Le Marxiste-Léniniste

Numéro 62 - 9 avril 2010

Base manufacturière, oui! Destruction nationale, non!

Pour une alternative à la fermeture
de la brasserie Lakeport à Hamilton!

Base manufacturière, oui! Destruction nationale, non!
Pour une alternative à la fermeture de la brasserie Lakeport à Hamilton!
Ce qui est rationnel pour les propriétaires du capital n'est pas rationnel pour les Canadiens - K.C. Adams
A titre d'information: La production et la distribution de la bière au Canada 

Non au libre-échange avec la Colombie! - Comité de Windsor en appui aux prisonniers politiques colombiens et Liliany Obando

Journée de la Terre en Palestine
La Maison de la Palestine organise une célébration militante

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Base manufacturière, oui! Destruction nationale, non!

Pour une alternative à la fermeture
de la brasserie Lakeport à Hamilton!

Les propriétaires du capital ne peuvent pas justifier ce qui est injustifiable;
on doit trouver une alternative prosociale.

Divers propriétaires de capital et leurs représentants ont dit des choses outrageantes pour justifier la fermeture de la Lakeport Brewing Corporation, une mesure de destruction antinationale qui est absolument injustifiable. Dans un courriel du 1er avril, Jeff Ryan, un porte-parole de Labatt, a dit que « nous allons utiliser dans notre réseau de brasseries tous les équipements qui peuvent être rescapés » .

Cela constitue un aveu par Anheuser-Bush InBev, le monopole international qui contrôle Labatt, qu'il a acheté Lakeport dans le but d'éliminer un compétiteur et de concentrer sa production de bière dans ses autres usines. InBev avait alors soudoyé la propriétaire principale et la présidente d'alors de Lakeport, Teresa Cascioli, avec un montant de 43 millions $ et un autre 160 millions $ aux autres propriétaires du capital pour faciliter la prise de contrôle et éventuellement la destruction de la seule brasserie de Hamilton.

Ryan prétend ne pas savoir la portée des mots lorsqu'il dit vouloir « réchapper » les moyens de production de Lakeport en les sortant de l'usine. Ce n'est pas ça la réalité. La réalité c'est que cet « équipement à réchapper » est la source du moyen de subsistance de 143 travailleurs et un ensemble de moyens de production qui peut produire une très grande quantité de produit social pour le bénéfice de la communauté et de l'économie socialisée. Le produit social qu'est la bière sera toujours en vente à Hamilton mais une grande partie maintenant ne sera plus produite à Hamilton, ce qui représente une perte de valeur pour la communauté. InBev/Labatt ne réchappe absolument rien ; il détruit la production et s'assure que personne d'autre ne reprendra la production en faisant fonctionner les équipements et les installations de la brasserie Lakeport.

Un produit de consommation comme la bière devrait être brassé, embouteillé et distribué dans chaque communauté d'une certaine taille au Canada. L'argument de InBev sur la productivité d'échelle ne tient pas dans le cas d'un produit aussi peu coûteux et aussi volumineux que la bière une fois embouteillée. La valeur et le prix de la production de la bière augmentent avec chaque kilomètre de transport nécessaire pour l'amener au marché. Cela veut dire que la bière InBev/Lakeport qui sera produite dans une installation centrale contiendra également une quantité de valeur ajoutée (par les camionneurs) et de la valeur transférée (des moyens de production comme les camions). Le montant additionnel de valeur et le prix de production varient selon la distance que la bière doit parcourir pour arriver au marché. Une augmentation du prix de la production due au transport se traduit éventuellement par une augmentation du prix de marché, surtout que 90 % de tout le marché de la bière canadienne est contrôlé par trois monopoles étrangers qui peuvent ainsi s'entendre et imposer n'importe quel prix de monopole qu'ils jugent être dans leur intérêt. La destruction de Lakeport a plus à voir avec l'exercice d'un contrôle monopoliste absolu sur chaque aspect de l'industrie de la bière et avec la concentration de la propriété, du pouvoir et du contrôle au sein d'un nombre d'empires toujours plus petit qu'avec la productivité de telle ou telle usine.

