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Budget fédéral le 4 mars
Le gouvernement, l'économie et nos ressources
accumulées doivent servir le bien-être
de la population
Aujourd'hui, 3 mars, commence la troisième
session
de la 40e législature du parlement canadien avec le Discours du
trône, suivi, le lendemain, du dépôt du budget
fédéral.
Pendant des mois à l'avance, les riches et leurs
représentants politiques, idéologues et experts ont
débattu entre eux à savoir si, face au déficit
fédéral, il faut des coupures radicales dans les
programmes sociaux de responsabilité fédérale ou
des hausses de taxes et impôts importantes, ou les deux.
Les déclarations faites dans un sens ou dans
l'autre sont dénuées de tout sens de
responsabilité sociale. Les coupures dans les programmes
sociaux, les hausses de taxes et impôts pour les particuliers et
les baisses d'impôts pour les sociétés ne sont pas
des solutions ! Ceux qui répètent ces choses du haut
de leur tribune d'élite n'acceptent
aucune responsabilité pour l'état de chose actuel mais
voudraient nous faire croire que les mêmes personnes qui sont au
pouvoir depuis des décennies et qui sont responsables de
l'état de chose actuel peuvent – et désirent –
résoudre les problèmes de l'économie en faveur de
la nation et du peuple du Canada. C'est assez de tourner en
rond !
Après trente années de ces mesures
antisociales des gouvernements aux niveaux fédéral et
provincial, l'économie et la société canadiennes
sont moins stables et plus vulnérables aux effets des crises
périodiques du capitalisme. Qu'ont résolu ces politiques
depuis que les Mulroney, Rae, Harris, Chrétien, Bouchard,
Martin, Charest, Harper et
compagnie ont commencé leur offensive antisociale ? Elles
n'ont fait qu'aggraver la situation, comme le savent très bien
tous ceux qui subissent les conséquences de la destruction du
secteur manufacturier, de la montée du chômage, de
l'aggravation des problèmes sociaux et de la crise des
dernières années. Qu'ont résolu ces politiques
néolibérales ? Semble-t-il que nous nous retrouvons
encore une fois dans un bateau qui prend l'eau. Les économistes
qui font leur la cause des riches et des puissants recommencent
à crier au déficit, parlent d'« un manque
à gagner qui pourrait atteindre 164 milliards d'ici
2014 » et d'un nouveau train de coupures antisociales, du
besoin de hausser les taxes et impôts des particuliers et de
baisser l'impôt des sociétés. Autrement dit, la
même vieille rengaine. Les Canadiens sont déjà
passés par là et ne vont pas tolérer qu'on leur
joue la comédie une deuxième fois !
Le comédie prise 2 commence avec une altercation
au sein de l'élite dominante
Gare au piège. Les Canadiens sont invités
à prendre part à un débat entre deux versions de
la politique néolibérale au service des riches : ou
bien les coupures et une hausse des taxes et impôts des
particuliers, ou bien la continuation des déficits
et des dépenses de l'État pour stimuler
l'économie. On prépare le terrain en disant que les
dépenses pour stimuler l'économie (pour payer les riches)
vont inévitablement signifier les coupures dans les programmes
sociaux et une hausse des taxes et impôts pour les particuliers.
Ça ne doit pas passer !
En décembre, le ministre des Finances Jim
Flaherty disait que son gouvernement avait l'intention de continuer
« les dépenses pour stimuler
l'économie » en 2010 « pour assurer la
pleine reprise de l'économie fragile. Mais après cela, le
gouvernement commencera une période de frugalité pour
rétablir l'équilibre
budgétaire. »
Les six grandes banques et d'autres
monopoles ont
clairement fait savoir dans les médias qu'ils s'attendent
à ce que les dépenses de stimulation continuent jusqu'en
mars 2011, pour atteindre un total de 48 milliards $. En janvier,
le président du Conseil canadien des chefs d'entreprises, John
Manley, le PDG de la Banque TD et d'autres
représentants de la classe capitaliste monopoliste se sont
querellés avec le Cabinet du premier ministre au sujet de la
grandeur et des priorités de ces « mesures de
stimulation » pour payer les riches. Pour les entreprises
financières privées, les monopoles de l'automobile et de
la construction et d'autres, les dépenses « pour
stimuler l'économie » représentent
d'énormes infusions de capitaux et des « occasions
d'investissement » à l'heure où ces deux
éléments font gravement défaut à cause de
la crise capitaliste.
