Le Marxiste-Léniniste

Numéro 59 - 6 avril 2010

Militante opposition au budget du Québec

Intensifions la lutte pour un programme prosocial!


Montréal le 1er avril 2010

Militante opposition au budget du Québec
Intensifions la lutte pour un programme prosocial!

Base manufacturière oui! Destruction nationale non!
Appuyons la lutte des travailleurs contre AbibitiBowater et le droit de monopole - Gabriel Girard-Bernier
Hamilton: Un autre coup inacceptable porté au secteur manufacturier: le monopole américano-belge ferme la brasserie Lakeport (Labatt)
Postes Canada privatisera 300 emplois dans ses centres de contact partout au pays - Alliance de la fonction publique du Canada

Amérique latine
Honduras: La résistance populaire dénonce la répression
Guatemala: Une pétition constitutionnelle et l'OIT exigent la suspension des opérations minières sur le territoire maya - International Cry

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Militante opposition au budget du Québec

Intensifions la lutte pour un programme prosocial!

Deux jours après le dépôt du budget du gouvernement Charest, le 1er avril, près de 30 000 manifestants venus de tous les coins du Québec ont répondu à l'appel de la Coalition contre la tarification et la privatisation des services publics et ont envahi les rues de Montréal pour clamer haut et fort : « Non à l'agenda antisocial des libéraux ! » Ils sont venus d'aussi loin que la Gaspésie. Aux premiers rangs, les étudiants des universités, des collèges et du secondaire qui avaient fait la grève pour la journée. Ils arboraient fièrement leurs bannières et pancartes réaffirmant que « L'éducation est un droit ! » Avec le dépôt du budget, les étudiants apprenaient que le gouvernement du Québec a l'intention de hausser les frais de scolarité à compter de 2012, ce qu'il n'a pas été capable de faire depuis qu'il est arrivé au pouvoir à cause de la résistance militante des étudiants, enseignants et supporters.

Ajoutant l'insulte à l'injure, le gouvernement a déclaré que pour « déterminer les modalités de cette hausse », il prévoit organiser une rencontre des partenaires de l'éducation dès l'automne prochain. « Il est hors de question pour les étudiantes et étudiants de participer à une consultation dont les orientations sont déjà imposées unilatéralement par le gouvernement, a répondu Christian Pépin, porte-parole de l'ASSÉ. Encore une fois, les libéraux souhaitent mettre en place un exercice de relations publiques pour faire passer la pilule du dégel des frais de scolarité et la marchandisation de l'éducation. Encore une fois, les étudiantes et étudiants refuseront de se laisser faire. »


Il y avait également de nombreux travailleuses et travailleurs des secteurs public et parapublic avec leurs pancartes et bannières qui disaient : « Les services publics doivent être un rempart contre la pauvreté. » Eux aussi apprenaient avec le dépôt du budget que leurs justes revendications pour des hausses salariales et des conditions de travail dignes de la fonction qu'ils occupent dans la société se heurtent la « capacité de payer de l'État ». Le gouvernement ressort le mythe de « la capacité de payer » quand il s'agit de couper dans les programmes sociaux mais il n'a pas de problème de fonds quand il s'agit d'accorder des subventions et privilèges de toutes sortes aux monopoles.

Il y avait aussi les représentants des sections les plus vulnérables de la société : les femmes, les familles et leurs enfants, les personnes âgées qui seront les premières victimes de cette l'offensive antisociale. Sur leurs pancartes on pouvait lire : « Nous ne paierons pas pour leur crise ! Nous ne voulons plus élever nos enfants dans la pauvreté ! »

Il y avait les chômeurs et les assistés sociaux qui ont réaffirmé leur aspiration à une économie prosociale qui garantit que les plus vulnérables soient mis à l'abri du besoin.

Il y avait les nombreux organismes luttant depuis plusieurs années pour l'affirmation des droits, que ce soit le droit à la santé, à l'éducation, au logement et à un niveau de vie digne d'une société moderne.

Comme l'a souligné Marie-Êve Rancourt, porte-parole du Mouvement d'éducation populaire et d'action communautaire de Québec et une des organisatrices de la manifestation : « À la déclaration de guerre du gouvernement, nous représentons l'avenir de la société. »

Puis le cortège s'est mis en branle pour se rendre dans le quartier des affaires. Les manifestants se sont arrêtés devant les succursales des banques profitant de l'occasion pour dénoncer les profits faramineux de celles-ci.

