Le Marxiste-Léniniste

Numéro 49 - 12 mars 2010

US Steel

Comment s'y prendra-t-on cette fois-ci
pour permettre à US Steel de ne
pas financer les pensions?

US Steel
Comment s'y prendra-t-on cette fois-ci pour permettre à US Steel de ne pas financer les pensions? - Rolf Gerstenberger, président du local 1005 du Syndicat des Métallos

Vale Inco
Les négociations avec le médiateur échouent: Les grévistes maintiennent leurs revendications - Steve Rutchinski
Le Canada n'est pas à vendre: Les travailleurs de Vale Inco demandent la démission de Tony Clement
Les grévistes de Vale Inco et leurs alliés exigent une entente équitable

Kidd Creek/Timmins
Le gouvernement de l'Ontario doit défendre le droit public!
Nos ressources restent ici et doivent être utilisées à l'avantage des régions

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US Steel

Comment s'y prendra-t-on cette fois-ci
pour permettre à US Steel de ne
pas financer les pensions?

Comme nous l'avons déjà mentionné, la plupart des entreprises qui ont un fonds de pension à prestations déterminées sont en train d'essayer de s'en débarrasser. Elles cherchent à convaincre ou à forcer les travailleurs à accepter une forme de fonds de pension à contributions déterminées. C'est ce qui se passe en ce moment avec le lock-out qui se poursuit toujours à Lake Erie Works. US Steel a mis en lock-out les membres de la section locale 8782 le 3 août dernier parce que les métallos ne veulent pas d'un fonds de pension à contributions déterminées. Cette question est aussi un enjeu majeur dans la grève à Vale Inco. La situation que nous vivons en ce moment et l'histoire des fonds de pension à Stelco nous montrent clairement ce que ces entreprises essaient de faire.

Un peu d'histoire

La section locale 1005 a un fonds de pension à prestations déterminées depuis 1956. En 1987-88, le gouvernement de l'Ontario a amendé la Loi sur les régimes de retraite (LRR) en y ajoutant des clauses qui demandent aux entreprises ayant un fonds de pension à prestations déterminées de garder le fonds solvable. Ces amendements faisaient suite aux plaintes de travailleurs qui perdaient leurs prestations quand les entreprises se mettaient sous la protection de la loi de la faillite. Les nouvelles clauses de la LRR ont exigé des entreprises qu'elles mettent suffisamment d'argent dans les fonds de pension pour couvrir celles des travailleurs admissibles aux « droits à pension », soit les travailleurs dont l'ancienneté plus l'âge atteignent 55 ans et plus.

Peu de temps après, le gouvernement ontarien a amendé la LRR à nouveau, cette fois avec la règle 5.1 permettant aux entreprises supposément « trop grosses pour s'effondrer » de ne pas faire leurs paiements de solvabilité,. Cet amendement a été adopté bien que l'expérience ait montré qu'une « entreprise trop grosse pour s'effondrer » ça n'existe pas. Stelco s'est prémuni de la clause 5.1 en s'entendant en secret avec le gouvernement pour être absous de sa responsabilité de faire les paiements de solvabilité prévus par la LRR. Stelco a été autorisé à ne pas faire ses paiements de solvabilité parce qu'il a été jugé « trop gros pour s'effondrer ». Il n'était pas cependant « trop gros pour s'effondrer » quand il s'est mis sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC) ! Une des raisons que Stelco a invoquées à ce moment-là pour demander la protection de la LACC, c'est que ses fonds de pension à prestations déterminées étaient sous-financés, notamment parce qu'il n'avait pas fait ses paiements de solvabilité, étant « trop gros pour s'effondrer ». Nous aurions pu le prédire à sa place !

L'entente « spéciale » sur les pensions avec le Nouveau Stelco

Lorsque Stelco est sorti de la LACC en 2006, la cour a établi un arrangement pour le financement des pensions par le Nouveau Stelco.

