Le Marxiste-Léniniste

Numéro 45 - 6 mars 2010

Journée internationale de la femme 2010
Célébrons la Journée internationale de la femme en réaffirmant notre lutte pour les droits de tous!


Ce que signifie être «fort» - Dagmar Sullivan
Besoin urgent de renforcer les programmes publics pour protéger les femmes qui sont victimes de violence - Peggy Morton
L'arrogance de ce gouvernement qui dit n'avoir pas de responsabilité face au problème de l'appauvrissement des femmes - Elaine Couto

Le 4e anniversaire du plan «universel» de garde d'enfants du gouvernement Harper
Les travailleurs ont besoin d'un programme national pour la garde d'enfants! - Christine Nugent

Haïti
Les femmes haïtiennes rendent hommage aux dirigeantes décédées lors du séisme

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Ce que signifie être «fort»

Le thème 2010 de Condition féminine Canada est « Force des femmes. Force du Canada. Force du monde » Le thème de 2009 était « Force du leadership. Force des femmes. Force du monde : Égalité » et en 2008 : « Des femmes fortes font la force du monde ». Helena Guergis, la ministre d'État à la condition féminine a fait récemment une tournée du Canada pour présenter le thème « La force des femmes fait la force du Canada ».

Qu'est-ce qui se passe dans la tête de ce gouvernement ? Pense-t-il que s'il relégue assez de femmes à la maison pour qu'elles s'occupent de l'enseignement à domicile des enfants tout en encourageant « les esprits les plus brillants » à devenir « des leaders sur le marché », les femmes vont oublier leurs droits, devenir chauvines et guerrières et se croire « fortes » ? Fortes de quoi ? Le Canada « fort » d'aujourd'hui est celui qui remet la richesse produite par les travailleurs aux monopoles nationaux et étrangers, coupe et privatise les services publics, vend les avoirs nationaux, attaque les salaires, les conditions de travail et les pensions des travailleurs des secteurs publics et privés. C'est un Canada d'agression et d'occupation, un Canada où la « force fait le droit ». Ce prétendu Canada fort n'a pu empêcher la prise de contrôle de notre secteur manufacturier et de nos ressources par les monopoles étrangers. Il n'a pas la force de résister aux exigences des États-Unis d'entraîner le Canada dans ses activités d'agression et de bâtisseur d'empire. C'est un Canada qui n'a pas eu la force de respecter les lois internationales sur la torture et la Charte des Nations unies sur la non-utilisation de la force pour régler les conflits entre les nations, mais qui a la force de persécuter les opposants à la guerre.


Le Canada qui n'a pas la force de protéger les ouvriers contre les fermetures d'usine, les coupures de salaire et les concessions, mais qui a la force de persécuter ceux qui font la grève et de décréter un retour un travail, ce Canada est fort pour qui ? Le Canada qui n'a pas la force de protéger les plus de 500 femmes disparues, principalement des Autochtones, ou de fournir des garderies abordables, mais qui a la force de fermer des bureaux d'organismes de défense des femmes et de réduire les paiements de transfert, ayant pour conséquence la destruction des services comme les garderies, les logements sociaux et les soins de santé, ce Canada est fort pour qui ? C'est un Canada avec une forte élite privilégiée qui a tout le pouvoir et qui fait la loi dans les coulisses du pouvoir et les salles des conseil d'administration où agissent les escrocs de toutes sortes qui se font passer pour des hommes d'affaires et des leaders accomplis.

Les femmes ont depuis longtemps rejeté l'arrangement qui prend la forme d'une forte figure d'autorité à la tête de membres dociles et soumis. Elles ont également rejeté l'idée d'être des femmes « fortes » qui font leur les politiques de destruction nationale et de guerre. Les femmes défendent depuis longtemps les traditions militantes qui suivent le principe que notre force est dans notre nombre, notre unité et notre lutte collective pour nos droits et les droits de tous. C'est en établissant les mécanismes nécessaires permettant à tous d'avoir une voix et de prendre part aux prises de décisions et à l'application de ces décisions pour bâtir un Canada populaire, que les femmes démontrent leur force et leur créativité.