Au même moment, une clameur s'est
élevée en faveur de coupures radicales dans les
programmes sociaux et de hausses de taxes et impôts pour les
particuliers. Faisant publiquement des reproches au gouvernement
conservateur de Stephen Harper, le directeur parlementaire du budget,
Kevin Page, a dit : « Nous allons devoir ou
bien réduire sérieusement les dépenses ou bien
hausser sérieusement les impôts pour revenir à
l'équilibre budgétaire. »
Le directeur du budget veut revenir aux mesures
néolibérales prises par les gouvernements
libéraux, conservateurs et néodémocrates au
début de l'offensive antisociale, mesures qui n'ont d'ailleurs
pas vraiment cessé. Les médias rapportent qu'il
« a rappelé que les déficits s'étaient
accumulés dans les années 1970 et 1980 jusqu'à un
point
de rupture au début des années 1990, lorsque le Canada
dépensait 35 cents sur chaque dollar de revenu pour le service
de la dette publique ». « En réduisant les
dépenses, y compris avec la décision controversée
de réduire les paiements de transfert aux provinces [pour les
programmes sociaux] et d'augmenter les impôts, les
gouvernements libéraux ont réduit le service de la dette
à 15 cents sur le dollar de revenu, dit le directeur de
budget », qui ajoutait que c'était un niveau
acceptable. Il a oublié de préciser que ce sont les
particuliers qui ont encaissé les hausses de taxes et
impôts, comme avec la TPS, tandis que les sociétés
ont vu leur impôt baisser
continuellement. Il n'a pas précisé non plus que c'est
cette même politique néolibérale qui nous a
ramenés à une situation où les gouvernements et
les médias se remettent à crier au sujet des
déficits et de la dette et proposent de répéter
l'offensive contre les programmes sociaux et les services publics,
d'augmenter les taxes et impôts des particuliers
et de continuer de réduire l'impôt des
sociétés. N'est-il pas temps de conclure qu'il y a
quelque chose qui ne va pas dans les rapports de l'économie
socialisée quand le prétendu « cycle
d'affaire » nous fait chavirer continuellement sans une
intervention décisive des gouvernements ? Les Canadiens ont
connu de près les
conséquences des coupures dans les programmes sociaux et les
services publics, de l'augmentation des taxes et impôts de
particuliers et des baisses d'impôt des sociétés.
Ils ne doivent pas permettre qu'on leur joue la même
comédie une deuxième fois sans opposition. Les
politiciens ouvriers doivent être le fer de lance d'une
discussion populaire sur
les causes de la crise économique et de la formulation d'un
programme centré sur l'être humain pour nous sortir de la
crise avec des politiques et des actions en faveur du peuple. Ils
doivent à tout le moins ne pas permettre une
répétition des politiques centrées sur le capital
qui favorisent les riches et leurs monopoles sous prétexte de
combattre les
déficits et de réduire la dette, dont ils sont
responsables et dont ils profitent.
Un battage de tambour en faveur d'une
répétition du passé
À la mi-janvier, le ministre Flaherty continuait
de répéter qu'« Ottawa peut équilibrer
son budget avec le temps sans devoir hausser les impôts ou
réduire les dépenses ». Aussi étrange
que cela puisse paraître, le battage en faveur de
l'intensification de
l'offensive antisociale au nom de l'« équilibre
budgétaire » et de la lutte contre l'impact de la
crise économique est tel que les conservateurs de type Harper et
d'anciens ministres du cabinet Harris comme Jim Flaherty en viennent
à ressembler à des libéraux avec un petit
« l » ! Selon un expert cité dans les
médias : « Les conservateurs de Stephen Harper
ont jusqu'à présent démontré très
peu d'appétit pour les mesures impopulaires de réduction
des dépenses. » C'est à s'y
méprendre !
