Le Marxiste-Léniniste

Numéro 72 - 23 avril 2010

Les manifestations contre
le budget Charest se poursuivent


Les manifestations contre le budget Charest se poursuivent

Vale Inco
La grève entre dans son dixième mois et les travailleurs restent fermes
Rapport d'impact et de violations des droits de Vale dans le monde

Acier
Le syndicat de US Steel à Lake Erie ratifie une nouvelle convention collective
La transférabilité et d'autres questions relatives aux pensions - Entrevue, Rolf Gerstenberger, président de la section 1005 du Syndicat des métallos, US Steel -

Bolivie: Conférence mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de la Terre Mère
Le président Morales appelle à une alternative au capitalisme pour assurer la survie de l'humanité

Accueil | Archives | English

Les manifestations contre
le budget Charest se poursuivent

Le 22 avril, plus de 500 personnes ont manifesté devant le Centre Mont-Royal à Montréal où le premier ministre Jean Charest et son ministre des Finances Raymond Bachand cherchaient réconfort parmi les représentants de la minorité riche. Trois cents membres de la communauté des affaires y étaient réunis dans le cadre du Focus stratégique Québec 2010, événement organisé par le groupe SECOR et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Prenant la parole devant les plus fervents supporters de l'agenda antisocial de son gouvernement, le ministre des Finances a admis très clairement que les mesures contenues dans son budget sont dans l'intérêt de la minorité riche et il les a appelés à la rescousse du gouvernement devant l'opposition grandissante de la population. Bachand leur a dit : « La solitude du politique est assez vaste. [...] Avant qu'une décision soit prise, tout le monde a une opinion. Après que la décision soit prise, ceux qui sont contre s'expriment de façon très forte [...] mais vous, vous ne parlez pas ! » Autrement dit, ce sont vos intérêts que nous défendons, alors aidez-nous!

Cet aveu contredit le repentir de Jean Charest au terme du Conseil général du Parti libéral du Québec, à savoir qu'il avait entendu la population et qu'il tiendrait compte de ses préoccupations en introduisant un élément de « progressivité » dans sa future franchise santé.

« Jean Charest se trompe s'il pense que la colère contre le budget Bachand va s'apaiser avec le temps. Il n'a encore rien vu ! », a dit Marie-Ève Rancourt, une des porte-parole de la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics. Le symbole choisi par la coalition, une main rouge faisant « Halte » aux mesures annoncées dans le budget, a été reproduit partout.

Les étudiants, travailleurs des secteurs public et parapublic et représentants de divers groupes communautaires rassemblés devant le centre portaient une immense bannière qui disait: « C'est pas les tarifs qu'il faut hausser. C'est les PDG qu'il faut virer. »

Un autre porte-parole de la Coalition, François Saillant, a ajouté que la Coalition s'opposera tout autant aux compressions budgétaires qu'aux hausses de taxes et de tarification dans la santé, l'éducation et l'électricité résidentielle. « M. Charest ne nous rassure absolument pas quand il affirme que c'est le gouvernement qui va faire 62 % des efforts pour arriver à l'équilibre budgétaire d'ici 2013-2014. Ce n'est pas le gouvernement, mais la population qui va souffrir des compressions budgétaires brutales de près de 6 milliards $ qui vont s'abattre sur le Québec et compromettre encore davantage la qualité des services publics, ouvrir la porte plus grande à leur privatisation et réduire la lutte contre la pauvreté à une peau de chagrin. »

La Coalition affirme ne pas être dupe de la stratégie du premier ministre Charest à propos de tenir compte des préoccupations de la population en introduisant un élément de « progressivité » dans sa future franchise santé. Selon la Coalition, cette modification est nettement insuffisante puisque c'est l'ensemble du budget qui est régressif et profondément injuste. Les hausses de tarifs et de taxes, mais aussi les compressions budgétaires, pèseront en effet beaucoup plus lourdement sur la classe moyenne et les personnes en situation de pauvreté que sur les grandes entreprises et les contribuables à revenu élevé. La Coalition conteste fortement ce choix et oppose aux compressions et aux tarifications toute une série de mesures alternatives qui mettraient davantage à contribution les mieux nantis, tout en sauvegardant les acquis sociaux.

