Le Marxiste-Léniniste

Numéro 41 - 2 mars 2010

Le débat sur les pensions

Oui aux fonds de pension! Non aux fonds d'épargne!
Des pensions pour tous avec prestations
déterminées garanties!

Le débat sur les pensions
Oui aux fonds de pension! Non aux fonds d'épargne! Des pensions pour tous avec prestations déterminées garanties! - Centre ouvrier du PCC(M-L)
Des pensions et un soin des aînés centrés sur l'être humain
Destruction à l'oeuvre sur la question des pensions - Section locale 1005 du Syndicat des métallos

Vale Inco
Il est temps que Vale Inco renonce à sa demande de concessions - Steve Rutchinski

Les «cinq puissances nucléaires» européennes «non déclarées»
La Turquie, l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas et l'Italie sont-ils des puissances nucléaires? - Michel Chossudovsky, Mondialisation.ca

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Le débat sur les pensions

Oui aux fonds de pension! Non aux fonds d'épargne!
Des pensions pour tous avec
prestations déterminées garanties!

Il y a un débat en cours sur les pensions au Canada. Pour avoir un impact dans la discussion, la classe ouvrière doit développer son opinion, la propager largement et la défendre. Il faut organiser cette opinion sous la forme d'une opposition ouvrière officielle qui se démarque clairement de l'opinion officielle des propriétaires du capital et de leurs représentants politiques. Une opinion de la classe ouvrière qui ne représente pas sa position indépendante et qui n'est pas organisée sous la forme d'une opposition officielle à l'intérieur et à l'extérieur des institutions politiques du Canada ne représente pas grand-chose. On ne peut pas affronter un assaut d'une telle envergure en marmonnant quelques propos incohérents.

Où en est le Canada en ce qui concerne les pensions ? Dans la période qui a suivi la Deuxième Guerre mondiale, la classe ouvrière a fait certains gains dans la voie qui mène à la garantie d'une retraite en sécurité. Ces gains comprennent le RPC/RRQ et les fonds de pension enregistrés à prestations déterminées de plusieurs entreprises, surtout dans les services publics et les entreprises syndiquées. Il faut défendre vigoureusement ces gains contre l'offensive antisociale néolibérale qui se concentre en ce moment sur la destruction des pensions d'entreprises à prestations déterminées et les fonds de pension dans les services publics.

Comme pour tout phénomène, les pensions comprennent deux aspects opposés. Les pensions pour tous avec des prestations à un standard canadien garanties par l'État sont l'aspect progressiste. Les pensions qui sont des régimes d'épargne sans prestation garantie sont l'aspect négatif.

Le mouvement ouvrier gravite vers des pensions centrées sur l'être humain et garanties par le gouvernement, avec une garantie de prestations à un standard canadien minimum qui augmentent selon les revenus touchés par les travailleurs pendant leurs années productives. Les pensions aux prestations garanties par le gouvernement sont ancrées dans la réalité d'un Canada moderne où tous dépendent de la société et ont des droits en vertu de leur humanité.

Les propriétaires du capital gravitent vers des pensions centrées sur le capital qui reposent sur les épargnes. Les pensions en tant qu'épargne personnelle ou collective sont l'invention d'un Canada qui n'existe pas, un lieu fictif où les gens dépendent de familles élargies et où chacun doit subvenir à ses besoins dans une économie où règne la petite production.

Pensions garanties ou régimes d'épargne

Le débat actuel sur les pensions oppose la notion de fonds de pension à prestations déterminées, préférablement garanties par l'État, à celle de pensions en tant que régimes d'épargne. Les représentants politiques des propriétaires du capital et des grandes entreprises financières veulent des pensions qui sont des régimes d'épargne et veulent éliminer les pensions à prestations déterminées.

Les fonds de pension qui rassemblent les épargnes individuelles ou collectives des Canadiens représentent une source garantie de fonds d'investissements pour les propriétaires du capital. Qui plus est, ces régimes d'épargne déguisés en fonds de pension bloquent le développement de fonds de pension modernes aux prestations garanties par l'État.