Un Canada fort ne peut qu'être là où les travailleurs et leurs alliés ont le pouvoir politique de changer la direction de l'économie pour servir les besoins du peuple ici et à l'étranger et garantir leurs droits. C'est seulement lorsque le pouvoir politique est entre les mains des ouvriers et de ses alliés que le pays aura la volonté et la force de respecter la souveraineté de toutes les nations, de pratiquer le commerce sur la base de l'avantage réciproque et de s'opposer au recours à la force dans le règlement des conflits entre les nations. C'est cette bataille que les femmes ont prise en main et ce sont les succès obtenus dans le cours de l'édification nationale qui seront la preuve de leur vraie force.

Tous et toutes pour le renouveau démocratique !
Tous et toutes pour un Canada populaire !
Tous et toutes pour l'établissement d'un gouvernement anti-guerre !

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Besoin urgent de renforcer les programmes
publics pour protéger les femmes qui sont
victimes de violence

La prétention que les subventions servent à donner un pouvoir aux femmes
et à développer leur aptitudes de leadership ne correspond pas à la réalité. C'est pur
cynisme et hypocrisie lorsque confronté à la situation réelle que vivent les femmes.

Quand les gouvernements annoncent qu'ils « déposent un budget », l'impression est donnée qu'il s'agit d'un processus dans lequel des fonds sont alloués à des programmes précis qui sont ensuite approuvés par le parlement. En fait, de nombreux programmes sont mis en place grâce à un processus de dépenses discrétionnaires grâce auxquelles le parti au pouvoir peut décider qui obtient le financement et qui n'en aura pas, un processus qui est corrompu jusqu'à la moelle, un moyen de contrôle et de diktat.

Tel est le cas des programmes concernant la violence contre les femmes. Plus de 101 000 femmes et enfants ont été admis dans des refuges en 2008. Durant une journée normale, plus de 7 000 femmes et enfants sont hébergés dans des refuges. Environ les trois quarts des femmes dans les refuges fuient une situation violente, et pour deux tiers de ces femmes, l'agresseur était le conjoint de fait ou l'époux.

En 2008, on comptait 569 refuges offrant des services d'hébergement aux femmes et aux enfants qui fuient des situations de violence au Canada, selon l'Enquête sur les maisons d'hébergement 2008/2009 – un recensement biennal de tous les établissements d'hébergement pour femmes victimes de violence conjugale. Les femmes ont besoin à la fois de foyers d'accueil et de maisons de transition.

Le besoin de maisons de transition témoigne du manque de logements sociaux au Canada et du refus des gouvernements de garantir le droit au logement. Les femmes sont particulièrement touchées, comme les revenus moyens des femmes demeurent environ 30 % inférieurs aux revenus moyens des hommes. Les femmes représentent une part disproportionnée de la population à faibles revenus au Canada, et celles qui sont monoparentales ou célibataires sont particulièrement susceptibles d'avoir de faibles revenus et de vivre dans la pauvreté. Les femmes ne sont évidemment pas la cause de ce problème.

Ce programme social dont ont besoin plus de 100 000 femmes et enfants dans une année donnée n'est cependant pas établi comme un programme social fondé sur la reconnaissance du droit des femmes à un logement sûr et abordable pour elles-mêmes et leurs enfants. Il n'existe aucune source de financement stable, et il incombe essentiellement aux femmes elles-mêmes de l'organiser et d'y pourvoir. Au Canada, les refuges pour femmes violentées ont déclaré des revenus annuels d'environ 333 millions $ en 2005-2006. La plupart des revenus des maisons d'hébergement (environ 80 %) provient des gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux, le gouvernement fédéral ne contribuant qu'environ 10 % des recettes totales. Le reste provient de la collecte de fonds parmi la collectivité.