Le porte-parole de InBev/Labatt, Charlie Angelakos, a dit dans un communiqué que « c'est malheureux que fermer la brasserie de Hamilton soit la seule décision d'affaires raisonnable qui s'offre à nous. Le marché canadien de la bière est très compétitif et nous sommes obligés de rechercher constamment les coûts de production les plus bas, dans nos opérations d'ensemble comme dans les opérations spécifiques de brasserie. »

Les représentants de InBev/Labatt que les médias ont cités ont dit que la décision de fermer l'usine de la rue Burlington est uniquement due à l'inefficacité de son opération et au besoin de rationaliser la production.


Manifestation contre la fermeture de l'usine de turbines Siemens à Hamilton le 18 mars 2010.

Les travailleurs prendront note que ces phrases à propos de la « compétition, les coûts de production, l'inefficacité et le besoin de rationaliser la production » sont devenus si routinières et usées qu'elles ont perdu toute signification si ce n'est dans la perspective centrée sur le capital la plus étroite possible. Ce ne sont que des phrases banales toutes faites qu'on lance pour justifier l'injustifiable qu, en dernière analyse, se ramène au droit de monopole d'une compagnie de faire tout ce qu'elle veut pour étendre son empire au détriment de la classe ouvrière, de l'économie socialisée du Canada et du tissu social. Les monopoles disent et font ces choses antisociales outrageantes uniquement parce qu'elles sont capables de le faire parce qu'il n'y a pas encore d'opposition ouvrière effective qui leur montre le poing et leur dit : Non, vous ne fermez pas Lakeport, Siemens, Stelco, AbitibiBowater, etc. parce que ces actions antisociales sont une attaque contre les travailleurs canadiens, qu'elles détruisent l'économie locale et nationale et vont à l'encontre des intérêts généraux de la société. NON C'EST NON !

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Ce qui est rationnel pour les propriétaires
du capital n'est pas rationnel pour les Canadiens

Trois monopoles étrangers dominent maintenant la production et la distribution de la bière au Canada : Labatt/InBev (Europe/États-Unis), Molson/Coors (États-Unis) et Sleeman/Sapporo (Japon). Que veulent-ils de plus ? L'achat et la fermeture de la brasserie Lakeport, qui était surtout un producteur de bière à rabais, indiquent sans doute un désir de InBev/Labatt et Molson/Coors d'éliminer la partie rabais de leurs marques pour progressivement faire grimper les prix du marché. InBev/Labatt veut rebâtir ses ventes aux États-Unis après avoir été forcé par les tribunaux étasuniens de vendre Labatt US. Pour les trois monopoles, le Canada n'est qu'un tremplin pour la vente aux États-Unis. Ils dominent déjà le marché canadien et, suivant leur conception du monde égocentrique, la concentration de la production entre les mains d'une poignée de grands brasseurs est la seule chose « rationnelle » à faire, malgré l'inefficacité du transport de la bière et les conséquences néfastes pour l'environnement social et naturel du Canada. Avec les brasseries modernes, l'avantage de productivité ne peut être que marginal et cette marge diminue rapidement avec chaque kilomètre que doit traverser le produit pour arriver au marché. Ces monopoles n'ont aucun souci pour les communautés et les régions du Canada. L'augmentation de leur pouvoir et de leur richesse se fait en privant les communautés du produit social.

Il est absurde qu'un produit aussi commun que la bière soit produit à l'extérieur de la région où il est consommé, et encore plus absurde que la production soit contrôlée par des propriétaires du capital vivant à l'extérieur du pays. Pensez-y : avec chaque achat de bière au Canada, une partie de ce que les Canadiens paient est retirée des communautés et envoyée à des propriétaires étrangers à titre de bénéfices d'entreprise et d'intérêt. Cela a pour effet d'affaiblir l'économie canadienne.

Les riches et leurs monopoles n'ont aucune conscience de la nécessité de bâtir une économie diversifiée qui suffit à ses besoins dans toutes les régions du Canada. Ils rejettent d'emblée la définition moderne des droits selon laquelle tous ont des droits du fait qu'ils sont humains et n'acceptent pas que la clé au progrès de la société et à la résolution de ses problèmes sociaux et naturels est d'investir le peuple du pouvoir de décider. Les propriétaires du capital croient que l'édification d'empires par la concurrence et la guerre, l'enrichissement des riches et l'utilisation de privilèges de classe pour dominer politiquement et économiquement l'environnement social et naturel sont des droits qui leur appartiennent parce qu'ils font partie d'une aristocratie naturelle ou héréditaire. Les riches croient réellement que lorsqu'ils s'enrichissent, cela fait des retombées pour la population.