1) Le Nouveau Stelco devait combler le déficit dans la solvabilité des pensions dans les dix prochaines années.

2) Le Nouveau Stelco devait mettre dans le fonds de pension 65 millions $ par année pendant les cinq premières années et 70 millions $ les cinq années suivantes.

3) Le Nouveau Stelco a accepté de ne pas verser de dividendes sur son nouveau portefeuille d'actions tant que le déficit dans la solvabilité des pensions ne serait pas réglé.

4) Le Nouveau Stelco s'engageait à faire un « paiement majeur » dans les fonds de pension si l'entreprise atteignait un niveau de profits donné dans une année, peu importe laquelle, afin de combler ce déficit le plus rapidement possible.

L'entente « spéciale » sur les pensions avec US Steel

Lorsque US Steel a acheté le Nouveau Stelco le 31 octobre 2007, il a exigé que la clause du « paiement majeur » et les restrictions sur les paiements de dividendes soient rayées de l'entente sur les pensions. Pourquoi, selon vous ? Parce qu'il était « trop gros pour s'effondrer ! » Et ça n'est pas tout ! US Steel a demandé le maintien de la clause de dix ans sur les paiements de solvabilité qui les établissait à 65 et à 70 millions $ par année plutôt que de revenir à ce que prescrit la LRR parce que l'entreprise allait épargner des sommes énormes. Le rapport le plus récent de l'actuaire établit à plus de 950 millions $ le déficit de solvabilité du fonds de pension de la section 1005 à la fin de 2008. Si US Steel était forcé de rétablir la solvabilité du fonds selon ce que prévoit la LRR, il aurait à faire des paiements d'au moins 200 millions $ pendant cinq ans. L'entente « spéciale » avec US Steel prévoyait des paiements de 65 millions $ et aujourd'hui de 70 millions $ pour les cinq prochaines années. L'entreprise demandait à garder seulement ce qui est bon pour elle et non les restrictions, et la cour a accepté en dépit des objections de la section locale 1005. Toute une aubaine pour elle !

Qu'est-ce qui nous attend en 2016 ?

C'est en 2016 que tout cela va revenir nous hanter. Tout d'abord, le fonds de pension sera toujours largement déficitaire en vertu des paiements insuffisants, des pertes encourues dans les investissements du fonds et de l'augmentation du nombre de retraités. La LRR prévoit qu'à partir de 2016 les fonds de pension ont cinq ans pour devenir solvables. Le problème des pensions s'est encore aggravé avec les fermetures et le ralentissement de la production de US Steel à Hamilton Works et Lake Erie Works. Ce problème n'a pas été envisagé par le Nouveau Stelco de 2006 ni par l'entente « spéciale » de financement avec US Steel. Plus de 700 travailleurs ont pris leur retraite en 2009 lorsque US Steel a fermé l'usine de Hamilton. Plus de 600 travailleurs avaient déjà pris leur retraite en 2006 et 2007. Toutes ces mises à la retraite conjuguées avec le non-remplacement de ces travailleurs et la production totalement insuffisante d'acier ont accru le déficit de solvabilité des pensions parce que les fonds sont financés aujourd'hui encore selon l'entente « spéciale » avec US Steel pour des paiements de 70 millions $ par année. La LRR prescrit que ces déficits doivent être payés adéquatement et comblés dans les cinq ans qui suivent à partir de la fin de 2015.

C'est US Steel qui a créé ce problème au Canada par ses fermetures et ses coupures et son refus de remplir ses obligations en vertu de la législation canadienne, notamment de la LRR et de la Loi sur Investissement Canada. US Steel a été aidé par les décisions du gouvernement ontarien et de la cour de même que par la réponse inepte du gouvernement à sa contestation de la LIC. Les travailleurs actifs et à la retraite ne sont pas à blâmer pour cette situation et ils demandent le respect de leur droit à des pensions à prestations déterminées tel qu'enchâssé dans la convention collective. La section locale 1005 se joint aux autres travailleurs du Canada pour défendre les pensions à prestations déterminées que nous avons et revendiquer des pensions semblables pour tous !

