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Base manufacturière, oui!
Destruction nationale, non!
Pour une alternative à la fermeture
de la brasserie Lakeport à Hamilton!
Les propriétaires du capital
ne peuvent pas
justifier ce qui est injustifiable;
on doit trouver une
alternative prosociale.
Divers propriétaires de capital et leurs
représentants ont dit des choses outrageantes pour justifier la
fermeture de la Lakeport Brewing Corporation, une mesure de destruction
antinationale qui est absolument injustifiable. Dans un courriel du 1er
avril, Jeff Ryan, un porte-parole de Labatt, a dit que
« nous allons utiliser dans notre réseau
de brasseries tous les équipements qui peuvent être
rescapés » .
Cela constitue un aveu par Anheuser-Bush InBev, le
monopole international qui contrôle Labatt, qu'il a acheté
Lakeport dans le but d'éliminer un compétiteur et de
concentrer sa production de bière dans ses autres usines. InBev
avait alors soudoyé la propriétaire principale et la
présidente d'alors de Lakeport, Teresa Cascioli, avec un montant
de
43 millions $ et un autre 160 millions $ aux autres
propriétaires du capital pour faciliter la prise de
contrôle et éventuellement la destruction de la seule
brasserie de Hamilton.
Ryan prétend ne pas savoir la portée des
mots lorsqu'il dit vouloir « réchapper »
les moyens de production de Lakeport en les sortant de l'usine. Ce
n'est pas ça la réalité. La réalité
c'est que cet « équipement à
réchapper » est la source du moyen de subsistance de
143 travailleurs et un ensemble de moyens de
production qui peut produire une très grande quantité de
produit social pour le bénéfice de la communauté
et de l'économie socialisée. Le produit social qu'est la
bière sera toujours en vente à Hamilton mais une grande
partie maintenant ne sera plus produite à Hamilton, ce qui
représente une perte de valeur pour la communauté.
InBev/Labatt ne
réchappe absolument rien ; il détruit la production
et s'assure que personne d'autre ne reprendra la production en faisant
fonctionner les équipements et les installations de la brasserie
Lakeport.
Un produit de consommation comme la bière devrait
être brassé, embouteillé et distribué dans
chaque communauté d'une certaine taille au Canada. L'argument de
InBev sur la productivité d'échelle ne tient pas dans le
cas d'un produit aussi peu coûteux et aussi volumineux que la
bière une fois embouteillée. La valeur et le prix de la
production de la bière augmentent avec chaque kilomètre
de transport nécessaire pour l'amener au marché. Cela
veut dire que la bière InBev/Lakeport qui sera produite dans une
installation centrale contiendra également une quantité
de valeur ajoutée (par les camionneurs) et de la valeur
transférée (des moyens de production comme les camions).
Le montant additionnel de valeur et le prix de production varient selon
la distance que la bière doit parcourir pour arriver au
marché. Une augmentation du prix de la production due au
transport se traduit éventuellement par une augmentation du prix
de marché, surtout que 90 % de tout le marché de la
bière canadienne est contrôlé par trois
monopoles étrangers qui peuvent ainsi s'entendre et imposer
n'importe quel prix de monopole qu'ils jugent être dans leur
intérêt. La destruction de Lakeport a plus à voir
avec l'exercice d'un contrôle monopoliste absolu sur chaque
aspect de l'industrie de la bière et avec la concentration de la
propriété, du pouvoir et du contrôle au sein d'un
nombre d'empires toujours plus petit qu'avec la productivité de
telle ou telle usine.
Le porte-parole de InBev/Labatt, Charlie Angelakos, a
dit
dans un communiqué que « c'est malheureux que fermer
la brasserie de Hamilton soit la seule décision d'affaires
raisonnable qui s'offre à nous. Le marché canadien de la
bière est très compétitif et nous sommes
obligés de rechercher constamment les coûts de production
les plus
bas, dans nos opérations d'ensemble comme dans les
opérations spécifiques de brasserie. »
Les représentants de InBev/Labatt que les
médias ont cités ont dit que la décision de fermer
l'usine de la rue Burlington est uniquement due à
l'inefficacité de son opération et au besoin de
rationaliser la production.

