LML : Quelle est la
situation en ce moment dans le secteur des pièces
d'automobile ?
Gerry Farnham : En 2006-2007, nous avions
environ 7 000 membres répartis dans 65 usines dans la section
locale et aujourd'hui, en 2010, nous avons environ 4 000 travailleurs
qui travaillent dans 52 usines. C'est un coup très dur pour le
syndicat. Plusieurs endroits de travail qui demeurent en
opération ont vu le nombre de
travailleurs diminuer drastiquement par les mises à pieds.
À l'usine d'où je viens, Fabco, il y avait 566
travailleurs sur la liste d'ancienneté lorsque j'ai
quitté en 2002. Il y en a aujourd'hui environ 120. Plusieurs ont
pris leurs primes de séparation, d'autres leur retraite et
plusieurs ont perdu leurs droits d'ancienneté et de rappel. Cela
s'est produit à
plusieurs endroits. Plusieurs usines ont vu leurs opérations
réduites. Une des causes de cette situation est l'utilisation de
la technologie nouvelle qui élimine des travailleurs mais
au-delà de cela, il y a la crise économique qui frappe
l'industrie automobile toute entière.
Lorsque les usines ferment les travailleurs se
retrouvent avec rien parce qu'ils sont les derniers sur la liste des
créditeurs protégés. Les usines se placent sous la
protection de la loi de la faillite ou ferment et un certain nombre de
travailleurs touchent leurs primes de séparation et de
fermeture. Nous avons dans certains cas été capables de
négocier une amélioration de ces primes. La loi actuelle
sur les primes de séparation prévoit un paiement
équivalent à une semaine par année de services et,
dans certains cas, nous avons été capables d'obtenir un
paiement de deux semaines par année de services et d'augmenter
un peu les avantages sociaux, mais dans nombre de cas, l'employeur
ferme et s'enfuit.
LML :
Votre section locale est
impliquée dans une bataille très âpre contre le vol
des argents qui sont dus aux travailleurs d'Aradco et Aramco dans le
secteur des pièces. Quels ont été les principaux
moments de cette lutte ?
GF : Aradco et Aramco étaient deux
entreprises possédées par le fabricant américain
Catalina qui fournissaient des pièces à Chrysler. Les
travailleurs d'Aradco ont reçu un coup de
téléphone le 9 mars 2009 leur disant de ne pas se
présenter au travail le lendemain parce que Chrysler avait rompu
son contrat avec l'entreprise. En
autant que je sache, Aradco a toujours produit des pièces de
haute qualité et a remporté des prix pour la
qualité et la quantité de sa production ; elle
était un très bon fournisseur de pièces pour
Chrysler. Nous avons donc trouvé cela très étrange
que Chrysler renie son contrat avec ces entreprises. De son
côté, Catalina ne cessait de dire à
Chrysler que « Vous n'avez pas le droit de vous en aller
comme cela, nous avons un contrat de cinq ans et nous en sommes
seulement dans la deuxième année, vous ne pouvez pas
simplement quitter ».
Nous avons décidé de bloquer
l'accès aux deux entreprises et de ne pas permettre aux camions
d'y entrer ou d'en sortir. Il y avait des camionneurs qui voulaient
entrer ou sortir et la police a été appelée. Au
même moment, l'employeur essayait dans les tribunaux de Toronto
d'obtenir des injonctions contre nous. Nous avons
répliqué en amenant
plus de travailleurs sur les lignes. La présence
policière augmentait elle aussi. On a vu à un moment des
paniers à salade arriver. Nous avons décidé de
bloquer l'accès et de nous barricader dans une des usines
Aradco, sachant très bien que c'était la plus importante
du point de vue équipement, de la machinerie que les
propriétaires voudraient faire
sortir.
Nous avons obtenu un paiement de 400 000 $ d'une
tierce partie, c'est-à-dire de Chrysler. Notre président
Ken Lewenza et son assistant Jerry Diaz ont négocié ce
paiement avec Chrysler. À ce moment, Catalina, l'employeur,
avait complètement disparu. Nous avons déposé un
grief contre Catalina, demandant le paiement de tous les
salaires dus de même que des avantages sociaux, des paies de
vacances et des primes de séparation pour un total de 2,4
millions $.