Pourquoi les entreprises demandent-elles des fonds de pension à contributions déterminées ?

On a rapporté qu'une des demandes de US Steel dans ses négociations avec Lake Erie visait à éliminer le fonds de pension universel à prestations déterminées. US Steel veut placer tous les nouveaux engagés et les travailleurs avec moins de dix ans de service dans un fonds de pension à contributions déterminées sans prestations déterminées à la retraite qui dure jusqu'au décès. Le moins qu'on puisse dire c'est que cela créerait un avenir plus qu'incertain pour les retraités. L'entreprise verserait 1,25 dollar pour chaque heure travaillée dans un fonds de pension et le montant accumulé représenterait la prestation totale à la retraite peu importe combien d'années le travailleur vit après qu'il se soit retiré.

Il y a des gens qui ont estimé que si cela devait se produire à Hamilton Works, compte tenu des obligations financières qui s'enclenchent après 2015, l'espoir de US Steel serait qu'il n'y aurait plus personne d'enregistré au fonds actuel à prestations déterminés encore à l'emploi d'Hamilton Works à ce moment. Si US Steel essaie d'éliminer le fonds à prestations déterminées pour tous en 2016 sous prétexte qu'il est trop coûteux, il ne restera plus personne appartenant à ce fonds qui sera encore là pour le défendre. Est-ce que les travailleurs actifs de 2016, dont les droits à des pensions à prestations déterminées auraient été abandonnés par les travailleurs dorénavant retraités, combattraient pour un fonds dont ils ne font pas partie ? Pensons-y bien. Le slogan syndical « Un pour tous et tous pour un ! » traverse les générations. Les travailleurs doivent s'appuyer les uns les autres sans égard à leur âge ou à toute autre considération. Les monopoles n'ont pas à coeur notre bien-être, ça c'est certain. Le facteur décisif c'est notre unité et notre détermination à défendre nos droits et les droits de tous. Lorsqu'ils prennent des décisions importantes qui affectent leur propre bien-être et le bien-être de tous, les travailleurs actifs et à la retraite doivent prendre en compte les générations futures.

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Vale Inco

Les négociations avec le médiateur échouent:
Les grévistes maintiennent leurs revendications

Pas de concessions ! Une entente équitable dès maintenant !

Après près de huit mois en grève, les travailleurs de Vale Inco à Sudbury et à Port Colborne sont résolus à n'accepter aucune concession et à forcer l'entreprise à conclure une entente équitable dès maintenant ! Les pourparlers sous la médiation ont été rompus le lundi 7 mars. Le directeur du district 6 du syndicat des Métallos, Wayne Fraser, a dit que lui et le comité de négociation de la section locale 6500 sont frustrés et en colère parce que, malgré le geste du syndicat de faire « un maximum d'efforts » pour parvenir à un règlement, Vale Inco « n'a fait aucun effort dans ce sens ».

Le médiateur Kevin Burkett a formellement rompu les discussions et par la suite le syndicat des Métallos a fait une demande sans précédent de renvoyer toutes les questions en suspens à un tribunal d'arbitrage obligatoire présidé par Burkett et où le syndicat et Vale Inco y nommeraient chacun un représentant. Vale Inco a aussi rejeté cette proposition.

Les travailleurs en grève ne sont pas intimidés par le chantage de Vale Inco ou son insistance pour que les travailleurs se rendent aux demandes de la compagnie qu'elle pourrait faire à sa guise !

« L'offre » de Vale et les raisons pourquoi l'équipe de négociation de la section locale 6500 l'a rejetée sont affichées à l'adresse www.FairDealNow.ca sur le site web du syndicat. Par exemple, Vale Inco insiste pour que le seuil de déclenchement de la prime au nickel soit porté de 2,25 $ à 5,00 $ et que l'indemnité reçue par les travailleurs comme indexation au coût de la vie soit ajoutée au seuil de déclenchement, ce qui représente l'érosion continuelle de la prime de nickel. La compagnie a également une formule permettant de plafonner la prime que le comité de négociation du syndicat a rejetée parce qu'elle aurait payé 42 % de moins aux membres.

