Le Marxiste-Léniniste

Numéro 52 - 17 mars 2010

Débat sur les pensions

Défendons les pensions que nous avons!
Luttons pour des pensions pour tous!

Débat sur les pensions
Défendons les pensions que nous avons! luttons pour des pensions pour tous!
Pensions, conception du monde et philosophie: deux mondes s'affrontent - Centre ouvrier du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste)

À titre d'information
Résumé des propositions pour la plupart centrées sur le capital concernant la réforme du régime de pension national dans les médias corporatistes

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Débat sur les pensions

Défendons les pensions que nous avons!
Luttons pour des pensions pour tous!

La propagande dans les médias monopolisés va dans le sens de bloquer toute discussion et tout mouvement en faveur de pensions à prestations déterminées pour tous à un standard canadien, financées à même les revenus des gouvernements perçus sous forme d'impôt que doit payer toute entreprise qui a des employés. Les pensions à prestations déterminées pour les aînés et les services publics pour les aînés doivent être financés par une réclamation au produit social annuel du Canada, comme pour tous les programmes sociaux, comme la santé et l'éducation publique. Mais au lieu de cela, on nous propose une vision centrée sur le capital, avec des plans d'épargne qui passent pour des plans de pension.

Presque toutes les propositions faites dans les médias de masse vont dans le sens de plans d'épargne plutôt que de plans de pension, et prévoient une augmentation de l'impôt des particuliers et de prestations incertaines à la retraite. Même la proposition d'augmenter les prestations déterminées du RPC/RRQ est conditionnelle à l'augmentation de la cotisation de l'employé et à l'utilisation des épargnes accumulées comme capital mis à la disposition de l'oligarchie financière.

La propagande centrée sur le capital crée également une opinion défavorable aux régimes à prestations déterminées qui existent, et elle correspond au discours et aux actions des gouvernements en faveur de l'abolition des régimes à prestations déterminées dans les entreprises et les services publics et de leur remplacement par différents régimes d'épargne à cotisations déterminées. Les travailleurs et leurs alliés doivent vigoureusement défendre les régimes à prestations déterminées qu'ils ont et combattre pour que les gouvernements garantissent à tous une pension à prestations déterminées.

Notez d'autre part le ton alarmiste, frôlant l'hystérie, du discours au sujet des personnes âgées, qui constitueraient un coût pour la société. C'est semblable au discours des monopoles qui dénigrent leurs employés en les définissant comme des coûts de production et les plans de retraite d'entreprise comme des « coûts hérités » insoutenables. Le ministère des Finances du Parti conservateur au pouvoir a récemment déposé un rapport dans lequel il affirme que « l'évolution démographique fait déjà grimper les coûts » et il se demande « si la capacité financière du gouvernement permet de relever les défis démographiques qui s'annoncent ».

Ce discours à propos des aînés n'est rien de moins que dégoûtant. Une économie socialisée comme celle du Canada qui ne satisfait pas les besoins de ses aînés a besoin d'un changement radical. L'opposition ouvrière doit dénoncer ce bavardage antisocial qui provient de l'élite dominante et combattre pour un programme centré sur l'être humain, qui garantit les droits de tous, ce qui comprend des pensions à prestations déterminées et des services publics de la plus haute qualité pour les aînés.

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Pensions, conception du monde et philosophie

Deux mondes s'affrontent

Troisième partie : La philosophie

Du point de vue philosophique, les arguments de l'ancien gouverneur de la Banque du Canada David Dodge, du premier ministre Stephen Harper, du ministre des Finances Flaherty et d'autres représentants politiques et académiques du capital monopoliste appartiennent à diverses formes d'idéalisme, en particulier l'idéalisme objectif et l'idéalisme subjectif.

Philosophiquement, les arguments de la classe ouvrière en faveur d'une réforme véritable du régime des pensions afin de garantir une retraite à un standard canadien appartiennent au matérialisme dont la forme la plus avancée est le matérialisme historique et dialectique.

L'idéalisme objectif

Le ministre des Finances, Jim Flaherty, et l'ancien gouverneur de la Banque du Canada, David Dodge, voient le monde de façon idéaliste. Ils ne sont pas capables de voir et ne veulent pas voir une société qui est divisée en classes opposées dans laquelle la classe dominante possède et contrôle les moyens de production alors que la classe sujet, la classe des producteurs, ne possède ni ne contrôle ses moyens de production. Selon Flaherty et Dodge, le monde de la lutte de classe, de l'exploitation et de l'inégalité n'existe pas. Selon eux, seule existe une nation sans division où domine la lutte romanesque pour la survie du plus fort et où c'est à chaque individu de trouver les moyens de survivre ou périr. Les membres de la classe sujet doivent travailler pour la classe dominante s'ils veulent survivre et selon l'idéalisme de Flaherty et de Dodge, il doit en être ainsi parce que les travailleurs sont capables à force d'ingénuité, d'éducation et de dur labeur de gravir les échelons de l'échelle sociale. L'ordre des choses permet aux travailleurs de faire une réclamation au produit qu'ils créent en transformant les matières premières avec les moyens de production qui sont possédés et contrôlés par la classe dominante. C'est ainsi que Flaherty et Dodge nient le monde réel de la lutte de classe et l'insécurité qui est la condition de la classe ouvrière. Ils disent que tous les Canadiens disposent des moyens matériels qui leur permettent de subvenir à leurs besoins et ils écartent du revers de la main la demande répétée des travailleurs pour la sécurité des pensions comme relevant d'une conception d'un « État paternaliste » ou quelque chose d'irréaliste.

