Le Marxiste-Léniniste accueille avec
grande joie la nouvelle de la création de la Communauté
des États latino-américains et caribéens (CELC).
Cette nouvelle organisation, qui remplacera éventuellement
l'Organisation des États américains (OÉA), est une
puissante expression de la volonté des peuples de
l'Amérique latine et des
Caraïbes de solidarité régionale et de
souveraineté nationale affranchie de toute ingérence
extérieure. La proposition exclut expressément les
États-Unis et le Canada, qui sont comme des intervenants qui
portent atteinte à la souveraineté nationale de
l'Amérique latine et des Caraïbes.
La CELC a été créée lors du
Sommet de l'Unité de l'Amérique latine et les
Caraïbes qui s'est tenu du 22 au 23 février à Playa
del Carmen, au Mexique. Elle sera officiellement créée le
5 juillet 2011 lors d'un sommet à Caracas, dès que sa
charte aura été rédigée. Cette nouvelle
organisation sera l'amalgame du Sommet de l'Amérique latine et
des Caraïbes et du Groupe de Rio, et coexistera avec les autres
organisations sous-régionales. Les fonctions normales du Groupe
de Rio et du Congrès de l'Amérique latine et des
Caraïbes se poursuivront jusqu'à ce que les institutions de
la nouvelle organisation soient complètement formées.
Lundi, dans son discours d'ouverture au sommet, le
président du Mexique Felipe Calderón a expliqué le
projet d'une nouvelle en disant que l'unité des pays et des
peuples des Amériques était un rêve caressé
depuis le début du 19e siècle, lorsque les dirigeants de
la région ont commencé à se battre pour leur
indépendance face aux puissances
coloniales européennes. « Le rêve de
l'unité fait partie de l'indépendance que nous
célébrons », a déclaré
Calderón, se référant aux
célébrations du bicentenaire de l'indépendance du
Mexique. « Et ce sommet représente un grand pas dans
notre intégration. »
« Aujourd'hui, nous allons analyser la
première étape, le point de départ pour un nouvel
avenir, a déclaré Calderón. Nous avons aujourd'hui
l'occasion de créer un espace commun pour tous les peuples
d'Amérique latine et des Caraïbes. »
Le Groupe de Rio et la Communauté
caribéenne (CARICOM) représentent au total 33 pays. Sur
les 32 représentés au sommet (le Honduras a notamment
été exclu des fonctions du Groupe de Rio depuis le coup
d'État), 26 le sont par leur président ou premier
ministre, dont Raúl Castro de Cuba, René Préval
d'Haïti, Mauricio Funes d'El
Salvador, Daniel Ortega du Nicaragua, Hugo Chávez du Venezuela,
Álvaro Uribe de Colombie, Rafael Correa d'Équateur, Luiz
« Lula » Da Silva du Brésil, Evo Morales
de la Bolivie et ainsi que Fernando Lugo du Paraguay, le
président élu de l'Uruguay José Mujica, Michelle
Bachelet du Chili et Cristina Fernandez de l'Argentine.
Le Pérou, les Bahamas, la Guyane, Sainte-Lucie, le Suriname et
Trinité-et-Tobago sont représentés par des
ministres.
Outre le Groupe de Rio et de la CARICOM, plusieurs
autres organisations régionales étaient
représentées au Sommet : le Système
économique latino-américain et caribéen (SELA),
l'Association latino-américaine d'intégration (ALADI), le
Parlement latino-américain (Parlatino), l'Association des
États caribéens (AEC), le Marché commun
du Sud (MERCOSUR) et la Communauté andine (CAN). Au total, plus
d'une vingtaine de représentants d'organismes internationaux ont
pris part au sommet en tant qu'observateurs.
À l'issue du sommet, le président mexicain
a indiqué que la Communauté d'États
latino-américains et caribéens est un nom provisoire.
« Nous avons décidé de créer une
organisation, la CELC, qui comprend toutes les organisations
d'Amérique latine et des Caraïbes. Nous avons
décidé de fonder une organisation sur des valeurs
communes, y compris la souveraineté, l'opposition à
l'utilisation de la force, y compris la menace de la force, la
coopération internationale, l'intégration toujours plus
étroite de l'Amérique latine et des Caraïbes, ainsi
que le dialogue politique permanent », a-t-il dit.
