Le Marxiste-Léniniste

Numéro 68 - 17 avril 2010

49e anniversaire de la défaite de l'invasion de la baie des Cochons

Bas les pattes de Cuba!


«Giron: première défaite de l'impérialisme yankee en Amérique latine»

Bas les pattes de Cuba!
La baie des Cochons et la campagne anticubaine - Prensa Latina

8e anniversaire du coup d'État au Venezuela
Coup, contrecoup et une révolution - Eva Golinger

28e anniversaire de la guerre des Malouines
L'Argentine réaffirme ses revendications territoriales

Yankees, méfiez-vous d'avril! - Nidia Díaz, Granma international

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49e anniversaire de la défaite de l'invasion de la baie des Cochons

Bas les pattes de Cuba!

Le 17 avril 1961, des mercenaires anticubains formés par la CIA débarquaient à la Playa de Giron mais leur tentative de renverser la jeune révolution échoua lamentablement. En cette occasion, Le Marxiste-Léniniste transmet ses salutations les plus chaleureuses au peuple cubain et à ses dirigeants et leur souhaite plein succès dans le renforcement de leur révolution.

La victoire décisive sur les forces ennemies à la baie des Cochons est considérée comme étant la première défaite de l'impérialisme étasunien en Amérique latine, où il avait déjà provoqué de nombreuses tragédies par l'orchestration de coups d'État, les interventions militaires et d'autres actes d'ingérence.


Avril 1961: Raúl (à gauche), Fidel Castro et les forces armées cubaines célèbrent leur victoire contre la tentative d'invasion de mercenaires soutenus par les États-Unis à la baie des Cochons.


À gauche: Fidel Castro commande les troupes cubaines. À droite: les mercenaires de la Brigade 2506 capturés.

En 1961, la CIA mettait la touche finale à son plan Pluto dont le but était d'établir une tête de pont sur le territoire cubain et de provoquer une situation qui donnerait un faux prétexte aux États-Unis pour intervenir et instaurer un régime fantoche. Elle avait réuni à cette fin la Brigade 2506 constituée en grande partie de bourreaux de l'ex- dictateur à la solde des États-Unis, Fulgencio Batista, et de mercenaires, terroristes et oligarques renversés.


Le 15 avril 1961: Fidel Castro prononce la déclaration historique établissant le caractère socialiste de la Révolution cubaine.

Durant les jours qui précédèrent le débarquement, les États-Unis et leurs mercenaires multiplièrent les provocations, notamment avec le bombardement de bases à La Havane et à Santiago de Cuba, faisant plusieurs morts et causant des dommages considérables. Enhardis par leurs actes de terrorisme et de lâcheté, et convaincus que le peuple cubain les soutiendrait, les impérialistes étasuniens et leurs mercenaires entreprirent d'envahir.

Les mercenaires qui débarquèrent à la baie des Cochons le 17 avril étaient mal organisés et mal équipés. Ils avaient cru que les Cubains les accueilleraient à bras ouverts, mais l'illusion se fracassa contre la réalité de l'unité du peuple cubain autour de Fidel et de l'armée, qui ne voulait pas que Cuba redevienne une colonie des États-Unis. Malgré le soutien de l'armée étasunienne, les mercenaires furent vaincus le 19 avril. Beaucoup de patriotes cubains sont morts et beaucoup de fermiers et de civils ont succombé aux tirs de l'ennemi. Quelque 1 200 envahisseurs furent capturés et plus tard échangés pour des médicaments, des équipements médicaux et des pensions alimentaires pour les enfants cubains.

La veille du débarquement, le 16 avril, avait lieu un important événement. Le président Fidel Castro prononça à La Havane l'historique déclaration qui établissait le caractère socialiste de la Révolution. La défaite de l'impérialisme étasunien à la baie des Cochons et son impuissance à vaincre la Révolution depuis ont en fait prouvé que le socialisme était essentiel à la consolidation de la Révolution cubaine. Ce petit pays insulaire a tenu tête aux tentatives incessantes des États-Unis de le forcer à se soumettre par des actes de terrorisme et un blocus meurtrier, précisément parce qu'il a su établir une société profondément axée sur l'être humain qui voit au bien-être de son peuple dans toutes les conditions et qui, de surcroît, apporte une aide aux peuples du monde avec ses brigades internationalistes.