Harper, Flaherty et Dodge ont réussi à se convaincre de la justesse de leurs positions parce que leurs cerveaux ont inventé un monde qui convient à leurs intérêts de classe en tant que membres de l'oligarchie financière et d'un monde idéalisé pour les évangélistes. Ce monde idéal apparaît comme très réel dans les cerveaux de Harper, Flaherty et Dodge parce qu'il justifie le statu quo qui leur assure une sécurité confortable et des privilèges à même le produit social que produit la classe ouvrière. Ce monde inventé par la voie idéaliste leur apparaît comme étant une réalité objective que vient confirmer objectivement leur vie de pouvoir très réel, de richesses et de privilèges.

À l'intérieur de ce monde idéaliste objectif, ils voient des individus qui sont là par hasard et qui subviennent eux-mêmes à leurs besoins, bien que la vaste majorité des individus n'aient aucun contrôle sur les moyens de production et l'économie socialisée. Harper, Flaherty et Dodge considèrent le hasard comme une vertu parce qu'ils veulent avoir affaire à des individus qui se font concurrence sur le marché du travail en tant que marchandises semblables aux autres marchandises en concurrence pour être vendues sur le marché. S'ils voient de simples individus qui sont là par hasard engagés dans des activités économiques spontanées et se subvenant à eux-mêmes, c'est parce que c'est bien ce qu'ils veulent voir. Ils ne voient pas qu'il y a une économie dans laquelle des milliers et des millions de gens travaillent en harmonie, vivent et produisent ensemble et dépendent les uns des autres. Ils ne veulent pas voir la réalité de l'interdépendance de l'économie socialisée parce que les rapports de production (les rapports de propriété) créent nécessairement la concurrence, le hasard et des individus laissés à eux-mêmes, ce qui est en contradiction avec l'harmonie des forces de production socialisées. Ils ne voient que le monde idéal de surface qui les sert et ne veulent pas voir que la concurrence, le hasard et la nécessité pour chacun de subvenir à ses besoins sont imposés à une économie socialisée, ce qui provoque des crises, la rupture de l'harmonie, l'insécurité, la pauvreté et la guerre.

L'appui de Harper, Flaherty, Dodge et d'autres idéologues centrés sur le capital à la concurrence sur le marché du travail et sur les autres marchés et leur appui au hasard et à la pression que chacun doit subvenir à ses besoins, qui sont la condition des rapports de production capitalistes, est sélectif et intéressé. Ils ne voient pas ce qu'ils ne veulent pas voir, les rapports de production complètement désuets qui empêchent l'économie socialisée de fonctionner, parce que le voir remettrait en question le statu quo, leurs richesses et leurs privilèges. Le travail de Dodge lorsqu'il était gouverneur de cette institution importante qu'est la Banque du Canada était de gérer la masse monétaire, les taux d'intérêts et la disponibilité du capital pour les entreprises financières privées d'une manière qui serve les monopoles les plus puissants. Pendant la crise récente, le gouvernement a mis des dizaines de milliards de dollars en capital à la disposition des entreprises financières privées et il a donné des milliards en argent de sauvetage à d'autres monopoles pour leur permettre de survivre à la crise. Qu'est-ce qui est arrivé au hasard et au concept que chacun doit subvenir à ses propres besoins ? Apparemment, ces concepts fantaisistes s'appliquent seulement à la classe ouvrière.

Les idéologues capitalistes répètent constamment qu'il faut rendre les monopoles compétitifs sur les marchés mondiaux, que les travailleurs doivent faire des sacrifices au profit de leurs propres monopoles et que l'État doit payer les riches, signer des ententes commerciales ou bloquer les échanges avec certains pays si cela favorise les monopoles les plus puissants. Les travailleurs demandent avec raison ce qu'il est advenu de l'idée que chacun doit subvenir à ses besoins. L'insécurité et le hasard sont réservés au peuple alors que les monopoles eux sont trop gros pour qu'on les laisse s'effondrer. Il semble que, dans le domaine philosophique de l'idéalisme objectif, subvenir à ses propres besoins s'applique exclusivement à la classe ouvrière et non aux riches et à leurs monopoles. De plus en plus de travailleurs s'objectent : Pas d'argent public pour l'entreprise privée quelle que soit la raison ! Arrêtez de payer les riches ! L'argent public doit aller aux programmes sociaux et à l'entreprise publique dont le mandat est de servir le bien public et l'édification nationale dans laquelle la réclamation des propriétaires du capital à la valeur ajoutée est fortement restreinte.

En ce qui concerne la retraite, Dodge part du point de vue que les gens, vus comme des individus sans liens avec quoi que ce soit, doivent planifier leur retraite à l'intérieur d'une « structure flexible » en choisissant parmi un éventail de régimes d'épargne. Cette vision est conforme à son monde idéalisé de hasard et d'individus en concurrence les uns avec les autres qui nie le monde de solidarité sociale où règne le un pour tous et tous pour un et où tous ont des droits en vertu de leur humanité, y compris le droit à une retraite en sécurité à un standard canadien. Les régimes d'épargne sont une source de capital-argent pour les monopoles et ils ne peuvent absolument pas assurer une retraite en sécurité. Les régimes d'épargne ne sont pas des fonds de pension qui garantissent des prestations déterminées jusqu'au décès.

