Le Front national de la résistance populaire
(FNRP) communique à la population hondurienne et à la
communauté internationale ce qui suit :
1. Nous annonçons la fin d'une consultation
nationale sur la convocation d'une Assemblée nationale
constituante populaire et inclusive. L'appel est pour le 28 juin 2010,
le premier anniversaire du coup d'État, et représente la
volonté pressante du peuple de construire une véritable
démocratie et de transformer le système d'injustice et de
répression mis en place par l'oligarchie.
2. Nous condamnons l'ingérence du gouvernement
des États-Unis dans les affaires intérieures de notre
pays, menée à travers son ambassadeur, qui tente de
donner une légitimité au régime de facto par le
biais d'un faux dialogue national qui refuse de tenir compte du rejet
massif de la dictature par la population.
3. Nous alertons les organisations des droits humains et
de la communauté internationale quant à la
détresse de
nos frères et soeurs du Mouvement unifié des paysans
d'Aguan (MUCA), contre lequel une campagne médiatique est
menée afin de discréditer leur juste lutte politique pour
le droit au travail.
Nous tenons [l'oligarque] Miguel Facussé Barjum
et le régime de facto de Porfirio Lobo responsables de tout acte
de violence qui est commis contre la communauté agricole.
Nous dénonçons également les
médias de l'oligarchie, en particulier les quotidiens La
Prensa et El Heraldo, propriété de Jorge
Canahuati Larach, et les stations de télévision
Televicentro Corporation, propriété de Rafael Ferrari,
qui tendent à présenter les familles de travailleurs et
de dirigeants populaires comme des
terroristes.
4. Le FNRP réitère son rejet de
l'offensive menée par le régime de facto contre la classe
ouvrière et ses représentants. Nous exigeons le respect
pour le syndicat de nos collègues de l'Union des travailleurs de
l'Université nationale autonome du Honduras.
5. Nous convoquons la Deuxième Assemblée
de la refondation du Honduras, qui se tiendra dans la ville de La
Esperanza, du 12 au 14 mars. L'événement
poursuivra les activités pour la conception et la mise en place
de l'Assemblée nationale constituante.
Resistimos y Venceremos !

Haïti
Des entreprises privées cherchent
à tirer profit de la tragédie d'Haïti
Un groupe d'entrepreneurs du secteur de la
sécurité privée a tenu une conférence
à Miami les 9 et 10 mars où ils ont discuté de
comment leurs firmes privées pourraient tirer profit de la
tragédie haïtienne en s'insinuant dans les efforts de
reconstruction.
La conférence était organisée par
l'Association de l'industrie des opérations de stabilité
(Association of the Stability Operations Industry) ou IPOA.
L'association représente 60 entreprises mercenaires du secteur
de la logistique et de la sécurité, dont plusieurs sont
actives en Irak et en Afghanistan, et bien connues pour leurs crimes
contre le
peuple et d'autres en Nouvelle-Orléans suite à l'ouragan
Katrina. La situation actuelle en Haïti demeure critique, en
grande partie parce que l'objectif des États-Unis est de
maintenir leur domination en Haïti, notamment par la
militarisation de l'aide qui entrave la livraison des secours dans
l'ensemble du pays et les obstacles qui sont mis au travail
des Haïtiens et de tous ceux qui fournissent une aide
authentiquement humanitaire à Haïti.
L'Agence France Presse a rapporté les propos du
co-organisateur de la conférence et président de l'IPOA,
Doug Brooks, qui démontrent que ces firmes ne vont qu'exacerber
la situation qui est déjà de facto une occupation
militaire américaine d'Haïti : « Il n'y a
pas une grande différence entre une zone de guerre et une zone
sinistrée. » Le représentant d'une des firmes
a dit que son expérience en Irak l'a rendue capable de livrer de
l'aide à Haïti plus rapidement que quiconque.
Des dons sont venus de partout dans le monde
portés par les meilleures intentions et par l'espoir que le plus
d'aide possible serait donnée aux Haïtiens. Le but
explicite de cette conférence de deux jours était
cependant de jumeler des groupes fournissant de l'aide avec des firmes
privées de sécurité et d'autres entreprises comme
celles qui font du
logement préfabriqué. Cette conférence s'est tenue
trois semaines avant le grand sommet des
donateurs internationaux pour Haïti aux quartiers
généraux de l'ONU à New York le 31 mars.