Les politiciens ouvriers luttent pour des fonds de pension aux prestations garanties par l'État combinés à des soins publics pour les aînés, une demande qui a son origine dans le facteur humain/conscience sociale et l'amour social. Cela veut dire en pratique que les politiciens ouvriers luttent pour le renouveau du Régime de pensions du Canada et de la Régie des rentes du Québec pour en faire le fondement de pensions garanties par l'État, des régimes dont les prestations sont établies à un standard canadien minimum et augmentent selon les revenus des travailleurs durant leurs années productives. Cette marche vers l'avant comprend l'élimination du concept du RPC/RRQ comme régime d'épargne et son développement en un véritable régime de pensions pour tous, à prestations déterminées et à un standard canadien. Cela signifie que les pensions seraient payées à même le revenu annuel de l'État et non à même les fonds d'épargne accumulés qui servent d'investissement à l'oligarchie financière internationale.

La garantie matérielle (pas la garantie politique) de pensions pour tous aux prestations déterminées réside dans la santé et la vigueur d'une économie socialisée qui produit et distribue suffisamment de produit social pour satisfaire les besoins des citoyens et humaniser les environnements naturels et sociaux. Pour créer cette situation, une opposition ouvrière officielle doit s'organiser et lutter pour le droit des Canadiens de contrôler la direction de l'économie et de décider de ce qui est fait avec le produit social, des réclamations qui lui sont faites, de sa distribution et de son utilisation. En dernière analyse, c'est l' économie socialisée ici et maintenant, où les travailleurs produisent la valeur ajoutée, qui est la garantie matérielle (non politique) d'une vie humaine pour les aînés du Canada. L'économie socialisée est la préoccupation et la responsabilité sociale de tous les Canadiens. Pour garantir que l'économie socialisée soit viable, autosuffisante et prémunie contre les crises et pour restreindre le droit de monopole, il faut que les travailleurs actifs et à la retraite s'organisent en opposition officielle effective. À ce moment dans l'histoire, seule une opposition ouvrière officielle peut forcer le gouvernement à empêcher le droit de monopole d'entraver le développement de pensions à prestations déterminées garanties à un standard canadien minimum.

Nous devons vigoureusement combattre tous les arguments de ceux qui veulent déguiser les régimes d'épargne en fonds de pension et il faut les dénoncer peu importe de qui ils proviennent.

Les travailleurs et leurs alliés doivent mettre le plein poids du nombre, de leur unité, de leurs habiletés et de leur détermination en appui à la défense des pensions qu'ils ont et pour le renouveau des pensions dans une direction progressiste, qui garantit les droits de tous. Il faut pour cela que les politiciens ouvriers se mobilisent et mobilisent toute la classe dans une opposition ouvrière officielle effective.

Oui aux fonds de pension ! Non aux fonds d'épargne !
Des pensions pour tous à des prestations déterminées garanties !

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Des pensions et un soin des aînés
centrés sur l'être humain

Selon les propriétaires du capital, les pensions sont des épargnes qui doivent être utilisées pour faire fructifier le capital. Selon cette conception du monde, les pensions et les soins aux personnes âgées dans tous leurs aspects doivent être des facteurs d'expansion du capital.

La vision désuète selon laquelle les Canadiens dépendent de familles élargies et non de la société exprime le besoin qu'ont les propriétaires du capital de s'accaparer le profit des fonds d'épargne appelés pensions et des soins aux gens âgés en amenant les retraités, leurs familles et les gouvernements à leur remettre l'argent et les épargnes sous forme de paiements pour absolument tout, depuis les produits pharmaceutiques jusqu'aux soins infirmiers.

Le concept en vertu duquel les gens âgés développent des relations nouvelles et profondément humaines avec les travailleurs des centres pour personnes âgées est en contradiction avec la vision centrée sur le capital selon laquelle les gens dépendent de familles élargies qui ont sur leurs épaules presque toute, sinon toute, la responsabilité de leurs parents, et elle est aussi en contradiction avec l'exigence par le capital d'un profit sur tous les aspects des soins aux personnes âgées. Les soins aux aînés qui sont centrés sur le capital empêchent le développement de bonnes relations entre les personnes âgées et les travailleurs. Pour que les aînés soient traités avec respect dans ce secteur de la santé, il faut tout d'abord que l'environnement au travail dans ces centres d'accueil défende la dignité des travailleurs et des aînés. Comme c'est le cas généralement dans les secteurs de la santé et de l'éducation, la qualité des soins dépend directement de la qualité des salaires, des avantages sociaux et des conditions de travail des employés et du niveau des investissements dans ce programme social.