Également, Vale Inco insiste encore pour que les travailleurs acceptent de mettre fin au régime à prestations déterminées pour les nouveaux employés, qui serait remplacé par un régime à cotisations déterminées.

Le syndicat des Métallos a demandé des assemblées des membres, le jeudi 11 mars à Sudbury et le vendredi 12 mars à Port Colborne, afin de présenter les détails de « l'offre définitive » de Vale Inco.

Voici donc un petit échantillon de ce que les ouvriers disent au sujet de l'offre de Vale :

- [Une durée du contrat de] 5 ans avec un plafond sur les primes et moins d'un dollar d'augmentation de salaire !

- Il n'y a pas de protocole de retour au travail - ils mettront à pied ou licencieront quiconque ils voudront.

- Eh, tout le monde ! on veut une entente équitable dès maintenant - Tout ce que je veux, c'est de ne pas avoir été en grève pendant 8 mois pour rien !

- Il n'y a pas de date de retour au travail ou de clause de retour au travail dans cette convention. Ils vont choisir qui ils voudront voir retourner au travail et quand.

- Un enjeu majeur qui n'est pas mentionné est le réengagement de nos membres qui étaient licenciés à tort.

- Ils n'ont pas résolu le problème de la sécurité d'emploi.

- Pas question. Accepter la proposition de Vale Inco, c'est accepter la sous-traitance et un nombre indéterminé de mises à pied.

- Ils ne vont pas nous contrôler, nous allons gagner !

- Une entente équitable c'est que nos frères et soeurs ont tous un emploi lors du retour au travail, pas de pertes d'acquis sur notre régime de retraite, les primes de nickel et une véritable prime à la signature, une clause de non-licenciement. Tous des acquis, pas des pertes.

Les demandes de concessions de Vale Inco sont complètement injustifiées. Durant les deux années où Vale a été propriétaire, elle a encaissé deux fois plus de bénéfices provenant de l'exploitation de ses activités en Ontario qu'Inco a réalisés durant les dix années précédentes. Le plan « minier à sens unique » de Vale Inco inclut un choix sélectif des meilleurs gisements et le rejet des autres gîtes miniers, ce qui veut dire le licenciement de centaines de travailleurs et le refus de réinvestir le produit social dans les communautés où le nickel est extrait et transformé.

En plus d'en venir à un aboutissement satisfaisant de la grève, les travailleurs exigent que Vale Inco respectent les engagements pris lors de l'achat d'Inco. L'achat d'Inco par Vale n'a pas produit d'avantage net pour le Canada. Une proposition a été mise de l'avant de nationaliser les activités de Vale au Canada et de les faire fonctionner comme une société publique au service du bien-être des Canadiens et des intérêts généraux de la société. Si Vale n'est pas elle-même en mesure de se conformer aux règles, elle devrait remettre ses actifs canadiens comme forme de dédommagement pour les torts qu'elle a causés aux travailleurs, aux communautés vivant de l'exploitation du nickel et à l'économie afin que les gens de la région puissent s'offrir une industrie et une économie qui répondent à leurs besoins et à ceux du Canada dans son ensemble.

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Le Canada n'est pas à vendre: Les travailleurs de
Vale Inco demandent la démission de Tony Clement

Vendredi le 5 mars, les travailleurs en grève de Vale Inco se sont rassemblés à court préavis pour confronter Tony Clement, le ministre fédéral de l'Industrie, lorsqu'il s'est faufilé à Sudbury pour rencontrer des représentants de FedNor (FedNor est un programme fédéral développement de l'organisation régionale en Ontario). Les travailleurs voulaient que le ministre explique comment le gouvernement fédéral peut affirmer que la prise de contrôle d'Inco par le monopole minier mondial Vale SA, basé au Brésil, est un « net avantage pour le Canada ».

