Le Marxiste-Léniniste

Numéro 46 - 8 mars 2010

Célébrons la Journée internationale de la femme
par la réaffirmation des droits de tous!

CALENDRIER D'ÉVÉNEMENTS DU 8 MARS

Célébrons la Journée internationale de la femme par la réaffirmation des droits de tous! - Déclaration du Parti communiste du Canada (marxiste- léniniste)
Les femmes luttent vigoureusement pour une nouvelle direction pour le Québec! Elles ne s'accommoderont ni de l'offensive antisociale Charest/Harper, ni d'un ordre du jour au service des riches, ni d'un Canada pro-guerre! - Déclaration du Parti marxiste-léniniste du Québec (PMLQ)
Montréal: Lancement de la Marche mondiale des femmes
Toronto: Vigoureuse manifestation pour le financement des programmes sociaux et la reconnaissance des droits

À titre d'information
L'histoire de la Journée internationale de la femme - Janice Murray

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Célébrons la Journée internationale de la femme
par la réaffirmation des droits de tous!

Cette année est le centième anniversaire de la décision d'établir la Journée internationale de la femme pour mettre en valeur les luttes des femmes pour leurs droits politiques, économiques et sociaux et contre la guerre impérialiste. Aujourd'hui au Canada et dans le monde, les femmes participent à tous les jours, en tant que femmes et tant que travailleuses, à la lutte pour créer une société qui reconnaît les droits de tous et dans laquelle les femmes ne cèdent pas leur place.

Le Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste) transmet ses salutations révolutionnaires à toutes les femmes du Canada et du monde qui luttent pour défendre les droits de tous. Chapeau aux travailleuses et aux femmes qui mobilisent leurs familles et communautés contre le diktat de monopole. Les travailleurs du secteur public défendent leurs droits et luttent contre la destruction des programmes sociaux qu'ils dispensent, notamment dans la santé et l'éducation, et des autres services sociaux essentiels. Les femmes sont aux premiers rangs de la lutte pour briser le silence sur la disparition et le meurtre de leurs soeurs, des femmes autochtones pour la majorité. Les femmes ont pris position contre le programme raciste du gouvernement fédéral sur les « aides familiales résidentes » et les autres programmes qui servent à avilir et à exploiter les travailleuses migrantes. Les femmes demeurent au premier rang de l'opposition à la guerre et à l'occupation en Afghanistan, de l'opposition militante aux crimes de guerre et à l'apartheid d'Israël et aux plans pour une occupation militaire à long terme d'Haïti.

Marche de la Journée internationale de la femme à Montréal le 7 mars 2010

Les femmes combattent à tous les jours pour arrêter la désintégration du tissu social et disent Non ! à la demande que tout soit mis à la disposition des monopoles. Elles exigent que les gouvernements assument leur responsabilité de fournir les programmes et les services dont elles ont besoin. Elle luttent pour l'augmentation du financement des programmes sociaux, pour des services de garderie universels, gratuits et accessibles, pour un logement abordable et en sécurité pour tous et toutes, pour l'éradication de la violence et pour l'augmentation du financement de la santé et de l'éducation. Non ! aux manoeuvres pour payer les riches et « équilibrer les budgets » en s'en prenant aux plus vulnérables et aux travailleurs actifs et à la retraite.


Marche de la Journée internationale de la femme à Toronto le 6 mars 2010

Étalant son mépris total pour le fait que la Journée internationale de la femme appartient aux femmes combattantes du monde qui oeuvrent à créer un autre monde, le gouvernement Harper a déclaré que le thème de la Journée cette année sera : « Force des femmes. Force du Canada. Force du monde. » Dans son communiqué le ministère de la Condition féminine du Canada affirme : « Ce thème fait référence aux mesures que prend le gouvernement dans le but d'encourager un plus grand nombre de femmes et de filles à occuper des postes de responsabilité et de décision, mesures qui les aident à s'épanouir, à développer leur plein potentiel et à réaliser leurs rêves, et qui contribuent en retour à la prospérité du Canada. »

C'est très hypocrite venant d'un gouvernement qui ne reconnaît que le droit de monopole et qui refuse de reconnaître que tous ont des droits du fait qu'ils sont humains et que les gouvernements ont l'obligation de garantir ces droits en pratique. C'est d'autant plus hypocrite de la part d'un gouvernement qui s'est donné pour mission de concentrer le pouvoir et de pratiquer l'abus de pouvoir à chaque instant. C'est le désespoir d'un gouvernement qui craint les collectifs des femmes et tous ceux qui luttent pour une société propre à l'existence humaine, pour un programme pro-social, pour un Canada qui joue un rôle contre la guerre et l'agression dans le monde.

