Le Marxiste-Léniniste

Numéro 69 - 20 avril 2010

Premier Mai 2010

Tous aux activités de
la Journée internationale des travailleurs!


Revendications

•  Un système de santé public, gratuit  et universel
•  Un réseau public d'éducation accessible et de qualité
•  Des conditions de travail décentes pour toutes et tous
•  L'accès à la syndicalisation et à une libre négociation
•  De vraies mesures pour contrer la pauvreté
•  Pour la sauvegarde
des services publics,
   non à toute forme de privatisation

Activités du 1er mai 2010
  
Montréal
Le rassemblement est prévu, à midi, derrière la station de métro Lionel-Groulx (au coin des rues Atwater et Saint-Jacques) ; le cortège se dirigera au parc Saint-Gabriel à Pointe Saint Charles.
  
Montérégie
Secteur Rive-Sud
Rassemblement à 10 h 30 au parc Saint-Charles à Longueuil (Saint-Charles Ouest et de Châteauguay). Départ de la marche à 11 h (sur la rue Saint-Charles vers l'est). Lieu d’arrivée et fête familiale : parc Le Moyne (Saint-Charles et de Normandie) de 11 h 30 à 13 h 30.

St-Hyacinthe
Manifestations contre le gouvernement Charest

Au parlement canadien
Non au projet de loi amendant la loi de la Société canadienne des postes!

Manifestation à Toronto
Justice pour la première nation de Grassy Narrows

Cochabamba, Bolivie
Début de la Conférence mondiale des peuples sur les changements climatiques et les droits de la Terre Mère
Appel du Sommet
Invitation à l'Assemblée des mouvements sociaux

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St-Hyacinthe

Manifestations contre le gouvernement Charest


(Photo: CSN)

Depuis le dépôt du budget du Québec par le ministre des Finances Raymond Bachand, le mouvement contre l'agenda antisocial des libéraux n'a cessé de prendre de l'ampleur. Le Parti libéral du Québec a tenu son Conseil général à St-Hyacinthe les 16, 17 et 18 avril sous le thème « Faire du Québec la nation la mieux instruite ». Avec les coupures, la privatisation et la hausse des frais en éducation contenues dans le budget, ce thème ne peut être qu'une provocation.

Vendredi le 16 avril, plus de trois cent travailleurs du secteur public et parapublic se sont rassemblés devant l'Hôtel des Seigneurs de Saint-Hyacinthe où se tenaient la rencontre du Parti libéral. Ils ont profité de l'occasion pour réitérer leurs revendications et leur défense de services publics de qualité et accessibles à toute la population. Tout en rejetant fermement la menace d'une loi spéciale ils exigent une entente négociée dans les meilleurs délais.

 Les étudiants et les travailleurs de l'éducation se sont joints à eux pour dénoncer l'agenda des libéraux pour soumettre l'éducation à leur vision centrée sur le capital, qui mène au démantèlement des arrangements gagnés de hautes luttes par des générations de Québécois et Québécoises. Ils ont notamment tourné en dérision l'un des thèmes abordés lors du conseil général, celui de « L'éducation, une force économique ».

Dimanche matin, une autre cinquantaine de manifestants représentants des travailleurs de l'éducation et des citoyens venus de Mirabel, Bécancourt, Saint-Charles sur le Richelieu et Laval sont venus clamer leur colère contre le gouvernement Charest. Les enseignants de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) ont mis de l'entrain avec les slogans : « Le droit à l'éducation pour toute la population ! », « Nous sommes ici pour obtenir un monde meilleur pour l'avenir ! », « On défend le bien commun, pas la soif de quelques uns ! »

Un manifestant a dit au Marxiste-Léniniste : « Tout le monde est dans la rue, que ce soit les enseignants, les infirmières ou les travailleurs de différents secteurs ainsi que les activistes : ils ne veulent plus rien savoir. » Tous ont promis d'être présents aux actions du 22 avril et du 1er mai.

Les représentants de la FECQ et de la FEUQ ont tenu un point de presse. « Jean Charest détruit 45 ans de progrès en éducation au Québec. Il met au rancart l'accessibilité financière aux études, ce qui est la base même de la mobilité sociale au Québec », ont dénoncé Jean Grégoire et Xavier-Lefebvre Boucher, respectivement président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), concernant la hausse des frais de scolarité.