Le ministre s'est assuré d'être entouré de policiers de la grande région de Sudbury et de la GRC. Il a refusé de rencontrer les grévistes et a dit à un journaliste du Sudbury Star que « la dernière chose dont nous avons besoin est que le ministre de l'Industrie, ou tout autre représentant du gouvernement fédéral, aille se fourrer le nez [dans cette contestation judiciaire] et brouiller les cartes, alors que nous n'avons pas les leviers nécessaires » pour jouer un rôle.

Il s'agit d'un ministre d'un gouvernement qui, dans son dernier discours du Trône, a déclaré que le Canada est « ouvert » à tous les « investisseurs » étrangers. Mais quand il est appelé à rendre des comptes pour les agissements de son gouvernement, il déclare que les préoccupations soulevées par les travailleurs sont en dehors de sa compétence.

Les travailleurs en grève de Vale Inco à Sudbury ont réclamé la démission du ministre Clément. « Le Canada n'est pas à vendre ! », lui ont-ils dit.

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Les grévistes de Vale Inco et leurs alliés
exigent une entente équitable

Le 6 mars, plus de 250 manifestants, dont deux autobus remplis de travailleurs de Vale d'Inco de Sudbury, ont participé à un rassemblement à l'extérieur Centre des congrès du Toronto métropolitain pour exiger du monopole mondial brésilien qu'il négocie une « entente équitable dès maintenant » avec ses travailleurs canadiens.

Les travailleurs de Vale Inco ont été rejoints par les métallos du conseil central de Toronto Area ainsi de la section locale 1005 du syndicat des Métallos de Hamilton, des travailleurs des postes des sections locales de Toronto et Scarborough, des travailleurs des diverses sections locales des TCA, des travailleurs de la section locale 2003 du SCEP de Cadillac Fairview et bien d'autres. De nombreuses personnes présentes provenaient directement du rassemblement de la Journée internationale de la femme et qui avaient manifesté plus tôt le même jour.

Le rassemblement s'est tenu en face du Centre des congrès du Toronto métropolitain, où Vale Inco avait parrainé une conférence vantant à quel point les activités minières de l'entreprise sont écologiques.

Les grévistes de Sudbury ont dénoncé cette arrogance avec leur énorme marionnette représentant le personnage du Faucheur qu'ils prennent à toutes leurs actions pour exposer les mensonges éhontés de Vale Inco que Vale « a sauvé » Sudbury, qu'elle se soucie du bien-être des travailleurs et de la collectivité et, maintenant qu'elle est « la Vale environnementaliste » !




Outre les représentants de la section locale 6500 qui se sont adressés au rassemblement, Ken Neumann, directeur national des Métallos, Sid Ryan, président de la Fédération des travailleurs de l'Ontario, Fred Hahn, président du SCFP de l'Ontario, Paul Clifford, président de la section locale 75 de UNITE-HERE, ainsi que des représentants du SCEP et d'autres ont également pris la parole. Tous les orateurs ont exprimé leur solidarité et promis d'envoyer le 22 mars prochain à Sudbury autant d'autobus que possible de partout en Ontario au rassemblement « Combler le fossé ».

C'était un rassemblement militant. Des cris de « Une entente équitable dès maintenant » et « Un jour de plus, un jour plus fort » ont retenti. L'esprit de résistance et de défi s'est était exprimé par une grande bannière sur le côté du Centre des congrès qui était ainsi libellé : « Vale Inco - Aucun respect pour les travailleurs ou l'environnement ! »

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Kidd Creek/Timmins

Le gouvernement de l'Ontario
doit défendre le droit public!