Évidemment, cette fausseté idéologique sert à perpétuer un système qui a fait son temps et à cacher la contradiction fondamentale entre un processus de production qui est social et la division de l'économie en parties privées et rivales. C'est cette contradiction, personnifiée par la contradiction entre la classe ouvrière et les propriétaires du capital, qui doit être résolue par le renouveau politique et économique, pour permettre aux véritables producteurs de toute la richesse, la classe ouvrière, de devenir les propriétaires des moyens de production et les décideurs et d'ainsi prendre le contrôle de leur économie socialisée et de l'État.

La classe ouvrière et ses alliés doivent songer à d'autres façons de contrôler la production et la distribution de produits comme la bière, à des méthodes qui servent les communautés, l'économie socialisée et l'édification nationale plutôt que l'édification de monopoles et d'empires et l'enrichissement des riches. Évidemment, pour imposer des alternatives prosociales, il faut que la classe ouvrière se donne le pouvoir de le faire et il faut pour cela une opposition ouvrière effective qui a suffisamment de pouvoir et de courage pour contester le contrôle monopoliste de l'économie, dont l'industrie de la bière.

Pour les travailleurs et leur conception du monde centrée sur l'être humain, ce qui est « rationnel » pour les propriétaires du capital n'est pas « rationnel » pour les Canadiens. Il y a une grande différence d'interprétation sur ce qui est « rationnel » et sur d'autres concepts entre les conceptions du monde opposées des propriétaires du capital et de la classe ouvrière.

Il n'y a rien de rationnel à ce que la production et la distribution de la bière ne fassent pas partie de la vie économique de toutes les régions du Canada et ne soient pas contrôlées dans les communautés. Le Québec et les gouvernements provinciaux exercent déjà un contrôle public sur une partie de l'industrie de la bière, du vin et des spiritueux. En Ontario, par exemple, nous pourrions restreindre le contrôle monopoliste de la production de la bière en élargissement le pouvoir public de la Commission des alcools de l'Ontario (LCBO) sur la distribution au gros. En contrôlant le marché du gros, la LCBO pourrait tout simplement exiger que la bière consommée dans une certaine région ou municipalité soit brassée dans cette région ou municipalité, à part quelques bières spécialisées qui peuvent être produites ailleurs. Il suffirait tout simplement de prendre le contrôle des centres de distribution qui existent déjà (The Beer Store) et qui ont la quasi-exclusivité en Ontario. Le Beer Store est tout simplement un outil de marketing monopoliste de InBev, Molson/Coors et Sleeman/Sapporo pour leurs propres produits, pour éliminer les petites brasseries canadiennes et marginaliser les petits détaillants. En fait, la vente au détail et au gros par le Beer Store est à 49 % contrôlée par la division Labatt du monopole belge Anheuser-Busch InBev, à 49 % par Molson Coors des États-Unis et à 2 % par Sleeman Breweries, une division du monopole japonais Sapporo. La prise en charge du détaillant et grossiste The Beer Store par la LCBO mettrait fin au monopole exclusif sur la bière domestique vendue dans les bars et restaurants de l'Ontario.

Quoi qu'il en soit, il faut bâtir une opposition ouvrière effective pour contester et restreindre le droit de monopole et ne pas permettre des décisions antisociales comme la fermeture de la brasserie Lakeport à Hamilton.

* * *

Le 1er mai, les travailleurs et leurs alliés tiennent un rassemblement à Hamilton contre la destruction nationale et la perte d'emplois dans le secteur manufacturier. Le lendemain ils tiennent une conférence pour discuter de la nécessité de dire non ! à la destruction nationale et oui ! à la base manufacturière. La conférence est organisée par le local 1005 du syndicat des Métallos. Cliquer ici pour voir l'affiche.