Le Programme d'amélioration des maisons d'hébergement (PAMH), administré par la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), offre une aide financière aux organismes sans but lucratif sous la forme de prêts-subventions pour la construction de nouveaux refuges et la réparation de refuges existants. La SCHL est la plus grande société d'État canadienne en termes d'actifs, avec près de 26 milliards $ en avoirs, en date de 2008-2009. C'est la deuxième plus grande société d'État, après Postes Canada, qui, en terme de revenus, se situaient à quelque 4,6 milliards $ en 2004. Or, ce programme n'est pas mis à contribution pour aider à couvrir les coûts de construction d'une maison d'hébergement. Par exemple, le maximum que le programme contribuera pour un refuge qui va accueillir 10 femmes et enfants est inférieur au coût d'une modeste maison unifamiliale. Ce financement dérisoire est utilisé comme une occasion pour les ministres responsables de parcourir le pays pour faire des annonces ici et là, couper des rubans et produire des faux chèques qui sont un prétexte pour une séance de photos, ce qui laisse une impression que l'argent provient soit du député membre du parlement, soit du Parti conservateur.

Condition féminine Canada (CFC) ne fournit pas de programme comme tel. Elle accorde des subventions aux organisations non gouvernementales pour « faire progresser l'égalité pour les femmes » et est également chargée de travailler avec les ministères et organismes fédéraux pour veiller à ce que les critères basés sur le sexe soient pris en compte dans la formulation des politiques et des programmes. Il n'y a aucune preuve qu'elle effectue des recherches, et si c'est le cas, les résultats ne sont pas publiés. Il semble donc que son travail principal est de recevoir et d'approuver ou de rejeter les demandes de subvention. Sur un budget total d'environ 33 millions $ l'an dernier, environ 22 millions $ sont allés à des projets approuvés et 11 millions $ pour les coûts administratifs de CFC. Autrement dit, pour chaque dollar que CFC fournit du financement à des projets, elle dépense 50 cents pour ses propres besoins. Cela ne comprend même pas les frais de la ministre qui parcourt le pays, sans compter le coût des opérations de « contrôle des dommages » quand la ministre fait une gaffe. Récemment, Helena Guergis, la ministre responsable de la Condition féminine, a été contrainte de s'excuser pour son comportement abusif envers les employés d'Air Canada et de l'aéroport de Charlottetown.

Qui bénéficie de cette manière de répartir le financement des programmes sociaux nécessaires, telles que les maisons d'hébergement et les maisons de transition pour les femmes et leurs enfants qui sont confrontés à la violence dans leurs foyers ? Il est clair qu'elle ne bénéficie pas aux femmes qui ont besoin de maisons d'hébergement et de transition. Au Canada, les femmes se voient refuser sur une base régulière l'accès aux refuges parce qu'ils sont remplis à capacité. Dans plusieurs régions, ils ne sont même pas disponibles ou ils manquent de personnel.

Le gouvernement fédéral n'assume aucune responsabilité pour s'assurer qu'un tel programme social nécessaire soit disponible en cas de besoin et ne reconnaît pas le droit des femmes d'être à l'abri de la violence. Les ONG qui établissent et ouvrent des foyers d'accueil et d'autres programmes traitant de la violence contre les femmes sont contraintes de déployer des ressources limitées et de passer tout leur temps à demander des subventions et à organiser des levées de fonds dans la communauté. Le financement est tributaire à la fois du parti au pouvoir et des monopoles qui donnent de temps en temps des sommes d'argent déductibles d'impôt lorsque cela les arrange. Le manque de financement affecte également le droit du personnel travaillant dans les refuges à des conditions de travail qui sont conformes aux normes canadiennes.

