Le Marxiste-Léniniste

Numéro 39 - 26 février 2010

Les sanctions et le bellicisme contre l'Iran

Les sanctions et le bellicisme contre l'Iran
L'Iran déplore l'approche politique sur la question nucléaire
Israël lance une flotte de drones «capables d'atteindre l'Iran»
Le rôle de l'OTAN dans l'encerclement de l'Iran - Rick Rozoff, Stop NATO

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Les sanctions et le bellicisme contre l'Iran

Les impérialistes américains et le Canada poursuivent leurs efforts pour fabriquer des prétextes et des mensonges éhontés contre l'Iran comme prétexte à des sanctions, l'action militaire et un « changement de régime ». Cette propagande en faveur de sanctions et de la guerre se poursuit en dépit de la surveillance du programme nucléaire de l'Iran par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui continue à vérifier que le programme nucléaire de l'Iran est de nature pacifique. Le 11 février, quelques heures seulement après que l'Iran eut annoncé une décision à l'échelle nationale d'enrichir de l'uranium sous la supervision de l'AIEA, le président Barack Obama a averti que les États-Unis se préparent à un « régime significatif de sanctions » contre l'Iran. Il a accusé l'Iran de repousser son offre d'« dialogue » de poursuivre ce qu'il a appelé le « programme d'armement nucléaire » de l'Iran.

Les remarques d'Obama font partie des intrigues des États-Unis, du Canada, d'Israël et de plusieurs puissances européennes contre l'Iran, notamment en suggérant que certaines des installations nucléaires de l'Iran qui sont connues depuis un certain temps font en réalité partie d'un programme clandestin d'armement. Les commentaires du 21 février du haut commandant militaire américain, le général David Petraeus, indiquent que les États-Unis cherchent à obtenir un soutien international pour une quatrième série de sanctions pour « envoyer un signal à l'Iran ». Ils veulent ainsi interpréter le refus de l'Iran de se soumettre au diktat des États-Unis comme un refus de régler les différends par la diplomatie, ne laissant pas d'autre recours que les sanctions. Pendant ce temps, le 11 février, les sénateurs républicains John Cornyn et Sam Brownback ont présenté un projet de loi visant à autoriser l'envoi d'aide non militaire aux manifestants et dissidents iraniens ainsi qu'une aide humanitaire aux « victimes du régime actuel ».

De même, le chef de l'AIEA, Yukiya Amano, malgré les conclusions de son organisation que le programme nucléaire de l'Iran sert à des fins pacifiques, a délibérément semé le doute plutôt que d'essayer de dénouer sobrement la situation. En se basant sur la prémisse de « coupable jusqu'à preuve d'innocence », Amano a récemment laissé entendre que le manque d'information sur certains aspects du programme nucléaire de l'Iran équivaut à une intention de mettre au point une ogive nucléaire.

C'est dans ce contexte que le gouvernement Harper a fait des commentaires scandaleux et provocateurs au sujet de l'Iran, lors d'une allocution de Peter Kent, ministre d'État du Canada pour les Amériques. Dans une entrevue accordée le 12 février à un périodique de Toronto, Kent profère des menaces ouvertes non seulement de sanctions mais aussi d'action militaire contre l'Iran. Compte tenu des mensonges délibérément utilisés pour envahir l'Irak, les remarques de Kent méritent d'être résolument condamnées.

« Le Canada est profondément troublé par la décision par l'Iran d'enrichir son combustible nucléaire au mépris des résolutions du Conseil de sécurité. Le dernier geste du régime a considérablement rapproché l'Iran de la possession du matériel fissible pouvant être utilisé à des fins militaires », a déclaré Kent.

