Troisième partie : La
philosophie
Du point de vue philosophique, les arguments de l'ancien
gouverneur de la Banque du Canada David Dodge, du premier ministre
Stephen Harper, du ministre des Finances Flaherty et d'autres
représentants politiques et académiques du capital
monopoliste appartiennent à diverses formes d'idéalisme,
en particulier l'idéalisme objectif et
l'idéalisme subjectif.
Philosophiquement, les arguments de la classe
ouvrière en faveur d'une réforme véritable du
régime des pensions afin de garantir une retraite à un
standard canadien appartiennent au matérialisme dont la forme la
plus avancée est le matérialisme historique et
dialectique.
L'idéalisme objectif
Le ministre des Finances, Jim Flaherty, et l'ancien
gouverneur de la Banque du Canada, David Dodge, voient le monde de
façon idéaliste. Ils ne sont pas capables de voir et ne
veulent pas voir une société qui est divisée en
classes opposées dans laquelle la classe dominante
possède et contrôle les moyens de
production alors que la classe sujet, la classe des producteurs, ne
possède ni ne contrôle ses moyens de production. Selon
Flaherty et Dodge, le monde de la lutte de classe, de l'exploitation et
de l'inégalité n'existe pas. Selon eux, seule existe une
nation sans division où domine la lutte romanesque pour la
survie du plus fort et où c'est à chaque
individu de trouver les moyens de survivre ou périr. Les membres
de la classe sujet doivent travailler pour la classe dominante s'ils
veulent survivre et selon l'idéalisme de Flaherty et de Dodge,
il
doit en être ainsi parce que les travailleurs sont capables
à force d'ingénuité, d'éducation et de dur
labeur de gravir les échelons de l'échelle sociale.
L'ordre des choses permet aux travailleurs de faire une
réclamation au produit qu'ils créent en transformant les
matières premières avec les moyens de production qui sont
possédés et contrôlés par la classe
dominante. C'est ainsi que Flaherty et Dodge nient le monde réel
de la lutte de classe et l'insécurité qui est la
condition de la classe ouvrière.
Ils disent que tous les Canadiens disposent des moyens matériels
qui leur permettent de subvenir à leurs besoins et ils
écartent du revers de la main la demande
répétée des travailleurs pour la
sécurité des pensions comme relevant d'une conception
d'un « État paternaliste » ou quelque
chose d'irréaliste.
Harper, Flaherty et Dodge ont réussi à se
convaincre de la justesse de leurs positions parce que leurs cerveaux
ont inventé un monde qui convient à leurs
intérêts de classe en tant que membres de l'oligarchie
financière et d'un monde idéalisé pour les
évangélistes. Ce monde idéal apparaît comme
très réel dans les cerveaux de Harper, Flaherty et
Dodge parce qu'il justifie le statu quo qui leur assure une
sécurité confortable et des privilèges à
même le produit social que produit la classe ouvrière. Ce
monde inventé par la voie idéaliste leur apparaît
comme étant une réalité objective que vient
confirmer objectivement leur vie de pouvoir très réel, de
richesses et de privilèges.
À l'intérieur de ce monde idéaliste
objectif, ils voient des individus qui sont là par hasard et qui
subviennent eux-mêmes à leurs besoins, bien que la vaste
majorité des individus n'aient aucun contrôle sur les
moyens de production et l'économie socialisée. Harper,
Flaherty et Dodge considèrent le hasard comme une vertu parce
qu'ils veulent
avoir affaire à des individus qui se font concurrence sur le
marché du travail en tant que marchandises semblables aux autres
marchandises en concurrence pour être vendues sur le
marché. S'ils voient de simples individus qui sont là par
hasard engagés dans des activités économiques
spontanées et se subvenant à eux-mêmes, c'est parce
que c'est
bien ce qu'ils veulent voir. Ils ne voient pas qu'il y a une
économie dans laquelle des milliers et des millions de gens
travaillent en harmonie, vivent et produisent ensemble et
dépendent les uns des autres. Ils ne veulent pas voir la
réalité de l'interdépendance de l'économie
socialisée parce que les rapports de production (les rapports de
propriété)
créent nécessairement la concurrence, le hasard et des
individus laissés à eux-mêmes, ce qui est en
contradiction avec l'harmonie des forces de production
socialisées. Ils ne voient que le monde idéal de surface
qui les sert et ne veulent pas voir que la concurrence, le hasard et la
nécessité pour chacun de subvenir à ses besoins
sont imposés à une
économie socialisée, ce qui provoque des crises, la
rupture de l'harmonie, l'insécurité, la pauvreté
et la guerre.
L'appui de Harper, Flaherty, Dodge et d'autres
idéologues centrés sur le capital à la concurrence
sur le marché du travail et sur les autres marchés et
leur appui au hasard et à la pression que chacun doit subvenir
à ses besoins, qui sont la condition des rapports de production
capitalistes, est sélectif et intéressé. Ils ne
voient pas ce qu'ils ne
veulent pas voir, les rapports de production complètement
désuets qui empêchent l'économie socialisée
de fonctionner, parce que le voir remettrait en question le statu quo,
leurs richesses et leurs privilèges. Le travail de Dodge
lorsqu'il était gouverneur de cette institution importante
qu'est la Banque du Canada était de gérer la masse
monétaire, les
taux d'intérêts et la disponibilité du capital pour
les entreprises financières privées d'une manière
qui serve les monopoles les plus puissants. Pendant la crise
récente, le gouvernement a mis des dizaines de milliards de
dollars en capital à la disposition des entreprises
financières privées et il a donné des milliards en
argent de sauvetage à d'autres
monopoles pour leur permettre de survivre à la crise. Qu'est-ce
qui est arrivé au hasard et au concept que chacun doit subvenir
à ses propres besoins ? Apparemment, ces concepts
fantaisistes s'appliquent seulement à la classe ouvrière.
