis chinois pour acheter de l'acier, de l'électronique, des
produits de mercerie et d'autres produits de la
Chine. Si cet échange se faisait sur les marchés
internationaux d'échange de devises, cela renforcerait tout de
suite le renmibi et affaiblirait le dollar américain à
cause du grand déséquilibre commercial qui existe entre
les deux pays et de la nécessité qui en
résulterait pour les États-Unis d'acheter
d'énormes quantités de renmibis et de vendre une
quantité correspondante de dollars américains, ce qui
réduirait la valeur relative du dollar. Specter pourrait aussi
recommander que les États-Unis procèdent à des
échanges bilatéraux de devises avec la Chine et d'autres
nations avec lesquelles ils font du commerce. Le taux d'échange
de ces transactions pourrait être établi selon le temps de
travail
impliqué dans la production des principaux produits
transigés et selon les prix de production. Si cette
opération avait pour but l'avantage mutuel et non l'exaction
d'un tribut, l'échange de devises prendrait
nécessairement en considération la différence
entre les taux d'exploitation des travailleurs américains et
chinois. Specter pourrait finalement
envisager une mesure encore plus progressiste comme un commerce
international basé sur l'échange de produit social dans
lequel la devise n'a même pas à intervenir.
De nouveaux arrangements bénéficieraient
à la classe ouvrière des États-Unis et de la
Chine. Des échanges de devises qui reflètent le temps de
travail et les taux d'exploitation empêcheraient les
propriétaires américains du capital d'utiliser les
marchandises étrangères à bon marché comme
moyen de générer de l'insécurité face aux
moyens de
subsistance aux États-Unis et comme moyen d'abaisser les
réclamations des travailleurs américains puisque les
différents taux d'exploitation seraient nivelés par le
biais de l'échange des devises. Cela empêcherait aussi les
importateurs américains d'acheter des produits chinois à
un prix bien inférieur au prix qu'il en coûte pour les
produire aux
États-Unis. Les propriétaires chinois du capital
recevraient des renmibis et non des dollars de leurs ventes à
l'étranger, ce qui les forcerait à en investir une partie
en Chine et permettrait aux travailleurs chinois d'augmenter leurs
réclamations au produit social qu'ils produisent. Dans la
situation actuelle, la Chine reçoit des dollars
américains pour ses
exportations et les redirige vers l'étranger ou les utilise pour
financer la dette américaine. Tout compte fait cependant, quels
que soient les nouveaux arrangements qui sont proposés, un grand
déséquilibre dans le commerce n'est dans
l'intérêt de personne surtout lorsque l'échange qui
implique les empires monopolistes est basé sur les
intérêts étroits
des propriétaires du capital et non des véritables
producteurs c'est-à-dire de la classe ouvrière.
Contrairement à ce que prétend Specter, la
Chine se porterait mieux si elle recevait du produit social des
États-Unis en échange de ses exportations plutôt
qu'un dollar affaibli ou une devise chinoise plus forte. Recevoir de la
monnaie de papier en échange de production matérielle qui
quitte le pays sous la forme d'exportations peut mener à
l'inflation chaotique des prix dans le pays exportateur ou à la
pression visant à exporter
« l'excédent » en devises à
l'étranger, ce qui renforce la tendance du pays à devenir
une puissance impérialiste et l'amène
inévitablement en concurrence directe et en conflit avec les
autres puissances impérialistes , lesquels vont jusqu'à
la guerre
pour des marchés, des sources de matières
premières , des zones d'investissements et des sphères
d'influence.
L'élimination de l'hégémonie du
dollar américain n'en constituerait pas moins un progrès
pour l'humanité. La Chine et d'autres pays n'auraient plus
à bâtir des réserves en dollars américains
ou à les utiliser pour acheter du pétrole et d'autres
produits de base. La question centrale ici c'est la
nécessité d'organiser les arrangements commerciaux
sur une base bilatérale d'avantage mutuel, sans rancoeur ni
menace et sans l'hégémonie institutionnalisée du
dollar américain qui est signe de vol organisé et un
diktat dans les relations internationales.