La fantaisie idéaliste objective de Harper, Flaherty et Dodge d'un marché sans société est antihumaine. Les humains dans ce marché sont des animaux anticonscients traqués qui n'ont pas la possibilité de planifier et d'agir collectivement pour se défendre et défendre leur société, résoudre les problèmes et assurer la marche en avant de l'histoire. Comment les êtres humains pourraient-ils accepter ce monde qui est sans société et sans défense contre les caprices de la nature et les attaques de leurs exploiteurs et de leurs oppresseurs ? Ce n'est pas dans la nature de l'être humain de permettre à la nature ou à d'autres êtres humains de le dominer. L'espèce humaine sans cela n'aurait jamais pu survivre ni développer la société au niveau où elle en est. La philosophie matérialiste considère la domination et l'oppression comme la négation de la personnalité humaine et de l'esprit humain, la disposition à toujours résoudre les problèmes et à aller de l'avant. Si l'on veut aller de l'avant, il faut nier la négation par les propriétaires du capital de la classe ouvrière et de la société. La négation de la négation est un concept fondamental du matérialisme historique et dialectique et une vision très rationnelle, scientifique et humaine. L'idéalisme objectif rejette cette façon de penser rationnelle. Il rejette comme une utopie fantaisiste que la société existe en tant qu'institution avec des responsabilités sociales. Le néolibéralisme de Margaret Thatcher, Reagan, Mulroney, Chrétien et Harper a poussé la négation de la société à l'extrême. La négation de la société ne laisse dans son sillage qu'un marché d'êtres humains et d'autres marchandises en concurrence pour leur existence. La classe ouvrière doit organiser et diriger la négation de la négation des êtres humains modernes et de la société. La voie vers la négation de la négation ne nous est pas donnée toute prête. C'est par la lutte de classe, par des actes individuels et collectifs de participation consciente dans des actes de découverte que l'on en vient à comprendre la voie à suivre. Lorsqu'on fait face à la négation, un aspect crucial de l'acte de penser est la conception de ce qui manque par l'abstraction. L'abstraction de l'absence est un des traits fondamentaux de l'être humain. Qu'est-ce qui manque ? Qu'est-ce qui doit être développé afin que l'on puisse nier la négation ? Les droits modernes comprennent la sécurité du moyen de subsistance et de la retraite, la nourriture, la santé, l'éducation, la culture, le droit de conscience, le droit de participer directement à la gouvernance de la société et le droit de vivre sans guerre. Ces aspects de notre existence moderne socialisée sont en lutte constante contre leurs aspects opposés qui nient nos droits – l'insécurité, la faim, la maladie, l'ignorance, l'oppression politique et la guerre impérialiste. Il n'est pas possible de donner naissance à ces droits et de les faire fleurir sans nier ce qui nie leur existence.

L'économie socialisée crée les conditions pour que l'on puisse satisfaire les besoins matériels et culturels du peuple. Qu'est-ce donc qui empêche les forces de production de jouer leur rôle moderne qui est de fournir la base matérielle d'une existence en sécurité et cultivée de la naissance à la mort ? Ce sont les rapports de production dominés par les propriétaires du capital qui nient les forces de production socialisées et les empêchent de jouer leur rôle au service de l'humanité. Des idéalistes comme Dodge, Harper et Flaherty nient l'existence de cette contradiction fondamentale et disent que le statu quo doit prévaloir. Ils nient que l'économie socialisée est en contradiction avec les demandes étroites égocentriques des monopoles particuliers. Ils chantent les louanges de la concurrence intermonopoliste comme quelque chose de nécessaire et cela comprend les guerres pour les ressources naturelles, pour les marchés, les sources de main-d'oeuvre esclave et les sphères d'influence, et ils prêchent que les crises et la destruction ne sont que des phénomènes passagers du « cycle d'affaires ». Selon eux, la gestion des risques et le chaos des marchés sont le moteur de l'économie qui connaît parfois des ratés et des problèmes passagers. Ils affirment que le chômage, la destruction de la base manufacturière, le fossé grandissant entre les riches et les pauvres et les autres problèmes sociaux ne sont que des dommages collatéraux qui vont tous être réglés par la magie des retombées économiques. Si seulement les travailleurs acceptaient de bon gré de faire des concessions en abandonnant par exemple leurs fonds de pension à prestations déterminées, l'économie socialisée pourrait se rétablir, ce qui éliminerait la nécessité de nier les rapports de production contrôlés par les riches. La négation de la classe ouvrière est au coeur du système capitaliste. La concurrence sur le marché du travail sépare les travailleurs les uns des autres et les empêche de s'organiser en collectif qui a sa cohésion à moins qu'une lutte constante ne soit menée pour l'unité et la solidarité sociale. S'il ne s'oppose pas consciemment à ces maux en développant son unité, sa détermination et une lutte soutenue à la défense des droits de tous, le peuple ne peut qu'être affaibli et démoralisé par la pauvreté et les problèmes sociaux qui s'accumulent. Dans le monde idéalisé objectif de Dodge, Harper et Flaherty, les programmes sociaux relèvent d'un « État paternaliste », cette abomination qui entrave la flexibilité et la liberté d'épargner ou de dépenser ou de profiter de la misère. Tout est simple pour les idéalistes objectifs puisqu'ils ne reconnaissent aucune loi économique sauf les lois du marché comme l'offre et la demande et la concurrence. Les seuls petits problèmes qui restent à régler selon l'ordre des choses idéalisé objectif des représentants du capital monopoliste sont des choses comme le cycle d'affaires d'expansion et de contraction qu'on peut supposément contrôler en contrôlant la masse monétaire et les taux d'intérêts, en détournant des fonds publics vers les monopoles par le biais de stratagèmes pour payer les riches, en privatisant les services publics, en coupant dans les programmes sociaux et en demandant des concessions à la classe ouvrière.

Le monde idéalisé de Harper et de Flaherty, qui est fait de sécurité et de luxe pour eux-mêmes, leurs familles et la classe capitaliste monopoliste, est menacé par la réalité matérielle moderne d'une population qui a des droits en vertu de son humanité. Harper et les autres de sa classe sociale se sentent menacés par une classe ouvrière qui demande à contrôler l'économie socialisée dans laquelle c'est le facteur humain qui produit tout le produit social en transformant les richesses de la Terre Mère. Cette peur de la classe ouvrière se traduit en actes de répression organisés par l'État contre ceux qui luttent à la défense des droits de tous et pour le droit d'être, au pays et à l'étranger.

