Il y avait également de nombreux travailleuses et
travailleurs des secteurs public et parapublic avec leurs pancartes et
bannières qui disaient : « Les services publics
doivent être un rempart contre la pauvreté. »
Eux aussi apprenaient avec le dépôt du budget que leurs
justes revendications pour des hausses salariales et des
conditions de travail dignes de la fonction qu'ils occupent dans la
société se heurtent la « capacité de
payer de l'État ». Le gouvernement ressort le mythe
de « la capacité de payer » quand il
s'agit de couper dans les programmes sociaux mais il n'a pas de
problème de fonds quand il s'agit d'accorder des subventions et
privilèges de toutes sortes aux monopoles.
Il y avait aussi les représentants des sections
les plus vulnérables de la société : les
femmes, les familles et leurs enfants, les personnes âgées
qui seront les premières victimes de cette l'offensive
antisociale. Sur leurs pancartes on pouvait lire :
« Nous ne paierons pas pour leur crise ! Nous ne
voulons plus élever nos
enfants dans la pauvreté ! »
Il y avait les chômeurs et les assistés
sociaux qui ont réaffirmé leur aspiration à une
économie prosociale qui garantit que les plus vulnérables
soient mis à l'abri du besoin.
Il y avait les nombreux organismes luttant depuis
plusieurs années pour l'affirmation des droits, que ce soit le
droit à la santé, à l'éducation, au
logement et à un niveau de vie digne d'une société
moderne.
Comme l'a souligné Marie-Êve Rancourt,
porte-parole du Mouvement d'éducation populaire et d'action
communautaire de Québec et une des organisatrices de la
manifestation : « À la déclaration de
guerre du gouvernement, nous représentons l'avenir de la
société. »
Puis le cortège s'est mis en branle pour se
rendre dans le quartier des affaires. Les manifestants se sont
arrêtés devant les succursales des banques profitant de
l'occasion pour dénoncer les profits faramineux de celles-ci.
Un manifestant a dit au Marxiste-Léniniste :
« On s'est porté à la rescousse des banques et
en plus ils profitent des paradis fiscaux avec leurs succursales dans
différents pays. » « Où est
l'argent pour aider les plus vulnérables ? »
« Nous défendons le bien commun contre
le profit de quelques-uns », a dit un autre.
Notons que le même
jour, dans la plus grande indifférence, le premier ministre
donnait la première pelletée de terre au Centre de
santé de l'Université McGill, un partenariat
public-privé, et le ministre des Finances, Raymond Bachand,
recevait les acclamations et les éloges des membres de la
Chambre de commerce de Montréal pour son budget,
un budget qui selon les sondages est rejeté par 90 % de la
population. Poussant l'arrogance à son comble, le ministre
Bachand a dit que « tôt ou tard la population
comprendra les choix du gouvernement » et il a même
ajouté que les prochaines générations lui diront
merci.
Mais pour tous celles et ceux qui étaient
présents à la manifestation, il ne faisait aucun doute
que cette action militante signifie que la bataille pour un programme
prosocial qui garantit les droits de tous, contre l'agenda antisocial
de ceux qui s'acharnent à poursuivre la politique de payer les
riches qui a mené à la crise actuelle, est loin
d'être
terminée.
Les derniers mots prononcés par Christian
Pépin, porte-parole de l'ASSÉ, a bien capté
l'esprit et la détermination des Québécois qui
veulent prendre le contrôle de leurs affaires pour se donner une
société centrée sur l'être humain.
« Pour l'avenir de la société, pour l'avenir
de l'humanité, osons dire nous
vaincrons ! »

Base manufacturière oui!
Destruction nationale non!
Appuyons la lutte des travailleurs contre
AbibitiBowater et le droit de monopole
- Gabriel Girard-Bernier -
Le 23 mars dernier, les travailleurs de l'usine de
Beaupré ont manifesté pour empêcher le
démantèlement de l'usine alors qu'AbitibiBowater leur
doit 12 millions en primes de séparation. Le monopole forestier
tente de transférer depuis plusieurs jours certaines
pièces d'équipement vers d'autres usines. Pour les
travailleurs l'enjeu est vital,
l'usine n'a pas été chauffée, ni entretenue, ni
protégée depuis que les machines ont été
arrêtées en octobre. Le démantèlement de
l'usine est un pas de plus dans la négation des droits des
travailleurs inscrits à la convention collective avec la
complicité du gouvernement Charest et les mécanismes
centrés sur le capital et pro-monopoles de la Loi
sur les arrangements avec les créanciers des compagnies
(LACC).
