Le Marxiste-Léniniste

Numéro 60 - 7 avril 2010

À la défense de Cuba et de Haïti

La campagne internationale en appui à Cuba grandit - Radio Havana Cuba
Pétition: Pour la défense de Cuba - Réseau pour la défense de l'Humanité
Cuba évoque les 50 ans de guerre unilatérale déclarée par les USA
Opération Peter Pan: guerre psychologique contre Cuba
Miami: à côté de Gloria «CIA» Estefan, le terroriste international Posada Carriles - Jean-Guy Allard, Granma International

Haïti
Le Venezuela et les pays de L'ALBA s'engagent à verser 2,42 milliards $
Déclaration de Bruno Rodriguez, ministre cubain des Relations extérieures, à la Conférence des donateurs pour Haïti
Le Pentagone utilise Haïti comme une base d'entraînement pour l'Afghanistan - Michel Chossudovsky, Global Research

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La campagne internationale en appui à Cuba grandit

De nombreuses voix dans le monde s'ajoutent à la condamnation de la plus récente campagne de dénigrement menée par des organisations de droite et des grands médias contre Cuba, encore une fois au sujet de prétendues violations des droits humains.

Le scientifique russe Jaurès Alférox, Prix Nobel de physique 2000, a ajouté sa signature à la longue liste des personnes qui appuient la pétition « Pour la défense de Cuba », dont de nombreux intellectuels et personnalités internationales.

La pétition, lancée par le chapitre mexicain du Réseau pour la défense de l'Humanité, a également été signée par l'intellectuel français Salim Lamrani, l'acteur étasunien Danny Glover, le théologien brésilien Frei Betto, le poète brésilien Thiago de Melo et le cinéaste bolivien Jorge Sanjinés.

Elle s'en prend aux ennemis de la révolution cubaine qui cherchent à manipuler la mort infortunée de Zapata Tamayo, un prisonnier avec un épais dossier criminel [voir les LML numéro 44 du 5 mars 2010 et numéro 51 du 16 mars 2010].


Les adversaires de la révolution cubaine oublient souvent que le monde a été témoin, durant les cinquante années de cette révolution, du respect incontestable que Cuba a pour la vie humaine. En atteste entre autres le fait que des milliers de professionnels cubains ont donné vie et espoir à des pays partout dans le monde.

Haïti et le Chili en sont les plus récents exemples : l'aide médicale immédiate de Cuba après avoir été frappés par des tremblements de terre ; les services médicaux gratuits que continuent de recevoir à ce jour les victimes de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en Ukraine ; la campagne d'alphabétisation « Oui je le peux » dans les pays en voie de développement.

Comment le gouvernement étasunien ose-t-il attaquer l'attitude exemplaire de Cuba alors que lui-même propage la guerre et la mort et répand la menace et les souffrances partout où il met le pied ?

Les médias et les organisations qui attaquent Cuba aujourd'hui sont les mêmes qui soutiennent le blocus économique, commercial et financier le plus long de l'histoire de l'humanité, celui des États-Unis contre Cuba.

Ce sont les mêmes forces qui soutiennent les camps illégaux et secrets de torture dans de nombreux pays pendant que cinq combattants antiterroristes cubains innocents languissent derrière les barreaux aux États-Unis. Qui sont les vrais criminels ?

C'est pour cela que des voix s'élèvent partout dans le monde en appui aux valeurs humaines et aux principes de Cuba, des gens qui admirent et respectent réellement Cuba et qui sont reconnaissants envers la révolution cubaine.

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Pétition

Pour la défense de Cuba

Nous reproduisons la pétition contre les tentatives sans scrupule de l'Union européenne de répandre la désinformation concernant Cuba et de saper la souveraineté et la révolution cubaines.

* * *

Au sujet de la résolution du 11 mars prise par le Parlement européen à propos de Cuba, nous, les intellectuels, universitaires, travailleurs sociaux, penseurs critiques et artistes du Réseau pour la défense de l'Humanité, déclarons :

1. Nous partageons le souci manifesté par les parlementaires européens au sujet des prisonniers politiques. Comme eux, nous nous prononçons pour la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques, dans tous les pays du monde, y compris ceux de l'Union Européenne.

2. Comme eux, nous sommes profondément attristés par le décès du prisonnier de droit commun Orlando Zapata, mais nous n'admettons pas que sa mort, la première « ...en près des 40 ans », selon le Parlement lui-même, soit utilisée à des fins politiques très éloignées et contraires à celles de la défense des droits de l'homme.