Tout en invitant les manifestants à participer à la manifestation du 1er mai, la Coalition a souligné qu'elle continuera d'accueillir le premier ministre et le ministre des Finances et qu'elle se prépare pour poursuivre la lutte à l'automne.

À 15 h, une autre manifestation avait lieu à Montréal-Nord. Elle regroupait entre autres les étudiants, enseignants et employés du cégep Marie-Victorin, Halte-Femmes Montréal-Nord, Montréal-Nord Republik et Mouvement fraternité multi-ethnique. Elle est partie du cégep Marie-Victorin pour emprunter les rues de Montréal- Nord.

Comme le souligne le communiqué émis pour l'occasion : « Montréal-Nord est un des quartiers les plus défavorisés de la région, les décisions prises dans le budget toucheront particulièrement sa population.

« Nous sommes devant un budget idéologique qui fera date dans notre histoire si nous ne nous y opposons pas franchement. Voici l'aboutissement du programme libéral dans sa forme la plus pure : un retour au "Thatchérisme" des années '80 ! Avec ces mesures, est-ce que les entreprises et les plus nantis de la société vont payer leur juste part d'impôts ? Rien n'est moins sûr », a mentionné François Parent, président du syndicat des professeurs du cégep Marie-Victorin.

« Nous n'arrêterons pas de dénoncer cette situation tant que le gouvernement ne reculera pas », a dit pour sa part Sébastien Poisson-L'Espérance, coordonnateur général du Syndicat étudiant du cégep Marie-Victorin.

Haut de page


Vale Inco

La grève entre dans son dixième mois
et les travailleurs restent fermes

Suite au rejet massif de sa dernière offre par les travailleurs en grève de Sudbury et de Port Colborne en mars dernier, Vale Inco a intensifié sa guerre psychologique contre les travailleurs et la communauté avec ses déclarations fracassantes comme quoi elle va engager des briseurs de grève en grand nombre afin de repartir « toute la production ». Le porte-parole de la compagnie, Steve Ball, a déclaré aux médias locaux que « 'quelques centaines' de briseurs de grève engagés par des sous-traitants devraient suffire à rétablir le plein rendement des mines Creighton et Coleman d'ici la fin-juin ».

C'est bien évident que quelques centaines de briseurs de grève ne peuvent pas accomplir le travail de 3 200 mineurs, raffineurs et travailleurs de fonderie mais cela révèle tout le mépris de Vale Inco et de sa maison-mère pour les travailleurs en grève qui depuis dix mois résistent aux demandes de concessions sur les fonds de pension à prestations déterminées et la prime du nickel. Les travailleurs revendiquent également un protocole de retour au travail acceptable qui ramène tous les grévistes à l'ouvrage, y compris ceux que Vale Inco a congédiés arbitrairement pendant la grève.

Vale Inco affirme depuis le début de la grève que les opérations minières de Sudbury ne sont pas viables à moins que les travailleurs ne fassent des concessions mais le Syndicat des métallos a rendu publics lors de la marche de solidarité le mois dernier les résultats de sa recherche qui contredisent les affirmations de Vale Inco.