Les idéologues capitalistes
répètent constamment qu'il faut rendre les monopoles
compétitifs sur les marchés mondiaux, que les
travailleurs doivent faire des sacrifices au profit de leurs propres
monopoles et que l'État doit payer les riches, signer des
ententes commerciales ou bloquer les échanges avec certains pays
si cela favorise les
monopoles les plus puissants. Les travailleurs demandent avec raison ce
qu'il est advenu de l'idée que chacun doit subvenir à ses
besoins. L'insécurité et le hasard sont
réservés au peuple alors que les monopoles eux sont trop
gros pour qu'on les laisse s'effondrer. Il semble que, dans le domaine
philosophique de l'idéalisme objectif, subvenir à ses
propres besoins s'applique exclusivement à la classe
ouvrière et non aux riches et à leurs monopoles. De plus
en plus de travailleurs s'objectent : Pas d'argent public pour
l'entreprise privée quelle que soit la raison !
Arrêtez de payer les riches ! L'argent public doit aller aux
programmes sociaux et à l'entreprise publique dont le
mandat est de servir le bien public et l'édification nationale
dans laquelle la réclamation des propriétaires du capital
à la valeur ajoutée est fortement restreinte.
En ce qui concerne la retraite, Dodge part du point de
vue que les gens, vus comme des individus sans liens avec quoi que
ce soit, doivent planifier leur retraite à l'intérieur
d'une « structure flexible » en choisissant parmi
un éventail de régimes d'épargne. Cette vision est
conforme à son monde idéalisé de hasard et
d'individus
en concurrence les uns avec les autres qui nie le monde de
solidarité sociale où règne le un pour tous et
tous pour un et où tous ont des droits en vertu de leur
humanité, y compris le droit à une retraite en
sécurité à un standard canadien. Les
régimes d'épargne sont une source de capital-argent pour
les monopoles et ils ne peuvent absolument pas
assurer une retraite en sécurité. Les régimes
d'épargne ne sont pas des fonds de pension qui garantissent des
prestations déterminées jusqu'au décès.
La fantaisie idéaliste objective de Harper,
Flaherty et Dodge d'un marché sans société est
antihumaine. Les humains dans ce marché sont des animaux
anticonscients traqués qui n'ont pas la possibilité de
planifier et d'agir collectivement pour se défendre et
défendre leur société, résoudre les
problèmes et assurer la marche en avant de l'histoire.
Comment les êtres humains pourraient-ils accepter ce monde qui
est sans société et sans défense contre les
caprices de la nature et les attaques de leurs exploiteurs et de leurs
oppresseurs ? Ce n'est pas dans la nature de l'être humain
de permettre à la nature ou à d'autres êtres
humains de le dominer. L'espèce humaine sans cela n'aurait
jamais pu survivre ni développer la société au
niveau où elle en est. La philosophie matérialiste
considère la domination et l'oppression comme la négation
de la personnalité humaine et de l'esprit humain, la disposition
à toujours résoudre les problèmes et à
aller de l'avant. Si l'on veut aller de l'avant, il faut nier la
négation par les propriétaires du
capital de la classe ouvrière et de la société. La
négation de la négation est un concept fondamental du
matérialisme historique et dialectique et une vision très
rationnelle, scientifique et humaine. L'idéalisme objectif
rejette cette façon de penser rationnelle. Il rejette comme une
utopie fantaisiste que la société existe en tant
qu'institution avec des
responsabilités sociales. Le néolibéralisme de
Margaret Thatcher, Reagan, Mulroney, Chrétien et Harper a
poussé la négation de la société à
l'extrême. La négation de la société ne
laisse dans son sillage qu'un marché d'êtres humains et
d'autres marchandises en concurrence pour leur existence. La classe
ouvrière doit organiser et diriger la négation
de la négation des êtres humains modernes et de la
société. La voie vers la négation de la
négation ne nous est pas donnée toute prête. C'est
par la lutte de classe, par des actes individuels et collectifs de
participation consciente dans des actes de découverte que l'on
en vient à comprendre la voie à suivre. Lorsqu'on fait
face à la négation, un aspect
crucial de l'acte de penser est la conception de ce qui manque par
l'abstraction. L'abstraction de l'absence est un des traits
fondamentaux de l'être humain. Qu'est-ce qui manque ?
Qu'est-ce qui doit être développé afin que l'on
puisse nier la négation ? Les droits modernes comprennent
la sécurité du moyen de subsistance et de la
retraite, la nourriture, la santé, l'éducation, la
culture, le droit de conscience, le droit de participer directement
à la gouvernance de la société et le droit de
vivre sans guerre. Ces aspects de notre existence moderne
socialisée sont en lutte constante contre leurs aspects
opposés qui nient nos droits – l'insécurité, la
faim, la maladie, l'ignorance,
l'oppression politique et la guerre impérialiste. Il n'est pas
possible de donner naissance à ces droits et de les faire
fleurir sans nier ce qui nie leur existence.
