Le Canada qui n'a pas la force de protéger les
ouvriers contre les fermetures d'usine, les coupures de salaire et les
concessions, mais qui a la force de persécuter ceux qui font la
grève et de décréter un retour un travail, ce
Canada est fort pour qui ? Le Canada qui n'a pas la force de
protéger les plus de 500 femmes disparues,
principalement des Autochtones, ou de fournir des garderies abordables,
mais qui a la force de fermer des bureaux d'organismes de
défense des femmes et de réduire les paiements de
transfert, ayant pour conséquence la destruction des services
comme les garderies, les logements sociaux et les soins de
santé, ce Canada est fort pour qui ?
C'est un Canada avec une forte élite privilégiée
qui a tout le pouvoir et qui fait la loi dans les coulisses du pouvoir
et les salles des conseil d'administration où agissent les
escrocs de toutes sortes qui se font passer pour des hommes d'affaires
et
des leaders accomplis.
Les femmes ont depuis longtemps rejeté
l'arrangement qui prend la forme d'une forte figure d'autorité
à la tête de membres dociles et soumis. Elles ont
également rejeté l'idée d'être des femmes
« fortes » qui font leur les politiques de
destruction nationale et de guerre. Les femmes défendent depuis
longtemps les traditions
militantes qui suivent le principe que notre force est dans notre
nombre, notre unité et notre lutte collective pour nos droits et
les droits de tous. C'est en établissant les mécanismes
nécessaires permettant à tous d'avoir une voix et de
prendre part aux prises de décisions et à l'application
de ces décisions pour bâtir un Canada populaire, que les
femmes démontrent leur force et leur créativité.
Un Canada fort ne peut qu'être là où
les travailleurs et leurs alliés ont le pouvoir politique de
changer la direction de l'économie pour servir les besoins du
peuple ici et à l'étranger et garantir leurs droits.
C'est seulement lorsque le pouvoir politique est entre les mains des
ouvriers et de ses alliés que le pays aura la volonté et
la force de
respecter la souveraineté de toutes les nations, de pratiquer le
commerce sur la base de l'avantage réciproque et de s'opposer au
recours à la force dans le règlement des conflits entre
les nations. C'est cette bataille que les femmes ont prise en main et
ce sont les succès obtenus dans le cours de l'édification
nationale qui seront la preuve de leur vraie
force.
Tous et toutes pour le renouveau
démocratique !
Tous et toutes pour un Canada populaire !
Tous et toutes pour l'établissement d'un gouvernement
anti-guerre !

Besoin urgent de renforcer les programmes
publics pour protéger les femmes qui sont
victimes de violence
- Peggy Morton -
La prétention que les subventions
servent
à donner un pouvoir aux femmes
et à développer
leur aptitudes de leadership ne correspond pas à la
réalité. C'est pur
cynisme et hypocrisie lorsque
confronté à la situation réelle que vivent les
femmes.
Quand les gouvernements annoncent qu'ils
« déposent un budget », l'impression est
donnée qu'il s'agit d'un processus dans lequel des fonds sont
alloués à des programmes précis qui sont ensuite
approuvés par le parlement. En fait, de nombreux programmes sont
mis en place grâce à un processus de dépenses
discrétionnaires grâce auxquelles le parti au pouvoir peut
décider qui obtient le financement et qui n'en aura pas, un
processus qui est corrompu jusqu'à la moelle, un moyen de
contrôle et de diktat.
Tel est le cas
des programmes concernant la violence
contre les femmes. Plus de 101 000 femmes et enfants ont
été admis dans des refuges en 2008. Durant une
journée normale, plus de 7 000 femmes et enfants sont
hébergés dans des refuges. Environ les trois quarts des
femmes dans les refuges fuient une situation violente, et pour deux
tiers
de ces femmes, l'agresseur était le conjoint de fait ou
l'époux.
En 2008, on comptait 569 refuges offrant des services
d'hébergement aux femmes et aux enfants qui fuient des
situations de violence au Canada, selon l'Enquête sur les maisons
d'hébergement 2008/2009 – un recensement biennal de tous les
établissements d'hébergement pour femmes victimes de
violence conjugale. Les femmes ont besoin à
la fois de foyers d'accueil et de maisons de transition.