Le rapport du Syndicat des métallos, intitulé « La conception non viable de Vale de ses opérations minières canadiennes », mentionne entre autres choses que « Vale en 2008 a tiré 166 000 onces "troy" de platine de Sudbury ». Le platine est un des métaux précieux qu'on trouve dans le bassin de Sudbury en plus de l'or, de l'argent, du cuivre et du cobalt. En 2008, le platine se vendait en moyenne à 1 557,07 $ l'once. « Ce minerai à lui seul, mentionne le rapport, a valu près de 260 millions $ à Vale en un an ». « Les revenus tirés du platine en 2008 étaient suffisants pour payer tous les salaires des travailleurs de Vale à Sudbury pendant l'année. »

Ce chiffre à lui seul nous démontre la justesse de la résistance des travailleurs de Vale Inco de Sudbury et Port Colborne en Ontario et de Voisey's Bay au Labrador. Vale Inco doit cesser immédiatement ses attaques contre les grévistes, qui comprennent notamment l'embauche de briseurs de grève, les poursuites légales, les congédiements injustes et les difficultés financières qu'elle cause aux travailleurs, à leur famille et leur communauté afin de leur soutirer des concessions. Vale Inco doit retourner à la table de négociation et signer une convention équitable.

Dès le début du ralentissement économique et lorsque le prix du nickel a commencé à baisser, Vale Inco a adopté la stratégie de la « minimisation des coûts » comme « outil préféré de création de valeur » dans toutes ses opérations. C'est une stratégie antiouvrière qui va à l'encontre des intérêts de la société canadienne et qui ne peut que prolonger les effets de la crise économique pour les travailleurs et leurs communautés. Comme le mentionne le rapport du Syndicat des métallos, les concessions qu'elle demande sur la question des pensions et la prime sur le nickel n'auront qu'un effet minime sur la performance de l'entreprise tandis que la privation de revenus pour les travailleurs va avoir un effet dévastateur sur la communauté. Les concessions que Vale demande ne sont pas un « avantage net » pour la société canadienne comme elle est censée en avoir retiré de la prise de contrôle d'Inco par Vale en 2006.

Appauvrir les travailleurs ne résoudra pas les problèmes de Vale. À l'échelle mondiale, les travailleurs de la maison-mère brésilienne Vale font une réclamation qui ne représente que 5,6 % des 38,5 milliards $ qu'ils ont produit pour Vale en 2008. Réduire ce 5,6 % encore plus ne va pas résoudre les problèmes de Vale.

L'extraction minière et le raffinage sont très intensifs en capital. Le phénomène de la chute du taux de rendement sur le capital investi est bien connu. Mis à part cela, Vale Inco a également payé 18,9 milliards $ pour prendre le contrôle d'Inco et créer un monstre sous la forme du 1,5 milliard $ qui doit être payé en intérêts par année jusqu'à ce que la dette soit remboursée. Les créanciers qui ont financé la prise de contrôle demandent un montant qui est plus de cinq fois supérieur à la réclamation à la valeur ajoutée que les travailleurs essaient de protéger !

Une convention équitable pour les travailleurs de Vale Inco immédiatement !
Appuyons les justes revendications des grévistes de Vale Inco !
Vale Inco doit retourner à la table et signer une entente qui est juste !

Haut de page


Rapport d'impact et de violations
des droits de Vale dans le monde


(Photos: No a la Mina)

Le 15 avril à Rio de Janeiro, au Brésil, des représentants de syndicats, de pêcheurs, de travailleurs agricoles et de communautés traditionnelles de toutes les régions du monde où opère le monopole minier brésilien Vale ont émis un document de 80 pages sur les impacts et les infractions des opérations de Vale dans le monde. Il énumère des cas spécifiques et offre un aperçu d'ensemble de l'impact des opérations de Vale, la deuxième plus grande entreprise minière au monde.

La conférence réunissait 150 représentants du Pérou, du Chili, de l'Argentine, du Canada, de l'Indonésie, de la Nouvelle-Calédonie, du Mozambique et d'une dizaine d'États du Brésil ainsi que des observateurs de France, des États-Unis et d'Allemagne. Tenue le 15 avril, cette première rencontre en son genre a permis de discuter de stratégies communes pour résister aux pratiques agressives de Vale, lit-on dans un communiqué du syndicat des Métallos unis.