Pour le mouvement ouvrier, il est clair que des pensions à prestations déterminées garanties par le gouvernement sont une nécessité de la société moderne, avec des soins aux gens âgés qui ne sont pas pour le profit et qui sont de la plus haute qualité. Il faut développer des formes sociales et des méthodes nouvelles comme des foyers modernes pour les personnes âgées et des soins à domicile avancés afin de veiller au bien-être des aînés d'une manière humaine, imprégnée d'amour social. Le soin aux aînés doit comprendre des mesures qui assurent le bien-être physique et mental des retraités avec tout ce que cela comporte en fait de logements décents, de soins de santé, d'activités récréatives, de culture, de contacts humains avec la jeunesse et de relations durables. Il n'est pas possible de développer et de soutenir une définition moderne du soin aux aînés sans l'organiser d'une façon consciente et publique, en utilisant les ressources des gouvernements et en soutenant la dignité des travailleurs et des gens âgés.

Des pensions centrées sur l'être humain sont liées à des soins pour les gens âgés qui sont pris en main de manière scientifique et sont centrés sur l'amour social et qui mobilisent les ressources de l'économie socialisée comme support matériel.

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Destruction à l'oeuvre sur la question des pensions

Comme nous l'avons déjà dit, nous faisons face à un plan pour attaquer le régime des pensions au Canada. Plus de 70 % des Canadiens n'ont pas de fonds de pension à leur place de travail. Ces travailleurs une fois à la retraite n'auront pour vivre que les prestations du RPC et les pensions de vieillesse, ce qui veut dire qu'ils vivront leur retraite dans la pauvreté. Un certain nombre de travailleurs ont acheté des REER mais ce nombre va en décroissant parce que peu de travailleurs ont les moyens de mettre de l'argent de côté.

Certaines places de travail, surtout dans le secteur syndiqué, ont des fonds de pension à prestations déterminées. On observe cependant que leur nombre diminue dramatiquement. Il y a plusieurs cas de grèves ou de lock-outs présentement au Canada où les entreprises demandent entre autres choses la fin des pensions à prestations déterminées, soit pour tout le monde, pour les calculs des pensions à partir du moment où le régime change ou pour les « nouveaux engagés ».

Ces demandes des entreprises posent plusieurs problèmes :

1) Tout d'abord, les entreprises tentent de remplacer les fonds de pension à prestations déterminées par des fonds à contributions déterminées, parce qu'une fois que les travailleurs prennent leur retraite, l'entreprise n'a plus affaire à eux. Si le marché boursier (c'est principalement là que l'argent est investi) prend une plonge, la pension du travailleur est réduite ou bien le travailleur remet à plus tard dans sa retraite le moment où il la touche.

2. Accepter d'éliminer les pensions à prestations déterminées pour les nouveaux engagés reviendrait pour les syndicats à dire que leurs années de lutte pour des pensions à prestations déterminées valaient la peine d'être menées juste pour les travailleurs actifs mais pas pour la génération à venir qui n'a qu'à se débrouiller toute seule.

3. Cela va à l'encontre d'un des principes du mouvement ouvrier qui dit « Tous pour un et un pour tous ! » en le remplaçant par « Chacun pour soi ! ».

4. Une fois que les « nouveaux engagés » représenteront une bonne partie de la force de travail, les entreprises vont tenter d'éliminer les pensions à contributions déterminées pour tout le monde.

5. Les entreprises essaient de pousser les travailleurs à accepter les pensions à contributions déterminées en disant que « les travailleurs y ont un plus grand contrôle sur leur argent » et peuvent décider où « l'investir ». Les faits montrent par contre que tout est anarchie, crime et corruption dans les marchés financiers où cet argent est investi.

6) Les travailleurs doivent s'opposer aux efforts des multinationales et des financiers pour éliminer les fonds de pension à prestations déterminées mais, en dernière analyse, ce qu'il faut faire c'est s'opposer à toute cette fraude de fonds d'épargne qu'on fait passer pour des pensions parce qu'ils sont simplement un moyen d'augmenter les impôts des particuliers.

Dans un Canada moderne où nous dépendons tous de la société et où l'économie est entièrement socialisée, la retraite à un standard canadien est un droit et une expression importante de solidarité sociale. Une opposition ouvrière effective doit forcer les gouvernements à assumer leur responsabilité en donnant une existence matérielle à cette solidarité sociale entre les générations en garantissant constitutionnellement et législativement le droit de tous à une retraite à un standard canadien. Cela contribuerait à l'édification nationale.