L'économie socialisée crée
les conditions pour que l'on puisse satisfaire les besoins
matériels et culturels du peuple. Qu'est-ce donc qui
empêche les forces de production de jouer leur rôle moderne
qui est de fournir la base matérielle d'une existence en
sécurité et cultivée de la naissance à la
mort ? Ce sont les rapports de production
dominés par les propriétaires du capital qui nient les
forces de production socialisées et les empêchent de jouer
leur rôle au service de l'humanité. Des idéalistes
comme Dodge, Harper et Flaherty nient l'existence de cette
contradiction fondamentale et disent que le statu quo doit
prévaloir. Ils nient que l'économie socialisée est
en contradiction avec
les demandes étroites égocentriques des monopoles
particuliers. Ils chantent les louanges de la concurrence
intermonopoliste comme quelque chose de nécessaire et cela
comprend les guerres pour les ressources naturelles, pour les
marchés, les sources de main-d'oeuvre esclave et les
sphères d'influence, et ils prêchent que les crises et la
destruction
ne sont que des phénomènes passagers du
« cycle d'affaires ». Selon eux, la gestion des
risques et le chaos des marchés sont le moteur de
l'économie qui connaît parfois des ratés et des
problèmes passagers. Ils affirment que le chômage, la
destruction de la base manufacturière, le fossé
grandissant entre les riches et les pauvres et les
autres problèmes sociaux ne sont que des dommages
collatéraux qui vont tous être réglés par la
magie des retombées économiques. Si seulement les
travailleurs acceptaient de bon gré de faire des concessions en
abandonnant par exemple leurs fonds de pension à prestations
déterminées, l'économie socialisée pourrait
se rétablir, ce qui éliminerait la
nécessité de nier les rapports de production
contrôlés par les riches. La négation de la classe
ouvrière est au coeur du système capitaliste. La
concurrence sur le marché du travail sépare les
travailleurs les uns des autres et les empêche de s'organiser en
collectif qui a sa cohésion à moins qu'une lutte
constante ne soit menée pour l'unité et la
solidarité sociale. S'il ne s'oppose pas consciemment à
ces maux en développant son unité, sa
détermination et une lutte soutenue à la défense
des droits de tous, le peuple ne peut qu'être affaibli et
démoralisé par la pauvreté et les problèmes
sociaux qui s'accumulent. Dans le monde idéalisé objectif
de Dodge, Harper et Flaherty, les programmes
sociaux relèvent d'un « État
paternaliste », cette abomination qui entrave la
flexibilité et la liberté d'épargner ou de
dépenser ou de profiter de la misère. Tout est simple
pour les idéalistes objectifs puisqu'ils ne reconnaissent aucune
loi économique sauf les lois du marché comme l'offre et
la demande et la concurrence. Les seuls petits
problèmes qui restent à régler selon l'ordre des
choses idéalisé objectif des représentants du
capital monopoliste sont des choses comme le cycle d'affaires
d'expansion et de contraction qu'on peut supposément
contrôler en contrôlant la masse monétaire et les
taux d'intérêts, en détournant des fonds publics
vers les monopoles par le biais de
stratagèmes pour payer les riches, en privatisant les services
publics, en coupant dans les programmes sociaux et en demandant des
concessions à la classe ouvrière.
Le monde idéalisé de Harper et de
Flaherty, qui est fait de sécurité et de luxe pour
eux-mêmes, leurs familles et la classe capitaliste monopoliste,
est menacé par la réalité matérielle
moderne d'une population qui a des droits en vertu de son
humanité. Harper et les autres de sa classe sociale se sentent
menacés par une classe ouvrière qui
demande à contrôler l'économie socialisée
dans laquelle c'est le facteur humain qui produit tout le produit
social en transformant les richesses de la Terre Mère. Cette
peur de la classe ouvrière se traduit en actes de
répression organisés par l'État contre ceux qui
luttent à la défense des droits de tous et pour le droit
d'être, au pays et à
l'étranger.
Le monde idéalisé du capital monopoliste
est statique et inchangeable ; c'est le monde de la fin de
l'histoire, de la fin du changement économique et social, du
développement, du mouvement et du progrès. Les
propriétaires du capital refusent de reconnaître qu'ils
sont apparus sur la scène de l'histoire pour débuter le
processus de
transformation de la production, de la petite production en production
industrielle de masse, et qu'ils doivent maintenant quitter la
scène pour que ce processus soit complété et que
l'harmonie puisse s'établir. Cette transformation a
commencé par la négation des véritables
producteurs, paysans et artisans pour la plupart, et elle ne sera
complétée que
lorsque la classe ouvrière moderne, la classe des
véritables producteurs de l'économie socialisée,
niera sa négation.
Les idéalistes professent que le capital est
au-dessus du monde matériel dynamique des
phénomènes en processus perpétuel de naissance et
de dépérissement. Dans ce monde idéalisé de
marchés sans société, le caractère humain
est considéré immuable et comme étant la
personnification d'une
nature humaine éternelle qui ne reflète pas les
changements
dramatiques qui sont à l'oeuvre dans les forces et les rapports
de production. La nature humaine dans ce monde idéalisé
est figée dans le temps et l'espace. Les paysans du
quatorzième siècle et les capitalistes du
vingt-et-unième relèvent d'une même nature humaine
en dépit des grandes différences de temps et d'espace et
du niveau de
développement des forces productives et des rapports
économiques entre les classes sociales. Telle est la
réalité, disent les idéalistes, parce que la
nature humaine est essentiellement divisée entre le bien et le
mal déifiés, entre le criminel et celui qui obéit
à la loi, entre le paresseux et le dur travailleur, et faite
d'autres divisions simplistes qui défient
le temps et l'espace. Harper, Flaherty et Dodge sont bons, travaillants
et respectueux de la loi par définition parce qu'ils
appartiennent à l'élite dirigeante. Ils ont ces
qualités tatouées sur leur nature humaine et la preuve en
est qu'ils sont devenus premier ministre, ministre des Finances et
gouverneur de la Banque du Canada. Le monde idéalisé de
David Dodge est semblable à celui du ministre des Finances
Flaherty pour qui « notre système de revenus à
la retraite fonctionne ». Le plus grand problème pour
Flaherty et Dodge c'est d'empêcher le peuple sujet, surtout la
classe ouvrière, de s'organiser pour résoudre les
problèmes du monde matériel dans lequel il vit.