Specter n'implique pas les travailleurs de l'acier dans
une discussion sur les problèmes et les alternatives dont
certaines ont été suggérées par les
Chinois. Il se permet plutôt un langage non diplomatique de
bâtisseur d'empires, de quelqu'un qui présente une
exigence et pense que tout le monde va se mettre au garde à
vous. Ce n'est pas ainsi
qu'on doit développer les relations internationales. Un langage
comme celui-là ne peut mener qu'à de l'acrimonie et
à la guerre.
Specter demande aux travailleurs de l'acier d'oublier
les contradictions qu'ils ont avec les propriétaires
américains du capital du secteur de l'acier et de se rallier
à US Steel, aux autres monopoles et à leurs
représentants politiques dans une tirade contre la Chine et
d'autres pays alors que dans les faits le capital financier
américain a appuyé en
bloc la politique étrangère des États-Unis sauf
pour quelques désaccords mineurs correspondant à des
intérêts d'investissements spécifiques. Pour
l'essentiel, le capital financier américain a totalement
appuyé les relations internationales centrées sur la
mondialisation capitaliste, qui comprend notamment de grands
investissements directs en Chine, sur
l'hégémonie du dollar américain et sur
l'édification d'empire. La crise économique a cependant
causé de l'incertitude dans les affaires internationales des
États-Unis et des désaccords ouverts parmi les
propriétaires américains du capital et ceux d'autres pays
sur la nécessité d'arrangements différents.
Specter sait que les propriétaires chinois du
capital, surtout dans le secteur des exportations qui est très
intégré au capital financier international, ont leurs
intérêts propres et leur propre influence en Chine et
à l'étranger et négocier une entente avec eux pour
augmenter les prix des biens exportés demande diplomatie et
respect mutuel. Leur lancer
des insultes grossières, c'est se donner une posture afin
d'exciter les sentiments chauvins les plus rétrogrades aux
États-Unis. Des gens comme Specter et d'autres
représentants et propriétaires du capital financier
américain sont d'ailleurs eux-mêmes intégrés
au secteur d'exportation chinois en tant que propriétaires
d'usines, de transporteurs maritimes
et ferroviaires, d'importateurs de biens vendus aux États-Unis
et en tant que financiers. Les travailleurs doivent rejeter avec
mépris ce comportement de voyou de Specter et d'autres de son
genre et déclarer que ces activités n'ont pas leur place
dans les affaires internationales. Ces activités font partie de
l'édification d'empire et de la guerre et les
travailleurs de tous les pays doivent les dénoncer comme
étant tout à fait inacceptables dans le monde
d'aujourd'hui où les travailleurs du monde entier ont en commun
l'intérêt de mettre fin à leur exploitation aux
mains des propriétaires du capital qui entre autres choses
menacent les peuples aujourd'hui avec leurs armes modernes d'une
puissance
de destruction inouïe. La classe ouvrière doit dire
à Specter et aux autres représentants du capital
monopoliste qu'elle veut que les relations internationales soient
basées sur la coopération, l'avantage mutuel et la
solidarité sociale afin d'éliminer l'exploitation de
l'être humain par l'être humain et elle doit leur dire que
la classe ouvrière des États-
Unis, du Mexique et du Canada va d'abord régler ses comptes avec
les propriétaires du capital dans son pays en combattant pour
doter la classe ouvrière de son pouvoir de façon à
régler les problèmes d'une manière qui
bénéficie au peuple et restreint les propriétaires
du capital monopoliste.