3. Insister « ...pour que les institutions européennes apportent un appui inconditionnel et soutiennent sans réserve le démarrage d'un processus pacifique de transition politique vers une démocratie pluripartite à Cuba » non seulement représente un acte d'ingérence que nous réprouvons en vertu de notre engagement à respecter le principe de non-intervention et d'autodétermination des peuples – défendu aussi par l'ONU – et qui est opposé à la colonisation, mais encore suppose un modèle unique de démocratie qui, à coup sûr, se montre chaque jour plus insuffisant et contestable.

4. La recherche et l'approfondissement de la démocratie supposent, entre autres, d'aller au-delà de ses principes formels et d'inventer de nouvelles formes de représentation, authentiques, qui ne sont pas forcément liées au pluripartisme. En effet, celui-ci, comme chacun sait, couvre souvent le fait que les décisions sur les grands problèmes du monde sont prises unilatéralement, au-dessus du régime des partis, par de petits groupes d'intérêts qui ont un immense pouvoir.

5. Prétendre justifier une ingérence dans les affaires intérieures du peuple cubain en manipulant médiatiquement le cas de Orlando Zapata – délinquant de droit commun et en aucune façon prisonnier politique – coïncide avec la politique contre-révolutionnaire en application en Amérique latine destinée à arrêter ou à déformer les processus de transformation libératrice en cours, et s'ajoute au blocus criminel auquel a été soumis le peuple cubain pour le simple fait de ne pas obéir aux ordres et de défendre son droit à décider de son destin avec dignité et indépendance.

6. Nous partageons la préoccupation affichée par les parlementaires au sujet du respect des droits de l'homme, mais nous l'étendons au monde dans sa globalité. De la même façon qu'ils sont préoccupés par le cas du délinquant décédé (aucun cas similaire en 40 ans), nous les invitons à exiger :

- la fin de l'occupation de Gaza et des hostilités envers le peuple palestinien, qui ont provoqué non pas une, mais des milliers de morts ;

- la fin de l'intervention en Irak et en Afghanistan qui sème la mort et la terreur contre les peuples et les villes ; la fin des bombardements sur ceux-ci sous prétexte de défendre la démocratie ;

- la fin de la double occupation de Haïti :

- la fermeture de la prison de Guantanamo et la restitution de son territoire à Cuba, à qui il appartient ;

- l'attribution des îles Malouines à l'Argentine ;

- et, évidemment, la fin d'un blocus qui pourrait permettre de douter de la qualité morale de celui qui exige un traitement humain pour un délinquant, alors qu'il le dénie à un peuple entier.

7. Le harcèlement économique et médiatique auquel est soumis Cuba, et cela avant le décès du prisonnier de droit commun Orlando Zapata, constitue un attentat contre les droits humains et politiques d'un peuple qui a décidé de créer une voie différente.

Nous exigeons le respect du processus interne au peuple cubain pour définir et exercer sa démocratie, et l'application des principes universels de non-ingérence établis par les Nations unies.

[Cliquer ici pour signer la pétition]

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Cuba évoque les 50 ans de guerre
unilatérale déclarée par les USA

Face à une nouvelle campagne médiatique dirigée depuis Washington, Cuba garde toujours en mémoire le 50e anniversaire de la signature, par le président Dwight Eisenhower, de l'Ordre exécutif qui approuvait les actions secrètes et terroristes contre l'île.

Intitulé « Un mémorandum d'actions secrètes contre le régime de Castro », le document paraphé par Eisenhower donnait officiellement le feu vert à toutes sortes d'opérations illégales ayant pour but de renverser le gouvernement révolutionnaire.


Des contre-révolutionnaires capturés, des hommes de main de Batista pour la plupart, des tueurs à gage, des terroristes et des oligarques, après l'échec de l'invasion de la baie des Cochons en avril 1961.

En franche violation de toutes les normes internationales régissant les relations entre les gouvernements et les peuples, l'ordre fut donné de constituer une organisation composée de partisans de la dictature de Batista exilés aux États-Unis pour couvrir les activités de la CIA.

Parallèlement, l'ensemble de l'appareil militaire et d'espionnage étasunien fut mis au service de ces plans pour entraîner et diriger les groupes terroristes et organiser une force paramilitaire censée débarquer clandestinement à Cuba.