L'élite
dirigeante utilise toutes les ressources et tout le pouvoir de
l'État pour empêcher la classe ouvrière de
réaliser qu'aujourd'hui, ce sont les travailleurs qui sont au
centre de la vie et ont la responsabilité de faire avancer
l'histoire, de défaire le contrôle que les
propriétaires du capital ont sur la pensée, la conception
du monde, la société et l'histoire. Les
travailleurs sont leurs propres libérateurs. Ceux qui
représentent la négation de cela, les
propriétaires du capital et leurs représentants, ne vont
pas se nier eux-mêmes !
Harper, Flaherty et Dodge et d'autres de l'oligarchie
financière imposent leur monde idéalisé objectif
à la pensée de la classe ouvrière et des couches
intermédiaires et ils font tout en leur pouvoir pour
détourner le peuple de la tâche de développer sa
propre conception prosociale, sa philosophie matérialiste et son
programme pour une alternative
centrée sur l'être humain.
Idéalisme subjectif
L'idéalisme de l'élite dirigeante existe
aussi sous une autre forme qui n'idéalise pas le monde
réel mais construit un monde fantaisiste auquel il propose de
donner naissance. Ce monde idéalisé subjectivement n'est
pas créé par les conditions matérielles du monde
tel qu'il existe présentement, mais à partir de
constructions mentales dictées par des préjugés et
désirs subjectifs. Le monde idéal des idéalistes
subjectifs n'émerge pas de l'analyse concrète des
conditions concrètes, de la lutte de classe et de participation
consciente à des actes de découverte ou de la lutte pour
nier la négation. Le point de départ de cet
idéalisme, ce sont des idées au sujet du
monde existant à partir desquelles on empile d'autres
idées plutôt que de commencer par les conditions
matérielles telles qu'elles se présentent à nous,
et de s'unir à d'autres pour changer le monde à partir de
ses contradictions naturelles et sociales telles qu'elles existent
réellement.
L'idéalisme subjectif part d'une idée ou
d'un ensemble d'idées et cherche à amener d'autres
personnes à être d'accord avec ces idées. Tandis
que l'idéalisme objectif considère le monde comme
statique et inchangeable où « l'histoire est
arrivée à sa fin dans le meilleur des mondes
possibles », l'idéalisme subjectif déclare
qu'il peut
y avoir du changement sans conflit, sans opposition au statu quo et
à son contrôle sur l'économie socialisée,
sans la négation de la négation et sans que les
contradictions soient résolues. L'idéalisme subjectif
considère le changement comme quelque chose de quantitatif,
où les aspects internes contradictoires des
phénomènes ne mènent pas à une
nouvelle qualité. C'est cet idéalisme subjectif qu'Obama
exprime avec son mouvement « oui, nous sommes
capables » qui ne peut que s'effondrer dans le
désabusement une fois qu'il est confronté aux conditions
existantes, que ce soit son extension de la guerre
déguisé en gestede paix ou son monstrueux sauvetage des
riches et de leurs
monopoles ou sa réforme de la santé pour payer les riches.
Des idéalistes subjectifs du même acabit au
Canada reconnaissent les problèmes associés à la
retraite et sont les plus grands combattants pour
« l'augmentation des contributions au RPC/RRQ sous la forme
d'épargnes individuelles ou collectives, un genre de fonds
géant de contributions ouvert à tous ». Ils
cherchent à créer l'illusion
qu'on peut assurer une retraite en sécurité aux
travailleurs les mieux payés, aux couches intermédiaires
et aux propriétaires de petites entreprises en convertissant
encore plus d'épargnes en capital-argent et en bloquant tout
mouvement pour des pensions à prestations
déterminées pour tous qui commencent à un standard
minimum canadien. Une autre
proposition revendique l'augmentation de la taxation individuelle sous
la forme des primes payées par les employés et les
employeurs au RPC/RRQ pour accroître les fonds d'épargne
et d'investissements du RPC/RRQ, une masse de capital-argent à
investir sur les marchés mondiaux, et le NPD de l'Ontario
propose la création d'un fonds d'épargne
ontarien pour le retraite. Ces propositions détournent
l'attention des conditions matérielles de l'économie
socialisée moderne qui peuvent et doivent subvenir aux besoins
des aînés à partir de la valeur ajoutée qui
est produite dans le moment présent.
La conception de fonds d'épargne plafonnés
et statiques offrant des prestations basées sur des
contributions déterminées faites avant la retraite et qui
s'épuisent à mesure que les aînés approchent
de la mort est tout à la fois morbide et une recette pour un
désastre et un effondrement économique. Les
retraités vivent souvent dans la peur que leurs
épargnes vont s'épuiser avant qu'ils meurent. La classe
ouvrière doit présenter son propre programme prosocial au
sujet de la retraite sur la base de sa propre pensée, de sa
propre conception du monde et de sa propre philosophie. Selon la
perspective prosociale, les épargnes de la population sont un
bien précieux qui doit être mis à l'abri de
l'oligarchie financière et qui pourrait être investi dans
les programmes sociaux, l'entreprise publique et la reproduction
élargie de l'économie socialisée afin de l'aider
à subvenir à ses besoins, à couvrir le plus de
secteurs possible et à être stable. Ces épargnes
pourraient être un atout et une grande aide pour garantir la
disponibilité d'une quantité
suffisante de produit social pour soutenir les aînés du
Canada à un standard acceptable pour tous et sans crise. Des
épargnes qui sont à l'abri des tentacules du capital
monopoliste sont un atout pour l'édification nationale. à
condition que la volonté politique y soit sous la forme d'une
opposition ouvrière effective qui s'assure que cela se produit.