Dans son discours de
clôture au sommet, le président cubain Raúl Castro
a commencé par un message fraternel du peuple cubain au Mexique,
un pays qui a donné refuge à de nombreux
Latino-Américains, dont les pionniers de la Révolution
cubaine. Il a souligné l'importance historique de la
création d'un tel mécanisme, en soulignant qu'être
une nation indépendante est une condition indispensable pour
participer à cet organisme qui sera caractérisé
par le respect de la diversité culturelle et des
différentes dimensions géographiques et
économiques, du système politique adopté par
chaque pays, de la disparité des ressources naturelles et des
différences dans le développement social. Le
prochain sommet, à Caracas, sera une excellente occasion de
conclure les travaux pour rendre l'organisation opérationnelle
et Cuba oeuvrera au succès de cette entreprise, a-t-il
ajouté.
Le président de la Bolivie, Evo Morales, a
également souligné l'importance historique de la
décision de créer un nouveau bloc d'intégration
régionale sans la présence des États-Unis.
« Partout où les États-Unis sont
présents, la démocratie n'est pas assurée, la paix
avec l'équité sociale n'est pas garantie »,
a-t-il dit.
Le président
vénézuélien Hugo Chávez a
déclaré que « les peuples d'Amérique
latine et des Caraïbes tentent de reprendre le chemin de nos
républiques, nous prenons le chemin emprunté par Simon
Bolivar ». Il a salué la décision unanime du
sommet de donner à son pays « la grande tâche
de commencer à préparer le
Sommet de juillet 2011 ». Il a exprimé son espoir que
l'an prochain, à Caracas, il sera possible d'approuver les
principes de base de l'organisation, de la communauté, de
l'unité des États ou des républiques qui a
commencé à naître. « Nous
prévoyons que dans un an, par un travail assidu, les statuts
constitutifs et les fondements de
l'organisation pourront être approuvés. Que ce soit
à Caracas l'an prochain, ou à Santiago deux ans plus
tard, cela importe peu. Ce qui importe le plus, c'est d'avoir un bon
départ pour ce qui est en train de se
développer », a déclaré Chavez.
Le président du Brésil Luiz
« Lula » Da Silva a déclaré :
« Il est important de se rappeler que ce sommet n'est pas un
acte historique mineur. Je dirais plutôt que c'est un
événement historique de grande dimension. [... Nous
affirmons] notre personnalité en tant que région qui a
décidé de créer une communauté de pays
d'Amérique latine et des Caraïbes [...] Nous nous
découvrons en tant que région, de la plus petite
île au plus grand pays. » Le président
brésilien a souligné qu'il est nécessaire de
consolider l'intégration régionale afin de
réaliser le développement de chaque pays.
« Nous avons progressé de façon
extraordinaire, parce qu'avec cette
réunion nous consolidons comme toujours la
démocratie », a-t-il ajouté.
Dans le cadre des travaux du sommet, le président
Calderón a remis le secrétariat pro tempore du
Groupe de Rio au Chili, qui coordonnera le dispositif régional
jusqu'en 2012. La présidente chilienne Michelle Bachelet, en
acceptant le poste, a affirmé l'engagement du Chili envers
l'unité et la solidarité régionales. Sur la
création du
nouvel organisme régional, Mme Bachelet a déclaré
que les pays ont la tâche de consolider l'intégration au
sein d'un forum politique fondamental. Elle a souligné que les
pays de la région sont à un tournant crucial dans
laquelle le développement socio-politique des peuples est un
défi pour les gouvernements. Dans son discours d'acceptation, la
présidente Bachelet a dit à ceux qui étaient
rassemblés que le Chili assumerait la tâche de
secrétariat du Groupe de Rio à une époque qui
marque un tournant dans l'histoire du monde. « La
communauté internationale a abandonné l'idée de
laisser-faire, l'idée que le marché peut se
réguler complètement », dit Bachelet.
« Dans les
paroles du poète mexicain Octavio Paz, le marché est sans
pitié et sans conscience. »
Le sommet a approuvé deux principales
déclarations, la Déclaration de Cancun et la
Déclaration du Sommet de l'unité, qui établissent
les principaux engagements de programmation pour la coordination
politique et économique et pour la coopération.