Les documents déclassifiés des archives de Sécurité nationale des États-Unis révèlent que cet ordre comportait à l'origine le lancement d'une campagne de propagande internationale et la création, dans l'île, d'un groupe clandestin chargé de fournir des renseignements secrets.

« Notre main ne doit apparaître dans aucune des actions que nous menons », telles furent les instructions d'Eisenhower, qui fit jurer aux personnes présentes lors de la signature du mémorandum de ne jamais rien révéler de ce qui s'y était dit.

Le directeur de la CIA de l'époque, Allen W. Dulles, reçut ensuite l'instruction du président de faire en sorte qu'« aucun des rapports secrets concernant Cuba ne soit présenté, pas même à ce Conseil (de Sécurité nationale) ».

Pour soutenir les activités de propagande, la création d'une station radiophonique sur ondes moyennes fut décidée pour transmettre vers Cuba, depuis l'île de Swan, située au sud de Cuba.

Le mémorandum exécutif représentait une véritable déclaration de guerre contre un petit pays qui n'avait pas attaqué les États-Unis, et Eisenhower le reconnaît dans ses mémoires lorsqu'il écrit :

« Le 17 mars 1960, j'ai ordonné à la CIA de commencer l'entraînement des exilés cubains, notamment au Guatemala. » Et Eisenhower d'ajouter : « Une autre idée fut l'organisation d'une force anti-castriste à l'intérieur même de Cuba. Certains ont pensé que nous devrions mettre l'île en quarantaine (lire blocus), affirmant que si l'économie s'effondrait brusquement, les Cubains se chargeraient eux-mêmes d'évincer Castro. »

Les résultats de cette agression directe contre Cuba se sont très vite fait sentir, avec une hausse importante des attentats terroristes, le soulèvement de bandes armées contre-révolutionnaires dans les montagnes du centre de Cuba, qui assassinaient des paysans, et la défaite de la tentative d'invasion de la baie des Cochons, en avril 1961.

Une déclaration de guerre unilatérale. Cinquante ans plus tard, la volonté de détruire Cuba est toujours d'actualité au sein du gouvernement des États-Unis.

(Granma international)

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Opération Peter Pan:
guerre psychologique contre Cuba

De 1960 à 1962, l'Opération Peter Pan a été une opération de guerre psychologique contre Cuba conçue pour manipuler des enfants à des fins politiques. Elle est parmi les nombreux actes graves qui constituent plus de 50 ans d'agression américaine contre Cuba. Même si elle a eu lieu dans les années 60, elle demeure l'un des incidents les plus dramatiques de l'immigration dans l'hémisphère occidental.

Le gouvernement fédéral étasunien, la Central Intelligence Agency (CIA), les éléments de la hiérarchie de l'Église catholique des États-Unis et les groupes contre-révolutionnaires ont été responsables du projet. Il a été mis au point comme une stratégie médiatique pour attirer les Cubains aux États-Unis, en exploitant le climat d'incertitude parmi les classes moyennes et la petite bourgeoisie cubaines pendant les premières années de la Révolution. Selon ces noirs desseins, les familles ont été encouragées à envoyer leurs enfants à l'étranger en raison de rumeurs selon lesquelles le gouvernement allait les emporter. Comme Fidel Castro l'a souligné dans une réflexion de 2009, « notre révolution n'avait mis aucun obstacle au départ de ceux qui voulaient partir, car il s'agissait de l'oeuvre volontaire d'un peuple libre. La riposte de l'impérialisme, parmi de nombreuses autres agressions graves, fut l'Opération Peter Pan. »

Par conséquent, entre 1960 et 1962, plus de 14 000 enfants ont été envoyés par leurs parents à des organisations caritatives des États-Unis créées à cet effet. Ils étaient indéfiniment logés dans des maisons inconnues comme des présumés orphelins.

Avec l'aide de monseigneur Bryan O. Walsh de l'archidiocèse de Miami, connu pour être lié à la CIA, tout a commencé lorsque les dirigeants cubains de la Chambre de commerce des États-Unis à La Havane lui ont expliqué leur désir d'envoyer leurs enfants aux États-Unis.