Le monde idéalisé du capital monopoliste est statique et inchangeable ; c'est le monde de la fin de l'histoire, de la fin du changement économique et social, du développement, du mouvement et du progrès. Les propriétaires du capital refusent de reconnaître qu'ils sont apparus sur la scène de l'histoire pour débuter le processus de transformation de la production, de la petite production en production industrielle de masse, et qu'ils doivent maintenant quitter la scène pour que ce processus soit complété et que l'harmonie puisse s'établir. Cette transformation a commencé par la négation des véritables producteurs, paysans et artisans pour la plupart, et elle ne sera complétée que lorsque la classe ouvrière moderne, la classe des véritables producteurs de l'économie socialisée, niera sa négation.

Les idéalistes professent que le capital est au-dessus du monde matériel dynamique des phénomènes en processus perpétuel de naissance et de dépérissement. Dans ce monde idéalisé de marchés sans société, le caractère humain est considéré immuable et comme étant la personnification d'une nature humaine éternelle qui ne reflète pas les changements dramatiques qui sont à l'oeuvre dans les forces et les rapports de production. La nature humaine dans ce monde idéalisé est figée dans le temps et l'espace. Les paysans du quatorzième siècle et les capitalistes du vingt-et-unième relèvent d'une même nature humaine en dépit des grandes différences de temps et d'espace et du niveau de développement des forces productives et des rapports économiques entre les classes sociales. Telle est la réalité, disent les idéalistes, parce que la nature humaine est essentiellement divisée entre le bien et le mal déifiés, entre le criminel et celui qui obéit à la loi, entre le paresseux et le dur travailleur, et faite d'autres divisions simplistes qui défient le temps et l'espace. Harper, Flaherty et Dodge sont bons, travaillants et respectueux de la loi par définition parce qu'ils appartiennent à l'élite dirigeante. Ils ont ces qualités tatouées sur leur nature humaine et la preuve en est qu'ils sont devenus premier ministre, ministre des Finances et gouverneur de la Banque du Canada. Le monde idéalisé de David Dodge est semblable à celui du ministre des Finances Flaherty pour qui « notre système de revenus à la retraite fonctionne ». Le plus grand problème pour Flaherty et Dodge c'est d'empêcher le peuple sujet, surtout la classe ouvrière, de s'organiser pour résoudre les problèmes du monde matériel dans lequel il vit. L'élite dirigeante utilise toutes les ressources et tout le pouvoir de l'État pour empêcher la classe ouvrière de réaliser qu'aujourd'hui, ce sont les travailleurs qui sont au centre de la vie et ont la responsabilité de faire avancer l'histoire, de défaire le contrôle que les propriétaires du capital ont sur la pensée, la conception du monde, la société et l'histoire. Les travailleurs sont leurs propres libérateurs. Ceux qui représentent la négation de cela, les propriétaires du capital et leurs représentants, ne vont pas se nier eux-mêmes !

Harper, Flaherty et Dodge et d'autres de l'oligarchie financière imposent leur monde idéalisé objectif à la pensée de la classe ouvrière et des couches intermédiaires et ils font tout en leur pouvoir pour détourner le peuple de la tâche de développer sa propre conception prosociale, sa philosophie matérialiste et son programme pour une alternative centrée sur l'être humain.

Idéalisme subjectif

L'idéalisme de l'élite dirigeante existe aussi sous une autre forme qui n'idéalise pas le monde réel mais construit un monde fantaisiste auquel il propose de donner naissance. Ce monde idéalisé subjectivement n'est pas créé par les conditions matérielles du monde tel qu'il existe présentement, mais à partir de constructions mentales dictées par des préjugés et désirs subjectifs. Le monde idéal des idéalistes subjectifs n'émerge pas de l'analyse concrète des conditions concrètes, de la lutte de classe et de participation consciente à des actes de découverte ou de la lutte pour nier la négation. Le point de départ de cet idéalisme, ce sont des idées au sujet du monde existant à partir desquelles on empile d'autres idées plutôt que de commencer par les conditions matérielles telles qu'elles se présentent à nous, et de s'unir à d'autres pour changer le monde à partir de ses contradictions naturelles et sociales telles qu'elles existent réellement.

L'idéalisme subjectif part d'une idée ou d'un ensemble d'idées et cherche à amener d'autres personnes à être d'accord avec ces idées. Tandis que l'idéalisme objectif considère le monde comme statique et inchangeable où « l'histoire est arrivée à sa fin dans le meilleur des mondes possibles », l'idéalisme subjectif déclare qu'il peut y avoir du changement sans conflit, sans opposition au statu quo et à son contrôle sur l'économie socialisée, sans la négation de la négation et sans que les contradictions soient résolues. L'idéalisme subjectif considère le changement comme quelque chose de quantitatif, où les aspects internes contradictoires des phénomènes ne mènent pas à une nouvelle qualité. C'est cet idéalisme subjectif qu'Obama exprime avec son mouvement « oui, nous sommes capables » qui ne peut que s'effondrer dans le désabusement une fois qu'il est confronté aux conditions existantes, que ce soit son extension de la guerre déguisé en gestede paix ou son monstrueux sauvetage des riches et de leurs monopoles ou sa réforme de la santé pour payer les riches.

