Le Marxiste-Léniniste

Numéro 51 - 16 mars 2010

Salvador

Le FMLN fête le premier anniversaire
de la victoire électorale

Salvador
Le FMLN fête le premier anniversaire de la victoire électorale

Honduras
Deuxième Assemblée nationale pour la refondation du Honduras

Haïti
Des entreprises privées cherchent à tirer profit de la tragédie d'Haïti

Cuba
Le geste méprisable du parlement de l'Union européenne - Déclaration de l'Assemblée nationale cubaine
Une nouvelle escalade subversive, accompagnée d'une large couverture médiatique - Allocution de Bruno Rodriguez Parilla, ministre des Affaires étrangères de la République de Cuba, à l'ONU

Amérique latine
Le voyage de Hillary Clinton pour «limiter les dégâts» - Mark Weisbot, The Guardian
Agression permanente: la guerre pointe à l'horizon en Amérique latine - Eva Golinger, Postcards from the Revolution

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Salvador

Le FMLN fête le premier anniversaire
de la victoire électorale

Le 14 mars, le Front Farabundo Martí de libération nationale (FMLN) du Salvador a organisé un Festival de la victoire pour célébrer le premier anniversaire de son succès aux élections présidentielles de l'an dernier, le 15 mars 2009, lorsque ses candidats Mauricio Funes et Salvador Sánchez Cerén ont été élus respectivement président et vice-président. C'était la première fois en vingt ans que la droite, représentée par le Parti de l'Alliance républicaine nationaliste (ARENA), ne remportait pas la présidence.


San Salvador, Salvador, le 14 mars 2010: le Festival de la victoire célèbre le premier anniversaire du succès
du FMLN depuis l'élection présidentielle de 2009. À droite: le vice-président du Salvador, Salvador Sánchez Ceren; à côté de lui en rouge, le coordinateur général du FMLN, Medardo Gonzalez.

Environ 50 000 personnes ont assisté à l'événement à la Plaza Masferrer dans la banlieue de Escalón de San Salvador. L'événement a été présidé par le vice-président du pays, Salvador Sánchez Cerén, et le coordinateur général du FMLN, Medardo Gonzalez.

Gonzalez a présenté une évaluation des progrès réalisés jusqu'à présent et les défis auxquels fait face le FMLN un an après sa victoire. Il a dit que les changements dans le pays sont déjà palpables. Cela comprend la suppression des quotas dans les hôpitaux publics, les programmes pour les personnes âgées et l'octroi de titres fonciers aux paysans. « Ce sont des mesures qui permettent peu à peu à la vision d'un gouvernement de gauche de se réaliser », a dit Gonzalez. Il a souligné que le 15 mars 2009, les forces de droite ont été « battues mais pas défaites » parce qu'elles ont encore le contrôle partiel de l'appareil d'État et le FMLN doit continuer de se battre pour le libérer.

Le vice-président Sánchez Cerén a parlé de la façon dont le FMLN s'est distingué en tant que parti qui agit de manière désintéressée. Il a souligné comment les membres de l'ARENA ont utilisé l'appareil d'État pour continuer de s'enrichir. « L'ARENA a été au pouvoir durant vingt ans et a géré en fonction de ses intérêts. Nous ne pouvons pas faire cela. Ce serait une trahison si nous avions cette vision », a-t-il dit, ajoutant que le FMLN devait travailler pour mériter la confiance du peuple. À cette fin, le parti doit renforcer l'espoir d'un changement proposé pendant la campagne présidentielle de 2009. Le défi est de construire les bases d'une société nouvelle avec la justice sociale et plus de liberté. Afin que les changements qu'il désire puissent voir le jour, le peuple doit adopter le programme proposé par le FMLN, a-t-il ajouté.

(DiarioCoLatino.com, ElFaro.net, Prensa Latina)

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Honduras

Deuxième Assemblée nationale
pour la refondation du Honduras

Dans la ville de La Esperanza située dans le nord-ouest du Honduras, la deuxième Assemblée nationale pour la refondation du Honduras a eu lieu du 12 au 15 mars, sous le thème « Fondation de la première Assemblée constituante démocratique du peuple ». Elle a été convoquée par les organisations membres du Front national de la résistance populaire et les autres formations démocratiques populaires. Plus de 800 militants d'organisations populaires y ont participé, ainsi que des délégués internationaux.