Les
épargnes ne peuvent cependant que jouer un rôle d'appoint
dans la garantie par l'État d'une retraite avec des prestations
déterminées pour tous à un standard minimum
canadien.
Le matérialisme dialectique et historique
La philosophie de la classe ouvrière est
entièrement matérialiste. Ce n'est pas un choix mais une
reconnaissance de la nécessité pour le genre humain de
résoudre les problèmes du monde matériel qui
comprend à la fois ses conditions objectives et subjectives.
Depuis plus de quatre mille
ans, les humains ont lutté pour faire avancer la
société et survivre à la fois aux caprices de la
nature et aux attaques contre le genre humain perpétrés
par certains de ses membres qui se sont érigés en une
classe privilégiée et en négationnistes à
l'écart et en contradiction avec l'humanité. Les
travailleurs doivent considérer les conditions telles
qu'elles existent et ne pas les remplacer par des constructions
mentales imaginaires qui les détournent de la solution des
problèmes tels qu'ils se présentent dans l'ici et le
maintenant. C'est par la participation consciente des individus dans
des actes de découvrir qu'on perçoit les conditions
matérielles telles qu'elles sont en réalité. Cela
exige que les
travailleurs s'activent et défendent les droits de tous, nient
consciemment leur négation et rejettent la conception du monde
et la philosophie de l'élite dirigeante.
Le matérialisme existe dans un temps et un espace
qui sont en perpétuel changement. Cela veut dire qu'il faut
renouveler aujourd'hui la perception de ce qui était
matériel hier si l'on veut évaluer concrètement et
avec le plus de précision possible les conditions
matérielles. Le monde matériel évolue dans un
contexte historique ; les
conditions ne doivent donc pas être considérées
hors de leur contexte historique, comme un fétiche ou une
icône. En plaçant les conditions dans leur contexte
historique, on comprend mieux que les conditions sont en un état
perpétuel de changement, de développement et de
mouvement. Les conditions matérielles changent par la lutte de
leurs
aspects contradictoires qui se mène de façon dialectique.
La dialectique rejette la notion des idéalistes objectifs selon
laquelle le monde est statique et inchangeable. La dialectique rejette
la notion des idéalistes subjectifs selon laquelle le changement
se produit sans la négation de la négation et sans la
résolution des aspects contradictoires à l'oeuvre
dans les conditions matérielles. La dialectique exige la
participation de l'individu dans des actes de découverte des
aspects qui s'opposent dans les phénomènes
matériels et dans des actes de résolution de la
contradiction. Les aspects en lutte dans les conditions
matérielles sont la source du changement, du
développement et du mouvement. Pour
découvrir quel est l'aspect principal et ascendant d'une
contradiction, ses lois de développement et la voie vers le
nouveau, il faut participer consciemment dans des actes de
découvrir. Concilier avec l'aspect déclinant de la
contradiction, c'est abandonner la participation consciente à
des
actes de découverte et s'unir au statu quo contre la
résolution
de la contradiction. Les conditions matérielles au sein de la
société ne changeront pas en faveur du nouveau si les
individus concilient avec l'aspect déclinant qui aujourd'hui est
l'oligarchie financière. Les conditions matérielles de la
société changeront sur la voie du nouveau si les
individus participent consciemment dans des actes de découverte
des lois du développement de l'aspect ascendant qui est la
classe ouvrière et dans sa lutte contre l'aspect
déclinant, les propriétaires du capital. Résoudre
la contradiction pour donner naissance au nouveau signifie
développer et diriger la lutte de l'aspect ascendant, la classe
ouvrière, contre l'aspect déclinant
représenté par les propriétaires du capital.
Chaque phénomène social au sein de la
société, y compris les pensions, reflète sa
contradiction fondamentale et ses aspects principaux en conflit. La
lutte pour garantir une retraite en sécurité pour tous
reflète la contradiction fondamentale dans la
société entre les deux aspects opposés, la classe
ouvrière et les propriétaires du capital. Les aspects
opposés de cette question sont en lutte entre eux et il faut
mener la lutte consciemment et sans concilier avec l'aspect
déclinant. En faisant cela et en menant la lutte de façon
scientifique, la classe ouvrière connaîtra des victoires
sur ce front comme sur d'autres et se renforcera en tant qu'aspect
ascendant ; elle remportera éventuellement la
victoire totale en changeant les conditions dans la
société et l'économie socialisée et donnant
naissance à une qualité nouvelle où la force
sociale ascendante, la classe ouvrière, nie sa négation
et entreprend son propre projet d'édification nationale,
investit le peuple de son pouvoir souverain et devient maître de
l'économie socialisée.
C'est en rejetant la conception du monde et la
philosophie de l'oligarchie financière et en combattant pour la
conception du monde et la philosophie de la classe ouvrière, le
matérialisme historique et dialectique, que la pensée des
travailleurs et de leurs alliés demeurera fraîche,
contemporaine et vitale, et qu'elle sera en mesure de résoudre
les
grandes contradictions de notre époque et d'ouvrir la voie au
progrès.