Ian Ridley, de World Vision International, a
exprimé ses préoccupations face à l'approche qui
donne la priorité à l'efficacité sur toute autre
considération. « Nous devons nous concentrer sur le
processus avant le produit. » Pour que la reconstruction
réussisse à long-terme, a-t-il dit, il faut que les
communautés locales soient
impliquées et cela prend du temps.
Priscilla Phelps, une spécialiste
financière du consultant en développement TCG
International, a dit que la construction de logements pourrait devenir
un moteur important de création d'emplois à Haïti
si la question est traitée adéquatement.
Elle voudrait que les Haïtiens demeurent
près de leurs anciennes maisons dans des structures temporaires
pendant la reconstruction. De cette manière, les
communautés seront préservées. « Il y a
beaucoup de gens qui offrent de faire de la reconstruction en
Haïti », a-t-elle dit. « Mais on n'obtiendra
pas le meilleur résultat si les
solutions qui sont offertes outrepassent la prise de décision
locale. »
Sur les six panels à la conférence de
Miami, un portait sur les questions de sécurité et les
autres sur la prévention des maladies, la fourniture d'abris et
la reprise du commerce.

Cuba
Le geste méprisable du parlement
de l'Union européenne
- Déclaration de
l'Assemblée nationale cubaine, le 11 mars 2010 -
Au terme d'une campagne orchestrée par de
puissantes entreprises médiatiques, fondamentalement
européennes, qui ont attaqué Cuba avec
férocité, le Parlement européen vient de voter,
après un débat malhonnête, une résolution de
condamnation de notre pays qui manipule des sentiments, dénature
les faits, profère des mensonges et occulte des
réalités.
Le prétexte avancé a été le
décès d'un détenu, condamné d'abord pour
des délits communs, puis manipulé par des
intérêts étasuniens et par la
contre-révolution interne, pour avoir refusé, de sa
propre volonté, toute alimentation malgré les
avertissements et l'intervention des médecins
spécialistes cubains.
On ne saurait utiliser ce fait regrettable pour
condamner Cuba au motif qu'elle aurait pu éviter ce
décès. S'il est un domaine où notre pays n'a pas
à se défendre verbalement, car la réalité
est irréfutable, c'est bien dans celui de la lutte pour la vie
des êtres humains, qu'ils soient nés à Cuba ou
à l'étranger. Un seul exemple suffit : la
présence de médecins cubains en Haïti depuis plus de
onze ans avant le
séisme de janvier dernier, ce dont la presse
hégémonique se garde bien de parler.
Cette condamnation masque un profond cynisme. Combien
d'enfants sont morts dans les nations pauvres parce que les pays riches
représentés au Parlement européen ne tiennent pas
leurs engagements d'Aide publique au développement ? Tous
savent que c'est prononcer là une sentence de mort massive, mais
ils ont choisi de préserver
leurs niveaux de gaspillage et de surconsommation somptuaire,
suicidaires à long terme.
C'est aussi offenser les Cubains que de vouloir leur
donner des leçons alors que les gouvernements européens
répriment en ce moment même les immigrants et les
chômeurs, tandis qu'ici, le peuple propose librement et sans
intermédiaires, dans des réunions de quartiers, ses
candidats aux élections municipales.
Ceux qui ont participé à la contrebande
aérienne de détenus, à l'établissement de
prisons illégales et à la pratique de la torture, ou qui
les ont permis, n'ont aucun droit moral de juger un peuple
agressé et en butte à un blocus brutal.
Une condamnation si discriminatoire et sélective
ne peut s'expliquer que par l'échec d'une politique qui a
été incapable de faire plier un peuple
héroïque. Ni la loi Helms-Burton, ni la Position commune
européenne, apparues la même année, dans les
mêmes circonstances et dans les mêmes buts, toutes deux au
mépris de notre souveraineté et de
notre dignité nationales, n'ont pas le moindre avenir, car les
Cubains rejettent les diktats, l'intolérance et les pressions
comme normes des relations internationales.