Dans l'appel à la réunion, on lisait que « le Honduras nous appelle à nouveau, nous sommes appelés à faire entendre nos voix et à défendre nos idées – les plus justes, les plus pures, les plus diverses – chacun de nous. Comme précédemment, nous sommes appelés à relever les défis qui nous font face et ceux encore à venir : la démocratie directe et participative, la souveraineté, l'autodétermination, la justice, la liberté et la dignité. »

La « construction du pouvoir populaire et son exercice, de l'eau pour tous, le respect des terres et territoires, la valeur des cultures anciennes, la sagesse de la biodiversité, le bien commun découlant des droits fondamentaux, une vie de dignité pour les femmes, la reconnaissance de la force rebelle de la jeunesse et de ses contributions et propositions, la laïcité de l'exercice politique » et le bien-être des enfants ont été discutées à la réunion.

Les participants ont été invités à « garder le fil conducteur de notre révolte, repenser nos propositions, ainsi que partager et créer les moyens de les atteindre. Se redéfinir nous-mêmes est une voie de transformation qui mène à l'abolition des formes de domination qui pillent, exploitent et oppriment. »

La première réunion a eu lieu en juin 2009, juste avant un vote dans lequel le peuple devait être consulté sur la possibilité d'un référendum sur une assemblée constituante. Le coup d'État militaire du 28 juin 2009 a été entrepris précisément pour bloquer le vote et la politisation du peuple.

Par ailleurs, Prensa Latina a annoncé que le Front national de la résistance populaire a récemment annoncé l'achèvement d'une consultation nationale pour la convocation d'une Assemblée constituante inclusive le 28 juin 2010, le premier anniversaire du coup d'État militaire.

Communiqué 51 du Front national de la résistance populaire
- le 4 mars 2010 -

Le Front national de la résistance populaire (FNRP) communique à la population hondurienne et à la communauté internationale ce qui suit :

1. Nous annonçons la fin d'une consultation nationale sur la convocation d'une Assemblée nationale constituante populaire et inclusive. L'appel est pour le 28 juin 2010, le premier anniversaire du coup d'État, et représente la volonté pressante du peuple de construire une véritable démocratie et de transformer le système d'injustice et de répression mis en place par l'oligarchie.

2. Nous condamnons l'ingérence du gouvernement des États-Unis dans les affaires intérieures de notre pays, menée à travers son ambassadeur, qui tente de donner une légitimité au régime de facto par le biais d'un faux dialogue national qui refuse de tenir compte du rejet massif de la dictature par la population.

3. Nous alertons les organisations des droits humains et de la communauté internationale quant à la détresse de nos frères et soeurs du Mouvement unifié des paysans d'Aguan (MUCA), contre lequel une campagne médiatique est menée afin de discréditer leur juste lutte politique pour le droit au travail.

Nous tenons [l'oligarque] Miguel Facussé Barjum et le régime de facto de Porfirio Lobo responsables de tout acte de violence qui est commis contre la communauté agricole.

Nous dénonçons également les médias de l'oligarchie, en particulier les quotidiens La Prensa et El Heraldo, propriété de Jorge Canahuati Larach, et les stations de télévision Televicentro Corporation, propriété de Rafael Ferrari, qui tendent à présenter les familles de travailleurs et de dirigeants populaires comme des terroristes.

4. Le FNRP réitère son rejet de l'offensive menée par le régime de facto contre la classe ouvrière et ses représentants. Nous exigeons le respect pour le syndicat de nos collègues de l'Union des travailleurs de l'Université nationale autonome du Honduras.

5. Nous convoquons la Deuxième Assemblée de la refondation du Honduras, qui se tiendra dans la ville de La Esperanza, du 12 au 14 mars. L'événement poursuivra les activités pour la conception et la mise en place de l'Assemblée nationale constituante.

Resistimos y Venceremos !

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Haïti

Des entreprises privées cherchent
à tirer profit de la tragédie d'Haïti

Un groupe d'entrepreneurs du secteur de la sécurité privée a tenu une conférence à Miami les 9 et 10 mars où ils ont discuté de comment leurs firmes privées pourraient tirer profit de la tragédie haïtienne en s'insinuant dans les efforts de reconstruction.

La conférence était organisée par l'Association de l'industrie des opérations de stabilité (Association of the Stability Operations Industry) ou IPOA. L'association représente 60 entreprises mercenaires du secteur de la logistique et de la sécurité, dont plusieurs sont actives en Irak et en Afghanistan, et bien connues pour leurs crimes contre le peuple et d'autres en Nouvelle-Orléans suite à l'ouragan Katrina. La situation actuelle en Haïti demeure critique, en grande partie parce que l'objectif des États-Unis est de maintenir leur domination en Haïti, notamment par la militarisation de l'aide qui entrave la livraison des secours dans l'ensemble du pays et les obstacles qui sont mis au travail des Haïtiens et de tous ceux qui fournissent une aide authentiquement humanitaire à Haïti.