AbitibiBowater justifie le démantèlement
de l'usine en disant qu'elle ne peut verser une telle somme en vertu de
la LACC. « La compagnie est présentement en
restructuration. Chacune de nos installations doit gérer ses
liquidités de façon assez serrée. Comme il y a des
usines qui sont en arrêt, quand vient le temps de choisir des
pièces
ou de l'équipement, elles le font à l'intérieur du
réseau de la compagnie », a déclaré
Pierre Choquette, porte-parole d'AbitibiBowater. Les justifications
lamentables d'AbitibiBowater démontrent toute la fraude de la
LACC. En permettant le démantèlement d'usines, soi-disant
en processus de vente, la LACC permet l'extinction du moyen de
subsistance de centaines de travailleurs. Un jugement est en attente
sur les primes de séparation alors que cela fait maintenant une
année qu'AbitibiBowater s'est placé sous la protection de
la LACC.
Il faut rappeler qu'en octobre dernier, AbitibiBowater a
fermé l'usine de Beaupré pour une période
indéterminée laissant 350 travailleurs sans moyen de
subsistance. L'usine produisait du papier commercial à l'aide de
technologies et de moyens de production de pointe dans le domaine de
production de papier. L'usine, inaugurée en 1926, est
depuis plusieurs années considérée comme le lieu
de développement de nouvelles technologies ensuite
étendues aux autres usines d'AbitibiBowater. Le papier produit,
à haute valeur ajoutée, était destiné au
secteur de l'impression commerciale pour les livres, les revues, la
publicité et les imprimantes, notamment.
Le monopole AbitibBowater est placé sous la LACC
depuis un an maintenant et poursuit sa politique de détruire les
communautés en fermant les usines, n'entretenant plus celles-ci.
Le pillage des fonds de pension se poursuit avec l'aide des tribunaux
du Québec. Le gouvernement Charest avec son Livre vert sur
les forêts a
poursuivi la politique traditionnelle de l'État
québécois de payer les riches et d'affermir le droit des
monopoles. Au lendemain de l'adoption du projet de loi 57, issu de Livre
vert sur la forêt et qui permet à des monopoles comme
AbitibiBowater de transférer le bois brut à des usines
ailleurs, les travailleurs de l'industrie forestière se
trouvent devant une situation où les monopoles peuvent
poursuivre leur diktat sur les communautés et leur moyen de
subsistance. C'est ainsi que le gouvernement offre une gamme
complète de services aux monopoles en maintenant et en
perpétuant le droit de monopole tout en abdiquant ses
responsabilités sociales envers les travailleurs et leur
communauté. C'est inacceptable.
Les travailleurs d'AbitibiBowater ne sont pas seuls et
ne seront pas abandonnés à leur sort. Ils ont tout le
poids de la classe ouvrière derrière eux pour restreindre
le droit des monopoles et affirmer leurs droits en tant que producteurs
de la richesse sociale. La fraude de la LACC et tous les
mécanismes de l'État pour secourir les monopoles sont
combattus par les travailleurs dans plusieurs autres secteurs. Les
solutions des monopoles ont fait leur temps. Les demandes des
travailleurs pour une économie centrée sur l'être
humain garantissant un moyen de subsistance est la réponse de
l'expérience directe de l'ensemble de la classe ouvrière
devant la crise économique et la destruction de
l'économie nationale. Bâtir l'entreprise publique et
restreindre le droit des monopoles est la voie vers l'avant pour
résoudre la crise de l'industrie forestière.