Un manifestant a dit au Marxiste-Léniniste : « On s'est porté à la rescousse des banques et en plus ils profitent des paradis fiscaux avec leurs succursales dans différents pays. » « Où est l'argent pour aider les plus vulnérables ? »

« Nous défendons le bien commun contre le profit de quelques-uns », a dit un autre.

Notons que le même jour, dans la plus grande indifférence, le premier ministre donnait la première pelletée de terre au Centre de santé de l'Université McGill, un partenariat public-privé, et le ministre des Finances, Raymond Bachand, recevait les acclamations et les éloges des membres de la Chambre de commerce de Montréal pour son budget, un budget qui selon les sondages est rejeté par 90 % de la population. Poussant l'arrogance à son comble, le ministre Bachand a dit que « tôt ou tard la population comprendra les choix du gouvernement » et il a même ajouté que les prochaines générations lui diront merci.

Mais pour tous celles et ceux qui étaient présents à la manifestation, il ne faisait aucun doute que cette action militante signifie que la bataille pour un programme prosocial qui garantit les droits de tous, contre l'agenda antisocial de ceux qui s'acharnent à poursuivre la politique de payer les riches qui a mené à la crise actuelle, est loin d'être terminée.

Les derniers mots prononcés par Christian Pépin, porte-parole de l'ASSÉ, a bien capté l'esprit et la détermination des Québécois qui veulent prendre le contrôle de leurs affaires pour se donner une société centrée sur l'être humain. « Pour l'avenir de la société, pour l'avenir de l'humanité, osons dire nous vaincrons ! »

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Base manufacturière oui! Destruction nationale non!

Appuyons la lutte des travailleurs contre AbibitiBowater et le droit de monopole

Le 23 mars dernier, les travailleurs de l'usine de Beaupré ont manifesté pour empêcher le démantèlement de l'usine alors qu'AbitibiBowater leur doit 12 millions en primes de séparation. Le monopole forestier tente de transférer depuis plusieurs jours certaines pièces d'équipement vers d'autres usines. Pour les travailleurs l'enjeu est vital, l'usine n'a pas été chauffée, ni entretenue, ni protégée depuis que les machines ont été arrêtées en octobre. Le démantèlement de l'usine est un pas de plus dans la négation des droits des travailleurs inscrits à la convention collective avec la complicité du gouvernement Charest et les mécanismes centrés sur le capital et pro-monopoles de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC).

AbitibiBowater justifie le démantèlement de l'usine en disant qu'elle ne peut verser une telle somme en vertu de la LACC. « La compagnie est présentement en restructuration. Chacune de nos installations doit gérer ses liquidités de façon assez serrée. Comme il y a des usines qui sont en arrêt, quand vient le temps de choisir des pièces ou de l'équipement, elles le font à l'intérieur du réseau de la compagnie », a déclaré Pierre Choquette, porte-parole d'AbitibiBowater. Les justifications lamentables d'AbitibiBowater démontrent toute la fraude de la LACC. En permettant le démantèlement d'usines, soi-disant en processus de vente, la LACC permet l'extinction du moyen de subsistance de centaines de travailleurs. Un jugement est en attente sur les primes de séparation alors que cela fait maintenant une année qu'AbitibiBowater s'est placé sous la protection de la LACC.

Il faut rappeler qu'en octobre dernier, AbitibiBowater a fermé l'usine de Beaupré pour une période indéterminée laissant 350 travailleurs sans moyen de subsistance. L'usine produisait du papier commercial à l'aide de technologies et de moyens de production de pointe dans le domaine de production de papier. L'usine, inaugurée en 1926, est depuis plusieurs années considérée comme le lieu de développement de nouvelles technologies ensuite étendues aux autres usines d'AbitibiBowater. Le papier produit, à haute valeur ajoutée, était destiné au secteur de l'impression commerciale pour les livres, les revues, la publicité et les imprimantes, notamment.

Le monopole AbitibBowater est placé sous la LACC depuis un an maintenant et poursuit sa politique de détruire les communautés en fermant les usines, n'entretenant plus celles-ci. Le pillage des fonds de pension se poursuit avec l'aide des tribunaux du Québec. Le gouvernement Charest avec son Livre vert sur les forêts a poursuivi la politique traditionnelle de l'État québécois de payer les riches et d'affermir le droit des monopoles. Au lendemain de l'adoption du projet de loi 57, issu de Livre vert sur la forêt et qui permet à des monopoles comme AbitibiBowater de transférer le bois brut à des usines ailleurs, les travailleurs de l'industrie forestière se trouvent devant une situation où les monopoles peuvent poursuivre leur diktat sur les communautés et leur moyen de subsistance. C'est ainsi que le gouvernement offre une gamme complète de services aux monopoles en maintenant et en perpétuant le droit de monopole tout en abdiquant ses responsabilités sociales envers les travailleurs et leur communauté. C'est inacceptable.