Mais pour le parti au pouvoir, c'est un moyen d'exercer un contrôle, sa propre version de « À nous le podium ». Quiconque veut être sur ce podium avec la ministre lors de l'annonce d'un financement fait mieux d'y penser deux fois avant de prendre position à la défense des droits ou, de quelque façon, sembler critiquer le gouvernement. La prétention que les subventions servent à donner un pouvoir aux femmes et à développer leur aptitudes de leadership ne correspond pas à la réalité vécue par les femmes. C'est cynique et hypocrite. On dit aux collectifs de femmes qui exercent leur liberté de conscience : « Ne mords pas la main qui te nourrit » sinon tu en subiras les conséquences. Autrement dit, pour le parti au pouvoir, la distribution de la portion de la valeur ajoutée créée par la classe ouvrière qui est réclamée pour les programmes sociaux, est entièrement à sa discrétion, ce qui laisse toute la place à la corruption et au favoritisme.

Les femmes doivent se battre pour de nouveaux arrangements qui comprennent plus d'investissements dans tous les programmes sociaux dont les femmes et les enfants ont besoin. Il est tout à fait inacceptable que les gouvernements n'acceptent pas comme responsabilité fondamentale de veiller à ce que les femmes et enfants aient accès à un refuge sûr. Ce n'est pas un problème de femme, c'est un problème de société et il faut un programme social de base entièrement financé par les gouvernements et non pas laissé à la discrétion du parti au pouvoir. En ne défendant pas et en ne garantissant pas les droits qui reviennent à tous et toutes du fait de leur existence en tant qu'êtres humains et les droits qui appartiennent aux femmes en tant que femmes, ce gouvernement attaque le caractère social et humain de la vie en société moderne. Cette façon de voir est à contre-courant des arrangements nécessaires pour ouvrir la voie au progrès de la société et doit faire place au nouveau.

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L'arrogance de ce gouvernement qui dit
n'avoir pas de responsabilité face au problème
de l'appauvrissement des femmes

Le 9 février, le gouvernement Harper a soumis une réponse de 39 pages au comité des Nations unies responsable de l'application de la Convention relative à l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDEF). En 2008, ce comité de l'ONU a considéré l'échec du Canada de respecter ses engagements envers cette convention comme étant tellement sérieux, qu'il a demandé une mise à jour du rapport après un an au lieu des quatre années habituelles. Une action urgente a été demandée tenant compte de l'appauvrissement des femmes et de l'insuffisance de programmes d'aide sociale. Le comité a recommandé que des normes minimales soient établies partout au Canada, de même qu'un mécanisme assurant que les ressources pour ces programmes « répondent aux besoins des groupes de femmes les plus vulnérables et ne résultent pas en discrimination contre elles ».

Le gouvernement fédéral n'a pas encore rapporté de progrès dans l'application des recommandations du CEDEF. Il a complètement écarté l'essence de la recommandation, c'est-à-dire qu'il s'occupe de ce sérieux problème pour les femmes et la société. Il a à la place donné de « l'information » « selon la démarche de suivi » sous la forme d'un sermon sur la répartition des pouvoirs entre le fédéral et les provinces au Canada, et sur les mécanismes de contrôle des programmes d'assistance sociale des provinces. Fondamentalement, il a dit au comité que le bien-être de la moitié de la population n'était pas son problème et qu'il n'avait aucun plan d'agir.

« Le défaut du Canada de concrétiser les droits sociaux et économiques des groupes de femmes les plus désavantagées est une cause directe des violations de leurs droits à la sécurité de la personne et à la vie », déclare l'Alliance canadienne féministe pour l'action internationale (AFAI) dans son rapport Pas d'action : Pas de progrès, publié simultanément avec celui du gouvernement fédéral. L'AFAI a critiqué l'inaction du gouvernement face à ces questions. Les coupures dans l'aide sociale et le déclin rapide des taux de prestations d'aide sociale ont un impact disproportionné sur les femmes, et les taux de prestations d'aide sociale dans toutes les provinces ont chuté depuis que le gouvernement fédéral a remis en question en 1995 le Régime d'assistance publique du Canada et a supprimé les modalités des paiements de transferts faits par Ottawa aux provinces.

