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49e anniversaire de la défaite de
l'invasion de la baie des Cochons
Bas les pattes de Cuba!
Le 17 avril 1961, des mercenaires anticubains
formés par la CIA débarquaient à la Playa de Giron
mais leur tentative de renverser la jeune révolution
échoua lamentablement. En cette occasion, Le
Marxiste-Léniniste transmet ses salutations les plus
chaleureuses au peuple cubain et à ses dirigeants et leur
souhaite plein succès dans
le renforcement de leur révolution.
La victoire décisive sur les forces ennemies
à la baie des Cochons est considérée comme
étant la première défaite de l'impérialisme
étasunien en Amérique latine, où il avait
déjà provoqué de nombreuses tragédies par
l'orchestration de coups d'État, les interventions militaires et
d'autres actes d'ingérence.

Avril
1961: Raúl (à gauche), Fidel Castro et les forces
armées cubaines
célèbrent leur victoire contre la tentative d'invasion de
mercenaires
soutenus par les États-Unis à la baie des Cochons.

À gauche: Fidel
Castro commande les troupes cubaines. À droite: les mercenaires
de la Brigade 2506 capturés.
En 1961, la CIA mettait la touche finale à son
plan Pluto dont le but était d'établir une tête de
pont sur le territoire cubain et de provoquer une situation qui
donnerait un faux prétexte aux États-Unis pour intervenir
et instaurer un régime fantoche. Elle avait réuni
à cette fin la Brigade 2506 constituée en grande partie
de bourreaux de l'ex-
dictateur à la solde des États-Unis, Fulgencio Batista,
et
de mercenaires, terroristes et oligarques renversés.

Le 15 avril
1961: Fidel Castro prononce la déclaration historique
établissant le caractère socialiste de la
Révolution cubaine.
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Durant les jours qui précédèrent le
débarquement, les États-Unis et leurs mercenaires
multiplièrent les provocations, notamment avec le bombardement
de bases à La Havane et à Santiago de Cuba, faisant
plusieurs morts et causant des dommages considérables. Enhardis
par leurs actes de terrorisme et de lâcheté, et convaincus
que le peuple
cubain les soutiendrait, les impérialistes étasuniens et
leurs mercenaires entreprirent d'envahir.
Les mercenaires qui débarquèrent à
la baie des Cochons le 17 avril étaient mal organisés et
mal équipés. Ils avaient cru que les Cubains les
accueilleraient à bras ouverts, mais l'illusion se fracassa
contre la réalité de l'unité du peuple cubain
autour de Fidel et de l'armée, qui ne voulait pas que Cuba
redevienne une colonie des États-Unis.
Malgré le soutien de l'armée étasunienne, les
mercenaires furent vaincus le 19 avril. Beaucoup de patriotes cubains
sont morts et beaucoup de fermiers et de civils ont succombé aux
tirs de l'ennemi. Quelque 1 200 envahisseurs furent capturés et
plus tard échangés pour des médicaments, des
équipements médicaux et des pensions alimentaires pour
les enfants cubains.
La veille du débarquement, le 16 avril, avait
lieu un important événement. Le président Fidel
Castro prononça à La Havane l'historique
déclaration qui établissait le caractère
socialiste de la Révolution. La défaite de
l'impérialisme étasunien à la baie des Cochons et
son impuissance à vaincre la Révolution depuis ont en
fait prouvé que le
socialisme était essentiel à la consolidation de la
Révolution cubaine. Ce petit pays insulaire a tenu tête
aux tentatives incessantes des États-Unis de le forcer à
se soumettre par des actes de terrorisme et un blocus meurtrier,
précisément parce qu'il a su établir une
société profondément axée sur l'être
humain qui voit au bien-être de son peuple dans
toutes les conditions et qui, de surcroît, apporte une aide aux
peuples du monde avec ses brigades internationalistes.

La baie des Cochons et la campagne anticubaine
- Prensa Latina, le 14 avril 2010 -
L'âpre campagne médiatique que les
États-Unis et leurs alliés européens mènent
présentement contre Cuba rappelle la campagne de fausses
révélations publiques de Washington avant la tentative
d'invasion à la baie des Cochons en 1961.
Avril 1961, tout comme avril de cette année,
avait été témoin d'une campagne médiatique
concertée contre la Révolution cubaine naissante
grâce au contrôle des médias de masse par les
États-Unis.
La décision de renverser le gouvernement cubain
par la force avait été prise bien avant par les cercles
dirigeants des États-Unis.