L'Agence France Presse a rapporté les propos du co-organisateur de la conférence et président de l'IPOA, Doug Brooks, qui démontrent que ces firmes ne vont qu'exacerber la situation qui est déjà de facto une occupation militaire américaine d'Haïti : « Il n'y a pas une grande différence entre une zone de guerre et une zone sinistrée. » Le représentant d'une des firmes a dit que son expérience en Irak l'a rendue capable de livrer de l'aide à Haïti plus rapidement que quiconque.

Des dons sont venus de partout dans le monde portés par les meilleures intentions et par l'espoir que le plus d'aide possible serait donnée aux Haïtiens. Le but explicite de cette conférence de deux jours était cependant de jumeler des groupes fournissant de l'aide avec des firmes privées de sécurité et d'autres entreprises comme celles qui font du logement préfabriqué. Cette conférence s'est tenue trois semaines avant le grand sommet des donateurs internationaux pour Haïti aux quartiers généraux de l'ONU à New York le 31 mars.

Ian Ridley, de World Vision International, a exprimé ses préoccupations face à l'approche qui donne la priorité à l'efficacité sur toute autre considération. « Nous devons nous concentrer sur le processus avant le produit. » Pour que la reconstruction réussisse à long-terme, a-t-il dit, il faut que les communautés locales soient impliquées et cela prend du temps.

Priscilla Phelps, une spécialiste financière du consultant en développement TCG International, a dit que la construction de logements pourrait devenir un moteur important de création d'emplois à Haïti si la question est traitée adéquatement.

Elle voudrait que les Haïtiens demeurent près de leurs anciennes maisons dans des structures temporaires pendant la reconstruction. De cette manière, les communautés seront préservées. « Il y a beaucoup de gens qui offrent de faire de la reconstruction en Haïti », a-t-elle dit. « Mais on n'obtiendra pas le meilleur résultat si les solutions qui sont offertes outrepassent la prise de décision locale. »

Sur les six panels à la conférence de Miami, un portait sur les questions de sécurité et les autres sur la prévention des maladies, la fourniture d'abris et la reprise du commerce.

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Cuba

Le geste méprisable du parlement
de l'Union européenne

Au terme d'une campagne orchestrée par de puissantes entreprises médiatiques, fondamentalement européennes, qui ont attaqué Cuba avec férocité, le Parlement européen vient de voter, après un débat malhonnête, une résolution de condamnation de notre pays qui manipule des sentiments, dénature les faits, profère des mensonges et occulte des réalités.

Le prétexte avancé a été le décès d'un détenu, condamné d'abord pour des délits communs, puis manipulé par des intérêts étasuniens et par la contre-révolution interne, pour avoir refusé, de sa propre volonté, toute alimentation malgré les avertissements et l'intervention des médecins spécialistes cubains.

On ne saurait utiliser ce fait regrettable pour condamner Cuba au motif qu'elle aurait pu éviter ce décès. S'il est un domaine où notre pays n'a pas à se défendre verbalement, car la réalité est irréfutable, c'est bien dans celui de la lutte pour la vie des êtres humains, qu'ils soient nés à Cuba ou à l'étranger. Un seul exemple suffit : la présence de médecins cubains en Haïti depuis plus de onze ans avant le séisme de janvier dernier, ce dont la presse hégémonique se garde bien de parler.

Cette condamnation masque un profond cynisme. Combien d'enfants sont morts dans les nations pauvres parce que les pays riches représentés au Parlement européen ne tiennent pas leurs engagements d'Aide publique au développement ? Tous savent que c'est prononcer là une sentence de mort massive, mais ils ont choisi de préserver leurs niveaux de gaspillage et de surconsommation somptuaire, suicidaires à long terme.

C'est aussi offenser les Cubains que de vouloir leur donner des leçons alors que les gouvernements européens répriment en ce moment même les immigrants et les chômeurs, tandis qu'ici, le peuple propose librement et sans intermédiaires, dans des réunions de quartiers, ses candidats aux élections municipales.

Ceux qui ont participé à la contrebande aérienne de détenus, à l'établissement de prisons illégales et à la pratique de la torture, ou qui les ont permis, n'ont aucun droit moral de juger un peuple agressé et en butte à un blocus brutal.

Une condamnation si discriminatoire et sélective ne peut s'expliquer que par l'échec d'une politique qui a été incapable de faire plier un peuple héroïque. Ni la loi Helms-Burton, ni la Position commune européenne, apparues la même année, dans les mêmes circonstances et dans les mêmes buts, toutes deux au mépris de notre souveraineté et de notre dignité nationales, n'ont pas le moindre avenir, car les Cubains rejettent les diktats, l'intolérance et les pressions comme normes des relations internationales.