« Les sanctions unilatérales ont tendance à être beaucoup moins efficaces que lorsque nous imposons des sanctions de concert avec d'autres pays. Nous avons eu des sanctions pour un certain temps sur les équipements et matériels liés à la fabrication des armes nucléaires, mais il pourrait bientôt être temps de renforcer les sanctions et d'élargir ces sanctions à d'autres domaines, tels que les zones économiques, ce qui, nous l'espérons, dissuadera l'Iran de poursuivre sur la voie actuelle ». Kent a poursuivi en disant :

« Je pense que nous avons pris conscience que c'est une situation dangereuse qui existe depuis un certain temps. C'est une question de calendrier et c'est une question de combien de temps nous pouvons attendre sans une action préventive plus grave. Pour le moment nous faisons la preuve et proclamons notre frustration et inquiétude devant le programme nucléaire iranien. Nous espérons que lorsque le Canada accueillera les pays du G-8 cette année un des principaux points de discussion sera de mettre l'accent sur une action possible face au régime iranien. »

Kent a aussi fait remarquer que le gouvernement du Canada croit que le gouvernement iranien est « une menace non seulement pour son propre peuple, mais aussi pour les pays qui l'entourent, y compris Israël ». Le ministre a également déclaré que le premier ministre Harper dit très clairement depuis quelque temps maintenant qu'« une attaque d'Israël serait considérée comme une attaque contre le Canada ». Plus tard, il a affirmé que « l'attaque militaire est la dernière option possible mais cela reste malheureusement dans la vaste gamme d'options et de possibilités ». Outre la menace de guerre ouverte, il est bien connu que les sanctions ou les autres formes de blocus économiques sont responsables de la mort de civils, comme dans le cas de l'Irak, où les sanctions ont entraîné la destruction de cette société et la mort de plus d'un million de civils. La demande de sanctions et autres actions contre l'Iran fait également partie des projets impérialistes de « changement de régime » en Iran. Cela ne doit pas passer !

Le Marxiste-Léniniste dénonce avec véhémence les sanctions et le bellicisme contre l'Iran et les propos provocateurs du ministre Kent. Ce sont des tentatives délibérées de répandre des insinuations sans fondement et de préparer l'opinion publique en faveur d'une ingérence dans les affaires intérieures de l'Iran par des actions agressives.

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L'Iran déplore l'approche politique
sur la question nucléaire

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Ramin Mehmanparast, a dénoncé l'organe de surveillance nucléaire des Nations unies pour s'être soumis à la volonté de certains puissants pays au sujet du programme nucléaire iranien.

« Pour maintenir son prestige, nous prévoyons que l'Agence [internationale de l'énergie atomique] (AIEA) ne permettra pas à certains pays d'imposer leur volonté à la communauté internationale à travers des approches politiques », a-t-il déclaré à l'Agence de nouvelles de la République islamique (IRNA).

« L'AIEA devrait adopter une approche juridique à la question des activités nucléaires pacifiques de l'Iran », a-t-il ajouté.

Mehmanparast se référait à un rapport publié le 18 février par le directeur général de l'AIEA, Yukiya Amano, qui accuse Téhéran de ne pas offrir « la coopération nécessaire pour permettre à l'Agence de confirmer que toutes les matières nucléaires en Iran servent à des activités pacifiques ».

Comme tous les rapports précédents de l'AIEA, la nouvelle évaluation vérifie le non-détournement en Iran de matières nucléaires déclarées.

Toutefois, les installations nucléaires et de l'uranium enrichi de l'Iran sont toujours sous la supervision d'inspecteurs de l'AIEA, comme c'est indiqué dans l'Accord de garanties du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

L'organisme de surveillance nucléaire des Nations unies a effectué plus d'inspections en Iran que dans tout autre pays au cours de son histoire, et n'a rien trouvé qui indique que le programme ait été détourné à des fins militaires.

Le rapport d'Amano dit aussi qu'il y avait des préoccupations au sujet de « l'existence possible » d'anciennes ou présentes activités non divulguées liées à l'élaboration d'une charge nucléaire pour missile.

L'ambassadeur de Téhéran à l'AIEA, Ali Asghar Soltanieh, a répondu : « Il semble que les allégations sans fondement que certains pays avaient déjà faites concernant l'Iran aient de nouveau été introduites dans ce rapport. »

« Les questions relatives à des études présumées, à des missiles et des explosifs sont des sujets périmés, qui ont déjà été rejetés dans les rapports d'ElBaradei. Ils ne sont pas quelque chose de nouveau », a-t-il ajouté.

Mehmanparast a dit que l'Iran est demeuré respectueux de ses engagements et que « toute démarche effectuée au-delà du cadre juridique vise certains objectifs politiques ».

