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Les manifestations contre
le budget Charest se poursuivent
Le 22 avril, plus de 500 personnes ont manifesté
devant le Centre Mont-Royal à Montréal où le
premier ministre Jean Charest et son ministre des Finances Raymond
Bachand cherchaient réconfort parmi les représentants de
la minorité riche. Trois cents membres de la communauté
des affaires y étaient réunis dans le cadre du Focus
stratégique
Québec 2010, événement organisé par le
groupe SECOR et la Chambre de commerce du Montréal
métropolitain.
Prenant la parole devant les plus fervents supporters
de l'agenda antisocial de son gouvernement, le ministre des Finances a
admis très clairement que les mesures contenues dans son budget
sont dans l'intérêt de la minorité riche et il les
a appelés à la rescousse du gouvernement devant
l'opposition grandissante de la population.
Bachand leur a dit : « La solitude du politique est
assez vaste. [...] Avant qu'une décision soit prise, tout le
monde a une opinion. Après que la décision soit prise,
ceux qui sont contre s'expriment de façon très forte
[...] mais vous, vous ne parlez pas ! » Autrement dit,
ce sont vos intérêts que nous défendons, alors
aidez-nous!
Cet aveu contredit le repentir de Jean Charest
au
terme du Conseil général du Parti libéral du
Québec, à savoir qu'il avait entendu la population et
qu'il tiendrait
compte de ses préoccupations en introduisant un
élément de « progressivité »
dans sa future franchise santé.
« Jean
Charest
se trompe s'il pense que la
colère contre le budget Bachand va s'apaiser avec le temps. Il
n'a encore rien vu ! », a dit Marie-Ève
Rancourt,
une des porte-parole de la Coalition opposée à la
tarification et à la privatisation des services publics. Le
symbole choisi par la coalition, une main rouge faisant
« Halte » aux mesures annoncées dans le
budget, a été reproduit partout.
Les étudiants, travailleurs des secteurs public
et parapublic et représentants de divers groupes communautaires
rassemblés devant le centre portaient une immense
bannière qui disait: « C'est pas les tarifs qu'il
faut
hausser. C'est les PDG qu'il faut virer. »
Un autre porte-parole de la Coalition, François
Saillant, a ajouté que la Coalition s'opposera tout autant aux
compressions budgétaires qu'aux hausses de taxes et de
tarification dans la santé, l'éducation et
l'électricité résidentielle. « M.
Charest ne nous rassure absolument pas quand il affirme que c'est le
gouvernement qui va
faire 62 % des efforts pour arriver à l'équilibre
budgétaire d'ici 2013-2014. Ce n'est pas le gouvernement, mais
la population qui va souffrir des compressions budgétaires
brutales de près de 6 milliards $ qui vont s'abattre sur le
Québec et compromettre encore davantage la qualité des
services publics, ouvrir la porte plus grande à leur
privatisation et réduire la lutte contre la pauvreté
à une peau de chagrin. »
La Coalition affirme ne pas être dupe de la
stratégie du premier ministre Charest à propos de tenir
compte des préoccupations de la population en introduisant un
élément de « progressivité »
dans sa future franchise santé. Selon la Coalition, cette
modification est nettement insuffisante puisque c'est l'ensemble du
budget
qui est régressif et profondément injuste. Les hausses de
tarifs et de taxes, mais aussi les compressions budgétaires,
pèseront en effet beaucoup plus lourdement sur la classe moyenne
et les personnes en situation de pauvreté que sur les grandes
entreprises et les contribuables à revenu élevé.
La Coalition conteste fortement ce choix et oppose aux
compressions et aux tarifications toute une série de mesures
alternatives qui mettraient davantage à contribution les mieux
nantis, tout en sauvegardant les acquis sociaux.
Tout en invitant les manifestants à participer
à la manifestation du 1er mai, la Coalition a souligné
qu'elle continuera d'accueillir le premier ministre et le ministre des
Finances et qu'elle se prépare pour poursuivre la lutte à
l'automne.