Une nouvelle escalade subversive, accompagnée
d'une large couverture médiatique
- Allocution de Bruno Rodriguez Parilla,
ministre des Affaires étrangères de la République
de Cuba, devant le Segment de haut niveau de la 13e session du Conseil
des droits de l'homme de l'ONU, le 3 mars 2010 -
Monsieur le Président,
Il a fallu les 60 millions de morts de la Seconde Guerre
mondiale pour que le monde réfléchisse sur le concept des
droits de l'homme, notamment du droit à la vie et à la
dignité humaine.
On a beaucoup progressé dans la conception des
droits de l'homme, mais très peu pour en assurer l'exercice.
Nous avons fait de ce thème l'un des piliers fondamentaux des
Nations unies, avec le développement, la paix et la
sécurité internationales. Cependant, c'est le domaine
dans lequel la manipulation idéologique, l'hypocrisie politique
et les deux
poids, deux mesures des pays industrialisés ont fait les plus
grands ravages.
Ceux qui prétendent s'ériger en gardiens
des droits de l'homme et s'efforcent de semer le doute sur la politique
des autres sont précisément les responsables directs des
violations les plus graves, les plus systématiques et les plus
flagrantes des droits de l'homme, notamment du droit à la vie.
Ce sont eux qui ont conçu le système
colonial qui a servi à spolier les pays du Sud et à les
condamner au sous-développement. Ils portent l'entière
responsabilité de l'actuel ordre économique international
qui assassine silencieusement des dizaines de millions d'êtres
humains, victimes de la faim, de la pauvreté et de maladies
pouvant être prévenues et
soignées. Ce sont eux qui imposent les guerres de conquête
modernes qui ont coûté des millions de morts, des civils
pour la plupart. C'est ce qu'on appelle, curieusement, les
« dommages collatéraux ».
Ils sont également les
bénéficiaires de la pensée unique, des
modèles exclusifs, des valeurs basées sur l'exclusion, de
la guerre médiatique, de la construction de
vérités immanentes, de la sous-culture de la
publicité commerciale, de l'imposition de réflexes
conditionnés, de la presse bâillonnée,
mensongère, docile et abrutissante qui justifie ou occulte le
massacre.
La manipulation du terrorisme a servi aux
États-Unis et à leurs alliés européens
à lancer les guerres de domination et de conquête des
ressources énergétiques en Iraq et Afghanistan, qui ont
coûté deux millions de vies humaines. Elle a
également servi à justifier les disparitions
forcées, les tortures, les prisons secrètes et les
centres de détention où ne
sont reconnus ni le Droit international humanitaire ni la condition
d'êtres humains. Elle a été le prétexte de
l'adoption des fameuses « lois patriotiques » qui
viennent d'être prorogées par le gouvernement
étasunien et qui rognent sur les libertés et les
garanties conquises par le mouvement en faveur des droits civiques au
prix de plusieurs
siècles de luttes.
Qui répondra un jour des brutalités
commises à Abu Ghraib, à Bagram, à Guantanamo et
dans d'autres centres de torture et de mort ? Quand les
responsables seront-ils jugés, quand sera-t-il mis fin à
l'impunité ?
Le vice-ministre suédois des Affaires
étrangères a prononcé ce matin un discours curieux
et arrogant dans lequel il a porté des jugements critiques sur
neuf autres pays. Cependant, il n'a pas soufflé mot de la
complicité du gouvernement suédois avec les vols secrets
qui ont fait escale sur son territoire et à bord desquels se
trouvaient des personnes
séquestrées. Nous espérons que l'enquête
prolongée sur cette affaire aboutira un jour et qu'on daignera
en communiquer le résultat à ce Conseil.
Dans les pays européens, qui assumera la
responsabilité des vols secrets, des prisons clandestines dans
leurs territoires et de la participation à des actes de
torture ?
Ce qui a eu lieu en Palestine pendant des années
constitue un véritable génocide. Des milliers de
Palestiniens ont perdu la vie à cause d'attaques militaires
lancées sans discrimination, de sièges et de blocus de
fer qui privent la population des moyens de subsistance les plus
élémentaires.