Le besoin de maisons de transition témoigne du
manque de logements sociaux au Canada et du refus des gouvernements de
garantir le droit au logement. Les femmes sont particulièrement
touchées, comme les revenus moyens des femmes demeurent environ
30 % inférieurs aux revenus moyens des hommes. Les femmes
représentent une
part disproportionnée de la population à faibles revenus
au Canada, et celles qui sont monoparentales ou célibataires
sont particulièrement susceptibles d'avoir de faibles revenus et
de vivre dans la pauvreté. Les femmes ne sont évidemment
pas la cause de ce problème.
Ce programme
social dont ont besoin plus de 100
000 femmes et enfants dans une année donnée n'est
cependant pas établi comme un programme social fondé sur
la reconnaissance du droit des femmes à un logement sûr et
abordable pour elles-mêmes et leurs enfants. Il n'existe aucune
source de financement stable, et il incombe essentiellement
aux femmes elles-mêmes de l'organiser et d'y pourvoir. Au Canada,
les refuges pour femmes violentées ont déclaré des
revenus annuels d'environ 333 millions $ en 2005-2006. La plupart
des revenus des maisons d'hébergement (environ 80 %)
provient des gouvernements fédéral, provinciaux et
municipaux, le gouvernement fédéral ne
contribuant qu'environ 10 % des recettes totales. Le reste
provient de la collecte de fonds parmi la collectivité.
Le Programme d'amélioration des maisons
d'hébergement (PAMH), administré par la
Société canadienne d'hypothèques et de logement
(SCHL), offre une aide financière aux organismes sans but
lucratif sous la forme de prêts-subventions pour la construction
de nouveaux refuges et la réparation de refuges existants. La
SCHL est la plus grande
société d'État canadienne en termes d'actifs, avec
près de 26 milliards $ en avoirs, en date de 2008-2009.
C'est la deuxième plus grande société
d'État, après Postes Canada, qui, en terme de revenus, se
situaient à quelque 4,6 milliards $ en 2004. Or, ce
programme
n'est pas mis à contribution pour aider à couvrir les
coûts de
construction d'une maison d'hébergement. Par exemple, le maximum
que le programme contribuera pour un refuge qui va accueillir 10 femmes
et enfants est inférieur au coût d'une modeste maison
unifamiliale. Ce financement dérisoire est utilisé comme
une occasion pour les ministres responsables de parcourir le pays pour
faire des annonces ici
et là, couper des rubans et produire des faux chèques qui
sont un prétexte pour une séance de photos, ce qui laisse
une impression que l'argent provient soit du député
membre du parlement, soit du Parti conservateur.
Condition féminine Canada (CFC) ne fournit pas de
programme comme tel. Elle accorde des subventions aux organisations non
gouvernementales pour « faire progresser
l'égalité pour les femmes » et est
également chargée de travailler avec les
ministères et organismes fédéraux pour veiller
à ce que les critères basés sur le sexe
soient pris en compte dans la formulation des politiques et des
programmes. Il n'y a aucune preuve qu'elle effectue des recherches, et
si c'est le cas, les résultats ne sont pas publiés. Il
semble donc que son travail principal est de recevoir et d'approuver ou
de rejeter les demandes de subvention. Sur un budget total d'environ 33
millions $ l'an
dernier, environ 22 millions $ sont allés à des
projets approuvés et 11 millions $ pour les coûts
administratifs de CFC. Autrement dit, pour chaque dollar que CFC
fournit du financement à des projets, elle dépense 50
cents pour ses propres besoins. Cela ne comprend même pas les
frais de la ministre qui parcourt le pays, sans compter
le coût des opérations de « contrôle des
dommages » quand la ministre fait une gaffe.
Récemment, Helena Guergis, la ministre responsable de la
Condition féminine, a été contrainte de s'excuser
pour son comportement abusif envers les employés d'Air Canada et
de l'aéroport de Charlottetown.
Qui bénéficie de cette manière de
répartir le financement des programmes sociaux
nécessaires, telles que les maisons d'hébergement et les
maisons de transition pour les femmes et leurs enfants qui sont
confrontés à la violence dans leurs foyers ? Il est
clair qu'elle ne bénéficie pas aux femmes qui ont besoin
de maisons d'hébergement et
de transition. Au Canada, les femmes se voient refuser sur une base
régulière l'accès aux refuges parce qu'ils sont
remplis à capacité. Dans plusieurs régions, ils ne
sont même pas disponibles ou ils manquent de personnel.