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La baie des Cochons et la campagne anticubaine

L'âpre campagne médiatique que les États-Unis et leurs alliés européens mènent présentement contre Cuba rappelle la campagne de fausses révélations publiques de Washington avant la tentative d'invasion à la baie des Cochons en 1961.

Avril 1961, tout comme avril de cette année, avait été témoin d'une campagne médiatique concertée contre la Révolution cubaine naissante grâce au contrôle des médias de masse par les États-Unis.

La décision de renverser le gouvernement cubain par la force avait été prise bien avant par les cercles dirigeants des États-Unis.

Ceux qui, traditionnellement, contrôlaient l'économie et la société cubaines n'avaient jamais imaginé que ce petit pays voisin pourrait un jour prendre ses propres décisions et assumer sa destinée.

En fait, dès avril 1959, après l'entrevue accordée par Fidel Castro, le vice-président étasunien Richard Nixon proclama qu'il était impératif d'éliminer la Révolution parce qu'elle représentait une menace pour les intérêts des États-Unis.

Les groupes basés en Floride chargés de commettre des actes de terreur contre Cuba reçurent beaucoup d'appui tandis que la campagne médiatique faisait une propagande en faveur de l'agression directe.

Les États-Unis n'épargnèrent aucun effort pour convaincre le monde, avec de fausses révélations, qu'une rébellion grondait contre la Révolution cubaine et qu'il y avait un appui grandissant dans le monde en faveur d'un « gouvernement en exil » constitué d'anciens politiciens corrompus.

La stratégie n'a pas beaucoup changé avec le passage du temps. On assiste aujourd'hui à une avalanche de mensonges à propos de la réalité cubaine avec le même appui à ceux qui préfèrent être au service de la puissance ennemie.

N'en demeure pas moins que la défaite de l'invasion de la baie des Cochons passera à l'histoire comme une défaite humiliante, infligée en moins de 72 heures par une armée payée que même les coûteuses campagnes médiatiques n'ont pu sauver.

(Traduit par Le Marxiste-Léniniste)

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8e anniversaire du coup d'État au Venezuela

Coup, contrecoup et une révolution


Caracas, Venezuela, le 13 avril 2010: le président Hugo Chavez assermente 30 000 nouveaux soldats
de la Milice nationale bolivarienne dans le cadre des célébrations du 13 avril, jour de rébellion et de victoire
du peuple qui, il y a huit ans, rétablissait le président dans ses fonctions au palais Miraflores.
(Photo: Agencia Bolivariana de Noticias)

Le 13 avril 2010, le Venezuela a commémoré le huitième anniversaire du coup d'État soutenu par Washington qui a changé pour toujours la révolution bolivarienne.

En l'espace de seulement 47 heures, un coup d'État a renversé le président Chavez et un contrecoup l'a ramené au pouvoir, une extraordinaire démonstration de la volonté et la détermination d'un peuple digne, engagé sur une voie révolutionnaire sans retour. Les médias ont joué un rôle majeur dans la réalisation du coup d'État et la propagation de fausses informations au niveau international pour justifier les actions des putschistes. Des documents de la CIA ont révélé l'implication du gouvernement étasunien et le soutien aux organisateurs du putsch.

Lorsque Hugo Chavez a été élu président en 1998, l'administration Clinton a maintenu une « politique attentiste ». Le Venezuela avait été un fidèle serviteur des intérêts étasuniens tout au long du XXe siècle, et malgré le discours révolutionnaire du président Chavez, peu à Washington croyaient qu'un changement était imminent.

Mais lorsque Chavez a donné suite à sa première promesse électorale majeure, soit de convoquer une assemblée constituante et reformuler la Magna Carta de la nation, tout s'est mis à changer.

La nouvelle Constitution fut rédigée et ratifiée par le peuple, par une extraordinaire manifestation de la démocratie participative. Au début de 1999, tous les Vénézuéliens ont été invités à mettre la main à la pâte pour créer ce qui allait devenir l'une des constitutions les plus avancées au monde dans le domaine des droits humains. Le projet de texte de 350 articles, qui comportait un chapitre consacré aux droits des peuples autochtones, ainsi que les droits au logement, la santé, l'éducation, la nutrition, au travail, aux salaires équitables, l'égalité, les loisirs, la culture, et une redistribution de la production et des profits de l'industrie pétrolière, a été ratifié par référendum national vers la fin de 1999 par plus de 70 % des électeurs.