Ceux qui, traditionnellement, contrôlaient
l'économie et la société cubaines n'avaient jamais
imaginé que ce petit pays voisin pourrait un jour prendre ses
propres décisions et assumer sa destinée.
En fait, dès avril 1959, après l'entrevue
accordée par Fidel Castro, le vice-président
étasunien Richard Nixon proclama qu'il était
impératif d'éliminer la Révolution parce qu'elle
représentait une menace pour les intérêts des
États-Unis.
Les groupes basés en Floride chargés de
commettre des actes de terreur contre Cuba reçurent beaucoup
d'appui tandis que la campagne médiatique faisait une propagande
en faveur de l'agression directe.
Les États-Unis n'épargnèrent aucun
effort pour convaincre le monde, avec de fausses
révélations, qu'une rébellion grondait contre la
Révolution cubaine et qu'il y avait un appui grandissant dans le
monde en faveur d'un « gouvernement en exil »
constitué d'anciens politiciens corrompus.
La stratégie n'a pas beaucoup changé avec
le passage du temps. On assiste aujourd'hui à une avalanche de
mensonges à propos de la réalité cubaine avec le
même appui à ceux qui préfèrent être
au service de la puissance ennemie.
N'en demeure pas moins que la défaite de
l'invasion de la baie des Cochons passera à l'histoire comme une
défaite humiliante, infligée en moins de 72 heures par
une armée payée que même les coûteuses
campagnes médiatiques n'ont pu sauver.

8e anniversaire du coup d'État au
Venezuela
Coup, contrecoup et une révolution
- Eva Golinger, le 11 avril 2010 -
Caracas, Venezuela, le 13
avril 2010: le président Hugo Chavez assermente 30 000 nouveaux
soldats
de la Milice nationale bolivarienne dans le cadre des
célébrations du 13 avril, jour de rébellion et de
victoire
du peuple qui, il y a huit ans, rétablissait le président
dans ses fonctions au palais Miraflores.
(Photo: Agencia
Bolivariana de Noticias)
Le 13 avril 2010, le Venezuela a commémoré
le huitième anniversaire du coup d'État soutenu par
Washington qui a changé pour toujours la révolution
bolivarienne.
En l'espace de seulement 47 heures, un coup
d'État a renversé le président Chavez et un
contrecoup l'a ramené au pouvoir, une extraordinaire
démonstration de la volonté et la détermination
d'un peuple digne, engagé sur une voie révolutionnaire
sans retour. Les médias ont joué un rôle majeur
dans la réalisation du coup d'État et la
propagation de fausses informations au niveau international pour
justifier les actions des putschistes. Des documents de la CIA ont
révélé l'implication du gouvernement
étasunien et le soutien aux organisateurs du putsch.
Lorsque Hugo Chavez a été élu
président en 1998, l'administration Clinton a maintenu une
« politique attentiste ». Le Venezuela avait
été un fidèle serviteur des intérêts
étasuniens tout au long du XXe siècle, et malgré
le discours révolutionnaire du président Chavez, peu
à Washington croyaient qu'un changement était
imminent.
Mais lorsque Chavez a donné suite à sa
première promesse électorale majeure, soit de convoquer
une assemblée constituante et reformuler la Magna Carta de la
nation, tout s'est mis à changer.
La nouvelle Constitution fut rédigée et
ratifiée par le peuple, par une extraordinaire manifestation de
la démocratie participative. Au début de 1999, tous les
Vénézuéliens ont été invités
à mettre la main à la pâte pour créer ce qui
allait devenir l'une des constitutions les plus avancées au
monde dans le domaine des droits humains. Le projet de
texte de 350 articles, qui comportait un chapitre consacré aux
droits des peuples autochtones, ainsi que les droits au logement, la
santé, l'éducation, la nutrition, au travail, aux
salaires équitables, l'égalité, les loisirs, la
culture, et une redistribution de la production et des profits de
l'industrie pétrolière, a été
ratifié par référendum national vers la fin
de 1999 par plus de 70 % des électeurs.
Des élections ont immédiatement
été convoquées en vertu de la nouvelle structure
constitutionnelle, et Chavez a gagné de nouveau avec une
majorité encore plus grande, soit environ 56 %. Une fois au
pouvoir en 2000, les lois ont été mises en oeuvre pour
garantir les nouveaux droits accordés par la Constitution, et
des intérêts ont été
touchés. Le Venezuela a assumé la présidence de
l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), avec le
prix du baril de pétrole à environ 7 $US.
