Archives | English
Premier Mai 2010
Célébration et banquet à
Prince-George,
Colombie- Britannique
Le Premier Mai sera célébré
à Prince-George, en Colombie-Britannique, samedi le 1er mai
à 18 h 30 à l'hôtel Coast Inn of the North.
La soirée est organisée par le
Comité organisateur du Premier Mai, un groupe formé
récemment par des bénévoles de Prince-George et de
Mackenzie provenant de syndicats et d'associations d'employés de
la région. Il y aura un banquet avec repas complet, des chansons
ouvrières, des présentations et une discussion sur les
problèmes auxquels
font face les travailleurs et les communautés.
Les organisateurs croient qu'il est important d'avoir
une célébration du Premier Mai cette année,
puisque partout en Colombie-Britannique et au Canada, et même
dans le monde, le fardeau de la crise économique et
financière est rejeté sur le dos des travailleurs et des
communautés avec les fermetures d'usines, les mises à
pied, les concessions
salariales, les hausses de taxes et impôts et les compressions
dans la santé, l'éducation et les services sociaux.
Tout cela après un plan de sauvetage gigantesque
et sans précédent offert aux mêmes institutions
financières qui ont provoqué cette crise par leurs
agissements, et ensuite, les milliards de dollars en subventions aux
entreprises avec les programmes de « stimulation de
l'économie » et d'autres stratagèmes.
Dans ce contexte, les organisateurs sentent qu'il est
essentiel d'avoir une opposition ouvrière unifiée dans la
région et dans la province qui défend ses droits et ceux
des autres secteurs, comme les jeunes, les aînés, les
autochtones et les chômeurs, et qui se bat pour ses propres
solutions aux problèmes de la société.
L'application du travail à la nature est la
source de toute richesse. Tous les secteurs de la classe
ouvrière, que ce soit dans le privé ou le public, les
services ou le secteur manufacturier, contribuent à la
création de la richesse de la société et sont
essentiels à l'économie. Il est donc important en ce
Premier Mai que les travailleurs de la Colombie-
Britannique et du Canada se dressent ensemble, en solidarité
avec les travailleurs du monde entier.
Le Comité organisateur du Premier Mai invite tous
les travailleurs de la région et les gens de tous les milieux
à participer à cette célébration.

Convocation de tous les membres de l'AFPC
à la marche du Premier Mai de Halifax
- Alliance de la fonction publique du
Canada, Région atlantique, 12 avril 2010 -
Le Premier Mai est une journée internationale de
reconnaissance et de célébration de la solidarité
et de la lutte ouvrières. Samedi le 1er mai 2010, les
travailleurs de Halifax se réuniront pour lancer un appel
collectif à défendre les droits des travailleurs dans le
contexte des pertes d'emplois, des attaques contre les salaires, les
pensions et les
avantages sociaux et de l'offensive contre les services publics.
Les membres de l'AFPC sont particulièrement
ciblés par le gel des dépenses annoncées dans le
budget du gouvernement conservateur de Stephen Harper.
Déjà on a annoncé l'abolition de 147 emplois
à Citoyenneté et Immigration Canada à Sydney et de
65 emplois à Postes Canada à Antigonish.
La Nouvelle-Écosse est également
témoin des plans discrets de centralisation du personnel de
Service Canada et de réduction des services aux chômeurs.
Nous avons également perdu le bureau de l'Agent des affaires du
travail au cap Breton et nous allons perdre le bureau de la Commission
des droits de la personne à l'automne.
Le Premier Mai, les membres de l'AFPC doivent être
aux premiers rangs avec nos drapeaux. Joignez-vous à la lutte
pour les droits des travailleurs. Venez avec vos familles, amis et
alliés au rassemblement annuel du Premier Mai et à la
marche le samedi 1er mai à 13 h au parc Victoria. Un Festival et
Forum avec orateurs, vidéos, musique et
repas suivront à 15 h au Centre d'amitié miqmaq au 2158,
rue Gottingen.
L'AFPC offre le transport en autobus aux supporters de
Sydney et d'Antigonish qui désirent participer à la
marche de Halifax. Veuillez communiquer avec Mark Rogers à
rogersm@psac.com ou au 443-3541.