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À titre d'information

La production et la distribution
de la bière au Canada

Quelques faits au sujet de l'industrie brassicole en Ontario et au Canada :

- Nombre d'emplois : 205 000 emplois directs et indirects incluant la production, les ventes et la mise en marché

- Emplois directs en brasserie : 13 000

- Part de l'Ontario : 68 950 emplois directs et indirects

- Emplois en brasserie en Ontario : 6 014

Principaux acteurs

- Labatt emploie 3 200 personnes au Canada

- Molson Coors emploie 3 000 personnes au Canada

- 35 brasseries artisanales emploient environ 600 personnes

La Brasserie Labatt Ltée est une compagnie de bière canadienne fondée par John Kinder Labatt en 1847 à London en Ontario. En 1995, elle était achetée par le brasseur belge Interbrew ; elle fait maintenant partie d'Anheuser-Busch InBev. Labatt est le plus grand brasseur au Canada.

Le monopole américain Coors s'est emparé de Molson en 2005 pour créer Molson Coors, maintenant la cinquième plus grande compagnie brassicole au monde.

Les plus grandes compagnies brassicoles au Canada étaient traditionnellement Labatt et Molson.

Le brasseur japonais Sapporo a acheté Sleeman Breweries Ltd. en 2006, le plus grand brasseur canadien restant. La production de la bière au Canada est maintenant principalement sous contrôle de multinationales étrangères.

À la fin de 2006, près de 90 % des ventes de bière était des brassages domestiques sous licence de compagnies non domestiques. Les bières américaines brassées sous licence dominent le marché. Par exemple, Budweiser est brassé sous licence au Canada par Labatt et Coors Light par Molson.

Le marché de la bière domestique au Canada est dominé à 90 % par Labatt, Molson et Sleeman, toutes des compagnies détenues à l'étranger. Le seul brasseur canadien restant, Moosehead Breweries de Saint-Jean au Nouveau-Brunswick, contrôle environ 5,5 % du marché canadien.

Anheuser-Busch InBev (contrôle Labatt)

- Revenu brut : 36,76 milliards $US (2009)

- Employés : environ 116 000 (2009) dans 30 pays

- Fondation : 2004 (InBev) ; 2008 (changement de nom pour Anheuser-Busch InBev) après une acquisition/fusion avec Anheuser-Busch aux États-Unis

- Siège social : Leuven, Belgique

- Produits : bières, liqueurs douces

Interbrew, le prédécesseur d'Anheuser-Busch InBev N.V., a pris le contrôle de Labatt Canada en 1995. Anheuser-Busch InBev est le plus grand brasseur mondial avec près de 25 % des parts de marché et une des cinq principales compagnies de produits pour les consommateurs.

Avec l'intégration d'Anheuser-Busch à InBev, 45 % des ventes de la compagnie proviennent de l'Amérique du Nord et la compagnie rapporte maintenant ses résultats financiers en dollars américains.

Historique de Lakeport Brewing Corporation

Novembre 1998 : Lakeport se place sous la protection de la loi sur les faillites, devant 17 millions $ à des créditeurs sécurisés et non sécurisés.

1999 : Teresa Cascioli est nommée présidente de Lakeport après que le brasseur soit sorti de la protection de la loi sur les faillites. Elle a pris le contrôle de Lakeport après que sa compagnie, Alphacorp Holdings, eut investi 3,1 millions $ en actions et en fonds de roulement.

Janvier 2005 : Cascioli achète 100 % de l'usine brassicole sur la rue Burlington avec l'argent de Vengrowth Capital Partners de Toronto et la Banque Nationale du Canada.

1er février 2007 : une offre de prise de contrôle est faite pour Lakeport par le meneur du marché, La Brasserie Labatt Ltée, pour une somme de 201,4 millions $. La p-dg Teresa Cascioli empoche 43 millions $ de la vente de 21 % de ses parts dans Lakeport.

2008 : des dirigeants du Syndicat des Teamster ont dit qu'ils ont fait des concessions pour garder Lakeport en fonction, incluant des baisses de salaires, et pour rendre l'usine plus efficace.

30 mars 2010 : Labatt informe les travailleurs que l'usine ferme et qu'aucune production de bière y aura lieu.

30 avril 2010 : tout l'équipement sera retiré à cette date.

InBev gardera pour deux ans le bail de la propriété sur la rue Burlington laissant l'immeuble vide.

(Sources : Presse Canadienne, Hamilton Spectator et Wikipédia)

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Non au libre-échange avec la Colombie!