Rapidement, sous la direction du Venezuela, qui a demandé que
les pays producteurs bénéficient du pétrole et non
pas les pays acheteurs, le prix du baril de pétrole est
passé à plus de
25 $US. Washington était mal à l'aise avec ces
changements, mais était encore en « attente de
voir » jusqu'au irait le changement.
Les changements que Washington refusait
En 2001, la Révolution bolivarienne
proposée par le président Chavez a commencé
à prendre forme. L'industrie pétrolière
était en train d'être restructurée, des lois sur
les hydrocarbures ont été adoptées qui
permettraient une redistribution des bénéfices
pétroliers et Chavez était en train de
récupérer une industrie - nationalisées en 1976 -
qui se trouvait sur la voie de la privatisation. L'opposition
intérieure a commencé à croître,
principalement composée de l'élite économique et
politique qui a gouverné le pays pendant les 40 années
précédentes, maintenant mécontente des changements
réels qui avaient lieu. Alignés sur ces
intérêts se
trouvaient les propriétaires des médias du Venezuela -
télévision, radio et presse écrite, qui
appartenaient à l'ancienne oligarchie du pays.
Au début de 2001, le président Chavez a
participé à la rencontre du Sommet des Amériques
à Québec, Canada. Il y avait eu un changement à
Washington : George W. Bush avait emménagé à
la Maison blanche. Le président Bush était présent
à la rencontre de Québec, où il a annoncé
l'intention des États-Unis d'étendre le
libre-échange
à toutes les Amériques - la Zone de libre-échange
des Amériques (ZLÉA). Lors du sommet, Hugo Chavez a
été le seul chef d'État à s'y opposer.
C'était la première manifestation de son
« insubordination » aux plans des
États-Unis.
Plus tard cette année-là, après les
attentats dévastateurs et tragiques contre le World Trade Center
à New York, Washington a commencé une campagne de
bombardements en Afghanistan. Le président Chavez a
déclaré publiquement que les bombardements de
l'Afghanistan et le meurtre de femmes et enfants innocents
étaient un acte de terreur.
« C'est faire la lutte au terrorisme avec
terreur », a-t-il déclaré à la
télévision nationale en octobre 2001. Cette
déclaration a provoqué la première réponse
officielle de Washington.
Peu de temps après, l'ambassadrice des
États-Unis à Caracas, à l'époque Donna
Hrinak, a demandé à rencontrer Chavez au palais
présidentiel. Elle lui a lu une lettre de Washington lui
demandant de désavouer publiquement sa déclaration sur
l'Afghanistan. Le chef de l'État
vénézuélien n'a pas acquiescé à la
demande et a informé
l'ambassadrice que le Venezuela était devenu un État
souverain, non plus subordonné à la puissance
étasunienne.
Hrinak a été rappelée à
Washington et un nouvel ambassadeur a été envoyé
au Venezuela, un expert en coups d'État.
Washington organise le putsch
À mesure que les inquiétudes de Washington
croissaient face aux changements survenus au Venezuela et à
l'insubordination du président vénézuélien,
les groupes d'affaires et les intérêts puissants à
l'intérieur du Venezuela ont commencé à envisager
la destitution de Chavez. Ceux qui dirigeaient la
compagnie pétrolière d'État, PDVSA, étaient
déterminés à défendre leurs postes et leur
contrôle de la société d'État, ainsi que
leurs bénéfices faramineux, qui au lieu d'être
investis au pays étaient acheminés dans les poches des
dirigeants des sociétés pétrolières.
Une entité étasunienne,
créée par le Congrès américain en 1983 et
supervisée par le département d'État, le National
Endowment for Democracy (NED), a commencé à canaliser des
centaines de milliers de dollars vers des groupes à
l'intérieur du Venezuela afin d'aider à consolider le
mouvement d'opposition et faire des plans pour le putsch.
Des officiers militaires vénézuéliens
formés à l'École des Amériques ont
commencé à coordonner leur activité avec leurs
homologues étasuniens en vu du renversement de Chavez. Et
l'ambassade des États-Unis à Caracas, avec la
récente arrivée de l'ambassadeur Charles Shapiro, aidait
à mettre la touche finale au coup d'État.
« L'homme de la situation, au bon
moment » au Venezuela, a décrit dans ses termes une
missive de l'ambassade envoyée à Washington en
décembre 2001, se référant à Pedro Carmona,
le dirigeant de la Chambre de commerce du Venezuela, FEDECAMARAS.