Des élections ont immédiatement été convoquées en vertu de la nouvelle structure constitutionnelle, et Chavez a gagné de nouveau avec une majorité encore plus grande, soit environ 56 %. Une fois au pouvoir en 2000, les lois ont été mises en oeuvre pour garantir les nouveaux droits accordés par la Constitution, et des intérêts ont été touchés. Le Venezuela a assumé la présidence de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), avec le prix du baril de pétrole à environ 7 $US. Rapidement, sous la direction du Venezuela, qui a demandé que les pays producteurs bénéficient du pétrole et non pas les pays acheteurs, le prix du baril de pétrole est passé à plus de 25 $US. Washington était mal à l'aise avec ces changements, mais était encore en « attente de voir » jusqu'au irait le changement.

Les changements que Washington refusait

En 2001, la Révolution bolivarienne proposée par le président Chavez a commencé à prendre forme. L'industrie pétrolière était en train d'être restructurée, des lois sur les hydrocarbures ont été adoptées qui permettraient une redistribution des bénéfices pétroliers et Chavez était en train de récupérer une industrie - nationalisées en 1976 - qui se trouvait sur la voie de la privatisation. L'opposition intérieure a commencé à croître, principalement composée de l'élite économique et politique qui a gouverné le pays pendant les 40 années précédentes, maintenant mécontente des changements réels qui avaient lieu. Alignés sur ces intérêts se trouvaient les propriétaires des médias du Venezuela - télévision, radio et presse écrite, qui appartenaient à l'ancienne oligarchie du pays.

Au début de 2001, le président Chavez a participé à la rencontre du Sommet des Amériques à Québec, Canada. Il y avait eu un changement à Washington : George W. Bush avait emménagé à la Maison blanche. Le président Bush était présent à la rencontre de Québec, où il a annoncé l'intention des États-Unis d'étendre le libre-échange à toutes les Amériques - la Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA). Lors du sommet, Hugo Chavez a été le seul chef d'État à s'y opposer. C'était la première manifestation de son « insubordination » aux plans des États-Unis.

Plus tard cette année-là, après les attentats dévastateurs et tragiques contre le World Trade Center à New York, Washington a commencé une campagne de bombardements en Afghanistan. Le président Chavez a déclaré publiquement que les bombardements de l'Afghanistan et le meurtre de femmes et enfants innocents étaient un acte de terreur. « C'est faire la lutte au terrorisme avec terreur », a-t-il déclaré à la télévision nationale en octobre 2001. Cette déclaration a provoqué la première réponse officielle de Washington.

Peu de temps après, l'ambassadrice des États-Unis à Caracas, à l'époque Donna Hrinak, a demandé à rencontrer Chavez au palais présidentiel. Elle lui a lu une lettre de Washington lui demandant de désavouer publiquement sa déclaration sur l'Afghanistan. Le chef de l'État vénézuélien n'a pas acquiescé à la demande et a informé l'ambassadrice que le Venezuela était devenu un État souverain, non plus subordonné à la puissance étasunienne.

Hrinak a été rappelée à Washington et un nouvel ambassadeur a été envoyé au Venezuela, un expert en coups d'État.

Washington organise le putsch

À mesure que les inquiétudes de Washington croissaient face aux changements survenus au Venezuela et à l'insubordination du président vénézuélien, les groupes d'affaires et les intérêts puissants à l'intérieur du Venezuela ont commencé à envisager la destitution de Chavez. Ceux qui dirigeaient la compagnie pétrolière d'État, PDVSA, étaient déterminés à défendre leurs postes et leur contrôle de la société d'État, ainsi que leurs bénéfices faramineux, qui au lieu d'être investis au pays étaient acheminés dans les poches des dirigeants des sociétés pétrolières.

Une entité étasunienne, créée par le Congrès américain en 1983 et supervisée par le département d'État, le National Endowment for Democracy (NED), a commencé à canaliser des centaines de milliers de dollars vers des groupes à l'intérieur du Venezuela afin d'aider à consolider le mouvement d'opposition et faire des plans pour le putsch. Des officiers militaires vénézuéliens formés à l'École des Amériques ont commencé à coordonner leur activité avec leurs homologues étasuniens en vu du renversement de Chavez. Et l'ambassade des États-Unis à Caracas, avec la récente arrivée de l'ambassadeur Charles Shapiro, aidait à mettre la touche finale au coup d'État.

