Le Marxiste-Léniniste

Numéro 71 - 22 avril 2010

Premier Mai 2010

À la défense des droits de tous!

Premier Mai 2010
Célébration et banquet à Prince-George, Colombie- Britannique
Convocation de tous les membres de l'AFPC à la marche du Premier Mai de Halifax - Alliance de la fonction publique du Canada, Région atlantique

L'agenda antidémocratique du gouvernement Harper
Fermeture des bureaux de la Commission des droits de la personne à Vancouver, Toronto et Halifax
Pas de démocratie sans droits!

Afghanistan
Plus de soldats américains morts par suicide qu'au combat
Le Pentagone accusé de financer les talibans - Enrique Roman, Granma International

Accueil | Archives | English

Premier Mai 2010

Célébration et banquet à Prince-George,
Colombie- Britannique

Le Premier Mai sera célébré à Prince-George, en Colombie-Britannique, samedi le 1er mai à 18 h 30 à l'hôtel Coast Inn of the North.

La soirée est organisée par le Comité organisateur du Premier Mai, un groupe formé récemment par des bénévoles de Prince-George et de Mackenzie provenant de syndicats et d'associations d'employés de la région. Il y aura un banquet avec repas complet, des chansons ouvrières, des présentations et une discussion sur les problèmes auxquels font face les travailleurs et les communautés.

Les organisateurs croient qu'il est important d'avoir une célébration du Premier Mai cette année, puisque partout en Colombie-Britannique et au Canada, et même dans le monde, le fardeau de la crise économique et financière est rejeté sur le dos des travailleurs et des communautés avec les fermetures d'usines, les mises à pied, les concessions salariales, les hausses de taxes et impôts et les compressions dans la santé, l'éducation et les services sociaux.

Tout cela après un plan de sauvetage gigantesque et sans précédent offert aux mêmes institutions financières qui ont provoqué cette crise par leurs agissements, et ensuite, les milliards de dollars en subventions aux entreprises avec les programmes de « stimulation de l'économie » et d'autres stratagèmes.

Dans ce contexte, les organisateurs sentent qu'il est essentiel d'avoir une opposition ouvrière unifiée dans la région et dans la province qui défend ses droits et ceux des autres secteurs, comme les jeunes, les aînés, les autochtones et les chômeurs, et qui se bat pour ses propres solutions aux problèmes de la société.

L'application du travail à la nature est la source de toute richesse. Tous les secteurs de la classe ouvrière, que ce soit dans le privé ou le public, les services ou le secteur manufacturier, contribuent à la création de la richesse de la société et sont essentiels à l'économie. Il est donc important en ce Premier Mai que les travailleurs de la Colombie- Britannique et du Canada se dressent ensemble, en solidarité avec les travailleurs du monde entier.

Le Comité organisateur du Premier Mai invite tous les travailleurs de la région et les gens de tous les milieux à participer à cette célébration.

Haut de page


Convocation de tous les membres de l'AFPC
à la marche du Premier Mai de Halifax

Le Premier Mai est une journée internationale de reconnaissance et de célébration de la solidarité et de la lutte ouvrières. Samedi le 1er mai 2010, les travailleurs de Halifax se réuniront pour lancer un appel collectif à défendre les droits des travailleurs dans le contexte des pertes d'emplois, des attaques contre les salaires, les pensions et les avantages sociaux et de l'offensive contre les services publics.

Les membres de l'AFPC sont particulièrement ciblés par le gel des dépenses annoncées dans le budget du gouvernement conservateur de Stephen Harper. Déjà on a annoncé l'abolition de 147 emplois à Citoyenneté et Immigration Canada à Sydney et de 65 emplois à Postes Canada à Antigonish.

La Nouvelle-Écosse est également témoin des plans discrets de centralisation du personnel de Service Canada et de réduction des services aux chômeurs. Nous avons également perdu le bureau de l'Agent des affaires du travail au cap Breton et nous allons perdre le bureau de la Commission des droits de la personne à l'automne.

Le Premier Mai, les membres de l'AFPC doivent être aux premiers rangs avec nos drapeaux. Joignez-vous à la lutte pour les droits des travailleurs. Venez avec vos familles, amis et alliés au rassemblement annuel du Premier Mai et à la marche le samedi 1er mai à 13 h au parc Victoria. Un Festival et Forum avec orateurs, vidéos, musique et repas suivront à 15 h au Centre d'amitié miqmaq au 2158, rue Gottingen.