Puis, à la fin de janvier, le ministre des
Finances
a indiqué que le gouvernement conservateur allait poursuivre le
plan de stimulation pour payer les riches. Suite à la rencontre
annuelle de l'oligarchie financière internationale à
Davos, en Suisse, Flaherty a dit : « Nous sommes tous
d'accord sur le plan international pour dire que nous
devons continuer les dépenses pour stimuler l'économie.
Alors nous allons continuer de stimuler la demande du secteur public
dans l'économie canadienne en 2010 et durant le premier
trimestre de 2011. »
Mais un instant. Le 23 février, le même
ministre des Finances annonçait une réduction des
dépenses dans tous les ministères fédéraux
dans le budget du 4 mars et Stockwell Day, président du Conseil
du trésor et ancien ministre du gouvernement notoirement
néolibéral de l'Alberta, s'est vu assigner la tâche
« de trouver les moyens de
réduire de façon significative les dépenses pour
les programmes fédéraux ».
Les mêmes visages et la même offensive
antisociale, mais cette fois-ci l'opposition ouvrière doit
mettre collectivement le pied à terre et dire à ces
représentants des riches : Vous n'avez rien résolu
avec ces mesures antisociales dans le passé. Les coupures dans
les programmes sociaux et les services publics, l'augmentation des
taxes et
impôts des particuliers et la réduction des impôts
des sociétés ne sont pas des solutions ! Les
travailleurs et leurs alliés ne vont pas l'accepter ! Le
peuple veut un programme pro-social centré sur l'être
humain qui renouvelle l'économie en sa faveur.
Un regard en arrière
Un an s'est écoulé depuis le dernier
budget fédéral mais la tâche à laquelle les
Canadiens font face est la même. L'année dernière
nous avons écrit : « Les Canadiens ont besoin de
la puissance collective du gouvernement fédéral et des
ressources accumulées de l'économie et du pays pour
défendre
leur bien-être dans les conditions de la crise économique.
Dans une économie qui est essentiellement socialisée, les
Canadiens ne peuvent pas pourvoir chacun à leurs besoins. C'est
collectivement qu'ils produisent et vivent. Il y a longtemps que nous
ne sommes plus une population de pionniers engagée dans la
petite production, répartie dans les
campagnes et dans des cantons. Il est bien connu que la crise
économique vient des contradictions structurelles internes de
l'économie socialisée et de son interconnexion avec
l'empire américain. Aucun individu n'est la cause de la crise.
Les individus ne sont pas responsables de leur chômage ou de leur
manque de ressources personnelles pour se
maintenir durant le chômage, la retraite ou la maladie. Les
problèmes qui proviennent de la crise sont apparus
collectivement au sein de l'économie socialisée et ils
doivent être traités de la sorte en mettant à
profit les ressources combinées et la richesse du pays. Pour
faire face aux défis de la crise économique, il faut
accroître les investissements
dans les programmes sociaux. On ne peut s'attendre à ce que les
travailleurs soient disponibles quand les propriétaires du
capital ont besoin d'eux puis laissés à eux-mêmes
quand ils sont trop vieux, blessés, malades ou simplement quand
les capitalistes n'en ont plus besoin. Il faut rendre disponibles les
ressources qui vont soutenir tous ceux qui
sont en chômage aussi longtemps que cela est nécessaire.
Il faut accroître les investissements dans la santé
publique, l'éducation et dans toute la gamme des programmes
sociaux afin de garantir les droits de tous. Tous devraient pouvoir
satisfaire leurs besoins fondamentaux selon un standard canadien. Les
êtres humains ont des droits en vertu de
leur humanité. Le budget fédéral doit
reconnaître ces droits et les garantir en pratique. »
C'est dans le renouvellement de
l'économie en faveur
du peuple qu'on trouve de vraies
solutions !
Les Canadiens ont besoin d'un budget prosocial et c'est ce qu'ils
demandent !
Augmentez les investissements dans les programmes sociaux !
Arrêtez de payer les riches !

Les réserves de pétrole
inexplorées de l'Atlantique Sud
Vers un nouveau conflit des Malouines?