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Vale Inco

Il est temps que Vale Inco
renonce à sa demande de concessions

Jeudi le 25 février, le syndicat des Métallos a annoncé que les comités de négociation pour les Métallos et Vale Inco se réunissaient durant le week-end à Toronto, en présence du médiateur Kevin Burkett, afin d'arriver à un règlement de la grève qui se prolonge depuis plus de sept mois.

Les 4 000 mineurs et travailleurs de l'affinerie en grève chez Vale Inco à Sudbury et Port Colborne, en Ontario, sont en grève depuis le 13 juillet, résistant aux demandes de Vale Inco pour des concessions à la prime au nickel et à leur régime de retraite à prestations déterminées. Un autre 450 travailleurs situés aux opérations de Vale Inco à Voisey Bay, au Labrador, sont en grève depuis le 1er août. Vale Inco a cru qu'elle pourrait profiter de la baisse de demande pour le nickel au cours de l'année écoulée, en particulier sur le marché américain, pour faire pression sur les travailleurs canadiens pour des concessions. Durant ce que Vale appelle la période présente de « contraction », sa « priorité a été de minimiser les coûts comme un outil important pour la création de valeur [sic ]... ». « Nous cherchons à atteindre cet objectif grâce à plusieurs initiatives visant à réduire les coûts d'exploitation et d'investissement », a dit Vale dans son rapport financier de 2008.

Selon les propriétaires de Vale « la création de valeur » viendra, au moins en partie en réduisant les réclamations des travailleurs à la valeur ajoutée qu'ils produisent. C'est ce qui est derrière la plus récente propagande de Vale Inco, soit que l'exploitation de Sudbury est « trop coûteuse ». Cette propagande contredit son communiqué de presse du 11 août 2006 dans lequel Inco se décrit comme « une entreprise canadienne de premier plan fondée sur le nickel et le deuxième plus grand producteur au monde de nickel, possédant les plus vastes réserves mondiales de nickel. Inco est un parmi les producteurs mondiaux de nickel à coûts moindres » avec « le plus grand potentiel de croissance parmi les principaux producteurs mondiaux de nickel ». Cela montre que les tentatives de soutirer des concessions aux réclamations des travailleurs à la valeur ajoutée qu'ils produisent n'ont rien à voir avec les marchés mondiaux ou la demande mondiale ou la viabilité des opérations de Vale. En outre, soutirer des concessions aux réclamations du travailleur à la valeur ajoutée n'est pas le seul contenu antiouvrier et antisocial du plan de « création de valeur » de Vale Inco et de ses autres activités.


Sudbury, 13 janvier 2010: les grévistes de Vale Inco et leurs supporters marquent le début du septième mois de grève

En juillet dernier, le vice-président de Vale Inco, John Pollesel, a fait parvenir aux employés un message de « bonjour à tout le monde » dans lequel il expliquait le plan de match de l'entreprise : « Nous menons nos activités dans une économie différente et une réalité économique différente. Nous faisons désormais partie à la fois des activités intégrées de nickel de Vale Inco et Vale. Afin d'être concurrentielles et l'avenir d'attirer de nouveaux investissements, les activités en Ontario doivent générer des liquidités et s'auto-suffire, quelque soit le cycle d'affaires. Telle est l'exigence fondamentale de nos activités. »

Le 23 février, Pollesel a envoyé à tous les employés en grève une autre dépêche avec son « bonjour à tout le monde ». « En Ontario, déclare-t-il, nous serons confrontés dans les années à venir à d'importantes difficultés financières et d'exploitation. Ensemble, nous pouvons surmonter nos défis, si nous sommes prêts à prendre les mesures nécessaires pour mettre sur pied des opérations fortes et durables, ce qu'exigent Sudbury et Port Colborne. »

Ce à quoi Pollesel fait allusion, ce sont les plans de Vale Inco de réduire la main-d'oeuvre affectée aux activités minières de Sudbury comme l'ont révélé les documents déposés auprès du Conseil du travail de l'Ontario dans le cadre du grief de « négociation de mauvaise foi » déposé par le syndicat des Métallos contre Vale Inco. Dans cette divulgation d'information, Vale Inco déclare qu'elle envisage de réduire d'ici 2012 les effectifs affectés aux activités minières à 1 500 employés.

Les plans de Vale Inco sont d'effectuer la concentration des gisements de minerai les plus riches du bassin de Sudbury, comme Xstrata l'avait fait, en fermant des mines existantes et en se concentrant sur le développement de la mine South Rim pour sa haute teneur en nickel et en métaux précieux.