La déclaration que « Non c'est non ! » a une signification particulière en cette Journée internationale de la femme à l'heure où le peuple est placé devant une situation d'abus de pouvoir du parti qui forme le gouvernement, et en l'absence d'une opposition parlementaire effective. Les riches ont tout le pouvoir et ils s'en servent pour priver les femmes, les travailleurs et leurs alliés de leurs droits, surtout le droit de décider de la direction de la société. Les riches et leurs gouvernements doivent être privés de leur pouvoir de nier à tous le droit de bâtir une société sans exploitation ni oppression, dans laquelle les femmes ne sont plus en proie à toutes les injustices et dans laquelle s'épanouit le plein potentiel humain des femmes, des enfants et des hommes. Non c'est non !

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Vive le 8 mars 2010,
Journée internationale de la femme!
Les femmes luttent vigoureusement pour une nouvelle direction
pour le Québec! Elles ne s'accommoderont ni de l'offensive
antisociale Charest/Harper, ni d'un ordre du jour au service
des riches, ni d'un Canada pro-guerre!

Le Parti marxiste-léniniste du Québec (PMLQ) salue toutes les femmes du Québec, des Premières Nations, du Canada et de partout dans le monde à l'occasion du 8 mars 2010 qui exigent l'humanisation de l'environnement naturel et social. Le PMLQ salue la lutte des travailleuses et des travailleurs du secteur public parce que leurs demandes servent à l'humanisation de la société et parce qu'elles limitent le gouvernement de Jean Charest dans sa volonté de remettre les ressources de ce secteur entre les mains des riches. Nous saluons le lancement de la 3e Marche mondiale des femmes qui déclare que les femmes du monde vont continuer leurs actions tant que leurs demandes ne seront pas satisfaites. Un salut tout particulier à nos soeurs héroïques d'Haïti et du Chili qui aujourd'hui oeuvrent à soulager la souffrance de leur peuple.

En ce 8 mars, la bourgeoisie, ses élus et ses médias au Québec préparent le terrain pour l'intensification de l'offensive antisociale et la destruction nationale en utilisant l'hystérie comme façon de poser les problèmes et l'anti-conscience sociale pour les résoudre. La diversion et la division du corps politique sont à leur agenda afin d'empêcher les gens de réfléchir, de discuter et de s'organiser pour aborder la situation en leur faveur.

Le gouvernement Charest s'apprête à déposer son prochain budget antisocial en faisant intervenir ses experts et spécialistes (« autorité suprême ! ») qui répètent que les femmes, les étudiants, les travailleuses et travailleurs doivent abandonner leurs aspirations, se serrer la ceinture, devenir raisonnables, s'accommoder pour « sortir le Québec du rouge ». Dans cet élan, au nom de l'« égalité hommes-femmes », les médias, le gouvernement et son ministère de l'Immigration ont sorti sur la place publique une histoire « d'accommodements » des plus humiliantes pour les gens concernés et réduit le problème posé à une histoire de pour ou contre.

Le gouvernement est bien arrogant de parler d'« égalité hommes-femmes » alors qu'il se prépare à imposer de nouvelles hausses de tarifs, des coupures de services et d'autres mesures anti-peuple, intensifiant l'exploitation de la classe ouvrière dont les femmes travailleuses sont les premières victimes. Dans le secteur public, sous décret depuis 2005, les femmes formaient, en 2006, 56 % de l'effectif régulier dans la fonction publique. Près de 68,5 % des enseignants et 79 % des travailleurs de la santé et de l'assistance sociale sont des femmes. Ce sont des centaines de milliers de femmes qui dispensent des soins de santé, de l'enseignement et de l'assistance sociale aux travailleuses du Québec et à leur famille. C'est ça l'égalité hommes-femmes ? Ce sont les femmes et leurs collectifs qui vont définir dans la lutte à la défense de leurs droits ce que sera l'égalité hommes-femmes, pas Jean Charest !