Le Marxiste-Léniniste a appris que, mercredi le 3 mars, le premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty, a rencontré à Queens Park le pdg de Xstrata, Mick Davis, et le pdg de Xstrata Nickel, Ian Pearce, à Toronto, lors d'une session à porte close, où les dirigeants de Xstrata « ont décrit leur décision de fermer la fonderie de Timmins [le site métallurgique Kidd] ». Le ministre du Développement du Nord (sic), des Mines et des Forêts, Michael Gravelle, a fait cette annonce jeudi à des journalistes à Timmins.

Le premier ministre a dit avoir « accepté à contrecoeur » la décision de Xstrata. Le premier ministre «ne demanderait pas mieux que de voir Xstrata changer d'avis ». Le ministre Gravelle a affirmé que « si on me laissait faire, je ferais changer d'avis à Xstrata ... pas de doute à ce sujet ».

Pourquoi le ministre tourne-t-il autour du pot ? Pourquoi n'a-t-il pas mis les représentants de Xstrata à leur place ? En refusant de le faire, le gouvernement de l'Ontario trahit le droit public et l'intérêt public pour laisser primer le droit de monopole.

Le ministre aurait dû dire sans équivoque aux représentants de Xstrata que leurs intérêts d'affaires sont subordonnés aux intérêts de la société en général et aux droits des travailleurs en particulier.

Le syndicat canadien des travailleurs des mines et fonderies, section locale 599 des TCA, a mis de l'avant des solutions bien pensées à la fermeture annoncée par Xstrata de Kidd Metsite prévue pour mai prochain. Cela comprend entre autres :

1) que le gouvernement provincial mette en place un moratoire de trois ans sur la fermeture des installations à valeur ajoutée de Kidd Creek de manière à envisager des alternatives à la fermeture de la seule usine métallurgique de cette nature dans la province;

2) que le gouvernement travaille avec Xstrata et le syndicat pour trouver des solutions au supposé dilemme de la compagnie, y compris la possibilité d'une politique hydro-électrique industrielle pour le nord qui réduirait les importantes factures d'électricité;

3) qu'on modifie la Loi sur les mines de l'Ontario pour empêcher Xstrata d'aller de l'avant avec ses plans et pour s'assurer que des situations similaires ne se produisent pas à d'autres mines ou à d'autres sites miniers;

4) si Xstrata refuse d'entendre raison, alors nous devons l'encourager de se départir de ses actifs au Canada afin que nous puissions aller de l'avant avec le projet d'ajouter encore plus de valeur à nos ressources naturelles, ici même dans le nord de l'Ontario.

Ces propositions faites par la section locale 599 des TCA sont des mesures d'urgence qui doivent être légiférées pour faire face à la crise économique, des mesures qui restreignent les monopoles et servent les intérêts et le bien-être des travailleurs canadiens et l'économie socialisée du Canada.

Les travailleurs à Kidd Creek et leurs alliés à Timmins sont en droit de s'organiser eux-mêmes et leur communauté afin de priver Xstrata de sa capacité de les priver de leur droit de maintenir le site métallurgique Kidd Creek opérationnel, de l'empêcher d'être démantelé, de maintenir en vie cet avoir productif de la société, qu'ils ont créé par leur propre travail.

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Rassemblement militant à la mine Nickel Rim South à Sudbury

Nos ressources restent ici et doivent
être utilisées à l'avantage des régions

Les travailleurs du syndicat canadien des travailleurs des mines et fonderies, section locale 599 des TCA, à Timmins où Xstrata Copper planifie de fermer le site Kidd Metallurgical (Metsite) en mai, éliminant 670 emplois directs et jusqu'à 3 000 en tout, se sont rendus à la mine Nickel Rim South de Xstrata à Sudbury le 4 mars pour y tenir un rassemblement militant et élargir leur campagne « Nos ressources restent ici ! » visant à protéger leurs emplois et leur communauté. Ils ont organisé l'action pour coïncider avec la visite à la mine de Nickel Rim du pdg de Xstrata, Mick Davis, venu assister à une cérémonie d'ouverture officielle en compagnie d'autres gros bonnets de Xstrata et du ministre ontarien du Développement du Nord, des Mines et des Forêts de l'Ontario, Michael Gravelle. Lorsque Xstrata a eu vent de l'action prévue, la cérémonie a été abruptement annulée. Au lieu de venir à Sudbury, Davis a rencontré le premier ministre ontarien Dalton McGuinty à Toronto. Les travailleurs ont décidé de ne pas laisser la compagnie et le gouvernement déterminer l'ordre du jour et sont allés de l'avant avec leur action.