L'agenda antidémocratique du
gouvernement Harper
Fermeture des bureaux de la Commission des droits de la
personne à Vancouver, Toronto et Halifax
L'ordre du jour antisocial du gouvernement Harper est
reflété une fois de plus dans la fermeture des bureaux de
Vancouver, Toronto et Halifax de la Commission canadienne des droits de
la personne (CCDP). La fermeture des trois bureaux rendra beaucoup plus
difficile pour les individus issus de groupes marginalisés de
porter plainte au sujet
des droits de la personne, indique un dépêche du 26 mars
de l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC). En 2008, ces
trois bureaux ont reçu 70 % de toutes les plaintes
signées à la CCDP. Nous dénonçons ces
fermetures et l'agenda antidémocratique inacceptable du
gouvernement Harper.
La fermeture des bureaux de la CCDP s'inscrit dans la
stratégie du gouvernement Harper d'attaquer
systématiquement ceux qui luttent pour leurs droits et
étouffer toute source d'opposition à ses politiques
antisociales. Dans sa première année au pouvoir, le
gouvernement Harper a fermé 12 des 16 bureaux de Condition
féminine Canada et a
annulé son programme de contestation judiciaire, ainsi que son
mandat de financer la recherche sur la condition féminine.
La Commission canadienne des droits de la personne
applique la Loi canadienne sur les droits de la personne et
veille au respect de la Loi sur l'équité en
matière d'emploi. « Ces deux lois
prévoient l'application des principes de non-discrimination et
d'égalité des chances dans tous les secteurs de
compétence
fédérale », lit-on sur le site Web de la CCDP.
Dans un communiqué du 26 mars, l'AFPC
écrit :
« Pour l'AFPC, la fermeture des bureaux de la
CCDP s'inscrit dans une tendance générale du gouvernement
Harper vers l'autoréglementation – ce qui menace la
sécurité publique et les droits de la personne. En
diminuant grandement la capacité de la CCDP à
enquêter sur les plaintes, le fédéral s'en remet
aux employeurs pour
respecter volontairement leurs obligations en matière de droits
de la personne et lutter contre la discrimination. Mais sans
mécanisme d'application de la loi, le rôle de la CCDP se
limitera à faire des suggestions. »
Selon la CCDP, la réorganisation devrait
permettre d'économiser environ 500 000 $ en loyers,
salaires et autres frais administratifs. Neuf employés seront
touchés : trois emplois vont disparaître, trois
employés auront la possibilité de déménager
et trois médiateurs, un à Vancouver et deux à
Toronto, travailleront dans d'autres
bureaux fédéraux.
La secrétaire générale de la CCDP,
Karen Mosher, explique que la Commission se retrouve avec un budget qui
n'augmentera pas dans un avenir prévisible. Le bureau du
ministre de la Justice Rob Nicholson a rapidement émis un
communiqué niant toute ingérence du gouvernement. Il dit
que le gouvernement Harper n'a rien à dire dans la
« réorganisation interne » de la CCDP,
comme si le gouvernement ne décidait pas des budgets dont
dispose la CCDP pour mener à bien ses tâches et que la
garantie des droits de la population canadienne n'était pas sa
responsabilité, seulement celle d'« agences
indépendantes ».
Les responsabilités de la Commission ne diminuent
pas, elles augmentent. Par exemple, il y a eu l'abrogation de l'article
67 de la Loi canadienne sur les droits de la personne en juin
2008. L'article 67 niait aux membres des Premières Nations,
à la fois sur et hors réserve, le plein accès au
système de résolution des plaintes au sujet
des droits humains, un système qui n'était disponible
qu'aux autres personnes : « La présente loi est
sans effet sur la Loi sur les Indiens et sur les dispositions
prises en vertu de cette loi ». La CCDP doit maintenant
s'assurer que les plus de 700 000 autochtones assujettis à la Loi
sur
les
Indiens soient
conscients de leurs droits en vertu de la nouvelle loi et puissent
avoir accès à ses services.
Le Marxiste-Léniniste appelle tous les
Canadiens à dénoncer ces fermetures qui contribuent
à créer un recul par rapport aux réalisations
d'une société moderne dans le domaine des droits. Le
faire au nom du renforcement des institutions démocratiques,
comme le prétend le gouvernement Harper, est non seulement
absurde, cela
relève de la négligence criminelle.

Pas de démocratie sans droits!