Il a dit que des pressions politiques visent à priver l'Iran de la technologie moderne et que cela est inacceptable. ».

« La communauté internationale s'attend de certains pays nucléaires qu'ils tiennent leurs promesses de destruction de leurs armes nucléaires », a ajouté le porte-parole.

(Source : Press TV)

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Israël lance une flotte de drones
«capables d'atteindre l'Iran»

Les forces de l'air d'Israël ont mis en place une flotte de drones (aéronef sans pilote humain à bord) et affirment qu'ils peuvent atteindre l'Iran et le Golfe persique.

L'armée israélienne dit que les drones Heron TP, d'une envergure de 26 mètres, seront principalement utilisés pour la surveillance, ce qui implique qu'ils peuvent également être utilisés pour d'autres applications.

Les drones de la taille d'un jet [Boeing 737], que l'on dit être construits par l'industrie aérospatiale israélienne, ont d'abord été utilisés par l'armée israélienne au cours des 23 jours d'incursions aériennes et terrestres meurtrières à Gaza, à la fin 2008 et début 2009.

Lors d'une cérémonie d'inauguration le 21 février, les responsables israéliens ont refusé d'annoncer le nombre d'aéronefs composant la flotte.

Ils ont également refusé de dire si les d'aéronefs ont été conçus pour être utilisés contre l'Iran. Ils ont cependant dit qu'ils pourraient atteindre le Golfe persique.

C'est la deuxième fois ce mois-ci qu'Israël dévoile l'existence de drones de surveillance.

La semaine dernière, l'armée israélienne a déclaré qu'elle a ajouté le plus grand avion de surveillance sans pilote à sa collection de drones. Selon les autorités, l'avion, appelé Eitan, pourrait atteindre l'Iran en volant plus de 20 heures. Les États-Unis et Israël accusent la République islamique de poursuivre des applications militaires, sous le couvert d'un programme nucléaire civil, une allégation que les inspecteurs de l'AIEA en poste dans les installations nucléaires iraniennes ont jusqu'à présent été incapables de prouver.

Les deux ont à maintes reprises menacé de procéder à une frappe militaire contre l'Iran. La République islamique a averti les États-Unis et Israël d'une réplique cinglante s'ils commettaient l'erreur de l'attaquer.

L'Iran affirme, comme tous les autres signataires du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), être en droit de poursuivre un programme nucléaire indépendant à des fins civiles.

Malgré les accusations occidentales, Téhéran a toujours appelé à un arrêt de la production et du stockage des armes nucléaires conventionnelles et nouvellement développées.

Bien qu'Israël ne refuse de l'admettre officiellement, il est généralement reconnu que Tel-Aviv possède plus de 200 ogives nucléaires prêtes à lancer. Israël a jusqu'à présent refusé de signer le TNP.

Les pays de la région voient l'arsenal d'armes nucléaires de Tel-Aviv comme une menace majeure contre leur sécurité nationale.

(Source : Press TV)

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Le rôle de l'OTAN dans l'encerclement de l'Iran

S'étant déclaré lui-même « commandant-en-chef d'une nation engagée dans deux guerres » et, de surcroît, le chef d'État de « l'unique superpuissance militaire au monde »[1], rien de moins, tout en étant le récipiendaire de ce qu'on appelle, inexplicablement, le prix Nobel de la paix, le président des États-Unis, Barack Obama, à l'occasion de son premier discours sur l'état de la nation, le 27 janvier, a affirmé que « la communauté internationale est de plus en plus unie, tandis que la république islamique est de plus en plus isolée ». Il s'est aussi fait menaçant : « Puisque les dirigeants de l'Iran continuent de faire fi de leurs obligations, soyons rassurés : ils en subiront les conséquences. Je vous le promets. »

Deux jours plus tard, sa secrétaire d'État, Hillary Clinton, a livré un discours à une importante académie militaire française, ce qui est assez révélateur en soi, et en cet endroit, elle a non seulement vivement dénoncé l'Iran, elle a aussi fait une mise en garde pas très diplomatique à la Chine : « La Chine se verra pressée de reconnaître l'impact déstabilisateur sur le golfe (Persique) qu'exercerait un Iran doté d'armes nucléaires... »[2]

Pressée par Washington, il va sans dire. Le jour même, la Maison blanche confirmait qu'elle avait finalisé une vente d'armes au coût de 6,4 milliards $ à Taïwan.

