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Les sanctions et le bellicisme contre l'Iran
Les impérialistes américains et le Canada
poursuivent leurs efforts pour fabriquer des prétextes et des
mensonges éhontés contre l'Iran comme prétexte
à des sanctions, l'action militaire et un
« changement de régime ». Cette propagande
en faveur de sanctions et de la guerre se poursuit en dépit de
la surveillance du programme
nucléaire de l'Iran par l'Agence internationale de
l'énergie atomique (AIEA) qui continue à vérifier
que le programme nucléaire de l'Iran est de nature pacifique. Le
11 février, quelques heures seulement après que l'Iran
eut annoncé une décision à l'échelle
nationale d'enrichir de l'uranium sous la supervision de l'AIEA, le
président Barack Obama
a averti que les États-Unis se préparent à un
« régime significatif de sanctions »
contre l'Iran. Il a accusé l'Iran de repousser son offre
d'« dialogue » de poursuivre ce qu'il a
appelé le « programme d'armement
nucléaire » de l'Iran.
Les remarques d'Obama font partie des intrigues des
États-Unis, du Canada, d'Israël et de plusieurs puissances
européennes contre l'Iran, notamment en suggérant que
certaines des installations nucléaires de l'Iran qui sont
connues depuis un certain temps font en réalité partie
d'un programme clandestin d'armement. Les commentaires du 21
février du haut commandant militaire américain, le
général David Petraeus, indiquent que les
États-Unis cherchent à obtenir un soutien international
pour une quatrième série de sanctions pour
« envoyer un signal à l'Iran ». Ils
veulent ainsi interpréter le refus de l'Iran de se soumettre au
diktat des États-Unis comme un refus de régler
les différends par la diplomatie, ne laissant pas d'autre
recours que les sanctions. Pendant ce temps, le 11 février, les
sénateurs républicains John Cornyn et Sam Brownback ont
présenté un projet de loi visant à autoriser
l'envoi d'aide non militaire aux manifestants et dissidents iraniens
ainsi qu'une aide humanitaire aux « victimes du
régime
actuel ».
De même, le chef de l'AIEA, Yukiya Amano,
malgré les conclusions de son organisation que le programme
nucléaire de l'Iran sert à des fins pacifiques, a
délibérément semé le doute plutôt que
d'essayer de dénouer sobrement la situation. En se basant sur la
prémisse de « coupable jusqu'à preuve
d'innocence », Amano a
récemment laissé entendre que le manque d'information sur
certains aspects du programme nucléaire de l'Iran
équivaut à une intention de mettre au point une ogive
nucléaire.
C'est dans ce contexte que le gouvernement Harper a fait
des commentaires scandaleux et provocateurs au sujet de l'Iran, lors
d'une allocution de Peter Kent, ministre d'État du Canada pour
les Amériques. Dans une entrevue accordée le 12
février à un périodique de Toronto, Kent
profère des menaces ouvertes non seulement de sanctions mais
aussi d'action militaire contre l'Iran. Compte tenu des mensonges
délibérément utilisés pour envahir l'Irak,
les remarques de Kent méritent d'être résolument
condamnées.
« Le Canada est profondément
troublé par la décision par l'Iran d'enrichir son
combustible nucléaire au mépris des résolutions du
Conseil de sécurité. Le dernier geste du régime a
considérablement rapproché l'Iran de la possession du
matériel fissible pouvant être utilisé à des
fins militaires », a déclaré Kent.
« Les sanctions unilatérales ont
tendance à être beaucoup moins efficaces que lorsque nous
imposons des sanctions de concert avec d'autres pays. Nous avons eu des
sanctions pour un certain temps sur les équipements et
matériels liés à la fabrication des armes
nucléaires, mais il pourrait bientôt être temps de
renforcer les sanctions et
d'élargir ces sanctions à d'autres domaines, tels que les
zones économiques, ce qui, nous l'espérons, dissuadera
l'Iran de poursuivre sur la voie actuelle ». Kent a
poursuivi en disant :
« Je pense que nous avons pris conscience que
c'est une situation dangereuse qui existe depuis un certain temps.