(Granma International)

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Une nouvelle escalade subversive, accompagnée d'une large couverture médiatique

Monsieur le Président,

Il a fallu les 60 millions de morts de la Seconde Guerre mondiale pour que le monde réfléchisse sur le concept des droits de l'homme, notamment du droit à la vie et à la dignité humaine.

On a beaucoup progressé dans la conception des droits de l'homme, mais très peu pour en assurer l'exercice. Nous avons fait de ce thème l'un des piliers fondamentaux des Nations unies, avec le développement, la paix et la sécurité internationales. Cependant, c'est le domaine dans lequel la manipulation idéologique, l'hypocrisie politique et les deux poids, deux mesures des pays industrialisés ont fait les plus grands ravages.

Ceux qui prétendent s'ériger en gardiens des droits de l'homme et s'efforcent de semer le doute sur la politique des autres sont précisément les responsables directs des violations les plus graves, les plus systématiques et les plus flagrantes des droits de l'homme, notamment du droit à la vie.

Ce sont eux qui ont conçu le système colonial qui a servi à spolier les pays du Sud et à les condamner au sous-développement. Ils portent l'entière responsabilité de l'actuel ordre économique international qui assassine silencieusement des dizaines de millions d'êtres humains, victimes de la faim, de la pauvreté et de maladies pouvant être prévenues et soignées. Ce sont eux qui imposent les guerres de conquête modernes qui ont coûté des millions de morts, des civils pour la plupart. C'est ce qu'on appelle, curieusement, les « dommages collatéraux ».

Ils sont également les bénéficiaires de la pensée unique, des modèles exclusifs, des valeurs basées sur l'exclusion, de la guerre médiatique, de la construction de vérités immanentes, de la sous-culture de la publicité commerciale, de l'imposition de réflexes conditionnés, de la presse bâillonnée, mensongère, docile et abrutissante qui justifie ou occulte le massacre.

La manipulation du terrorisme a servi aux États-Unis et à leurs alliés européens à lancer les guerres de domination et de conquête des ressources énergétiques en Iraq et Afghanistan, qui ont coûté deux millions de vies humaines. Elle a également servi à justifier les disparitions forcées, les tortures, les prisons secrètes et les centres de détention où ne sont reconnus ni le Droit international humanitaire ni la condition d'êtres humains. Elle a été le prétexte de l'adoption des fameuses « lois patriotiques » qui viennent d'être prorogées par le gouvernement étasunien et qui rognent sur les libertés et les garanties conquises par le mouvement en faveur des droits civiques au prix de plusieurs siècles de luttes.

Qui répondra un jour des brutalités commises à Abu Ghraib, à Bagram, à Guantanamo et dans d'autres centres de torture et de mort ? Quand les responsables seront-ils jugés, quand sera-t-il mis fin à l'impunité ?

Le vice-ministre suédois des Affaires étrangères a prononcé ce matin un discours curieux et arrogant dans lequel il a porté des jugements critiques sur neuf autres pays. Cependant, il n'a pas soufflé mot de la complicité du gouvernement suédois avec les vols secrets qui ont fait escale sur son territoire et à bord desquels se trouvaient des personnes séquestrées. Nous espérons que l'enquête prolongée sur cette affaire aboutira un jour et qu'on daignera en communiquer le résultat à ce Conseil.

Dans les pays européens, qui assumera la responsabilité des vols secrets, des prisons clandestines dans leurs territoires et de la participation à des actes de torture ?

Ce qui a eu lieu en Palestine pendant des années constitue un véritable génocide. Des milliers de Palestiniens ont perdu la vie à cause d'attaques militaires lancées sans discrimination, de sièges et de blocus de fer qui privent la population des moyens de subsistance les plus élémentaires.

Les dictatures militaires en Amérique latine, imposées et soutenues par les États-Unis des décennies durant, ont assassiné quatre cent mille personnes. Seulement à Cuba elles ont fait 20 000 morts.

Le droit à la vie est systématiquement violé dans le monde. L'existence même de l'espèce humaine est sérieusement menacée par le changement climatique dont les responsables historiques et actuels sont ceux-là même qui déclenchent et conduisent les guerres de conquête. La réunion scandaleuse de Copenhague, avec ses pratiques frauduleuses et excluantes, a constitué un acte contre le droit de l'humanité à la vie et la survie.

Monsieur le Président,

Pendant un demi-siècle, Cuba a été victime d'agressions étasuniennes et d'actes de terrorisme. Cinq mille cinq cents soixante-dix-sept Cubains y ont perdu leur vie ou souffrent aujourd'hui d'un handicap.