Le 9 février, le porte-parole du département de la Défense, Geoff Morrell, a déclaré à la presse que son patron, le chef du Pentagone, Robert Gates, veut que les Nations unies imposent des sanctions à l'Iran dans les prochaines « semaines et non des mois » et « pense de toute évidence qu'il faut agir sans attendre ».[3]

Pendant la Première Guerre mondiale, le journaliste et dramaturge autrichien Karl Kraus s'indignait : « Quelle est cette confusion mythologique ? Depuis quand Mars est-il le dieu du Commerce et Mercure, le dieu de la Guerre ? »

Aujourd'hui, il s'étonnerait également du fait que la diplomate la plus importante des États-Unis livre un discours dans une académie militaire (tout en y réprimandant avec beaucoup de condescendance la nation la plus peuplée du monde) et que le chef de la défense étasunienne pousse d'autres pays à imposer des sanctions punitives à un pays qui n'a agressé personne depuis des siècles.

Le secrétaire général de « l'unique bloc militaire au monde », dirigé par les États-Unis – Anders Fogh Rasmussen – a pris la parole à la Conférence annuelle de Munich sur la sécurité, le 7 février, et y a livré une harangue dont le titre était « L'OTAN au XXIe siècle : Pour une nouvelle confluence mondiale », au cours de laquelle il a loué la capacité du bloc militaire à s'introduire dans presque tous les interstices imaginables : la guerre en expansion en Afghanistan, le terrorisme, les attaques cybernétiques, les pénuries d'énergie provoquées – les deux derniers interstices se référant, doit-on conclure, à la Russie – la non-prolifération nucléaire, les changements climatiques, la piraterie, les États en faillite, les drogues, « les catastrophes humanitaires, les conflits ayant comme point de litige les terres arables, et la concurrence grandissante pour les ressources naturelles »,[4] la Corée du nord et l'Iran.

Rasmussen a répété les revendications de l'Alliance et d'autres dirigeants occidentaux à l'effet que « l'OTAN doit devenir un forum de consultation sur les questions de sécurité mondiale », et a déclaré qu'« afin d'accomplir efficacement le travail de l'OTAN aujourd'hui, l'Alliance doit se faire l'axe d'un réseau de partenaires pour la sécurité ainsi que le centre de consultation sur les questions de sécurité internationale... Et inutile de commencer à zéro. Déjà, l'Alliance possède un vaste réseau de partenariats sur la sécurité, dans des régions aussi éloignées que l'Afrique du nord, le golfe, l'Asie centrale et le Pacifique. »[5]

En effet, l'OTAN possède un vaste réseau de membres et de partenaires militaires en pleine expansion à travers le monde. Un de ces membres est la Turquie, le deuxième plus grand contributeur de troupes au bloc, qui partage des frontières avec l'Iran. L'autre est un allié partenaire, l'Azerbaïdjan, autre pays frontalier de l'Iran.

L'allusion de Rasmussen au golfe Persique invoque les contacts militaires en croissance, les visites et les activités conjointes entre l'OTAN et les six membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui vont main dans la main avec la présence croissante des États-Unis dans la région[6], laquelle présence est assurée dans le cadre de l'Initiative de coopération d'Istanbul (ICI) lancée en 2004.[7]

Le nom du projet vient du fait qu'il a été inauguré au sommet de l'OTAN à Istanbul, lequel sommet a absorbé presque complètement toute l'Europe de l'est dans le bloc grâce à un processus de partenariat graduel. Le même processus qui avait incorporé dix nouveaux membres européens, incorpora ensuite les sept nations du Dialogue méditerranéen du Moyen Orient et de l'Afrique (l'Algérie, l'Égypte, Israël, la Jordanie, la Mauritanie, le Maroc et la Tunisie) et six États du golfe Persique (le Bahreïn, le Koweït, l'Oman, le Qatar, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis). Les treize sont la responsabilité de l'ICI, mais le prolongement pour la première fois des partenariats militaires de l'OTAN à six nations du golfe Persique est l'aspect à la fois le plus ambitieux et le plus significatif du programme. Il fut le point de départ de l'offensive de l'OTAN dans le golfe visant à compléter la stratégie étasunienne de contenir et d'éventuellement confronter l'Iran.

