Le Marxiste-Léniniste

Numéro 38 - 25 février 2010

Sommet historique de l'Unité de l'Amérique latine et des Caraïbes

La Communauté d'États latino-américains
et caribéens remplace l'OÉA!


Le 22 février 2010, Felipe Calderón, président du pays hôte, le Mexique, inaugure à Cancun
le Sommet de l'unité de l'Amérique latine et des Caraïbes.

La Communauté d'États latino-américains et caribéens remplace l'OÉA!

Evo Morales aux peuples du Mexique
«Nous avons tous la responsabilité de sauver l'humanité»

Cuba
Déclaration du ministère des Relations extérieures sur les pourparlers avec les États-Unis en matière de migration

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Sommet historique de l'Unité de l'Amérique latine et des Caraïbes

La Communauté d'États latino-américains
et caribéens remplace l'OÉA!


Le Marxiste-Léniniste accueille avec grande joie la nouvelle de la création de la Communauté des États latino-américains et caribéens (CELC). Cette nouvelle organisation, qui remplacera éventuellement l'Organisation des États américains (OÉA), est une puissante expression de la volonté des peuples de l'Amérique latine et des Caraïbes de solidarité régionale et de souveraineté nationale affranchie de toute ingérence extérieure. La proposition exclut expressément les États-Unis et le Canada, qui sont comme des intervenants qui portent atteinte à la souveraineté nationale de l'Amérique latine et des Caraïbes.

La CELC a été créée lors du Sommet de l'Unité de l'Amérique latine et les Caraïbes qui s'est tenu du 22 au 23 février à Playa del Carmen, au Mexique. Elle sera officiellement créée le 5 juillet 2011 lors d'un sommet à Caracas, dès que sa charte aura été rédigée. Cette nouvelle organisation sera l'amalgame du Sommet de l'Amérique latine et des Caraïbes et du Groupe de Rio, et coexistera avec les autres organisations sous-régionales. Les fonctions normales du Groupe de Rio et du Congrès de l'Amérique latine et des Caraïbes se poursuivront jusqu'à ce que les institutions de la nouvelle organisation soient complètement formées.

Lundi, dans son discours d'ouverture au sommet, le président du Mexique Felipe Calderón a expliqué le projet d'une nouvelle en disant que l'unité des pays et des peuples des Amériques était un rêve caressé depuis le début du 19e siècle, lorsque les dirigeants de la région ont commencé à se battre pour leur indépendance face aux puissances coloniales européennes. « Le rêve de l'unité fait partie de l'indépendance que nous célébrons », a déclaré Calderón, se référant aux célébrations du bicentenaire de l'indépendance du Mexique. « Et ce sommet représente un grand pas dans notre intégration. »

« Aujourd'hui, nous allons analyser la première étape, le point de départ pour un nouvel avenir, a déclaré Calderón. Nous avons aujourd'hui l'occasion de créer un espace commun pour tous les peuples d'Amérique latine et des Caraïbes. »

Le Groupe de Rio et la Communauté caribéenne (CARICOM) représentent au total 33 pays. Sur les 32 représentés au sommet (le Honduras a notamment été exclu des fonctions du Groupe de Rio depuis le coup d'État), 26 le sont par leur président ou premier ministre, dont Raúl Castro de Cuba, René Préval d'Haïti, Mauricio Funes d'El Salvador, Daniel Ortega du Nicaragua, Hugo Chávez du Venezuela, Álvaro Uribe de Colombie, Rafael Correa d'Équateur, Luiz « Lula » Da Silva du Brésil, Evo Morales de la Bolivie et ainsi que Fernando Lugo du Paraguay, le président élu de l'Uruguay José Mujica, Michelle Bachelet du Chili et Cristina Fernandez de l'Argentine. Le Pérou, les Bahamas, la Guyane, Sainte-Lucie, le Suriname et Trinité-et-Tobago sont représentés par des ministres.