(Pour les première et deuxième parties,
voir LML
numéro 4 du 7 janvier 2010)

À titre d'information
Résumé des propositions pour la plupart
centrées
sur le capital concernant la réforme du régime
de pension national dans les médias corporatistes
Les ministres des Finances espèrent
en arriver à une liste d'options visant à ce que les
Canadiens
épargnent davantage pour leur retraite.
La problématique — des retraites confortables
pour un grand nombre
de Canadiens sont à risque. Alors que le Régime de
pensions du Canada
(RPC), le Supplément de revenu garanti et la
Sécurité de la vieillesse
offrent aux retraités environ 11 000 $ par année, ce
n'est pas
suffisant pour survivre. Les régimes de retraite des compagnies
deviennent moins généreux et les garanties moins
fréquentes. Les
épargnes personnelles d'un grand nombre de personnes sont au
minimum.
La crise financière et une société vieillissante
font en sorte que les
aînés trouvent de plus en plus difficile de joindre les
deux bouts.
Ottawa insiste sur la nécessité que le
secteur des services
financiers trouvent des solutions avant que les gouvernements ne s'en
mêlent.
Les options envisagées :
- Une solution basée sur le secteur privé.
Des changements possibles
aux règlements fédéraux et provinciaux pour que
les banques et les
compagnies d'assurance puissent offrir aux compagnies des moyens pour
qu'elles puissent mettre en commun leurs régimes de pension
à des coûts
moindres ; régler les impôts gouvernementaux afin
d'encourager les gens à épargner. Mais les frais de
gestion (pour les
régimes d'épargne) rattachés aux propositions
mises de l'avant
jusqu'ici sont toujours assez élevés.
- Compléter le Régime de pensions du
Canada ou créer une nouvelle
agence fédérale. Le plan (d'épargne) pourrait
être sur une base
volontaire, mais la participation serait obligatoire pour toute
personne sans régime de retraite collectif, avec option de ne
pas
participer. Le supplément pourrait consister en des comptes
individuels, tel un
gigantesque régime défini de cotisation, ouvert à
tous. Les frais de
gestion seraient plus élevés que le RPC actuel, mais pas
autant que
pour des solutions du secteur privé.
- Améliorer le RPC. Les cotisations
augmenteraient, mais il en
serait de même pour les prestations. L'adhésion serait
obligatoire, ce
qui maintiendrait la gestion des coûts au minimum. La structure
actuelle serait maintenue, et par conséquent les frais de
lancement
seraient bas.
Citation — « Pour que le tout ne coûte
pas cher, il suffit de ne pas
laisser le choix...Mais il est très difficile d'avoir un
régime avec
des règlements qui font l'affaire de tout le monde. »
Malcolm Hamilton, conseiller en régime de
retraite, services consultatifs en ressources humaines limité
Mercer.
L'Alberta et la Colombie-Britannique (et le NPD de
l'Ontario)
veulent mettre sur pied un nouvel organisme d'épargne-retraite
en tant
que complément au Régime de pensions du Canada, ce que
l'Ontario n'a
pas rejeté comme idée.
Un rapport qu'on a sous la main est celui du professeur
Jack Mintz,
de l'Université de Calgary, lequel rapport conclut que le
système
actuel fonctionne pour la plupart des Canadiens.
Un deuxième rapport est plus sombre, un reflet du
fait que le
trois-quart des travailleurs canadiens dans le secteur privé
n'ont pas
de fonds de retraite auquel cotise l'entreprise. L'étude, faite
à la
demande de l'Ontario, trouve que les faiblesses inhérentes au
système
de pension du Canada trouveront une « minorité
importante » de
Canadiens issus des classes moyennes et supérieures beaucoup
plus
pauvres au moment de la retraite qu'ils le sont présentement.
Le ministre des Finances au fédéral, Jim
Flaherty, a un penchant
pour le rapport Mintz, déclarant qu'il préconise une
réforme
« prudente ». « Les études
démontrent qu'à l'heure actuelle notre
système de revenu à la retraite fonctionne » a
affirmé M. Flaherty lors
d'une entrevue le 17 décembre 2009.
« La majorité des Canadiens
réussissent à épargner de façon suffisante
par le biais des régimes publics et privés. »
David Dodge, un ancien gouverneur de la Banque du
Canada, a dénoncé
toute amélioration du RRC comme étant une
« approche
d'État-nourricier ». Il s'est dit favorable à
une structure flexible
ainsi qu'au libre choix des contributeurs.
Il existe des revendications pour d'importantes
réformes des
pensions, surtout à la lumière du vieillissement accru de
la
population, des décisions des tribunaux coupant les redevances
aux
travailleurs lorsque les compagnies font faillite, et les
régimes de
pension sous-financés du secteur public.
Bien que les Canadiens contribuent au RPC, seulement
38 % des
travailleurs ont un régime de retraite avec leur employeur,
lequel
pourcentage était de 46 en 1977.
Le rapport de l'Ontario soutient que les épargnes
personnelles des
Canadiens sont insuffisantes, ce qu'il a qualifié
« de très grande
problématique qui mérite une étude
approfondie. »
La Colombie-Britannique et l'Alberta ont dit qu'ils
iront de l'avant
avec une réforme (ex. du régime d'épargne), si
rien n'est proposé au
niveau national.
Les options privilégiées sont des versions
d'un nouveau régime d'épargne qui serait public ou
privé, obligatoire ou facultatif.