L'AFPC offre le transport en autobus aux supporters de Sydney et d'Antigonish qui désirent participer à la marche de Halifax. Veuillez communiquer avec Mark Rogers à rogersm@psac.com ou au 443-3541.

Haut de page


L'agenda antidémocratique du gouvernement Harper

Fermeture des bureaux de la Commission des droits de la personne à Vancouver, Toronto et Halifax

L'ordre du jour antisocial du gouvernement Harper est reflété une fois de plus dans la fermeture des bureaux de Vancouver, Toronto et Halifax de la Commission canadienne des droits de la personne (CCDP). La fermeture des trois bureaux rendra beaucoup plus difficile pour les individus issus de groupes marginalisés de porter plainte au sujet des droits de la personne, indique un dépêche du 26 mars de l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC). En 2008, ces trois bureaux ont reçu 70 % de toutes les plaintes signées à la CCDP. Nous dénonçons ces fermetures et l'agenda antidémocratique inacceptable du gouvernement Harper.

La fermeture des bureaux de la CCDP s'inscrit dans la stratégie du gouvernement Harper d'attaquer systématiquement ceux qui luttent pour leurs droits et étouffer toute source d'opposition à ses politiques antisociales. Dans sa première année au pouvoir, le gouvernement Harper a fermé 12 des 16 bureaux de Condition féminine Canada et a annulé son programme de contestation judiciaire, ainsi que son mandat de financer la recherche sur la condition féminine.

La Commission canadienne des droits de la personne applique la Loi canadienne sur les droits de la personne et veille au respect de la Loi sur l'équité en matière d'emploi. « Ces deux lois prévoient l'application des principes de non-discrimination et d'égalité des chances dans tous les secteurs de compétence fédérale », lit-on sur le site Web de la CCDP.

Dans un communiqué du 26 mars, l'AFPC écrit :

« Pour l'AFPC, la fermeture des bureaux de la CCDP s'inscrit dans une tendance générale du gouvernement Harper vers l'autoréglementation – ce qui menace la sécurité publique et les droits de la personne. En diminuant grandement la capacité de la CCDP à enquêter sur les plaintes, le fédéral s'en remet aux employeurs pour respecter volontairement leurs obligations en matière de droits de la personne et lutter contre la discrimination. Mais sans mécanisme d'application de la loi, le rôle de la CCDP se limitera à faire des suggestions. »

Selon la CCDP, la réorganisation devrait permettre d'économiser environ 500 000 $ en loyers, salaires et autres frais administratifs. Neuf employés seront touchés : trois emplois vont disparaître, trois employés auront la possibilité de déménager et trois médiateurs, un à Vancouver et deux à Toronto, travailleront dans d'autres bureaux fédéraux.

La secrétaire générale de la CCDP, Karen Mosher, explique que la Commission se retrouve avec un budget qui n'augmentera pas dans un avenir prévisible. Le bureau du ministre de la Justice Rob Nicholson a rapidement émis un communiqué niant toute ingérence du gouvernement. Il dit que le gouvernement Harper n'a rien à dire dans la « réorganisation interne » de la CCDP, comme si le gouvernement ne décidait pas des budgets dont dispose la CCDP pour mener à bien ses tâches et que la garantie des droits de la population canadienne n'était pas sa responsabilité, seulement celle d'« agences indépendantes ».

Les responsabilités de la Commission ne diminuent pas, elles augmentent. Par exemple, il y a eu l'abrogation de l'article 67 de la Loi canadienne sur les droits de la personne en juin 2008. L'article 67 niait aux membres des Premières Nations, à la fois sur et hors réserve, le plein accès au système de résolution des plaintes au sujet des droits humains, un système qui n'était disponible qu'aux autres personnes : « La présente loi est sans effet sur la Loi sur les Indiens et sur les dispositions prises en vertu de cette loi ». La CCDP doit maintenant s'assurer que les plus de 700 000 autochtones assujettis à la Loi sur les Indiens soient conscients de leurs droits en vertu de la nouvelle loi et puissent avoir accès à ses services.