Les auteurs de la destruction en plein vol d'un avion de Cubana de Aviación, en 1976, jouissent de l'impunité, sous la protection du gouvernement des États-Unis. Une épidémie de dengue résultant d'une attaque bactériologique a causé la mort de 101 enfants cubains. Une des nombreuses bombes posées à La Havane en 1997 a tué un jeune Italien.

La Loi dite d'Ajustement cubain et la politique des « pieds secs et pieds mouillés » encouragent l'immigration illégale et provoquent des décès.

Le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba constitue un acte de génocide, défini aux alinéas b) et c) de l'article II de la Convention sur la prévention et la répression du crime de génocide, ainsi qu'une violation massive, flagrante et systématique des droits de l'homme.

La politique des États-Unis contre Cuba, que le gouvernement du Président Obama n'a pas changée, coûte des vies au peuple cubain.

Une nouvelle escalade subversive, accompagnée d'une large couverture médiatique, a été lancée contre Cuba au mépris de tout principe éthique. L'on prétend faire passer des mercenaires pour des patriotes, des agents payés par les États-Unis en territoire cubain pour des dissidents.

La puissante machine de l'empire n'hésite pas à utiliser un prisonnier récidiviste, sanctionné au terme d'une procédure régulière pour des délits de droit commun et ultérieurement recruté en prison, pour le présenter comme un combattant des droits de l'homme. Dans le but d'obtenir de faux dividendes politiques, il a été livré à la mort malgré des soins médicaux méticuleusement prodigués. Comme l'a dit le Président Raul Castro Ruz, c'est un fait regrettable. Cet homme est une autre victime de la politique subversive des États-Unis contre Cuba.

Depuis le triomphe de la Révolution cubaine en 1959, il n'y a jamais eu à Cuba un seul cas d'assassinat, de torture ou d'exécution extrajudiciaire ; on n'y a jamais vu « d'escadron de la mort » ni « d'Opération Condor ». Cuba a toujours agit de manière louable et irréprochable dans la protection du droit à la vie, y compris par la coopération altruiste hors de ses frontières.

Monsieur le Président,

J'aurais souhaité aborder des aspects plus concrets du travail sérieux mené à bien par ce Conseil ; aborder le thème de la révision de cet organe qui doit avoir lieu l'année prochaine pour dénoncer la tentative de le soumettre, d'en modifier la composition et les procédures afin de lui imposer des intérêts politiques. J'aurais voulu parler du mécanisme de l'Examen périodique universel qui a démontré son utilité en dépit de ses imperfections et du manque d'autocritique des puissants ayant été mis en évidence. J'aurais voulu défendre le Conseil et souligner l'importance de le préserver de la politisation, de la discrimination, de tout caractère sélectif et des deux poids, deux mesures.

Je peux vous assurer que Cuba continuera à mettre ses efforts et sa persévérance au service du Conseil des droits de l'homme pour que celui-ci demeure indépendant et que se consolide la coopération, unique voie véritable pour la promotion et la protection des droits de l'homme dans le monde.

Je dois proclamer, au nom du peuple héroïque et noble de Cuba, qu'aucune campagne ne nous éloignera de nos idéaux d'indépendance et de liberté.

Je vous remercie.

(Granma International)

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Amérique latine

Le voyage de Hillary Clinton pour «limiter les dégâts»

La tournée latino-américaine de Hillary Clinton connaît à peu près le même succès que celle de George W. Bush en 2005, qui avait dû fuir l'Argentine une journée plus tôt que prévu. Cette fois-ci, si elle n'est pas la cible de protestations et d'émeutes, c'est en grande partie grâce à son patron, le président Obama, et l'image médiatique positive qu'il a réussi à conserver dans la région, même s'il y poursuit les mêmes politiques que son prédécesseur.

Par contre, elle est encore plus malhabile que Bush d'un point de vue diplomatique. Lui, au moins, reconnaissait les problèmes existants et savait ce qu'il ne fallait pas dire. « La crise hondurienne a été gérée et conclue avec succès », disait Clinton à Buenos Aires, ajoutant que « ce fut accompli sans violence ».

Elle versait abondamment du vinaigre sur les plaies de ses hôtes, qui perçoivent le renversement militaire du président Mel Zelaya en juin dernier, ainsi que les efforts subséquents des États-Unis pour y sanctionner la dictature, non seulement comme un échec mais comme une menace à la démocratie dans la région.

En plus, c'est une déclaration tout à fait scandaleuse à la lumière des assassinats politiques, des agressions, des arrestations de masse et de la torture utilisés par le gouvernement illégitime pour maintenir le pouvoir et réprimer le mouvement favorable à la démocratie. Et pire encore, ces crimes n'arrêtent pas.