Des idéalistes subjectifs du même acabit au Canada reconnaissent les problèmes associés à la retraite et sont les plus grands combattants pour « l'augmentation des contributions au RPC/RRQ sous la forme d'épargnes individuelles ou collectives, un genre de fonds géant de contributions ouvert à tous ». Ils cherchent à créer l'illusion qu'on peut assurer une retraite en sécurité aux travailleurs les mieux payés, aux couches intermédiaires et aux propriétaires de petites entreprises en convertissant encore plus d'épargnes en capital-argent et en bloquant tout mouvement pour des pensions à prestations déterminées pour tous qui commencent à un standard minimum canadien. Une autre proposition revendique l'augmentation de la taxation individuelle sous la forme des primes payées par les employés et les employeurs au RPC/RRQ pour accroître les fonds d'épargne et d'investissements du RPC/RRQ, une masse de capital-argent à investir sur les marchés mondiaux, et le NPD de l'Ontario propose la création d'un fonds d'épargne ontarien pour le retraite. Ces propositions détournent l'attention des conditions matérielles de l'économie socialisée moderne qui peuvent et doivent subvenir aux besoins des aînés à partir de la valeur ajoutée qui est produite dans le moment présent.

La conception de fonds d'épargne plafonnés et statiques offrant des prestations basées sur des contributions déterminées faites avant la retraite et qui s'épuisent à mesure que les aînés approchent de la mort est tout à la fois morbide et une recette pour un désastre et un effondrement économique. Les retraités vivent souvent dans la peur que leurs épargnes vont s'épuiser avant qu'ils meurent. La classe ouvrière doit présenter son propre programme prosocial au sujet de la retraite sur la base de sa propre pensée, de sa propre conception du monde et de sa propre philosophie. Selon la perspective prosociale, les épargnes de la population sont un bien précieux qui doit être mis à l'abri de l'oligarchie financière et qui pourrait être investi dans les programmes sociaux, l'entreprise publique et la reproduction élargie de l'économie socialisée afin de l'aider à subvenir à ses besoins, à couvrir le plus de secteurs possible et à être stable. Ces épargnes pourraient être un atout et une grande aide pour garantir la disponibilité d'une quantité suffisante de produit social pour soutenir les aînés du Canada à un standard acceptable pour tous et sans crise. Des épargnes qui sont à l'abri des tentacules du capital monopoliste sont un atout pour l'édification nationale. à condition que la volonté politique y soit sous la forme d'une opposition ouvrière effective qui s'assure que cela se produit. Les épargnes ne peuvent cependant que jouer un rôle d'appoint dans la garantie par l'État d'une retraite avec des prestations déterminées pour tous à un standard minimum canadien.

Le matérialisme dialectique et historique

La philosophie de la classe ouvrière est entièrement matérialiste. Ce n'est pas un choix mais une reconnaissance de la nécessité pour le genre humain de résoudre les problèmes du monde matériel qui comprend à la fois ses conditions objectives et subjectives. Depuis plus de quatre mille ans, les humains ont lutté pour faire avancer la société et survivre à la fois aux caprices de la nature et aux attaques contre le genre humain perpétrés par certains de ses membres qui se sont érigés en une classe privilégiée et en négationnistes à l'écart et en contradiction avec l'humanité. Les travailleurs doivent considérer les conditions telles qu'elles existent et ne pas les remplacer par des constructions mentales imaginaires qui les détournent de la solution des problèmes tels qu'ils se présentent dans l'ici et le maintenant. C'est par la participation consciente des individus dans des actes de découvrir qu'on perçoit les conditions matérielles telles qu'elles sont en réalité. Cela exige que les travailleurs s'activent et défendent les droits de tous, nient consciemment leur négation et rejettent la conception du monde et la philosophie de l'élite dirigeante.

Le matérialisme existe dans un temps et un espace qui sont en perpétuel changement. Cela veut dire qu'il faut renouveler aujourd'hui la perception de ce qui était matériel hier si l'on veut évaluer concrètement et avec le plus de précision possible les conditions matérielles. Le monde matériel évolue dans un contexte historique ; les conditions ne doivent donc pas être considérées hors de leur contexte historique, comme un fétiche ou une icône. En plaçant les conditions dans leur contexte historique, on comprend mieux que les conditions sont en un état perpétuel de changement, de développement et de mouvement. Les conditions matérielles changent par la lutte de leurs aspects contradictoires qui se mène de façon dialectique. La dialectique rejette la notion des idéalistes objectifs selon laquelle le monde est statique et inchangeable. La dialectique rejette la notion des idéalistes subjectifs selon laquelle le changement se produit sans la négation de la négation et sans la résolution des aspects contradictoires à l'oeuvre dans les conditions matérielles. La dialectique exige la participation de l'individu dans des actes de découverte des aspects qui s'opposent dans les phénomènes matériels et dans des actes de résolution de la contradiction. Les aspects en lutte dans les conditions matérielles sont la source du changement, du développement et du mouvement. Pour découvrir quel est l'aspect principal et ascendant d'une contradiction, ses lois de développement et la voie vers le nouveau, il faut participer consciemment dans des actes de découvrir. Concilier avec l'aspect déclinant de la contradiction, c'est abandonner la participation consciente à des actes de découverte et s'unir au statu quo contre la résolution de la contradiction. Les conditions matérielles au sein de la société ne changeront pas en faveur du nouveau si les individus concilient avec l'aspect déclinant qui aujourd'hui est l'oligarchie financière. Les conditions matérielles de la société changeront sur la voie du nouveau si les individus participent consciemment dans des actes de découverte des lois du développement de l'aspect ascendant qui est la classe ouvrière et dans sa lutte contre l'aspect déclinant, les propriétaires du capital. Résoudre la contradiction pour donner naissance au nouveau signifie développer et diriger la lutte de l'aspect ascendant, la classe ouvrière, contre l'aspect déclinant représenté par les propriétaires du capital. Chaque phénomène social au sein de la société, y compris les pensions, reflète sa contradiction fondamentale et ses aspects principaux en conflit. La lutte pour garantir une retraite en sécurité pour tous reflète la contradiction fondamentale dans la société entre les deux aspects opposés, la classe ouvrière et les propriétaires du capital. Les aspects opposés de cette question sont en lutte entre eux et il faut mener la lutte consciemment et sans concilier avec l'aspect déclinant. En faisant cela et en menant la lutte de façon scientifique, la classe ouvrière connaîtra des victoires sur ce front comme sur d'autres et se renforcera en tant qu'aspect ascendant ; elle remportera éventuellement la victoire totale en changeant les conditions dans la société et l'économie socialisée et donnant naissance à une qualité nouvelle où la force sociale ascendante, la classe ouvrière, nie sa négation et entreprend son propre projet d'édification nationale, investit le peuple de son pouvoir souverain et devient maître de l'économie socialisée.