L'AFAI souligne que le Comité de la CEDEF n'est pas le seul à être préoccupé de l'appauvrissement des femmes au Canada. Pratiquement tous les organes des Nations unies ayant examiné le bilan du Canada concernant les droits humains, incluant le Comité sur les droits économiques, sociaux et culturels, le Comité des droits de l'homme et le Conseil des droits de l'homme, ont exprimé leurs inquiétudes.

Le rapport de l'AFAI invite le gouvernement du Canada à établir dès maintenant une stratégie fédérale et pancanadienne pour éliminer la pauvreté. Cela inclut un mécanisme de surveillance transparent et une évaluation de l'impact des programmes sociaux.

Les femmes du Canada doivent être aux premiers rangs de la création d'une opposition à un gouvernement qui peut d'une façon si méprisante se dégager de ses responsabilités envers des problèmes de si grande importance. Bâtissons une opposition ouvrière qui prendra position sur la direction de l'économie et sur la satisfaction des besoins des Canadiens.

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Le 4e anniversaire du plan «universel»
de garde d'enfants du gouvernement Harper

Les travailleurs ont besoin d'un
programme national pour la garde d'enfants!

Il y a quatre ans, le gouvernement Harper a introduit sa Prestation universelle pour la garde d'enfants - un paiement de 100 $ par mois aux parents pour chaque enfant de moins de six ans, avec l'objectif déclaré d'aider les Canadiens à « concilier le travail et la vie familiale, et à leur laisser le choix de ce qu'il y a de mieux, selon eux, pour leurs enfants ». À ce jour, entre 7 et 8 milliards $ de l'argent des travailleurs ont été dépensés pour ce programme, sans résultat en terme de renforcement de l'infrastructure sociale nécessaire pour élever la prochaine génération.

Il n'y a pas eu d'augmentation de la disponibilité des garderies aux familles ouvrières et en particulier pour les travailleurs pauvres. En fait, le nombre de places subventionnées a été réduit depuis l'implantation de la Prestation universelle pour la garde d'enfants, puisqu'elle a réduit le financement global reçu par les provinces pour les programmes sociaux. L'expansion des garderies a ralenti et il y a des espaces disponibles pour 20 % seulement des enfants âgés de trois à cinq ans et ce, seulement si les parents peuvent payer les frais qui vont de 600 $ à 1 200 $ par mois. Les familles à faible ou modeste revenu, les autochtones et les familles rurales, les parents de nourrissons et d'enfants handicapés sont particulièrement exclus.

Lorsque le gouvernement de l'Ontario a récemment annoncé qu'il allait mettre sur pied des maternelles à temps plein pour les enfants de 4 et 5 ans, il semblait tout d'abord que cela aiderait les familles à faible revenu. Toutefois, l'annonce est venue avec la réserve qu'il n'y aura pas de travaux de rénovation ou de construction dans les écoles qui abriteront les programmes. Cela signifie que les femmes dans de nombreux quartiers pauvres où les écoles débordent d'élèves n'auront pas accès à l'ensemble des programmes de jour.

En attendant, la juste revendication des femmes et des travailleurs canadiens pour un programme national de garderies est réduite par les partis-cartels à des querelles partisanes qui se positionnent pour obtenir le « vote des femmes ». Le chef du Parti libéral, Michael Ignatieff, affirme qu'il va en faire la priorité sociale numéro un d'un gouvernement libéral, esquivant le fait que cela fait déjà partie du programme électoral libéral depuis trente ans et qu'après la victoire de Chrétien en 1993, il a annulé les sections du livre rouge libéral portant sur un programme national de garderies afin de « lutter contre le déficit ». Finalement, lorsque le gouvernement libéral minoritaire de Paul Martin a présenté un programme national de garderies pour tenter d'éviter la défaite, il a été défait avec l'appui du NPD. À cause de cela nous avons maintenant affaire à une offensive antisociale particulièrement anti-femme avec le gouvernement Harper.