Toronto, le 23 octobre 2008 (Photos: Common Frontiers Canada)

Le débat sur l'infâme projet d'accord de libre-échange Canada-Colombie (ALÉCC) est en cours pour la troisième fois au parlement canadien. Déjà rejeté deux fois, sa dernière mouture, le projet de loi C-2, a été de nouveau introduit par le gouvernement Harper, cette fois avec l'aide de l'opposition libérale.

Les libéraux ont ajouté un amendement pour venir à la rescousse du gouvernement Harper « appelant les deux pays à publier des rapports annuels sur les droits humains ». Comme si les droits humains peuvent être joués dans une discothèque par un parlementaire libéral (ex-conservateur) dansant au rythme des chansons de Harper & Uribe composées à la Maison blanche. (« Dining, dancing, free trade deal-making », Globe and Mail, le 26 mars 2010).

Le principal postulat présenté par les conservateur et certains libéraux est que l'échange accrue apportera la « démocratie » et le respect des droits humains. De cette façon, ils obscurcissent la nature anti-démocratique des régimes Harper et Uribe.


Montréal, le 10 juin 2009: gauche: « En Colombie 5 millions de personnes déplacées; 15 000 disparitions forcées; 5 000 dirigeants de gauche tués »; droite: « Le Canada sera-t-il complice d'un régime de terreur en Colombie au nom de l'économie? (Photos: Common Frontiers Canada)

Il faut poser la question : comment « les tarifs préférentiels » aux monopoles anxieux d'exploiter les richesses de la Colombie pour leur bénéfice privé vont-ils conduire au respect des droits humains ? En fait, un accord de libre-échange avec la Colombie conférera une légitimité et des récompenses non méritées à un régime qui affiche le pire dossier de violations des droits humains de l'hémisphère. Cela ne peut être camouflé ou excusé avec des discours à propos d'« aider à la relance économique » et d'« aider les Canadiens à prospérer », comme si la conscience des travailleurs canadiens pouvait être achetée si facilement.

Bien que le Rapport sur la situation des droits de l'homme en Colombie en 2009 par le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme (Navanethem Pillay) semble tirer Uribe d'affaire, il établit des faits précieux. Tout comme des rapports par d'autres organisations pour les droits humains, il fournit des preuves claires et indéniables de la fascisation en cours de l'État colombien durant les huit dernières années, qui correspondent au règne de terreur d'Uribe. Le nombre d'assassinats, de disparitions forcées, de déplacements et le niveau de la persécution politique, etc. ont augmenté de pair avec l'appauvrissement de la population.

Le débat sur l'ALÉ Canada-Colombie devrait non seulement être centré sur le rejet du projet de loi C-2 mais aussi sur la fin des relations commerciales et l'imposition de sanctions contre la Colombie jusqu'à ce qu'un processus convainquant de démocratisation soit entrepris dans ce pays.

Si les sanctions économiques ont été utilisées avec succès dans le passé pour isoler le régime raciste sud-africain et sa politique d'apartheid, pourquoi ne pas faire la même chose aujourd'hui avec la « démocratie » des escadrons de la mort en Colombie ?

Le peuple canadien partage le sentiment du peuple colombien pour la démocratie et la paix, de pair avec la justice sociale. Voici quelques mesures qui pourraient être instituées avant que tout investissement ou accord commercial ne soit conclu avec la Colombie :

1) La guerre civile doit prendre fin par un processus de dialogue, initié par un échange de prisonniers des deux parties.

2) De nouveaux arrangements politiques doivent être mis en place dans lesquels tous les Colombiens peuvent participer sans craindre pour leur vie, l'emprisonnement ou la persécution.

3) La souveraineté du pays doit être respectée en retirant toutes les bases militaires étasuniennes et le personnel, ainsi que tous les mercenaires étrangers en Colombie.

4) Les Canadiens comme les Colombiens applaudissent les récents événements et les décisions de la Cour constitutionnelle de Colombie et toute autre tentative de mettre fin à l'impunité. La vérité doit être révélée et tous ceux qui ont commis des crimes contre l'humanité doivent être punis.

5) Toutes les terres prises de force ou par escroquerie devraient être rendues immédiatement à leurs propriétaires légitimes. L'État doit s'excuser et compenser toutes les victimes de génocide et autres crimes commis par l'armée colombienne, les paramilitaires, les autres membres de l'appareil de sécurité et autres agents de l'État.