C'est en rejetant la conception du monde et la philosophie de l'oligarchie financière et en combattant pour la conception du monde et la philosophie de la classe ouvrière, le matérialisme historique et dialectique, que la pensée des travailleurs et de leurs alliés demeurera fraîche, contemporaine et vitale, et qu'elle sera en mesure de résoudre les grandes contradictions de notre époque et d'ouvrir la voie au progrès.

(Pour les première et deuxième parties, voir LML numéro 4 du 7 janvier 2010)

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À titre d'information

Résumé des propositions pour la plupart centrées
sur le capital concernant la réforme du régime
de pension national dans les médias corporatistes

Les ministres des Finances espèrent en arriver à une liste d'options visant à ce que les Canadiens épargnent davantage pour leur retraite.

La problématique — des retraites confortables pour un grand nombre de Canadiens sont à risque. Alors que le Régime de pensions du Canada (RPC), le Supplément de revenu garanti et la Sécurité de la vieillesse offrent aux retraités environ 11 000 $ par année, ce n'est pas suffisant pour survivre. Les régimes de retraite des compagnies deviennent moins généreux et les garanties moins fréquentes. Les épargnes personnelles d'un grand nombre de personnes sont au minimum. La crise financière et une société vieillissante font en sorte que les aînés trouvent de plus en plus difficile de joindre les deux bouts.

Ottawa insiste sur la nécessité que le secteur des services financiers trouvent des solutions avant que les gouvernements ne s'en mêlent.

Les options envisagées :

- Une solution basée sur le secteur privé. Des changements possibles aux règlements fédéraux et provinciaux pour que les banques et les compagnies d'assurance puissent offrir aux compagnies des moyens pour qu'elles puissent mettre en commun leurs régimes de pension à des coûts moindres ; régler les impôts gouvernementaux afin d'encourager les gens à épargner. Mais les frais de gestion (pour les régimes d'épargne) rattachés aux propositions mises de l'avant jusqu'ici sont toujours assez élevés.

- Compléter le Régime de pensions du Canada ou créer une nouvelle agence fédérale. Le plan (d'épargne) pourrait être sur une base volontaire, mais la participation serait obligatoire pour toute personne sans régime de retraite collectif, avec option de ne pas participer. Le supplément pourrait consister en des comptes individuels, tel un gigantesque régime défini de cotisation, ouvert à tous. Les frais de gestion seraient plus élevés que le RPC actuel, mais pas autant que pour des solutions du secteur privé.

- Améliorer le RPC. Les cotisations augmenteraient, mais il en serait de même pour les prestations. L'adhésion serait obligatoire, ce qui maintiendrait la gestion des coûts au minimum. La structure actuelle serait maintenue, et par conséquent les frais de lancement seraient bas.

Citation — « Pour que le tout ne coûte pas cher, il suffit de ne pas laisser le choix...Mais il est très difficile d'avoir un régime avec des règlements qui font l'affaire de tout le monde. » Malcolm Hamilton, conseiller en régime de retraite, services consultatifs en ressources humaines limité Mercer.

L'Alberta et la Colombie-Britannique (et le NPD de l'Ontario) veulent mettre sur pied un nouvel organisme d'épargne-retraite en tant que complément au Régime de pensions du Canada, ce que l'Ontario n'a pas rejeté comme idée.

Un rapport qu'on a sous la main est celui du professeur Jack Mintz, de l'Université de Calgary, lequel rapport conclut que le système actuel fonctionne pour la plupart des Canadiens.

Un deuxième rapport est plus sombre, un reflet du fait que le trois-quart des travailleurs canadiens dans le secteur privé n'ont pas de fonds de retraite auquel cotise l'entreprise. L'étude, faite à la demande de l'Ontario, trouve que les faiblesses inhérentes au système de pension du Canada trouveront une « minorité importante » de Canadiens issus des classes moyennes et supérieures beaucoup plus pauvres au moment de la retraite qu'ils le sont présentement.

Le ministre des Finances au fédéral, Jim Flaherty, a un penchant pour le rapport Mintz, déclarant qu'il préconise une réforme « prudente ». « Les études démontrent qu'à l'heure actuelle notre système de revenu à la retraite fonctionne » a affirmé M. Flaherty lors d'une entrevue le 17 décembre 2009.

« La majorité des Canadiens réussissent à épargner de façon suffisante par le biais des régimes publics et privés. »

David Dodge, un ancien gouverneur de la Banque du Canada, a dénoncé toute amélioration du RRC comme étant une « approche d'État-nourricier ». Il s'est dit favorable à une structure flexible ainsi qu'au libre choix des contributeurs.