Manifestation contre la fermeture de l'usine de turbines Siemens
à Hamilton le 18 mars 2010.
|
Les travailleurs prendront note que ces phrases à
propos de la « compétition, les coûts de
production, l'inefficacité et le besoin de rationaliser la
production » sont devenus si routinières et
usées qu'elles ont perdu toute signification si ce n'est dans la
perspective centrée sur le capital la plus étroite
possible. Ce ne sont que des
phrases banales toutes faites qu'on lance pour justifier
l'injustifiable qu, en dernière analyse, se ramène au
droit de monopole d'une compagnie de faire tout ce qu'elle veut pour
étendre son empire au détriment de la classe
ouvrière, de l'économie socialisée du Canada et du
tissu social. Les monopoles disent et font ces choses antisociales
outrageantes uniquement parce qu'elles sont capables de le faire parce
qu'il n'y a pas encore d'opposition ouvrière effective qui leur
montre le poing et leur dit : Non, vous ne fermez pas Lakeport,
Siemens, Stelco, AbitibiBowater, etc. parce que ces actions
antisociales sont une attaque contre les travailleurs canadiens,
qu'elles détruisent
l'économie locale et nationale et vont à l'encontre des
intérêts généraux de la
société. NON C'EST NON !

Ce qui est rationnel pour les propriétaires
du
capital n'est pas rationnel pour les Canadiens
- K.C. Adams –
Trois monopoles étrangers dominent maintenant la
production et la distribution de la bière au Canada :
Labatt/InBev (Europe/États-Unis), Molson/Coors
(États-Unis) et Sleeman/Sapporo (Japon). Que veulent-ils de
plus ? L'achat et la fermeture de la brasserie Lakeport, qui
était surtout un producteur de bière à rabais,
indiquent sans
doute un désir de InBev/Labatt et Molson/Coors d'éliminer
la partie rabais de leurs marques pour progressivement faire grimper
les
prix du marché. InBev/Labatt veut rebâtir ses ventes aux
États-Unis après avoir été forcé
par les tribunaux étasuniens de vendre Labatt US. Pour les trois
monopoles, le Canada n'est qu'un tremplin pour la vente aux
États-Unis. Ils dominent déjà le marché
canadien et, suivant leur conception du monde égocentrique, la
concentration de la production entre les mains d'une poignée de
grands brasseurs est la seule chose
« rationnelle » à faire, malgré
l'inefficacité du transport de la bière et les
conséquences néfastes pour l'environnement social et
naturel du Canada. Avec les brasseries modernes, l'avantage de
productivité ne peut être que marginal et cette marge
diminue rapidement avec chaque kilomètre que doit traverser le
produit pour arriver au marché. Ces monopoles n'ont aucun souci
pour les communautés et les régions du Canada.
L'augmentation de leur pouvoir et de leur richesse
se fait en privant les communautés du produit social.
Il est absurde qu'un produit aussi commun que la
bière soit produit à l'extérieur de la
région où il est consommé, et encore plus absurde
que la production soit contrôlée par des
propriétaires du capital vivant à l'extérieur du
pays. Pensez-y : avec chaque achat de bière au Canada, une
partie de ce que les Canadiens paient est retirée des
communautés et envoyée à des propriétaires
étrangers à titre de bénéfices d'entreprise
et d'intérêt. Cela a pour effet d'affaiblir
l'économie canadienne.
Les riches et leurs monopoles n'ont aucune conscience de
la nécessité de bâtir une économie
diversifiée qui suffit à ses besoins dans toutes les
régions du Canada. Ils rejettent d'emblée la
définition moderne des droits selon laquelle tous ont des droits
du fait qu'ils sont humains et n'acceptent pas que la clé au
progrès de la société et à la
résolution de ses problèmes sociaux et naturels est
d'investir le peuple du pouvoir de décider. Les
propriétaires du capital croient que l'édification
d'empires par la concurrence et la guerre, l'enrichissement des riches
et l'utilisation de privilèges de classe pour dominer
politiquement et économiquement l'environnement social et
naturel sont des
droits qui leur appartiennent parce qu'ils font partie d'une
aristocratie naturelle ou héréditaire. Les riches croient
réellement que lorsqu'ils s'enrichissent, cela fait des
retombées pour la population.