Un des objectifs déclarés de l'ICI était d'« inviter les pays intéressés à se joindre à l'Opération effort actif (OEA) »,[8] qui est une opération de surveillance et d'interdiction navale (un blocus de facto) à la grandeur de la Méditerranée et qui aura neuf ans le mois d'octobre prochain. L'Initiative de coopération d'Istanbul lie le contrôle de la Méditerranée à l'expansion vers la Mer rouge jusqu'au golfe d'Aden, ou l'opération navale de l'OTAN, Ocean Shield, est présentement à l'oeuvre, y inclus la mer Arabique allant jusqu'au golfe Persique.

Un article précédent dans cette série énumérait les principaux objectifs de l'ICI :

- Se servir d'États appartenant au CCG afin d'y placer des troupes, des avions de guerre, des cargos et de la surveillance pour des opérations à la fois dans la région et dans ce qu'on appelle le Moyen-Orient élargi.

- Incorporer les États du golfe dans un programme de surveillance globale de missiles et de bouclier anti-missile.

- Amener les pays du CCG non seulement sous le parapluie nucléaire et anti-missile des États-Unis, mais effectivement sous l'influence de l'article 5, clause de défense mutuelle de l'OTAN, ce qui pourrait mener à ce qu'on prétende qu'un ou des membres du CCG est menacé par un non-membre (c'est-à-dire l'Iran) et qu'on crée ainsi un prétexte pour déclencher des attaques « préventives ».

- Activer l'Opération effort actif de l'OTAN dans le golfe en instituant une vaste interdiction navale – un blocus – dans le détroit d'Hormuz où a lieu de 40 à 50 % du transport international de pétrole.

En 2006, l'OTAN a signé des ententes de renseignement militaire et de passage avec le Koweït et a mis sur pied une nouvelle faculté du Moyen-Orient au Collège de défense de l'OTAN à Rome. L'OTAN a tenu une conférence sur l'ICI au Koweït en décembre à laquelle ont participé tous les six États du Conseil de coopération du golfe.

L'année suivante, quatre des six membres du CCG – le Bahreïn, le Koweït, le Qatar et les Émirats arabes unis – se sont joints formellement à l'Initiative de coopération d'Istanbul.

La pénétration du golfe par l'OTAN s'est poursuivie sans arrêt et en mai 2009, l'amiral Luciano Zappata de la marine italienne et commandant suprême adjoint des forces alliées Transformation (dont la base est à Norfolk, en Virginie), parlant du nouveau concept stratégique de l'OTAN présentement en cours, a loué l'Initiative de coopération d'Istanbul comme un « exemple de réussite » du nouveau modèle de « partenariat et de coopération » auquel songe l'Alliance pour la presque totalité de la planète.

Les intentions de Zappata (pour une fois on n'a pas invoqué le prétexte iranien pour justifier l'expansion militaire dans le golfe Persique pour camoufler les véritables visées de l'OTAN) sont révélées en détail dans ce qu'il a décrit comme étant « la dimension maritime de la nouvelle stratégie ».

Il a dit que « le réseau de ports, d'infrastructures et de pipelines ainsi que de navires suivant les lignes de communication maritimes qui soutient le commerce est vulnérable.