De son côté, le gouvernement Harper y est aussi allé de son arrogance avec son slogan du 8 mars : « Forces des femmes, force du Canada, force du monde ». De quelle force parle-t-il ? Ce slogan a tout d'un appel à mobiliser les femmes comme force pour la guerre, l'agression et la conquête au service de l'impérialisme américain ! ... mais il ne mordra que la poussière. Les femmes du Québec ont déjà affirmé qu'elles sont une force de changement contre la participation du Canada dans toute guerre d'agression contre les peuples du monde, pour un gouvernement anti-guerre.

L'esprit du 8 mars, c'est l'esprit de résistance et d'organisation des femmes pour créer une société humaine. En cette journée, les femmes du Québec affirment haut et fort qu'elles ne s'accommoderont ni de l'offensive antisociale Charest/Harper, ni d'un ordre du jour au service des riches, ni d'un Canada pro-guerre ! Les femmes du Québec sont résolument modernes et participent à l'économie socialisée, à la création de la richesse sociale et font partie de la création de tout ce qui est positif pour l'ensemble du peuple. Que ce soient les demandes pour mettre fin à la pauvreté, aux sources de la violence contre les femmes et les enfants, pour des conditions de salaires et de travail dignes des standards d'une société moderne ou des services publics de qualité pour tous, les femmes et leurs collectifs placent le bien-être des êtres humains au centre de leurs préoccupations et la défense des droits de tous. Elles traduisent leur amour social en demandes pour que les membres de la société du Québec puissent affirmer leur humanité.

Vive le 8 mars, Journée internationale de la femme !
Femmes à la tête des changements pour le renouveau démocratique de la société !
Pas d'accommodement au service des riches : défendons les droits de toutes et tous !

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Montréal: Lancement
de la Marche mondiale des femmes

« Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche ! En 2010, ça va marcher ! » Tel était le mot d'ordre du lancement de la 3e Marche mondiale des femmes 2010, organisé à Montréal le 7 mars pour la Journée internationale de la femme. Partout au Québec, plus de 110 activités ont été organisées pour le lancement, se joignant aux milliers de femmes à travers le monde qui célèbre la Journée internationale de la femme.

Plus de 1 000 personnes, des femmes et hommes de tout âge, de tous les milieux, et de nombreuses organisations de défense des femmes, se sont réunies au Square Phillips et ont marché, au rythme énergique des tambours, pour faire entendre sur la place publique leurs aspirations à une société digne de tous les êtres humains.


Les revendications de la Coordination du Québec de la Marche mondiale y ont été présentées sous formes de sketches, interventions et témoignages. « Le contexte sociopolitique actuel est inquiétant, et c'est pourquoi les femmes de partout au Québec ont décidé de marcher afin d'exprimer leur indignation, leur colère et leur ras-le-bol », a déclaré Alexa Conradi, porte-parole de la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes et présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ). Elle a dénoncé le courant de la droite religieuse qui se dresse contre les droits des femmes.

Elle a présenté les 5 revendications qui s'adressent aux gouvernement du Québec et du Canada et qui sont regroupées sous le chapeau de cinq champs d'action :

- Avec « Travail et autonomie économique des femmes : mesures urgentes de lutte contre la pauvreté », les femmes défendent l'accès à un salaire minimum juste et la fin des catégories à l'aide sociale qui maintiennent des personnes dans une situation de pauvreté extrême.

- Avec « Bien commun et accès aux ressources », elles luttent contre la privatisation et la hausse de la tarification des services publics.

- « Violence envers les femmes comme outil de contrôle du corps des femmes » exige du gouvernement du Québec qu'il légifère sur les publicités sexistes et qu'il mette en place des cours d'éducation à la sexualité dans les écoles. Les marcheuses revendiquent aussi que le gouvernement du Canada garantisse le droit inaliénable des femmes de décider d'avoir ou non des enfants, ce qui implique le maintien et la consolidation des services d'avortement gratuits offerts partout au pays.

- « Paix et démilitarisation » dénonce l'impact de la militarisation de notre société en revendiquant que le gouvernement du Canada retire ses troupes de l'Afghanistan en appelant les gouvernements à empêcher le recrutement militaire dans les établissements scolaires.