C'est une question de calendrier et c'est une question de combien de
temps nous pouvons attendre sans une action préventive plus
grave. Pour le moment nous faisons la preuve et proclamons notre
frustration et inquiétude
devant le programme nucléaire iranien. Nous espérons que
lorsque le Canada accueillera les pays du G-8 cette année un des
principaux points de discussion sera de mettre l'accent sur une action
possible face au régime iranien. »
Kent a aussi fait remarquer que le gouvernement du
Canada croit que le gouvernement iranien est « une menace
non seulement pour son propre peuple, mais aussi pour les pays qui
l'entourent, y compris Israël ». Le ministre a
également déclaré que le premier ministre Harper
dit très clairement depuis quelque temps maintenant
qu'« une attaque d'Israël serait
considérée comme une attaque contre le
Canada ». Plus tard, il a affirmé que
« l'attaque militaire est la dernière option possible
mais cela reste malheureusement dans la vaste gamme d'options et de
possibilités ». Outre la menace de guerre ouverte, il
est bien connu que les sanctions ou les
autres formes de blocus économiques sont responsables de la mort
de civils, comme dans le cas de l'Irak, où les sanctions ont
entraîné la destruction de cette société et
la mort de plus d'un million de civils. La demande de sanctions et
autres actions contre l'Iran fait également partie des projets
impérialistes de « changement de
régime » en Iran. Cela ne doit pas passer !
Le Marxiste-Léniniste dénonce
avec véhémence les sanctions et le bellicisme contre
l'Iran et les propos provocateurs du ministre Kent. Ce sont des
tentatives délibérées de répandre des
insinuations sans fondement et de préparer l'opinion publique en
faveur d'une ingérence dans les affaires intérieures de
l'Iran par des actions
agressives.

L'Iran déplore l'approche politique
sur la question nucléaire
Le porte-parole du ministère des Affaires
étrangères iranien, Ramin Mehmanparast, a
dénoncé l'organe de surveillance nucléaire des
Nations unies pour s'être soumis à la volonté de
certains puissants pays au sujet du programme nucléaire iranien.
« Pour maintenir son prestige, nous
prévoyons que l'Agence [internationale de l'énergie
atomique] (AIEA) ne permettra pas à certains pays d'imposer leur
volonté à la communauté internationale à
travers des approches politiques », a-t-il
déclaré à l'Agence de nouvelles de la
République islamique (IRNA).
« L'AIEA devrait adopter une approche
juridique à la question des activités nucléaires
pacifiques de l'Iran », a-t-il ajouté.
Mehmanparast se référait à un
rapport publié le 18 février par le directeur
général de l'AIEA, Yukiya Amano, qui accuse
Téhéran de ne pas offrir « la
coopération nécessaire pour permettre à l'Agence
de confirmer que toutes les matières nucléaires en Iran
servent à des activités pacifiques ».
Comme tous les rapports précédents de
l'AIEA, la nouvelle évaluation vérifie le
non-détournement en Iran de matières nucléaires
déclarées.
Toutefois, les installations nucléaires et de
l'uranium enrichi de l'Iran sont toujours sous la supervision
d'inspecteurs de l'AIEA, comme c'est indiqué dans l'Accord de
garanties du Traité de non-prolifération nucléaire
(TNP).
L'organisme de surveillance nucléaire des Nations
unies a effectué plus d'inspections en Iran que dans tout autre
pays au cours de son histoire, et n'a rien trouvé qui indique
que le programme ait été détourné à
des fins militaires.
Le rapport d'Amano dit aussi qu'il y avait des
préoccupations au sujet de « l'existence
possible » d'anciennes ou présentes activités
non divulguées liées à l'élaboration d'une
charge nucléaire pour missile.
L'ambassadeur de Téhéran à l'AIEA,
Ali Asghar Soltanieh, a répondu : « Il semble
que les allégations sans fondement que certains pays avaient
déjà faites concernant l'Iran aient de nouveau
été introduites dans ce rapport. »
« Les questions relatives à des
études présumées, à des missiles et des
explosifs sont des sujets périmés, qui ont
déjà été rejetés dans les rapports
d'ElBaradei. Ils ne sont pas quelque chose de nouveau »,
a-t-il ajouté.
Mehmanparast a dit que l'Iran est demeuré
respectueux de ses engagements et que « toute
démarche effectuée au-delà du cadre juridique vise
certains objectifs politiques ».
Il a dit que des pressions politiques visent à
priver l'Iran de la technologie moderne et que cela est
inacceptable. ».