La stratégie de Vale Inco de « minimiser les coûts » par la « création de valeur » ne résout aucune des difficultés engendrées par la crise économique mondiale, ni aucun des problèmes de Vale Inco ou de sa société mère CVRD, devant la concurrence d'autres groupes monopolistes de capitalistes financiers qui parcourent le monde à la recherche de leur prochaine grosse acquisition.

La demande de concessions de Vale Inco et celle de « minimiser les coûts » est totalement injuste et intenable. La prise de position déterminée des travailleurs en grève contre les exigences de Vale a jusqu'ici privé le monopole de sa capacité à dicter une ligne de conduite qui va à l'encontre de l'intérêt national, qui est aussi l'intérêt public et le droit public. Depuis plus de sept mois maintenant, les travailleurs de Vale Inco résistent au diktat de ce monopole, forçant Vale à accepter la recherche d'un règlement par médiation. Clairement, après plus de sept mois de grève les travailleurs, leurs familles et leur communauté sont impatients de retourner au travail. Toutefois, ils sont déterminés à ce que cela ne se fasse pas au détriment des justes revendications des travailleurs. Dès le départ, les ouvriers ont cherché à maintenir la présente convention collective avec laquelle Vale a déjà été en mesure de soutirer d'énormes profits.

Vale Inco doit abandonner sa demande de concessions et parvenir à un règlement équitable avec les travailleurs en grève !

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Les «cinq puissances nucléaires» européennes «non déclarées»

La Turquie, l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas
et l'Italie sont-ils des puissances nucléaires?

Selon un récent reportage, l'ancien secrétaire général de l'OTAN, George Robertson, a confirmé que la Turquie possède de 40 à 90 armes nucléaires « made in USA » sur la base militaire d'Incirlik.[1]

Est-ce que cela signifie que la Turquie est une puissance nucléaire ?

« Loin de sécuriser l'Europe davantage, et loin de réduire la dépendance de l'Europe à l'énergie nucléaire, [la politique] pourrait très bien finir par accroître la quantité d'armes nucléaires sur le continent européen et entraver certaines tentatives visant à obtenir le désarmement nucléaire. »[2]

« L'Italie est-elle en mesure de procéder à une frappe thermonucléaire ? [...]

Les Belges et les Néerlandais pourraient-ils larguer des bombes à hydrogène sur des cibles ennemies ? [...]

La force aérienne allemande n'est probablement pas en train de s'entraîner pour lâcher des bombes 13 fois plus puissantes que celles qui ont détruit Hiroshima, non ? [...]

Des bombes nucléaires sont stockées sur des bases aériennes en Italie, en Belgique, en Allemagne et aux Pays-Bas. Et chacun de ces pays possède des avions capables de lâcher ces bombes »[3]

Les États « officiellement » dotés d'armes nucléaires

Cinq pays, soit les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Chine et la Russie, sont considérés comme des « États dotés d'armes nucléaires » (EDAN), « un statut reconnu internationalement et conféré par le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) ». Trois autres « États non signataires du TNP », à savoir l'Inde, le Pakistan et la Corée du Nord ont reconnu qu'ils détenaient des armes nucléaires.

Israël : « un État nucléaire non déclaré »

Israël est identifié comme « un État nucléaire non déclaré ». Il produit et déploie des ogives nucléaires contre des cibles militaires et civiles au Moyen-Orient, incluant Téhéran.

Iran

Il y a eu bien du battage, soutenu par de rares preuves, voulant que l'Iran puisse devenir un État nucléaire à une date ultérieure. Par conséquent, une attaque nucléaire préemptive contre l'Iran visant à annihiler son programme inexistant d'armement nucléaire devrait être sérieusement envisagée « afin de rendre le monde plus sécuritaire ». Les médias dominants regorgent d'opinions improvisées au sujet de la menace nucléaire iranienne.

Mais qu'en est-il des cinq « États nucléaires [européens] non déclarés », soit la Belgique, l'Allemagne, la Turquie, les Pays-Bas et l'Italie ? Représentent-ils une menace ?

La Belgique, l'Allemagne, la Turquie, les Pays-Bas et l'Italie : des « puissances nucléaires non déclarées »

Alors que la capacité nucléaire de l'Iran n'est pas confirmée, celle de ces cinq pays, incluant les procédures de lancement, sont officiellement reconnues.

