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Pour la 14e journée internationale contre la brutalité policière, le Collectif opposé à la brutalité policière invite toute la population à venir marcher dans les rues d'Hochelaga-Maisonneuve. Si nous avons choisi de marcher dans ce quartier cette année, c'est pour dénoncer le profilage social qui s'y opère. Depuis quelques années, la répression policière s'est accentuée à Hochelag. Non satisfaite d'être parvenue à chasser du centre-ville une bonne partie des itinérant-e-s, des jeunes de la rue et des travailleuses et travailleurs du sexe, la police intensifie ses opérations dans les quartiers où elle les avait repoussé-e-s. Qu'il s'agisse de distribution massive de tickets, d'imposition de quadrilatères, ou de brutalité dans son sens le plus primaire, il apparaît clair que cette répression a pour but de « nettoyer » le Hochelag des pauvres pour attirer une nouvelle catégorie sociale de résidentes et résidents privilégié-es pour son nouveau ghetto embourgeoisé. Ici comme ailleurs, la police est au service non pas de la population dans le besoin, mais du développement résidentiel privé et des spéculateurs immobiliers. En cette Journée internationale contre la
brutalité policière, nous marcherons également
dans les rues pour crier haut et fort notre ras-le-bol face à
l'impunité policière. Depuis la mort de Fredy Villanueva,
tué à Montréal Nord par l'agent Jean-Loup
Lapointe, la population québécoise ne cesse d'apprendre
des faits troublants sur cette affaire en
particulier et sur la police en général. Non seulement le
SPVM a-t-il enlevé la vie à un jeune homme non
armé, mais nous savons maintenant que les enquêtes de la
police sur la police sont caractérisées par une suite
interminable d'irrégularités qui indiquent une
complaisance en faveur des flics-assassins. À Vancouver,
l'affaire Dziekański, du nom
de cet homme qui s'est fait tazé à mort il y a trois ans
par quatre agents de la GRC, révèle les mêmes
problèmes. Il arrive que les « agents de la paix » abusent de leurs pouvoirs et parfois même tuent des personnes innocentes et non armées sans la moindre crainte d'êtres punis, puisqu'il savent pertinemment que le système est là pour les protéger. Cela porte un nom, et s'appelle l'impunité. Aussi scandaleuses soient-elles, les bavures policières les plus médiatisées comme Villanuava, Dziekański, Barnabé, et bien d'autres, ne sont que la pointe de l'iceberg. Depuis Griffin en 1987, 60 personnes ont étés tuées par la police de Montréal. Au quotidien, dans les rues d'Hochelaga-Maisonneuve comme dans celle de Montréal-Nord, de Saint-Michel et du centre-ville, des personnes sont victimes d'intimidation, de profilage, d'harcèlement, d'agressions et de violences policières. Très rarement, des accusations sont portées contre les flics, et à peine quelques-uns reçoivent des sentences ridicules qui souvent seront portées en appel. Les flics ont tendance à viser les quartiers et les personnes les plus pauvres soit les marginalisées, et ethnoculturels. Le profilage autant racial que social est désormais un phénomène documenté et dénoncé par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Comme il fallait s'y attendre, le SPVM et son employeur, la Ville de Montréal, continuent de nier ces faits avérés, et pire, tentent de saboter le travail de la Commission en multipliant les tactiques dilatoires dans l'objectif de réduire les pouvoirs d'enquête de la Commission. Cette technique est courante chez les grands lobbys
policiers. Quand ils ne tentent pas d'introduire de nouveaux
règlements pour augmenter les pouvoirs publics de la police, ils
tentent d'annuler la tenue d'enquêtes publiques, comme c'est le
cas présentement dans le dossier Anas Bennis (résident de
Montréal tué en 2005 à Côte-des-neiges) ils
cherchent toujours à excuser et protéger les
policiers-assassins. ![]() C'est bien connu, les policiers se protègent entre eux, et les mécanismes officiels sont incapables de protéger le public face aux abus policiers et aux dénis de justice. La déontologie policière est un recours insuffisant qui ne fait pas le poids devant leur machine. Depuis quelques années, le nombre de plaintes contre des policier-e-s atteint des records. Pourtant, le nombre de mises en accusation devant le tribunal déontologique et les « reconnaissances de culpabilité » sont à la baisse. Depuis la réforme de 1997, la conciliation est devenue la voie obligatoire pour le traitement des plaintes. Une recette bien pratique qui blanchit les flics à coup sûre parce qu'avec la conciliation, on s'assure