Les dictatures militaires en Amérique latine,
imposées et soutenues par les États-Unis des
décennies durant, ont assassiné quatre cent mille
personnes. Seulement à Cuba elles ont fait 20 000 morts.
Le droit à la vie est systématiquement
violé dans le monde. L'existence même de l'espèce
humaine est sérieusement menacée par le changement
climatique dont les responsables historiques et actuels sont
ceux-là même qui déclenchent et conduisent les
guerres de conquête. La réunion scandaleuse de Copenhague,
avec ses pratiques frauduleuses et
excluantes, a constitué un acte contre le droit de
l'humanité à la vie et la survie.
Monsieur le Président,
Pendant un demi-siècle, Cuba a été
victime d'agressions étasuniennes et d'actes de terrorisme. Cinq
mille cinq cents soixante-dix-sept Cubains y ont perdu leur vie ou
souffrent aujourd'hui d'un handicap.
Les auteurs de la destruction en plein vol d'un avion de
Cubana de Aviación, en 1976, jouissent de l'impunité,
sous la protection du gouvernement des États-Unis. Une
épidémie de dengue résultant d'une attaque
bactériologique a causé la mort de 101 enfants cubains.
Une des nombreuses bombes posées à La Havane en 1997 a
tué un jeune
Italien.
La Loi dite d'Ajustement cubain et la politique des
« pieds secs et pieds mouillés »
encouragent l'immigration illégale et provoquent des
décès.
Le blocus économique, commercial et financier
imposé à Cuba constitue un acte de génocide,
défini aux alinéas b) et c) de l'article II de la
Convention sur la prévention et la répression du crime de
génocide, ainsi qu'une violation massive, flagrante et
systématique des droits de l'homme.
La politique des États-Unis contre Cuba, que le
gouvernement du Président Obama n'a pas changée,
coûte des vies au peuple cubain.
Une nouvelle escalade subversive, accompagnée
d'une large couverture médiatique, a été
lancée contre Cuba au mépris de tout principe
éthique. L'on prétend faire passer des mercenaires pour
des patriotes, des agents payés par les États-Unis en
territoire cubain pour des dissidents.
La puissante machine de l'empire n'hésite pas
à utiliser un prisonnier récidiviste, sanctionné
au terme d'une procédure régulière pour des
délits de droit commun et ultérieurement recruté
en prison, pour le présenter comme un combattant des droits de
l'homme. Dans le but d'obtenir de faux dividendes politiques, il a
été livré à la mort malgré des soins
médicaux méticuleusement prodigués. Comme l'a dit
le Président Raul Castro Ruz, c'est un fait regrettable. Cet
homme est une autre victime de la politique subversive des
États-Unis contre Cuba.
Depuis le triomphe de la Révolution cubaine en
1959, il n'y a jamais eu à Cuba un seul cas d'assassinat, de
torture ou d'exécution extrajudiciaire ; on n'y a jamais vu
« d'escadron de la mort » ni
« d'Opération Condor ». Cuba a toujours
agit de manière louable et irréprochable dans la
protection du droit à la vie, y
compris par la coopération altruiste hors de ses
frontières.
Monsieur le Président,
J'aurais souhaité aborder des aspects plus
concrets du travail sérieux mené à bien par ce
Conseil ; aborder le thème de la révision de cet
organe qui doit avoir lieu l'année prochaine pour
dénoncer la tentative de le soumettre, d'en modifier la
composition et les procédures afin de lui imposer des
intérêts politiques. J'aurais voulu parler du
mécanisme de l'Examen périodique universel qui a
démontré son utilité en dépit de ses
imperfections et du manque d'autocritique des puissants ayant
été mis en évidence. J'aurais voulu
défendre le Conseil et souligner l'importance de le
préserver de la politisation, de la discrimination, de tout
caractère sélectif et des deux poids, deux mesures.
Je peux vous assurer que Cuba continuera à mettre
ses efforts et sa persévérance au service du Conseil des
droits de l'homme pour que celui-ci demeure indépendant et que
se consolide la coopération, unique voie véritable pour
la promotion et la protection des droits de l'homme dans le monde.