« La communauté internationale
s'attend de certains pays nucléaires qu'ils tiennent leurs
promesses de destruction de leurs armes nucléaires »,
a ajouté le porte-parole.

Israël lance une flotte de drones
«capables d'atteindre l'Iran»
Les forces de l'air d'Israël ont mis en place une
flotte de drones (aéronef sans pilote humain à bord) et
affirment qu'ils peuvent atteindre l'Iran et le Golfe persique.
L'armée israélienne dit que les drones
Heron TP, d'une envergure de 26 mètres, seront principalement
utilisés pour la surveillance, ce qui implique qu'ils peuvent
également être utilisés pour d'autres applications.
Les drones de la taille d'un jet [Boeing 737], que l'on
dit être construits par l'industrie aérospatiale
israélienne, ont d'abord été utilisés par
l'armée israélienne au cours des 23 jours d'incursions
aériennes et terrestres meurtrières à Gaza,
à la fin 2008 et début 2009.
Lors d'une cérémonie d'inauguration le 21
février, les responsables israéliens ont refusé
d'annoncer le nombre d'aéronefs composant la flotte.
Ils ont également refusé de dire si les
d'aéronefs ont été conçus pour être
utilisés contre l'Iran. Ils ont cependant dit qu'ils pourraient
atteindre le Golfe persique.
C'est la deuxième fois ce mois-ci qu'Israël
dévoile l'existence de drones de surveillance.
La semaine dernière, l'armée
israélienne a déclaré qu'elle a ajouté le
plus grand avion de surveillance sans pilote à sa collection de
drones. Selon les autorités, l'avion, appelé Eitan,
pourrait atteindre l'Iran en volant plus de 20 heures. Les
États-Unis et Israël accusent la République
islamique de poursuivre des applications militaires, sous le
couvert d'un programme nucléaire civil, une allégation
que les inspecteurs de l'AIEA en poste dans les installations
nucléaires iraniennes ont jusqu'à présent
été incapables de prouver.
Les deux ont à maintes reprises menacé de
procéder à une frappe militaire contre l'Iran. La
République islamique a averti les États-Unis et
Israël d'une réplique cinglante s'ils commettaient l'erreur
de l'attaquer.
L'Iran affirme, comme tous les autres signataires du
Traité sur la non-prolifération des armes
nucléaires (TNP), être en droit de poursuivre un programme
nucléaire indépendant à des fins civiles.
Malgré les accusations occidentales,
Téhéran a toujours appelé à un arrêt
de la production et du stockage des armes nucléaires
conventionnelles et nouvellement développées.
Bien qu'Israël ne refuse de l'admettre
officiellement, il est généralement reconnu que Tel-Aviv
possède plus de 200 ogives nucléaires prêtes
à lancer. Israël a jusqu'à présent
refusé de signer le TNP.
Les pays de la région voient l'arsenal d'armes
nucléaires de Tel-Aviv comme une menace majeure contre leur
sécurité nationale.

Le rôle de l'OTAN dans l'encerclement de l'Iran
- Rick Rozoff, Stop NATO, 10
février 2010 -
S'étant déclaré lui-même
« commandant-en-chef d'une nation engagée dans deux
guerres » et, de surcroît, le chef d'État de
« l'unique superpuissance militaire au
monde »[1], rien de moins, tout en étant le
récipiendaire de ce qu'on appelle, inexplicablement, le prix
Nobel de la paix, le président des États-Unis, Barack
Obama, à l'occasion de son premier discours sur l'état de
la nation, le 27 janvier, a affirmé que « la
communauté internationale est de plus en plus unie, tandis que
la république islamique est de plus en plus
isolée ». Il s'est aussi fait menaçant :
« Puisque les dirigeants de l'Iran continuent de faire fi de
leurs obligations,
soyons rassurés : ils en subiront les conséquences.
Je vous le promets. »
Deux jours plus tard, sa secrétaire
d'État, Hillary Clinton, a livré un discours à une
importante académie militaire française, ce qui est assez
révélateur en soi, et en cet endroit, elle a non
seulement vivement dénoncé l'Iran, elle a aussi fait une
mise en garde pas très diplomatique à la Chine :
« La Chine se verra pressée de
reconnaître l'impact déstabilisateur sur le golfe
(Persique) qu'exercerait un Iran doté d'armes
nucléaires... »[2]
Pressée par Washington, il va sans dire. Le jour
même, la Maison blanche confirmait qu'elle avait finalisé
une vente d'armes au coût de 6,4 milliards $ à
Taïwan.