- « Droits et des femmes autochtones » demande au gouvernement du Canada de signer la Déclaration internationale sur les droits des peuples autochtones, et mette en oeuvre les droits qui y sont contenus avec une attention particulière sur les droits des femmes et des enfants autochtones.

À la suite du lancement national et des lancements régionaux, toutes les régions du Québec se préparent à organiser des actions du 12 au 16 octobre prochain. Ces actions culmineront le 17 octobre avec un grand rassemblement national à Rimouski.

Les centaines de manifestants ont marché sur la rue Ste-Catherine, le boulevard Maisonneuve et la rue McGill pour terminer devant les bureaux du premier ministre Jean Charest. Dans une grande chaîne humaine, ils ont symboliquement empilé une tonne de souliers usés pour signifier aux gouvernements que les femmes ne cesseront de marcher tant que leurs droits et aspirations pour la paix, la justice sociale, l'éradication de la pauvreté et la fin de la violence contre les femmes et les enfants ne seront pas réalité. Tout au long de la journée des activistes du Parti marxiste-léniniste du Québec (PMLQ) ont distribué une déclaration à l'occasion de la Journée internationale de la femme qui parle entre autres de la lutte des travailleurs du secteur public et dénonce l'offensive antisociale des gouvernements Charest et Harper.

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Toronto: Vigoureuse manifestation
pour le financement des programmes sociaux
et la reconnaissance des droits

Cette année, les activités et manifestations de la fin de semaine marquant la Journée internationale de la femme ont attiré le plus grand nombre de participants de l'histoire récente. De vivants contingents de femmes et leurs enfants ont exigé la reconnaissance de leurs droits, y compris l'augmentation du financement des programmes de garderie et pour les enfants d'âge scolaire.

Les événements du 6 mars ont commencé avec le déjeuner annuel Mary-Spratt, à la salle du syndicat des métallos. Plus tard dans la matinée il y a eu un rassemblement à l'intérieur au centre OISE sous la bannière : « Nous luttons pour nous toutes et tous et nous continuons de marcher ! ». Les compressions dans les services sociaux, la violence contre les femmes, surtout les femmes autochtones, et le travail précaire étaient les sujets abordés par les intervenantes. Il y a eu un sketch portant sur la lutte des femmes pour participer aux affaires politiques, passant par la lutte pour le suffrage féminin jusqu'à l'activation des femmes dans la crise politique actuelle.

L'auditorium était bondé à craquer et beaucoup de participants ont dû s'attrouper à l'extérieur. Des activistes du groupe Personne n'est illégal ont exposé en détail la condition que vivent les femmes migrantes et réfugiées, comme les récentes décentes policières dans les centres d'hébergement pour femmes. Elles ont parlé de la situation des femmes dans les pays étrangers, comme dans les Philippines, par exemple, et des organisations de femmes du sud-est asiatique ont condamné les coupures dans les subventions pour les garderies.

Au moins 2 000 personnes ont participé à la marche jusqu'à Ryerson. Au devant se trouvaient les femmes et enfants du groupe Building Stronger Futures, qui lutte pour le logement social et des programmes pour les enfants de 12 ans et moins. Les femmes du secteur public et leurs collèges de travail étaient présents en grand nombre et il y avait aussi un militant contingent des femmes et travailleurs du PCC(M-L). Les métallos du Local 1005 de Hamilton sont venus participer à la marche et montrer leur appui aux travailleurs de Vale Inco en grève qui tenaient une manifestation à Toronto le même jour.



Après la marche, beaucoup de femmes sont montées dans les autobus nolisés par les métallos pour se rendre au Centre des congrès du Toronto métropolitain et rejoindre la manifestation des grévistes de Vale Inco de Sudbury, Port Colborne et Voisey's Bay en grève depuis sept mois.

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À titre d'information

L'histoire de la Journée internationale de la femme


Site historique à Copenhague, au Danemark, où les femmes du monde entier se sont réunies pour la deuxième
Conférence internationale des femmes socialistes en 1910 et ont adopté la résolution établissant
la Journée internationale de la femme.