« L'homme de la situation, au bon moment » au Venezuela, a décrit dans ses termes une missive de l'ambassade envoyée à Washington en décembre 2001, se référant à Pedro Carmona, le dirigeant de la Chambre de commerce du Venezuela, FEDECAMARAS. Carmona a été identifié comme le « président en devenir » après la réussite du putsch. En décembre 2001, les cadres supérieurs de l'industrie pétrolière ont déclenché une grève, appelant à la démission de Chavez. Leur fureur s'est intensifiée au début de 2002 et dès mars, les grèves et les manifestations contre le président Chavez étaient quasi quotidiennes.

La NED a quadruplé son financement à des groupes du Venezuela, telles que la FEDECAMARAS et la confédération syndicale CTV, avec une série d'ONG complices du renversement de Chavez. Un câble du département d'État datant de la première semaine de mars 2002 proclamait : « Une autre pièce se met en place » et saluait les efforts de l'opposition afin de créer enfin un plan pour un gouvernement de transition : « Avec beaucoup de fanfare, les grands et bons Vénézuéliens se sont rassemblés le 5 mars à l'auditorium Esmeralda de Caracas pour entendre des représentants de la Confédération des travailleurs vénézuéliens (CTV), de la Fédération des chambres de commerce (FEDECAMARAS) et de l'Église catholique présenter leur "base d'un accord démocratique", dix principes sur lesquels guider un gouvernement de transition. »

Peu après, le 11 mars 2002, un dossier top secret de l'Agence centrale de renseignements (CIA), déclassifié en partie par Jeremy Bigwood et Eva Golinger au moyen d'enquêtes en invoquant le Freedom of Information Act (FOIA), révélait un complot en cours au Venezuela. « L'opposition ne s'est pas encore organisée en un front uni. Si la situation se détériore davantage et que les manifestations deviennent encore plus violentes, l'armée peut le renverser. »

Un autre dossier top secret de la CIA en date du 6 avril 2002, cinq jours seulement avant le coup d'État, présentait les plans détaillés sur le dénouement des événements : « Les conditions favorables à une tentative de coup d'État mûrissent. [...] Des factions militaires dissidentes, y compris des officiers supérieurs mécontents et un groupe d'officiers subalternes radicaux, intensifient leurs efforts pour organiser un coup d'État contre le président Chavez, peut-être dès ce mois-ci. [...] Le plan détaillé [...] prévoit l'arrestation de Chavez et de dix autres haut responsables. [...] Pour provoquer une action militaire, les conspirateurs peuvent tenter d'exploiter les troubles résultant des manifestations de l'opposition prévues plus tard ce mois-ci. »

Une affaire entreprises-médias-armée

Les journaux nationaux au Venezuela publiaient à la une les 10 et 11 avril 2002 que « la bataille finale aura lieu à Miraflores », le palais présidentiel, laissant entendre que les médias savaient que le coup d'État était en cours. Ce 11 avril, un rassemblement a commencé au siège de la PDVSA, dans l'est de Caracas. Le rassemblement s'est transformé en une marche de plusieurs centaines de milliers de personnes protestant contre le président Chavez et appelant violemment à son éviction. Ceux qui mènent le rassemblement, les présidents de la CTV et de la Fedecamaras et plusieurs officiers militaires de haut rang qui avaient déjà déclaré la rébellion la veille, ont dirigé les manifestants vers le palais présidentiel, bien que n'ayant pas d'autorisation pour le trajet.

Pendant ce temps, devant le palais présidentiel, les partisans de Chavez s'étaient rassemblés pour soutenir leur président et protéger la zone contre la violence des marcheurs de l'opposition en route. Mais avant que la marche de l'opposition n'eut même atteint le palais ou la zone près de la manifestation pro-Chavez, des coups de feu ont été tirés et le sang a commencé à se répandre parmi les manifestants pro et anti-Chavez. Des tireurs d'élite avaient été placés stratégiquement sur le toit des bâtiments dans le centre de Caracas et ont ouvert le feu sur les gens dans la rue.