Le 10 avril avait lieu à l'UQAM un Forum public
sous le thème « Pas de démocratie sans
droits ! » L'événement organisé
par l'Association québécoise des organismes de
coopération internationale (AQOCI), la
Confédération des syndicats nationaux (CSN) et l'Institut
d'études internationales de Montréal (IEIM) traduisait
les
préoccupations de la population face aux attaques du
gouvernement Harper contre les institutions démocratiques, les
pratiques démocratiques et les droits et libertés.
La première personne à prendre la parole a
été Maude Séguin, conseillère syndicale
à l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC). Elle a
parlé de la crise profonde qui secoue l'organisme Droits et
démocratie, une crise a-t-elle dit qui est préoccupante
pour l'ensemble de la société. Elle a souligné que
le mandat de l'organisme qui est
supposé être indépendant et non partisan est remis
en cause par les nominations du gouvernement Harper, des nominations
qui visent à placer des supporters d'Israël à la
direction de l'organisme. Pour la conseillère syndicale, cela
est symptomatique d'un effritement de la démocratie canadienne.
Puis Alexa Conradi de la Fédération des
femmes du Québec a pris la parole. Elle a tenu à
souligner que la première cible du gouvernement Harper a
été les femmes, un gouvernement qui mène la guerre
en Afghanistan au nom de la liberté des femmes. Elle a
parlé du changement de mandat de Condition féminine
Canada qui est une atteinte
aux droits des femmes en tant que collectif. Elle a mentionné
l'abolition du programme de contestation judiciaire qui est une attaque
contre les plus marginalisés.
« Si les droits humains ne sont pas
respectés, la participation à la vie politique et sociale
est freinée, a-t-elle ajoutée. La conception de la
démocratie de ce gouvernement rejette la participation des
citoyens. »
Quant à Bonnie Campbell, professeure à la
faculté de science politique et de droit de l'UQAM, elle a
souligné que la crise à Droits et démocratie
était d'une énorme importance puisqu'elle était
symptomatique d'un problème plus large qui s'attaque à la
nature intrinsèque des droits.
Elle a donné l'exemple des compagnies
minières canadiennes qui bénéficient de tout
l'appui de l'État canadien et ce au mépris des droits
humains. Elle a ajouté que la protection des droits ne peut
être abandonnée tout juste parce cela convient à la
politique étrangère du gouvernement de l'heure.
Elle a parlé d'un exemple récent où
le pouvoir exécutif est intervenu pour empêcher des
fonctionnaires de participer à un colloque sur les compagnies
minières et les droits humains.
Elle a conclut en parlant d'un tournant dangereux dans
la politique étrangère qui privilégie les
partenaires économiques comme le Pérou et la Colombie et
ce, au détriment des pays qui ont réellement besoin
d'aide.
Francine Lalonde qui est intervenue à titre
de porte-parole du Bloc québécois en matière
d'Affaires étrangères a dit : « S'il n'y
a pas de droit il ne peut y avoir de démocratie. On peut avoir
des élections mais ce n'est pas la
démocratie. »
Quant à Michèle Asselin du Centre
international de solidarité ouvrière (CISO), elle a
insisté sur le fait que ce qui est à la source des prises
de position de ce gouvernement c'est la montée de
l'intégrisme religieux.
Dans notre lutte, a-t-elle ajouté, il est
important d'offrir des alternatives à la société
actuelle. « Si nous ne le faisons pas notre mouvement
s'essoufflera. »
Finalement Michel Lambert, président du groupe
Alternatives, a fait preuve d'optimisme, malgré les
menaces qui pèsent sur le financement de l'organisme et ce,
dit-il, à cause de notre prise de position sur la violation des
droits humains par Israël. Il s'est dit impressionné par
l'appui que l'organisme a reçu à travers le Canada.
« Nous faisons face à une agression
idéologique de la part des forces de droite. » Cette
rencontre, a-t-il dit, est le début de quelque chose qui doit se
poursuivre.
Toutes les interventions de la salle sont allées
dans le même sens. Un intervenant a tenu à dire que nous
ne sommes pas le début de quelque chose mais nous faisons partie
de ce vaste mouvement qui s'est mis en branle depuis longtemps et qui
exige la mise en place d'une société moderne qui
reconnaîtra les droits de tous et toutes.