Le Syndicat canadien des communications, de
l'énergie et du papier
demande un fonds national afin de gérer les avoirs de retraite
des
compagnies qui se place sous la protection de la faillite. En
conjonction avec les travailleurs retraités de Nortel Networks
Corp.,
le syndicat a pris en main une situation qui ébranle les
Canadiens par
les temps
qui courent, alors qu'ils voient fondre leur fonds de pension lorsque
des compagnies en faillite s'en remettent aux tribunaux.
« Des dizaine de milliers de retraités
font face à de graves
coupures dans leurs prestations de retraite » a dit le
président du
syndicat, Dave Coles, dans une lettre adressée aux ministres des
Finances du pays.
Les ministres au fédéral et au provincial
se sont réunis pendant une
journée et demi à Whitehorse les 17 et 18 décembre
2009 et ont exprimé
leur préoccupation à ce que les Canadiens
épargnent suffisamment pour
leur retraite — surtout à mesure que la population vieillit et
que les
ressources gouvernementales se font rares.
L'Alberta et la Colombie-Britannique ont menacé
de faire chambre à
part et d'établir leur propre régime d'épargne en
tant que complément
au Régime de pensions du Canada à moins qu'Ottawa ne
démontre la
volonté d'établir un système national acceptable.
Par contre, les deux
provinces semblaient satisfaites de l'engagement d'Ottawa le 18
décembre 2009 d'examiner un ensemble de possibilités.
Le Régime de pensions du Canada est un success
story
important dans l'histoire des politiques publiques du Canada, donc tout
changement doit être réfléchi, dit le ministre des
Finances de la
Nouvelle Écosse.
Plus de 60 pourcent des Canadiens au travail disent ne
pas avoir de
régime de fonds enregistrés de retraite et plusieurs
n'ont pas
d'épargnes en vue de leur retraite.
Les délégués de Whitehorse ont mis
de l'avant grosso modo quatre options :
- Former un complément national, volontaire au
Régime de pensions du
Canada, une option qui reçoit l'appui de l'Alberta, de la
Colombie-Britannique, des libéraux fédéraux et de
certains experts clé
dans le domaine.
- Une réforme réglementaire pour donner
aux entreprises de services
financiers une plus grande marge de manoeuvre pour mettre sur pied des
régimes collectifs d'épargne, une approche qui est
souvent dans la
bouche du gouvernement fédéral sans qu'il ne l'endosse.
- Renforcer le Régime de pensions du Canada en
augmentant les primes
mais aussi en augmentant les bénéfices, une approche que
privilégient
les organismes d'aînés et les syndicats, ainsi que le NPD
au niveau
fédéral.
- Le statu quo, mais en y mettant les bouchées
doubles pour éduquer
le public au sujet des possibilités d'épargne qui
s'offrent à eux.
Les ministres doivent, en principe, se réunir
à nouveau en mai.
Les experts, les organisations syndicales et certaines
provinces ont
sonné l'alerte, mettant en garde contre la déconfiture du
système de
pensions canadien. Ils prétendent que la récente crise
financière a
exposé des faiblesses dans le système, et que le
vieillissement de la
population ne fera que le rendre plus vulnérable.
Le rapport Mintz confirme que les Canadiens
épargnent moins depuis
1980. Il dit que les personnes ayant une garantie de régime
enregistré
de retraite sont plus aptes à prendre leur retraite entre 67 et
72 ans
que les personnes sans garantie, laissant conclure que la garantie en
déclin du Régime enregistré de pension pourrait
voir une proportion
grandissante de Canadiens remettre à plus tard le moment de leur
retraite.
Les frais de conseils en épargne peuvent
être très lourds pour les
Canadiens. Ceux-là qui contribuent à des fonds communs de
placement
paient des frais moyens de 200 points de base, y inclus les frais
d'administration, les frais dûs aux conseils personnels
constants, les
frais de gestion active et les frais de produits passifs. Les frais de
consultation en épargne constituent la plus grande part — 88
points de
base pour les fonds de placement en actions ordinaires et 42 points de
base pour les fonds à revenu fixe. (Note : un point de base
est 1/100
de 1 pourcent plaçant les frais d'administration courants moyens
pour
les fonds communs de placement à environ 2 % par
an.)
Contrairement aux frais encourus par les investisseurs
en fonds
commun de placement, les frais d'administration du régime de
pension
sont moins élevés, de 30 à 45 points de base pour
des régimes privés et
de 25 à 35 points de base pour les régimes du secteur
public. Les frais
du Régime de pensions du Canada sont de 20 points de base.
Plusieurs groupes industriels de services financiers
suggèrent que
le meilleur moyen d'augmenter les épargnes pour la retraite est
de
rehausser le système actuel. Un récent rapport remis par
l'Association
des banquiers canadiens recommande d'augmenter l'âge requis pour
retirer un REER et rendre les retraits au REER imposables à des
taux
encore plus favorables.
Cependant, plusieurs Canadiens demeurent convaincus
qu'une garantie
plus importante du fonds de pension est la meilleure solution. Lors
d'un sondage tenu la semaine dernière auprès de 1 700
membres du CARP,
un groupe de revendication pour les Canadiens plus âgés,
80 % des
répondants ont endossé la création d'un
régime de pension complémentaire. Plus de la
moitié des répondants ont
dit qu'ils ne sont pas d'accord avec ce que prétend l'industrie
des
services financiers à l'effet que le système actuel n'a
qu'à être
amélioré.
« L'idée d'un régime de pension
[épargne] universel a suffisamment
d'emprise qu'elle mettra l'industrie de l'épargne au défi
de mieux
servir les Canadiens au risque de perdre leurs clients »,
dit Susan
Eng, vice-présidente de la promotion des droits du CARP.