Les partisans de Chavez sur le pont Llaguno juste à côté du palais ont riposté aux tireurs d'élite et aux forces de la police métropolitaine, qui tiraient sur eux. Une équipe de tournage de Venevisión, placée près de la manifestation pro-Chavez, a capté des images de la fusillade et est rapidement retournée en studio pour éditer le matériel et produire un flash info montrant les manifestants pro-Chavez tirant, avec une voix hors champ qui disait qu'ils ont tiré sur les « manifestants pacifiques de l'opposition ». Les images ont été rapidement reproduites et répétées maintes et maintes fois à la télévision nationale vénézuélienne pour justifier les appels au retrait de Chavez. Les images manipulées ont ensuite été diffusées partout dans le monde et utilisées pour blâmer le président Chavez pour les dizaines de morts qui ont eu lieu ce 11 avril 2002. La vérité n'est sortie qu'après que la poussière soit retombée et après l'échec du coup d'État. L'équipe de télévision avait reçu la directive de prendre des images et de les manipuler, sous les ordres directs de Gustavo Cisneros, propriétaire de Venevisión et d'une variété d'autres conglomérats de médias et d'entreprises. Il est aussi l'homme le plus riche au Venezuela.

Le haut commandement militaire s'est retourné contre le président Chavez et l'a placé en garde à vue. Il a été emmené à une base militaire sur une île au large des côtes du Venezuela, où il devait être soit assassiné, soit envoyé à Cuba. Pendant ce temps, « l'homme de la situation, au bon moment » au Venezuela, Pedro Carmona, désigné par Washington, s'est proclamé président le 12 avril 2002 et a lu le décret de dissolution de toutes les institutions démocratiques du Venezuela.

Le contrecoup d'État et la révolution

Tandis que le peuple vénézuélien se réveillait aux images et sons des réseaux de télévision affirmant « Bonjour Venezuela, nous avons un nouveau président », tout en applaudissant le coup d'État violent qui s'était produit la veille, la résistance a commencé à croître. Une fois que le « décret Carmona » a été émis, les Vénézuéliens ont vu leurs pires craintes se réaliser - un retour à des gouvernements répressifs du passé qui excluaient et maltraitaient la majorité des gens dans le pays. Et Chavez était absent, personne ne savait où il était.

Entre les 12 et 13 avril, les Vénézuéliens ont commencé à affluer dans les rues de Caracas, demandant le retour du président Chavez et le renversement des putschistes. Pendant ce temps, l'administration Bush avait déjà publié une déclaration reconnaissant le gouvernement du coup d'État et appelant les autres nations à faire de même.

Mais la résistance au coup d'État, passée à des millions de personnes, inondant les environs du palais présidentiel et la garde présidentielle, toujours fidèle à Chavez, manoeuvrait afin de le reprendre. La nouvelle de la résistance a atteint les casernes militaires dans tout le pays, dont une à Maracay, à l'extérieur de Caracas, qui est intervenue rapidement pour localiser, sauver et ramener Chavez au palais présidentiel.

Aux petites heures du matin du 14 avril, Chavez était revenu, ramené par la volonté et la puissance du peuple vénézuélien et les forces armées fidèles.

Ces événements ont changé le Venezuela pour toujours et ont éveillé la conscience de nombreuses personnes qui avaient sous-estimé l'importance et la vulnérabilité de leur Révolution.

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)

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28e anniversaire de la guerre des Malouines

L'Argentine réaffirme ses revendications territoriales

Le vendredi 2 avril, l'Argentine a commémoré le 28e anniversaire de la guerre des Malouines (Falkland Islands), où elle a déployé des troupes pour défendre sa souveraineté et sa revendication territoriale contre le colonialisme britannique. Six cents quarante-neuf soldats argentins sont morts durant le conflit de 74 jours qui a débuté le 2 avril 1982.

Lors de la commémoration principale du 2 avril, à Ushuaia, capitale de la province argentine de la Terre de Feu, la présidente Cristina Fernández de Kirchner a déposé une gerbe devant la plaque portant les noms de tous ceux qui ont perdu la vie pendant la guerre. Accompagnée par Nilda Garré, secrétaire à la Défense, la gouverneure de Tierra del Fuego, Fabiana Rios, les trois commandants des forces armées et des centaines d'anciens combattants, elle a prononcé un discours portant sur les revendications territoriales des colonialistes britanniques, plus récemment manifestées par l'exploration pétrolière britannique dans la région. Elle a répondu aux allégations que l'Argentine va lancer un raid militaire pour récupérer les îles Malouines de « ridicule » et « de renseignements passés date » d'une « vieille puissance coloniale ». « N'essayez pas de nous faire peur avec le spectre que nous allons prendre militairement les Malouines », a-t-elle dit.