Le rapport sera présenté au conseil d'administration de Vale et aux Nations unies. Des copies seront également envoyées à différents ministères du gouvernement brésilien et à la Banque nationale du développement économique et social.

Une semaine avant la rencontre, les représentants de la conférence ont participé à des caravanes allant de ville en ville et d'État en État dans le nord et le sud-est du Brésil. Ils ont rencontré des syndicats d'employés de Vale et des représentants des communautés touchées par les opérations de Vale pour se familiariser avec les enjeux de base.

On lit dans le communiqué :

« Voulant croître rapidement, Vale est devenu obsédé par le profit et veut imposer les mêmes pratiques antiouvrières dans toutes ses opérations. Le groupe "Those Affected by Vale" donne une voix à différents secteurs de la société qui en ont assez des violations des droits et des impacts sociaux et environnementaux irréversibles de Vale.

« Quelque 3 500 mineurs du nickel en grève au Canada, employés par Vale, se joignent en solidarité aux victimes de la pollution et de la contamination de leur eau et mettent au point des stratégies communes pour renforcer les campagnes locales et développer des mouvements mondiaux pour forcer la compagnie à répondre de ses violations au niveau international. »

« Nos membres et nos communautés subissent les conséquences des agissements autocratiques de Vale et nous sommes entièrement solidaires de ceux qui souffrent des pratiques agressives de Vale », dit le président international du syndicat des Métallos unis, Leo W. Gerard.

Haut de page


Acier

Le syndicat de US Steel à Lake Erie ratifie une nouvelle convention collective

Environ 1 000 métallos de Lake Erie Works à US Steel, membres de la section locale 8782 du Syndicat des métallos, viennent de ratifier une nouvelle convention collective après avoir été en lock-out pendant huit mois. Avant que le lock-out ne soit décrété contre tous les travailleurs, 800 travailleurs de Lake Erie avaient été mis à pied quatre mois plus tôt lorsque le monopole US Steel a arrêté la production de l'acier. Le ministre fédéral de l'Industrie poursuit US Steel en cour pour violation de l'entente qu'il a signée avec Investissement Canada lorsqu'il s'est emparé de Stelco en 2007.

Le Marxiste-Léniniste n'a que mépris pour la destruction que US Steel cause au secteur de l'acier au Canada et pour ses attaques scandaleuses contre les métallos de Stelco depuis qu'il s'est emparé du dernier producteur canadien intégré d'acier en 2007.

Le Marxiste-Léniniste dénonce la destruction de l'industrie canadienne de l'acier par US Steel et ses attaques contre les métallos de Stelco depuis qu'elle a acquis l'aciérie intégrée en 2007. Nous saluons tous les membres du Local 8782 et les félicitons pour leur résolution dans cette lutte difficile.

Les monopoles jouissent d'impunité lorsqu'ils s'attaquent aux travailleurs canadiens, à leur économie socialisée et à la société et il faut que la classe ouvrière toute entière et ses alliés résolvent ce problème. Le droit de monopole et l'impunité dont ils jouissent en violation du droit public et du bien-être de l'environnement naturel et social sont des problèmes auxquels la classe ouvrière dans son ensemble doit s'attaquer avec le même courage et la même détermination qu'ont démontrés les métallos de Lake Erie Stelco.

Haut de page


La transférabilité et d'autres
questions relatives aux pensions

LML : La question des pensions préoccupe beaucoup la section locale 1005 du Syndicat des métallos parce que vous avez le plus grand nombre de travailleurs à la retraite (9000). Nous voulons discuter de la pression qui est exercée en ce moment pour pousser les travailleurs vers des fonds de pension à contributions déterminées. Le président de la section locale 8782 a dit au Simcoe Reformer que le fonds de pension à contributions déterminées pour les nouveaux embauchés à Lake Erie Works est « de beaucoup supérieur » au fonds de pension à prestations déterminées présentement en vigueur. Le journal écrit ceci : « Les travailleurs ont maintenant l'avantage de la "transférabilité", selon Ferguson. Dans le nouveau fonds de pension, les travailleurs peuvent transférer le plein montant de leur investissement s'ils changent d'emploi, et c'est quelque chose qui était impossible selon l'ancien plan, a dit Ferguson. »

Bien qu'il soit possible que le Simcoe Reformer cite M. Ferguson de travers, quelle est votre opinion à ce sujet ?