Des révélations dans les médias le
même jour ont donné raison à la
préoccupation des participants quant au mépris de ce
gouvernement pour le respect des droits humains. On apprenait en effet
que la Commission canadienne des droits de la personne fermera ses
trois bureaux les plus importants, soient les bureaux régionaux
de Vancouver,
Toronto et Halifax. Ces bureaux ont reçu 75 % des plaintes
traitées par l'organisme en 2009.
Cette nouvelle a renforcé la détermination
des participants à lutter pour la pleine reconnaissance des
droits de tous et toutes.

Afghanistan
Plus de soldats américains morts
par suicide qu'au combat
Depuis octobre 2001 jusqu'à l'été
(boréal) dernier, 761 soldats de l'armée
étasunienne sont morts au combat en Afghanistan, et 817 suicides
ont été recensés.
C'est ce qu'indique un article paru dans la revue Time
sous le titre : « Is the U.S. Army Loosing the Battle
on Suicide ? »
Le phénomène du suicide chez les GI's, en
constante hausse ces cinq dernières années, est devenu le
problème majeur pour le Haut commandement des Forces
armées des États-Unis.
Les chiffres prouvent qu'aucune solution n'a encore
été trouvée, malgré les millions de dollars
investis et le recours à des centaines de spécialistes en
santé mentale, psychologues et psychiatres.
Selon la revue Time, au-delà des
efforts sur le plan médical, le problème serait
lié à l'engagement des soldats dans les combats.
De nouvelles recherches révèlent une
relation très étroite entre le nombre de missions
accomplies par un même soldat et le nombre de suicides.

Le Pentagone accusé de financer les talibans
- Enrique Roman, Granma International, le
21 avril 2010 -
Deux alliés des États-Unis dans leur
principale zone de conflit, le Moyen-Orient et l'Asie centrale, ont
osé élever la voix contre l'administration actuelle en un
bref laps de temps.
En premier lieu, Israël, qui a boudé la
visite du vice-président Joseph Biden en annonçant sans
préavis la construction de nouveaux établissements dans
l'est de Jérusalem.
L'autre voix discordante est celle de l'Afghanistan,
dont le président Hamid Karzaï, jusqu'ici l'homme de
Washington dans cette guerre déboussolée, a réagi
avec violence aux critiques formulées par Barack Obama lors de
sa récente visite, contre la corruption gouvernementale.
Dans ce qui a été
interprété comme une tentative de prendre ses distances
par rapport aux forces d'invasion, Karzaï a soutenu que s'il y
avait eu fraude aux dernières élections, c'était
les Occidentaux qui s'en étaient chargés,
nommément les observateurs des Nations unies et de l'Union
européenne.
Ses réflexions sur la présence des
troupes d'occupation ont laissé coi ses interlocuteurs :
« Dans cette situation, c'est à peine s'il existe une
différence entre invasion d'une part, assistance et
coopération de l'autre. » Et d'ajouter que si les
soldats étrangers sont perçus comme des envahisseurs et
les soldats du
gouvernement afghan comme leurs mercenaires, l'insurrection des
talibans « pourrait devenir un mouvement de
résistance nationale ».
Le sens même de la guerre en Afghanistan, qui a
déjà suscité pas mal de polémiques, revient
donc à l'ordre du jour. Aux déclarations de Karzaï
s'ajoutent l'invitation qu'il a faite au président iranien
Mahmoud Ahmadinejad et ses menaces d'alliance avec les talibans. On ne
s'en étonnera pas : nombreux sont ceux, du
côté
étasunien, à voir dans le président afghan non pas
une perspective de solution mais au contraire une complication
supplémentaire.
On le sait : en matière de politique, ce
qui fait surface n'est souvent que la pointe de l'iceberg dont le
volume réel, dans le cas de l'Afghanistan, est incommensurable,
puisque gonflé par des intérêts obscurs et
inavouables. Les exemples ne manquent pas.
On attend toujours les résultats d'une
enquête ouverte à la demande du Congrès
étasunien sur la dénonciation, il y a quelques mois, d'un
fait insolite : 10 % des dépenses du Pentagone en
contrats logistiques au profit de cette guerre aboutiraient aux mains
des talibans.