La crise économique
En tant qu'
évaluation générale de
la crise économique, le blâme que Specter adresse aux
Chinois ne tient pas. Ses tirades semblent si infantiles face à
l'énormité de l'effondrement de l'économie
américaine depuis le début de 2008. Cette crise
générale et la crise spécifique du secteur de
l'acier ont été causées
par les contradictions fondamentales de l'économie
socialisée des États-Unis. La classe ouvrière et
ses alliés doivent considérer sérieusement les
causes de la crise et ne pas se laisser divertir par les propos
insensés des propriétaires du capital et de leurs
représentants. Depuis le début de cette crise
l'économie américaine a subi une perte nette de 8,2
millions d'emplois. Au moment le plus fort de la crise, 700 000
travailleurs perdaient leur emploi chaque mois. Le taux de
chômage officiel a grimpé à 10 %. D'un point
de vue général, sans discuter des différences de
classe et la nature de la richesse, on estime que les ménages
américains ont perdu près de 8 trillions $ de
richesse sur
les marchés boursiers en plus des 6 trillions $ qui ont
été perdus par la chute de la valeur de leur maison.
Cette destruction totale de 14 trillions $ des ménages
américains est égale à tout le PIB
américain en 2008. Une portion importante de la perte de
richesse sur les marchés boursiers est représentée
par les pertes dans les pensions et
les fonds mutuels qui sont en grande partie détenus par les
travailleurs et les couches intermédiaires aux États-Unis.
Le PIB américain a chuté dramatiquement
pendant la crise et tous les secteurs en ont été
affectés. Les propriétaires américains du capital
ont paniqué et tout fait pour sauver leur système qui a
fait son temps et leurs fortunes personnelles et ils ont utilisé
les institutions de l'État capitaliste monopoliste pour
transférer des fonds dans les coffres
des plus gros monopoles. Les stratagèmes les plus récents
utilisés pour payer les riches en réponse à la
crise économique ont été le fait du
président Bush d'abord, et le président Obama est
allé encore plus loin. L'État capitaliste
américain a transféré des montants renversants aux
monopoles qu'on estime à environ 60 % du PIB
américain
annuel. Les sauvetages effectués par le gouvernement
américain sous des formes diverses se sont chiffrés
à 9,7 trillions $, un montant qui ironiquement suffirait
à payer plus de 90 % des hypothèques
résidentielles qui se chiffrent à 10.5 trillions $
selon la Réserve fédérale. Le déboursement
de montants aussi énormes à des
monopoles spécifiques a créé une concurrence
intense pour les fonds de l'État et des désaccords
violents au sein de la classe capitaliste monopoliste dirigeante. Ces
désaccords portent notamment sur la politique que l'État
devrait adopter par rapport au maintien d'un dollar fort et sur ses
relations avec la Chine, le Japon et l'Union
européenne ; la question est débattue à
savoir si les guerres actuelles en Irak et en Afghanistan pour des
marchés, des sources de matières premières , des
sphères d'influence et pour le renforcement de
l'hégémonie américaine devraient être
étendues à l'Iran et ailleurs ou si la politique de
guerre actuelle n'est pas plutôt téméraire et
susceptible
d'éventuellement affaiblir l'Empire américain. La classe
ouvrière des États-Unis ne joue aucun rôle dans la
décision de la direction de l'économie ou dans les
politiques en général parce qu'elle n'est pas
organisée comme une force sociale en soi, par soi et pour soi.
La crise économique et la reprise
La destruction de la richesse est une méthode
spontanée du système capitaliste au moyen de laquelle il
s'attaque à ses contradictions internes et connaît une
reprise temporaire. Cette destruction de richesse pourrait mener
à de nouveaux arrangements qui résolvent les
problèmes mais cela n'est pas
ce qui se produit, principalement pour trois raisons :
1) La classe ouvrière ne s'est pas
préparée et n'a pas préparé les autres
conditions subjectives pour diriger la construction d'une alternative
prosociale sous forme de nouveaux arrangements sur la base d'un fort
mouvement de masse pour garantir les droits de tous et restreindre le
droit de monopole ;
2) L'intervention de l'État capitaliste
monopoliste pour secourir les propriétaires du capital par
divers stratagèmes pour payer les riches empêche le
renouvellement de l'économie en concentrant la richesse dans les
mains des riches et de leurs monopoles et en renforçant les
privilèges et le pouvoir de classe d'agir contre le peuple en
toute
impunité ;
3) La réduction forcée des
réclamations de la classe ouvrière et des couches
intermédiaires au produit social, la destruction de la richesse
détenue par les travailleurs et les couches
intermédiaires et le refus des propriétaires du capital
d'accroître les investissements dans les programmes sociaux
privent
l'économie de sa capacité de mettre les biens
et services en circulation.