Cette année marque le centenaire de la résolution adoptée par la deuxième Conférence internationale des femmes socialistes à Copenhague, au Danemark en 1910, créant la Journée internationale de la femme. La résolution fut adoptée à l'unanimité par les plus de 100 femmes déléguées provenant de 17 pays participants, parmi lesquelles se trouvaient les trois premières femmes élues au Parlement de la Finlande. La résolution fut présentée par la communiste allemande Clara Zetkin, qui avait d'abord proposé l'idée d'une manifestation annuelle en appui aux travailleuses et aux droits des femmes à la première Conférence internationale des femmes socialistes à Stuttgart, en Allemagne en 1907.

Cette deuxième Conférence internationale des femmes socialistes réaffirma les principes adoptés à la première conférence sur le suffrage féminin. Ces principes établirent le cadre de la résolution visant à créer une Journée internationale de la femme qui portait sur la question des droits politiques des femmes.

Le document indique en partie :


La communiste allemande Clara Zetkin (1857-1933), qui a fait la proposition initiale de la Journée internationale de la femme en 1910. Elle était membre de diverses organisations révolutionnaires dans sa jeunesse et fut exilée à plusieurs reprises pour ses activités politiques.

« Le mouvement des femmes socialistes de tous les pays répudie le droit de vote limité des femmes comme une falsification et une insulte au principe de l'égalité politique du sexe féminin. Il lutte pour la seule expression vivante concrète de ce principe : le suffrage universel de la femme ouvert à tous les adultes et lié par aucune condition de la propriété, du paiement des impôts, du niveau d'éducation ou toutes autres qualifications, qui excluent les membres de la classe ouvrière de la jouissance de ce droit. Elles continuent leur lutte, pas en alliance avec les réformistes du droit bourgeois des femmes, mais en alliance avec les partis socialistes et elles luttent pour le suffrage de la femme comme une des exigences qui, du point de vue du principe et de la pratique, est la plus importante pour la démocratisation du suffrage. »

Déclarant que les partis socialistes dans tous les pays sont « tenus de se battre avec énergie pour l'introduction du vote des femmes », il affirme que le mouvement des femmes socialistes doit prendre part aux luttes organisées par les partis socialistes pour la démocratisation du suffrage, tout en s'assurant que dans ce combat, « il faut insister sur la question du suffrage universel des femmes à cause de son importance d'un point de vue des principes et de la pratique ».

La résolution visant à créer la Journée internationale déclare que :

« Afin de faire progresser l'émancipation politique des femmes, il est du devoir des femmes socialistes de tous les pays d'agiter infatigablement selon les principes ci-dessus mentionnés au sein des masses laborieuses ; de les éclairer par des discours et la littérature sur la nécessité sociale et l'importance de l'émancipation politique du sexe féminin et utiliser donc toutes les occasions de le faire. En menant cette propagande, elles doivent tirer le meilleur parti en particulier des élections à toutes sortes d'institutions politiques et publiques ».

Les déléguées ont résolu que :

« En accord avec les organisations politiques et syndicales du prolétariat, qui sont animées d'une conscience de classe dans leur pays, les femmes socialistes de toutes nationalités ont à organiser une Journée de la femme spéciale qui, en première ligne, doit promouvoir la propagande pour le suffrage des femmes. Cette demande doit être discutée en relation avec toute la question de la femme selon la conception socialiste des choses sociales. »

L'année précédente, une « Journée de la femme » avait été organisée aux États-Unis, le dernier dimanche de février 1909, par le Comité national des femmes du Parti socialiste américain, marquée par des manifestations pour les droits des femmes. Le suffrage des femmes ainsi que les droits des travailleuses, notamment dans l'industrie du vêtement, ont été au centre de ces manifestations. Cette Journée de la femme a honoré les milliers de femmes impliquées dans les nombreuses grèves dans les premières années du XXe siècle dans plusieurs villes, dont Montréal, Chicago, Philadelphie et New-York. Ce fut une période où les femmes se sont jointes à la population active par milliers et ont lutté aux côtés des hommes pour s'organiser collectivement et améliorer leurs conditions brutales de travail.