Pour ce qui est de la consultation mise de l'avant par le gouvernement, c'est non également pour les deux associations étudiantes, qui représentent près de 165 000 étudiants au Québec. « Si la ministre Courchesne espère que les étudiants cautionneront l'aveuglement idéologique de son parti lors d'une rencontre dont elle a écrit la conclusion d'avance, elle fait preuve d'une naïveté navrante. Nous n'irons pas à l'abattoir. »

Pour la Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ), les libéraux franchissent un pas de plus vers l'imposition de leur agenda en excluant de facto toutes sources alternatives de financement : « Encore une fois, le gouvernement écarte du revers de la main l'idée de faire financer les entreprises, celles qui en profitent réellement. Il est clair que les cartes sont jouées d'avance », de conclure Olivier Jégou, secrétaire général de la TaCEQ.

La Confédération des associations étudiantes de l'Université Laval (CADEUL) abonde dans le même sens. « Il sera impossible de résoudre le sous-financement du réseau de l'éducation postsecondaire par une hausse de la contribution étudiante sans nuire à l'accessibilité aux études. Présentement, les entreprises bénéficient grandement du système d'éducation québécois sans y contribuer... En augmentant légèrement la taxe qu'elles paient déjà au Fonds de service de santé du Québec, il serait possible de dégager plus de 800 millions $ pour les institutions d'enseignement postsecondaires, ce qui permettrait de régler le sous-financement sans mettre en péril l'accessibilité », affirme Barbara Poirier, présidente de la CADEUL.

« Nous voulons, pour le Québec, des étudiants avant tout compétents et non simplement riches. La proposition discutée lors du Conseil général du PLQ exclut totalement la compétence de l'équation », a constaté Patrick Couture, président de la Confédération pour le rayonnement étudiant en ingénierie du Québec (CRÉIQ).

« Prétendre que de telles mesures (hausse des frais de scolarité) seront sans impact sur l'accès à l'université relève de l'aveuglement idéologique. La réalisation du droit à l'éducation ne peut que dépendre d'une politique à sens inverse, c'est-à-dire par l'instauration de la gratuité scolaire, souligne Christian Pépin, porte-parole de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ).

Pour ce qui est du mensonge du gouvernement que l'endettement est sans impact sur la poursuite des études, l'ASSÉ affirme : « En plus des prestations sous le seuil de la pauvreté et de critères souvent trop restrictifs, comment le gouvernement peut-il s'entêter à croire que l'endettement est sans impact sur la poursuite des études ? Ne se rappelle-t-il pas la raison pourquoi tant d'étudiant-es sont descendu-es dans la rue au printemps 2005. » « Pour nous, la réponse est claire : l'aide financière aux études n'est pas en mesure de compenser les effets néfastes de telles mesures rétrogrades », ajoute Christian Pépin.

« La collusion entre les libéraux et ses donateurs du milieu entrepreneurial québécois est de plus en plus évidente, tout comme la corruption du gouvernement. Quels intérêts sert précisément le PLQ en attaquant la classe pauvre et moyenne et en haussant les tarifs ? Ceux de la classe aisée qui le finance ou ceux de la majorité de la population ? », accuse Christian Pépin.

L'association étudiante met en garde le gouvernement. « Le gouvernement doit s'attendre à ce que la protestation étudiante, et du peuple québécois en général, prenne de l'ampleur s'il perdure dans l'inacceptable. »

Au point de presse donné par Charest à la conclusion du Conseil général du PLQ, les Québécois ont eu droit à une démonstration de l'arrogance de ceux qui, comme Charest, ont usurpé le pouvoir par la force de la corruption et du contrôle des institutions dites démocratiques par la minorité riche. En référence à la chute de l'appui des libéraux dans les sondages et à la détermination exprimée par les travailleurs du secteur public à défendre leurs droits, le premier ministre a dit qu'il poursuivra sur la voie antisociale et antinationale : « Je veux vous dire ma détermination d'être à la hauteur, [...] de me battre pour l'avenir du Québec contre vents et marées, de combattre le cynisme là où il est pour que nous puissions nous battre pour la prochaine génération de Québécois. » Il a déclaré qu'il ne changera pas malgré l'opposition massive : il sera, dit-il, « celui que l'histoire jugera, celui que les Québécois jugeront lors des prochaines élections ».