L'Angleterre se pavane de nouveau
- Finian Cunningham, Global Research, le
22 février 2010 -
Exactement 28 ans plus tard, le spectre de la guerre des
Malouines est de retour. C'est l'une des dernières guerres
coloniales de la Grande-Bretagne – un épisode sordide dans les
annales de l'empire britannique. En 1982, la première ministre
britannique, Margaret Thatcher, a envoyé un corps
expéditionnaire chargé de
« défendre » les Malouines saisies en 1833
par la Grande-Bretagne face aux revendications territoriales de longue
date de l'Argentine sur les mêmes îles. Les Malouines sont
à environ 300 kilomètres au large des côtes du
continent sud-américain et à 12 000 km de la
Grande-Bretagne.
Quelque 900 militaires – plus des deux tiers de
l'Argentine – sont morts durant les 74 jours de la Guerre des
Malouines. L'incident le plus connu a été le naufrage du
croiseur de la marine argentine, le Général Belgrano,
par
un
sous-marin britannique, le HMS Conqueror, le 2 mai
1982. Deux torpilles ont
envoyé 323 Argentins au fond des eaux. L'attaque a
été sanctionnée par Thatcher et a provoqué
une tempête internationale, car elle s'est produite en dehors des
eaux territoriales déclarées britanniques et le Belgrano
naviguait à l'époque vers l'ouest, en direction
opposée aux îles contestées.
Notoirement, le tabloïd britannique Sun se
réjouissait
de
la mort des Argentins avec le titre suivant
à la une : « Dans le mille ! ».
L'état d'esprit chauvin qui a balayé la Grande-Bretagne
résultant de la guerre a été mis à profit
par Thatcher et son gouvernement conservateur. Après deux
années au pouvoir, la
Dame de fer, reconnue pour avoir imposé des réductions de
salaires et des coupures dans les services publics, s'effondrait dans
les sondages et était profondément
méprisée. Une guerre pour défendre les
intérêts nationaux de la vaillante Grande-Bretagne
était ce qu'il fallait pour assurer un regain politique et un
facteur essentiel à sa réélection en
1983.
Vingt-huit ans plus tard, il y a de nouveau des enjeux
importants. L'actuel premier ministre, Gordon Brown, est assailli de
toutes parts dans les sondages et les médias. Son gouvernement
travailliste fait face à la défaite aux prochaines
élections prévues dans quelques mois. La Grande-Bretagne
subit également les effets de la récession
économique, avec un déficit commercial et une dette
nationale qui la paralysent. Mais, non loin de sa possession dans le
sud de l'Atlantique, existe un champ pétrolier dont la valeur
représente un joyau de la couronne par rapport aux
réserves d'hydrocarbures de la Grande-Bretagne en mer du Nord
(maintenant épuisées) – même lorsque ces
dernières étaient à leur pic de production dans
les années 1980.
Des rapports évaluent les réserves de
pétrole au large des îles Malouines à 60 milliards
de barils de pétrole. Pour mettre ces chiffres en perspective,
l'Arabie saoudite – le premier producteur mondial – a une
réserve totale évaluée à 267 milliards de
barils. Autrement dit, la découverte de pétrole dans
l'Atlantique Sud – si
pleinement exploitée – hisserait la Grande-Bretagne parmi les 17
plus grands producteurs de pétrole au monde, entre la Russie
(8e) et la Libye (9e).
Cette semaine, la Grande-Bretagne a commencé
à forer à 62 milles (100 km) au nord des îles
Malouines, au grand déplaisir de Buenos Aires, qui continue de
réclamer les îles en dépit de sa défaite
humiliante. La réponse de l'Argentine a été
d'imposer des restrictions navales autour des îles et elle a
reçu un soutien diplomatique unanime de ses
voisins sud-américains. De plus, l'Argentine va présenter
ses revendications aux Nations unies.
Le secrétaire aux Affaires
étrangères britannique, David Miliband, a fait valoir que
l'exploration pétrolière de son pays dans l'Atlantique
Sud est « tout à fait en conformité avec le
droit international (sic) ».