« Comme on commence l'exploitation des ressources sur le plancher océanique, il y a aussi un déplacement des intérêts stratégiques et de sécurité. »

L'amiral a ajouté que les Émirats arabes unis (ÉAU) sont « un partenaire commercial important et un fournisseur d'énergie important dans l'économie mondiale. La nouvelle base militaire française devant ouvrir au Port Zayed servira de support aux efforts internationaux pour renforcer la sécurité maritime. »[10]

Le jour même du rapport ci-haut mentionné, le 26 mai 2009, le président français, Nicolas Sarkozy, a visité les Émirats arabes unis pour y ouvrir une nouvelle base militaire, la première pour la France dans le golfe Persique et la première base étrangère dans les ÉAU. L'installation française dans le Port de Zayed, sur la côte du détroit d'Hormuz, « contient une base navale et aérienne ainsi qu'un camp d'entraînement ».[11]

« La base accueillera 500 membres du personnel de la marine l'armée terrestre et l'armée de l'air de la France. Elle pourra recevoir deux frégates de la flotte française opérant dans la région... La flotte française est la première du genre dans le golfe Persique. »

Un analyste du golfe fut cité au passage, disant : « Les États-Unis ont plusieurs bases militaires, aériennes et maritimes, dans le Koweït, le Qatar et le Bahreïn. La base maritime française d'Abu Dhabi est la première base militaire étrangère destinée à une armée amie dans les ÉAU. »[12]

« En ce qui concerne la France, la base militaire accroît son prestige au sein de l'OTAN et auprès des États-Unis puisqu'elle devient le seul membre de l'OTAN, autre que les États-Unis, à avoir un pied ferme dans le golfe. »[13]

Le mois suivant, Sarkozy a complété un contrat avec les ÉUA pour l'achat de 60 avions de combat Rafale au coût de 8-11 million $.

L'année précédente, la France avait effectué des exercices de guerre simulée dans les ÉAU, le Bouclier du Golfe 01, d'une durée de 12 jours, avec des homologues militaires provenant du pays hôte et du Qatar. Quatre mille soldats ont participé aux exercices, lesquels ont « simulé une guerre mettant en conflit deux pays de la région et leur allié contre un état voisin qui a envahi un des deux pays ».[14]

Vers la fin du mois d'octobre 2009, une conférence de deux jours sur « les relations OTAN-ÉAU et la voie vers l'avant pour l'Initiative de coopération d'Istanbul » avait lieu à Abu Dhabi, la capitale des Émirats arabes unis. Elle réunissait « 300 participants, y inclus le secrétaire général de l'OTAN, les représentants permanents de l'OTAN au Conseil de l'Atlantique Nord, le secrétaire général adjoint de l'OTAN, le président du Comité militaire de l'OTAN ainsi que d'autres haut placés de l'OTAN, des leaders d'opinion, des académiciens et des éminences grises de pays de la région du golfe.[15]

Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a dit à un correspondant d'Al Arabiya que « l'OTAN voir la région du golfe comme une continuation de la région de sécurité euro-atlantique », et en référence à l'Iran – qui ne fut pas, évidemment, invité à la conférence – « nous sommes tous sérieusement préoccupés par les ambitions nucléaires et par l'effet d'entraînement nucléaire qu'il pourrait déclencher dans une région charnière pour la stabilité et la sécurité mondiales ».[16]

Ces dernières semaines, les États-Unis ont annoncé qu'ils avaient fait des ventes de missiles terrestres d'interception au Bahreïn, au Koweït, à Qatar et aux Émirats arabes unis. Ils ont approvisionné les États du CCG en Patriotes à capacité avancée-3 et en systèmes de missiles de Défense terminale de zone de haute altitude (THAAD) et ont déployé des missiles d'interception Standard-3 mer-air dans le golfe sur des navires de guerre équipés du système Aegis.

Tôt en février, le secrétaire général adjoint de l'OTAN, Claudio Bisogniero, était au Qatar et, « louant l'appui donné par Qatar à l'OTAN depuis l'Initiative d'Istanbul en 2004 », il a dit que « le Qatar est devenu un participant actif dans la plupart des délibérations tenues sous l'égide de l'OTAN... »[17]

Les États du CCG présentement intégrés aux opérations internationales sont recrutés pour la guerre en Afghanistan. Une publication des forces armées des États-Unis a révélé à la fin de janvier que 125 membres du personnel de sécurité du Bahreïn montaient la garde devant « les quartiers généraux des opérations militaires étasuniennes dans la province volatile de Helmand, ou sont stationnés plus de 10 000 marines et où d'autres sont attendus ».[18] C'est à partir de Helmand que les États-Unis et l'OTAN mènent leur bataille la plus intense et la plus sanglante dans leur guerre de plus de huit ans en Afghanistan.