Carmona a été identifié comme le
« président en
devenir » après la réussite du putsch. En
décembre 2001, les cadres supérieurs de l'industrie
pétrolière ont déclenché une grève,
appelant à la démission de Chavez. Leur fureur s'est
intensifiée au début de 2002 et dès mars, les
grèves et les manifestations contre le président Chavez
étaient quasi quotidiennes.
La NED a quadruplé son financement à des
groupes du Venezuela, telles que la FEDECAMARAS et la
confédération syndicale CTV, avec une série d'ONG
complices du renversement de Chavez. Un câble du
département d'État datant de la première semaine
de mars 2002 proclamait : « Une autre pièce se
met en place » et
saluait les efforts de l'opposition afin de créer enfin un plan
pour un gouvernement de transition : « Avec beaucoup de
fanfare, les grands et bons Vénézuéliens se sont
rassemblés le 5 mars à l'auditorium Esmeralda de Caracas
pour entendre des représentants de la
Confédération des travailleurs
vénézuéliens (CTV), de la Fédération
des
chambres de commerce (FEDECAMARAS) et de l'Église catholique
présenter leur "base d'un accord démocratique", dix
principes sur lesquels guider un gouvernement de
transition. »
Peu après, le 11 mars 2002, un dossier top secret
de l'Agence centrale de renseignements (CIA), déclassifié
en partie par Jeremy Bigwood et Eva Golinger au moyen d'enquêtes
en invoquant le Freedom of Information Act (FOIA),
révélait un complot en cours au Venezuela.
« L'opposition ne s'est pas encore organisée en un
front uni. Si la situation se détériore davantage et que
les manifestations deviennent encore plus violentes, l'armée
peut le renverser. »
Un autre dossier top secret de la CIA en date du 6 avril
2002, cinq jours seulement avant le coup d'État,
présentait les plans détaillés sur le
dénouement des événements : « Les
conditions favorables à une tentative de coup d'État
mûrissent. [...] Des factions militaires dissidentes, y compris
des officiers supérieurs mécontents et un
groupe d'officiers subalternes radicaux, intensifient leurs efforts
pour organiser un coup d'État contre le président Chavez,
peut-être dès ce mois-ci. [...] Le plan
détaillé [...] prévoit l'arrestation de Chavez et
de dix autres haut responsables. [...] Pour provoquer une action
militaire, les conspirateurs peuvent tenter d'exploiter les troubles
résultant des
manifestations de l'opposition prévues plus tard ce
mois-ci. »
Une affaire entreprises-médias-armée
Les journaux nationaux au Venezuela publiaient à
la une les 10 et 11 avril 2002 que « la bataille finale aura
lieu à Miraflores », le palais présidentiel,
laissant entendre que les médias savaient que le coup
d'État était en cours. Ce 11 avril, un rassemblement a
commencé au siège
de la PDVSA, dans l'est de Caracas. Le rassemblement s'est
transformé en une marche de plusieurs centaines de milliers de
personnes protestant contre le président Chavez et appelant
violemment à son éviction. Ceux qui mènent le
rassemblement, les présidents de la CTV et de la Fedecamaras et
plusieurs officiers militaires de haut rang qui
avaient déjà déclaré la rébellion la
veille, ont dirigé les manifestants vers le palais
présidentiel, bien que n'ayant pas d'autorisation pour le trajet.
Pendant ce temps, devant le palais présidentiel,
les partisans de Chavez s'étaient rassemblés pour
soutenir leur président et protéger la zone contre la
violence des marcheurs de l'opposition en route. Mais avant que la
marche de l'opposition n'eut même atteint le palais ou la zone
près de la manifestation pro-Chavez, des coups de feu ont
été
tirés et le sang a commencé à se répandre
parmi les manifestants pro et anti-Chavez. Des tireurs d'élite
avaient été placés stratégiquement sur le
toit des bâtiments dans le centre de Caracas et ont ouvert le feu
sur les gens dans la rue.