Les travailleurs d'AbitibiBowater ne sont pas seuls et ne seront pas abandonnés à leur sort. Ils ont tout le poids de la classe ouvrière derrière eux pour restreindre le droit des monopoles et affirmer leurs droits en tant que producteurs de la richesse sociale. La fraude de la LACC et tous les mécanismes de l'État pour secourir les monopoles sont combattus par les travailleurs dans plusieurs autres secteurs. Les solutions des monopoles ont fait leur temps. Les demandes des travailleurs pour une économie centrée sur l'être humain garantissant un moyen de subsistance est la réponse de l'expérience directe de l'ensemble de la classe ouvrière devant la crise économique et la destruction de l'économie nationale. Bâtir l'entreprise publique et restreindre le droit des monopoles est la voie vers l'avant pour résoudre la crise de l'industrie forestière.

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Hamilton

Un autre coup inacceptable porté au secteur
manufacturier: le monopole américano-belge
ferme la brasserie Lakeport (Labatt)

Les travailleurs de Hamilton sont outrés d'apprendre qu'une autre usine du secteur manufacturier est rayée de la carte par un monopole international. Le conglomérat américano-belge Anheuser-Busch Inbev a annoncé la fermeture permanente de la brasserie Lakepart (Labatt), jetant à la rue 143 travailleurs et provoquant une perte énorme pour la région en terme de produit social réalisé chaque année. Les travailleurs et l'économie nationale et régionale sont victimes de la concentration de la propriété et du capital entre les mains de monopoles mondiaux de plus en plus puissants qui détruisent petit à petit la base manufacturière, réclament des concessions des travailleurs, détruisent le tissu social et agissent comme si le monde leur appartenait.

Anheuser-Busch InBev, propriétaire des Brasseries Labatt, s'est emparé de Lakeport Brewery en 2007 pour éliminer un groupe de petits concurrents canadiens et a ensuite fait en sorte qu'il n'y ait plus de production de bière à Hamilton.

Le contrôle de l'économie est de plus en plus concentré dans la poigne de fer de propriétaires du capital monopoliste qui n'ont aucun lien vivant avec Hamilton ou avec le Canada. Leurs préoccupations ne sont pas les préoccupations des Canadiens, ils n'ont aucun intérêt à faire en sorte que l'économie canadienne soit une économie diversifiée qui suffit à ses besoins et qui n'est pas totalement soumise aux aléas du capital financier international, une économie qui soutient un niveau de vie de standard canadien pour tous avec des services publics et des programmes sociaux qui contribuent à la vie de la société. Ils sont uniquement préoccupés par les conquêtes de leurs empires mondiaux contre les empires rivaux.

L'expérience directe enseigne aux peuples du monde que les « conquêtes » du droit de monopole se font aux dépens de leurs droits. À Hamilton, les monopoles ont saccagé le secteur industriel, privant ainsi la région et l'ensemble du Canada d'un produit social et de moyens de subsistance nécessaires à une vie moderne et à l'édification nationale. Aucun des problèmes sociaux et naturels liés à la grande production industrielle et à la vie moderne ne peut être résolus par la destruction de la base manufacturière et du tissu social du Canada.

Le droit de détruire l'économie socialisée pour atteindre des objectifs étroits est un vestige du privilège médiéval à l'époque moderne, une sorte de prérogative royale, un droit de l'élite dominante de faire ce qu'elle veut sans égard aux conséquences pour l'environnement naturel et social, pour le public et pour le bien public. Ce privilège de classe qui a fait son temps ne peut pas être aux commandes de l'économie socialisée et de l'État canadien. La classe ouvrière doit s'organiser en une opposition effective et devenir une force militante et consciente à l'intérieur et à l'extérieur des institutions politiques.

Cette opposition ouvrière ne peut permettre la destruction de l'économie par les monopoles canadiens et étrangers : elle doit forcer les gouvernements à assumer sa responsabilité sociale et à dire non à ce privilège de classe qui attaque la nation, le peuple, ses droits et le bien public.