Il existe des revendications pour d'importantes réformes des pensions, surtout à la lumière du vieillissement accru de la population, des décisions des tribunaux coupant les redevances aux travailleurs lorsque les compagnies font faillite, et les régimes de pension sous-financés du secteur public.

Bien que les Canadiens contribuent au RPC, seulement 38 % des travailleurs ont un régime de retraite avec leur employeur, lequel pourcentage était de 46 en 1977.

Le rapport de l'Ontario soutient que les épargnes personnelles des Canadiens sont insuffisantes, ce qu'il a qualifié « de très grande problématique qui mérite une étude approfondie. »

La Colombie-Britannique et l'Alberta ont dit qu'ils iront de l'avant avec une réforme (ex. du régime d'épargne), si rien n'est proposé au niveau national.

Les options privilégiées sont des versions d'un nouveau régime d'épargne qui serait public ou privé, obligatoire ou facultatif.

Le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier demande un fonds national afin de gérer les avoirs de retraite des compagnies qui se place sous la protection de la faillite. En conjonction avec les travailleurs retraités de Nortel Networks Corp., le syndicat a pris en main une situation qui ébranle les Canadiens par les temps qui courent, alors qu'ils voient fondre leur fonds de pension lorsque des compagnies en faillite s'en remettent aux tribunaux.

« Des dizaine de milliers de retraités font face à de graves coupures dans leurs prestations de retraite » a dit le président du syndicat, Dave Coles, dans une lettre adressée aux ministres des Finances du pays.

Les ministres au fédéral et au provincial se sont réunis pendant une journée et demi à Whitehorse les 17 et 18 décembre 2009 et ont exprimé leur préoccupation à ce que les Canadiens épargnent suffisamment pour leur retraite — surtout à mesure que la population vieillit et que les ressources gouvernementales se font rares.

L'Alberta et la Colombie-Britannique ont menacé de faire chambre à part et d'établir leur propre régime d'épargne en tant que complément au Régime de pensions du Canada à moins qu'Ottawa ne démontre la volonté d'établir un système national acceptable. Par contre, les deux provinces semblaient satisfaites de l'engagement d'Ottawa le 18 décembre 2009 d'examiner un ensemble de possibilités.

Le Régime de pensions du Canada est un success story important dans l'histoire des politiques publiques du Canada, donc tout changement doit être réfléchi, dit le ministre des Finances de la Nouvelle Écosse.

Plus de 60 pourcent des Canadiens au travail disent ne pas avoir de régime de fonds enregistrés de retraite et plusieurs n'ont pas d'épargnes en vue de leur retraite.

Les délégués de Whitehorse ont mis de l'avant grosso modo quatre options :

- Former un complément national, volontaire au Régime de pensions du Canada, une option qui reçoit l'appui de l'Alberta, de la Colombie-Britannique, des libéraux fédéraux et de certains experts clé dans le domaine.

- Une réforme réglementaire pour donner aux entreprises de services financiers une plus grande marge de manoeuvre pour mettre sur pied des régimes collectifs d'épargne, une approche qui est souvent dans la bouche du gouvernement fédéral sans qu'il ne l'endosse.

- Renforcer le Régime de pensions du Canada en augmentant les primes mais aussi en augmentant les bénéfices, une approche que privilégient les organismes d'aînés et les syndicats, ainsi que le NPD au niveau fédéral.

- Le statu quo, mais en y mettant les bouchées doubles pour éduquer le public au sujet des possibilités d'épargne qui s'offrent à eux.

Les ministres doivent, en principe, se réunir à nouveau en mai.

Les experts, les organisations syndicales et certaines provinces ont sonné l'alerte, mettant en garde contre la déconfiture du système de pensions canadien. Ils prétendent que la récente crise financière a exposé des faiblesses dans le système, et que le vieillissement de la population ne fera que le rendre plus vulnérable.

Le rapport Mintz confirme que les Canadiens épargnent moins depuis 1980. Il dit que les personnes ayant une garantie de régime enregistré de retraite sont plus aptes à prendre leur retraite entre 67 et 72 ans que les personnes sans garantie, laissant conclure que la garantie en déclin du Régime enregistré de pension pourrait voir une proportion grandissante de Canadiens remettre à plus tard le moment de leur retraite.

Les frais de conseils en épargne peuvent être très lourds pour les Canadiens. Ceux-là qui contribuent à des fonds communs de placement paient des frais moyens de 200 points de base, y inclus les frais d'administration, les frais dûs aux conseils personnels constants, les frais de gestion active et les frais de produits passifs. Les frais de consultation en épargne constituent la plus grande part — 88 points de base pour les fonds de placement en actions ordinaires et 42 points de base pour les fonds à revenu fixe. (Note : un point de base est 1/100 de 1 pourcent plaçant les frais d'administration courants moyens pour les fonds communs de placement à environ 2 % par an.)

Contrairement aux frais encourus par les investisseurs en fonds commun de placement, les frais d'administration du régime de pension sont moins élevés, de 30 à 45 points de base pour des régimes privés et de 25 à 35 points de base pour les régimes du secteur public. Les frais du Régime de pensions du Canada sont de 20 points de base.

Plusieurs groupes industriels de services financiers suggèrent que le meilleur moyen d'augmenter les épargnes pour la retraite est de rehausser le système actuel. Un récent rapport remis par l'Association des banquiers canadiens recommande d'augmenter l'âge requis pour retirer un REER et rendre les retraits au REER imposables à des taux encore plus favorables.

Cependant, plusieurs Canadiens demeurent convaincus qu'une garantie plus importante du fonds de pension est la meilleure solution. Lors d'un sondage tenu la semaine dernière auprès de 1 700 membres du CARP, un groupe de revendication pour les Canadiens plus âgés, 80 % des répondants ont endossé la création d'un régime de pension complémentaire. Plus de la moitié des répondants ont dit qu'ils ne sont pas d'accord avec ce que prétend l'industrie des services financiers à l'effet que le système actuel n'a qu'à être amélioré.