Les partisans de Chavez sur le pont Llaguno juste
à côté du palais ont riposté aux tireurs
d'élite et aux forces de la police métropolitaine, qui
tiraient sur eux. Une équipe de tournage de Venevisión,
placée près de la manifestation pro-Chavez, a
capté des images de la fusillade et est rapidement
retournée en studio pour éditer le matériel et
produire un flash info montrant les manifestants pro-Chavez tirant,
avec une voix hors champ qui disait qu'ils ont tiré sur les
« manifestants pacifiques de l'opposition ». Les
images ont été rapidement reproduites et
répétées maintes et maintes fois à la
télévision nationale vénézuélienne
pour justifier les appels au retrait de Chavez. Les
images manipulées ont ensuite été diffusées
partout dans le monde et utilisées pour blâmer le
président Chavez pour les dizaines de morts qui ont eu lieu ce
11 avril 2002. La vérité n'est sortie qu'après que
la poussière soit retombée et après l'échec
du coup d'État. L'équipe de télévision
avait reçu la directive de prendre des images et de les
manipuler, sous les ordres directs de Gustavo Cisneros,
propriétaire de Venevisión et d'une variété
d'autres conglomérats de médias et d'entreprises. Il est
aussi l'homme le plus riche au Venezuela.
Le haut commandement militaire s'est retourné
contre le président Chavez et l'a placé en garde à
vue. Il a été emmené à une base militaire
sur une île au large des côtes du Venezuela, où il
devait être soit assassiné, soit envoyé à
Cuba. Pendant ce temps, « l'homme de la situation, au bon
moment » au Venezuela, Pedro Carmona,
désigné par Washington, s'est proclamé
président le 12 avril 2002 et a lu le décret de
dissolution de toutes les institutions démocratiques du
Venezuela.
Le contrecoup d'État et la révolution
Tandis que le peuple vénézuélien se
réveillait aux images et sons des réseaux de
télévision affirmant « Bonjour Venezuela, nous
avons un nouveau président », tout en applaudissant
le coup d'État violent qui s'était produit la veille, la
résistance a commencé à croître. Une fois
que
le « décret Carmona » a été
émis, les Vénézuéliens ont vu leurs pires
craintes se réaliser - un retour à des gouvernements
répressifs du passé qui excluaient et maltraitaient la
majorité des gens dans le pays. Et Chavez était absent,
personne ne savait où il était.
Entre les 12 et 13 avril, les
Vénézuéliens ont commencé à affluer
dans les rues de Caracas, demandant le retour du président
Chavez et le renversement des putschistes. Pendant ce temps,
l'administration Bush avait déjà publié une
déclaration reconnaissant le gouvernement du coup d'État
et appelant les autres nations à faire de même.
Mais la résistance au coup d'État,
passée à des millions de personnes, inondant les environs
du palais présidentiel et la garde présidentielle,
toujours fidèle à Chavez, manoeuvrait afin de le
reprendre. La nouvelle de la résistance a atteint les casernes
militaires dans tout le pays, dont une à Maracay, à
l'extérieur de Caracas, qui est intervenue
rapidement pour localiser, sauver et ramener Chavez au palais
présidentiel.
Aux petites heures du matin du 14 avril, Chavez
était revenu, ramené par la volonté et la
puissance du peuple vénézuélien et les forces
armées fidèles.
Ces événements ont changé le
Venezuela pour toujours et ont éveillé la conscience de
nombreuses personnes qui avaient sous-estimé l'importance et la
vulnérabilité de leur Révolution.

28e anniversaire de la guerre des
Malouines
L'Argentine réaffirme ses revendications
territoriales
Le vendredi 2 avril, l'Argentine a
commémoré le 28e anniversaire de la guerre des Malouines
(Falkland Islands), où elle a déployé des troupes
pour défendre sa souveraineté et sa revendication
territoriale contre le colonialisme britannique. Six cents
quarante-neuf soldats argentins sont morts durant le conflit de 74
jours qui a débuté le 2 avril
1982.
Lors de la commémoration principale du 2 avril,
à Ushuaia, capitale de la province argentine de la Terre de Feu,
la présidente Cristina Fernández de Kirchner a
déposé une gerbe devant la plaque portant les noms de
tous ceux qui ont perdu la vie pendant la guerre. Accompagnée
par Nilda Garré, secrétaire à la Défense,
la gouverneure de Tierra
del Fuego, Fabiana Rios, les trois commandants des forces armées
et des centaines d'anciens combattants, elle a prononcé un
discours portant sur les revendications territoriales des colonialistes
britanniques, plus récemment manifestées par
l'exploration pétrolière britannique dans la
région. Elle a répondu aux allégations que
l'Argentine va lancer un
raid militaire pour récupérer les îles Malouines de
« ridicule » et « de renseignements
passés date » d'une « vieille puissance
coloniale ». « N'essayez pas de nous faire peur
avec le spectre que nous allons prendre militairement les
Malouines », a-t-elle dit.