À 15 h, une autre
manifestation
avait lieu à Montréal-Nord. Elle regroupait entre autres
les étudiants, enseignants et employés du cégep
Marie-Victorin, Halte-Femmes Montréal-Nord, Montréal-Nord
Republik et Mouvement fraternité multi-ethnique. Elle est partie
du cégep Marie-Victorin pour emprunter les rues de
Montréal-
Nord.
Comme le souligne le communiqué émis pour
l'occasion : « Montréal-Nord est un des
quartiers les plus défavorisés de la région, les
décisions prises dans le budget toucheront
particulièrement sa population.
« Nous sommes devant un budget
idéologique qui fera date dans notre histoire si nous ne nous y
opposons pas franchement. Voici l'aboutissement du programme
libéral dans sa forme la plus pure : un retour au
"Thatchérisme" des années '80 ! Avec ces mesures,
est-ce que les entreprises et les plus nantis de la
société vont payer leur juste part d'impôts ?
Rien n'est moins sûr », a mentionné
François Parent, président du syndicat des professeurs du
cégep Marie-Victorin.
« Nous n'arrêterons pas de
dénoncer cette situation tant que le gouvernement ne reculera
pas », a dit pour sa part Sébastien
Poisson-L'Espérance, coordonnateur général du
Syndicat étudiant du cégep Marie-Victorin.

Vale Inco
La grève entre dans son dixième mois
et les travailleurs restent fermes
Suite au rejet massif de sa
dernière offre par les travailleurs en grève de Sudbury
et de Port Colborne en mars dernier, Vale Inco a intensifié sa
guerre psychologique contre les travailleurs et la communauté
avec ses déclarations fracassantes comme quoi elle va engager
des briseurs de grève en grand nombre afin de repartir
« toute la
production ». Le porte-parole de la compagnie, Steve Ball, a
déclaré aux médias locaux que
« 'quelques centaines' de briseurs de grève
engagés par des sous-traitants devraient suffire à
rétablir le plein rendement des mines Creighton et Coleman d'ici
la fin-juin ».
C'est bien évident que quelques centaines de
briseurs de grève ne peuvent pas accomplir le travail de 3 200
mineurs, raffineurs et travailleurs de fonderie mais cela
révèle tout le mépris de Vale Inco et de sa
maison-mère pour les travailleurs en grève qui depuis dix
mois résistent aux demandes de concessions sur les fonds de
pension à
prestations déterminées et la prime du nickel. Les
travailleurs revendiquent également un protocole de retour au
travail acceptable qui ramène tous les grévistes à
l'ouvrage, y compris ceux que Vale Inco a congédiés
arbitrairement pendant la grève.
Vale Inco affirme depuis le début de la
grève que les opérations minières de Sudbury ne
sont pas viables à moins que les travailleurs ne fassent des
concessions mais le Syndicat des métallos a rendu publics lors
de la marche de solidarité le mois dernier les résultats
de sa recherche qui contredisent les affirmations de Vale Inco.
Le rapport du Syndicat des métallos,
intitulé « La conception non viable de Vale de ses
opérations minières canadiennes », mentionne
entre autres choses que « Vale en 2008 a tiré 166 000
onces "troy" de platine de Sudbury ». Le platine est un des
métaux précieux qu'on trouve dans le bassin de Sudbury en
plus de
l'or, de l'argent, du cuivre et du cobalt. En 2008, le platine se
vendait en moyenne à 1 557,07 $ l'once. « Ce
minerai à lui seul, mentionne le rapport, a valu près de
260 millions $ à Vale en un an ».
« Les revenus tirés du platine en 2008 étaient
suffisants pour payer tous les salaires des travailleurs de Vale
à Sudbury
pendant l'année. »

Ce chiffre à lui seul nous démontre la
justesse de la résistance des travailleurs de Vale Inco de
Sudbury et Port Colborne en Ontario et de Voisey's Bay au Labrador.