Le 1er mai, les travailleurs et leurs alliés tiennent un rassemblement à Hamilton contre la destruction nationale et la perte d'emplois dans le secteur manufacturier. Le lendemain ils tiennent une conférence pour discuter de la nécessité de dire non ! à la destruction nationale et oui ! à la base manufacturière. La conférence est organisée par le local 1005 du syndicat des Métallos. Cliquer ici pour voir l'affiche.

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Postes Canada privatisera 300 emplois dans
ses centres de contact partout au pays

L'Alliance de la fonction publique du Canada, le plus important syndicat du secteur fédéral, va agir rapidement afin d'empêcher Postes Canada de privatiser une importante partie de ses services. La société de la couronne a annoncé hier qu'elle allait impartir ses centres de contacts et le Centre national de philatélie, éliminant ainsi plus de 300 emplois dans le pays.

Les centres visés sont établis dans les villes suivantes :

* Edmonton
* Ottawa
* Winnipeg
* Antigonish
* Fredericton

« L'obsession de la privatisation compromettra sérieusement la qualité des services postaux dans les collectivités visées », a souligné Robyn Benson, vice-présidente exécutive régionale de l'AFPC pour les Prairies. « Plusieurs régions au pays seront privées d'un contact local avec Postes Canada et perdront de nombreux emplois essentiels à leur économie locale », a-t-elle ajouté.

Selon la vice-présidente Benson, la privatisation des services de réponse téléphonique soulève également la question de la protection des renseignements confidentiels fournis par la population canadienne.

« Je doute que les Canadiennes et les Canadiens acceptent que leurs services postaux deviennent une agence de collecte de renseignements du gouvernement américain », a déclaré Mme Benson. « Si une société américaine répond aux appels pour Postes Canada, la USA Patriot Act donne au gouvernement américain accès à toutes les informations recueillies par l'entreprise. Est-ce cela que souhaite la population canadienne ? »

Richard Deslauriers, le président national du Syndicat des employés des postes et communications (SEPC), un élément de l'AFPC, a souligné que ce genre de raisonnement économique ouvrira la voie à une privatisation totale des services à Postes Canada.

« La privatisation a toujours été un objectif visé par la direction actuelle à Postes Canada et le gouvernement fédéral conservateur », a déclaré le président Deslauriers. La privatisation partielle des services fera tomber Postes Canada entre les mains des entreprises privées, et la population canadienne sera privée d'un service sur lequel elle a compté pendant des décennies. »

L'AFPC représente plus de 166 000 membres dans tout le pays, dont 2 000 à Postes Canada.

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Honduras

La résistance populaire dénonce la répression

Le 26 mars, en réponse à un appel du Front national de la résistance populaire (FNRP), plusieurs milliers de Honduriens ont défilé à Tegucigalpa pour exiger la fin de l'escalade de la répression et des politiques néolibérales du régime de Porfirio Lobo qui affectent les pauvres, rapporte Prensa Latina.

Les manifestants ont quitté l'Université nationale d'enseignement et, après avoir traversé les différentes avenues de la capitale, ont terminé leur manifestation par un événement politique devant l'Université nationale autonome.


Une famille de mouvement paysan d'Aguan. (Hondurasresists.blogspot.com)

Pendant ce temps, les forces de résistance sont particulièrement préoccupées par le sort de la population paysanne de la vallée d'Aguán. Pour les gens qui y vivent, il existe une atmosphère tendue causée par le déploiement de l'armée, la police et les gardes de sécurité privés dans le litige qui oppose les oligarques locaux et le Mouvement paysan unifié d'Aguán (MUCA) sur la question de l'appropriation des terres. Le communiqué du 24 mars du FNRP souligne la nécessité d'être solidaire avec les agriculteurs d'Aguan :

1. Une atmosphère inquiétante persiste dans le département de Basse-Aguan Colón, causée par l'oligarchie et le régime de facto par le biais de l'appareil de sécurité d'État qui collabore activement avec les groupes paramilitaires, menaçant sans cesse la vie des familles de cultivateurs qui réclament leur droit de travailler la terre.

2. Le mercredi 17 mars, dans le cadre de ces luttes agraires, les agriculteurs José Antonio et José Cardoza Carias, administrateurs de la coopérative COHDEFOR Brisas, à Carbonal, au Bonito oriental, ont été tués. Nous condamnons fermement ces meurtres et appelons la communauté internationale à faire pression sur le régime répressif de Lobo afin qu'il mette fin à la violence contre le peuple.