Outre le Groupe de Rio et de la CARICOM, plusieurs autres organisations régionales étaient représentées au Sommet : le Système économique latino-américain et caribéen (SELA), l'Association latino-américaine d'intégration (ALADI), le Parlement latino-américain (Parlatino), l'Association des États caribéens (AEC), le Marché commun du Sud (MERCOSUR) et la Communauté andine (CAN). Au total, plus d'une vingtaine de représentants d'organismes internationaux ont pris part au sommet en tant qu'observateurs.

À l'issue du sommet, le président mexicain a indiqué que la Communauté d'États latino-américains et caribéens est un nom provisoire. « Nous avons décidé de créer une organisation, la CELC, qui comprend toutes les organisations d'Amérique latine et des Caraïbes. Nous avons décidé de fonder une organisation sur des valeurs communes, y compris la souveraineté, l'opposition à l'utilisation de la force, y compris la menace de la force, la coopération internationale, l'intégration toujours plus étroite de l'Amérique latine et des Caraïbes, ainsi que le dialogue politique permanent », a-t-il dit.

Dans son discours de clôture au sommet, le président cubain Raúl Castro a commencé par un message fraternel du peuple cubain au Mexique, un pays qui a donné refuge à de nombreux Latino-Américains, dont les pionniers de la Révolution cubaine. Il a souligné l'importance historique de la création d'un tel mécanisme, en soulignant qu'être une nation indépendante est une condition indispensable pour participer à cet organisme qui sera caractérisé par le respect de la diversité culturelle et des différentes dimensions géographiques et économiques, du système politique adopté par chaque pays, de la disparité des ressources naturelles et des différences dans le développement social. Le prochain sommet, à Caracas, sera une excellente occasion de conclure les travaux pour rendre l'organisation opérationnelle et Cuba oeuvrera au succès de cette entreprise, a-t-il ajouté.

Le président de la Bolivie, Evo Morales, a également souligné l'importance historique de la décision de créer un nouveau bloc d'intégration régionale sans la présence des États-Unis. « Partout où les États-Unis sont présents, la démocratie n'est pas assurée, la paix avec l'équité sociale n'est pas garantie », a-t-il dit.

Le président vénézuélien Hugo Chávez a déclaré que « les peuples d'Amérique latine et des Caraïbes tentent de reprendre le chemin de nos républiques, nous prenons le chemin emprunté par Simon Bolivar ». Il a salué la décision unanime du sommet de donner à son pays « la grande tâche de commencer à préparer le Sommet de juillet 2011 ». Il a exprimé son espoir que l'an prochain, à Caracas, il sera possible d'approuver les principes de base de l'organisation, de la communauté, de l'unité des États ou des républiques qui a commencé à naître. « Nous prévoyons que dans un an, par un travail assidu, les statuts constitutifs et les fondements de l'organisation pourront être approuvés. Que ce soit à Caracas l'an prochain, ou à Santiago deux ans plus tard, cela importe peu. Ce qui importe le plus, c'est d'avoir un bon départ pour ce qui est en train de se développer », a déclaré Chavez.

Le président du Brésil Luiz « Lula » Da Silva a déclaré : « Il est important de se rappeler que ce sommet n'est pas un acte historique mineur. Je dirais plutôt que c'est un événement historique de grande dimension. [... Nous affirmons] notre personnalité en tant que région qui a décidé de créer une communauté de pays d'Amérique latine et des Caraïbes [...] Nous nous découvrons en tant que région, de la plus petite île au plus grand pays. » Le président brésilien a souligné qu'il est nécessaire de consolider l'intégration régionale afin de réaliser le développement de chaque pays. « Nous avons progressé de façon extraordinaire, parce qu'avec cette réunion nous consolidons comme toujours la démocratie », a-t-il ajouté.