Vale Inco doit cesser immédiatement ses attaques contre les
grévistes, qui comprennent notamment l'embauche de briseurs de
grève, les poursuites légales, les congédiements
injustes et les difficultés financières qu'elle cause aux
travailleurs, à leur famille et leur communauté afin
de leur soutirer des concessions. Vale Inco doit retourner à la
table de négociation et signer une convention équitable.
Dès le début du ralentissement
économique et lorsque le prix du nickel a commencé
à baisser, Vale Inco a adopté la stratégie de la
« minimisation des coûts » comme
« outil préféré de création de
valeur » dans toutes ses opérations. C'est une
stratégie antiouvrière qui va à l'encontre des
intérêts de la société canadienne
et qui ne peut que prolonger les effets de la crise économique
pour les travailleurs et leurs communautés. Comme le mentionne
le rapport du Syndicat des métallos, les concessions qu'elle
demande sur la question des pensions et la prime sur le nickel n'auront
qu'un effet minime sur la performance de l'entreprise tandis que la
privation de revenus
pour les travailleurs va avoir un effet dévastateur sur la
communauté. Les concessions que Vale demande ne sont pas un
« avantage net » pour la société
canadienne comme elle est censée en avoir retiré de la
prise de contrôle d'Inco par Vale en 2006.
Appauvrir les travailleurs ne résoudra pas les
problèmes de Vale. À l'échelle mondiale, les
travailleurs de la maison-mère brésilienne Vale font une
réclamation qui ne représente que 5,6 % des 38,5
milliards $ qu'ils ont produit pour Vale en 2008. Réduire
ce 5,6 % encore plus ne va pas résoudre les
problèmes de Vale.
L'extraction minière et le raffinage sont
très intensifs en capital. Le phénomène de la
chute du taux de rendement sur le capital investi est bien connu. Mis
à part cela, Vale Inco a également payé 18,9
milliards $ pour prendre le contrôle d'Inco et créer
un monstre sous la forme du 1,5 milliard $ qui doit être
payé en intérêts par
année jusqu'à ce que la dette soit remboursée. Les
créanciers qui ont financé la prise de contrôle
demandent un montant qui est plus de cinq fois supérieur
à la réclamation à la valeur ajoutée que
les travailleurs essaient de protéger !
Une convention équitable pour les
travailleurs de Vale Inco immédiatement !
Appuyons les justes revendications des grévistes de Vale
Inco !
Vale Inco doit retourner à la table et signer une entente qui
est juste !

Rapport d'impact et de violations
des droits de Vale dans le monde

(Photos:
No
a
la
Mina)
Le 15 avril à Rio de Janeiro, au Brésil,
des représentants de syndicats, de pêcheurs, de
travailleurs agricoles et de communautés traditionnelles de
toutes les régions du monde où opère le monopole
minier brésilien Vale ont émis un document de 80 pages
sur les impacts et les infractions des opérations de Vale dans
le monde. Il énumère des
cas spécifiques et offre un aperçu d'ensemble de l'impact
des opérations de Vale, la deuxième plus grande
entreprise minière au monde.
La conférence réunissait 150
représentants du Pérou, du Chili, de l'Argentine, du
Canada, de l'Indonésie, de la Nouvelle-Calédonie, du
Mozambique et d'une dizaine d'États du Brésil ainsi que
des observateurs de France, des États-Unis et d'Allemagne. Tenue
le 15 avril, cette
première rencontre en son genre a permis de discuter de
stratégies communes pour résister aux
pratiques agressives de Vale, lit-on dans un communiqué du
syndicat des Métallos unis.
Le rapport sera
présenté au conseil d'administration de Vale et aux
Nations unies. Des copies seront également envoyées
à différents ministères du gouvernement
brésilien et à la Banque nationale du
développement économique et social.
Une semaine avant la rencontre, les représentants
de la conférence ont participé à des caravanes
allant de ville en ville et d'État en État dans le nord
et le sud-est du Brésil. Ils ont rencontré des syndicats
d'employés de Vale et des représentants des
communautés touchées par les opérations de Vale
pour se familiariser avec les enjeux de
base.