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Au parlement canadien

Non au projet de loi amendant
la loi de la Société canadienne des postes!


Le Marxiste-Léniniste invite les travailleurs et tous les Canadiens à exiger que le projet de loi mis de l'avant par le gouvernement Harper visant à modifier la Loi de la Société canadienne des postes afin de supprimer l'exclusivité de Postes Canada en matière de courrier international soit retiré ou rejeté.

Ce projet de loi, qui s'inscrit dans le plan de démantèlement de Postes Canada, a d'abord été présenté le 29 octobre 2007. Il est mort au feuilleton lorsque Stephen Harper a prorogé le parlement en décembre 2008, puis il a été ré-introduit en juin 2009, en tant que projet de loi C-44 et a été adopté en première et deuxième lectures. Une fois de plus, il est mort au feuilleton lorsque la Chambre a été prorogée à nouveau.

Le gouvernement Harper a maintenant présenté le projet de loi sous une nouvelle forme. Au lieu d'un texte législatif distinct, le projet de loi a été ajouté au projet de loi C-9, Loi portant exécution de certaines dispositions du budget, déposé au parlement le 4 mars 2010. Le projet de loi C-9, qui fait 880 pages, contient plusieurs législations qui n'ont rien à voir avec le budget, y compris des modifications à la loi sur l'assurance-emploi et l'épuration de la réglementation sur l'environnement. Son inclusion dans le projet de loi C-9 vise à garantir son passage puisque Michael Ignatieff, chef de l'Opposition officielle, a déclaré que l'opposition libérale va assurer l'adoption du budget.

Le projet de loi exclut le courrier international, c'est-à-dire toutes les lettres destinées à être livrées à un destinataire extérieur du Canada, du privilège d'exclusivité de Postes Canada. Il autorise les activités illégales des entreprises de repostage, les entreprises qui font la collecte du courrier au Canada pour être livré à l'extérieur du Canada. Il fait suite aux procès remportés par Postes Canada contre les entreprises de repostage pour violation de la loi qui donne le privilège exclusif à Postes Canada sur la distribution du courrier à moins d'être explicitement restreint par la loi.

Le gouvernement Harper a d'ailleurs nommé un comité chargé de procéder à un « examen stratégique » de Postes Canada, qui a publié son rapport en 2009. Le Groupe consultatif s'est rangé carrément du côté des entreprises de repostage.

Lors de sa présentation au comité d'examen stratégique, Postes Canada a déclaré : « L'ouverture d'une partie du marché aux entreprises de repostage est considérée par certains comme étant la première étape d'une plus grande libéralisation du marché postal canadien. Une fois le marché des lettres ouvert à la concurrence des entreprises du secteur privé, les nouveaux arrivants se concentreront rapidement sur la croissance de leur entreprise dans les marchés urbains de haute densité au Canada, comme Montréal, Toronto et Vancouver. Ils essaieront "d'écrémer" de manière efficace nos activités dans les marchés les plus rentables. »

Postes Canada a tout à fait raison quand elle dit que l'élimination du privilège exclusif de Postes Canada de recueillir, transmettre et distribuer le courrier est un moyen de remettre une partie rentable de la société d'État aux intérêts privés. Mais la réponse de Postes Canada dévoile sa vision centrée sur le capital et son refus de défendre les institutions nationales. Elle déclare que si elle est privée de ces recettes, elle devra être « libérée en même temps de certaines de ses obligations, ou bénéficier d'un appui pour rapidement réduire ses coûts... »

Voilà en concentré la vision de Postes Canada et de l'oligarchie financière qui président à la restructuration de ce qu'elles appellent la création d'un « service postal moderne ». Elles considèrent leur responsabilité sociale envers les Canadiens comme un fardeau et une obligation dont elles demandent d'être libérées, et les travailleurs des postes qui créent la valeur ajoutée comme un « coût de production » qui devrait être réduit. Voilà le service postal « moderne » selon cette vision dans laquelle le bien-être des travailleurs des postes et la responsabilité sociale envers les Canadiens sont considérés comme de simples obstacles à l'augmentation des bénéfices.