« L'idée d'un régime de pension [épargne] universel a suffisamment d'emprise qu'elle mettra l'industrie de l'épargne au défi de mieux servir les Canadiens au risque de perdre leurs clients », dit Susan Eng, vice-présidente de la promotion des droits du CARP.

Mintz a dit : « Ces questions sont complexes et, connaissant les effets à long terme des décisions concernant l'épargne, il est important de s'assurer que toute décision politique n'aura pas de conséquences non-voulues qui pourraient affecter la capacité des Canadiens d'épargner pour leur retraite ou pour d'autres besoins. »

Les ministres des Finances du Canada se sont mis d'accord pour consulter la population sur comment augmenter les épargnes à la retraite avant que les baby boomers vieillissant ne mettent en péril la santé publique et les services de soins à longue durée.

La liste des mesures possibles inclut la même dépendance sur les régimes d'épargne volontaires mais aussi impose de plus grandes contributions aux régimes de pension du Canada et du Québec afin de pouvoir éventuellement payer pour de plus importantes prestations.

« Il existe une certaine impatience », dit le ministre des Finances de l'Ontario, Dwight Duncan, se référant à des déclarations faites antérieurement par les ministres des Finances de la Colombie-Britannique et de l'Alberta à l'effet qu'ils étaient prêts à mettre sur pied des régimes d'épargne à l'échelle de la province afin d'augmenter le fonds de pension.

Mais, Duncan a déclaré suite à la rencontre des ministres : « Je sens une véritable volonté de travailler ensemble » et que tout accord devrait être « une solution pan-canadienne. »

L'étude ontarienne a soulevé des questions sur pourquoi un grand nombre de Canadiens à revenu moyen et à revenu élevé abordent leur retraite sans épargne ou immobilisation suffisante permettant d'éviter que leur niveau de vie ne se détériore.

Entretemps, dit Duncan, des niveaux élevés d'endettement menacent de ralentir le niveau d'épargne nécessaire au maintien d'un niveau de vie adéquat plus tard dans la vie et qui permettrait aux baby boomers de contribuer, au moyen de leurs taxes, au coût des soins de santé et des soins à longue durée à mesure qu'ils vieillissent.

Flaherty a invité les ministres des provinces et des territoires à adopter le premier principe en médecine dans leurs considérations de changements au système de fonds de pension des Canadiens : « Ne faites aucun mal. »

Dans les grandes lignes mises de l'avant par l'Ontario concernant les options possibles, celui-ci reconnaît que « tout changement à un pilier du système de fonds de retraite affectera de façon directe ou indirecte d'autres piliers (du système de fonds de pension privé ou public). »

Par exemple, une amélioration du Régime de pensions du Canada pourrait mener à des changements aux régimes de pension des compagnies privées, dont les prestations sont de façon générale ajustées afin de suppléer aux prestations du RPC.

De plus en plus de personnes sont laissées sans protection par des régimes de pension corporatifs, disent certains experts ainsi que certaines provinces. Les personnes qui sont protégées ont des régimes de moins en moins généreux. Et celles qui n'ont pas de régime souvent ne réussissent pas à épargner par leurs propres moyens.

Un expert en pensions, Bob Baldwin, dit que le maintien du statu quo affecterait de façon sérieuse le niveau de vie d'un grand nombre de personnes : les immigrants et les personnes seules qui dépendent du Supplément de revenu garanti du gouvernement fédéral, et les aînés avec personnes à charge.

L'Association canadienne des compagnies d'assurances de personnes dit qu'il est heureux que les ministres s'intéressent aux propositions visant à amener davantage de travailleurs vers des régimes de pension [épargne] offerts par les assureurs.

La population vieillissante au Canada a déjà un impact sur le budget d'Ottawa alors que de nouveaux chiffres révèlent que le coût des prestations destinées aux aînés dépasse le milliard cette année.

Les chiffres furent connus une semaine avant que le gouvernement minoritaire conservateur n'annonce son budget pour 2010 alors qu'un débat fait rage à savoir si la situation financière du gouvernement pourra tenir le coup face aux défis démographiques à venir.

Le fonctionnaire du budget parlementaire, Kevin Page, a soumis un rapport à la fin de février signalant qu'Ottawa devra prévoir une meilleure gestion des hausses qui s'annoncent à l'horizon pour les soins de santé et pour les coûts de prestations aux aînés dûs au vieillissement de la population.

Le ministère même de Flaherty a émis un rapport le 5 mars démontrant que la réalité démographique pèse déjà lourd sur les frais. Selon le mensuel du ministère, le Fiscal Monitor, les contributions à la Sécurité de la vieillesse ont augmenté de 1.1 milliard $, ou de 4.4 %, au cours des neuf premiers mois de l'année, « conforme à l'augmentation de la population vieillissante et aux changements aux prix à la consommation, auxquels les prestations sont pleinement indexées. »

Selon les projections de Statistique Canada, le nombre de Canadiens de 65 ans et plus grandira par plus de 3 % par an dans les prochaines 15 années. Par contre, la croissance dans ce groupe d'âge n'a jamais excédé 3 % au cours des quinze dernières années.

Le 5 mars, Page a dit que les chiffres indiquent que les données démographiques ont déjà un impact sur les finances du gouvernement. « Une population grandissante de personnes ayant droit aux prestations est un facteur important derrière les coûts croissants actuels de prestations aux aînés, mais les vraies pressions budgétaires restent à venir », dit-il.

(La Presse canadienne, Globe and Mail, CBC)

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