Cristina Fernández de Kirchner a appelé les pays à faire pression sur la Grande-Bretagne pour qu'elle accepte de négocier la souveraineté territoriale des îles Malouines : « Avec intelligence et persévérance, nous devons exécuter cette tâche sur tous les fronts et dans tous les forums internationaux pour dénoncer l'injustice, l'incohérence d'un pays qui [dit qu'il] veut vivre dans la paix et le respect des frontières, mais qui a un siège au Conseil de sécurité des Nations unies et qui ne respecte pas les résolutions de l'ONU », a-t-elle dit. Les revendications de l'Argentine pour le territoire contesté ont été renforcées par le soutien unanime des 32 pays d'Amérique latine et des Caraïbes, dont le Brésil, le Mexique et la Colombie.

« La revendication des Malouines transcende l'Argentine. Il s'agit d'un paradigme qui va au-delà des îles Malouines. Il doit être une question nationale, mais aussi un exemple universel du monde, la société dans laquelle nous vivons », a déclaré la présidente.


La présidente de l'Argentine Cristina Fernández de Kirchner lors de la commémoration nationale de la guerre des Malouines, le 2 avril 2010, à Ushuaia. (Photo: Xinhua)

« Nous avons l'autorité morale, institutionnelle et historique d'exiger le respect des institutions des Nations unies, et nous demandons que les résolutions soient respectées si nous voulons vivre dans un monde civilisé et en paix », a-t-elle souligné.

« [La demande britannique concernant les Malouines] n'est pas un exercice de souveraineté, mais plutôt de colonialisme et probablement le dernier exemple. La question des îles Malouines est une tache qui doit être effacée », a-t-elle ajouté.

La présidente a réitéré la fragilité de la demande britannique, disant qu'elle « n'est pas appuyée par la loi, la géographie ou le bon sens ». Elle a ajouté : « C'est du colonialisme pur et simple et la preuve qu'il y a deux poids, deux mesures du droit international. Vous ne pouvez pas demander à des pays plus faibles - pour les raisons stratégiques des pays développés - de respecter le droit international et les résolutions de l'ONU tandis que l'un d'eux les viole systématiquement depuis 1965 parce qu'ils ont un siège au Conseil de sécurité. »

Diverses manifestations ont également eu lieu le 2 avril dans toute l'Argentine, à la mémoire de ceux tués dans la guerre des Malouines. Dans la capitale, Buenos Aires, quelque 500 anciens combattants et d'autres ont marché jusqu'à l'ambassade britannique en criant : « Rendez-nous nos îles ! » et « Dehors les pirates ! » et en exigeant une solution diplomatique négociée à ce différend.

Katia Monteagudo, lors du point de presse du 23 mars de Prensa Latina sur l'importance des gisements de pétrole inexploités dans la région, a dit :

« La lutte actuelle entre l'Argentine et le Royaume-Uni au sujet des îles Falkland (Malouines) est l'exemple le plus évident de conflits pour le contrôle des ressources inexploitées.

« Depuis plus de 30 ans, plusieurs missions scientifiques britanniques ont confirmé l'existence de niveaux importants de richesses pétrolières dans le bassin sédimentaire de ces îles.

« Cette année, le différend entre les deux pays a été attisé une fois de plus, après qu'il ait été révélé que les entreprises britanniques ont commencé à extraire du pétrole brut du sous-sol appartenant à l'Argentine.

« Le conflit est d'autant plus complexe que l'on sait que les îles pourraient être cataloguées parmi les grands exportateurs de pétrole dans le monde, car elles contiennent des réserves confirmées surpassant de 300 % les réserves argentines qui peuvent à peine aujourd'hui couvrir la consommation [intérieurs] pour les neuf prochaines années.

« Situé à 650 kilomètres de côtes argentines et à 8 000 du Royaume-Uni, les îles Malouines sont entourées de quatre grands bassins sédimentaires.

« On pense qu'ils ont 18 trillions de barils de réserves probables », a dit le docteur Federico Bernal, directeur de publication du Centre latino-américain de recherches scientifiques et techniques.

« Ces îles pourraient devenir l'une des principales puissances exportatrices au monde, avec des niveaux similaires aux Émirats arabes unis, à l'Algérie et à l'Arabie saoudite », a affirmé Bernal.