Rolf Gerstenberger : Affirmer que le nouveau plan est transférable ne veut absolument rien dire. Un fonds de pension à contributions déterminées est un fonds d'épargne. Un travailleur avec un fonds à contributions déterminées qui quitte Lake Erie Works se retrouve avec un fonds qui est gelé au moment de son départ. US Steel ne fera aucune contribution supplémentaire. Le travailleur n'amène pas le fonds de pension avec lui ; celui-ci demeure dans les mains de l'entreprise d'investissement qui a été embauchée pour gérer les épargnes. Toute nouvelle contribution sera faite par le travailleur et possiblement par le nouvel employeur si une entente est conclue avec lui en vertu de laquelle il commence à contribuer au fonds d'épargne. On peut toujours dire que mieux vaut avoir un fonds d'épargne que rien du tout, mais ce fonds n'est pas une pension qui garantit au travailleur un montant déterminé jusqu'à ce qu'il décède.

LML : Que penser de l'affirmation qu'un fonds à contributions déterminées est supérieur à un fonds à prestations déterminées ?

RG : Nous ne sommes pas d'accord. Le fait que le fonds actuel à prestations déterminées à Lake Erie Works ne soit pas transférable ne veut pas dire qu'un fonds à contributions déterminées est supérieur. Quand les travailleurs quittent un emploi qui comprend un fonds de pension à prestations déterminées, ils ne perdent pas les montants en pensions qu'ils ont accumulés. Ils vont percevoir ces montants quand ils prennent leur retraite. Il y a deux raisons qui expliquent qu'un fonds de pension à prestations déterminées ne continue pas à croître avec un nouvel emploi : premièrement, c'est seulement une minorité d'emplois dans le secteur privé qui comprennent un fonds de pension à prestations déterminées et, deuxièmement, la seule institution qui est assez vaste et forte pour garantir la transférabilité des pensions à prestations déterminées c'est le gouvernement.

LML : D'après ce qu'on peut voir, un autre problème des fonds de pension à contributions déterminées c'est le coût de la vie. Lorsqu'un travailleur prend sa retraite et qu'il commence à puiser dans le fonds d'épargne, le montant en principal dans le fonds commence à baisser.

RG : Oui, bien sûr. Pour suivre l'augmentation du coût de la vie, le travailleur doit puiser des montants toujours plus élevés dans le fonds d'épargne, ce qui réduit toujours plus le montant en principal. Cela est comblé en partie par les rendements continus sur le montant en principal qui demeure mais cette compensation amenée par les rendements diminue à mesure que le montant en principal diminue lui aussi. Toute poussée d'inflation, et ce n'est pas chose rare au Canada, va gruger dans le fonds d'épargne et même éventuellement l'épuiser complètement plutôt que prévu. La meilleure protection contre cela c'est un fonds de pension à prestations déterminées assorti d'une protection contre le coût de la vie.

LML : Qu'est-ce qui arrive dans le cas des retraites anticipées ?

RG : Les fonds de pension à contributions déterminées ne favorisent pas la retraite anticipée parce que le montant en principal dans le fonds d'épargne cesse de croître à la retraite et dans les cas de retraite anticipée le travailleur puise dans les épargnes pendant plus longtemps, ce qui accroît la possibilité que le fonds d'épargne s'épuise avant que le travailleur décède.

LML : Les médias et les monopoles font tout pour convaincre les travailleurs qu'un fonds d'épargne est une pension.