Mais la Convention des Nations unies sur le droit de la
mer (1982) stipule que la limite maritime extérieure pour la
revendication territoriale de tout pays est de 22 milles nautiques (22
km) à partir de ses côtes. Cela est bien loin de l'endroit
où la Grande-Bretagne a commencé le forage
pétrolier au large de sa colonie – 62 milles (100
km) – sans compter le fait qu'il faudrait supprimer les 8 000 milles
(12 000 km) la séparant de cette chère vieille
Angleterre. La revendication territoriale auto-proclamée par la
Grande-Bretagne de 200 milles (370 km) autour des îles de
l'Atlantique Sud n'est que tout simplement cela : une
revendication auto-proclamée qui n'a aucun
fondement en droit international.
Une deuxième guerre des Malouines peut sembler
lointaine. Mais le danger d'un conflit ne peut jamais être
éliminé lorsqu'une puissance impérialiste – en
particulier une avec des prétentions de grandeur – se sent
contrainte d'agir. L'histoire montre que malgré son
économie en perte de vitesse et sa classe politique
discréditée, la
Grande-Bretagne n'a pas hésité à se lancer dans le
fiasco de Suez ou dans la Première et la Seconde Guerre
mondiales.
La dernière querelle diplomatique illustre
à tout le moins cette friction lorsqu'un pays adopte deux poids,
deux mesures. Cette semaine, à Cancun, au Mexique, la
présidente de l'Argentine, Cristina Kirchner, s'exprimant lors
d'un sommet des États d'Amérique du Sud, a bien mis les
choses en perspective quand elle a dit : « La
Grande-Bretagne peut violer systématiquement les
résolutions de l'ONU parce qu'elle siège au Conseil de
sécurité – tandis que d'autres nations doivent se
conformer aux résolutions de l'ONU sans quoi elles sont
étiquetées ennemies ou pire. »

Ce qui est en jeu dans les îles Malouines
- Rick Rozoff, Stop NATO, le 23
février 2010 -
Nous reproduisons ci-dessous un extrait d'un article de
Rick Rozoff, « Sud de l'Atlantique : la Grande-Bretagne
pourrait provoquer un nouveau conflit avec l'Argentine ». Il
y explique quels sont les enjeux concernant les îles Malouines
(Falklands). Pour l'article au complet (en anglais), cliquez
ici.
***
Vers la fin de décembre, la Grande-Bretagne a
mené une opération militaire de deux jours sur les
côtes des Falklands/Malouines, y inclus l'utilisation de missiles
Typhoon multirôle et de navires de combat. Les exercices, du nom
de code de Cap Baïonnette, « ont eu lieu
pendant une tournée des îles Malouines par des forces
britanniques avant le début des forages prévus dans le
bassin en février 2010 » et « ont
simulé une invasion ennemie... »[13]
Une information de presse à ce moment là
avait ajouté : « La Grande-Bretagne a
solidifié sa présence militaire dans les Malouines depuis
la guerre (de 1982) et a une importante base d'entraînement au
combat au Mont Plaisant, à 35 milles de Stanley, la capitale.
« La perspective de voir les îles
devenir une source importante de revenu pétrolier pour la
Grande-Bretagne a ajouté de l'eau au moulin de l'appareil
militaire pour qu'il augmente ses forces dans le Sud de
l'Atlantique. »[14]
Quatre jours avant que ne commence le forage à
proximité des îles, le premier ministre, Gordon Brown, a
déclaré : « Nous avons pris toutes les
précautions nécessaires pour que les habitants des
îles Malouines soient bien
protégés »,[15] même si les porte-parole
argentins ont nié à plusieurs reprises toute
possibilité d'une
riposte militaire aux empiétements et aux provocations
britanniques dans l'océan du Sud de l'Atlantique.
Le même jour, le 18 février, le ministre
adjoint des relations étrangères, Victorio Tacetti, a
accusé la Grande-Bretagne de « poser un geste
unilatéral d'agression et de subjugation »[16] en
saisissant le pétrole et le gaz dans la région
contestée. Buenos Aires a interdit aux navires de circuler dans
les eaux argentines en direction et en
provenance des îles Malouines.