Le Marxiste-Léniniste appelle tous les Canadiens à dénoncer ces fermetures qui contribuent à créer un recul par rapport aux réalisations d'une société moderne dans le domaine des droits. Le faire au nom du renforcement des institutions démocratiques, comme le prétend le gouvernement Harper, est non seulement absurde, cela relève de la négligence criminelle.

Haut de page


Pas de démocratie sans droits!

Le 10 avril avait lieu à l'UQAM un Forum public sous le thème « Pas de démocratie sans droits ! » L'événement organisé par l'Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et l'Institut d'études internationales de Montréal (IEIM) traduisait les préoccupations de la population face aux attaques du gouvernement Harper contre les institutions démocratiques, les pratiques démocratiques et les droits et libertés.

La première personne à prendre la parole a été Maude Séguin, conseillère syndicale à l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC). Elle a parlé de la crise profonde qui secoue l'organisme Droits et démocratie, une crise a-t-elle dit qui est préoccupante pour l'ensemble de la société. Elle a souligné que le mandat de l'organisme qui est supposé être indépendant et non partisan est remis en cause par les nominations du gouvernement Harper, des nominations qui visent à placer des supporters d'Israël à la direction de l'organisme. Pour la conseillère syndicale, cela est symptomatique d'un effritement de la démocratie canadienne.

Puis Alexa Conradi de la Fédération des femmes du Québec a pris la parole. Elle a tenu à souligner que la première cible du gouvernement Harper a été les femmes, un gouvernement qui mène la guerre en Afghanistan au nom de la liberté des femmes. Elle a parlé du changement de mandat de Condition féminine Canada qui est une atteinte aux droits des femmes en tant que collectif. Elle a mentionné l'abolition du programme de contestation judiciaire qui est une attaque contre les plus marginalisés.

« Si les droits humains ne sont pas respectés, la participation à la vie politique et sociale est freinée, a-t-elle ajoutée. La conception de la démocratie de ce gouvernement rejette la participation des citoyens. »

Quant à Bonnie Campbell, professeure à la faculté de science politique et de droit de l'UQAM, elle a souligné que la crise à Droits et démocratie était d'une énorme importance puisqu'elle était symptomatique d'un problème plus large qui s'attaque à la nature intrinsèque des droits.

Elle a donné l'exemple des compagnies minières canadiennes qui bénéficient de tout l'appui de l'État canadien et ce au mépris des droits humains. Elle a ajouté que la protection des droits ne peut être abandonnée tout juste parce cela convient à la politique étrangère du gouvernement de l'heure.

Elle a parlé d'un exemple récent où le pouvoir exécutif est intervenu pour empêcher des fonctionnaires de participer à un colloque sur les compagnies minières et les droits humains.

Elle a conclut en parlant d'un tournant dangereux dans la politique étrangère qui privilégie les partenaires économiques comme le Pérou et la Colombie et ce, au détriment des pays qui ont réellement besoin d'aide.

Francine Lalonde qui est intervenue à titre de porte-parole du Bloc québécois en matière d'Affaires étrangères a dit : « S'il n'y a pas de droit il ne peut y avoir de démocratie. On peut avoir des élections mais ce n'est pas la démocratie. »

Quant à Michèle Asselin du Centre international de solidarité ouvrière (CISO), elle a insisté sur le fait que ce qui est à la source des prises de position de ce gouvernement c'est la montée de l'intégrisme religieux.

Dans notre lutte, a-t-elle ajouté, il est important d'offrir des alternatives à la société actuelle. « Si nous ne le faisons pas notre mouvement s'essoufflera. »

Finalement Michel Lambert, président du groupe Alternatives, a fait preuve d'optimisme, malgré les menaces qui pèsent sur le financement de l'organisme et ce, dit-il, à cause de notre prise de position sur la violation des droits humains par Israël. Il s'est dit impressionné par l'appui que l'organisme a reçu à travers le Canada.

« Nous faisons face à une agression idéologique de la part des forces de droite. » Cette rencontre, a-t-il dit, est le début de quelque chose qui doit se poursuivre.

Toutes les interventions de la salle sont allées dans le même sens. Un intervenant a tenu à dire que nous ne sommes pas le début de quelque chose mais nous faisons partie de ce vaste mouvement qui s'est mis en branle depuis longtemps et qui exige la mise en place d'une société moderne qui reconnaîtra les droits de tous et toutes.