Hamilton
Un autre coup inacceptable porté au secteur
manufacturier: le monopole américano-belge
ferme la brasserie Lakeport (Labatt)
Les travailleurs de Hamilton sont outrés
d'apprendre qu'une autre usine du secteur manufacturier est
rayée de la carte par un monopole international. Le
conglomérat américano-belge Anheuser-Busch Inbev a
annoncé la fermeture permanente de la brasserie Lakepart
(Labatt), jetant à la rue 143 travailleurs et provoquant une
perte énorme pour
la région en terme de produit social réalisé
chaque année. Les travailleurs et l'économie nationale et
régionale sont victimes de la concentration de la
propriété et du capital entre les mains de monopoles
mondiaux de plus en plus puissants qui détruisent petit à
petit la base manufacturière, réclament des concessions
des travailleurs, détruisent le tissu
social et agissent comme si le monde leur appartenait.
Anheuser-Busch InBev, propriétaire des Brasseries
Labatt, s'est emparé de Lakeport Brewery en 2007 pour
éliminer un groupe de petits concurrents canadiens et a ensuite
fait en sorte qu'il n'y ait plus de production de bière à
Hamilton.
Le contrôle de l'économie est de plus en
plus concentré dans la poigne de fer de propriétaires du
capital monopoliste qui n'ont aucun lien vivant avec Hamilton ou avec
le Canada. Leurs préoccupations ne sont pas les
préoccupations des Canadiens, ils n'ont aucun
intérêt à faire en sorte que l'économie
canadienne soit une économie diversifiée
qui suffit à ses besoins et qui n'est pas totalement soumise aux
aléas du capital financier international, une économie
qui soutient un niveau de vie de standard canadien pour tous avec des
services publics et des programmes sociaux qui contribuent à la
vie de la société. Ils sont uniquement
préoccupés par les conquêtes de leurs empires
mondiaux
contre les empires rivaux.
L'expérience directe enseigne aux peuples du
monde que les « conquêtes » du droit de
monopole se font aux dépens de leurs droits. À Hamilton,
les monopoles ont saccagé le secteur industriel, privant ainsi
la région et l'ensemble du Canada d'un produit social et de
moyens de subsistance nécessaires à une vie moderne et
à
l'édification nationale. Aucun des problèmes sociaux et
naturels liés à la grande production industrielle et
à la vie moderne ne peut être résolus par la
destruction de la base manufacturière et du tissu social du
Canada.
Le droit de détruire l'économie
socialisée pour atteindre des objectifs étroits est un
vestige du privilège médiéval à
l'époque moderne, une sorte de prérogative royale, un
droit de l'élite dominante de faire ce qu'elle veut sans
égard aux conséquences pour l'environnement naturel et
social, pour le public et pour le bien public. Ce privilège de
classe qui a fait son temps ne peut pas être aux commandes de
l'économie socialisée et de l'État canadien. La
classe ouvrière doit s'organiser en une opposition effective et
devenir une force militante et consciente à l'intérieur
et à l'extérieur des institutions politiques.
Cette opposition ouvrière ne peut permettre la
destruction de l'économie par les monopoles canadiens et
étrangers : elle doit forcer les gouvernements à
assumer sa responsabilité sociale et à dire non à
ce privilège de classe qui attaque la nation, le peuple, ses
droits et le bien public.
Le 1er mai, les travailleurs et leurs alliés
tiennent un rassemblement à Hamilton contre la destruction
nationale et la perte d'emplois dans le secteur manufacturier. Le
lendemain ils tiennent une conférence pour discuter de la
nécessité de dire non ! à la destruction
nationale et oui ! à la base manufacturière. La
conférence est
organisée par le local 1005 du syndicat des Métallos. Cliquer
ici pour voir l'affiche.

Postes Canada privatisera 300 emplois dans
ses centres de contact partout au pays
- Alliance de la fonction publique du
Canada, 31 mars 2010 -
L'Alliance de la fonction publique du Canada, le plus
important syndicat du secteur fédéral, va agir rapidement
afin d'empêcher Postes Canada de privatiser une importante partie
de ses services. La société de la couronne a
annoncé hier qu'elle allait impartir ses centres de contacts et
le Centre national de philatélie,
éliminant ainsi plus de 300 emplois dans le pays.
Les centres visés sont établis dans les
villes suivantes :
* Edmonton
* Ottawa
* Winnipeg
* Antigonish
* Fredericton
« L'obsession de la privatisation
compromettra sérieusement la qualité des services postaux
dans les collectivités visées », a
souligné Robyn Benson, vice-présidente exécutive
régionale de l'AFPC pour les Prairies. « Plusieurs
régions au pays seront privées d'un contact local avec
Postes Canada
et perdront de nombreux emplois essentiels à leur
économie locale », a-t-elle ajouté.