Cristina Fernández de Kirchner a appelé
les pays à faire pression sur la Grande-Bretagne pour qu'elle
accepte de négocier la souveraineté territoriale des
îles Malouines : « Avec intelligence et
persévérance, nous devons exécuter cette
tâche sur tous les fronts et dans tous les forums internationaux
pour dénoncer l'injustice,
l'incohérence d'un pays qui [dit qu'il] veut vivre dans la paix
et le respect des frontières, mais qui a un siège au
Conseil de sécurité des Nations unies et qui ne respecte
pas les résolutions de l'ONU », a-t-elle dit. Les
revendications de l'Argentine pour le territoire contesté ont
été renforcées par le soutien unanime des 32 pays
d'Amérique
latine et des Caraïbes, dont le Brésil, le Mexique et la
Colombie.
« La revendication des Malouines transcende
l'Argentine. Il s'agit d'un paradigme qui va au-delà des
îles Malouines. Il doit être une question nationale, mais
aussi un exemple universel du monde, la société dans
laquelle nous vivons », a déclaré la
présidente.

La présidente de l'Argentine Cristina Fernández de
Kirchner lors de la
commémoration nationale de la guerre des Malouines, le 2 avril
2010, à
Ushuaia. (Photo: Xinhua)
|
« Nous avons l'autorité morale,
institutionnelle et historique d'exiger le respect des institutions des
Nations unies, et nous demandons que les résolutions soient
respectées si nous voulons vivre dans un monde civilisé
et en paix », a-t-elle souligné.
« [La demande britannique concernant les
Malouines] n'est pas un exercice de souveraineté, mais
plutôt de colonialisme et probablement le dernier exemple. La
question des îles Malouines est une tache qui doit être
effacée », a-t-elle ajouté.
La présidente a réitéré la
fragilité de la demande britannique, disant qu'elle
« n'est pas appuyée par la loi, la géographie
ou le bon sens ». Elle a ajouté :
« C'est du colonialisme pur et simple et la preuve qu'il y a
deux poids, deux mesures du droit international. Vous ne pouvez pas
demander à des pays plus faibles -
pour les raisons stratégiques des pays développés
- de respecter le droit international et les résolutions de
l'ONU tandis que l'un d'eux les viole systématiquement depuis
1965 parce qu'ils ont un siège au Conseil de
sécurité. »
Diverses manifestations ont également eu lieu le
2 avril dans toute l'Argentine, à la mémoire de ceux
tués dans la guerre des Malouines. Dans la capitale, Buenos
Aires, quelque 500 anciens combattants et d'autres ont marché
jusqu'à l'ambassade britannique en criant :
« Rendez-nous nos îles ! » et
« Dehors les
pirates ! » et en exigeant une solution diplomatique
négociée à ce différend.
Katia Monteagudo, lors du point de presse du 23 mars de
Prensa Latina sur l'importance des gisements de pétrole
inexploités dans la région, a dit :
« La lutte actuelle entre l'Argentine et le
Royaume-Uni au sujet des îles Falkland (Malouines) est l'exemple
le plus évident de conflits pour le contrôle des
ressources inexploitées.
« Depuis plus de 30 ans, plusieurs missions
scientifiques britanniques ont confirmé l'existence de niveaux
importants de richesses pétrolières dans le bassin
sédimentaire de ces îles.
« Cette année, le différend
entre les deux pays a été attisé une fois de plus,
après qu'il ait été révélé
que les entreprises britanniques ont commencé à extraire
du pétrole brut du sous-sol appartenant à l'Argentine.
« Le conflit est d'autant plus complexe que
l'on sait que les îles pourraient être cataloguées
parmi les grands exportateurs de pétrole dans le monde, car
elles contiennent des réserves confirmées surpassant de
300 % les réserves argentines qui peuvent à peine
aujourd'hui couvrir la consommation [intérieurs] pour les neuf
prochaines
années.
« Situé à 650
kilomètres de côtes argentines et à 8 000 du
Royaume-Uni, les îles Malouines sont entourées de quatre
grands bassins sédimentaires.
« On pense qu'ils ont 18 trillions de barils
de réserves probables », a dit le docteur Federico
Bernal, directeur de publication du Centre latino-américain de
recherches scientifiques et techniques.
« Ces îles pourraient devenir l'une des
principales puissances exportatrices au monde, avec des niveaux
similaires aux Émirats arabes unis, à l'Algérie et
à l'Arabie saoudite », a affirmé Bernal.
« Mais cette question n'a cessé de
devenir plus contestable puisqu'il était connu que ces
quantités pourraient garantir 27 années de vie à
l'industrie pétrolière argentine.