Non à l'Accord de libre-échange ! Mettez fin aux échanges commerciaux avec la Colombie !

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Journée de la Terre en Palestine

La Maison de la Palestine organise
une célébration militante

Le 3 avril 2010, 400 Palestiniens, leurs sympathisants et amis ont commémoré le 34e anniversaire de Yom-el-Ard, la Journée de la Terre, lors d'un banquet organisé par la Maison de Palestine, à Mississauga, en Ontario. Les animateurs de la soirée ont souligné dans leurs discours de bienvenue que des pressions avaient été exercées sur le conseil de la Maison de la Palestine par les forces sionistes comme la Ligue de défense juive (LDJ) et d'autres afin d'annuler l'événement de cette année du Jour de la Terre. La Maison de Palestine et ses membres n'ont pas plié sous la pression et sont allés de l'avant avec la commémoration de cet événement important dans la vie du peuple palestinien. Cet esprit militant de défi de la résistance était présent durant tout l'événement.

Yom-el-Ard, la Journée de la Terre, est un symbole de la résistance palestinienne. Elle rappelle l'anniversaire du jour en 1976 lorsque des milliers de Palestiniens en Israël et en Cisjordanie ont organisé une grève générale contre les nouveaux ordres d'expropriation de 60 000 dunums de leurs terres en Galilée, qui ont été déclarées « zones militaires fermées » (une dunum est 1 000 mètres carrés). Après des années de régime militaire, la Journée de la Terre de 1976 a été le premier acte de résistance de masse par les Palestiniens en Israël contre la politique sioniste de colonisation interne, un processus systématique d'expropriation qui avait réduit la propriété des terres palestiniennes de près de 94 % de l'ensemble du territoire de la Palestine d'avant 1948 à moins de 3 % dans ce qui est maintenant considéré comme Israël. Les affrontements qui ont suivi avec l'armée israélienne et la police après les manifestations pacifiques ont tué six Palestiniens, avec des centaines de blessés et des centaines d'autres emprisonnés. La Journée de la Terre a réaffirmé la minorité palestinienne en Israël, comme une partie inséparable de la nation palestinienne.


Les affiches de la Journée de la Terre au fil des années.

À la suite des paroles de bienvenue par le Dr Farid Ayad, président du Conseil d'administration de la Maison de la Palestine, la jeunesse a présenté un programme culturel de danses traditionnelles palestiniennes ainsi que d'une présentation de textes. Elle a été suivie d'un dîner où tout le monde a échangé et tenu des discussions animées à leur table.

Le discours principal a été présenté par le journaliste palestinien renommé Abdul Bari Atwan qui est le rédacteur en chef du journal Al quds Alarabi et qui vit à Londres, en Angleterre. Atwan a condamné les tentatives de la Ligue de défense juive de lui interdire de prendre la parole à l'événement du Jour de la Terre à la Maison de la Palestine – une organisation que la JDL a essayé en vain de discréditer par des accusations fallacieuses.

Dans ses commentaires, Atwan a donné un aperçu de la situation au Moyen-Orient et des tentatives de l'impérialisme anglo-américain pour essayer d'isoler l'Iran qui rallie toutes les nations arabes à s'unir comme une seule voix pour s'opposer à l'État sioniste d'Israël et à prêter main forte au peuple palestinien et à sa juste lutte. Il a noté que les États-Unis et la Grande-Bretagne ainsi que les pays de l'Union européenne tentent de diviser la résistance palestinienne en acheminant des fonds d'aide à la Cisjordanie tout en isolant et sanctionnant la bande de Gaza dans le but d'anéantir la résistance palestinienne. Il a souligné que le peuple palestinien a le plein soutien des peuples du monde arabe, mais pas nécessairement de leurs dirigeants, et que l'avenir réside dans les mains du peuple palestinien lui-même, qui doit continuer à renforcer son unité de combat et sa résistance aux occupants sionistes et, ce faisant, préserver la dignité de la nation palestinienne héroïque.

La soirée s'est terminée dans une atmosphère de fête et tous ceux présents ont exprimé leur appréciation à la Maison de la Palestine pour avoir été l'hôte de l'événement.

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