3. Le FNRP réaffirme son plein engagement à la lutte du Mouvement des paysans unifiés d'Aguan en qui nous réitérons notre confiance et solidarité. À cet égard, nous affirmons que très bientôt la base de la résistance à travers le pays se déploiera dans la vallée d'Aguán avec les objectifs suivants :

a. exiger une réforme agraire globale pour mettre fin aux politiques de concentration des richesses mises en place par l'oligarchie grâce à la loi de 1992 sur le développement et la modernisation du secteur agricole;

b. appuyer les nombreuses luttes des paysans qui se développent dans la région et qui illustrent le courage et la dignité du peuple hondurien;

c. répudier la répression et ceux qui en sont responsables, en particulier Facussé Barjum, Miguel René Morales et Reinaldo Canales, les hauts dirigeants de groupes paramilitaires qui opèrent dans la région;

4. Nous appelons tout le peuple et en particulier les membres de la résistance à participer à la campagne de solidarité avec nos frères et soeurs agriculteurs.

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Guatemala

Une pétition constitutionnelle et l'OIT
exigent la suspension des opérations minières
sur le territoire maya

Plusieurs communautés et organisations mayas ont présenté une pétition constitutionnelle au gouvernement du Guatemala, appelant à la suspension immédiate de toutes les activités minières sur les terres mayas – y compris la mine Marlin de la société Goldcorp et le projet Fenix de HudBay Mineral.

La pétition a été présentée le 2 mars 2010 au secrétaire général du Guatemala, suite à une demande formelle du Comité d'experts de l'Organisation internationale du travail (OIT) de suspendre les activités afin qu'ils puissent enquêter sur les violations du droit international dans le pays.

Le groupe Rights Action explique : « Le Comité est un organe exécutif qui effectue des examens techniques indépendants pour s'assurer que les pratiques nationales d'un État sont conformes àc ses obligations internationales qui font partie des conventions ratifiées de l'OIT. Dans le cadre de ces enquêtes, il évalue les informations transmises par un État, les employés et les travailleurs, ce qui donne lieu à des recommandations pour garantir le respect effectif des conventions. »

Le Guatemala est l'un des vingt pays à avoir ratifié la Convention de l'OIT relative aux peuples indigènes et tribaux, plus communément appelée Convention no. 169 de l'OIT(C169).

Les États qui ratifient la convention sont tenus de respecter « l'intégrité des valeurs, des pratiques et des institutions » des peuples autochtones, et de « mettre en place les moyens permettant de développer pleinement les institutions et initiatives propres à ces peuples ».


Les autochtones mènent des consultations sur l'exploitation minière. (COPAE)

En outre, affirme Cultural Survival, la Convention stipule que « les mesures spéciales » pour la protection des peuples autochtones « ne doivent pas être contraires aux désirs librement exprimés des peuples intéressés » et que les autres mesures qui « pourraient » affecter directement les peuples autochtones doivent être précédées de consultations avec « les institutions représentatives » des peuples concernés, entreprises « de bonne foi en vue de parvenir à un accord ou d'obtenir un consentement au sujet des mesures envisagées ».

Les peuples autochtones au Guatemala ont rarement, sinon jamais, été consultés par le gouvernement ou par des sociétés telles que Goldcorp et Hudbay qui exploitent activement des minéraux sur les terres autochtones. En outre, dans de nombreux cas, comme avec Goldcorp, les communautés autochtones ont sans cesse déclaré qu'elles veulent que la compagnie quitte leurs terres de façon permanente, car les conséquences économiques, sociales et environnementales dépassent de loin tous les avantages à court terme qu'ils peuvent ou ne peuvent pas obtenir par sa présence. Les dommages qu'ils causent par leur présence sont tout simplement trop importants.

La pétition de ce mois-ci fait également suite à un précédent juridique important qui a été établi par la Cour constitutionnelle du Guatemala en décembre 2009. Comme l'a rapporté Survival International : « La Cour a statué que tous les droits prévus dans la Convention ont un statut constitutionnel. »

« La décision est un succès pour les peuples autochtones du Guatemala, les Mayas, Garifuna et Xinca, car elle leur accorde plus de contrôle sur les projets qui les touchent. Il est également significatif pour les populations tribales à travers le monde, en montrant la force croissante de la Convention 169 », commente l'organisation Survival.

En ce qui concerne la pétition, cela aussi signifie que le Guatemala est aujourd'hui tenu par sa propre Constitution de suspendre toutes les opérations minières sur le territoire maya. En date du 2 mars, le gouvernement dispose de trente jours pour le faire.

Pour plus d'informations sur la Convention no. 169 de l'Oit, voir http ://pro169.org

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