RG : Ça n'est pas le cas. Le gouvernement a essayé de rendre attrayants les fonds d'épargne pour la retraite et l'éducation en ne taxant pas le montant qui est mis dans ce genre de fonds. Toute la propagande et les mesures incitatives pour promouvoir les fonds d'épargne visent à affaiblir la résistance des travailleurs aux attaques contre leurs pensions à prestations déterminées et pour empêcher les travailleurs et leurs alliés de s'organiser politiquement pour gagner des programmes sociaux comme des fonds de pension à prestations déterminées pour tous et une éducation gratuite pour tous les Canadiens de la garderie à l'université.

Je pense que les jeunes et les travailleurs plus âgés doivent regarder cela de plus près. Les travailleurs plus âgés se font dire de ne pas s'en faire avec les plus jeunes parce qu'à chaque génération ses problèmes. Les jeunes vivent dans le présent et n'ont pas toujours à l'esprit ce qui leur arrivera, à eux et à leur famille, dans vingt ou trente ans. C'est pourquoi les syndicats doivent s'en mêler et défendre les pensions des générations actuelles de retraités et de pré-retraités mais aussi celles des nouveaux. C'est d'autant plus nécessaire quand on sait qu'aujourd'hui les gouvernements ont tendance à renier leurs responsabilités sociales envers les membres de la société. Nous luttons pour défendre les pensions que nous avons et nous devons le faire, non pas parce que nous sommes bornés ou capricieux, mais parce que c'est ce qu'il faut faire. Si nous ne défendons pas les intérêts des membres de la société, qui va le faire ? Nous devons aussi exiger que les gouvernements défendent ces intérêts. Dans le moment les gouvernements trouvent des prétextes pour transférer les revenus des travailleurs dans des fonds d'épargne pour créer des réserves de capital pour les partis intéressés à investir sur les marchés boursiers. Ce n'est pas socialement responsable parce que tout le monde sait qui finit par payer quand il y a des pertes à la bourse. L'argument que ce qui est bon pour les monopoles est bon pour le peuple est usé. Les travailleurs peuvent dissiper ces illusions s'ils défendent ce qui est juste, comme ils le font partout au pays, comme les travailleurs de Vale Inco qui défendent courageusement leurs droits dans leur dixième mois de grève.

LML : Alors la solution est de se battre pour nos droits.

RG : Oui, c'est la solution. D'abord il faut empêcher les monopoles et les gouvernements de faire ce qu'ils font. Il faut leur bloquer la route. Mais en même temps le mouvement ouvrier a beaucoup de travail à faire pour avoir un gouvernement qui garantira les pensions. Le meilleur arrangement serait un plan de pension à prestations déterminées sous la responsabilité du gouvernement, pour tous les Canadiens, avec un minimum garanti.

LML : Merci beaucoup.

Haut de page


Bolivie: Conférence mondiale des peuples sur le
changement climatique et les droits de la Terre Mère

Le président Morales appelle à une alternative au capitalisme pour assurer la survie de l'humanité

Le 20 avril, le président bolivien Evo Morales a inauguré la première conférence des peuples du monde sur les changements climatiques et les droits de la Terre Mère à Cochabamba, en Bolivie. Quelque 20 000 représentants des cinq continents de la Terre étaient présents au stade écologique Esteban Ramirez à Tuquipaya où Morales a commencé par la lecture d'une lettre adressée aux générations futures sur les dangers auxquels la planète est confrontée.

Dans sa lettre, le président bolivien a rappelé le sort des migrants climatiques, soit quelque 50 millions de personnes forcées de se déplacer en raison des changements climatiques, un nombre qui pourrait s'élever jusqu'à 200 millions en 2050. En ce qui concerne la non-viabilité de la voie présente, la lettre indiquait que les différentes catastrophes naturelles sont la réponse de la Terre Mère à cette exploitation. En peu de mots, il a appelé les peuples du monde à faire face collectivement aux impérialistes, qui tirent profit de bellicisme. Si le capitalisme n'est pas modifié ou éliminé, les mesures adoptées pour défendre la Terre Mère seront précaires et temporaires, poursuit la lettre.