Je dois proclamer, au nom du peuple héroïque
et noble de Cuba, qu'aucune campagne ne nous éloignera de nos
idéaux d'indépendance et de liberté.
Je vous remercie.

Amérique latine
Le voyage de Hillary Clinton pour «limiter les
dégâts»
- Mark Weisbot, The Guardian, le 11 mars
2010 -
La tournée latino-américaine de Hillary
Clinton connaît à peu près le même
succès que celle de George W. Bush en 2005, qui avait dû
fuir l'Argentine une journée plus tôt que prévu.
Cette fois-ci, si elle n'est pas la cible de protestations et
d'émeutes, c'est en grande partie grâce à son
patron, le président Obama, et l'image médiatique
positive qu'il a
réussi à conserver dans la région, même s'il
y poursuit les mêmes politiques que son
prédécesseur.
Par contre, elle est encore plus malhabile que Bush d'un
point de vue diplomatique. Lui, au moins, reconnaissait les
problèmes existants et savait ce qu'il ne fallait pas dire.
« La crise hondurienne a été
gérée et conclue avec succès », disait
Clinton à Buenos Aires, ajoutant que « ce fut
accompli sans
violence ».
Elle versait abondamment du vinaigre sur les plaies de
ses hôtes, qui perçoivent le renversement militaire du
président Mel Zelaya en juin dernier, ainsi que les efforts
subséquents des États-Unis pour y sanctionner la
dictature, non seulement comme un échec mais comme une menace
à la démocratie dans la région.
En plus, c'est une déclaration tout à fait
scandaleuse à la lumière des assassinats politiques, des
agressions, des arrestations de masse et de la torture utilisés
par le gouvernement illégitime pour maintenir le pouvoir et
réprimer le mouvement favorable à la démocratie.
Et pire encore, ces crimes n'arrêtent pas.
Aujourd'hui, neuf membres du Congrès
américain – y inclus certains démocrates dans des postes
dirigeants au Congrès – ont écrit à la
secrétaire Clinton et à la Maison Blanche au sujet de
cette violence. Ils ont écrit :
« Depuis l'inauguration du président
Lobo, plusieurs adversaires éminents du coup se sont vus
attaquer. Le 3 février, Vanessa Zépéda, une
infirmière et organisatrice syndicale qui avait
préalablement reçu des menaces de mort liées
à son activisme dans le mouvement de résistance, fut
trouvée étranglée et son corps fut jeté
d'un véhicule à
Tegucigalpa. Le 15 février, Julio Funes Bénitez, un
membre du syndicat SISTRASANAA et un membre actif du mouvement de
résistance nationale, fut tué par balles par des inconnus
armés alors qu'il était sur sa motocyclette devant chez
lui. Plus récemment, Claudia Brizuéla, une activiste de
l'opposition, fut tuée dans sa maison le 24 février.
Malheureusement, ce ne sont là que trois des nombreuses attaques
contre des activistes et leurs familles... »
Le vendredi 12 mars, la secrétaire Clinton
rencontrera « Pepe » Lobo du Honduras, qui fut
élu président après une campagne qui fut
ponctuée de fermetures de certains médias et par la
répression policière de la dissidence. L'Organisation des
États d'Amérique ainsi que l'Union européenne ont
refusé d'envoyer des observateurs officiels
lors de cette élection.
Les membres du Congrès ont aussi demandé
que lors de sa rencontre avec Lobo, Clinton « envoie un
message fort et non ambigu à l'effet que la situation des droits
de la personne au Honduras pèsera lourd dans la balance lorsque
des décisions seront prises au sujet d'une plus grande
normalisation des relations et d'une reprise d'aide
financière. »
Ce fut la troisième lettre du Congrès pour
Clinton au sujet des droits de la personne au Honduras. Le 7 août
et le 25 septembre, les membres du Congrès du parti même
de Hillary Clinton, le Parti démocrate, lui ont écrit
pour porter plainte au sujet des atteintes permanentes aux droits de la
personne au Honduras et de l'impossibilité d'y tenir des
élections libres dans ces conditions. Ils n'ont reçu ne
serait-ce qu'une réponse formelle que le 28 janvier, soit plus
de quatre mois après réception de la deuxième
lettre. Voilà un manque de respect inhabituel envers les
représentants élus de son propre parti politique.