Le 9 février, le porte-parole du
département de la Défense, Geoff Morrell, a
déclaré à la presse que son patron, le chef du
Pentagone, Robert Gates, veut que les Nations unies imposent des
sanctions à l'Iran dans les prochaines « semaines et
non des mois » et « pense de toute
évidence qu'il faut agir sans
attendre ».[3]
Pendant la Première Guerre mondiale, le
journaliste et dramaturge autrichien Karl Kraus s'indignait :
« Quelle est cette confusion mythologique ? Depuis
quand Mars est-il le dieu du Commerce et Mercure, le dieu de la
Guerre ? »
Aujourd'hui, il s'étonnerait également du
fait que la diplomate la plus importante des États-Unis livre un
discours dans une académie militaire (tout en y
réprimandant avec beaucoup de condescendance la nation la plus
peuplée du monde) et que le chef de la défense
étasunienne pousse d'autres pays à imposer des sanctions
punitives à un pays
qui n'a agressé personne depuis des siècles.
Le secrétaire général de
« l'unique bloc militaire au monde »,
dirigé par les États-Unis – Anders Fogh Rasmussen – a
pris la parole à la Conférence annuelle de Munich sur la
sécurité, le 7 février, et y a livré une
harangue dont le titre était « L'OTAN au XXIe
siècle : Pour une nouvelle confluence
mondiale »,
au cours de laquelle il a loué la capacité du bloc
militaire à s'introduire dans presque tous les interstices
imaginables : la guerre en expansion en Afghanistan, le
terrorisme, les attaques cybernétiques, les pénuries
d'énergie provoquées – les deux derniers interstices se
référant, doit-on conclure, à la Russie – la
non-prolifération nucléaire, les
changements climatiques, la piraterie, les États en faillite,
les drogues, « les catastrophes humanitaires, les conflits
ayant comme point de litige les terres arables, et la concurrence
grandissante pour les ressources naturelles »,[4] la
Corée du nord et l'Iran.
Rasmussen a répété les
revendications de l'Alliance et d'autres dirigeants occidentaux
à l'effet que « l'OTAN doit devenir un forum de
consultation sur les questions de sécurité
mondiale », et a déclaré qu'« afin
d'accomplir efficacement le travail de l'OTAN aujourd'hui, l'Alliance
doit se faire l'axe d'un réseau de
partenaires pour la sécurité ainsi que le centre de
consultation sur les questions de sécurité
internationale... Et inutile de commencer à zéro.
Déjà, l'Alliance possède un vaste réseau de
partenariats sur la sécurité, dans des régions
aussi éloignées que l'Afrique du nord, le golfe, l'Asie
centrale et le Pacifique. »[5]
En effet, l'OTAN possède un vaste réseau
de membres et de partenaires militaires en pleine expansion à
travers le monde. Un de ces membres est la Turquie, le deuxième
plus grand contributeur de troupes au bloc, qui partage des
frontières avec l'Iran. L'autre est un allié partenaire,
l'Azerbaïdjan, autre pays frontalier de l'Iran.
L'allusion de Rasmussen au golfe Persique invoque les
contacts militaires en croissance, les visites et les activités
conjointes entre l'OTAN et les six membres du Conseil de
coopération du Golfe (CCG), qui vont main dans la main avec la
présence croissante des États-Unis dans la
région[6], laquelle présence est assurée dans le
cadre de
l'Initiative de coopération d'Istanbul (ICI) lancée en
2004.[7]
Le nom du projet vient du fait qu'il a été
inauguré au sommet de l'OTAN à Istanbul, lequel sommet a
absorbé presque complètement toute l'Europe de l'est dans
le bloc grâce à un processus de partenariat graduel. Le
même processus qui avait incorporé dix nouveaux membres
européens, incorpora ensuite les sept nations du Dialogue
méditerranéen du Moyen Orient et de l'Afrique
(l'Algérie, l'Égypte, Israël, la Jordanie, la
Mauritanie, le Maroc et la Tunisie) et six États du golfe
Persique (le Bahreïn, le Koweït, l'Oman, le Qatar, l'Arabie
saoudite et les Émirats arabes unis). Les treize sont la
responsabilité de l'ICI, mais le prolongement pour la
première fois des partenariats
militaires de l'OTAN à six nations du golfe Persique est
l'aspect à la fois le plus ambitieux et le plus significatif du
programme. Il fut le point de départ de l'offensive de l'OTAN
dans le golfe visant à compléter la stratégie
étasunienne de contenir et d'éventuellement confronter
l'Iran.