« Ces volumes non exploités pourraient
cependant multiplier par dix les réserves anglaises dans la mer
du Nord où l'extraction du pétrole diminue depuis les
années 80.
« Exacerber ce conflit ne serait pas
seulement nuisible à l'Argentine, prévoient les experts.
Les vulnérables de la planète, propriétaires de
ressources précieuses, devront également être
à l'affût, parce que l'époque des conquêtes
coloniales est toujours à la mode. »

Yankees, méfiez-vous d'avril!
- Nidia Díaz, Granma
international, 14 avril 2010 -
L'histoire a ses caprices que le temps peut changer en
symboles : le 19 avril 1961, les Cubains tenaient en échec,
sur les sables de Playa Giron, l'invasion mercenaire patronnée
et financée par le gouvernement des États-Unis qui
prétendait ainsi renverser la Révolution cubaine
triomphante et couper la voie à notre socialisme. Lorsque nous
fêtions la victoire, le Venezuela célébrait le 150e
anniversaire d'un événement marquant de sa propre
histoire : le début de l'épopée
indépendantiste dont l'initiative revient aux habitants de la
province de Caracas et qui devait trouver son aboutissement dans la
Révolution bolivarienne triomphante.
Mais l'empire, qui a fait de sa guerre contre Cuba et le
Venezuela une sorte de croisade dans le pire style
médiéval, semble avoir la mémoire courte : en
cette année, celle du bicentenaire de l'indépendance du
Venezuela et du 50e anniversaire de sa plus cuisante défaite en
Amérique latine, l'Institut George W. Bush s'est mis d'accord
avec ce rejeton de la CIA qu'est la Freedom House pour organiser, le 19
avril, une rencontre d' « activistes pour la liberté
et les droits de l'homme et d'experts d'Internet » dans le
but de coordonner la stratégie de la guerre cybernétique
contre Cuba et le Venezuela, sans oublier, tant qu'à faire,
l'Iran, la Russie, la Chine et la
Syrie.
Ils ne veulent rien laisser au hasard. Pour sa part,
l'administration Obama s'est lancée, avec le vieil arsenal de la
guerre froide, dans une campagne démentielle contre les deux
nations, avec pour objectif d'éviter l'émergence d'une
organisation régionale dont les États-Unis seraient
exclus et où ils ne pourraient donc pas exercer leur influence
malsaine contre le mouvement national libérateur qui tend
à se consolider et à progresser dans ce qui fut leur
arrière-cour.
Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Telle est leur
toute première priorité : redonner vie à leur
OÉA discréditée, mais surtout faire obstacle
à la naissance de la nouvelle organisation régionale.
Comme l'histoire l'a largement prouvé, tous les moyens leur
seront bons, y compris la force brute, pour tuer dans l'oeuf la
créature dont ils devinent
la robustesse – et c'est là justement ce qui les inquiète
–, laissant aux bons soins de leurs amis du pouvoir médiatique
la justification de cet acte d'« euthanasie ».
Leur cible immédiate est donc la nouvelle
organisation régionale, dont la naissance n'est pas
étrangère à l'incapacité et à la
soumission de l'OÉA, mais sans doute y associent-ils un objectif
de plus longue portée : en finir avec le cauchemar ou les
insomnies que leur vaut la Révolution cubaine dont l'exemple n'a
fait que se multiplier
depuis l'aube du 1er janvier 1959. Et en finir avant tout avec Chavez,
le leader de la Révolution bolivarienne, de cette
Révolution qui surgit avec ses particularités propres et
qui mise sur un socialisme nouveau. L'enjeu est de taille, car le
Venezuela est un pays riche d'importantes ressources naturelles :
hydrocarbures, gaz et eau, dont
Washington a besoin comme le vampire de sang.

Deux concerts
simultanés dédiés à la révolution
cubaine le 10 avril 2010: un à la Tribune
anti-impérialiste de La Havane et l'autre (ci-dessus) sur le
lieu des casernes de Moncada, à Santiago de Cuba. (Photo: AIN)
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Au moment où nous rédigeons ces lignes,
dans l'île indomptable et rebelle, de jeunes artistes et des
intellectuels chantent la Patrie, toutes générations
confondues, parce qu'à Cuba, l'indépendance est
indissolublement liée à la culture qui vient à la
rescousse lorsqu'il s'agit de défendre nos principes
socialistes, solidaires et internationalistes.