Vers la mi-novembre un nos représentants
nationaux a remarqué de l'activité et un signe
« À vendre » devant l'usine Aradco. Je m'y
suis rendu immédiatement et j'ai été frappé
de voir en entrant que toutes les lumières étaient
allumées et qu'un vérificateur se trouvait là avec
d'autres personnes en train de préparer une vente à
l'encan de l'équipement. Le 16 novembre, nous avons
bloqué l'accès des deux usines. La vente à l'encan
devait se tenir sur l'Internet et à l'Hôtel Radisson. Nous
avons mobilisé notre équipe volante. La police avait
entouré l'hôtel et avait amené un panier à
salade. Nous étions quelques centaines et cela nous avantageait.
Vous ne pouvez pas
organiser des actions comme cela si vous êtes tout seul.
Grâce à la force collective que nous représentions,
notre section locale et d'autres syndicats locaux de la ville et
d'autres affiliés, nous avons pu entrer dans l'hôtel,
gravir l'escalier menant à l'encan, déjouer la police et
prendre le contrôle de l'encan.
Nous avons mêmes porté notre lutte aux
États-Unis et, le 24 novembre, nous avons organisé une
manifestation pacifique à Détroit devant les bureaux de
la Comerica Bank, qui est l'un des plus gros créditeurs de
Catalina. Nous avons marché avec les Travailleurs unis de
l'automobile, la Fédération américaine des
enseignants et d'autres
syndicats qui sont venus exprimer leur solidarité. Cela nous
faisait du bien de voir la solidarité internationale en action.
Nous avons dit aux représentants de la banque qu'ils n'ont pas
d'affaire à demander des paiements de fermeture à
Catalina et à essayer de vendre les avoirs de l'entreprise alors
que nos travailleurs n'ont pas été payés. Nous
avons
dit que Catalina ne devrait toucher aucun argent tant que les paiements
ne seraient pas faits aux travailleurs des deux entreprises. N'oublions
pas que cette banque a reçu plus de 2 milliards $ en argent
de sauvetage du gouvernement américain.
Le lendemain, j'ai rencontré deux des principaux
conseillers du ministre du Travail de l'Ontario. Nous leur avons dit
qu'il y a une loi en vigueur et leur avons demandé comment il se
fait que le gouvernement ne la fait pas appliquer. Le gouvernement ne
fait pas respecter les lois. Nous voulions que le message au ministre
soit le plus clair
possible, en notre nom et au nom de tous les travailleurs. J'ai
reçu des appels d'employés à salaires me
remerciant de la lutte que nous menons. Ce sont des cadres et ils ne
vont pas toucher un sou. Nous avons donc commencé à
parler en leur nom même si légalement ils ne sont pas nos
membres et nous ne pouvons pas les représenter. J'ai
contacté
le Centre d'action de Windsor et j'y ai rencontré des
travailleurs d'entreprises non syndiqués qui avaient
été fermées et où les travailleurs
n'avaient pas touché un sou. Le problème apparaissait
dans toute son ampleur non seulement pour les entreprises
syndiquées, mais pour celles qui ne le sont pas et pour tous
ceux
qui ne sont pas organisés. Le
personnel à salaire n'était absolument pas
représenté.
Les conseillers du ministre n'arrêtaient pas de
blâmer le gouvernement fédéral pour la situation.
Je leur ai dit que c'est une question provinciale parce qu'il s'agit
d'une loi provinciale. Quand Catalina a acheté ces entreprises,
selon moi, l'achat incluait 2,4 millions $ en primes de
séparation. Si l'entreprise valait 10 millions $, c'est
8 millions $ en avoirs qu'ils ont obtenus. Quand vous achetez
quelque chose, vous n'achetez pas seulement les avoirs mais les
responsabilités. Cet argent devrait être gardé en
fiducie jusqu'à ce que tous les paiements aux travailleurs aient
été faits. Il faut que ces compagnies soient tenues
responsables. Les conseillers de Fonseca nous ont
dit : « Qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse ?