que tout ce qui est discuté ne pourra aboutir ni devant les tribunaux, ni dans les archives de la Commission. Devant pareil constat, on est en droit de se demander, mais qui nous protège de la police ? Avec une fraternité, un employeur, des procureurs, la loi et la classe politique de leur côté, les flics peuvent bien continuer d'agir comme des vrais cowboys qui semblent être au-dessus des droits humains. C'est pourquoi nous devons créer une solidarité plus forte que la leur. Dans le dossier Villanueva, les proches, la population et les groupes de pression se sont mobilisés et sont parvenus à faire avancer la justice et la vérité. Si nous voulons réellement renverser la vapeur, nous devons faire de même pour toutes les victimes de bavures policières ; nous lever et mettre fin au silence faire cesser l'impunité. C'est pourquoi le Collectif Opposé à la Brutalité Policière invite toute la population à venir manifester, le 15 mars. Ensemble, brisons le silence et dénonçons les abus policiers ! Collectif opposé à la brutalité
policière
Non à la déportation de Dany Villanueva!La Coalition contre la répression et les abus policiers (CRAP), Montréal-Nord Républik, Personne n'est illégal-Montréal et Solidarité sans frontières lancent un appel conjoint pour une campagne de soutien à Dany Villanueva, témoin-clé dans l'enquête publique sur la mort de Fredy Villanueva menacé d'expulsion du Canada par l'Agence des services frontaliers du Canada. Arrêtons la déportation de Dany Villanueva! Non à la double peine!Justice et dignité pour la famille Villanueva! En janvier dernier, Dany Villanueva a appris que l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) avait l'intention d'entamer des procédures pour tenter de lui retirer son statut de résident permanent et ainsi l'expulser du Canada. Dany est le grand frère de Fredy Villanueva qui a été tué par un policier de la ville de Montréal en août 2008. Une enquête publique est présentement en cours pour établir les causes et circonstances de ce décès et Dany est un témoin clé puisqu'il a assisté à l'intervention qui a coûté la vie à son frère. D'ailleurs, le moment choisi pour entamer les procédures de renvoi contre Dany est hautement suspect. Ces procédures équivalent à une tentative d'ingérence de l'ASFC dans l'enquête publique sur la mort de Fredy. Elles provoquent, entre autres, le ressassement médiatique du passé criminel de Dany qui, disons-le, a déjà payé sa dette à la société. Ces procédures le forcent aussi à participer à l'enquête publique dans un état de stress intolérable, alors qu'il est menacé d'être déporté au Honduras, un pays qu'il a à peine connu puisqu'il vit au Canada avec sa famille depuis l'âge de 12 ans et est résident permanent du Canada depuis 1998. Ces démarches créent également un fardeau insupportable pour la famille Villanueva. En effet, elle doit non seulement poursuivre avec diligence sa quête de vérité en se présentant à l'enquête publique sur la mort d'un de ses fils aux mains de la police, mais aussi vivre avec la crainte de voir un autre de ses fils expulsé du pays. Les procédures à l'endroit de Dany exposent l'injustice de la « double peine » contre les immigrant-es reconnu-es coupables de crimes. Que ce soit clair : Dany a déjà été puni par le système judiciaire pour sa condamnation criminelle. Or, l'État s'apprête à le punir doublement en initiant des procédures d'expulsion contre lui. La « double peine » cible particulièrement les immigrant-es pauvres et les jeunes de couleur, victimes du profilage social et racial de la part de la police. Le mot réhabilitation, si cher à notre système pénal, n'est semble-t-il applicable que pour les Canadiens de souche. Nous demandons à toutes et à tous de dénoncer la situation intenable imposée à la famille Villanueva par l'Agence des services frontaliers du Canada. Nous exigeons donc : - la fin immédiate de toutes les procédures de déportation contre Dany Villanueva et que son statut de résident permanent soit maintenu ; - la fin de la double peine contre les immigrant-es qui ont un dossier criminel ; ? Dans le même esprit, nous continuons à dénoncer l'impunité policière et réaffirmons notre solidarité avec la famille Villanueva. Ce que vous pouvez faire- APPUYER la campagne contre la déportation de Dany Villanueva. Si votre groupe est en accord avec les revendications de la campagne, invitez-le à endosser formellement cet effort. Faites parvenir l'endossement de votre groupe ou une courte lettre de soutien à la cause à solidaritesansfrontieres@gmail.com - ÉCRIRE ou TÉLÉPHONER au ministre de