Le gouvernement fédéral n'assume aucune
responsabilité pour s'assurer qu'un tel programme social
nécessaire soit disponible en cas de besoin et ne
reconnaît pas le droit des femmes d'être à l'abri de
la violence. Les ONG qui établissent et ouvrent des foyers
d'accueil et d'autres programmes traitant de la violence contre les
femmes sont
contraintes de déployer des ressources limitées et de
passer tout leur temps à demander des subventions et à
organiser des levées de fonds dans la communauté. Le
financement est tributaire à la fois du parti au pouvoir et des
monopoles qui donnent de temps en temps des sommes d'argent
déductibles d'impôt lorsque cela les arrange. Le manque
de
financement affecte également le droit du personnel travaillant
dans les refuges à des conditions de travail qui sont conformes
aux normes canadiennes.
Mais pour le parti au pouvoir, c'est un moyen d'exercer
un contrôle, sa propre version de « À nous le
podium ». Quiconque veut être sur ce podium avec la
ministre lors de l'annonce d'un financement fait mieux d'y penser deux
fois avant de prendre position à la défense
des droits ou, de quelque façon, sembler critiquer le
gouvernement. La prétention que les subventions servent à
donner un pouvoir aux femmes et à développer leur
aptitudes de leadership ne correspond pas à la
réalité vécue par les femmes. C'est cynique et
hypocrite. On dit aux collectifs de femmes qui exercent leur
liberté de conscience : « Ne mords pas la main
qui te nourrit »
sinon tu en subiras les conséquences. Autrement dit, pour le
parti au pouvoir, la distribution de la portion de la valeur
ajoutée créée par la classe ouvrière qui
est réclamée pour les programmes sociaux, est
entièrement à sa discrétion, ce qui laisse toute
la place à la corruption et au favoritisme.
Les femmes doivent se battre pour de nouveaux
arrangements qui comprennent plus d'investissements dans tous les
programmes sociaux dont les femmes et les enfants ont besoin. Il est
tout à fait inacceptable que les gouvernements n'acceptent pas
comme responsabilité fondamentale de veiller à ce que les
femmes et enfants aient accès à un refuge
sûr. Ce n'est pas un problème de femme, c'est un
problème de société et il faut un programme social
de base entièrement financé par les gouvernements et non
pas laissé à la discrétion du parti au pouvoir. En
ne défendant pas et en ne garantissant pas les droits qui
reviennent à tous et toutes du fait de leur existence en tant
qu'êtres humains et les
droits qui appartiennent aux femmes en tant que femmes, ce gouvernement
attaque le caractère social et humain de la vie en
société moderne. Cette façon de voir est
à contre-courant des arrangements nécessaires pour ouvrir
la voie au progrès de la société et doit faire
place au nouveau.

L'arrogance de ce gouvernement qui dit
n'avoir pas de
responsabilité face au problème
de l'appauvrissement des
femmes
- Elaine Couto -
Le 9
février, le gouvernement Harper a soumis une
réponse de 39 pages au comité des Nations unies
responsable de l'application de la Convention relative à
l'élimination de toutes les formes de discrimination à
l'égard des femmes (CEDEF). En 2008, ce comité de l'ONU a
considéré l'échec du Canada de respecter ses
engagements envers
cette convention comme étant tellement sérieux, qu'il a
demandé une mise à jour du rapport après un an au
lieu des quatre années habituelles. Une action urgente a
été demandée tenant compte de l'appauvrissement
des femmes et de l'insuffisance de programmes d'aide sociale. Le
comité a recommandé que des normes minimales soient
établies
partout au Canada, de même qu'un mécanisme assurant que
les ressources pour ces programmes « répondent aux
besoins des groupes de femmes les plus vulnérables et ne
résultent pas en discrimination contre elles ».
Le
gouvernement
fédéral
n'a pas encore rapporté de
progrès dans l'application des recommandations du CEDEF. Il a
complètement écarté l'essence de la
recommandation, c'est-à-dire qu'il s'occupe de ce sérieux
problème pour les femmes et la société. Il a
à la place donné de
« l'information » « selon la
démarche de
suivi » sous la forme d'un sermon sur la répartition
des pouvoirs entre le fédéral et les provinces au Canada,
et sur les mécanismes de contrôle des programmes
d'assistance sociale des provinces. Fondamentalement, il a dit au
comité que le bien-être de la moitié de la
population n'était pas son problème et qu'il n'avait
aucun plan d'agir.