Courir après tous les employeurs
étrangers ! » C'est pourtant ce que nous avons
fait. Cet argent nous appartient. C'est la loi qui le dit. Notre action
contre l'encan nous a permis d'obtenir un paiement de 225 000 $
suite à une entente entre la section 195 des TCA,
l'employeur Catalina et la Comerica Bank. Catalina est
présentement en cour contre Chrysler pour bris de contrat et, si
elle gagne, la banque nous a mis en tête de liste pour recevoir
les paiements qui proviendront du jugement. C'est peut-être la
première fois qu'une telle entente se produit. Je pense que cela
montre clairement que riposter fait toute
la différence.
Nous voulons que la loi soit appliquée et nous
demandons également des changements législatifs. Nous
voulons que dans les cas de faillite ou de fermeture, les travailleurs
soient mis en tête de liste des créditeurs et qu'on leur
paie tout ce qui leur est dû.
Nous voulons aussi des changements dans le
système de récupération de l'assurance-emploi. En
ce moment, si vous recevez 20 000 $ en primes de
séparation, ou 1 000 $ par semaine, vous ne pouvez pas
toucher d'assurance-emploi pendant 20 semaines. C'est totalement
absurde. Un travailleur a travaillé dans une usine, il a
maintenant 55 ans, l'usine ferme et il reçoit 20 000 $ en
primes de séparation et il ne peut même pas l'utiliser
comme bon lui semble ! Pourquoi ne pas lui mettre des boulets aux
pieds ? Il devrait pouvoir utiliser cette prime comme il le
souhaite, pour payer son hypothèque si c'est cela qu'il veut
faire. Ce sont les contribuables
qui vont payer pour cela parce que les travailleurs vont se retrouver
sur l'assistance sociale.
Nous vivons de telles situations à chaque jour.
Les travailleurs viennent aux bureaux du syndicat pour nous dire qu'ils
ne sont plus capables d'inscrire leurs jeunes au hockey, ou que leur
mariage est brisé, que tout ce qu'ils ont à manger ce
sont des sandwiches au fromage et nous avons même vécu des
cas de suicides. C'est inconcevable que de
telles choses se produisent à notre époque.
Nous devons continuer à nous battre. Riposter
fait toute la différence.

«Les temps sont durs mais il y a une
alternative»
- Entrevue, Dave Crosswell,
secrétaire aux finances,
section locale 200 des TCA -
LML : Dans le cadre de la
crise qui sévit dans le secteur de l'automobile, pouvez-vous
nous donner un aperçu de ce qui se passe à Ford et de ce
qu'on appelle la « réorganisation » du
secteur ?
Dave Crosswell : Je parlerais plutôt
de génocide que de réorganisation.
En 1978, Ford avait trois usines à Windsor avec
trois quarts de travail chacune pour un total d'environ 5 200
travailleurs de Ford à Windsor.
En décembre 1978, le tout s'est effondré,
notamment à cause des taux d'intérêts qui ont
grimpé à plus de 20 %. En quelques années, le
membership est tombé de 5 200 à 1 200.
Au début des années 1980, les choses ont
commencé à s'améliorer. Le membership a
grimpé à environ 4 200. C'est pendant cette
période qui nous a mené au milieu des années 1990
que nous avons obtenu une nouvelle usine, l'usine de moteurs de
Windsor. Nous avons obtenu une nouvelle usine d'aluminium à
Essex, une usine d'aluminium à
Windsor qui ne faisait pas seulement de la production mais aussi de la
recherche et du développement. Notre membership au milieu des
années 1990 a atteint le nombre de 6 400 travailleurs.
Aujourd'hui, nous sommes 1 600. Nous avons perdu près de 5 000
emplois depuis le milieu des années 1990. Nous avons perdu, pas
nécessairement dans cet
ordre, l'usine de moteurs d'Essex, notre usine de moulage qui datait de
1936, plusieurs emplois à l'usine de moteurs de Windsor qui est
passée de trois quarts de travail à deux, et toute une
ligne de production de moteurs à l'Annexe qui est située
dans l'immeuble adjacent à l'usine de moteurs.