Le rapport du Groupe consultatif a précisé que la suppression du privilège exclusif pour le courrier international n'est qu'une première étape dans la destruction de Postes Canada. Il a recommandé que « le courrier international sortant soit ouvert à la concurrence, comme cela a été la pratique (si non la loi), en une seule étape supplémentaire vers la libéralisation des marchés postaux qui se déroule au niveau international ».

Le gouvernement libéral de Jean Chrétien a lancé le premier grand assaut contre les travailleurs des postes et le service postal dans le cadre de sa politique de restructurer Postes Canada pour rendre les monopoles concurrentiels.

Les entreprises de repostage international sont les grandes sociétés comme Spring, cette coentreprise de trois opérateurs de services postaux publics (OPP), TNT Post Group NV (OPP néerlandais), le British Post Office et Singapore Post. Spring a commencé à faire des affaires au Canada en violation flagrante de la loi, et sera désormais récompensée par ce projet de loi qui rendra légale son activité illégale. C'est une invitation ouverte aux monopoles à continuer de bafouer les lois canadiennes en toute impunité. Tout comme la violation de la loi sur l'investissement étranger par des monopoles comme US Steel, Vale et Xstrata, ce projet de loi fait partie de ce que le gouvernement Harper a appelé dans son discours du Trône « encourager » les investissements étrangers.

Postes Canada ne doit pas être démantelée ou privatisée. Elle est une institution essentielle au Canada et doit être organisée sur une base résolument moderne au service du développement d'un Canada indépendant fondé sur une économie qui suffit à ses besoins et qui pratique le commerce extérieur pour l'avantage réciproque.

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Manifestation à Toronto

Justice pour la Première Nation de Grassy Narrows

Le 7 avril dernier, des centaines de membres de la nation autochtone de Grassy Narrows et leurs supporters ont tenu une manifestation militante dans les rues du centre-ville de Toronto pour demander aux gouvernements fédéral et de l'Ontario d'agir immédiatement pour résoudre le problème de la pollution au mercure qui affecte la communauté depuis longtemps. Les manifestants ont porté une banderole bleue de 15 000 pieds carrés symbolisant la rivière depuis la rue University jusqu'à Queens' Park et ils avaient avec eux des joueurs de tambour et des activistes déguisés en animaux, de même que de grandes marionnettes colorées représentant des poissons. On pouvait lire sur leurs grandes bannières : « Une eau propre, c'est notre survie ! » et « Restaurez immédiatement les droits des Premières Nations ! »

La Première Nation de Grassy Narrows est une communauté d'environ 1000 personnes située à environ une heure d'auto au nord-est de Kenora (dans le nord-ouest de l'Ontario). Entre 1962 et 1970, la Dryden Pulp & Paper Co. a déversé 9000 kilogrammes de mercure dans la rivière avoisinante de Wabigoon. Un barrage permanent est en place depuis sept ans à l'entrée de la forêt Whiskey Jack pour porter à l'attention de tous la lutte de la nation autochtone de Grassy Narrows pour contrôler son territoire.


Barrage de la nation de Grassy Narrows en 2006.

« Je pense que plusieurs personnes dans ces immeubles et dans ces villes n'ont aucune idée de la dévastation qui frappe nos communautés », a dit Judy Da Silva, porte-parole de Grassy Narrows et activiste du barrage. Les voies d'eau de la communauté sont devenues un poison pour notre peuple, a-t-elle ajouté. « La lutte sera longue avant que nous ayons à nouveau de l'eau propre et que nous redonnions vie au territoire. »


Le chef de la nation Grassy Narrows Simon Fobister s'adresse aux manifestants.

« Cela fait 40 ans que nous réclamons justice », a dit le chef Simon Fobister qui a présenté le message de la communauté lors de la Journée mondiale de la santé. « Notre santé s'aggrave de génération en génération. Il faut arrêter cela. »

« Comment la confiance et la réconciliation peuvent-elles exister lorsque le gouvernement de l'Ontario se défile devant ses responsabilités pour la pollution au mercure qu'il a permise », a dit le chef dans la déclaration qu'il a lue.