Évidemment, cette fausseté
idéologique sert à perpétuer un système qui
a fait son temps et à cacher la contradiction fondamentale entre
un processus de production qui est social et la division de
l'économie en parties privées et rivales. C'est cette
contradiction, personnifiée par la contradiction entre la classe
ouvrière et les propriétaires du
capital, qui doit être résolue par le renouveau politique
et économique, pour permettre aux véritables producteurs
de toute la richesse, la classe ouvrière, de devenir les
propriétaires des moyens de production et les décideurs
et d'ainsi prendre le contrôle de leur économie
socialisée et de l'État.
La classe ouvrière et ses alliés doivent
songer à d'autres façons de contrôler la production
et la distribution de produits comme la bière, à des
méthodes qui servent les communautés, l'économie
socialisée et l'édification nationale plutôt que
l'édification de monopoles et d'empires et l'enrichissement des
riches. Évidemment, pour imposer des
alternatives prosociales, il faut que la classe ouvrière se
donne
le pouvoir de le faire et il faut pour cela une opposition
ouvrière effective qui a suffisamment de pouvoir et de courage
pour contester le contrôle monopoliste de l'économie, dont
l'industrie de la bière.
Pour les travailleurs et leur conception du monde
centrée sur l'être humain, ce qui est
« rationnel » pour les propriétaires du
capital n'est pas « rationnel » pour les
Canadiens. Il y a une grande différence d'interprétation
sur ce qui est « rationnel » et sur d'autres
concepts entre les conceptions du monde
opposées des propriétaires du capital et de la classe
ouvrière.
Il n'y a rien de rationnel à ce que la production
et la distribution de la bière ne fassent pas partie de la vie
économique de toutes les régions du Canada et ne soient
pas contrôlées dans les communautés. Le
Québec et les gouvernements provinciaux exercent
déjà un contrôle public sur une partie de
l'industrie de la bière, du vin et des spiritueux.
En Ontario, par exemple, nous pourrions restreindre le contrôle
monopoliste de la production de la bière en élargissement
le pouvoir public de la Commission des alcools de l'Ontario (LCBO) sur
la distribution au gros. En contrôlant le marché du gros,
la LCBO pourrait tout simplement exiger que la bière
consommée dans une certaine région ou
municipalité soit brassée dans cette région ou
municipalité, à part quelques bières
spécialisées qui peuvent être produites ailleurs.
Il suffirait tout simplement de prendre le contrôle des centres
de distribution qui existent déjà (The Beer Store) et qui
ont la quasi-exclusivité en Ontario. Le Beer Store est tout
simplement un outil de marketing
monopoliste de InBev, Molson/Coors et Sleeman/Sapporo pour leurs
propres produits, pour éliminer les petites brasseries
canadiennes et marginaliser les petits détaillants. En fait, la
vente au détail et au gros par le Beer Store est à
49 % contrôlée par la division Labatt du monopole
belge Anheuser-Busch InBev, à 49 % par Molson
Coors des États-Unis et à 2 % par Sleeman Breweries,
une division du monopole japonais Sapporo. La prise en charge du
détaillant et grossiste The Beer Store par la LCBO mettrait fin
au monopole exclusif sur la bière domestique vendue dans les
bars et restaurants de l'Ontario.
Quoi qu'il en soit, il faut bâtir une opposition
ouvrière effective pour contester et restreindre le droit de
monopole et ne pas permettre des décisions antisociales comme la
fermeture de la brasserie Lakeport à Hamilton.
* * *
Le 1er mai, les travailleurs et leurs alliés
tiennent un rassemblement à Hamilton contre la destruction
nationale et la perte d'emplois dans le secteur manufacturier. Le
lendemain ils tiennent une conférence pour discuter de la
nécessité de dire non ! à la destruction
nationale et oui ! à la base manufacturière. La
conférence est
organisée par le local 1005 du syndicat des Métallos. Cliquer
ici pour voir l'affiche.

À titre d'information
La production et la distribution
de la bière au
Canada
Quelques faits au sujet de l'industrie brassicole en
Ontario et au Canada :
- Nombre d'emplois : 205 000 emplois directs et
indirects incluant la production, les ventes et la mise en
marché
- Emplois directs en brasserie : 13 000
- Part de l'Ontario : 68 950 emplois directs et
indirects
- Emplois en brasserie en Ontario : 6 014
Principaux acteurs
- Labatt emploie 3 200 personnes au Canada
- Molson Coors emploie 3 000 personnes au Canada
- 35 brasseries artisanales emploient environ 600
personnes
La Brasserie Labatt Ltée est une compagnie de
bière canadienne fondée par John Kinder Labatt en 1847
à London en Ontario. En 1995, elle était achetée
par le brasseur belge Interbrew ; elle fait maintenant partie
d'Anheuser-Busch InBev. Labatt est le plus grand brasseur au Canada.