Les États-Unis ont fourni environ 480 bombes thermonucléaires B61 à cinq soi-disant « États non dotés de l'arme nucléaire » : la Belgique, l'Allemagne, la Turquie, les Pays-Bas et l'Italie. Le chien de garde onusien de l'énergie nucléaire situé à Viennes (Agence internationale de l'énergie atomique, AIEA) a simplement fermé les yeux sur les États-Unis, qui ont contribué activement à la prolifération d'armes nucléaires en Europe de l'Ouest.

La Turquie, partenaire avec Israël de la coalition contre l'Iran menée par les États-Unis, participe à cet entreposage européen : elle possède quelque 90 bombes thermonucléaires antiblockhaus B61 sur la base aérienne nucléaire d'Incirlik.[4]

Selon la définition officielle, ces cinq pays sont des « puissances nucléaires non déclarées ».

Les B61 tactiques stockées et déployées dans ces cinq « États non nucléaires » sont destinées à des cibles au Moyen-Orient. De plus, conformément aux « plans d'attaque de l'OTAN », ces bombes thermonucléaires antiblockhaus B61 (entreposées par les États non dotés de l'arme nucléaire) pourraient être lancées contre des cibles en Russie ou dans des pays au Moyen-Orient, tels que la Syrie et l'Iran.

Est-ce que cela signifie que l'Iran ou la Russie, qui sont des cibles potentielles d'une attaque nucléaire provenant de l'un ou l'autre de ces cinq soi-disant puissances non nucléaires, doivent envisager des attaques nucléaires préemptives contre la Belgique, l'Allemagne, la Turquie, les Pays-Bas et l'Italie ? La réponse est non, même en faisant un énorme effort d'imagination.

Alors que ces « États nucléaires non déclarés » accusent nonchalamment Téhéran, sans preuve documentaire, de développer des armes nucléaires, ils possèdent eux-mêmes la capacité de lancer des ogives nucléaires ciblant l'Iran. Il est euphémique de dire qu'il s'agit d'un cas évident de « deux poids deux mesures » de la part de l'AIEA et de la « communauté internationale ».

Tel que mentionné précédemment, les armes entreposées sont des bombes thermonucléaires B61. Elles sont toutes des bombes conventionnelles de types B61-3, -4, et -10.

Ces estimations sont fondées sur des déclarations privées et publiques d'un certain nombre de sources gouvernementales et sur des suppositions concernant les capacités de stockage de chaque base.[5]

L'Allemagne : fabricant d'armes nucléaires

Parmi les cinq « puissances nucléaires non déclarées », « l'Allemagne demeure le pays le plus fortement nucléarisé avec trois bases nucléaires (deux d'entre elles étant opérationnelles) et pouvant entreposer jusqu'à 150 bombes [antiblockhaus B61] ».[6] Conformément aux « plans d'attaque de l'OTAN » (mentionnés ci-dessus), ces armes nucléaires tactiques ciblent également le Moyen-Orient.

Bien que l'Allemagne ne soit pas officiellement dans la catégorie des puissances nucléaires, le pays produit des ogives nucléaires pour la marine française. Il entrepose des ogives nucléaires (faites aux États-Unis) et est en mesure de lancer des armes nucléaires. Par ailleurs, l'European Aeronautic Defense and Space Company - EADS, une coentreprise française, allemande et espagnole, contrôlée par Deutsche Aerospace et le puissant groupe Daimler, constitue le deuxième plus grand fabricant militaire européen et fournit les missiles nucléaires M51 à la France.

L'Allemagne importe et déploie des armes nucléaires des États-Unis et fabrique des ogives nucléaires exportées en France. Pourtant, ce pays est classé parmi les États non dotés d'armes nucléaires.

Notes

1. en.trend.az
2. Ancien secrétaire général de l'OTAN, George Robertson, cité dans Global Security, 10 février 2010
3. "What to Do About Europe's Secret Nukes." Time Magazine, 2 décembre 2009)
4. National Resources Defense Council, Nuclear Weapons in Europe, février 2005
5. Cité dans National Resources Defense Council, Nuclear Weapons in Europe, février 2005
6. Ibid

Article original en anglais : « Europe's Five "Undeclared Nuclear Weapons States", Are Turkey, Germany, Belgium, The Netherlands and Italy Nuclear Powers ? », publié le 12 février 2010. Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca.

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