Il s'en est suivi une campagne contre-révolutionnaire des médias à travers les radios de Miami, qui répandit de fausses informations au sujet d'une prétendue loi sur l'autorité parentale qui devrait être appliquée aux enfants de moins de 18 ans. Selon cette campagne médiatique, une fois que la Révolution serait renversée, les enfants seraient réunis avec leurs parents. Toutefois, le 23 octobre 1962, lorsque la crise des missiles cubains a éclaté, les États-Unis ont suspendu les vols vers Cuba et les plans de réunification ne s'est pas concrétisé.

Comme Fidel Castro a noté, « María de los Angeles Torres, professeure associée de sciences politiques à l'Université DePaul, de Chicago, qui fut enfant Peter Plan mais n'est pas révolutionnaire, a demandé à la CIA de déclassifier près de mille cinq cents documents relatifs à l'Opération, mais celle-ci a refusé pour motif de sécurité nationale. L'affaire pue tellement que l'Agence ne veut pas la remuer. »

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Miami: à côté de Gloria «CIA» Estefan,
le terroriste international Posada Carriles

L'auteur intellectuel de la destruction en vol d'un avion civil cubain, le tortionnaire de la DISIP vénézuélienne et narcotrafiquant du scandale de l'Iran-contra, était présent ce jeudi, à Miami, au milieu de la « marche » convoquée par la cantatrice cubanoaméricaine Gloria Estefan en faveur des « dissidents » havanais rémunérés par le département d'État.

L' « Ex » agent de la CIA, responsable du crime de la Barbade et de la mort de dizaine de jeune vénézuéliens et centre-américains alors qu'il dirigeait les opérations de nettoyage politique au Venezuela, Salvador et Guatemala, s'est associé à la manoeuvre de propagande.

La mobilisation dans la Petite Havane – appuyée par la presse mafieuse et les groupes attachés à la terreur contre Cuba, depuis la Cuban-American National Foundation jusqu'à Alpha 66, aux commandos F-4, aux Frères du Sauvetage aux différentes « ONG » financées par l'USAID – a réuni en majorité des personnes du troisième âge.

Gloria Estefan qui a chanté à la Maison Blanche aussi bien pour Georges W. Bush que pour son successeur Barack Obama, a confessé en août dernier ses liens avec la CIA. Dans un entretien lors du programme télévisuel « Le rouge vif » de la chaîne Telemundo, Estefan a raconté comment la CIA l'avait recrutée quand elle travaillait depuis un certain nombre d'années comme fonctionnaire des douanes sur l'aéroport de Miami.

Elle a rappelé alors comment son père, José Fajardo, était garde du corps du dictateur cubain Fulgencio Batista avant de quitter l'île pour ultérieurement être recruté comme mercenaire des troupes formées par la CIA pour la catastrophique invasion de Playa Giron.


Miami, Floride, le 25 mars 2010: Le terroriste avoué Luis Posada Carriles participe à une marche organisée par la chanteuse Gloria Estefan enappui aux éléments anti-cubains financés par les États-Unis.

Il y a un an, elle et son époux, le producteur mafieux Emilio Estefan, furent accusés d'investir dans le trafic de personnes entre Cuba et Mexico, par un journal dominicain qui rapportait les relations entre des opérations illégales développées par la Cuban-American National Foundation avec le Cartel du Golfe, le réseau des narcotrafiquants mexicains.

Au côté de Gloria Estefan et de son époux, Emilio « le parrain » Estefan, sont apparus à la « marche » des politiciens locaux comme le maire de Miami Tomás Regalado et le candidat au Sénat fédéral Marco Rubio.

Posada Carriles, qui prétend être sujet à différents problèmes de santé qui lui interdisent de se déplacer à El Paso par voie terrestre, était escorté par différents personnages fichés comme auteurs d'actes de terrorisme et pour leur participation à différentes agressions paramilitaires de la CIA contre Cuba.

Selon un blog alternatif de Miami (varela1.blogspot.com), la « marche » des Estefan a comme objectif de détourner l'attention du fait que le concert du populaire groupe Calle 13, solidaire de Cuba, aura lieu dans la American Airlines Arena de cette même ville là où les Estefan ont 12 % des entrées et un restaurant. D'un autre côté, le couple mafieux a reçu en avril le président Barack Hussein Obama pour une opération de collecte des fonds de campagne.