Selon la vice-présidente Benson, la privatisation
des services de réponse téléphonique
soulève également la question de la protection des
renseignements confidentiels fournis par la population canadienne.
« Je doute que les Canadiennes et les
Canadiens acceptent que leurs services postaux deviennent une agence de
collecte de renseignements du gouvernement
américain », a déclaré Mme Benson.
« Si une société américaine
répond aux appels pour Postes Canada, la USA Patriot Act
donne au gouvernement américain accès à toutes les
informations recueillies par l'entreprise. Est-ce cela que souhaite la
population canadienne ? »
Richard Deslauriers, le président national du
Syndicat des employés des postes et communications (SEPC), un
élément de l'AFPC, a souligné que ce genre de
raisonnement économique ouvrira la voie à une
privatisation totale des services à Postes Canada.
« La privatisation a toujours
été un objectif visé par la direction actuelle
à Postes Canada et le gouvernement fédéral
conservateur », a déclaré le président
Deslauriers. La privatisation partielle des services fera tomber Postes
Canada entre les mains des entreprises privées, et la population
canadienne
sera privée d'un service sur lequel elle a compté pendant
des décennies. »
L'AFPC représente plus de 166 000 membres dans
tout le pays, dont 2 000 à Postes Canada.

Honduras
La résistance populaire dénonce la
répression
Le 26 mars, en réponse à un appel du Front
national de la résistance populaire (FNRP), plusieurs milliers
de Honduriens ont défilé à Tegucigalpa pour exiger
la fin de l'escalade de la répression et des politiques
néolibérales du régime de Porfirio Lobo qui
affectent les pauvres, rapporte Prensa Latina.
Les manifestants ont quitté l'Université
nationale d'enseignement et, après avoir traversé les
différentes avenues de la capitale, ont terminé leur
manifestation par un événement politique devant
l'Université
nationale autonome.
En outre, affirme Cultural Survival, la Convention
stipule que « les mesures spéciales » pour
la protection des peuples autochtones « ne doivent pas
être contraires aux désirs librement exprimés
des peuples intéressés » et que les autres
mesures qui « pourraient » affecter directement
les peuples autochtones doivent être
précédées de consultations avec « les
institutions représentatives »
des peuples concernés, entreprises « de bonne foi en
vue de parvenir à un accord ou d'obtenir un consentement au
sujet des mesures envisagées ».
Les peuples autochtones au Guatemala ont rarement,
sinon jamais, été consultés par le gouvernement ou
par des sociétés telles que Goldcorp et Hudbay qui
exploitent activement des minéraux sur les terres
autochtones. En outre, dans de nombreux cas, comme avec Goldcorp, les
communautés autochtones ont sans cesse déclaré
qu'elles veulent que la compagnie quitte leurs terres de façon
permanente, car les conséquences
économiques, sociales et environnementales dépassent de
loin tous les avantages à court terme qu'ils peuvent ou ne
peuvent pas obtenir par sa présence. Les dommages qu'ils causent
par leur présence sont tout simplement
trop importants.
La pétition de ce mois-ci fait également
suite à un précédent juridique important qui a
été établi par la Cour constitutionnelle du
Guatemala en décembre 2009. Comme l'a rapporté Survival
International :
« La Cour a statué que tous les droits prévus
dans la Convention ont un statut constitutionnel. »
« La décision est un succès
pour les peuples autochtones du Guatemala, les Mayas, Garifuna et
Xinca, car elle leur accorde plus de contrôle sur les projets qui
les touchent. Il est également significatif
pour les populations tribales à travers le monde, en montrant la
force croissante de la Convention 169 », commente
l'organisation Survival.
En ce qui concerne la pétition, cela aussi
signifie que le Guatemala est aujourd'hui tenu par sa propre
Constitution de suspendre toutes les opérations minières
sur le territoire maya. En date du 2 mars, le
gouvernement dispose de trente jours pour le faire.
Pour plus d'informations sur la Convention no. 169 de
l'Oit, voir http ://pro169.org

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca
Courriel: redaction@cpcml.ca