Ce à quoi nous assistons, c'est à la tendance à favoriser des garderies privées parrainées par nul autre que John Snobelen, l'ancien ministre de l'Éducation de l'Ontario durant les années du gouvernement de l'offensive antisociale des années 1990, celui de Mike Harris. Il siège au conseil d'Edleun Inc, une nouvelle société qui sera bientôt inscrite à la Bourse TSX en fonds d'investissement à capital de risque et qui cherche à développer des services à grande échelle de garderies d'enfants au Canada. La déclaration de Snobelen, dans un article paru le 22 février dans le Toronto Sun, à l'effet que « nous ne pouvons pas nous payer des maternelles et pré-maternelles tous les jours » fait écho à la litanie néo-libérale que « nous ne pouvons pas nous permettre les programmes sociaux », mais nous pouvons nous permettre de détruire l'infrastructure sociale par la privatisation et par des combines pour payer les riches.

Au moment où les gouvernements tant au niveau fédéral que provincial se préparent à faire de nouvelles réductions dans les programmes sociaux au nom de la lutte au déficit, les femmes et la classe ouvrière demandent un programme national de garderies qui garantit le bien-être des enfants et crée les conditions permettant aux femmes de participer pleinement à la vie sociale et économique. Tout cela souligne la nécessité que les femmes se mettent dans une position de dirigeantes de la société afin que les droits fondamentaux des femmes et des enfants, y compris un programme national de garderies, soient garantis.

Arrêtez de payer les riches - Augmentez le financement pour des programmes sociaux !

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Haïti

Les femmes haïtiennes rendent hommage aux dirigeantes décédées lors du séisme


République dominicaine le 27 janvier 2010: Camp de solidarité féministe international Myriam Merlet, Anne
Marie Coriolan et Magalie Marcelin (sur la bannière à l'arrière plan) en l'honneur des dirigeantes haïtiennes tuées dans le tremblement de terre.
(Photo: International Women's Health Coalition)

Le 27 janvier, deux semaines après le séisme dévastateur en Haïti, les femmes militantes d'Amérique latine et des Caraïbes ont mis sur pied en République dominicaine le Camp international de solidarité féministe Myriam Merlet, Anne-Marie Coriolan et Magalie Marcelin. Le camp a été nommé en l'honneur de trois militantes des droits de la femme qui sont mortes durant le séisme. Le camp a été créé comme une plaque tournante physique et numérique pour fournir une aide permanente aux organisations de femmes haïtiennes dans l'effort de reconstruction de leur pays, afin d'assurer une couverture médiatique alternative de la situation en Haïti et de suivre les efforts des organismes d'aide internationale pour assurer qu'elles portent attention aux besoins spécifiques des femmes et des jeunes filles.

Le 17 février, le Camp international de la solidarité féministe a appelé les femmes du monde entier à inclure des activités honorant les femmes militantes haïtiennes dans le cadre de leurs activités de la Journée internationale de la femme. Cette initiative est née le 24 janvier lors d'une rencontre de femmes à Port-au-Prince, puis a été adoptée lors d'une réunion du Camp international de solidarité féministe Myriam Merlet, Magalie Marcelin et Anne-Marie Coriolan, qui s'est tenu les 26 et 27 janvier en République dominicaine.

Dans leur appel, elles disent : « Nous appelons les organisations du monde entier à se joindre à nous ce jour-là pour honorer et pleurer la perte de nos activistes féministes, ce qui nous permettra de faire revivre et de recréer l'élan du mouvement des femmes haïtiennes à poursuivre l'important travail de nos dirigeantes tombées, et l'héritage qu'elles ont laissé pour celles d'entre nous qui continuent le travail. »

« L'activité principale aura lieu ce jour sur la Plaza Catherine Flon au Champ de Mars, dans le centre de Port-au-Prince, un parc qui symbolise la participation des femmes haïtiennes à la lutte pour l'indépendance, il y a deux siècles », disent-elles.

« Elle est organisée localement par les organisations de femmes haïtiennes pour reconnaître et souligner la souffrance humaine causée par la catastrophe en Haïti, la promotion des valeurs féministes sur la base des droits humains pour tous, la lutte pour le bien-être de tous en Haïti et de la planification urbaine, réaffirmer les luttes féministes malgré la perte d'importantes dirigeantes féministes, renforcer la solidarité et présenter un hommage à leur mémoire qui prendra la forme de témoignages, une murale et un diaporama. ».