On lit dans le communiqué :
« Voulant croître rapidement, Vale est
devenu obsédé par le profit et veut imposer les
mêmes pratiques antiouvrières dans toutes ses
opérations. Le groupe "Those Affected by Vale" donne une voix
à différents secteurs de la société qui en
ont assez des violations des droits et des impacts sociaux et
environnementaux irréversibles de
Vale.
« Quelque 3 500 mineurs du nickel en
grève au Canada, employés par Vale, se joignent en
solidarité aux victimes de la pollution et de la contamination
de leur eau et mettent au point des stratégies communes pour
renforcer les campagnes locales et développer des mouvements
mondiaux pour forcer la compagnie à répondre de ses
violations au niveau international. »
« Nos membres et nos communautés
subissent les conséquences des agissements autocratiques de Vale
et nous sommes entièrement solidaires de ceux qui souffrent des
pratiques agressives de Vale », dit le président
international du syndicat des Métallos unis, Leo W. Gerard.

Acier
Le syndicat de US Steel à Lake Erie ratifie une
nouvelle convention collective
Environ 1 000 métallos de Lake Erie Works
à US Steel, membres de la section locale 8782 du Syndicat des
métallos, viennent de ratifier une nouvelle convention
collective après avoir été en lock-out pendant
huit mois. Avant que le lock-out ne soit décrété
contre tous les travailleurs, 800 travailleurs de Lake Erie avaient
été mis à pied quatre
mois plus tôt lorsque le monopole US Steel a arrêté
la production de l'acier. Le ministre fédéral de
l'Industrie poursuit US Steel en cour pour violation de l'entente qu'il
a signée avec Investissement Canada lorsqu'il s'est
emparé de Stelco en 2007.
Le Marxiste-Léniniste n'a que
mépris pour la destruction que US Steel cause au secteur de
l'acier au Canada et pour ses attaques scandaleuses contre les
métallos de Stelco depuis qu'il s'est emparé du dernier
producteur canadien intégré d'acier en 2007.
Le Marxiste-Léniniste dénonce la
destruction de l'industrie canadienne de l'acier par US Steel et ses
attaques contre les métallos de Stelco depuis qu'elle a acquis
l'aciérie intégrée en 2007. Nous saluons tous les
membres du Local 8782 et les félicitons pour leur
résolution dans cette lutte difficile.
Les monopoles jouissent d'impunité lorsqu'ils
s'attaquent aux travailleurs canadiens, à leur économie
socialisée et à la société et il faut que
la classe ouvrière toute entière et ses alliés
résolvent ce problème. Le droit de monopole et
l'impunité dont ils jouissent en violation du droit public et du
bien-être de l'environnement naturel et social sont
des problèmes auxquels la classe ouvrière dans son
ensemble doit s'attaquer avec le même courage et la même
détermination qu'ont démontrés les métallos
de Lake Erie Stelco.

La transférabilité et d'autres
questions relatives aux pensions
- Entrevue, Rolf Gerstenberger,
président de la section
1005 du Syndicat des métallos, US Steel -
LML : La question des
pensions préoccupe beaucoup la section locale 1005 du Syndicat
des métallos parce que vous avez le plus grand nombre de
travailleurs à la retraite (9000). Nous voulons discuter de la
pression qui est exercée en ce moment pour pousser les
travailleurs vers des fonds de pension à
contributions déterminées. Le président de la
section locale 8782 a dit au Simcoe Reformer que le fonds de
pension à contributions déterminées pour les
nouveaux embauchés à Lake Erie Works est « de
beaucoup supérieur » au fonds de pension à
prestations déterminées présentement en vigueur.
Le journal écrit
ceci : « Les travailleurs ont maintenant l'avantage de
la "transférabilité", selon Ferguson. Dans le nouveau
fonds de pension, les travailleurs peuvent transférer le plein
montant de leur investissement s'ils changent d'emploi, et c'est
quelque chose qui était impossible selon l'ancien plan, a dit
Ferguson. »
Bien qu'il soit possible que le Simcoe Reformer
cite M. Ferguson de travers, quelle est votre opinion à ce
sujet ?