Pour ces soldats de la nouvelle guerre froide, il
semblerait que ce qui importe est qu'ils se soient
débarrassés du quelconque président
social-démocrate d'un pays pauvre et petit.
Au Brésil, Clinton a persisté dans sa
stratégie de la Guerre froide en y rajoutant des insultes
fortuites envers le Venezuela. On ne participe pas à une
fête tout en critiquant les amis de notre hôte.
Après le rituel des critiques envers le Venezuela, Clinton a
déclaré : « Nous souhaiterions que le
Venezuela ait davantage le regard tourné vers le
sud, vers le Brésil et vers le Chili ainsi que vers d'autres
modèles de pays qui ont réussi. »
Le ministre brésilien des affaires
étrangères, Celso Amorim, a réagi avec diplomatie,
mais a répondu de façon catégorique à ses
insultes : il a dit qu'il était d'accord sur
« un point » que Clinton avait fait,
« que le Venezuela devrait regarder davantage vers le sud...
et c'est pour cette raison que nous avons invité le Venezuela
à
faire partie de MERCOSUR en tant que pays membre. » Les
alliés de la droite de Mme Clinton au sein de la
législature paraguéenne – les vestiges de la dictature de
ce pays et de soixante ans du règne d'un parti unique –
retardent l'entrée du Venezuela dans l'organisation commerciale
sud-américaine. Ce n'est donc pas ce qu'elle
attendait du Brésil.
Les Brésiliens ont aussi rejeté les
efforts fort peu diplomatiques de Clinton pour les encourager à
s'unir à Washington pour réclamer des sanctions contre
l'Iran. « Ce n'est pas prudent que d'acculer l'Iran au pied
du mur », a dit le président Lula da Silva.
« L'approche prudente est d'établir un climat de
négociation. »
« Nous n'adhérerons pas à un
consensus avec lequel nous ne sommes pas d'accord », a
déclaré Amorim à une conférence de presse
avec Clinton.
La secrétaire Clinton a accordé une
concession à l'Argentine, demandant au Royaume-Uni de s'asseoir
avec le gouvernement argentin et de tenter de régler leur
dispute dont la pomme de discorde sont les îles Malouines (les
Falklands). Mais il semble peu probable que Washington fasse quoi que
ce soit pour que cela se matérialise.
Pour l'instant, l'épreuve immédiate
à surmonter sera le Honduras : Clinton poursuivra-t-elle
ses efforts pour disculper le gouvernement hondurien et ses actes de
répression ? Ou écoutera-t-elle enfin les autres
voix qui se font entendre dans son
hémisphère, y inclus celles des membres de son propre
parti, au Congrès et concédera-t-elle quelques points sur
la question des droits humains, y inclus le droit de retour de Mel
Zelaya dans son pays (ce qui fut fortement recommandé par les
Brésiliens) ? Cette histoire ne fera sans doute pas
la une des médias étatsuniens, mais parions que
l'Amérique latine suivra cela de près.

Agression permanente
La guerre pointe à l'horizon en Amérique
latine
- Eva Golinger, Postcards from the
Revolution, le 11 mars 2010 -
L'Empire ne reculera devant rien pour inventer des
mécanismes et des techniques pour atteindre son objectif ultime
et nous ne pouvons pas écarter la possibilité d'un confit
militaire dans un avenir rapproché. Si les États-Unis
placent le Venezuela sur la « liste des États
terroristes », cela pourrait vouloir dire une guerre
régionale
imminente.
L'Amérique latine a été constamment
sous le coup d'agressions de la part de Washington depuis deux cent
ans. Des stratégies et tactiques de guerre ouverte et
dissimulée ont été appliquées contre
plusieurs nations de la région, depuis les coups d'État,
les assassinats, les enlèvements, la torture, les dictatures
brutales, les atrocités, la persécution
politique, le sabotage économique, les opérations
psychologiques, la guerre par les médias, la guerre biologique,
la subversion, la contre-insurrection, l'infiltration paramilitaire, le
terrorisme diplomatique, les blocus, l'intervention dans les
élections jusqu'aux invasions militaires. Peu importe qui est
à la Maison Blanche, démocrates ou républicains,
les politiques de l'Empire demeurent les mêmes quand il s'agit de
l'Amérique latine.