Dans le cadre des travaux du sommet, le président Calderón a remis le secrétariat pro tempore du Groupe de Rio au Chili, qui coordonnera le dispositif régional jusqu'en 2012. La présidente chilienne Michelle Bachelet, en acceptant le poste, a affirmé l'engagement du Chili envers l'unité et la solidarité régionales. Sur la création du nouvel organisme régional, Mme Bachelet a déclaré que les pays ont la tâche de consolider l'intégration au sein d'un forum politique fondamental. Elle a souligné que les pays de la région sont à un tournant crucial dans laquelle le développement socio-politique des peuples est un défi pour les gouvernements. Dans son discours d'acceptation, la présidente Bachelet a dit à ceux qui étaient rassemblés que le Chili assumerait la tâche de secrétariat du Groupe de Rio à une époque qui marque un tournant dans l'histoire du monde. « La communauté internationale a abandonné l'idée de laisser-faire, l'idée que le marché peut se réguler complètement », dit Bachelet. « Dans les paroles du poète mexicain Octavio Paz, le marché est sans pitié et sans conscience. »

Le sommet a approuvé deux principales déclarations, la Déclaration de Cancun et la Déclaration du Sommet de l'unité, qui établissent les principaux engagements de programmation pour la coordination politique et économique et pour la coopération.

En outre, plusieurs autres documents spéciaux ont été présentés sur les préoccupations suivantes : la coopération migratoire, la solidarité avec Haïti, une déclaration sur les îles Malouines en appui au droit légitime de l'Argentine dans le différend qui l'oppose au Royaume-Uni, une résolution contre le blocus économique, commercial et financier que le gouvernement des États-Unis a maintenu contre Cuba depuis presque 50 ans, ainsi qu'une déclaration félicitant le Guatemala pour le résultat des enquêtes menées par la Commission internationale contre l'impunité. De même, la réunion a adopté une résolution soutenant l'engagement de l'Équateur de ne pas exploiter 846 millions de barils de pétrole qui sont enfouis dans le sous-sol du Parc national Yasuni. Et un autre document exprime la solidarité des participants avec l'Équateur après que le Groupe d'action financière sur le blanchiment des capitaux l'ait inclus, dans une manoeuvre de manipulation, de la liste des pays qui n'ont pas réussi à traiter de manière adéquate du blanchiment d'argent et du financement du terrorisme. Également à l'ordre du jour : un débat sur le statut du Honduras au sein du Groupe de Rio et de l'organisation qui lui succède en raison de l'illégitimité de l'actuel régime de Porfirio Lobo mis en place par le coup d'État.

L'engagement ferme envers la reconstruction d'Haïti dans le respect de sa souveraineté

Dans son discours d'ouverture au sommet, le président Calderón a décrit les travaux pour reconstruire Haïti comme « la cause de toute l'Amérique latine et les Caraïbes ». Il a remercié le président Préval d'Haïti (un membre du Groupe de Rio et de la CARICOM) d'avoir pris le temps de venir à la conférence alors qu'il y a tant de besoins urgents à combler dans son pays.

Le dimanche, le Mexique a accueilli un sommet avec les dirigeants de la CARICOM, où Préval a exprimé aux pays membres ses remerciements pour leur soutien. Il a indiqué que le bilan des victimes du séisme pourrait atteindre 300 000 et qu'avec la venue de la saison des pluies, un toit pour les 1,5 millions de sans abris est la plus grande priorité en Haïti.

La présidente Bachelet, en acceptant le secrétariat du Groupe de Rio, a fait remarquer : « Nous nous efforçons tous de faire face à la situation difficile dans un de nos pays membres, en Haïti. » Bachelet a ajouté que l'organisme veillerait à ce que la nation soit reconstruite mieux qu'avant, « comme tous les Haïtiens le méritent ».

Le président Da Silva a appelé à renforcer la solidarité et le soutien concret pour Haïti, faisant observer que, même avant le tremblement de terre, le pays était déjà confronté à d'énormes problèmes structurels.