« Notre communauté souffre toujours des impacts sur sa santé et son moyen de subsistance que cause ce poison dans notre eau. Ça n'est pas surprenant qu'il y ait un barrage. La province doit s'asseoir avec nous et résoudre le problème du mercure », a-t-il ajouté.

Fobister a demandé aux gouvernements de « corriger le problème du mercure » et a présenté les revendications suivantes :

1. Les gouvernements doivent s'asseoir avec la nation autochtone et corriger le problème du mercure.

2. Ils doivent reconnaître l'empoisonnement au mercure de Grassy Narrows et renforcer les guides de sécurité de Santé Canada concernant le mercure afin de protéger tout le monde ;

3. Ils doivent surveiller la situation de façon permanente en finançant le centre environnemental et de formation de la jeunesse qui est géré par la nation de Grassy Narrows ;

4. Il faut arrêter les usines de polluer l'eau et l'air ;

5. Il faut rétablir le contrôle de la nation Grassy Narrows sur son territoire.

En 1999, le gouvernement fédéral a arrêté de surveiller les niveaux de mercure dans la région en prétendant que le taux de mercure de la rivière Wabigoon est inférieur aux limites fédérales.

Le chef du Grand Conseil de la nation anishinabek Patrick Madahbee a aussi pris la parole au rassemblement et dit que le gouvernement n'a pas fait assez pour les communautés de Premières Nations affectées par l'empoisonnement au mercure du système de la rivière English-Wabigoon.

« Cela fait trop longtemps que les préoccupations des communautés de Grassy Narrows et de Wabaseemoong pour leur santé ont été négligées, a dit Madahbee. Les conséquences de la contamination de la rivière il y a 40 ans continuent d'affecter ceux qui viennent au monde aujourd'hui. Est-que les députés de l'Ontario ou du Canada toléreraient que la source première d'eau et de nourriture de leurs familles soit contaminée par un poison mortel ? J'en doute beaucoup. »

La nation anishinabek appuie entièrement la communauté de Grassy Narrows dans sa lutte pour se faire entendre des gouvernements. « Cela fait des dizaines d'années que les gouvernements et les industries polluent la terre et l'eau des Premières Nations. Assez, c'est assez », a dit Madahbee.


La manifestation et la conférence de presse de la veille ont également attiré l'attention sur l'étude récemment traduite sur Grassy Narrows qu'a faite le scientifique japonais le docteur Masazumi Harada. L'étude a démontré que 79 % des 187 personnes qui ont passé un test en 2002 et en 2004 avaient ou pouvaient avoir la maladie de Minimata qui est causée par l'exposition au mercure-méthyl. Les tremblements, la restriction du champ visuel, l'altération de l'ouïe et de l'élocution et la perte de coordination musculaire et de sensation aux extrémités sont des symptômes de la maladie. Selon un article du Toronto Star, « Harada a d'abord fait passer des examens à des membres de la communauté en 1975. Il a observé que les gens de Grassy Narrows affichaient des taux de mercure plus de trois fois plus élevés que la limite permise par Santé Canada et sept fois plus élevés que la limite à White Dog. Lorsque Harada est revenu en 2004, les gens qu'il avait testés et avaient des taux de mercure dans le corps supérieurs aux limites étaient morts. » Ceux qui avaient affiché des niveaux considérés acceptables avaient commencé à démontrer des symptômes légers.

Après 7 ans de négociations, un accord de compensation a été signé en 1985 mais il n'accordait que 8000 $ par résident de Grassy Narrows et de White Dog. L'entente prévoit que les résidents dont l'empoisonnement au mercure est reconnu par le Mercury Disability Board reçoivent entre 250 $ et 800 $ par mois. Le Board n'a cependant reconnu que 38 % des gens que le docteur Harada a reconnus comme ayant la maladie de Minamata, la maladie de Minamata assortie de complications et potentiellement la maladie de Minamata. Les aînés de Quibell, aussi connus sous le nom de Wabauskang, ont aussi soumis des demandes de compensation mais elles sont été rejetées.