Dans le communiqué annonçant l'événement, elles expliquent l'importance du choix de l'emplacement pour la commémoration principale. « Catherine Flon est largement considérée par les Haïtiens comme l'une des héroïnes de la lutte pour mettre fin à l'esclavage, parce qu'elle a cousu le premier drapeau haïtien le 18 mai 1803, le dernier jour de la session du Congrès colonial où les dirigeants de la révolution à cette session ont solennellement prêté serment à la liberté ou la mort sur le drapeau qui a ensuite conduit les esclaves à la victoire et la liberté. Ce serment est connu historiquement comme le Serment des Ancêtres. »

Concernant les activités des trois leaders féministes commémorées, le communiqué dit :

« Les trois dirigeantes ont eu une longue histoire de militantisme féministe pour réformer un système judiciaire qui n'a jamais pris au sérieux le viol, pour créer des organisations et des maisons afin de protéger les filles et les femmes contre la violence domestique et la traite, par la publication d'un journal féministe, par l'expansion d'un centre de documentation et d'archives historiques, et dans la lutte pour la protection des droits sexuels et reproductifs.

« Merlet était une militante féministe et une conseillère et ancienne chef de cabinet pour le ministère haïtien à la condition féminine. En tant que militante au franc parler, Merlet a contribué à attirer l'attention internationale sur l'utilisation du viol comme arme politique et d'autres questions liées à la violence à l'égard des femmes et des filles. Elle a été l'une des fondatrices de Enfofanm, le premier centre de documentation et d'information féministe qui fait valoir aussi les droits des femmes.

« Magalie Marcelin était une avocate, militante et actrice, qui deux ans auparavant avait exhorté les femmes à remplir une salle d'audience en Haïti, où elle a réussi à obtenir un verdict de culpabilité contre un homme qui avait battu sa femme. Marcelin était l'une des fondatrices de Kay Fanm, une organisation des droits des femmes qui traite de la violence conjugale, offre des services et un refuge aux femmes et offre du micro crédit, ou de petits prêts, aux femmes qui travaillent dans les marchés.

« Anne-Marie Coriolan a servi de conseillère principale auprès du ministère de la Condition féminine. Aidé de leurs efforts, le ministère a mis au point des initiatives clés visant à sensibiliser à la violence contre les femmes et a créé des programmes pour aider les femmes à acquérir une indépendance financière. Coriolan fut aussi la fondatrice de Solidarité Fanm Ayisyen (Solidarité avec les femmes haïtiennes, ou SOFA), un groupe de défense et d'organisation de services. »

Les activités locales dans d'autres pays à l'occasion du 8 mars ont déjà été annoncées par les organisations de femmes au Chili, en Argentine, au Honduras, à Porto Rico, au Brésil, au Canada et ailleurs. Une table ronde spéciale est organisée au siège des Nations unies, à New-York, au cours de la session qui sera tenue par la Commission de la condition de la femme pour rendre hommage à ces trois leaders féministes, parmi tant d'autres tuées lors du séisme.

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Calendrier d'événements

Vive la Journée internationale de la femme 2010!

Québec
Regroupement des militantes et militants autour d’un dîner :
Lundi le 8 mars à midi (12 h)
Salle Belleau et Hurens, 2e étage, 5000, boul. des Gradins Québec
Coût : gratuit pour femmes membres des sections locales affiliées au Conseil (pour les autres : 20$/personne).
Organisé par le Conseil régional FTQ Québec-Chaudière-Appalaches
Responsable : Dominique Couture (418) 622-4941

Saguenay-Lac-Saint-Jean
Marche, rassemblement et conférence de presse sur la MMF
Dimanche 7 mars à 13 h (jusqu’à 15 h)
Secrétariat des syndicats nationaux d’Alma, 20, rue St-Joseph, Alma
Information : Julie Sheinck (418) 480-2828
Organisée par le Conseil régional FTQ Saguenay-Lac St-Jean


Haute-Yamaska
Souper au restaurant Le Poêlon
Vendredi le 5 mars à 18 h
Attribution du prix Paule-Ange Néron, en reconnaissance à une militante qui s’est démarquée par ses actions syndicales dans le dossier des femmes
838, rue St-Jacques, Granby
Coût : 20$ (apportez votre vin) Confirmation de présence obligatoire.