Rolf Gerstenberger :
Affirmer que le nouveau plan est transférable ne veut absolument
rien dire. Un fonds de pension à contributions
déterminées est un fonds d'épargne. Un
travailleur avec un fonds à contributions
déterminées qui quitte Lake Erie Works se retrouve avec
un fonds qui est gelé au moment de son départ. US
Steel ne fera aucune contribution supplémentaire. Le travailleur
n'amène pas le fonds de pension avec lui ; celui-ci demeure
dans les mains de l'entreprise d'investissement qui a été
embauchée pour gérer les épargnes. Toute nouvelle
contribution sera faite par le travailleur et possiblement par le
nouvel employeur si une entente est conclue
avec lui en vertu de laquelle il commence à contribuer au fonds
d'épargne. On peut toujours dire que mieux vaut avoir un fonds
d'épargne que rien du tout, mais ce fonds n'est pas une pension
qui garantit au travailleur un montant déterminé
jusqu'à ce qu'il décède.
LML : Que penser de l'affirmation
qu'un fonds à contributions déterminées est
supérieur à un fonds à prestations
déterminées ?
RG : Nous ne sommes pas d'accord. Le fait
que le fonds actuel à prestations déterminées
à Lake Erie Works ne soit pas transférable ne veut pas
dire qu'un fonds à contributions déterminées est
supérieur. Quand les travailleurs quittent un emploi qui
comprend un fonds de pension à prestations
déterminées, ils ne perdent pas les
montants en pensions qu'ils ont accumulés. Ils vont percevoir
ces montants quand ils prennent leur retraite. Il y a deux raisons qui
expliquent qu'un fonds de pension à prestations
déterminées ne continue pas à croître avec
un nouvel emploi : premièrement, c'est seulement une
minorité d'emplois dans le secteur privé qui comprennent
un
fonds de pension à prestations déterminées et,
deuxièmement, la seule institution qui est assez vaste et forte
pour garantir la transférabilité des pensions à
prestations déterminées c'est le gouvernement.
LML : D'après ce qu'on peut
voir, un autre problème des fonds de pension à
contributions déterminées c'est le coût de la vie.
Lorsqu'un travailleur prend sa retraite et qu'il commence à
puiser dans le fonds d'épargne, le montant en principal dans le
fonds commence à baisser.
RG : Oui, bien sûr. Pour suivre
l'augmentation du coût de la vie, le travailleur doit puiser des
montants toujours plus élevés dans le fonds
d'épargne, ce qui réduit toujours plus le montant en
principal. Cela est comblé en partie par les rendements continus
sur le montant en principal qui demeure mais cette compensation
amenée par les rendements diminue à mesure que le montant
en principal diminue lui aussi. Toute poussée d'inflation, et ce
n'est pas chose rare au Canada, va gruger dans le fonds
d'épargne et même éventuellement l'épuiser
complètement plutôt que prévu. La meilleure
protection contre cela c'est un fonds de pension à prestations
déterminées
assorti d'une protection contre le coût de la vie.
LML : Qu'est-ce qui arrive dans le
cas des retraites anticipées ?
RG : Les fonds de pension à
contributions déterminées ne favorisent pas la retraite
anticipée parce que le montant en principal dans le fonds
d'épargne cesse de croître à la retraite et dans
les cas de retraite anticipée le travailleur puise dans les
épargnes pendant plus longtemps, ce qui accroît la
possibilité que le fonds d'épargne
s'épuise avant que le travailleur décède.
LML : Les médias et les
monopoles font tout pour convaincre les travailleurs qu'un fonds
d'épargne est une pension.