Selon un reportage de la CBC, « le mercure a causé plus de problèmes de santé à Grassy River. La pêche dans la rivière a été bannie en 1970 suite à sa contamination. Cela a subitement fait monter le taux de chômage local – jusqu'à 80 % – et ce taux est demeuré le même depuis lors. »

Plutôt que de prendre position pour la justice et d'aider immédiatement la nation autochtone de Grassy Narrows en résolvant ce problème qui perdure depuis des décennies, le gouvernement de l'Ontario donne une réponse bureaucratique. Selon le premier ministre Dalton McGuinty, le gouvernement provincial « se doit » d'étudier les conclusions de Harada uniquement parce qu'elles contredisent l'affirmation du gouvernement fédéral selon laquelle l'empoisonnement au mercure à Grassy Narrows est sous contrôle.

(Toronto Star, communiqué de presse de la nation anishinabek, Lake of the Wood Enterprise. Photos : FreeGrassy.org, Toronto Media Coop/Allan Lissner)

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Cochabamba, Bolivie

Début de la Conférence mondiale des peuples sur les changements climatiques et les droits de la Terre Mère

Du 19 au 22 avril se déroule à Cochabamba, en Bolivie, la Conférence mondiale des peuples sur les changements climatiques et les droits de la Terre Mère. Plus de 15 000 personnes de 126 pays se sont inscrites. Les droits et les contributions des peuples autochtones aux questions de l'environnement auront une place importante dans le programme. Le président de la Bolivie Evo Morales est lui-même un indien aymara et la Bolivie est connue en tant qu'État plurinational, en reconnaissance des peuples autochtones qui la composent.

Morales a rappelé que la proposition de la Bolivie pour le sommet a été convenue lors d'une rencontre antérieure des organisations sociales et des populations autochtones après le fiasco du sommet des Nations unies sur les changements climatiques à Copenhague en décembre 2009.

S'adressant aux médias le 14 avril, le président bolivien a également annoncé que les présidents Daniel Ortega du Nicaragua, Rafael Correa de l'Équateur, Hugo Chavez du Venezuela et Fernando Lugo du Paraguay assisteront à la conférence.

Parmi les personnalités dont la participation a été confirmée par le ministère bolivien des Affaires étrangères, on retrouve Alberto Acosta, président de l'Assemblée constituante de l'Équateur, Miguel D'Escoto, diplomate nicaraguayen et ancien président de l'Assemblée générale des Nations unies, ainsi qu'Edigio Brunetto, un chef de file du Mouvement des ouvriers agricoles sans terre (MST) au Brésil. En outre, plus de 50 scientifiques, des dirigeants des mouvements sociaux, des chercheurs, des universitaires et des artistes du monde entier ont accepté de prendre la parole lors de 14 panels.

Le président bolivien a évalué les préparatifs de ce sommet comme très positifs, dans lequel les délégués participeront à 17 groupes de travail pour traiter de questions telles que les causes structurelles des changements climatiques, vivre en harmonie avec la nature et les droits de la Terre Mère.

Les autres groupes de travail porteront sur un projet de référendum mondial sur les changements climatiques ; une autre proposition visant à instaurer un Tribunal de justice du climat ou une Cour internationale de justice du climat ; les migrants climatiques ; les peuples autochtones ; la dette climatique ; une « vision partagée » de l'action (un concept introduit par les pays développés dans le cadre du Plan d'action de Bali adopté à la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques de 2007) ; le Protocole de Kyoto ; l'adaptation au changement climatique ; le financement ; le transfert des technologies ; les forêts ; les dangers du marché du carbone ; les stratégies d'action ; l'agriculture et la souveraineté alimentaire.

Le sommet annoncera également le plus grand référendum au monde, avec un maximum de deux milliards de personnes appelées à voter sur les moyens de sortir de la crise climatique. La Bolivie veut aussi créer une charte de l'ONU des droits et préparer un plan d'action pour mettre en place un tribunal international de justice du climat.