« Le défaut du Canada de
concrétiser les droits sociaux et économiques des groupes
de femmes les plus désavantagées est une cause directe
des violations de leurs droits à la sécurité de la
personne et à la vie », déclare l'Alliance
canadienne féministe pour l'action internationale (AFAI) dans
son rapport Pas d'action :
Pas de progrès, publié simultanément avec
celui du gouvernement fédéral. L'AFAI a critiqué
l'inaction du gouvernement face à ces questions. Les coupures
dans l'aide sociale et le déclin rapide des taux de prestations
d'aide sociale ont un impact disproportionné sur les femmes, et
les taux de prestations d'aide sociale dans toutes les
provinces ont chuté depuis que le gouvernement
fédéral a remis en question en 1995 le Régime
d'assistance publique du Canada et a supprimé les
modalités des paiements de transferts faits par Ottawa aux
provinces.
L'AFAI souligne que le Comité de la CEDEF n'est
pas le seul à être préoccupé de
l'appauvrissement des femmes au Canada. Pratiquement tous les organes
des Nations unies ayant examiné le bilan du Canada concernant
les droits humains, incluant le Comité sur les droits
économiques, sociaux et culturels, le Comité des droits
de l'homme et
le Conseil des droits de l'homme, ont exprimé leurs
inquiétudes.
Le rapport de l'AFAI invite le gouvernement du Canada
à établir dès maintenant une stratégie
fédérale et pancanadienne pour éliminer la
pauvreté. Cela inclut un mécanisme de surveillance
transparent et une évaluation de l'impact des programmes sociaux.
Les femmes du Canada doivent être aux premiers
rangs de la création d'une opposition à un gouvernement
qui peut d'une façon si méprisante se dégager de
ses responsabilités envers des problèmes de si grande
importance. Bâtissons une opposition ouvrière qui prendra
position sur la direction de l'économie et sur la satisfaction
des besoins des
Canadiens.

Le 4e anniversaire du plan
«universel»
de garde d'enfants du gouvernement Harper
Les travailleurs ont besoin d'un
programme national
pour la garde d'enfants!
- Christine Nugent -
Il
y a quatre ans, le gouvernement Harper a introduit sa Prestation
universelle pour la garde d'enfants - un paiement de 100 $ par
mois aux parents pour chaque enfant de moins de six ans, avec
l'objectif déclaré d'aider les Canadiens à
« concilier le travail et la vie familiale, et à leur
laisser le choix de ce qu'il y a de mieux, selon
eux, pour leurs enfants ». À ce jour, entre 7 et 8
milliards $ de l'argent des travailleurs ont été
dépensés pour ce programme, sans résultat en terme
de renforcement de l'infrastructure sociale
nécessaire pour élever la prochaine
génération.
Il n'y a pas eu d'augmentation de la
disponibilité des garderies aux familles ouvrières et en
particulier pour les travailleurs pauvres. En fait, le nombre de places
subventionnées a été réduit depuis
l'implantation de la Prestation universelle pour la garde d'enfants,
puisqu'elle a réduit le financement global reçu par les
provinces pour les
programmes sociaux. L'expansion des garderies a ralenti et il y a des
espaces disponibles pour 20 % seulement des enfants
âgés de trois à cinq ans et ce, seulement si les
parents peuvent payer les frais qui vont de 600 $ à 1
200 $ par mois. Les familles à faible ou modeste revenu,
les autochtones et les familles rurales, les parents
de nourrissons et d'enfants handicapés sont
particulièrement exclus.
Lorsque le gouvernement de l'Ontario a récemment
annoncé qu'il allait mettre sur pied des maternelles à
temps plein pour les enfants de 4 et 5 ans, il semblait tout d'abord
que cela aiderait les familles à faible revenu. Toutefois,
l'annonce est venue avec la réserve qu'il n'y aura pas de
travaux de rénovation ou de construction dans les écoles
qui abriteront les programmes. Cela signifie que les femmes dans de
nombreux quartiers pauvres où les écoles débordent
d'élèves n'auront pas accès à l'ensemble
des programmes de jour.