Un des objectifs déclarés de l'ICI
était d'« inviter les pays intéressés
à se joindre à l'Opération effort actif
(OEA) »,[8] qui est une opération de surveillance et
d'interdiction navale (un blocus de facto) à la
grandeur de la Méditerranée et qui aura neuf ans le mois
d'octobre prochain. L'Initiative de coopération
d'Istanbul lie le contrôle de la Méditerranée
à l'expansion vers la Mer rouge jusqu'au golfe d'Aden, ou
l'opération navale de l'OTAN, Ocean Shield, est
présentement à l'oeuvre, y inclus la mer Arabique allant
jusqu'au golfe Persique.
Un article précédent dans cette
série énumérait les principaux objectifs de
l'ICI :
- Se servir d'États appartenant au CCG afin d'y
placer des troupes, des avions de guerre, des cargos et de la
surveillance pour des opérations à la fois dans la
région et dans ce qu'on appelle le Moyen-Orient élargi.
- Incorporer les États du golfe dans un programme
de surveillance globale de missiles et de bouclier anti-missile.
- Amener les pays du CCG non seulement sous le parapluie
nucléaire et anti-missile des États-Unis, mais
effectivement sous l'influence de l'article 5, clause de défense
mutuelle de l'OTAN, ce qui pourrait mener à ce qu'on
prétende qu'un ou des membres du CCG est menacé par un
non-membre (c'est-à-dire l'Iran) et qu'on crée ainsi un
prétexte pour déclencher des attaques
« préventives ».
- Activer l'Opération effort actif de l'OTAN dans
le golfe en instituant une vaste interdiction navale – un blocus – dans
le détroit d'Hormuz où a lieu de 40 à 50 % du
transport international de pétrole.
En 2006, l'OTAN a signé des ententes de
renseignement militaire et de passage avec le Koweït et a mis sur
pied une nouvelle faculté du Moyen-Orient au Collège de
défense de l'OTAN à Rome. L'OTAN a tenu une
conférence sur l'ICI au Koweït en décembre à
laquelle ont participé tous les six États du Conseil de
coopération du golfe.
L'année suivante, quatre des six membres du CCG –
le Bahreïn, le Koweït, le Qatar et les Émirats arabes
unis – se sont joints formellement à l'Initiative de
coopération d'Istanbul.
La pénétration du golfe par l'OTAN s'est
poursuivie sans arrêt et en mai 2009, l'amiral Luciano Zappata de
la marine italienne et commandant suprême adjoint des forces
alliées Transformation (dont la base est à Norfolk, en
Virginie), parlant du nouveau concept stratégique de l'OTAN
présentement en cours, a loué l'Initiative de
coopération
d'Istanbul comme un « exemple de
réussite » du nouveau modèle de
« partenariat et de coopération » auquel
songe l'Alliance pour la presque totalité de la planète.
Les intentions de Zappata (pour une fois on n'a pas
invoqué le prétexte iranien pour justifier l'expansion
militaire dans le golfe Persique pour camoufler les véritables
visées de l'OTAN) sont révélées en
détail dans ce qu'il a décrit comme étant
« la dimension maritime de la nouvelle
stratégie ».
Il a dit que « le réseau de ports,
d'infrastructures et de pipelines ainsi que de navires suivant les
lignes de communication maritimes qui soutient le commerce est
vulnérable.