Le monopole américain Coors s'est emparé
de Molson en 2005 pour créer Molson Coors, maintenant la
cinquième plus grande compagnie brassicole au monde.
Les plus grandes compagnies brassicoles au Canada
étaient traditionnellement Labatt et Molson.
Le brasseur japonais Sapporo a acheté Sleeman
Breweries Ltd. en 2006, le plus grand brasseur canadien restant. La
production de la bière au Canada est maintenant principalement
sous contrôle de multinationales étrangères.
À la fin de 2006, près de 90 % des
ventes de bière était des brassages domestiques sous
licence de compagnies non domestiques. Les bières
américaines brassées sous licence dominent le
marché. Par exemple, Budweiser est brassé sous licence au
Canada par Labatt et Coors Light par Molson.
Le marché de la bière domestique au
Canada est dominé à 90 % par Labatt, Molson et
Sleeman, toutes des compagnies détenues à
l'étranger. Le seul brasseur canadien restant, Moosehead
Breweries de Saint-Jean au Nouveau-Brunswick, contrôle environ
5,5 % du marché canadien.
Anheuser-Busch InBev (contrôle Labatt)
- Revenu brut : 36,76 milliards $US (2009)
- Employés : environ 116 000 (2009) dans 30
pays
- Fondation : 2004 (InBev) ; 2008 (changement
de nom pour Anheuser-Busch InBev) après une acquisition/fusion
avec Anheuser-Busch aux États-Unis
- Siège social : Leuven, Belgique
- Produits : bières, liqueurs douces
Interbrew, le prédécesseur
d'Anheuser-Busch InBev N.V., a pris le contrôle de Labatt Canada
en 1995. Anheuser-Busch InBev est le plus grand brasseur mondial avec
près de 25 % des parts de marché et une des cinq
principales compagnies de produits pour les consommateurs.
Avec l'intégration d'Anheuser-Busch à
InBev, 45 % des ventes de la compagnie proviennent de
l'Amérique du Nord et la compagnie rapporte maintenant ses
résultats financiers en dollars américains.
Historique de Lakeport Brewing Corporation
Novembre 1998 : Lakeport se place sous la
protection de la loi sur les faillites, devant 17 millions $
à des créditeurs sécurisés et non
sécurisés.
1999 : Teresa Cascioli est nommée
présidente de Lakeport après que le brasseur soit sorti
de la protection de la loi sur les faillites. Elle a pris le
contrôle de Lakeport après que sa compagnie, Alphacorp
Holdings, eut investi 3,1 millions $ en actions et en fonds de
roulement.
Janvier 2005 : Cascioli achète 100 %
de l'usine brassicole sur la rue Burlington avec l'argent de Vengrowth
Capital Partners de Toronto et la Banque Nationale du Canada.
1er février 2007 : une offre de prise de
contrôle est faite pour Lakeport par le meneur du marché,
La Brasserie Labatt Ltée, pour une somme de 201,4
millions $. La p-dg Teresa Cascioli empoche 43 millions $ de
la vente de 21 % de ses parts dans Lakeport.
2008 : des dirigeants du Syndicat des Teamster ont
dit qu'ils ont fait des concessions pour garder Lakeport en fonction,
incluant des baisses de salaires, et pour rendre l'usine plus efficace.
30 mars 2010 : Labatt informe les travailleurs que
l'usine ferme et qu'aucune production de bière y aura lieu.
30 avril 2010 : tout l'équipement sera
retiré à cette date.
InBev gardera pour deux ans le bail de la
propriété sur la rue Burlington laissant l'immeuble vide.

Non au libre-échange avec la Colombie!
- Comité de Windsor en appui aux
prisonniers
politiques colombiens et Liliany Obando -


Toronto, le 23 octobre
2008 (Photos: Common Frontiers
Canada)
Le débat sur l'infâme projet d'accord de
libre-échange Canada-Colombie (ALÉCC) est en cours pour
la troisième fois au parlement canadien. Déjà
rejeté deux fois, sa dernière mouture, le projet de loi
C-2, a été de nouveau introduit par le gouvernement
Harper, cette fois avec l'aide de l'opposition libérale.