Aujourd'hui, neuf membres du Congrès américain – y inclus certains démocrates dans des postes dirigeants au Congrès – ont écrit à la secrétaire Clinton et à la Maison Blanche au sujet de cette violence. Ils ont écrit :

« Depuis l'inauguration du président Lobo, plusieurs adversaires éminents du coup se sont vus attaquer. Le 3 février, Vanessa Zépéda, une infirmière et organisatrice syndicale qui avait préalablement reçu des menaces de mort liées à son activisme dans le mouvement de résistance, fut trouvée étranglée et son corps fut jeté d'un véhicule à Tegucigalpa. Le 15 février, Julio Funes Bénitez, un membre du syndicat SISTRASANAA et un membre actif du mouvement de résistance nationale, fut tué par balles par des inconnus armés alors qu'il était sur sa motocyclette devant chez lui. Plus récemment, Claudia Brizuéla, une activiste de l'opposition, fut tuée dans sa maison le 24 février. Malheureusement, ce ne sont là que trois des nombreuses attaques contre des activistes et leurs familles... »

Le vendredi 12 mars, la secrétaire Clinton rencontrera « Pepe » Lobo du Honduras, qui fut élu président après une campagne qui fut ponctuée de fermetures de certains médias et par la répression policière de la dissidence. L'Organisation des États d'Amérique ainsi que l'Union européenne ont refusé d'envoyer des observateurs officiels lors de cette élection.

Les membres du Congrès ont aussi demandé que lors de sa rencontre avec Lobo, Clinton « envoie un message fort et non ambigu à l'effet que la situation des droits de la personne au Honduras pèsera lourd dans la balance lorsque des décisions seront prises au sujet d'une plus grande normalisation des relations et d'une reprise d'aide financière. »

Ce fut la troisième lettre du Congrès pour Clinton au sujet des droits de la personne au Honduras. Le 7 août et le 25 septembre, les membres du Congrès du parti même de Hillary Clinton, le Parti démocrate, lui ont écrit pour porter plainte au sujet des atteintes permanentes aux droits de la personne au Honduras et de l'impossibilité d'y tenir des élections libres dans ces conditions. Ils n'ont reçu ne serait-ce qu'une réponse formelle que le 28 janvier, soit plus de quatre mois après réception de la deuxième lettre. Voilà un manque de respect inhabituel envers les représentants élus de son propre parti politique.

Pour ces soldats de la nouvelle guerre froide, il semblerait que ce qui importe est qu'ils se soient débarrassés du quelconque président social-démocrate d'un pays pauvre et petit.

Au Brésil, Clinton a persisté dans sa stratégie de la Guerre froide en y rajoutant des insultes fortuites envers le Venezuela. On ne participe pas à une fête tout en critiquant les amis de notre hôte. Après le rituel des critiques envers le Venezuela, Clinton a déclaré : « Nous souhaiterions que le Venezuela ait davantage le regard tourné vers le sud, vers le Brésil et vers le Chili ainsi que vers d'autres modèles de pays qui ont réussi. »

Le ministre brésilien des affaires étrangères, Celso Amorim, a réagi avec diplomatie, mais a répondu de façon catégorique à ses insultes : il a dit qu'il était d'accord sur « un point » que Clinton avait fait, « que le Venezuela devrait regarder davantage vers le sud... et c'est pour cette raison que nous avons invité le Venezuela à faire partie de MERCOSUR en tant que pays membre. » Les alliés de la droite de Mme Clinton au sein de la législature paraguéenne – les vestiges de la dictature de ce pays et de soixante ans du règne d'un parti unique – retardent l'entrée du Venezuela dans l'organisation commerciale sud-américaine. Ce n'est donc pas ce qu'elle attendait du Brésil.

Les Brésiliens ont aussi rejeté les efforts fort peu diplomatiques de Clinton pour les encourager à s'unir à Washington pour réclamer des sanctions contre l'Iran. « Ce n'est pas prudent que d'acculer l'Iran au pied du mur », a dit le président Lula da Silva. « L'approche prudente est d'établir un climat de négociation. »

« Nous n'adhérerons pas à un consensus avec lequel nous ne sommes pas d'accord », a déclaré Amorim à une conférence de presse avec Clinton.

La secrétaire Clinton a accordé une concession à l'Argentine, demandant au Royaume-Uni de s'asseoir avec le gouvernement argentin et de tenter de régler leur dispute dont la pomme de discorde sont les îles Malouines (les Falklands). Mais il semble peu probable que Washington fasse quoi que ce soit pour que cela se matérialise.