Des troupes des ÉAU sont au service de l'OTAN et de son commandement en Afghanistan depuis plusieurs années.

L'Agence de nouvelles du Koweït écrivait le 28 janvier que le président du Comité militaire de l'OTAN, l'amiral Giampaolo Di Paola, avait dit que « l'Alliance est en discussion présentement avec un État du golfe sur le déploiement d'avions AWACS pour des missions de reconnaissance au-dessus de l'Afghanistan en appui à sa mission de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) ainsi que pour contrer la piraterie au large de la Somalie ».

De surcroît, Di Paola aurait déclaré que « l'Alliance prévoit régler prochainement la question de base avec l'un des pays du golfe » et « nous prévoyons être en position de remplacer le déploiement temporaire que nous avons aujourd'hui en Oman par un déploiement plus permanent et à long-terme ».[19] L'Oman est à proximité de l'Iran dans le détroit d'Hormuz.

La vraie puissance militaire dans la région du golfe, l'Arabie saoudite – armée jusqu'aux dents avec des armes modernes des États-Unis – est engagée dans sa toute première guerre depuis novembre dernier. Riyadh a lancé des attaques régulières avec infanterie, véhicules blindés et avions de guerre dans le nord du Yémen, son voisin, contre des rebelles houthi. On rapporte la mort de centaines de civils yéménites victimes d'attaques, qui, selon les porte-parole des rebelles, ont été accompagnées d'attaques aériennes des États-Unis.[20] Deux cents mille civils ont été déplacés par les combats au nord depuis 2004.

Le gouvernement saoudien reconnaît qu'il y a eu plus de 500 victimes de guerre, y inclus morts et blessés.

La population du nord Yémen est chiite en termes de conviction religieuse, et l'offensive saoudienne peut non seulement se transformer en guerre avec l'Iran mais peut, en fait, servir de répétition générale pour une guerre en bonne et due forme.

En ce qui concerne d'autres pays partageant des frontières avec l'Iran, en juillet dernier le secrétaire général adjoint de l'OTAN, Claudio Bisogniero, a signé un accord avec le ministre irakien de la Défense dans le but de former les forces de sécurité de ce pays. Le site web de l'OTAN rapporte que : « Cette entente représente un point tournant dans la coopération entre la République de l'Irak et l'OTAN et démontre la force de l'engagement pris par l'Alliance... L'entente donne à l'OTAN une base légale pour continuer sa mission d'assister le gouvernement de la République de l'Irak à développer davantage les capacités de ses Forces de sécurité. »[21]

Le mois dernier, l'OTAN s'est mise à recruter des Kurdes ethniques pour la Force de sécurité nationale de l'Irak dans le nord du pays près de la frontière iranienne.

Sur la frontière occidentale de l'Iran, au cours de rencontres de ministres de la Défense de l'OTAN en Turquie tard la semaine dernière, le chef du Pentagone, Robert Gates, a rencontré le chef d'état-major général de la Turquie, Ilker Basbug, et Gates a dit qu'il avait « discuté avec le général Basbug du rôle de la Turquie dans le système de défense anti-missile et des relations entre les deux armées ».[22]

L'ancien secrétaire général de l'OTAN, George Robertson, dans le but de convaincre de l'importance de conserver les ogives nucléaires étasuniennes en Allemagne, a divulgué récemment qu'il existe entre 40 et 90 armes nucléaires étasuniennes sur la base aérienne d'Incirlik en Turquie, selon des dispositions de l'OTAN.

Au nord-est de l'Iran, l'Azerbaïdjan est de plus en plus développé en tant qu'avant-poste de l'OTAN dans le Caucase du sud et dans le bassin de la mer Caspienne. Plus tôt ce mois-ci, « un groupe de travail du ministère de la Défense de l'Azerbaïdjan et du commandement européen des États-Unis (USEUCOM) a tenu une réunion à Stuttgart, en Allemagne... La réunion fut organisée dans le cadre du plan d'action des États-Unis et de l'Azerbaïdjan pour la coopération militaire » et a duré cinq jours.[23]

Le pays s'est vu accorder un Plan d'action de partenariat individuel de l'OTAN comme d'autres anciens États soviétiques tels que la Géorgie, l'Ukraine et, plus récemment, la Moldavie. En janvier, l'Azerbaïdjan a été l'hôte d'une conférence de planification pour l'exercice militaire de 2010 de la réaction régionale de l'OTAN. L'année dernière, « l'entraînement militaire de la Force de réaction régionale 2009 a eu lieu dans le cadre du programme du Partenariat pour la Paix de l'OTAN (PfP), en avril 2009, à Bakou.