En
attendant,
la juste revendication des femmes et des
travailleurs canadiens pour un programme national de garderies est
réduite par les partis-cartels à des querelles partisanes
qui se positionnent pour obtenir le « vote des
femmes ». Le chef du Parti libéral, Michael
Ignatieff, affirme qu'il va en faire la priorité sociale
numéro un
d'un gouvernement libéral, esquivant le fait que cela fait
déjà partie du programme électoral libéral
depuis trente ans et qu'après la victoire de Chrétien en
1993, il a annulé les sections du livre rouge libéral
portant sur un programme national de garderies afin de
« lutter contre le déficit ». Finalement,
lorsque le gouvernement libéral
minoritaire de Paul Martin a présenté un programme
national de garderies pour tenter d'éviter la défaite, il
a été défait avec l'appui du NPD. À cause
de cela nous avons maintenant affaire à une offensive
antisociale particulièrement anti-femme avec le gouvernement
Harper.
Ce à quoi nous assistons, c'est à la
tendance à favoriser des garderies privées
parrainées par nul autre que John Snobelen, l'ancien ministre de
l'Éducation de l'Ontario durant les années du
gouvernement de l'offensive antisociale des années 1990, celui
de Mike Harris. Il siège au conseil d'Edleun Inc, une nouvelle
société qui sera bientôt
inscrite à la Bourse TSX en fonds d'investissement à
capital de risque et qui cherche à développer des
services à grande échelle de garderies d'enfants au
Canada. La déclaration de Snobelen, dans un article paru le 22
février dans le Toronto Sun, à l'effet que
« nous ne pouvons pas nous payer des maternelles et
pré-maternelles
tous les jours » fait écho à la litanie
néo-libérale que « nous ne pouvons pas nous
permettre les programmes sociaux », mais nous pouvons nous
permettre de détruire l'infrastructure sociale par la
privatisation et par des combines pour payer les riches.
Au moment où les gouvernements tant au niveau
fédéral que provincial se préparent à faire
de nouvelles réductions dans les programmes sociaux au nom de la
lutte au déficit, les femmes et la classe ouvrière
demandent un programme national de garderies qui garantit le
bien-être des enfants et crée les conditions permettant
aux femmes de
participer pleinement à la vie sociale et économique.
Tout cela souligne la nécessité que les femmes se mettent
dans une position de dirigeantes de la société afin que
les droits fondamentaux des femmes et des enfants, y compris un
programme national de garderies, soient garantis.
Arrêtez de payer les riches -
Augmentez le financement pour des programmes sociaux !

Haïti
Les femmes haïtiennes rendent hommage aux
dirigeantes décédées lors du séisme
Le 27 janvier, deux semaines après le
séisme dévastateur en Haïti, les femmes militantes
d'Amérique latine et des Caraïbes ont mis sur pied en
République dominicaine le Camp international de
solidarité féministe Myriam Merlet, Anne-Marie Coriolan
et Magalie Marcelin. Le camp a été nommé en
l'honneur de trois militantes des droits de la
femme qui sont mortes durant le séisme. Le camp a
été créé comme une plaque tournante
physique et numérique pour fournir une aide permanente aux
organisations de femmes haïtiennes dans l'effort de reconstruction
de leur pays, afin d'assurer une couverture médiatique
alternative de la situation en Haïti et de suivre les efforts des
organismes
d'aide internationale pour assurer qu'elles portent attention aux
besoins spécifiques des femmes et des jeunes filles.
Le 17 février, le Camp international de la
solidarité féministe a appelé les femmes du monde
entier à inclure des activités honorant les femmes
militantes haïtiennes dans le cadre de leurs activités de
la Journée internationale de la femme. Cette initiative est
née le 24 janvier lors d'une rencontre de femmes à
Port-au-Prince, puis a été adoptée
lors d'une réunion du Camp international de solidarité
féministe Myriam Merlet, Magalie Marcelin et Anne-Marie
Coriolan, qui s'est tenu les 26 et 27 janvier en République
dominicaine.