(Traduit par Danielle Bleitrach pour Changement de société)

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Haïti

Le Venezuela et les pays de L'ALBA
s'engagent à verser 2,42 milliards $

Le bloc dirigé par le Venezuela, l'ALBA, s'est engagé à verser 2,42 milliards $ en aide pour la reconstruction de Haïti dévastée par le tremblement de terre, de 2010 à 2016, lors d'une conférence aux Nations unies mercredi. De plus le Venezuela a lancé l'appel à l'annulation de la dette étrangère de Haïti et a demandé une aide et des services directs, et non des prêts pour ce pays des Caraïbes.

Le but de la conférence, à laquelle participaient 136 pays, était de recueillir des fonds pour la reconstruction de Haïti, qui a subi un séisme d'une magnitude de 7,3 en janvier, lequel a fait plus de 200 000 victimes, et transformé en ruines des milliers d'édifices.

« Nous sommes aux Nations unies pour réaffirmer l'engagement du gouvernement du président Hugo Chavez Frias envers une action coordonnée, avec impact en Haïti, a dit le vice-ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Francisco Arias Cardenas, représentant le bloc de l'ALBA, formé de huit membres.

L'ALBA signifie Alliance bolivarienne pour les Amériques et a été formée comme alternative basée sur la solidarité face aux pactes de libre-échange basés sur le profit. Ses membres comprennent le Venezuela, l'Équateur, le Nicaragua, la Bolivie, Cuba, la République dominicaine, Saint-Vincent, la Grenade, Antigua et la Barbade.

Le vice-ministre a dit que la moitié de l'argent serait versée sous la forme d'aide directe à Haïti, pendant que l'autre moitié serait donnée sous forme de services pour remettre sur pied les habitations, les infrastructures, la gestion des déchets, l'énergie, l'éducation, les soins de santé et les systèmes d'agriculture, tous dévastés par le séisme. La majeure partie de l'argent proviendra du Venezuela, a-t-il dit, avec de plus petites contributions de la part des sept autres pays membres.

Une bonne partie de la contribution du Venezuela sera financée par le biais du groupe commercial Petrocaribe, au sein duquel le Venezuela échange du pétrole à bas prix pour des marchandises et des services de la part de pays des Caraïbes et de l'Amérique centrale. Le Venezuela réinvestira les profits du pétrole vendu à Haïti dans des projets de reconstruction à Haïti.

Cuba administrera les contributions de l'ALBA au système de santé de Haïti, ce qui comprend la construction de plus de 100 cliniques de santé publique, qui fourniront des soins primaires, des salles d'urgence, les services de sages-femmes et de vaccination, la physiothérapie et la réhabilitation, l'éducation en hygiène et d'autres services, selon l'annonce faite par le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez.

(Source: Venezuelanalysis.com)

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Déclaration de Bruno Rodriguez, ministre
cubain des Relations extérieures, à la
Conférence des donateurs pour Haïti

Monsieur le Président,

La communauté internationale a une dette énorme envers Haïti, pays où, après trois siècles de colonialisme, eut lieu la première révolution sociale du continent américain, une audace que les puissances coloniales lui firent payer au prix de près de 200 ans de tyrannies militaires et de pillage. Sa population noble et laborieuse est aujourd'hui la plus pauvre de l'hémisphère occidental.

Nous avons tous l'obligation morale de mobiliser des ressources financières supplémentaires pour aider Haïti, et d'engager une coopération accrue, non seulement pour sa reconstruction mais surtout pour son développement.

Pour donner une idée de l'ampleur de la tragédie humaine vécue Haïti, il suffit de dire que la mort de 230 000 personnes dans ce petit pays densément peuplé équivaut à celle de plus de 30 millions de personnes dans un pays comme la Chine, dont la population s'élève à 1,3 milliard d'habitants. Une tragédie inimaginable !

Devant ce séisme dévastateur qui a bouleversé la conscience de l'humanité, nous espérons que les nombreuses promesses faites seront tenues ; que l'indépendance et la souveraineté d'Haïti seront respectées et renforcées ; qu'elles rendront plus facile l'exercice des attributions du gouvernement du président René Préval et du Premier ministre Jean-Max Bellerive, et qu'elles profiteront non pas aux banques et aux compagnies étrangères, mais au peuple haïtien, notamment aux personnes les plus pauvres.

La générosité et la volonté politique s'imposent. Il est primordial de préserver l'unité de ce pays et d'éviter qu'il ne soit divisé en parcelles de marché au nom d'une charité douteuse.