Le président cubain Raúl Castro a déclaré que la reconstruction d'Haïti exige et mérite à long terme une aide internationale de grande envergure et que l'aide doit être désintéressée, dans le respect absolu de la souveraineté du pays et de son gouvernement et se faire sous l'autorité des Nations unies.

Il a cité l'exemple de la solidarité de Cuba, qui a collaboré en Haïti pendant plus de dix ans, au cours desquels ses médecins ont effectué 14 millions de consultations, 200 000 interventions chirurgicales, 100 000 naissances et 45 000 opérations des yeux.

Il a dit que le président Hugo Chávez, avec sa sensibilité particulière et sa générosité, ainsi que Cuba et d'autres pays de l'Alliance bolivarienne pour les peuples des Amériques, ont l'intention de maintenir et de multiplier leurs efforts.

Les présidents Calderón et Chavez ont chacun déclaré que le regroupement s'engage à fournir de nouveaux fonds pour Haïti. Calderón a noté qu'Haïti pourrait obtenir 25 millions $ de la Banque inter-américaine de développement et de la Société andine de développement, et Chavez a déclaré que la nation insulaire recevrait 30 millions $ directement des membres.

Le blocus des États-Unis contre Cuba est dénoncé

Le président Castro a exprimé la satisfaction de Cuba pour l'approbation du document spécial exigeant la fin du blocus économique, commercial et financier injuste contre Cuba, ainsi que la solidarité qui a été exprimée à l'égard de son pays, lors du sommet. Le ministre cubain des Affaires étrangères Bruno Rodriguez, qui faisait partie de la délégation de Cuba au Sommet, a déclaré : « Il y a une position unanime de tous les pays d'Amérique latine et les Caraïbes condamnant le blocus des États-Unis contre Cuba et ils invitent instamment le gouvernement des États-Unis de le lever immédiatement. »

Dans ses remarques de clôture, le président Da Silva a aussi critiqué le blocus des États-Unis contre Cuba et s'est dit optimiste quant aux perspectives d'une levée prochaine, comme l'exige la communauté internationale.

Soutien à la revendication argentine sur les Malouines

Lors du premier jour de la rencontre, les participants au Sommet de l'unité ont donné leur appui à la revendication de l'Argentine à la souveraineté des îles Malouines (également connues comme les îles Falkland) et a rejeté l'exploitation par le Royaume-Uni des ressources pétrolières de la région. « Il continue d'y avoir violation systématique du droit international qui devrait être respecté par tous les pays », a déclaré la présidente argentine Cristina Fernandez, qui s'exprimait à la plénière du sommet. « Au nom de notre gouvernement et de mon peuple, je veux exprimer mes remerciements pour l'appui que cette réunion a donné à nos revendications. »


Buenos Aires, Argentine, le 23 février 2010: manifestation contre l'exploration pétrolière britannique dans les îles Malouines. On peut lire sur une des pancartes « Britanniques, hors des îles Malouines »

Fernandez a ajouté que son pays poursuivra ses efforts pour s'assurer que le Royaume-Uni respecte toutes les résolutions réaffirmant la souveraineté de l'Argentine sur l'archipel du sud qui, en 1833, a été ravi à ce pays sud-américain par la force. Elle a souligné que le déploiement dans les îles Malouines de la plate-forme de forage pétrolier Ocean Guardian, appartenant à la firme britannique Desire Petroleum, « est une violation de toutes dispositions antérieures des Nations unies ».

Plusieurs intervenants à la première session ont exprimé leur solidarité avec ce pays d'Amérique du Sud quant à la décision unilatérale du Royaume-Uni de s'engager dans la prospection pétrolière de la région. « C'est l'une des manifestations les plus évidentes de néo-colonialisme », a déclaré le président Chavez. Le président de la Bolivie Evo Morales s'est également prononcé en faveur de la juste revendication de l'Argentine.