Dans leur appel, elles disent : « Nous
appelons les organisations du monde entier à se joindre à
nous ce jour-là pour honorer et pleurer la perte de nos
activistes féministes, ce qui nous permettra de faire revivre et
de recréer l'élan du mouvement des femmes haïtiennes
à poursuivre l'important travail de nos dirigeantes
tombées, et
l'héritage qu'elles ont laissé pour celles d'entre nous
qui continuent le travail. »
« L'activité principale aura lieu ce
jour sur la Plaza Catherine Flon au Champ de Mars, dans le centre de
Port-au-Prince, un parc qui symbolise la participation des femmes
haïtiennes à la lutte pour l'indépendance, il y a
deux siècles », disent-elles.
« Elle est organisée localement par
les organisations de femmes haïtiennes pour reconnaître et
souligner la souffrance humaine causée par la catastrophe en
Haïti, la promotion des valeurs féministes sur la base des
droits humains pour tous, la lutte pour le bien-être de tous en
Haïti et de la planification urbaine, réaffirmer les luttes
féministes malgré la perte d'importantes dirigeantes
féministes, renforcer la solidarité et présenter
un hommage à leur mémoire qui prendra la forme de
témoignages, une murale et un diaporama. ».
Dans le communiqué annonçant
l'événement, elles expliquent l'importance du choix de
l'emplacement pour la commémoration principale.
« Catherine Flon est largement considérée par
les Haïtiens comme l'une des héroïnes de la lutte pour
mettre fin à l'esclavage, parce qu'elle a cousu le premier
drapeau haïtien le 18 mai 1803, le
dernier jour de la session du Congrès colonial où les
dirigeants de la révolution à cette session ont
solennellement prêté serment à la liberté ou
la mort sur le drapeau qui a ensuite conduit les esclaves à la
victoire et la liberté. Ce serment est connu historiquement
comme le Serment des Ancêtres. »
Concernant les activités des trois leaders
féministes commémorées, le communiqué
dit :
« Les trois dirigeantes ont eu une longue
histoire de militantisme féministe pour réformer un
système judiciaire qui n'a jamais pris au sérieux le
viol, pour créer des organisations et des maisons afin de
protéger les filles et les femmes contre la violence domestique
et la traite, par la publication d'un journal féministe, par
l'expansion d'un
centre de documentation et d'archives historiques, et dans la lutte
pour la protection des droits sexuels et reproductifs.
« Merlet était une militante
féministe et une conseillère et ancienne chef de cabinet
pour le ministère haïtien à la condition
féminine. En tant que militante au franc parler, Merlet a
contribué à attirer l'attention internationale sur
l'utilisation du viol comme arme politique et d'autres questions
liées à la violence à l'égard des femmes et
des
filles. Elle a été l'une des fondatrices de Enfofanm, le
premier centre de documentation et d'information féministe qui
fait valoir aussi les droits des femmes.
« Magalie Marcelin était une avocate,
militante et actrice, qui deux ans auparavant avait exhorté les
femmes à remplir une salle d'audience en Haïti, où
elle a réussi à obtenir un verdict de culpabilité
contre un homme qui avait battu sa femme. Marcelin était l'une
des fondatrices de Kay Fanm, une organisation des droits des femmes qui
traite de la violence conjugale, offre des services et un refuge aux
femmes et offre du micro crédit, ou de petits prêts, aux
femmes qui travaillent dans les marchés.
« Anne-Marie Coriolan a servi de
conseillère principale auprès du ministère de la
Condition féminine. Aidé de leurs efforts, le
ministère a mis au point des initiatives clés visant
à sensibiliser à la violence contre les femmes et a
créé des programmes pour aider les femmes à
acquérir une indépendance financière. Coriolan fut
aussi la
fondatrice de Solidarité Fanm Ayisyen (Solidarité avec
les femmes haïtiennes, ou SOFA), un groupe de défense et
d'organisation de services. »
Les activités locales dans d'autres pays à
l'occasion du 8 mars ont déjà été
annoncées par les organisations de femmes au Chili, en
Argentine, au Honduras, à Porto Rico, au Brésil, au
Canada et ailleurs. Une table ronde spéciale est
organisée au siège des Nations unies, à New-York,
au cours de la session qui sera tenue par la Commission de la
condition de la femme pour rendre hommage à ces trois leaders
féministes, parmi tant d'autres tuées lors du
séisme.

Calendrier d'événements
Vive la Journée internationale de la
femme 2010!