Plus tard, en 1909, les travailleurs de l'industrie du vêtement à New-York - dont 80 % étaient des femmes - ont quitté leur travail et ont marché pour les droits syndicaux, des salaires décents et des conditions de travail dans ce qu'on a appelé le « soulèvement des 20 000 ». L'arrêt de travail avait été appelé « grève du mouvement des femmes » et s'est poursuivi du 22 novembre 1909 jusqu'au 15 février 1910. La Ligue syndicale des femmes a fourni le cautionnement pour les grévistes arrêtés et d'importantes sommes pour les fonds de grève durant l'arrêt de travail.

Premières célébrations de la Journée internationale de la femme

Le 19 mars 1911 était la date fixée pour la première Journée internationale de la femme par la deuxième Conférence internationale des femmes socialistes et, mettant en pratique leur résolution, des rassemblements organisés ce jour-là en Autriche, au Danemark, en Allemagne et en Suisse furent suivis par plus d'un million de femmes et d'hommes. « Le vote pour les femmes unira notre force dans la lutte pour le socialisme » était l'appel de ces rassemblements. En plus de la revendication du droit d'élire et d'être élues, elles réclamaient le droit au travail et à la formation professionnelle et la fin de la discrimination au travail. Une femme socialiste écrivait à l'époque :

« La première Journée internationale de la femme a eu lieu en 1911. Son succès a dépassé toutes les attentes. Lors de la Journée de la femme travailleuse, l'Allemagne et l'Autriche ont été témoin du bouillonnement d'une mer houleuse de femmes. Des réunions ont été organisées partout - dans les petites villes et même dans les villages, les salles étaient si bondées qu'elles ont dû demander aux travailleurs masculins de céder leur place aux femmes.

« Ce fut certainement la première démonstration du militantisme des travailleuses. Pour faire changement, les hommes sont restés à la maison avec les enfants et les épouses, les ménagères en captivité, sont allées aux réunions. Pendant les plus grandes manifestations de rue, dans lesquelles 30 000 femmes prenaient part, la police a décidé de retirer les bannières des manifestantes, les travailleuses ont pris position et résisté. Dans la bagarre qui a suivi, un bain de sang a été évité grâce à l'intervention des députés socialistes au Parlement. »

L'année suivante, les femmes en France, aux Pays-Bas et en Suède prirent part à des actions pour marquer la Journée internationale de la femme. Dans la période précédant la déclaration de la Première Guerre mondiale, la célébration de la Journée internationale de la femme s'opposa à la guerre impérialiste et exprima la solidarité entre les travailleuses de pays différents en opposition à l'hystérie chauvine nationale des cercles dirigeants. En Europe par exemple, la Journée internationale de la femme était l'occasion d'envoyer des conférencières d'un pays dans un autre pour offrir leurs salutations.

Les femmes russes célébrèrent leur première Journée internationale de la femme le dernier dimanche de février 1913 (dans le calendrier julien, ce qui correspondait au 8 mars dans le calendrier grégorien en usage ailleurs), sous les conditions brutales de la réaction tsariste. Il n'y avait aucune possibilité que des femmes organisent des manifestations ouvertes mais, dirigées par les femmes communistes, elles ont trouvé des façons de célébrer cette journée. Des articles sur la Journée internationale de la femme furent publiés dans les deux journaux légaux des travailleurs de l'époque, y compris les salutations de Clara Zetkin et autres.

Un essai écrit en 1920 par une militante communiste de l'époque décrit la célébration de 1913 :

« Durant ces années sombres, les réunions étaient interdites. Mais à Petrograd, à la Bourse Kalashaikovsky, ces travailleuses qui appartenaient au Parti ont organisé un forum public sur « La question féminine ». Le prix d'entrée était de cinq kopecks. C'était une réunion illégale mais la salle était remplie. Des membres du Parti ont pris la parole. Mais cette réunion animée 'fermée' était à peine terminée que la police, alarmée au sujet de la tenue d'une telle réunion, est intervenue et a arrêté plusieurs oratrices.

« C'était d'une grande importance pour les travailleurs du monde que les femmes de Russie, qui vivaient sous la répression tsariste, devraient y participer et en quelque sorte reconnaître par des actions la Journée internationale de la femme. C'était un signe encourageant que la Russie se réveille et que les prisons et potences tsaristes étaient impuissantes à vaincre l'esprit de lutte et de protestation des travailleurs. »

Les femmes en Russie continuèrent de célébrer la Journée internationale de la femme de diverses manières au cours des années suivantes. Beaucoup de celles engagées dans l'organisation se retrouvèrent dans les prisons tsaristes alors que le slogan « pour le vote aux travailleuses » devenait un appel ouvert pour le renversement de l'autocratie tsariste.