Les enjeux sont, selon les estimés des services
géologiques britanniques, jusqu'à 60 milliards de barils
de pétrole sur le plancher océanique des îles
Malouines.
Fin janvier, un analyste militaire russe a
expliqué que même ce colossal filon d'énergie n'est
pas l'unique objet de l'intérêt des Britanniques
près des îles Malouines et au sud des îles.
Ilya Kramnik écrit : « Avec les
îles avoisinantes qui sont sous contrôle britannique, les
Malouines sont le passage de facto vers l'Antarctique, ce qui
explique l'entêtement de Londres à maintenir sa
souveraineté sur elles ainsi que sur les îles de la
Géorgie du Sud-et-les îles Sandwich du Sud, ainsi que ses
réclamations
territoriales sur les îles Shetland du Sud et Orkney du Sud selon
le traité de l'Antarctique. »
Et en ce qui concerne l'Antarctique lui-même,
« sous la glace, sous la plate-forme continentale, existent
d'énormes ressources minérales et les mers environnantes
abondent en bio-ressources. De surcroît, les glaciers de
l'Antarctique contiennent 90 % de l'eau douce du monde, et sa
rareté se fait ressentir toujours davantage à mesure
que la population mondiale augmente. »[17]
Une analyse chinoise faite plus de deux ans auparavant
décrit pourquoi la Grande-Bretagne, en partie, a eu recours
à la guerre en 1982 et pourquoi elle le ferait peut-être
à nouveau : afin de contrôler de vastes
régions de l'Antarctique.
« L'étendue de ce qui semble
n'être qu'une terre aride et couverte de glace est mise à
découvert et exposée au monde extérieur,
révélant un
« bassin-trésor » incroyablement riche en
gisements minéraux et en réserves d'énergie... Un
gisement de charbon de l'âge permien existe sur le continent et
contient 500 milliards de
tonnes en réserves prouvées.
« Le dense dôme de glace qui
s'étend sur la terre représente le plus grand
réservoir d'eau douce au monde ; il contient environ 29,3
millions de kilomètres cubes de glace et constitue
jusqu'à 75 % de toute l'eau douce sur terre.
« On peut dire qu'il serait possible pour le
Pôle Sud de nourrir la terre entière avec ses sources
abondantes de nourriture (le poisson) et d'eau douce... La valeur du
Pôle Sud ne tient pas qu'à sa dimension économique,
mais aussi à son lieu stratégique.
« La garde côtière
étasunnienne a depuis longtemps des garnisons dans la
région, et la Airforce étasunienne est la force
aérienne numéro un dans la région. »[18]
L'auteur de l'article contenant ces citations lance
l'avertissement suivant en guise de conclusion : « Le
traité du Pôle Sud (Antarctique) déclare que le
Pôle Sud ne peut être exploité qu'à des fins
pacifiques et qu'il ne peut devenir un lieu d'hostilités. Sinon,
le Pôle Sud glacial pourrait se transformer en champ de bataille
ardent. »[19]
Deux jours avant l'échéancier du 13 mai
2009 pour que « les États fassent leurs
réclamations sur ce que les experts décrivent comme
l'ultime grand partage de territoire maritime de
l'histoire »[20], la Grande Bretagne a
présenté des réclamations à la Commission
des Nations unies sur les limites de la plate-forme maritime pour un
million de kilomètres carrés dans l'Atlantique Sud allant
jusqu'à l'océan Antarctique.