Depuis le début du 21e siècle, le
Venezuela a été l'une des cibles principales de ces
agressions perpétuelles. Les attaques et les tentatives de
déstabilisation contre la révolution bolivarienne se sont
dangereusement escaladées depuis le coup d'avril 2002.
Même si plusieurs sont tombés sous le charme du sourire et
des envolées poétiques de Barack
Obama, il n'y a qu'à regarder ce qui s'est passé l'an
dernier pour réaliser que les agressions de Washington contre le
Venezuela se sont intensifiées. L'expansion militaire sans
précédent dans
la région par le biais de l'occupation étasunienne en
Colombie, la réactivation de la
Quatrième flotte de la marine étasunienne de même
que la présence militaire étasunienne accrue dans les
Caraïbes, à Panama et dans toute l'Amérique
centrale, tout cela dans la même année, peuvent être
interprétées comme étant les préparatifs
d'un scénario de conflit dans la région.
L'escalade des agressions
Les déclarations hostiles faites par des
représentants de Washington ces dernières semaines,
accusant le Venezuela de faillir à la tâche de combattre
les narcotiques, de violer les droits humains, de « ne pas
contribuer à la démocratie et à la
stabilité régionale » et d'être le
« chef de file anti-
États-Unis dans la région », font partie d'une
campagne coordonnée visant à justifier une agression
directe contre le Venezuela. Washington va bientôt publier sa
liste annuelle des « États qui parrainent le
terrorisme » et si le Venezuela se retrouve sur cette liste,
la région pourrait bien être au bord d'un conflit
militaire sans
précédent.
Nous avons des signes concrets qui indiquent que les
choses vont effectivement dans cette direction. Un document de la U.S.
Air Force qui justifie l'accroissement de la présence militaire
en Colombie affirme que Washington se prépare à une
« guerre expéditionnaire » en
Amérique latine.
Ce document de 2009 de la U.S. Air Force, qui a
été envoyé au Congrès en mai dernier (et
modifié en novembre après qu'il ait été
utilisé pour exprimer les intentions véritables qui
motivent l'entente militaire entre les États-Unis et la
Colombie), explique que « le développement de ce CSL
(Centre de coopération pour la sécurité) va
renforcer le
partenariat stratégique établi entre les
États-Unis et la Colombie et il est conforme aux
intérêts des deux nations... Notre présence va
aussi accroître notre capacité à faire des
opérations de renseignement, de surveillance et de
reconnaissance, d'étendre l'éventail de nos
opérations, satisfaire les besoins logistiques, améliorer
la sécurité sur le théâtre des
opérations et augmenter notre capacité pour la guerre
expéditionnaire. »
Au bord de la guerre
Le premier rapport officiel qui établissait les
priorités de l'administration Obama en matière de
défense et de renseignement faisait beaucoup mention du
Venezuela. L'évaluation annuelle des menaces faite par la
communauté du renseignement des États-Unis, qui a
déjà mentionné le Venezuela dans le passé
mais
sans y donner toute l'importance actuelle, a ciblé en
particulier le président Chavez comme une
« menace » majeure aux intérêts
étasuniens. Selon le document de renseignement, « Le
président vénézuélien Hugo Chavez est
devenu l'un des plus grands détracteurs des États-Unis
dans le monde par sa dénonciation de la démocratie
libérale et du capitalisme de marché et son opposition
aux politiques et aux intérêts étasuniens dans la
région », et le document place le Venezuela dans la
même catégorie que l'Iran, la Corée du Nord et Al
Qaïda.