C'est le célèbre journaliste Aram Roston,
de The Nation, qui aurait levé le lièvre. Son
article très documenté a ensuite été repris
par d'autres. Les révélations de Roston étaient
pour le moins déconcertantes : « Des militaires
des États-Unis à Kaboul estiment qu'au moins dix pour
cent des contrats logistiques
du Pentagone – des centaines de millions de dollars - consistent dans
des paiements versés à l'insurrection. » A
quoi des fonctionnaires afghans ajoutent : « C'est de
là que provient la plus grosse part de leurs
revenus. »
La dénonciation pourrait viser plusieurs
coupables. Comme en Irak, des entreprises privées
complètent la logistique militaire étasunienne et font
ainsi de bonnes affaires. Roston détaille la participation
à ce négoce de figures importantes de la famille
Karzaï, dont certaines ont été liées,
à une période ou une autre, aux talibans. Il
évoque aussi le soutien apporté par ces entreprises
à la création d'institutions qui s'occupent de faire
monter la pression politique sur Washington.
Ainsi, fait aujourd'hui partie de la direction de la
Campaign for a U.S.-Afghanistan Partnership, une institution de
création récente qui fait du lobbying politique, un
certain Ahmed Wardak, fils du ministre afghan de la Défense et
président de NCL Holdings, une des principales
sociétés privées associées à la
guerre.
Ou encore Ahmad Rateb Popal, le traducteur du ministre
des Affaires étrangères des talibans avant l'invasion de
2001, un homme que l'on voyait sur les écrans de
télévision avec un turban noir, une barbe fournie et les
traces de la guerre contre l'Union soviétique : une main et
un bras difformes et un pansement sur l'oeil.
Popal, cousin du président Karzaï, contrôle
aujourd'hui le Watan Group, un consortium spécialisé dans
les télécommunications, la logistique et la
sécurité.
Ces entreprises florissantes ont pour mission de
protéger les convois d'armes et d'autres livraisons
destinés aux troupes occidentales depuis le Pakistan jusqu'au
territoire afghan. Ces convois empruntent des passages creusés
dans l'imposante cordillère dominée par des tribus
armées, des seigneurs de la guerre et des groupes de
talibans.
« En fait, les sociétés en
question ne protègent pas les convois destinés aux
troupes des États-Unis. Pour la simple raison qu'elles n'en ont
pas les moyens. Il leur faut la coopération des
talibans », écrit le journaliste Bruce Wilson. Et
Roston précise : « Le vrai secret du transport
par camion est d'assurer le
passage sur des routes dangereuses. Le cadre étasunien avec qui
j'ai parlé a été clair et précis : ‘
L'armée paye les talibans pour qu'ils ne tirent pas. Cet argent
provient du département de la Défense'. Tout le monde
confirme ses dires. »
Jean McKenzie, du Global Post, raconte qu'un
agent de ces firmes dans la province de Helmand négociait avec
un fournisseur local un chargement de canalisations à faire
venir du Pakistan. Le fournisseur a facturé 30 % de plus
que le prix réel : une somme à verser aux talibans
pour garantir que le
chargement arrive à bon port.
La doctrine de la contre-insurrection de
l'administration Obama a fait de l'argent une arme puissante, et ceci a
servi à grossir le chiffre d'affaires des firmes sous contrat.
Les transports routiers de NCL Hodings, assurent les journalistes, lui
ont rapporté 2,2 milliards de dollars, soit 10 % du produit
intérieur brut de
l'Afghanistan.
Au moment où ces données scandaleuses ont
été publiées, le représentant John Tierney,
président du Sous-comité de sécurité
nationale et des relations extérieures, a informé qu'une
enquête préliminaire avait permis de réunir assez
de preuves pour lancer une enquête exhaustive.
Mais l'enquête n'est toujours terminée, et
on ignore si elle le sera un jour. NCL Holdings a intenté un
procès à Aram Roston, indiquant que Wardak avait
été informé des opportunités de contrats de
transports routiers en Afghanistan par le site web consacré aux
affaires fédérales du gouvernement des États-Unis.
Même les partisans de l'administration de Barack
Obama multiplient les critiques contre la guerre. Quant aux troupes
d'occupation, elles parcourent les chemins qu'ont connus d'autres
armées et distribuent de coquettes sommes à leurs ennemis
dans une guerre criminelle, impopulaire et inutile.

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca
Courriel: redaction@cpcml.ca