« Mais cette question n'a cessé de devenir plus contestable puisqu'il était connu que ces quantités pourraient garantir 27 années de vie à l'industrie pétrolière argentine.

« Ces volumes non exploités pourraient cependant multiplier par dix les réserves anglaises dans la mer du Nord où l'extraction du pétrole diminue depuis les années 80.

« Exacerber ce conflit ne serait pas seulement nuisible à l'Argentine, prévoient les experts. Les vulnérables de la planète, propriétaires de ressources précieuses, devront également être à l'affût, parce que l'époque des conquêtes coloniales est toujours à la mode. »

(MercoPress, Xinhua, Prensa Latina, l'Agence France presse)

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Yankees, méfiez-vous d'avril!

L'histoire a ses caprices que le temps peut changer en symboles : le 19 avril 1961, les Cubains tenaient en échec, sur les sables de Playa Giron, l'invasion mercenaire patronnée et financée par le gouvernement des États-Unis qui prétendait ainsi renverser la Révolution cubaine triomphante et couper la voie à notre socialisme. Lorsque nous fêtions la victoire, le Venezuela célébrait le 150e anniversaire d'un événement marquant de sa propre histoire : le début de l'épopée indépendantiste dont l'initiative revient aux habitants de la province de Caracas et qui devait trouver son aboutissement dans la Révolution bolivarienne triomphante.

Mais l'empire, qui a fait de sa guerre contre Cuba et le Venezuela une sorte de croisade dans le pire style médiéval, semble avoir la mémoire courte : en cette année, celle du bicentenaire de l'indépendance du Venezuela et du 50e anniversaire de sa plus cuisante défaite en Amérique latine, l'Institut George W. Bush s'est mis d'accord avec ce rejeton de la CIA qu'est la Freedom House pour organiser, le 19 avril, une rencontre d' « activistes pour la liberté et les droits de l'homme et d'experts d'Internet » dans le but de coordonner la stratégie de la guerre cybernétique contre Cuba et le Venezuela, sans oublier, tant qu'à faire, l'Iran, la Russie, la Chine et la Syrie.

Ils ne veulent rien laisser au hasard. Pour sa part, l'administration Obama s'est lancée, avec le vieil arsenal de la guerre froide, dans une campagne démentielle contre les deux nations, avec pour objectif d'éviter l'émergence d'une organisation régionale dont les États-Unis seraient exclus et où ils ne pourraient donc pas exercer leur influence malsaine contre le mouvement national libérateur qui tend à se consolider et à progresser dans ce qui fut leur arrière-cour.

Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Telle est leur toute première priorité : redonner vie à leur OÉA discréditée, mais surtout faire obstacle à la naissance de la nouvelle organisation régionale. Comme l'histoire l'a largement prouvé, tous les moyens leur seront bons, y compris la force brute, pour tuer dans l'oeuf la créature dont ils devinent la robustesse – et c'est là justement ce qui les inquiète –, laissant aux bons soins de leurs amis du pouvoir médiatique la justification de cet acte d'« euthanasie ».

Leur cible immédiate est donc la nouvelle organisation régionale, dont la naissance n'est pas étrangère à l'incapacité et à la soumission de l'OÉA, mais sans doute y associent-ils un objectif de plus longue portée : en finir avec le cauchemar ou les insomnies que leur vaut la Révolution cubaine dont l'exemple n'a fait que se multiplier depuis l'aube du 1er janvier 1959. Et en finir avant tout avec Chavez, le leader de la Révolution bolivarienne, de cette Révolution qui surgit avec ses particularités propres et qui mise sur un socialisme nouveau. L'enjeu est de taille, car le Venezuela est un pays riche d'importantes ressources naturelles : hydrocarbures, gaz et eau, dont Washington a besoin comme le vampire de sang.


Deux concerts simultanés dédiés à la révolution cubaine le 10 avril 2010: un à la Tribune anti-impérialiste de La Havane et l'autre (ci-dessus) sur le lieu des casernes de Moncada, à Santiago de Cuba. (Photo: AIN)

Au moment où nous rédigeons ces lignes, dans l'île indomptable et rebelle, de jeunes artistes et des intellectuels chantent la Patrie, toutes générations confondues, parce qu'à Cuba, l'indépendance est indissolublement liée à la culture qui vient à la rescousse lorsqu'il s'agit de défendre nos principes socialistes, solidaires et internationalistes.