« Le commandant des forces terrestres des États-Unis, Carter Ham, y a participé. »[24]

L'Azerbaïdjan a doublé la puissance de ses troupes en Afghanistan et formera les officiers de l'Armée nationale de l'Afghanistan dans ses écoles militaires. Le ministère des Affaires étrangères de ce pays a annoncé que l'Azerbaïdjan est intéressé à se joindre à la Force de réaction de l'OTAN avec l'Ukraine, et l'Alliance en donne la description suivante :

« La Force de réaction de l'OTAN (NRF) est une force prête à l'action et dotée d'une technologie moderne, composée de forces conjointes, terrestres, aériennes et maritimes, que l'Alliance peut déployer rapidement peu importe la région.

« Elle est en mesure d'entreprendre des missions à l'échelle mondiale et dans tous les créneaux d'opérations... »[25]

Vers la fin de janvier, un ancien conseiller présidentiel de l'Azerbaïdjan, Vafa Guluzade, prenant la parole à un séminaire sous le titre « Coopération OTAN-Azerbaïdjan : une perspective civile », a dit : « Le territoire et le peuple de l'Azerbaïdjan sont faits sur mesure pour une coopération militaire avec l'OTAN. Le pays est un emplacement géostratégique propice... l'Azerbaïdjan possède des aérodromes militaires propices pour des bases de l'OTAN. »[26]

À l'est de l'Iran, les États-Unis et l'OTAN auront bientôt plus de 150 000 troupes, et selon une récente étude, 400 bases en Afghanistan, et les deux belligérants occidentaux coordonnent des actions militaires avec le Pakistan, l'Alliance coordonnant par le biais de la Commission militaire trilatérale Afghanistan-Pakistan-OTAN.

Un étau se resserre autour de l'Iran par toutes les directions et l'OTAN en est le manipulateur principal.

Notes

1. La doctrine Obama : une guerre éternelle pour une humanité imparfaite, Stop NATO, le 10 décembre 2009

2. Sur ordonnance de Hillary Clinton : faire de la planète un protectorat de l'OTAN, Stop NATO, le 31 janvier 2010

3. Associated Press, le 9 février 2010

4. L'OTAN, le 7 février 2010

5. Ibid

6. U.S. extends Missile Buildup From Poland and Taiwan To Persian Gulf, Stop NATO, le 3 février 2010

7. L'OTAN dans le golfe Persique : De la troisième guerre mondiale à Istanbul, Stop NATO, le 6 février 2009

8. L'OTAN, l'Initiative de coopération d'Istanbul.

9. L'OTAN dans le golfe Persique : De la troisième guerre mondiale à Istanbul.

10. Khaleej Times, le 26 mai 2009

11. Radio Netherlands, le 26 mai 2009

12. Gulf News, le 23 mai 2009

13. Gulf News, le 27 janvier 2008

14. Agence France-Presse, le 6 mars 2008

15. L'OTAN, le 28 octobre 2009

16. Al Arabiya, le 1 novembre 2009

17. Gulf Times, le 8 février 2010

18. Stars and Stripes, le 23 janvier 2010

19. Agence de nouvelles du Koweït, le 28 janvier 2010

20. Yémen : la guerre du Pentagone sur la péninsule arabique, Stop NATO, le 15 décembre 2009

21. L'OTAN, le 26 juillet 2009

22. World Bulletin, le 6 février 2010

23. Azeri Press Agency, le 1 février 2010

24. Azeri Press Agency, le 21 janvier 2010

25. L'OTAN, la Force de réaction de l'OTAN.

26. Novosti Azerbaijan, le 22 janvier 2010

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