En outre, plusieurs autres documents spéciaux ont
été présentés sur les préoccupations
suivantes : la coopération migratoire, la solidarité
avec Haïti, une déclaration sur les îles Malouines en
appui au droit légitime de l'Argentine dans le différend
qui l'oppose au Royaume-Uni, une résolution contre le blocus
économique, commercial et
financier que le gouvernement des États-Unis a maintenu contre
Cuba depuis presque 50 ans, ainsi qu'une déclaration
félicitant le Guatemala pour le résultat des
enquêtes menées par la Commission internationale contre
l'impunité. De même, la réunion a adopté une
résolution soutenant l'engagement de l'Équateur de ne pas
exploiter 846 millions
de barils de pétrole qui sont enfouis dans le sous-sol du Parc
national Yasuni. Et un autre document exprime la solidarité des
participants avec l'Équateur après que le Groupe d'action
financière sur le blanchiment des capitaux l'ait inclus, dans
une manoeuvre de manipulation, de
la liste des pays qui n'ont pas réussi à traiter de
manière adéquate du blanchiment d'argent et du
financement du
terrorisme. Également à l'ordre du jour : un
débat sur le statut du Honduras au sein du Groupe de Rio et de
l'organisation qui lui succède en raison de
l'illégitimité de l'actuel régime de Porfirio Lobo
mis en place par le coup d'État.
L'engagement ferme envers la reconstruction
d'Haïti dans le respect de sa souveraineté
Dans son discours d'ouverture au sommet, le
président Calderón a décrit les travaux pour
reconstruire Haïti comme « la cause de toute
l'Amérique latine et les Caraïbes ». Il a
remercié le président Préval d'Haïti (un
membre du
Groupe de Rio et de la CARICOM) d'avoir pris le temps de venir à
la conférence alors qu'il y a tant de besoins urgents à
combler dans son pays.
Le dimanche, le Mexique a accueilli un sommet avec les
dirigeants de la CARICOM, où Préval a exprimé aux
pays membres ses remerciements pour leur soutien. Il a indiqué
que le bilan des victimes du séisme pourrait atteindre 300 000
et qu'avec la venue de la saison des pluies, un toit pour les 1,5
millions de sans abris est la plus grande
priorité en Haïti.
La présidente Bachelet, en acceptant le
secrétariat du Groupe de Rio, a fait remarquer :
« Nous nous efforçons tous de faire face à la
situation difficile dans un de nos pays membres, en
Haïti. » Bachelet a ajouté que l'organisme
veillerait à ce que la nation soit reconstruite mieux qu'avant,
« comme tous les Haïtiens le
méritent ».
Le président Da Silva a appelé à
renforcer la solidarité et le soutien concret pour Haïti,
faisant observer que, même avant le tremblement de terre, le pays
était déjà confronté à
d'énormes problèmes structurels.
Le président cubain Raúl Castro a
déclaré que la reconstruction d'Haïti exige et
mérite à long terme une aide internationale de grande
envergure et que l'aide doit être
désintéressée, dans le respect absolu de la
souveraineté du pays et de son gouvernement et se faire sous
l'autorité des Nations unies.
Il a cité l'exemple de la solidarité de
Cuba, qui a collaboré en Haïti pendant plus de dix ans, au
cours desquels ses médecins ont effectué 14 millions de
consultations, 200 000 interventions chirurgicales, 100 000 naissances
et 45 000 opérations des yeux.
Il a dit que le président Hugo Chávez,
avec sa sensibilité particulière et sa
générosité, ainsi que Cuba et d'autres pays de
l'Alliance bolivarienne pour les peuples des Amériques, ont
l'intention de maintenir et de multiplier leurs efforts.
Les présidents Calderón et Chavez ont
chacun déclaré que le regroupement s'engage à
fournir de nouveaux fonds pour Haïti. Calderón a
noté qu'Haïti pourrait obtenir 25 millions $ de la
Banque inter-américaine de développement et de la
Société andine de développement, et Chavez a
déclaré que la nation insulaire recevrait 30
millions $ directement des membres.