Pour l'instant, l'épreuve immédiate à surmonter sera le Honduras : Clinton poursuivra-t-elle ses efforts pour disculper le gouvernement hondurien et ses actes de répression ? Ou écoutera-t-elle enfin les autres voix qui se font entendre dans son hémisphère, y inclus celles des membres de son propre parti, au Congrès et concédera-t-elle quelques points sur la question des droits humains, y inclus le droit de retour de Mel Zelaya dans son pays (ce qui fut fortement recommandé par les Brésiliens) ? Cette histoire ne fera sans doute pas la une des médias étatsuniens, mais parions que l'Amérique latine suivra cela de près.

(Traduits de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)

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Agression permanente

La guerre pointe à l'horizon en Amérique latine

L'Empire ne reculera devant rien pour inventer des mécanismes et des techniques pour atteindre son objectif ultime et nous ne pouvons pas écarter la possibilité d'un confit militaire dans un avenir rapproché. Si les États-Unis placent le Venezuela sur la « liste des États terroristes », cela pourrait vouloir dire une guerre régionale imminente.

L'Amérique latine a été constamment sous le coup d'agressions de la part de Washington depuis deux cent ans. Des stratégies et tactiques de guerre ouverte et dissimulée ont été appliquées contre plusieurs nations de la région, depuis les coups d'État, les assassinats, les enlèvements, la torture, les dictatures brutales, les atrocités, la persécution politique, le sabotage économique, les opérations psychologiques, la guerre par les médias, la guerre biologique, la subversion, la contre-insurrection, l'infiltration paramilitaire, le terrorisme diplomatique, les blocus, l'intervention dans les élections jusqu'aux invasions militaires. Peu importe qui est à la Maison Blanche, démocrates ou républicains, les politiques de l'Empire demeurent les mêmes quand il s'agit de l'Amérique latine.

Depuis le début du 21e siècle, le Venezuela a été l'une des cibles principales de ces agressions perpétuelles. Les attaques et les tentatives de déstabilisation contre la révolution bolivarienne se sont dangereusement escaladées depuis le coup d'avril 2002. Même si plusieurs sont tombés sous le charme du sourire et des envolées poétiques de Barack Obama, il n'y a qu'à regarder ce qui s'est passé l'an dernier pour réaliser que les agressions de Washington contre le Venezuela se sont intensifiées. L'expansion militaire sans précédent dans la région par le biais de l'occupation étasunienne en Colombie, la réactivation de la Quatrième flotte de la marine étasunienne de même que la présence militaire étasunienne accrue dans les Caraïbes, à Panama et dans toute l'Amérique centrale, tout cela dans la même année, peuvent être interprétées comme étant les préparatifs d'un scénario de conflit dans la région.

L'escalade des agressions

Les déclarations hostiles faites par des représentants de Washington ces dernières semaines, accusant le Venezuela de faillir à la tâche de combattre les narcotiques, de violer les droits humains, de « ne pas contribuer à la démocratie et à la stabilité régionale » et d'être le « chef de file anti- États-Unis dans la région », font partie d'une campagne coordonnée visant à justifier une agression directe contre le Venezuela. Washington va bientôt publier sa liste annuelle des « États qui parrainent le terrorisme » et si le Venezuela se retrouve sur cette liste, la région pourrait bien être au bord d'un conflit militaire sans précédent.

Nous avons des signes concrets qui indiquent que les choses vont effectivement dans cette direction. Un document de la U.S. Air Force qui justifie l'accroissement de la présence militaire en Colombie affirme que Washington se prépare à une « guerre expéditionnaire » en Amérique latine.

Ce document de 2009 de la U.S. Air Force, qui a été envoyé au Congrès en mai dernier (et modifié en novembre après qu'il ait été utilisé pour exprimer les intentions véritables qui motivent l'entente militaire entre les États-Unis et la Colombie), explique que « le développement de ce CSL (Centre de coopération pour la sécurité) va renforcer le partenariat stratégique établi entre les États-Unis et la Colombie et il est conforme aux intérêts des deux nations... Notre présence va aussi accroître notre capacité à faire des opérations de renseignement, de surveillance et de reconnaissance, d'étendre l'éventail de nos opérations, satisfaire les besoins logistiques, améliorer la sécurité sur le théâtre des opérations et augmenter notre capacité pour la guerre expéditionnaire. »

Au bord de la guerre

Le premier rapport officiel qui établissait les priorités de l'administration Obama en matière de défense et de renseignement faisait beaucoup mention du Venezuela. L'évaluation annuelle des menaces faite par la communauté du renseignement des États-Unis, qui a déjà mentionné le Venezuela dans le passé mais sans y donner toute l'importance actuelle, a ciblé en particulier le président Chavez comme une « menace » majeure aux intérêts étasuniens. Selon le document de renseignement, « Le président vénézuélien Hugo Chavez est devenu l'un des plus grands détracteurs des États-Unis dans le monde par sa dénonciation de la démocratie libérale et du capitalisme de marché et son opposition aux politiques et aux intérêts étasuniens dans la région », et le document place le Venezuela dans la même catégorie que l'Iran, la Corée du Nord et Al Qaïda.