« La seule façon de s'assurer que les négociations sur le climat reviennent sur la bonne voie, non seulement pour la Bolivie ou d'autres pays, mais pour toute forme de vie, pour la biodiversité, pour notre Terre Mère, est que la société civile soit partie prenante du processus. La seule chose qui peut sauver l'humanité d'une catastrophe [climatique] est l'exercice de la démocratie mondiale », a déclaré l'ambassadeur de la Bolivie à l'ONU, Solón Pablo à Bonn, à la fin des dernières négociations de l'ONU.

« Il n'y aura pas de discussions secrètes derrière des portes closes. Le débat et les propositions proviendront des communautés qui vivent les changements climatiques, des organisations et des individus de la société civile qui se consacrent à la lutte contre la crise climatique », a-t-il dit.

« Nous espérons que cette forme unique contribuera au transfert du pouvoir vers les peuples, là où il doit être sur cette question cruciale pour toute l'humanité. Nous ne prévoyons pas d'accord sur tout, mais au moins nous pouvons commencer à discuter ouvertement et sincèrement, contrairement à Copenhague », a déclaré Solón.

Les conclusions du forum seront présentées lors de ce rassemblement des peuples et envoyées plus tard à la réunion de l'ONU sur ces questions en décembre à Cancun, au Mexique.

La cérémonie de clôture du sommet fêtera le Jour de la Terre au stade Félix Capriles à Cochabamba le 22 avril, une autre des initiatives de Morales soutenue par les 192 nations membres de l'ONU. Le journal The Guardian rapporte également que cela coïncidera avec les célébrations de la « guerre pour l'eau » à Cochabamba en 2000, lorsqu'une révolte contre la privatisation de l'eau dans la ville a été une source d'inspiration pour les mouvements sociaux en Amérique latine et a contribué à l'élection de Morales à la présidence de la Bolivie. Des actions coordonnées le Jour de la Terre auront lieu partout dans le monde.

Pour plus de détails sur le programme, visitez : http ://pwcccwordpress.com

(IPS, Prensa Latina, The Guardian, site Web de la conference)

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Appel du Sommet

Considérant que les changements climatiques représentent aujourd'hui une menace réelle pour l'existence de l'humanité, les êtres vivants et notre Terre Mère en tant que telle ;

Notant le grave danger qui existe pour les îles, les zones côtières, les glaciers de l'Himalaya, des Andes et des montagnes du monde, les pôles de la Terre, les régions chaudes comme l'Afrique, les sources d'eau, les populations touchées par l'augmentation des catastrophes naturelles, les plantes et les animaux, ainsi que les écosystèmes en général ;

Précisant que les personnes les plus touchées par les changements climatiques seront les plus pauvres du monde qui verront leurs maisons et leurs sources de survie détruites, et qui seront forcées d'émigrer et de chercher refuge ;

Confirmant que 75 % des émissions historiques de gaz à effet de serre trouvent leur origine dans les pays du Nord qui ont suivi la voie de l'industrialisation irrationnelle ;

Notant que les changements climatiques sont un produit du système capitaliste ;

Regrettant l'échec de la Conférence de Copenhague causé par les pays dits « développés », qui ne reconnaissent pas la dette climatique qu'ils ont envers les pays en développement, les générations futures et la Terre Mère ;

Affirmant que, pour assurer le respect intégral des droits humains au XXIe siècle, il est nécessaire de reconnaître et de respecter les droits de la Terre Mère ;

Réaffirmant la nécessité de lutter pour la justice climatique ;

Reconnaissant la nécessité de prendre des mesures urgentes afin d'éviter d'autres dommages et des souffrances à l'humanité, à la Terre Mère et de rétablir l'harmonie avec la nature ;

Confiant que les peuples du monde, guidés par les principes de solidarité, de justice et le respect de la vie, seront en mesure de sauver l'humanité et la Terre Mère, et

Célébrant la Journée internationale de la Terre Mère,

Le gouvernement de l'État plurinational de Bolivie appelle les peuples du monde, les mouvements sociaux, les défenseurs de la Terre Mère et invite les scientifiques, les universitaires, les avocats et les gouvernements qui veulent travailler avec leurs citoyens à la Conférence mondiale des peuples sur les changements climatiques et les droits de la Terre Mère, qui se tiendra du 20 au 22 avril 2010 à Cochabamba en Bolivie.