Le blocus des États-Unis contre Cuba est
dénoncé
Le président Castro a exprimé la
satisfaction de Cuba pour l'approbation du document spécial
exigeant la fin du blocus économique, commercial et financier
injuste contre Cuba, ainsi que la solidarité qui a
été exprimée à l'égard de son pays,
lors du sommet. Le ministre cubain
des Affaires étrangères Bruno Rodriguez, qui faisait
partie de la délégation de Cuba au Sommet, a
déclaré : « Il y a une position unanime
de tous les pays d'Amérique latine et les Caraïbes
condamnant le blocus des États-Unis contre Cuba et ils invitent
instamment le gouvernement des États-Unis de le lever
immédiatement. »
Dans ses remarques de clôture, le président
Da Silva a aussi critiqué le blocus des États-Unis contre
Cuba et s'est dit optimiste quant aux perspectives d'une levée
prochaine, comme l'exige la communauté internationale.
Soutien à la revendication argentine sur les
Malouines
Lors du premier jour de la rencontre, les participants
au Sommet de l'unité ont donné leur appui à la
revendication de l'Argentine à la souveraineté des
îles Malouines (également connues comme les îles
Falkland) et a rejeté l'exploitation par le Royaume-Uni des
ressources
pétrolières de la région. « Il continue
d'y avoir violation systématique du droit international qui
devrait être respecté par tous les pays », a
déclaré la présidente argentine Cristina
Fernandez,
qui s'exprimait à la plénière du sommet.
« Au nom de notre gouvernement et de mon peuple, je veux
exprimer mes remerciements pour
l'appui que cette réunion a donné à nos
revendications. »
Fernandez a ajouté que son pays poursuivra ses
efforts pour s'assurer que le Royaume-Uni respecte toutes les
résolutions réaffirmant la souveraineté de
l'Argentine sur l'archipel du sud qui, en 1833, a été
ravi à ce pays sud-américain par la force. Elle a
souligné que le déploiement dans les îles Malouines
de la plate-forme de forage pétrolier Ocean Guardian,
appartenant à la firme
britannique Desire Petroleum, « est une violation de toutes
dispositions antérieures des Nations unies ».
Plusieurs intervenants à la première
session ont exprimé leur solidarité avec ce pays
d'Amérique du Sud quant à la décision
unilatérale du Royaume-Uni de s'engager dans la prospection
pétrolière de la région. « C'est l'une
des manifestations les plus évidentes de
néo-colonialisme », a déclaré le
président Chavez. Le président de la
Bolivie Evo Morales s'est également prononcé en faveur de
la juste revendication de l'Argentine.
Le président Da Silva a souligné qu'il
était nécessaire d'exiger que les Nations unies rouvrent
le débat sur les îles Malouines. Il a également
exhorté les Nations unies à entreprendre son mandat de
manière démocratique et de prendre la décision qui
se doit sur les îles Malouines, qui « sont et doivent
être argentines ».
L'exclusion du Honduras
Concernant l'absence du Honduras au sommet, le
président Da Silva a dit que ce pays n'a pas été
invité parce qu'il ne dispose pas de représentant
légitime.
« Le Honduras n'est pas là, et n'y
sera pas, pour une raison simple, parce que même si les
Honduriens sont allés aux urnes, ils y ont été
appelés sur la base de couper court au mandat
présidentiel d'un homme [le président Zelaya] qui a
été démocratiquement élu. Nous ne pouvons
accepter que ces expériences de juntes militaires au
Honduras prévalent dans d'autres pays latino-américains
et caribéens », a souligné le président
du Brésil.

Evo Morales aux peuples du Mexique
«Nous avons tous la responsabilité
de sauver l'humanité»
À l'invitation de l'Ambassade de l'État
Plurinational de Bolivie, du gouvernement de la ville de Mexico, de la
mairie de Coyoacan et des Comités de solidarité avec le
peuple de Bolivie de plusieurs États du Mexique, plus de 10 000
personnes se sont rendues participer à « La rencontre
avec la Bolivie », thème de l'acte de bienvenue
organisé pour le président de la Bolivie, Evo Morales, le
dimanche 21 février dernier.