Mintz a dit : « Ces questions sont
complexes et, connaissant les
effets à long terme des décisions concernant
l'épargne, il est
important de s'assurer que toute décision politique n'aura pas
de
conséquences non-voulues qui pourraient affecter la
capacité des
Canadiens d'épargner pour leur retraite ou pour d'autres
besoins. »
Les ministres des Finances du Canada se sont mis
d'accord pour
consulter la population sur comment augmenter les épargnes
à la
retraite avant que les baby boomers vieillissant ne mettent
en péril la santé publique et les services de soins
à longue durée.
La liste des mesures possibles inclut la même
dépendance sur les
régimes d'épargne volontaires mais aussi impose de plus
grandes
contributions aux régimes de pension du Canada et du
Québec afin de
pouvoir éventuellement payer pour de plus importantes
prestations.
« Il existe une certaine
impatience », dit le ministre des Finances
de l'Ontario, Dwight Duncan, se référant à des
déclarations faites
antérieurement par les ministres des Finances de la
Colombie-Britannique et de l'Alberta à l'effet qu'ils
étaient prêts à
mettre sur pied des régimes d'épargne à
l'échelle de la province afin
d'augmenter
le fonds de pension.
Mais, Duncan a déclaré suite à la
rencontre des ministres : « Je
sens une véritable volonté de travailler
ensemble » et que tout accord
devrait être « une solution
pan-canadienne. »
L'étude ontarienne a soulevé des questions
sur pourquoi un grand
nombre de Canadiens à revenu moyen et à revenu
élevé abordent leur
retraite sans épargne ou immobilisation suffisante permettant
d'éviter
que leur niveau de vie ne se détériore.
Entretemps, dit Duncan, des niveaux élevés
d'endettement menacent de
ralentir le niveau d'épargne nécessaire au maintien d'un
niveau de vie
adéquat plus tard dans la vie et qui permettrait aux baby
boomers de contribuer, au moyen de leurs taxes, au coût des
soins de santé et des soins à longue durée
à mesure qu'ils
vieillissent.
Flaherty a invité les ministres des provinces et
des territoires à
adopter le premier principe en médecine dans leurs
considérations de
changements au système de fonds de pension des Canadiens :
« Ne faites
aucun mal. »
Dans les grandes lignes mises de l'avant par l'Ontario
concernant
les options possibles, celui-ci reconnaît que « tout
changement à un
pilier du système de fonds de retraite affectera de façon
directe ou
indirecte d'autres piliers (du système de fonds de pension
privé ou
public). »
Par exemple, une amélioration du Régime de
pensions du Canada
pourrait mener à des changements aux régimes de pension
des compagnies
privées, dont les prestations sont de façon
générale ajustées afin de
suppléer aux prestations du RPC.
De plus en plus de personnes sont laissées sans
protection par des
régimes de pension corporatifs, disent certains experts ainsi
que
certaines provinces. Les personnes qui sont protégées ont
des régimes
de moins en moins généreux. Et celles qui n'ont pas de
régime souvent
ne réussissent pas à épargner par leurs propres
moyens.
Un expert en pensions, Bob Baldwin, dit que le maintien
du statu quo
affecterait de façon sérieuse le niveau de vie d'un grand
nombre de
personnes : les immigrants et les personnes seules qui
dépendent du
Supplément de revenu garanti du gouvernement
fédéral, et les aînés avec
personnes à charge.
L'Association canadienne des compagnies d'assurances de
personnes
dit qu'il est heureux que les ministres s'intéressent aux
propositions
visant à amener davantage de travailleurs vers des
régimes de pension
[épargne] offerts par les assureurs.
La population vieillissante au Canada a
déjà un impact sur le budget
d'Ottawa alors que de nouveaux chiffres révèlent que le
coût des
prestations destinées aux aînés dépasse le
milliard cette année.
Les chiffres furent connus une semaine avant que le
gouvernement
minoritaire conservateur n'annonce son budget pour 2010 alors qu'un
débat fait rage à savoir si la situation
financière du gouvernement
pourra tenir le coup face aux défis démographiques
à venir.
Le fonctionnaire du budget parlementaire, Kevin Page, a
soumis un
rapport à la fin de février signalant qu'Ottawa devra
prévoir une
meilleure gestion des hausses qui s'annoncent à l'horizon pour
les
soins de santé et pour les coûts de prestations aux
aînés dûs au
vieillissement de la population.
Le ministère même de Flaherty a émis
un rapport le 5 mars démontrant
que la réalité démographique pèse
déjà lourd sur les frais. Selon le
mensuel du ministère, le Fiscal Monitor, les
contributions à
la Sécurité de la vieillesse ont augmenté de 1.1
milliard $, ou de
4.4 %, au cours des neuf premiers mois de l'année,
« conforme à l'augmentation de la population
vieillissante et aux
changements aux prix à la consommation, auxquels les prestations
sont
pleinement indexées. »
Selon les projections de Statistique Canada, le nombre
de Canadiens
de 65 ans et plus grandira par plus de 3 % par an dans les
prochaines
15 années. Par contre, la croissance dans ce groupe d'âge
n'a jamais
excédé 3 % au cours des quinze dernières
années.
Le 5 mars, Page a dit que les chiffres indiquent que les
données
démographiques ont déjà un impact sur les finances
du gouvernement.
« Une population grandissante de personnes ayant droit aux
prestations
est un facteur important derrière les coûts croissants
actuels de
prestations aux aînés, mais les vraies pressions
budgétaires restent à
venir », dit-il.