Des révélations dans les médias le même jour ont donné raison à la préoccupation des participants quant au mépris de ce gouvernement pour le respect des droits humains. On apprenait en effet que la Commission canadienne des droits de la personne fermera ses trois bureaux les plus importants, soient les bureaux régionaux de Vancouver, Toronto et Halifax. Ces bureaux ont reçu 75 % des plaintes traitées par l'organisme en 2009.

Cette nouvelle a renforcé la détermination des participants à lutter pour la pleine reconnaissance des droits de tous et toutes.

Haut de page


Afghanistan

Plus de soldats américains morts
par suicide qu'au combat

Depuis octobre 2001 jusqu'à l'été (boréal) dernier, 761 soldats de l'armée étasunienne sont morts au combat en Afghanistan, et 817 suicides ont été recensés.

C'est ce qu'indique un article paru dans la revue Time sous le titre : « Is the U.S. Army Loosing the Battle on Suicide ? »

Le phénomène du suicide chez les GI's, en constante hausse ces cinq dernières années, est devenu le problème majeur pour le Haut commandement des Forces armées des États-Unis.

Les chiffres prouvent qu'aucune solution n'a encore été trouvée, malgré les millions de dollars investis et le recours à des centaines de spécialistes en santé mentale, psychologues et psychiatres.

Selon la revue Time, au-delà des efforts sur le plan médical, le problème serait lié à l'engagement des soldats dans les combats.

De nouvelles recherches révèlent une relation très étroite entre le nombre de missions accomplies par un même soldat et le nombre de suicides.

(Agenzia Nazionale Stampa Associata)

Haut de page


Le Pentagone accusé de financer les talibans

Deux alliés des États-Unis dans leur principale zone de conflit, le Moyen-Orient et l'Asie centrale, ont osé élever la voix contre l'administration actuelle en un bref laps de temps.

En premier lieu, Israël, qui a boudé la visite du vice-président Joseph Biden en annonçant sans préavis la construction de nouveaux établissements dans l'est de Jérusalem.

L'autre voix discordante est celle de l'Afghanistan, dont le président Hamid Karzaï, jusqu'ici l'homme de Washington dans cette guerre déboussolée, a réagi avec violence aux critiques formulées par Barack Obama lors de sa récente visite, contre la corruption gouvernementale.

Dans ce qui a été interprété comme une tentative de prendre ses distances par rapport aux forces d'invasion, Karzaï a soutenu que s'il y avait eu fraude aux dernières élections, c'était les Occidentaux qui s'en étaient chargés, nommément les observateurs des Nations unies et de l'Union européenne.

Ses réflexions sur la présence des troupes d'occupation ont laissé coi ses interlocuteurs : « Dans cette situation, c'est à peine s'il existe une différence entre invasion d'une part, assistance et coopération de l'autre. » Et d'ajouter que si les soldats étrangers sont perçus comme des envahisseurs et les soldats du gouvernement afghan comme leurs mercenaires, l'insurrection des talibans « pourrait devenir un mouvement de résistance nationale ».

Le sens même de la guerre en Afghanistan, qui a déjà suscité pas mal de polémiques, revient donc à l'ordre du jour. Aux déclarations de Karzaï s'ajoutent l'invitation qu'il a faite au président iranien Mahmoud Ahmadinejad et ses menaces d'alliance avec les talibans. On ne s'en étonnera pas : nombreux sont ceux, du côté étasunien, à voir dans le président afghan non pas une perspective de solution mais au contraire une complication supplémentaire.

On le sait : en matière de politique, ce qui fait surface n'est souvent que la pointe de l'iceberg dont le volume réel, dans le cas de l'Afghanistan, est incommensurable, puisque gonflé par des intérêts obscurs et inavouables. Les exemples ne manquent pas.

On attend toujours les résultats d'une enquête ouverte à la demande du Congrès étasunien sur la dénonciation, il y a quelques mois, d'un fait insolite : 10 % des dépenses du Pentagone en contrats logistiques au profit de cette guerre aboutiraient aux mains des talibans.