Nous sommes
aujourd'hui 1 600 travailleurs à
l'emploi de Ford à Windsor. L'usine de moteurs de Windsor a deux
quarts de travail qui emploient un total de 900 travailleurs. Environ
200 travailleurs sont encore employés à l'Annexe et y
produisent des bielles et des vilebrequins. Nous avons un petit
département de transport qui emploie 30
camionneurs et l'usine d'aluminium de Windsor, anciennement
propriété conjointe de Ford et de Nemak et maintenant
propriété exclusive de Nemak (mais toujours sous la
juridiction de notre convention collective), qui emploie quelque 220
travailleurs. Nous lancerons en mars un nouveau produit qui sera
construit à l'usine de moteurs d'Essex. Nous
pensons qu'il y aura deux ou même trois quarts de travail, mais
avec la sous-traitance d'une grande partie des équipements et
des pièces, nous pensons que l'usine emploiera environ 750
travailleurs plutôt que 1 200 à 1 500 comme c'était
le cas dans le passé. Le nouveau moteur qui y sera construit
sera en concurrence directe avec ce que nous
produisons à l'usine de Windsor et celle-ci perdra un quart de
travail. Il y aura donc de nouvelles pertes d'emplois mais, selon nous,
sans ce produit c'en était fini de nous à Windsor car
Ford allait quitter la ville.
LML : Quel travail votre section
locale fait-elle dans cette situation ?
DC : Comme je vous le disais, nous faisions
face à une entreprise qui voulait se retirer de Windsor. Cela
explique que nous ayons combattu si fort pour obtenir un nouveau
produit parce que si nous avions continué à perdre de la
production, Windsor aurait perdu tout intérêt pour Ford.
Pour nous, l'obtention de ce nouveau
produit à l'usine d'Essex était un point de départ
qui nous permettait de développer davantage, un pied dans la
porte
pour éviter que nous disparaissions de Windsor.
Nous sommes très fiers du travail que nous avons
fait pour bâtir le centre d'aide aux travailleurs mis à
pieds. Nous avons forcé l'employeur à organiser des
sessions d'information de huit heures sur les options qui existent pour
les travailleurs mis à pieds, sur les avantages sociaux et les
programmes qui s'offrent à eux, des avantages sociaux aux
programmes de santé mentale. Nous avons poussé la
province et Ford à financer ce centre qui fait un travail
très important pour aider les travailleurs. Il n'y a pas de
doutes que ce centre a sauvé des vies et nous avons vécu
quelques suicides. Ça me rend tellement furieux quand j'entends
des plaintes au sujet des travailleurs d'automobiles qui sont
« riches » et ne sont pas capables de faire face
à ces problèmes comme tout le monde. Ce sont des
travailleurs comme tous les autres, ils l'ont toujours
été et ils sont en difficulté.
Nous aidons tous les syndicats qui se battent, que ce
soit les employés municipaux du SCFP ou les gardiens de prison
du SEFPO ou ,en ce moment,les employés des centres de la petite
enfance.
Les travailleurs de Ford sont aussi parmi les plus
généreux en ce qui concerne les dons, que ce soit
à
la United Way ou aux victimes du tsunami en 2005 ou aux victimes du
récent tremblement de terre en Haïti.
LML : Comment voyez-vous l'avenir
de Windsor et du mouvement ouvrier ?
DC : Nous devons faire en sorte que les
travailleurs ne perdent pas espoir dans l'avenir du secteur
manufacturier et du mouvement ouvrier. Personne ne doit succomber
à la pression que la mondialisation néolibérale
est la seule façon de diriger une économie et une
industrie, que c'est quelque chose de naturel et d'inévitable
comme le retour des saisons. Sinon les perspectives d'avenir sont
sombres et on peut céder à la peur. Regardez ce qui se
passe à Nortel, « l'étoile
brillante » du Canada, et ce qui arrive maintenant avec la
crise à GM et Chrysler. Nous devons continuer à riposter
afin de faire une différence et montrer que l'alternative existe.
Les grandes entreprises travaillent très fort
à inculquer l'idée, y compris dans nos rangs, que plus
grande est la productivité des entreprises, plus grands seront
les avantages sociaux pour les travailleurs. Je ne crois pas à
cela et plusieurs travailleurs n'y croient pas non plus.