Information : Manon Lapalme (450) 372-7118

Oganisé par le Conseil régional FTQ Haute-Yamaska

Jonquière
Souper-spectacle avec la troupe Chansons pour vos yeux
lundi le 8 mars à 17 h
Salle communautaire des Aînés et Aînées de Jonquière
2345, rue des Pensées, Jonquière
Coût : 12$. Information: Carole Tremblay (Chicoutimi) 418 545-6444
Noémie Côté (Jonquière) (418) 547-3763
Organisé par le Conseil régional FTQ Laurentides-Lanaudière

Laval
Lundi le 8 mars à 16 h 30
Action collective surprise «Imaginez 3 minutes sans les femmes»,
suivie d’un souper-spectacle

Métro Montmorency

Femmes en mouvement, célébrons! (humour, chansons, danse, etc.)
Lundi 8 mars à 17 h 30
Château Royal, 3500, boul. Souvenir
Coût : 15$ le billet. Billets et info : (450) 682-8739


Montréal
Ateliers et rencontre « Retour aux sources »
Samedi le 6 mars de 10 h à 17 h
6839, rue Drolet, Montréal
Organisé par le collectif Femmes de diverses origines

Souper communautaire: Solidarité sans frontières et Afrique au Féminin présentent: «Nos héroïnes: femmes et migration»
Samedi le 6 mars à 17 h
419, rue Saint-Roch, dans la cafétéria de Peyo (métro Parc ou autobus 80)

Hommage aux femmes d'Haïti victimes du séisme
Samedi le 6 mars à 18 h
 6970, rue Marquette, près de Bélanger
(métro Fabre, sortie Jean- Talon/Papineau, autobus Papineau ou Bélanger)
Organisé par le Comité Femmes du Bureau de la communauté haïtienne de Montréal

Rencontre «Retour aux sources»
Samedi le 6 mars de 10 h à 17 h
Lieu:  au CRAC, 6839, rue Drolet (entre St-Zotique et Bélanger)
Présentations par les groupes-membres du réseau FDO-WDO: nos enjeux, défis, victoires (petites et grandes); avec présentations culturelles et déjeuner
Organisé par Femmes d’origines diverses

Lancement national de la Marche mondiale
des femmes: En 2010, ça va marcher !
Dimanche le 7 mars à 13 h
Courte marche suivie d'une action surprise au Square Phillips
métro McGill, (angle rues Ste-Catherine et Union), Montréal
Organisée par la Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes

Manifestation: Célébrons le centenaire de la Journée internationale des femmes
Lundi le 8 mars à 17 h 30
«Pour un mouvement mondial militant des femmes au 21e siècle!»
Apporter vos bannières et vos pancartes avec les revendications de votre groupe.
Lieu de ralliement: Carré Cabot, Ste-Catherine et Atwater (Métro Atwater)
Organisé par Femmes d’origines diverses

Rouyn-Noranda
Lancement officiel de la marche des femmes.
Lundi le 8 mars de 17 h à 19 h
Hôtel Alpin
Information: Sonia Charette (819) 762-1354
Organisé par le Conseil régional FTQ Abitibi-Témiscamingue et Nord-du-Québec

Gatineau
5 à 7 - Vin et fromage
Lundi le 8 mars dès 17 h
Salle Bélanger-Thériault, 259, boul. St-Joseph, 3e étage Gatineau (Hull)
Information : (819) 771-4473
Organisé par le Conseil régional FTQ Outaouais


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