Le premier numéro de Femme ouvrière (Rabotnitsa), une revue pour les femmes de la classe ouvrière, fut publié en 1914. La même année, le Comité central bolchevik décida de créer un comité spécial chargé d'organiser des réunions pour la Journée internationale de la femme. Ces réunions eurent lieu dans les usines et lieux publics pour discuter des questions liées à l'oppression des femmes et pour élire les représentantes parmi celles qui participèrent à ces discussions et adoptèrent des propositions pour travailler sur le nouveau comité.

Journée internationale de la femme de 1917 en Russie

En Russie, en 1917, la Journée internationale de la femme était un moment de lutte intense contre le régime tsariste. Les travailleurs, y compris les travailleuses des industries du textile et de la métallurgie, étaient en grève dans la capitale et l'opposition à la participation de la Russie à la guerre impérialiste qui faisait rage en Europe grandissait. Le 8 mars (23 février dans le calendrier julien), des milliers de femmes descendirent dans les rues de Saint-Pétersbourg dans une grève pour le pain et la paix. Les ouvrières d'usine, rejointes par les épouses de soldats et d'autres femmes, exigèrent « Du pain pour nos enfants » et « Le retour de nos maris des tranchées ». Cette journée a marqué le début de la Révolution de Février, qui a conduit à l'abdication du tsar et à la mise en place d'un gouvernement provisoire.

Le gouvernement provisoire décréta le suffrage universel et reconnut des droits égaux pour les femmes. Suite à la Révolution d'Octobre 1917, le gouvernement bolchevique mit en oeuvre une législation plus avancée qui garantissait dans les lieux de travail le droit des femmes de participer directement à l'activité sociale et politique. Celle-ci éliminait tous les obstacles formels et concrets qui, auparavant, auraient signifié la subordination de leur activité sociale et politique, ainsi que leur soumission aux hommes. Une nouvelle législation sur l'assurance maternité et la santé fut proposée et approuvée en décembre 1917. Un fonds public d'assurance fut créé, sans aucune retenue sur les salaires des travailleurs, qui bénéficiait à la fois aux travailleuses et aux épouses des travailleurs. Cela signifiait que les femmes étaient maintenant traitées à part égale alors que ni elles ni leurs enfants n'étaient dépendants des conjoints et des pères pour leur bien-être.

Après 1917

Le 8 mars, en tant que Journée internationale de la femme, est devenue officiel en 1921 lorsque les femmes bulgares participant au Secrétariat des femmes de l'Internationale communiste proposèrent une motion qu'elle soit célébrée de manière uniforme dans le monde ce jour-là. Le 8 mars fut choisi afin de souligner le rôle joué par les femmes russes dans la révolution dans leur pays, et à travers leurs actions, dans la lutte des femmes pour leur émancipation à l'échelle internationale.

Le premier rassemblement de la Journée internationale de la femme en Australie a eu lieu en 1928. Il a été organisé par les femmes communistes là-bas et a exigé une journée de huit heures, un salaire égal pour un travail égal, les congés payés annuels et un revenu décent pour les chômeurs.

Les femmes espagnoles ont manifesté contre les forces fascistes du général Francisco Franco pour célébrer la Journée internationale de la femme en 1937. Les femmes Italiennes ont célébré en 1943 la Journée internationale de la femme par des manifestations militantes contre le dictateur fasciste Benito Mussolini qui envoyait leurs fils mourir durant la Deuxième Guerre mondiale.

De cette façon, depuis 1917, la Journée internationale de la femme a été à la fois une journée de célébration de la lutte des femmes pour leurs droits et les droits de tous et un jour pour affirmer de manière militante l'opposition des femmes à la guerre impérialiste et à l'agression. Son esprit a toujours été que pour gagner les droits des femmes et la lutte pour la sécurité et la paix, les femmes doivent se mettre au premier rang du combat et des gouvernements qui représentent ces demandes.

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