Les libéraux ont ajouté un amendement
pour venir à la rescousse du gouvernement Harper
« appelant les deux pays à publier des rapports
annuels sur les droits humains ». Comme si les droits
humains peuvent être joués dans une discothèque par
un parlementaire libéral (ex-conservateur)
dansant au rythme des chansons de Harper & Uribe composées
à la Maison blanche. (« Dining, dancing, free trade
deal-making », Globe and Mail, le 26 mars 2010).
Le principal postulat présenté par les
conservateur et certains libéraux est que l'échange
accrue apportera la « démocratie » et le
respect des droits humains. De cette façon, ils obscurcissent la
nature anti-démocratique des régimes Harper et Uribe.

Montréal, le 10
juin 2009: gauche: « En Colombie 5 millions de personnes
déplacées; 15 000 disparitions forcées; 5 000
dirigeants de gauche tués »; droite: « Le
Canada sera-t-il complice d'un régime de terreur en Colombie au
nom de l'économie? (Photos:
Common Frontiers Canada)
Il faut poser la question : comment
« les tarifs préférentiels » aux
monopoles anxieux d'exploiter les richesses de la Colombie pour leur
bénéfice privé vont-ils conduire au respect des
droits humains ? En fait, un accord de libre-échange avec
la Colombie conférera une légitimité
et des récompenses non méritées à un
régime qui affiche le pire dossier de violations des droits
humains de l'hémisphère. Cela ne peut être
camouflé ou excusé avec des discours à propos
d'« aider à la relance économique »
et d'« aider les Canadiens à
prospérer », comme si la conscience
des travailleurs canadiens pouvait être achetée si
facilement.
Bien que le Rapport sur la situation des droits de
l'homme en Colombie en 2009 par le Haut-Commissaire des Nations unies
aux droits de l'homme (Navanethem Pillay) semble tirer Uribe d'affaire,
il établit des faits précieux. Tout comme des rapports
par d'autres organisations pour les droits humains,
il fournit des preuves claires et indéniables de la fascisation
en cours de l'État colombien durant les huit dernières
années, qui correspondent au règne de terreur d'Uribe. Le
nombre d'assassinats, de disparitions forcées, de
déplacements et le niveau de la persécution politique,
etc. ont augmenté de pair avec l'appauvrissement
de la population.
Le débat sur l'ALÉ Canada-Colombie
devrait non seulement être centré sur le rejet du projet
de loi C-2 mais aussi sur la fin des relations commerciales et
l'imposition de sanctions contre la Colombie jusqu'à ce qu'un
processus convainquant de démocratisation soit entrepris dans ce
pays.
Si les sanctions économiques ont
été utilisées avec succès dans le
passé pour isoler le régime raciste sud-africain et sa
politique d'apartheid, pourquoi ne pas faire la même chose
aujourd'hui avec la « démocratie » des
escadrons de la mort en Colombie ?
Le peuple canadien partage le sentiment du peuple
colombien pour la démocratie et la paix, de pair avec la justice
sociale. Voici quelques mesures qui pourraient être
instituées avant que tout investissement ou accord commercial ne
soit conclu avec la Colombie :
1) La guerre civile doit prendre fin par un processus de
dialogue, initié par un échange de prisonniers des deux
parties.
2) De nouveaux arrangements politiques doivent
être mis en place dans lesquels tous les Colombiens peuvent
participer sans craindre pour leur vie, l'emprisonnement ou la
persécution.
3) La souveraineté du pays doit être
respectée en retirant toutes les bases militaires
étasuniennes et le personnel, ainsi que tous les mercenaires
étrangers en Colombie.
4) Les Canadiens comme les Colombiens applaudissent les
récents événements et les décisions de la
Cour constitutionnelle de Colombie et toute autre tentative de mettre
fin à l'impunité. La vérité doit être
révélée et tous ceux qui ont commis des crimes
contre l'humanité doivent être punis.
5) Toutes les terres prises de force ou par escroquerie
devraient être rendues immédiatement à leurs
propriétaires légitimes. L'État doit s'excuser et
compenser toutes les victimes de génocide et autres crimes
commis par l'armée colombienne, les paramilitaires, les autres
membres de l'appareil de sécurité et autres
agents de l'État.