Pendant ce temps, dans la République soeur du Venezuela où les tribunaux jugent huit agents colombiens payés pour espionner à des fins de sabotage le système de distribution d'électricité de la nation, on s'apprête à célébrer comme il se doit le bicentenaire de l'indépendance : son Parlement tiendra une séance spéciale et solennelle où la présidente d'Argentine, Cristina Fernandez, prononcera un discours, pour participer ensuite à un nouveau sommet de l'ALBA. Les présidents de la région accompagneront ainsi leurs frères vénézuéliens dans la commémoration d'un grand événement passé et dans la recherche de nouveaux objectifs de coopération multilatérale.

Pour sa part, la secrétaire d'État étasunienne, Hillary Clinton, a dépêché un de ses pions dans la région, avec mission d'intimider les quelques timorés qu'il y reste et d'en faire des têtes de pont contre le processus de libération qui s'affirme en Bolivie, en Equateur, au Nicaragua, au Venezuela et dans d'autres nations.

Le sous-secrétaire pour les affaires de l'hémisphère occidental, Arturo Valenzuela, est donc parti en tournée et n'a eu de cesse de lancer ses flèches empoisonnées contre le Venezuela. Prenant la parole dans une université colombienne, il a diabolisé les accords de défense passés par le président Hugo Chavez Frias et le premier ministre russe, Vladimir Poutine.

« On ne peut que s'inquiéter, a dit Valenzuela, d'une logique de course aux armements qui risque de violer la paix du continent [...] La question dépasse largement le Venezuela. Nous devrions commencer par trouver le moyen de faire reculer la course aux armements. »

On pourrait rire d'un tel discours s'il n'était pas chargé de cynisme et d'infamie : le représentant de Washington s'inquiète de la course aux armements de la nation bolivarienne et il le dit précisément dans le pays où les États-Unis viennent d'installer sept bases militaires pointées directement sur les nations voisines, celles qui ne se plient pas à leurs diktats. Il le dit au moment où un de ses porte-avions manoeuvre avec les Forces armées du Pérou et où sa Quatrième Flotte multiplie les provocations dans le bassin des Caraïbes.

L'agence anglaise Reuters y ajoute son grain de sel médiatique avec une dépêche selon laquelle l'objectif du premier ministre russe est de tenir des réunions avec les « ennemis des États-Unis », à savoir Chavez et le président bolivien Evo Morales.

Reuters n'a évidemment rien à dire du refus opposé par les États-Unis à la vente de ses traditionnels avions Hercules, que le Venezuela utilise pour le transport et les opérations de sauvetage. Le pays andin ne peut plus non plus acheter des avions de chasse à l'Espagne, Washington exerçant des pressions sur ce pays, ni les Tucanos du Brésil, dont certaines pièces sont fabriquées aux États-Unis. Ce scénario d'embargo est si bien connu que Reuters ne se donne pas la peine d'en parler.

L'empire continue de miser sur l'assassinat des dirigeants politiques, la guerre sale, le renversement de l'ordre institutionnel, la recherche de nouveaux Ponce Pilate dans les rangs des Forces armées vénézuéliennes, voulant à tout prix instaurer l'ingouvernabilité. Ce qu'il ne supporte pas, c'est que le prestige de la Révolution bolivarienne continue de grandir et qu'elle dirige une intégration régionale d'un type nouveau qui se construit sans conditions politiques ni idéologiques, sur la base de la solidarité entre les peuples.

La rencontre organisée par l'Institut George W. Bush contre le Venezuela et autres contradicteurs aura lieu le 19 avril à Dallas, Texas. On y attend des membres du gouvernement des États-Unis et d'autres organisations liées à la communauté du renseignement de Washington. Il n'est pas vain de rappeler ici que Dallas est aussi la ville où ces mêmes tristes sires ont payé des représentants de la mafia cubano-américaine pour assassiner le président John F. Kennedy lorsque celui-ci envisageait discrètement un rapprochement avec la Révolution cubaine. Dallas a déjà sa place dans l'histoire.

Attention, les auspices ne sont pas propices à l'empire, à ses laquais et aux reliefs dérisoires du colonialisme européen : c'est au mois d'avril qu'ils ont essuyé leurs pires revers face à ceux qui ne se lasseront jamais de combattre et de défendre l'indépendance, l'honneur et la dignité de l'Amérique latine.

Un conseil : Yankees, méfiez-vous d'avril !

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