Le Programme de reconstruction et de consolidation du système national de santé que le gouvernement haïtien a conçu, avec celui de Cuba, et le soutien de la République bolivarienne du Venezuela et d'autres pays et organismes humanitaires, assurera une large couverture en matière de santé à la population, en particulier aux secteurs les plus démunis.

Ce programme comporte la création –déjà en cours– de centres de soins primaires qui devraient soigner chaque année 2,8 millions de patients. Les services des urgences accueilleront quant à eux 1,3 million de personnes. Les nouveaux établissements permettront également de réaliser 168 000 accouchements et d'administrer 3 millions de vaccins.

À ces centres de santé s'ajouteront les services de 30 hôpitaux communautaires de référence distribués dans l'ensemble du pays et équipés de technologie de pointe, qui offriront des soins secondaires. Ces établissements permettront de recevoir 2,154 millions de patients chaque année, de prendre en charge un million d'urgences, de réaliser 54 000 chirurgies, 276 000 électrocardiogrammes, 144 000 ultrasons de diagnostic, 43 000 endoscopies, 181 000 radiographies, 107 000 consultations de stomatologie et 487 000 examens de laboratoire.

Vu le nombre impressionnant de polytraumatisés, une trentaine de salles de rééducation sont aussi en construction. En douze mois, elles couvriront 520 000 patients et offriront des services thérapeutiques à 2,396 millions de personnes.

Le projet comporte 3 centres d'électromédecine, un laboratoire de prothèses orthopédiques et un programme intégral d'hygiène et d'épidémiologie.

Par ailleurs, Haïti sera doté d'un hôpital national de spécialités de soins tertiaires. Pour la mise en service de cet établissement, qui sera encadré par 80 spécialistes cubains de haut niveau, nous espérons compter sur la coopération d'autres pays. Notre personnel médical assurera les soins et les services cliniques, la recherche, ainsi que la formation des personnels médicaux et soignants haïtiens, qui remplaceront progressivement leurs professeurs cubains.

Le coût de ces services se montera, en quatre ans, à 690 540 739 dollars US. Ceci inclut les services médicaux calculés à la moitié des prix internationaux, la durabilité de ces services, le personnel et la formation des 312 autres médecins haïtiens à Cuba.

On peut en déduire que le coût s'établira aux alentours de 170 millions de dollars par an pour un pays d'environ 9 332 000 habitants.

Ce projet est faisable, comme l'atteste notre expérience pratique. De fait, ce programme est déjà en cours, car depuis le séisme, 23 de ces centres de santé de soins primaires, 15 hôpitaux communautaires de référence et 21 salles de rééducation sont en fonctionnement en Haïti.

Aussitôt après la catastrophe, les spécialistes cubains se sont consacrés à la prise en charge de la population sinistrée. A ce jour, ils ont réalisé environ 260 000 consultations, plus de 7 000 opérations chirurgicales, quelques 1 400 accouchements et administré près de 100 000 vaccins. Plus de 50 000 patients ont été accueillis en rééducation, et plus de 75 000 enfants ont eu droit à des consultations de thérapie psychologique et sociale prodiguées par certains des professionnels cubains les plus reconnus.

A l'heure actuelle, 783 médecins cubains, 481 haïtiens et 278 de 28 autres pays, tous diplômés à Cuba, sont impliqués dans ce projet.

Dans le cadre de ce programme, une Déclaration d'intention pour le renforcement du système et des services publiques de santé et de surveillance épidémiologique en Haïti a été signée samedi dernier à Port-au-Prince. Ce document est le fruit de la volonté du gouvernement haïtien et de l'importante contribution du président Lula et du Brésil, qui sera décisive pour assurer le succès du projet.

Présente dans 127 des 137 communes haïtiennes avant la catastrophe, en onze années de travail, la brigade médicale cubaine avait sauvé 233 442 vies, réalisé 14 millions de consultations, 225 000 chirurgies et 109 000 accouchements. Elle avait rendu ou amélioré la vue à 46 000 Haïtiens dans le cadre de l'Opération miracle. Et 165 000 personnes avaient été alphabétisées en créole.

Les services médicaux offerts pendant toutes ces années et la formation du personnel médical à Cuba sont évalués à environ 400 millions de dollars.

Dans son ensemble, le programme médical que nous proposons profitera à 75 % de la population la plus nécessiteuse du pays, avec un minimum de dépenses.