Peu de temps après la parution du rapport, le
département d'État a présenté son budget
pour 2011 au Congrès. En plus d'augmenter le financement par le
biais de la USAID et de la Dotation nationale en faveur de la
démocratie (NED) pour les groupes d'opposition du Venezuela
(plus de 15 millions US $), il y avait aussi une requête
pour 48
millions US $ pour l'Organisation des États
américains (OÉA) afin de « déployer des
équipes spéciales de 'promotion
de
la
démocratie'
dans les pays où la démocratie est menacée par la
présence croissante de concepts alternatifs comme la 'démocratie participative'
que promouvoient le Venezuela et la
Bolivie ».
Une semaine plus tard, la Commission
interaméricaine des droits de l'homme de l'OÉA, qui est
financée par Washington, a publié un énorme
rapport de 322 pages accusant le Venezuela de violer les droits
humains, de réprimer la presse et de miner la démocratie.
Bien que le rapport (et la Commission) portaient sur les droits
humains, l'étude détaillée
a à peine mentionné les grandes réussites du
gouvernement Chavez dans la promotion des droits humains, lesquelles
ont été reconnues et applaudies depuis cinq ans par les
Nations unies. La preuve utilisée par l'OÉA pour produire
le rapport est venue des témoignages de l'opposition et de
médias biaisés ce qui montre une dangereuse
subjectivité à
l'oeuvre.
De concert avec ces accusations, une cour espagnole a
accusé la semaine dernière le gouvernement du Venezuela
d'appuyer et de coopérer avec les FARC et l'ETA, des
organisations considérées terroristes par les
États-Unis et l'Espagne, provoquant un scandale international.
Le président Chavez a réitéré que son
gouvernement n'a absolument aucun
lien avec quelque groupe terroriste que ce soit dans le monde.
« Ce gouvernement est un gouvernement de paix »,
a dit Chavez, après avoir expliqué que la présence
de membres de l'ETA au Venezuela est due à une entente conclue
il y a plus de 20 ans par le gouvernement de Carlos Andres Perez afin
d'aider l'Espagne dans son traité de
paix avec le groupe séparatiste basque.
L'Empire n'a pas de couleur politique
Pendant sa tournée en Amérique latine la
semaine dernière, la secrétaire d'État des
États-Unis Hillary Clinton n'a pas arrêté
d'attaquer le Venezuela dans ses déclarations aux médias
internationaux. Elle a exprimé sa « grande
préoccupation » pour la démocratie et les
droits humains au
Venezuela, accusant le président Chavez de « ne pas
contribuer de manière constructive » au
progrès dans la région. D'un ton cynique, elle a
conseillé au président Chavez de chercher son inspiration
« vers le sud » plutôt que vers Cuba.
La tournée régionale de Clinton faisait
partie d'une stratégie annoncée l'an dernier par
l'administration Obama visant à créer une ligne de
démarcation entre la soi-disant « gauche
progressiste » et la « gauche
radicale » en Amérique latine. Ce n'est pas un
hasard si sa première tournée de la région a
coïncidé avec l'annonce de
la création de la Communauté des États
latino-américains et caribéens (CELC) dans laquelle les
États-Unis et le Canada ne sont pas inclus.
Le conflit qui se prépare
Un conflit militaire ne s'organise pas du jour au
lendemain. C'est un processus qui requiert d'abord que l'on influence
la perception et l'opinion publiques en démonisant le dirigeant
ou le gouvernement qui est visé afin de justifier l'agression.
Les forces armées sont ensuite déployées de
façon stratégique dans
la région pour garantir une action militaire effective. Des
tactiques comme la subversion et la contre-insurrection sont mises en
oeuvre afin d'affaiblir et de déstabiliser de l'intérieur
la nation visée de manière à la rendre plus
vulnérable et d'affaiblir ses défenses.
Cela fait plusieurs années que ce plan a
été mis en action contre le Venezuela. La consolidation
de l'unité régionale et l'intégration
latino-américaine affaiblissent la capacité des
États-Unis à regagner le contrôle dans
l'hémisphère. Les progrès de la révolution
bolivarienne ont également bloqué leur
« destruction de l'intérieur » aux mains
de la subversion interne financée et dirigée par les
agences des États-Unis. L'Empire ne va pas cependant cesser ses
efforts pour atteindre son objectif ultime et un conflit militaire
potentiel dans la région continue à poindre à
l'horizon.

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