Un article de la présente série paru cinq
jours plus tard relate en détails la nouvelle course pour
l'Antarctique entreprise par la Grande-Bretagne et l'Australie :
2.5 millions de kilomètres carrés supplémentaires
dans l'océan Antarctique furent concédés à
l'Australie en avril 2008.[21]
Un journal au Royaume-Uni avait publié
antérieurement un article décrivant les ambitions de
Londres concernant les millions de kilomètres dans l'Atlantique
Sud et dans l'Antarctique Sud : « Depuis la fin de
l'âge d'or de l'empire, c'est la première fois que la
Grande-Bretagne réclame des droits territoriaux d'une telle
immensité à
l'échelle mondiale. Et bien que l'empire britannique soit depuis
longtemps chose du passé, il reste que l'Antarctique est devenu
l'ultime champ de bataille pour des puissances rivales dont la
concurrence se manifeste sur plusieurs fronts afin d'assurer leur
mainmise sur des territoires riches en pétrole... Les
revendications territoriales sur les
Malouines sont les plus volatiles sur le plan politique, puisque la
Grande-Bretagne et l'Argentine ont mené une guerre pour les
îles il y a 25 ans, et que la valeur du pétrole sous la
mer dans la région est potentiellement immense. Des tests
séismaux indiquent qu'il pourrait y avoir environ 60 millions de
barils de pétrole sous le plancher
océanique. »[22]
L'automne dernier, une agence de nouvelles russe
lançait cet avertissement sur le sens exact de l'initiative du
22 février : « Plusieurs croient que l'enjeu de
la guerre de 1982 entre la Grande-Bretagne et l'Argentine, ou furent
tués un millier de soldats, était les champs de
pétrole et de gaz dans l'Atlantique du Sud. En ce sens,
Desire Petroleum devrait y penser par deux fois avant de commencer
à capitaliser sur ce qui est devenu l'objet d'un bain de sang en
1982... »
Au sujet de la revendication territoriale faite par la
Grande-Bretagne en mai dernier (et qui est toujours en
délibération au sein de la Commission des Nations unies
sur les limites de la plate-forme continentale), le rapport de cette
dernière insiste sur « l'empressement (de Londres)
à prolonger sa plate-forme continentale des îles Malouines
de 200 à 300 milles marins, ce qui permettrait à la
Grande-Bretagne de développer de nouveaux champs de
pétrole dans les îles de la Géorgie du Sud-et-les
îles Sandwich du Sud », et le rapport conclut avec
cette sombre admonition :
« À la lumière des
hésitations de Londres et de son refus d'en arriver à un
accommodement politique avec Buenos Aires, la commission
spéciale de l'ONU n'aura sûrement pas des décisions
faciles à prendre au sujet de la plate-forme continentale. Et
nous ne pouvons qu'espérer que la Grande-Bretagne aura la
sagesse de ne pas
transformer encore une fois les îles des Malouines en un point
chaud régional. »[23]
Contrairement à la première guerre de
l'Atlantique du Sud en 1982, alors que le régime du
général Leopoldo Galtieri ne jouissait pas de l'appui des
autres nations de l'Amérique latine, dans
l'éventualité d'une confrontation éventuelle ou
d'un conflit armé entre l'Argentine et la Grande-Bretagne ayant
comme point de litige les îles Malouines,
les États antillais et ceux de l'Amérique latine
seront
solidaires avec l'Argentine.
Si le Royaume-Uni réussit à provoquer une
nouvelle guerre, lui, par contre, aura recours à ses
alliés de l'OTAN pour de l'assistance tant logistique que de
surveillance et autres, y inclus l'intervention militaire directe si
nécessaire. Avec les États-Unis et le Canada, les
alliés de l'OTAN de la Grande-Bretagne dans
l'hémisphère occidental
incluent la France et les Pays-Bas qui ont des possessions ainsi que
des bases militaires dans les Antilles et en Amérique du sud.
La Grande-Bretagne joue avec le feu et si un nouveau
conflit en résulte, celui-ci pourrait s'étendre
rapidement bien au-delà des eaux au sud de l'Amérique du
Sud.
Notes
13. United Press International, le 28 décembre
2009
14. Ibid
15. Reuters, le 18 février 2010
16. Agence de nouvelles Xinhua, le 19 février 2010
17. Agence d'information de Russie Novosti, le 28
janvier 2010
18. People's Daily, le 4 décembre 2007
19. Ibid
20. Reuters, le 7 octobre 2007
21. Scramble for World Resources : Battle for
Antarctica Stop NATO, le 16 mai 2009
22. The Scotsman, le 23 octobre 2007
23. Voice of Russia, le 16 septembre 2009

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