L'activité avait pour but de permettre la
rencontre entre Evo Morales et les mouvements sociaux, les
organisations autochtones, comités de solidarités,
secteur des travailleurs, populaires, universitaires et la gauche
mexicaine. En attendant l'arrivée du président Morales,
les milliers de participants ont assisté à un programme
culturel haut en couleur
comme en allégresse. Plusieurs ensembles autochtones de danseurs
et de musiciens boliviens et mexicains ont présenté un
spectacle reflétant la lutte des peuples autochtones de Bolivie
et du Mexique contre la domination espagnole puis étasunienne.
Plusieurs personnalités marquantes de la vie
politique mexicaine ont pris la parole pour souhaiter la bienvenue au
président Morales, tous et chacun soulignant l'importance que
représente pour les peuples autochtones des Amériques,
comme pour le mouvement anti-impérialiste, sa
réélection en tant que premier président
autochtone à être élu et à écouter
et servir les intérêts des nations autochtones de Bolivie
et espoir pour tous les peuples autochtones du monde .
Prenant la parole pour saluer la foule, Evo Morales a
commencé par répondre aux représentants des
peuples autochtones du Mexique qui lui demandaient comment, à
titre de leader des peuples autochtones du monde, il pensait que ces
derniers devaient faire pour arriver à se faire entendre de ceux
qui occupent le pouvoir politique dans leur pays. Il a
dit : « En s'organisant et en s'unissant. Nous avons
fait l'expérience de militer dans le mouvement social, puis
autochtone, puis syndical et finalement nous avons dû
reconnaître que ce n'était pas suffisant. Sans avoir le
pouvoir entre nos mains, nos droits ne pouvaient être
respectés. Nous avons donc décidé d'aller dans la
lutte électorale et
prendre le pouvoir politique. » Poursuivant, il a
souligné que cela n'a pas été facile, que de 1995
à sa première élection en 2005, il a
été victime d'une campagne de dénigrement et
d'humiliation intense, il a été accusé
d'être un narcotrafiquant, un terroriste, un communiste, un
ignorant, un illettré au point où le soir suivant sa
désignation par les
organisations autochtones comme candidat présidentiel en 2002,
il se demandait comment un tel individu pourrait être élu
président. Puis le lendemain matin, ils ont entrepris la
campagne en s'alliant avec les communistes, les socialistes, les
travailleurs, le mouvement social et toutes les forces
démocratiques du pays. Puis il a mentionné que oui, la
Bolivie
était libérée, et qu'il allait parler pour la
défense des nations autochtones, de la Terre Mère et de
la libération de l'impérialisme américain dans le
monde, mais que tous ont la responsabilité de sauver
l'humanité et que, pour cela, il faut immédiatement
s'organiser et s'unir.
Mentionnant les réalisations de son gouvernement,
il a précisé que ce qu'il a appris des quatre
premières années était à écouter et
écouter encore les demandes et préoccupations des
sections du peuple, autant les autochtones que les travailleurs, les
intellectuels, les gens de l'éducation, de la santé, pour
ainsi prendre les mesures nécessaires pour y
répondre et servir leurs intérêts. C'est pourquoi,
dit-il, « nous n'avons pas eu peur de nationaliser le gaz,
nous n'avons pas eu peur de récupérer nos mines d'argent
et ainsi réaliser un surplus budgétaire en un an de
pouvoir », mettant fin à plus de 66 années de
déficit continuel.
S'adressant à la question économique, il a
souligné que les peuples n'avaient rien de bon à attendre
du système capitaliste, que les droits à
l'éducation, à la santé, aux choses de bases pour
le bien-être ne pouvaient être réalisés sous
le capitalisme, que ce système était la cause de leur
rébellion à la défense de leur bien-être et
c'est pourquoi son
gouvernement est engagé dans ce qu'il appelle le
développement d'un socialisme communautaire.
Il a poursuivi en soulignant
la nécessité de jeter les impérialistes
américains hors d'Amérique latine, de faire en sorte de
les peuples puissent vivre sans l'ingérence, la menace et
l'agression des impérialistes américains et de leurs
institutions comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire
international. La Bolivie vit sans cela et s'en porte beaucoup
mieux et tous doivent arriver à le vivre également,
a-t-il dit. Il faut empêcher les coups d'État comme au
Honduras et les menaces que cela représente contre les
gouvernements progressistes d'Amérique latine.