Nous invitons tous les gouvernements sans exception à se joindre à ce noble effort. C'est pourquoi nous accordons une importante toute particulière à cette conférence qui, nous l'espérons, sera couronnée de succès.

Merci beaucoup.

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Le Pentagone utilise Haïti comme une base d'entraînement pour l'Afghanistan

Un rapport récent de Stars and Stripes révèle la nature de l'opération militaire américaine en Haïti. Des unités de combat d'Irak et d'Afghanistan ont été déployées en Haïti sous la bannière d'une opération humanitaire. Inversement, Haïti est aussi utilisé comme terrain d'entraînement militaire pour les forces inexpérimentées à une zone de combat.

Selon le rapport du Stars and Stripes (14 mars 2010) : « Les Marines déployés en Haïti pour apporter de l'aide d'urgence après le tremblement de terre dévastateur de janvier s'entraînent déjà pour le combat en Afghanistan. »

Les Marines du 22e corps expéditionnaire des Marines qui avaient été envoyés en Haïti au lendemain du tremblement de terre sont actuellement déployés en Afghanistan. En fait, la décision de les envoyer en Afghanistan a été prise avant leur déploiement en Haïti :

« Un petit groupe de Marines a pris d'assaut plusieurs petits bâtiments en béton à l'intérieur du périmètre de barbelés de leur camp situé au bord de la mer tandis que leurs camarades ont joué le rôle d'insurgés afghans, en criant "bang" alors qu'ils confrontaient leurs adversaires lors d'une attaque simulée. La veille, lorsque le lieutenant- général Dennis J. Hejlik, commandant en chef de la Force expéditionnaire des Marines, a visité les Marines sur le rivage, il a salué leur bon travail en Haïti et leur a demandé : « Quelle est votre prochaine mission lorsque vous rentrerez chez vous ? »

« L'Afghanistan », fut la réponse. Au moment même où les hélicoptères Huey bourdonnaient autour, Hejlik a parlé de la récente offensive de Marjah, ajoutant qu'il y aurait d'ici l'été 20 000 Marines en Afghanistan. « Vous allez les rejoindre au printemps prochain, a-t-il dit aux Marines à Carrefour. L'un d'eux, le sergent Timothy Kelly, 23 ans, de Johnston City, en Illinois, a dit que les membres de son unité ont été informés de leur mission en Afghanistan juste avant qu'ils ne reçoivent les ordres de déploiement en Haïti. »

L'entraînement en Haïti « est axé sur des tactiques de combat très rapproché » :

« Seuls quelques membres [du bataillon des Marines de Kelly] ont une expérience en Irak ou en Afghanistan, a-t-il dit. ... « Nous avons beaucoup de gars qui ne vont pas être ici pour le déploiement en Afghanistan. Ceux qui le sont, nous pouvons aussi bien les préparer mentalement. »

Un autre Marine à Carrefour, le caporal Keith Cobb, 23 ans, de Soso, au Mississippi, a déclaré que le déploiement en Afghanistan sera sa première mission dans une zone de combat. « Je veux tuer les terroristes et nous débarrasser des mauvaises personnes, mais je préfère être ici parce que je sais que je vais à la maison après cela », a-t-il dit.

Close Quarters Battle (CQB) est un affrontements comprenant de petites unités de combat « qui affrontent l'ennemi avec des armes légères à très courte portée ». L'entraînement dispensé en Haïti doit être utilisé à la fois dans les zones urbaines de combat et les opérations de contre-insurrection.

Le 25 mars, l'armée américaine a indiqué que quelque 2 200 Marines engagés dans l'aide humanitaire en Haïti ont été retirés du pays.

Le rôle des Forces armées canadiennes

L'armée canadienne a adopté un modèle similaire. Haïti est utilisée comme une rampe de lancement pour le redéploiement des troupes de combat dans les zones de guerre au Moyen-Orient.

Les troupes canadiennes initialement déployées en Haïti en vertu d'un mandat humanitaire sont envoyées en Afghanistan : « Les soldats du Royal 22e Régiment auront seulement deux semaines avant de passer de leur objectif de fournir des secours d'urgence en Haïti à une formation intensive de combat en prévision d'une mission en Afghanistan, a dit le commandant de toutes les troupes canadiennes à l'étranger. » (National Post, le 23 février 2010) Cependant, l'entraînement des Forces canadiennes en Haïti doit être donné au Canada, avant leur redéploiement.

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)

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