RG : Ça n'est pas le cas. Le
gouvernement a essayé de rendre attrayants les fonds
d'épargne pour la retraite et l'éducation en ne taxant
pas le montant qui est mis dans ce genre de fonds. Toute la propagande
et les mesures incitatives pour promouvoir les fonds d'épargne
visent à affaiblir la résistance des travailleurs aux
attaques contre leurs pensions à prestations
déterminées et pour empêcher les travailleurs et
leurs alliés de s'organiser politiquement pour gagner des
programmes sociaux comme des fonds de pension à prestations
déterminées pour tous et une éducation gratuite
pour tous les Canadiens de la garderie à l'université.
Je pense que les jeunes et les travailleurs plus
âgés doivent regarder cela de plus près. Les
travailleurs plus âgés se font dire de ne pas s'en faire
avec les plus jeunes parce qu'à chaque génération
ses problèmes. Les jeunes vivent dans le présent et n'ont
pas toujours à l'esprit ce qui leur arrivera, à eux et
à leur famille, dans vingt ou trente ans.
C'est pourquoi les syndicats doivent s'en mêler et
défendre les pensions des générations actuelles de
retraités et de pré-retraités mais aussi celles
des nouveaux. C'est d'autant plus nécessaire quand on sait
qu'aujourd'hui les gouvernements ont tendance à renier leurs
responsabilités sociales envers les membres de la
société. Nous luttons pour
défendre les pensions que nous avons et nous devons le faire,
non pas parce que nous sommes bornés ou capricieux, mais parce
que c'est ce qu'il faut faire. Si nous ne défendons pas les
intérêts des membres de la société, qui va
le faire ? Nous devons aussi exiger que les gouvernements
défendent ces intérêts. Dans le moment les
gouvernements trouvent des prétextes pour transférer les
revenus des travailleurs dans des fonds d'épargne pour
créer des réserves de capital pour les partis
intéressés à investir sur les marchés
boursiers. Ce n'est pas socialement responsable parce que tout le monde
sait qui finit par payer quand il y a des pertes à la bourse.
L'argument que ce qui
est bon pour les monopoles est bon pour le peuple est usé. Les
travailleurs peuvent dissiper ces illusions s'ils défendent ce
qui est juste, comme ils le font partout au pays, comme les
travailleurs de Vale Inco qui défendent courageusement leurs
droits dans leur dixième mois de grève.
LML : Alors la solution est de se
battre pour nos droits.
RG : Oui, c'est la solution. D'abord il faut
empêcher les monopoles et les gouvernements de faire ce qu'ils
font. Il faut leur bloquer la route. Mais en même temps le
mouvement ouvrier a beaucoup de travail à faire pour avoir un
gouvernement qui garantira les pensions. Le meilleur arrangement serait
un plan de pension à
prestations déterminées sous la responsabilité du
gouvernement, pour tous les Canadiens, avec un minimum garanti.
LML : Merci beaucoup.

Bolivie: Conférence mondiale des
peuples sur le
changement climatique et les droits de la Terre Mère
Le président Morales appelle à une
alternative au capitalisme pour assurer la survie de l'humanité
Le 20 avril, le président bolivien Evo Morales a
inauguré la première conférence des peuples du
monde sur les changements climatiques et les droits de la Terre
Mère à Cochabamba, en Bolivie. Quelque 20 000
représentants des cinq continents de la Terre étaient
présents au stade écologique Esteban Ramirez
à Tuquipaya où Morales a commencé par la lecture
d'une lettre adressée aux générations futures sur
les dangers auxquels la planète est confrontée.
Dans sa lettre, le président bolivien a
rappelé le sort des migrants climatiques, soit quelque 50
millions de personnes forcées de se déplacer en raison
des changements climatiques, un nombre qui pourrait s'élever
jusqu'à 200 millions en 2050. En ce qui concerne la
non-viabilité de la voie présente, la lettre indiquait
que les différentes catastrophes naturelles sont la
réponse de la Terre Mère à cette exploitation. En
peu de mots, il a appelé les peuples du monde à faire
face collectivement aux impérialistes, qui tirent profit de
bellicisme. Si le capitalisme n'est pas modifié ou
éliminé, les mesures adoptées pour défendre
la Terre
Mère seront précaires et temporaires, poursuit la lettre.