L'histoire de Ford à Windsor remonte à
1941. Nous avons vécu la grande grève de 1945 qui a
donné entre autres choses la Formule Rand aux travailleurs et
ensuite nous avons connu des grèves dont des grèves
sauvages presque chaque année après cela. En 1954, nos
membres ont fait une grève de 112 jours et nous avons
été les premiers à
Ford Canada à obtenir des avantages sociaux en santé
payés par l'entreprise. Nous représentons deux, trois et
même quatre générations de travailleurs de Ford et
nous avons aujourd'hui environ 1000 travailleurs mis à pied et
plus de 2000 travailleurs qui ont pris leur retraite seulement dans les
six dernières années.
La grande question que nous nous posons est la
suivante : est-ce que nous allons être capables de rebondir
une fois encore au nom de toutes ces générations de
travailleurs ? Nous avons toujours rebondi et des gens comme moi
ont accepté les concessions contenues dans les récentes
rondes de négociations justement pour
rester dans le match et revenir à la charge. Nous avons toujours
maintenu notre présence mais aujourd'hui, la situation est
particulièrement difficile à cause de la mondialisation
et du manque d'intérêt des gouvernements pour intervenir
à la défense du secteur manufacturier.
Le monde du travail est très vaste à
Windsor. Nous avons vécu quelque chose de très important
lorsque les employés municipaux ont fait la grève pendant
plus de 100 jours cet été sur des questions qui ne les
affectaient même pas directement, mais affectaient les
retraités des générations à venir. Ils ont
gagné une bonne augmentation de salaires
en un temps où les concessions salariales et les gels de
salaires sont la norme. Nous leur avons donné tout l'appui
possible et nous le faisons pour tous les syndicats qui se battent.
Nous avons besoin de plus d'actions qui rassemblent les travailleurs
à la base et les dirigeants locaux comme ceux des Conseils du
travail et contribuent ainsi à pousser
les dirigeants de plus haut niveau à travailler ensemble. Nous
avons
encore fraîches à la mémoire les Journées
d'action contre Mike Harris. Nous avons besoin de plus d'actions comme
celle-là.
Nous faisons face à un ordre du jour
néolibéral de droite. Les travailleurs non
organisés ont besoin de syndicats. Il y a une force
énorme dans le mouvement qui a besoin d'être
organisée si nous voulons améliorer les conditions de
travail de tous. La question n'est pas que les TCA ou d'autres
syndicats grossissent leurs rangs mais que la
confiance des travailleurs en eux-mêmes et dans le mouvement
ouvrier grandisse.
Le secteur manufacturier et les industries sont cruciaux
pour l'avenir mais aujourd'hui nous voyons ces entreprises
géantes venir prendre nos ressources naturelles, peu importe les
conséquences pour les régions. Elles ont juste besoin
d'un petit nombre de gens qualifiés qui font de la recherche et
du développement et pour le reste, le salaire
minimum c'est amplement suffisant selon elles.
Un de nos plus grands problèmes ce sont les
grands médias. À Windsor, le Windsor Star est
totalement pro-entreprise, même si Windsor a une grande histoire
ouvrière. Ce journal attaque ouvertement les travailleurs et se
prononce pour la privatisation des programmes sociaux et du
système public d'éducation, de la Commission des
alcools, bref de tout ce qui peut leur tomber sous la main. Une de
leurs tactiques c'est de publier des lettres d'extrême-droite
très provocatrices, puis d'écrire des éditoriaux
qui reprennent essentiellement le même message mais dans un
langage moins extrême. Le mouvement ouvrier doit
développer une contrepartie à cela. Pendant les
Journées
d'action, nous présentions notre message de façon plus
agressive.
Les temps sont difficiles mais je ne suis pas du genre
à ne voir que les épreuves. Nous nous tenons ensemble et
par exemple, nous avons tous ces volontaires qui viennent à
notre
centre pour aider les travailleurs mis à pied. Nous avons des
problèmes dans nos places de travail et nous travaillons
à les résoudre. Les gens de la région vivent des
crises et nous travaillons avec eux pour les régler.

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