Il a salué Cuba et Fidel Castro pour leur courage
et détermination à poursuivre la révolution
cubaine, contre le blocus étasunien et la défense du
droit à la souveraineté, et il a salué le
président Hugo Chavez et tous les autres dirigeants de
gouvernements progressistes récemment élus en
Amérique latine. Il a terminé en saluant les forces
révolutionnaires
et progressistes du Mexique et soulevé la foule en
scandant : « Bientôt Mexico sera
libre. »

Cuba
Déclaration du ministère des Relations
extérieures
sur les pourparlers avec les États-Unis
en matière de migration
- 20 février 2010 -
Comme cela avait été annoncé en
temps utile, le 19 février 2010, de nouvelles conversations
migratoires ont eu lieu à La Havane avec le gouvernement des
États-Unis.
De la même manière que lors des
séances qui ont eu lieu à New York, les conversations ont
aussi porté sur d'autres sujets. À cette occasion la
délégation de Cuba a réitéré les
propositions faites en juillet à la partie étasunienne,
propositions ayant trait à la coopération dans la lutte
contre le trafic de stupéfiants, le terrorisme et le trafic de
personnes, à
la protection de l'environnement et à l'affrontement des
désastres naturels. Nous avons en particulier exprimé
notre disposition à signer avec le gouvernement des
États-Unis un accord pour la lutte contre le trafic de
stupéfiants, sur la base du projet présenté
récemment par Cuba, en janvier 2010, par les voies diplomatiques.
De surcroît, la délégation de Cuba a
rappelé les sujets essentiels qui devraient être
abordés dans un processus éventuel de dialogue
destiné à améliorer les relations : la
levée du blocus économique, commercial et
financier ; l'exclusion de Cuba de la liste bâtarde de pays
terroristes ; l'abrogation de la Loi d'Ajustement cubain et la
« politique de pieds secs / pieds
mouillés » ; le dédommagement pour les
dommages économiques et humains, la restitution du territoire
occupé par la Base navale de Guantanamo ; la fin des
agressions radio-télévisuelles des États-Unis
contre Cuba, et la fin du financement de la subversion
intérieure.
La délégation cubaine a abordé
à fond un point de ce programme qu'elle tient pour
essentiel : la demande de libération des Cinq Cubains qui
subissent, depuis onze ans, une incarcération injuste aux
États-Unis pour avoir lutté contre le terrorisme.
Contrairement à l'esprit de coopération et
de volonté d'entente affiché par la partie cubaine, une
fois les conversations migratoires terminées, la
délégation étasunienne a convoqué quelques
dizaines de ses mercenaires qu'elle a elle-même
transportés à la résidence du Chef de la SINA,
démontrant une nouvelle fois qu'elle se soucie davantage de
soutenir la contre-révolution et de promouvoir la subversion
pour détruire la Révolution cubaine que d'instaurer un
climat conduisant à la solution réelle des
problèmes bilatéraux. Ces éléments
contre-révolutionnaires bénéficient d'une partie
des plus de 20 millions de dollars qui ne restent pas à Miami et
que le gouvernement des États-Unis consacre
annuellement au travail de déstabilisation et de subversion
contre Cuba.
Dès le jour même de son arrivée au
pays, le chef de la délégation étasunienne avait
été averti par le ministère des Affaires
étrangères de notre refus de le voir profiter de son bref
séjour pour organiser un événement provocateur,
éloigné de l'esprit des conversations migratoires.
Par cette conduite offensante envers les
autorités et le peuple cubains, le gouvernement étasunien
confirme qu'il maintient les instruments de la politique subversive
contre Cuba et il manifeste son manque de volonté réelle
pour améliorer les relations avec notre pays et pour abandonner
les actes d'ingérence grossière qui ont constitué,
historiquement, le
plus grand obstacle à la normalisation des relations entre les
deux pays.
Le ministère des Relations extérieures
réitère la disposition déjà exprimée
par le gouvernement cubain de soutenir un dialogue respectueux sur
n'importe quel sujet avec le gouvernement des États-Unis, sur un
pied d'égalité, sans aucune atteinte à son
indépendance, à sa souveraineté et à son
autodétermination.

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