l'Immigration et au ministre de la Sécurité publique (l'Agence des services frontaliers du Canada relève du Ministère de la Sécurité publique). Vous trouverez les coordonnées des ministres et une lettre-modèle à envoyer ci-dessous. Nous vous encourageons à envoyer des lettres ou des fax ; les courriels ne sont pas pris au sérieux par le gouvernement et sont à éviter. - Nous vous invitons aussi à appuyer la famille Villanueva en assistant aux audiences de l'enquête publique sur la mort de Fredy, qui ont lieu au Palais de Justice. Les dates des prochaines audiences sont les suivantes : 9, 10, 11 et 12 mars 2010. Pour un calendrier complet des dates de l'enquête, visitez le site www.lacrap.org/membres. - Nous vous encourageons également à assister aux futures audiences de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié qui détermineront si Dany garde son statut de résident permanent ou s'il est déporté. Veuillez nous contactez si vous désirez que l'on vous informe des dates devant la CISR. Nous allons très certainement mobiliser pour remplir la salle d'audience en solidarité avec la famille Villanueva. - Finalement, vous pouvez envoyer un message d'appui à Dany et à la famille. Envoyez vos messages à solidaritesansfrontieres@gmail.com. Nous les ferons parvenir à Dany et à la famille Villanueva. Argumentaire/Lettre-type à envoyer aux ministres[Vous pouvez utiliser la lettre ci-dessous comme point de départ pour une lettre personnalisée ou comme argumentaire lorsque vous appellerez les ministres.] Monsieur le ministre de la Citoyenneté et Immigration Jason Kenney, Monsieur le ministre de la Sécurité publique Vic Toews, Je vous écris concernant un dossier qui relève du ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration et de l'Agence des Services frontaliers du Canada (ASFC). Je vous écris à propos du cas de Dany Villanueva qui fait actuellement face à des procédures de renvoi, malgré le fait qu'il soit résident permanent du Canada depuis 1998. De par votre rôle dans ces Ministères, il est dans votre pouvoir d'octroyer un statut permanent et irrévocable à Dany. Il est aussi en votre pouvoir de mettre fin immédiatement aux procédures d'expulsion entreprises par l'ASFC. En effet, les procédures de renvoi à l'endroit de Dany Villanueva sont pour le moins troublantes. Dany vit au Canada en tant que résident permanent depuis 1998, après avoir quitté le Honduras avec sa famille quand il était enfant. Il vit au Canada depuis plus de dix ans. Les démarches contre Dany constituent une tentative d'ingérence contre un témoin majeur dans le cadre de l'enquête publique sur la mort de Fredy Villanueva, frère de Dany, tué par un agent du Service de police de la Ville de Montréal en 2008. Le cas de Fredy a permis de mettre en lumière les problèmes du profilage racial et de l'impunité policière à Montréal et tous savent que le témoignage de Dany sera essentiel au déroulement de cette enquête. Le fait que Dany ait une audience prévue devant la Commission d'immigration et du statut de réfugié met une pression indue sur Dany et sa famille. Cette situation est hautement préoccupante et le moment choisi pour entreprendre le processus de renvoi est fort suspect. Dany Villanueva est également une victime de la politique de la « double peine » pratiquée par Immigration Canada et par l'ASFC. Dany a déjà été puni par le système judiciaire pour ses condamnations criminelles. Il se trouve maintenant doublement puni par l'initiation de mesures de renvoi à son égard. La « double peine » cible de façon disproportionnée les jeunes immigrants pauvres et de couleur qui font l'objet du profilage social et racial pratiqué par les forces policières. J'aimerais en dernier lieu réitérer mon appui à la famille Villanueva. Je vous demande respectueusement de considérer cette lettre et d'octroyer à Dany Villanueva un statut permanent au Canada. Je vous demande de mettre fin à toutes les mesures d'expulsion à son égard, et ce dans les plus brefs délais. Sincèrement, [signé] Coordonnées des ministresVeuillez faire parvenir vos lettres par la poste ou par fax (les courriels ne sont pas pris au sérieux). Vous pouvez aussi téléphoner aux ministres pour faire valoir votre opinion. Nous vous suggérons d'écrire aux ministres Kenney et Toews dans une même lettre, mais vous pouvez aussi envoyer des lettres séparées si vous le désirez. Coordonnées de
Jason Kenney, ministre de l'Immigration Coordonnées de
Vic Toews, Ministre de la Sécurité publique (responsable
de l'ASFC)
Tentative d'ingérence de l'Agence
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