« Comme on commence l'exploitation des
ressources sur le plancher océanique, il y a aussi un
déplacement des intérêts stratégiques et de
sécurité. »
L'amiral a ajouté que les Émirats arabes
unis (ÉAU) sont « un partenaire commercial important
et un fournisseur d'énergie important dans l'économie
mondiale. La nouvelle base militaire française devant ouvrir au
Port Zayed servira de support aux efforts internationaux pour renforcer
la sécurité maritime. »[10]
Le jour même du rapport ci-haut mentionné,
le 26 mai 2009, le président français, Nicolas Sarkozy, a
visité les Émirats arabes unis pour y ouvrir une nouvelle
base militaire, la première pour la France dans le golfe
Persique et la première base étrangère dans les
ÉAU. L'installation française dans le Port de Zayed, sur
la côte du détroit
d'Hormuz, « contient une base navale et aérienne
ainsi qu'un camp d'entraînement ».[11]
« La base accueillera 500 membres du
personnel de la marine l'armée terrestre et l'armée de
l'air de la France. Elle pourra recevoir deux frégates de la
flotte française opérant dans la région... La
flotte française est la première du genre dans le golfe
Persique. »
Un analyste du golfe fut cité au passage,
disant : « Les États-Unis ont plusieurs bases
militaires, aériennes et maritimes, dans le Koweït, le
Qatar et le Bahreïn. La base maritime française d'Abu Dhabi
est la première base militaire étrangère
destinée à une armée amie dans les
ÉAU. »[12]
« En ce qui concerne la France, la base
militaire accroît son prestige au sein de l'OTAN et auprès
des États-Unis puisqu'elle devient le seul membre de l'OTAN,
autre que les États-Unis, à avoir un pied ferme dans le
golfe. »[13]
Le mois suivant, Sarkozy a complété un
contrat avec les ÉUA pour l'achat de 60 avions de combat Rafale
au coût de 8-11 million $.
L'année précédente, la France avait
effectué des exercices de guerre simulée dans les
ÉAU, le Bouclier du Golfe 01, d'une durée de 12 jours,
avec des homologues militaires provenant du pays hôte et du
Qatar. Quatre mille soldats ont participé aux exercices,
lesquels ont « simulé une guerre mettant en conflit
deux pays de la région et
leur allié contre un état voisin qui a envahi un des deux
pays ».[14]
Vers la fin du mois d'octobre 2009, une
conférence de deux jours sur « les relations
OTAN-ÉAU et la voie vers l'avant pour l'Initiative de
coopération d'Istanbul » avait lieu à Abu
Dhabi, la capitale des Émirats arabes unis. Elle
réunissait « 300 participants, y inclus le
secrétaire général de l'OTAN, les
représentants
permanents de l'OTAN au Conseil de l'Atlantique Nord, le
secrétaire général adjoint de l'OTAN, le
président du Comité militaire de l'OTAN ainsi que
d'autres haut placés de l'OTAN, des leaders d'opinion, des
académiciens et des éminences grises de pays de la
région du golfe.[15]
Le secrétaire général de l'OTAN,
Anders Fogh Rasmussen, a dit à un correspondant d'Al Arabiya que
« l'OTAN voir la région du golfe comme une
continuation de la région de sécurité
euro-atlantique », et en référence à
l'Iran – qui ne fut pas, évidemment, invité à la
conférence – « nous sommes tous sérieusement
préoccupés par les ambitions nucléaires et par
l'effet d'entraînement nucléaire qu'il pourrait
déclencher dans une région charnière pour la
stabilité et la sécurité
mondiales ».[16]
Ces dernières semaines, les États-Unis ont
annoncé qu'ils avaient fait des ventes de missiles terrestres
d'interception au Bahreïn, au Koweït, à Qatar et aux
Émirats arabes unis. Ils ont approvisionné les
États du CCG en Patriotes à capacité
avancée-3 et en systèmes de missiles de Défense
terminale de zone de haute altitude (THAAD) et ont
déployé des missiles d'interception Standard-3 mer-air
dans le golfe sur des navires de guerre équipés du
système Aegis.
Tôt en février, le secrétaire
général adjoint de l'OTAN, Claudio Bisogniero,
était au Qatar et, « louant l'appui donné par
Qatar à l'OTAN depuis l'Initiative d'Istanbul en
2004 », il a dit que « le Qatar est devenu un
participant actif dans la plupart des délibérations
tenues sous l'égide de l'OTAN... »[17]
Les États du CCG présentement
intégrés aux opérations internationales sont
recrutés pour la guerre en Afghanistan. Une publication des
forces armées des États-Unis a
révélé à la fin de janvier que 125 membres
du personnel de sécurité du Bahreïn montaient la
garde devant « les quartiers généraux des
opérations militaires étasuniennes
dans la province volatile de Helmand, ou sont stationnés plus de
10 000 marines et où d'autres sont attendus ».[18]
C'est à partir de Helmand que les États-Unis et l'OTAN
mènent leur bataille la plus intense et la plus sanglante dans
leur guerre de plus de huit ans en Afghanistan.