Non à l'Accord de
libre-échange ! Mettez fin aux échanges commerciaux
avec la Colombie !

Journée de la Terre en Palestine
La Maison de la Palestine organise
une
célébration militante
Le 3 avril 2010, 400 Palestiniens, leurs sympathisants
et amis ont commémoré le 34e anniversaire de Yom-el-Ard,
la Journée de la Terre, lors d'un banquet organisé par la
Maison de Palestine, à Mississauga, en Ontario. Les animateurs
de la soirée ont souligné dans leurs discours de
bienvenue que des pressions
avaient été exercées sur le conseil de la Maison
de la Palestine par les forces sionistes comme la Ligue de
défense juive (LDJ) et d'autres afin d'annuler
l'événement de cette année du Jour de la Terre. La
Maison de Palestine et ses membres n'ont pas plié sous
la pression et sont allés de l'avant avec la
commémoration
de cet événement important dans la vie du peuple
palestinien. Cet esprit militant de défi de la résistance
était présent durant tout l'événement.
Yom-el-Ard, la Journée de la Terre, est un
symbole de la résistance palestinienne. Elle rappelle
l'anniversaire du jour en 1976 lorsque des milliers de Palestiniens en
Israël et en Cisjordanie ont organisé une grève
générale contre les nouveaux ordres d'expropriation de 60
000 dunums de leurs terres
en Galilée, qui ont été déclarées
« zones militaires fermées » (une dunum
est 1 000 mètres carrés). Après des années
de régime militaire, la Journée de la Terre de 1976 a
été le premier acte de résistance de masse par les
Palestiniens en Israël contre la politique sioniste de
colonisation interne, un processus
systématique d'expropriation qui avait réduit la
propriété des terres palestiniennes de près de
94 % de l'ensemble du territoire de la Palestine d'avant 1948
à moins de 3 % dans ce qui est maintenant
considéré comme Israël. Les affrontements qui ont
suivi avec l'armée israélienne et la police après
les
manifestations pacifiques ont tué six Palestiniens, avec des
centaines de blessés et des centaines d'autres
emprisonnés. La Journée de la Terre a
réaffirmé la minorité palestinienne en
Israël, comme une partie inséparable de la nation
palestinienne.


Les affiches de la
Journée de la Terre au fil des années.
À la suite des paroles de bienvenue par le Dr
Farid Ayad, président du Conseil d'administration de la Maison
de la Palestine, la jeunesse a présenté un programme
culturel de danses traditionnelles palestiniennes ainsi que d'une
présentation de textes. Elle a été suivie d'un
dîner où tout le monde a échangé
et tenu des discussions animées à leur table.
Le discours principal a été
présenté par le journaliste palestinien renommé
Abdul Bari Atwan qui est le rédacteur en chef du journal Al
quds Alarabi et qui vit à Londres, en Angleterre. Atwan a
condamné les tentatives de la Ligue de défense juive de
lui interdire de prendre la parole à l'événement
du Jour de la Terre à la Maison de la Palestine – une
organisation que la JDL a essayé en vain de discréditer
par des accusations fallacieuses.
Dans ses commentaires, Atwan a donné un
aperçu de la situation au Moyen-Orient et des tentatives de
l'impérialisme anglo-américain pour essayer d'isoler
l'Iran qui rallie toutes les nations arabes à s'unir comme une
seule voix pour s'opposer à l'État sioniste d'Israël
et à prêter main forte au peuple
palestinien et à sa juste lutte. Il a noté que les
États-Unis et la Grande-Bretagne ainsi que les pays de l'Union
européenne tentent de diviser la résistance palestinienne
en acheminant des fonds d'aide à la Cisjordanie tout en isolant
et sanctionnant la bande de Gaza dans le but d'anéantir la
résistance palestinienne. Il
a souligné que le peuple palestinien a le plein soutien des
peuples du monde arabe, mais pas nécessairement de leurs
dirigeants, et que l'avenir réside dans les mains du peuple
palestinien lui-même, qui doit continuer à renforcer son
unité de combat et sa résistance aux occupants sionistes
et, ce faisant, préserver la
dignité de la nation palestinienne héroïque.
La soirée s'est terminée dans une
atmosphère de fête et tous ceux présents ont
exprimé leur appréciation à la Maison de la
Palestine pour avoir été l'hôte de
l'événement.

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