Le 20 avril 2010: le
président bolivien Evo Morales inaugure la Conférence des
peuples du monde sur les changements climatiques et les droits de la
Terre Mère lors d'une cérémonie en plein air avec
quelque 20 000 délégués.
Morales a suivi la lecture de la lettre par un discours
qui a commencé par le slogan « La planète ou
la mort, nous vaincrons ». L'harmonie avec la nature ne peut
exister lorsque 1 % de la population mondiale concentre entre ses
mains plus de 50 % des richesses du monde, a-t-il fait
remarquer.
Il a critiqué le 15e sommet de l'Organisation des
Nations unies à Copenhague, au Danemark, où la voix des
peuples et des organisations sociales a été
délibérément exclue. Il a mis le fardeau de la
preuve sur les changements que doivent entreprendre les pays
industrialisés, en disant qu'ils ont l'obligation de mettre
un terme au modèle capitaliste.
« Il est nécessaire que les pays
membres de l'ONU écoutent et respectent la volonté des
peuples du monde », dit-il. Il a parlé de la
nécessité de créer une nouvelle organisation pour
les peuples du monde en particulier à la défense de la
nature.
Dans son discours, Morales a souligné que le
système capitaliste favorise la croissance non durable et est
également responsable des assymétries et des
déséquilibres mondiaux.
« Pour le capitalisme, les humains ne sont
que des consommateurs et une force de travail. Les gens ne valent
autant que ce qu'ils possèdent et ne sont pas valorisés
pour ce qu'ils sont. En outre, le système commercialise l'eau,
le sol, les cultures ancestrales, la justice et
l'éthique », a déclaré le
président
bolivien.
« Il ne peut y avoir un équilibre avec
la nature que s'il y a l'équité entre les humains.
L'harmonie avec la Terre Mère ne peut pas exister dans un monde
où 1 % de la population concentre 50 % de la richesse
planétaire », a-t-il affirmé. Ceci exige un
système fondé sur les principes de
solidarité, d'équité, le respect des droits de
l'homme et de la Terre Mère, et la protection du patrimoine
commun de l'humanité, comme l'atmosphère, l'eau et la
biodiversité.
Le président bolivien a parlé de ce qu'il
appelle le système « socialiste
communautariste » comme mécanisme pour
éliminer le colonialisme et l'impérialisme et qui
assurera la paix entre les peuples et la Terre Mère.
« Le modèle que nous
préconisons ne consiste pas en un développement
illimité et irrationnel. Les États ont besoin d'un
certain degré de développement et d'industrialisation
pour satisfaire les besoins essentiels de leur population, mais pour
aucune raison devons-nous suivre la voie des pays dits
développés,
qui ont laissé une empreinte écologique cinq fois plus
grande que la planète peut supporter », a-t-il
insisté. Il a souligné la nécessité de
s'appuyer sur l'expérience des mouvements sociaux à
travers le monde, de la plupart des peuples autochtones, en fournissant
de précieux renseignements sur des alternatives
pour le développement centrées sur l'être humain.
Lors de cet événement inaugural, les
personnes parlant au nom des cinq continents et des quelque 130 pays
participant au Sommet de la Terre Mère ont également
soutenu l'initiative de la Bolivie d'organiser un
référendum mondial sur l'environnement le 12 octobre
prochain et de constituer un Tribunal international
de justice sur le climat pour juger les gouvernements et les
entreprises qui mettent en péril la vie sur terre.
Un message de soutien a également
été envoyé par le secrétaire
général de l'ONU Ban Ki Moon. Le message a
été lu par le secrétaire général de
la Commission économique pour l'Amérique latine de l'ONU,
Barcenas Alicia, qui a reconnu le droit des peuples autochtones et les
mouvements sociaux de décider
comment défendre la vie et la nature.

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
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Courriel: redaction@cpcml.ca