Pendant ce temps, dans la République soeur du
Venezuela où les tribunaux jugent huit agents colombiens
payés pour espionner à des fins de sabotage le
système de distribution d'électricité de la
nation, on s'apprête à célébrer comme il se
doit le bicentenaire de l'indépendance : son Parlement
tiendra une séance spéciale et solennelle où la
présidente d'Argentine, Cristina Fernandez, prononcera un
discours, pour participer ensuite à un nouveau sommet de l'ALBA.
Les présidents de la région accompagneront ainsi leurs
frères vénézuéliens dans la
commémoration d'un grand événement passé et
dans la recherche de nouveaux objectifs de coopération
multilatérale.
Pour sa part, la secrétaire d'État
étasunienne, Hillary Clinton, a dépêché un
de ses pions dans la région, avec mission d'intimider les
quelques timorés qu'il y reste et d'en faire des têtes de
pont contre le processus de libération qui s'affirme en Bolivie,
en Equateur, au Nicaragua, au Venezuela et dans d'autres nations.
Le sous-secrétaire pour les affaires de
l'hémisphère occidental, Arturo Valenzuela, est donc
parti en tournée et n'a eu de cesse de lancer ses flèches
empoisonnées contre le Venezuela. Prenant la parole dans une
université colombienne, il a diabolisé les accords de
défense passés par le président Hugo Chavez Frias
et le premier ministre russe,
Vladimir Poutine.
« On ne peut que s'inquiéter, a dit
Valenzuela, d'une logique de course aux armements qui risque de violer
la paix du continent [...] La question dépasse largement le
Venezuela. Nous devrions commencer par trouver le moyen de faire
reculer la course aux armements. »
On pourrait rire d'un tel discours s'il n'était
pas chargé de cynisme et d'infamie : le représentant
de Washington s'inquiète de la course aux armements de la nation
bolivarienne et il le dit précisément dans le pays
où les États-Unis viennent d'installer sept bases
militaires pointées directement sur les nations voisines, celles
qui ne se plient
pas à leurs diktats. Il le dit au moment où un de ses
porte-avions manoeuvre avec les Forces armées du Pérou et
où sa Quatrième Flotte multiplie les provocations dans le
bassin des Caraïbes.
L'agence anglaise Reuters y ajoute son grain de sel
médiatique avec une dépêche selon laquelle
l'objectif du premier ministre russe est de tenir des réunions
avec les « ennemis des États-Unis »,
à savoir Chavez et le président bolivien Evo Morales.
Reuters n'a évidemment rien à dire du
refus opposé par les États-Unis à la vente de ses
traditionnels avions Hercules, que le Venezuela utilise pour le
transport et les opérations de sauvetage. Le pays andin ne peut
plus non plus acheter des avions de chasse à l'Espagne,
Washington exerçant des pressions sur ce pays, ni les Tucanos du
Brésil,
dont certaines pièces sont fabriquées aux
États-Unis. Ce scénario d'embargo est si bien connu que
Reuters ne se donne pas la peine d'en parler.
L'empire continue de miser sur l'assassinat des
dirigeants politiques, la guerre sale, le renversement de l'ordre
institutionnel, la recherche de nouveaux Ponce Pilate dans les rangs
des Forces armées vénézuéliennes, voulant
à tout prix instaurer l'ingouvernabilité. Ce qu'il ne
supporte pas, c'est que le prestige de la Révolution
bolivarienne
continue de grandir et qu'elle dirige une intégration
régionale d'un type nouveau qui se construit sans conditions
politiques ni idéologiques, sur la base de la solidarité
entre les peuples.
La rencontre organisée par l'Institut George W.
Bush contre le Venezuela et autres contradicteurs aura lieu le 19 avril
à Dallas, Texas. On y attend des membres du gouvernement des
États-Unis et d'autres organisations liées à la
communauté du renseignement de Washington. Il n'est pas vain de
rappeler ici que Dallas est aussi la ville où ces
mêmes tristes sires ont payé des représentants de
la mafia cubano-américaine pour assassiner le président
John F. Kennedy lorsque celui-ci envisageait discrètement un
rapprochement avec la Révolution cubaine. Dallas a
déjà sa place dans l'histoire.
Attention, les auspices ne sont pas propices à
l'empire, à ses laquais et aux reliefs dérisoires du
colonialisme européen : c'est au mois d'avril qu'ils ont
essuyé leurs pires revers face à ceux qui ne se lasseront
jamais de combattre et de défendre l'indépendance,
l'honneur et la dignité de l'Amérique latine.
Un conseil : Yankees, méfiez-vous
d'avril !

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