Les travailleurs de Timmins ont été rejoints par des travailleurs de Vale Inco en grève à Sudbury depuis juillet, qui luttent pour une entente équitable contre une société qui refuse de négocier à moins que les travailleurs acceptent des concessions sur les retraites, les primes et les droits de transfert. Celle-ci a tenté de reprendre la production avec le travail de mercenaires. Les membres du syndicat canadien des travailleurs des mines et fonderies, section locale 599 des TCA chez Xstrata Nickel, à Sudbury où Xstrata a fermé trois mines et licencié 686 travailleurs en mai dernier, et des représentants des travailleurs de l'Ontario Northland Railway (ONR) à North Bay et Midland, ont également participé à la manifestation.

La manifestation et le rassemblement du 4 mars montrent l'unité dans l'action qui grandit entre les travailleurs des ressources naturelles du nord de l'Ontario. Les exigences et les slogans présentés par les travailleurs étaient ouvertement politiques, parlant de « Qui décide ? », et sur la direction de l'économie : « Nous demandons que notre gouvernement aide les travailleurs au Canada ! » ; « Nos ressources restent ici ! » ; « Des emplois, pas des indemnités de licenciement ! » ; « La Loi sur Investissement Canada, pas d'avantage net ! » ; « L'extraction et l'exploitation minière de nos ressources naturelles doivent profiter à nos collectivités par le maintien et la création d'emplois ! » ; « D'énormes profits pour les entreprises signifient des coûts significatifs pour notre communauté et la province ! » et « Le nickel appartient au Canada mais pas la dette de Xstrata ! »

Ont parlé au rassemblement le président Richard Paquin et la vice-présidente Anne Marie MacInnis du syndicat canadien des travailleurs des mines et fonderies, section locale 598 des TCA, Brian Watson, le secrétaire rapporteur du syndicat canadien des travailleurs des mines et fonderies, section locale 599 des TCA à Timmins, Eric Delparte du syndicat des Métallos section locale 6500, Brian Kelly président de la section locale 103 des TCA (ONR), George Markic des retraités du syndicat canadien des travailleurs des mines et fonderies et un membre de Community Activists Needing Answers Regarding Your Safety (CANARYS).



Le 4 mars 2010: les travailleurs du syndicat canadien des travailleurs des mines et fonderies, section locale 598 des TCA à Timmins, manifestent à Sudbury contre Xstrata avec les travailleurs et des partisans. Sur la photo, le président du syndicat Richard Paquin (en haut à droite) et la vice-présidente Anne Marie MacInnis (en bas à droite).

Les orateurs ont parlé de la catastrophe économique qui s'est abattue sur les travailleurs et les communautés minières de Timmins et Sudbury en moins de quatre ans depuis que Vale et Xstrata se sont emparés de l'ancien Inco et de Falconbridge dans une course à la monopolisation. Ils ont dénoncé le concept que ces prises de contrôle par des monopoles mondiaux sont un avantage net pour le Canada et les communautés minières, tel que préconisée par Tony Clement et Stephen Harper à Ottawa et Dalton McGuinty à Queen's Park. Ils ont appelé le gouvernement à défendre les travailleurs et les régions-ressources et ont exigé que l'on trouve des façons de faire en sorte que la récolte et l'exploitation minière des ressources naturelles profitent à la collectivité par le maintien et la création d'emplois.

Suite au rassemblement, les participants se ont rendus à Garson Mine pour renforcer la ligne de piquetage contre Vale Inco, puis au centre communautaire Falconbridge pour un barbecue.

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