Peu de temps après la parution du rapport, le département d'État a présenté son budget pour 2011 au Congrès. En plus d'augmenter le financement par le biais de la USAID et de la Dotation nationale en faveur de la démocratie (NED) pour les groupes d'opposition du Venezuela (plus de 15 millions US $), il y avait aussi une requête pour 48 millions US $ pour l'Organisation des États américains (OÉA) afin de « déployer des équipes spéciales de 'promotion de la démocratie' dans les pays où la démocratie est menacée par la présence croissante de concepts alternatifs comme la 'démocratie participative' que promouvoient le Venezuela et la Bolivie ».

Une semaine plus tard, la Commission interaméricaine des droits de l'homme de l'OÉA, qui est financée par Washington, a publié un énorme rapport de 322 pages accusant le Venezuela de violer les droits humains, de réprimer la presse et de miner la démocratie. Bien que le rapport (et la Commission) portaient sur les droits humains, l'étude détaillée a à peine mentionné les grandes réussites du gouvernement Chavez dans la promotion des droits humains, lesquelles ont été reconnues et applaudies depuis cinq ans par les Nations unies. La preuve utilisée par l'OÉA pour produire le rapport est venue des témoignages de l'opposition et de médias biaisés ce qui montre une dangereuse subjectivité à l'oeuvre.

De concert avec ces accusations, une cour espagnole a accusé la semaine dernière le gouvernement du Venezuela d'appuyer et de coopérer avec les FARC et l'ETA, des organisations considérées terroristes par les États-Unis et l'Espagne, provoquant un scandale international. Le président Chavez a réitéré que son gouvernement n'a absolument aucun lien avec quelque groupe terroriste que ce soit dans le monde. « Ce gouvernement est un gouvernement de paix », a dit Chavez, après avoir expliqué que la présence de membres de l'ETA au Venezuela est due à une entente conclue il y a plus de 20 ans par le gouvernement de Carlos Andres Perez afin d'aider l'Espagne dans son traité de paix avec le groupe séparatiste basque.

L'Empire n'a pas de couleur politique

Pendant sa tournée en Amérique latine la semaine dernière, la secrétaire d'État des États-Unis Hillary Clinton n'a pas arrêté d'attaquer le Venezuela dans ses déclarations aux médias internationaux. Elle a exprimé sa « grande préoccupation » pour la démocratie et les droits humains au Venezuela, accusant le président Chavez de « ne pas contribuer de manière constructive » au progrès dans la région. D'un ton cynique, elle a conseillé au président Chavez de chercher son inspiration « vers le sud » plutôt que vers Cuba.

La tournée régionale de Clinton faisait partie d'une stratégie annoncée l'an dernier par l'administration Obama visant à créer une ligne de démarcation entre la soi-disant « gauche progressiste » et la « gauche radicale » en Amérique latine. Ce n'est pas un hasard si sa première tournée de la région a coïncidé avec l'annonce de la création de la Communauté des États latino-américains et caribéens (CELC) dans laquelle les États-Unis et le Canada ne sont pas inclus.

Le conflit qui se prépare

Un conflit militaire ne s'organise pas du jour au lendemain. C'est un processus qui requiert d'abord que l'on influence la perception et l'opinion publiques en démonisant le dirigeant ou le gouvernement qui est visé afin de justifier l'agression. Les forces armées sont ensuite déployées de façon stratégique dans la région pour garantir une action militaire effective. Des tactiques comme la subversion et la contre-insurrection sont mises en oeuvre afin d'affaiblir et de déstabiliser de l'intérieur la nation visée de manière à la rendre plus vulnérable et d'affaiblir ses défenses.

Cela fait plusieurs années que ce plan a été mis en action contre le Venezuela. La consolidation de l'unité régionale et l'intégration latino-américaine affaiblissent la capacité des États-Unis à regagner le contrôle dans l'hémisphère. Les progrès de la révolution bolivarienne ont également bloqué leur « destruction de l'intérieur » aux mains de la subversion interne financée et dirigée par les agences des États-Unis. L'Empire ne va pas cependant cesser ses efforts pour atteindre son objectif ultime et un conflit militaire potentiel dans la région continue à poindre à l'horizon.

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)

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