C'est le célèbre journaliste Aram Roston, de The Nation, qui aurait levé le lièvre. Son article très documenté a ensuite été repris par d'autres. Les révélations de Roston étaient pour le moins déconcertantes : « Des militaires des États-Unis à Kaboul estiment qu'au moins dix pour cent des contrats logistiques du Pentagone – des centaines de millions de dollars - consistent dans des paiements versés à l'insurrection. » A quoi des fonctionnaires afghans ajoutent : « C'est de là que provient la plus grosse part de leurs revenus. »

La dénonciation pourrait viser plusieurs coupables. Comme en Irak, des entreprises privées complètent la logistique militaire étasunienne et font ainsi de bonnes affaires. Roston détaille la participation à ce négoce de figures importantes de la famille Karzaï, dont certaines ont été liées, à une période ou une autre, aux talibans. Il évoque aussi le soutien apporté par ces entreprises à la création d'institutions qui s'occupent de faire monter la pression politique sur Washington.

Ainsi, fait aujourd'hui partie de la direction de la Campaign for a U.S.-Afghanistan Partnership, une institution de création récente qui fait du lobbying politique, un certain Ahmed Wardak, fils du ministre afghan de la Défense et président de NCL Holdings, une des principales sociétés privées associées à la guerre.

Ou encore Ahmad Rateb Popal, le traducteur du ministre des Affaires étrangères des talibans avant l'invasion de 2001, un homme que l'on voyait sur les écrans de télévision avec un turban noir, une barbe fournie et les traces de la guerre contre l'Union soviétique : une main et un bras difformes et un pansement sur l'oeil. Popal, cousin du président Karzaï, contrôle aujourd'hui le Watan Group, un consortium spécialisé dans les télécommunications, la logistique et la sécurité.

Ces entreprises florissantes ont pour mission de protéger les convois d'armes et d'autres livraisons destinés aux troupes occidentales depuis le Pakistan jusqu'au territoire afghan. Ces convois empruntent des passages creusés dans l'imposante cordillère dominée par des tribus armées, des seigneurs de la guerre et des groupes de talibans.

« En fait, les sociétés en question ne protègent pas les convois destinés aux troupes des États-Unis. Pour la simple raison qu'elles n'en ont pas les moyens. Il leur faut la coopération des talibans », écrit le journaliste Bruce Wilson. Et Roston précise : « Le vrai secret du transport par camion est d'assurer le passage sur des routes dangereuses. Le cadre étasunien avec qui j'ai parlé a été clair et précis : ‘ L'armée paye les talibans pour qu'ils ne tirent pas. Cet argent provient du département de la Défense'. Tout le monde confirme ses dires. »

Jean McKenzie, du Global Post, raconte qu'un agent de ces firmes dans la province de Helmand négociait avec un fournisseur local un chargement de canalisations à faire venir du Pakistan. Le fournisseur a facturé 30 % de plus que le prix réel : une somme à verser aux talibans pour garantir que le chargement arrive à bon port.

La doctrine de la contre-insurrection de l'administration Obama a fait de l'argent une arme puissante, et ceci a servi à grossir le chiffre d'affaires des firmes sous contrat. Les transports routiers de NCL Hodings, assurent les journalistes, lui ont rapporté 2,2 milliards de dollars, soit 10 % du produit intérieur brut de l'Afghanistan.

Au moment où ces données scandaleuses ont été publiées, le représentant John Tierney, président du Sous-comité de sécurité nationale et des relations extérieures, a informé qu'une enquête préliminaire avait permis de réunir assez de preuves pour lancer une enquête exhaustive.

Mais l'enquête n'est toujours terminée, et on ignore si elle le sera un jour. NCL Holdings a intenté un procès à Aram Roston, indiquant que Wardak avait été informé des opportunités de contrats de transports routiers en Afghanistan par le site web consacré aux affaires fédérales du gouvernement des États-Unis.

Même les partisans de l'administration de Barack Obama multiplient les critiques contre la guerre. Quant aux troupes d'occupation, elles parcourent les chemins qu'ont connus d'autres armées et distribuent de coquettes sommes à leurs ennemis dans une guerre criminelle, impopulaire et inutile.

Haut de page


Lisez Le Marxiste-Léniniste
Site web:  www.pccml.ca   Courriel: redaction@cpcml.ca