Des troupes des ÉAU sont au service de l'OTAN et
de son commandement en Afghanistan depuis plusieurs années.
L'Agence de nouvelles du Koweït écrivait le
28 janvier que le président du Comité militaire de
l'OTAN, l'amiral Giampaolo Di Paola, avait dit que
« l'Alliance est en discussion présentement avec un
État du golfe sur le déploiement d'avions AWACS pour des
missions de reconnaissance au-dessus de l'Afghanistan en appui à
sa mission
de la Force internationale d'assistance à la
sécurité (ISAF) ainsi que pour contrer la piraterie au
large de la Somalie ».
De surcroît, Di Paola aurait déclaré
que « l'Alliance prévoit régler prochainement
la question de base avec l'un des pays du golfe » et
« nous prévoyons être en position de remplacer
le déploiement temporaire que nous avons aujourd'hui en Oman par
un déploiement plus permanent et à
long-terme ».[19] L'Oman est à
proximité de l'Iran dans le détroit d'Hormuz.
La vraie puissance militaire dans la région du
golfe, l'Arabie saoudite – armée jusqu'aux dents avec des armes
modernes des États-Unis – est engagée dans sa toute
première guerre depuis novembre dernier. Riyadh a lancé
des attaques régulières avec infanterie, véhicules
blindés et avions de guerre dans le nord du Yémen, son
voisin, contre
des rebelles houthi. On rapporte la mort de centaines de civils
yéménites victimes d'attaques, qui, selon les
porte-parole des rebelles, ont été accompagnées
d'attaques aériennes des États-Unis.[20] Deux cents mille
civils ont été déplacés par les combats au
nord depuis 2004.
Le gouvernement saoudien reconnaît qu'il y a eu
plus de 500 victimes de guerre, y inclus morts et blessés.
La population du nord Yémen est chiite en termes
de conviction religieuse, et l'offensive saoudienne peut non seulement
se transformer en guerre avec l'Iran mais peut, en fait, servir de
répétition générale pour une guerre en
bonne et due forme.
En ce qui concerne d'autres pays partageant des
frontières avec l'Iran, en juillet dernier le secrétaire
général adjoint de l'OTAN, Claudio Bisogniero, a
signé un accord avec le ministre irakien de la Défense
dans le but de former les forces de sécurité de ce pays.
Le site web de l'OTAN rapporte que : « Cette entente
représente un
point tournant dans la coopération entre la République de
l'Irak et l'OTAN et démontre la force de l'engagement pris par
l'Alliance... L'entente donne à l'OTAN une base légale
pour continuer sa mission d'assister le gouvernement de la
République de l'Irak à développer davantage les
capacités de ses Forces de
sécurité. »[21]
Le mois dernier, l'OTAN s'est mise à recruter des
Kurdes ethniques pour la Force de sécurité nationale de
l'Irak dans le nord du pays près de la frontière
iranienne.
Sur la frontière occidentale de l'Iran, au cours
de rencontres de ministres de la Défense de l'OTAN en Turquie
tard la semaine dernière, le chef du Pentagone, Robert Gates, a
rencontré le chef d'état-major général de
la Turquie, Ilker Basbug, et Gates a dit qu'il avait
« discuté avec le général Basbug du
rôle de la Turquie dans le système
de défense anti-missile et des relations entre les deux
armées ».[22]
L'ancien secrétaire général de
l'OTAN, George Robertson, dans le but de convaincre de l'importance de
conserver les ogives nucléaires étasuniennes en
Allemagne, a divulgué récemment qu'il existe entre 40 et
90 armes nucléaires étasuniennes sur la base
aérienne d'Incirlik en Turquie, selon des dispositions de l'OTAN.