La classe ouvrière doit se mettre en action pour
défendre ses droits spécifiques et les droits de tous en
commençant par rejeter la pensée et la conception du
monde des propriétaires du capital et de leurs
représentants comme Arlen Specter. Une opposition
ouvrière doit préparer les conditions pour renouveler
l'économie, donner le pouvoir à la
classe ouvrière et bâtir un État à son image
afin de résoudre les problèmes posés par
l'histoire en faveur du peuple et ouvrir la voie au progrès de
la société vers son prochain stade historique de
développement.
Le président Obama a salué les actions
prises par l'État capitaliste monopoliste pour rejeter le
fardeau de la crise sur les épaules de la classe ouvrière
et détruire la richesse. En agissant ainsi, l'État
capitaliste monopoliste a sauvé temporairement les
propriétaires les plus puissants du capital. Obama a dit
récemment lors d'un discours prononcé
dans l'ancien État esclavagiste de Caroline du Nord :
« Les données plus encourageantes sur l'emploi ( en
mars) nous montrent que le programme de stimulation économique
que le gouvernement a adopté il y a un an a renversé la
tendance à la perte de 700 000 emplois par mois qui se
manifestait à ce moment-là ». Obama a fait
cette affirmation dans une usine qu'il avait choisie pour l'occasion
dans la ville de Charlotte en Caroline du Nord qui construit des
membranes pour des batteries en lithium, ce qui est
considéré comme une technologie
« verte ». L'État capitaliste monopoliste
américain a donné à cette compagnie une subvention
de 50 millions $,
qui faisait partie du programme de stimulation de 787 milliards $
de 2009, pour développer l'usine de Charlotte et en ouvrir une
autre ailleurs dans le même État. C'était une
façon pour Obama d'admettre l'importance cruciale de
l'État pour secourir, à tout le moins dans le court
terme, le système capitaliste monopoliste aux prises avec ses
contradictions internes. Les travailleurs doivent mettre de l'avant
leur propre perspective qui leur dit qu'en sauvant les monopoles de la
ruine en payant les riches et en blâmant les autres pour la
faillite interne du système capitaliste, l'État ne fait
que perpétuer la souffrance et l'exploitation de la classe
ouvrière des États-Unis et des autres pays qui
sont captifs du système impérialiste mondial
d'États.
Il est grand temps que la
classe ouvrière des
États-Unis, du Mexique et du Canada adopte sa propre perspective
de la réalité politique, économique et sociale de
chaque pays. Il faut rejeter la conception du monde et l'influence des
propriétaires du capital et de leurs représentants et
bâtir l'opposition ouvrière qui est l'oeuvre de la classe
ouvrière
en soi, par soi et pour soi. C'est seulement en rejetant le point de
vue et l'influence omniprésente des propriétaires du
capital que les travailleurs peuvent défendre leurs droits et
préparer les conditions pour de nouveaux arrangements qui
bénéficient au peuple. La classe ouvrière et ses
alliés s'ouvrent les portes d'un avenir radieux en rejetant le
point
de vue et la conception du monde des propriétaires du capital.
En organisant la lutte pour édifier la nation de façon
à investir le peuple de son pouvoir souverain et prendre le
contrôle de la direction de l'économie, on peut
éliminer le doute et l'incertitude qui pèsent lourdement
sur le peuple. En s'organisant et en luttant pour une alternative
prosociale qui arrête de payer les riches, on rend possibles de
nouveaux arrangements. Organisons-nous et luttons tous pour un avenir
radieux pour les États-Unis, le Mexique et le Canada !
Une alternative prosociale est
possible ! Cela peut se faire !

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