  Le 20 avril 2010: le président bolivien Evo Morales inaugure la Conférence des peuples du monde sur les changements climatiques et les droits de la Terre Mère lors d'une cérémonie en plein air avec quelque 20 000 délégués.

Morales a suivi la lecture de la lettre par un discours qui a commencé par le slogan « La planète ou la mort, nous vaincrons ». L'harmonie avec la nature ne peut exister lorsque 1 % de la population mondiale concentre entre ses mains plus de 50 % des richesses du monde, a-t-il fait remarquer.

Il a critiqué le 15e sommet de l'Organisation des Nations unies à Copenhague, au Danemark, où la voix des peuples et des organisations sociales a été délibérément exclue. Il a mis le fardeau de la preuve sur les changements que doivent entreprendre les pays industrialisés, en disant qu'ils ont l'obligation de mettre un terme au modèle capitaliste.

« Il est nécessaire que les pays membres de l'ONU écoutent et respectent la volonté des peuples du monde », dit-il. Il a parlé de la nécessité de créer une nouvelle organisation pour les peuples du monde en particulier à la défense de la nature.

Dans son discours, Morales a souligné que le système capitaliste favorise la croissance non durable et est également responsable des assymétries et des déséquilibres mondiaux.

« Pour le capitalisme, les humains ne sont que des consommateurs et une force de travail. Les gens ne valent autant que ce qu'ils possèdent et ne sont pas valorisés pour ce qu'ils sont. En outre, le système commercialise l'eau, le sol, les cultures ancestrales, la justice et l'éthique », a déclaré le président bolivien.

« Il ne peut y avoir un équilibre avec la nature que s'il y a l'équité entre les humains. L'harmonie avec la Terre Mère ne peut pas exister dans un monde où 1 % de la population concentre 50 % de la richesse planétaire », a-t-il affirmé. Ceci exige un système fondé sur les principes de solidarité, d'équité, le respect des droits de l'homme et de la Terre Mère, et la protection du patrimoine commun de l'humanité, comme l'atmosphère, l'eau et la biodiversité.

Le président bolivien a parlé de ce qu'il appelle le système « socialiste communautariste » comme mécanisme pour éliminer le colonialisme et l'impérialisme et qui assurera la paix entre les peuples et la Terre Mère.

« Le modèle que nous préconisons ne consiste pas en un développement illimité et irrationnel. Les États ont besoin d'un certain degré de développement et d'industrialisation pour satisfaire les besoins essentiels de leur population, mais pour aucune raison devons-nous suivre la voie des pays dits développés, qui ont laissé une empreinte écologique cinq fois plus grande que la planète peut supporter », a-t-il insisté. Il a souligné la nécessité de s'appuyer sur l'expérience des mouvements sociaux à travers le monde, de la plupart des peuples autochtones, en fournissant de précieux renseignements sur des alternatives pour le développement centrées sur l'être humain.

Lors de cet événement inaugural, les personnes parlant au nom des cinq continents et des quelque 130 pays participant au Sommet de la Terre Mère ont également soutenu l'initiative de la Bolivie d'organiser un référendum mondial sur l'environnement le 12 octobre prochain et de constituer un Tribunal international de justice sur le climat pour juger les gouvernements et les entreprises qui mettent en péril la vie sur terre.

Un message de soutien a également été envoyé par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki Moon. Le message a été lu par le secrétaire général de la Commission économique pour l'Amérique latine de l'ONU, Barcenas Alicia, qui a reconnu le droit des peuples autochtones et les mouvements sociaux de décider comment défendre la vie et la nature.

(Prensa Latina, Agencia Bolivariana de Noticias, Agencia Cubana de Noticias, Granma International)

Haut de page


Lisez Le Marxiste-Léniniste
Site web:  www.pccml.ca   Courriel: redaction@cpcml.ca