La Conférence mondiale des peuples sur les changements climatiques et les droits de la Terre Mère a pour objectifs :

1) D'analyser les causes structurelles et systémiques qui entraînent les changements climatiques et de proposer des mesures drastiques pour assurer le bien-être de toute l'humanité en harmonie avec la nature ;

2) De discuter et de s'entendre sur le projet d'une Déclaration universelle des droits de la Terre Mère ;

3) De se mettre d'accord sur des propositions pour de nouveaux engagements au Protocole de Kyoto et des projets pour une décision de la COP [Conférence des Parties, l'organe directeur de la Convention sur la diversité biologique - ndlr] selon le cadre des Nations unies sur les changements climatiques qui guideront les actions futures de ces pays qui sont aux prises avec la vie dans le cours des négociations sur les changements climatiques et dans tous les scénarios des Nations unies, relatifs à :

- La dette climatique
- Les migrants-réfugiés des changements climatiques
- Les réductions des émissions
- L'adaptation
- Le transfert de technologie
- La forêt et les changements climatiques
- Une vision partagée
- Les peuples autochtones, et
- Autres

4) De travailler à l'organisation d'un référendum des peuples du monde sur les changements climatiques;

5) D'analyser et élaborer un plan d'action pour faire progresser la mise en place d'un Tribunal de justice climatique;

6) De définir des stratégies d'action et de mobilisation pour défendre la vie des changements climatiques et défendre les droits de la Terre Mère.

Bolivie, le 5 janvier 2010
Evo Morales Ayma
Président de l'État de Bolivie

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Invitation à l'Assemblée des mouvements sociaux

Nous, militants de plusieurs mouvements sociaux divers, considérons que la période actuelle est caractérisée par l'arrogance et l'autoritarisme des États-Unis, de l'Union européenne et des sociétés transnationales. Cela a été démontré à Copenhague où très peu de pays ont entrepris de créer un résultat qui était en désaccord avec la COP 15, et n'a rien fait pour mettre un frein au réchauffement climatique et à la crise climatique.

L'augmentation de la présence militaire et des bases militaires dans différentes parties du monde, les invasions « humanitaires » et les occupations qui indiquent la guerre, l'occupation des marchés et des territoires et la présence militaire pour contrôler les ressources énergétiques, l'eau et la biodiversité naturelle sont toutes des tactiques dérivées de la crise de la civilisation du capitalisme et de la logique d'exploitation, du racisme et du patriarcat. Ces tactiques sont également utilisées pour masquer la crise climatique dans des négociations illégitimes.

Notre réponse est de lutter pour le droit de tous les peuples à vivre une vie décente dans leurs communautés, contre les fausses solutions aux crises, contre la militarisation en tant que solution et contre les actions des sociétés transnationales. Ces transnationales, avec l'appui des gouvernements ou des institutions multilatérales telle la Banque mondiale, sapent les frontières nationales pour la production de monocultures, la privatisation de l'air et la création de marchés spéculatifs appelés « crédits de carbone ».

C'est dans ce contexte que nous présentons à la Conférence mondiale des peuples sur les changements climatiques et les droits de la Terre Mère. À Cochabamba, nous avons organisé une Assemblée des mouvements sociaux, la poursuite de nos efforts et de l'articulation dans la lutte, avec deux objectifs :

* Discuter et organiser notre appui à des propositions et initiatives des gouvernements qui se sont engagés envers les droits des peuples et de l'environnement ;

* Discuter et organiser notre ordre du jour en tant que mouvements sociaux afin de promouvoir nos solutions et notre résistance à la marchandisation de la relation entre les peuples, et entre les peuples et leur environnement - l'offense commise par les transnationales et la militarisation.

Aliance sociale continentale (ASC)
Les Amis de la Terre-Amérique latine
Cebrapaz
Confédération syndicale des travailleurs et travailleuses des Amériques (CSA)
Climate Justice Now !
CLOC
COMPA
Fdim
Jubilee Americas
Marche mondiale des femmes
Oclae
Réseau ADTM AYNA
Mouvement paysan international Via Campesina

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