Au nord-est de l'Iran, l'Azerbaïdjan est de plus en
plus développé en tant qu'avant-poste de l'OTAN dans le
Caucase du sud et dans le bassin de la mer Caspienne. Plus tôt ce
mois-ci, « un groupe de travail du ministère de la
Défense de l'Azerbaïdjan et du commandement européen
des États-Unis (USEUCOM) a tenu une réunion à
Stuttgart, en Allemagne... La réunion fut organisée dans
le cadre du plan d'action des États-Unis et de
l'Azerbaïdjan pour la coopération militaire » et
a duré cinq jours.[23]
Le pays s'est vu accorder un Plan d'action de
partenariat individuel de l'OTAN comme d'autres anciens États
soviétiques tels que la Géorgie, l'Ukraine et, plus
récemment, la Moldavie. En janvier, l'Azerbaïdjan a
été l'hôte d'une conférence de planification
pour l'exercice militaire de 2010 de la réaction
régionale de l'OTAN. L'année dernière,
« l'entraînement militaire de la Force de
réaction régionale 2009 a eu lieu dans le cadre du
programme du Partenariat pour la Paix de l'OTAN (PfP), en avril 2009,
à Bakou.
« Le commandant des forces terrestres des
États-Unis, Carter Ham, y a participé. »[24]
L'Azerbaïdjan a doublé la puissance de ses
troupes en Afghanistan et formera les officiers de l'Armée
nationale de l'Afghanistan dans ses écoles militaires. Le
ministère des Affaires étrangères de ce pays a
annoncé que l'Azerbaïdjan est intéressé
à se joindre à la Force de réaction de l'OTAN avec
l'Ukraine, et l'Alliance en donne la description
suivante :
« La Force de réaction de l'OTAN (NRF)
est une force prête à l'action et dotée d'une
technologie moderne, composée de forces conjointes, terrestres,
aériennes et maritimes, que l'Alliance peut déployer
rapidement peu importe la région.
« Elle est en mesure d'entreprendre des
missions à l'échelle mondiale et dans tous les
créneaux d'opérations... »[25]
Vers la fin de janvier, un ancien conseiller
présidentiel de l'Azerbaïdjan, Vafa Guluzade, prenant la
parole à un séminaire sous le titre
« Coopération OTAN-Azerbaïdjan : une
perspective civile », a dit : « Le
territoire et le peuple de l'Azerbaïdjan sont faits sur mesure
pour une coopération militaire avec l'OTAN.
Le pays est un emplacement géostratégique propice...
l'Azerbaïdjan possède des aérodromes militaires
propices pour des bases de l'OTAN. »[26]
À l'est de l'Iran, les États-Unis et
l'OTAN auront bientôt plus de 150 000 troupes, et selon une
récente étude, 400 bases en Afghanistan, et les deux
belligérants occidentaux coordonnent des actions militaires avec
le Pakistan, l'Alliance coordonnant par le biais de la Commission
militaire trilatérale Afghanistan-Pakistan-OTAN.
Un étau se resserre autour de l'Iran par toutes
les directions et l'OTAN en est le manipulateur principal.
Notes
1. La doctrine Obama : une guerre éternelle
pour une humanité imparfaite, Stop NATO, le 10
décembre 2009
2. Sur ordonnance de Hillary Clinton : faire de la
planète un protectorat de l'OTAN, Stop NATO, le 31
janvier 2010
3. Associated Press, le 9 février 2010
4. L'OTAN, le 7 février 2010
5. Ibid
6. U.S. extends Missile Buildup From Poland and Taiwan
To Persian Gulf, Stop NATO, le 3 février 2010
7. L'OTAN dans le golfe Persique : De la
troisième guerre mondiale à Istanbul, Stop NATO,
le 6 février 2009
8. L'OTAN, l'Initiative de coopération d'Istanbul.
9. L'OTAN dans le golfe Persique : De la
troisième guerre mondiale à Istanbul.
10. Khaleej Times, le 26 mai 2009
11. Radio Netherlands, le 26 mai 2009
12. Gulf News, le 23 mai 2009
13. Gulf News, le 27 janvier 2008
14. Agence France-Presse, le 6 mars 2008
15. L'OTAN, le 28 octobre 2009
16. Al Arabiya, le 1 novembre 2009
17. Gulf Times, le 8 février 2010
18. Stars and Stripes, le 23 janvier 2010
19. Agence de nouvelles du Koweït, le 28 janvier
2010
20. Yémen : la guerre du Pentagone sur la
péninsule arabique, Stop NATO, le 15 décembre
2009
21. L'OTAN, le 26 juillet 2009
22. World Bulletin, le 6 février 2010
23. Azeri Press Agency, le 1 février 2010
24. Azeri Press Agency, le 21 janvier 2010
25. L'OTAN, la Force de réaction de l'OTAN.
26. Novosti Azerbaijan, le 22 janvier 2010

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