Le président Da Silva a souligné qu'il était nécessaire d'exiger que les Nations unies rouvrent le débat sur les îles Malouines. Il a également exhorté les Nations unies à entreprendre son mandat de manière démocratique et de prendre la décision qui se doit sur les îles Malouines, qui « sont et doivent être argentines ».

L'exclusion du Honduras

Concernant l'absence du Honduras au sommet, le président Da Silva a dit que ce pays n'a pas été invité parce qu'il ne dispose pas de représentant légitime.

« Le Honduras n'est pas là, et n'y sera pas, pour une raison simple, parce que même si les Honduriens sont allés aux urnes, ils y ont été appelés sur la base de couper court au mandat présidentiel d'un homme [le président Zelaya] qui a été démocratiquement élu. Nous ne pouvons accepter que ces expériences de juntes militaires au Honduras prévalent dans d'autres pays latino-américains et caribéens », a souligné le président du Brésil.


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Evo Morales aux peuples du Mexique

«Nous avons tous la responsabilité
de sauver l'humanité»

À l'invitation de l'Ambassade de l'État Plurinational de Bolivie, du gouvernement de la ville de Mexico, de la mairie de Coyoacan et des Comités de solidarité avec le peuple de Bolivie de plusieurs États du Mexique, plus de 10 000 personnes se sont rendues participer à « La rencontre avec la Bolivie », thème de l'acte de bienvenue organisé pour le président de la Bolivie, Evo Morales, le dimanche 21 février dernier.

L'activité avait pour but de permettre la rencontre entre Evo Morales et les mouvements sociaux, les organisations autochtones, comités de solidarités, secteur des travailleurs, populaires, universitaires et la gauche mexicaine. En attendant l'arrivée du président Morales, les milliers de participants ont assisté à un programme culturel haut en couleur comme en allégresse. Plusieurs ensembles autochtones de danseurs et de musiciens boliviens et mexicains ont présenté un spectacle reflétant la lutte des peuples autochtones de Bolivie et du Mexique contre la domination espagnole puis étasunienne.

Plusieurs personnalités marquantes de la vie politique mexicaine ont pris la parole pour souhaiter la bienvenue au président Morales, tous et chacun soulignant l'importance que représente pour les peuples autochtones des Amériques, comme pour le mouvement anti-impérialiste, sa réélection en tant que premier président autochtone à être élu et à écouter et servir les intérêts des nations autochtones de Bolivie et espoir pour tous les peuples autochtones du monde .

Prenant la parole pour saluer la foule, Evo Morales a commencé par répondre aux représentants des peuples autochtones du Mexique qui lui demandaient comment, à titre de leader des peuples autochtones du monde, il pensait que ces derniers devaient faire pour arriver à se faire entendre de ceux qui occupent le pouvoir politique dans leur pays. Il a dit : « En s'organisant et en s'unissant. Nous avons fait l'expérience de militer dans le mouvement social, puis autochtone, puis syndical et finalement nous avons dû reconnaître que ce n'était pas suffisant. Sans avoir le pouvoir entre nos mains, nos droits ne pouvaient être respectés. Nous avons donc décidé d'aller dans la lutte électorale et prendre le pouvoir politique. » Poursuivant, il a souligné que cela n'a pas été facile, que de 1995 à sa première élection en 2005, il a été victime d'une campagne de dénigrement et d'humiliation intense, il a été accusé d'être un narcotrafiquant, un terroriste, un communiste, un ignorant, un illettré au point où le soir suivant sa désignation par les organisations autochtones comme candidat présidentiel en 2002, il se demandait comment un tel individu pourrait être élu président. Puis le lendemain matin, ils ont entrepris la campagne en s'alliant avec les communistes, les socialistes, les travailleurs, le mouvement social et toutes les forces démocratiques du pays. Puis il a mentionné que oui, la Bolivie était libérée, et qu'il allait parler pour la défense des nations autochtones, de la Terre Mère et de la libération de l'impérialisme américain dans le monde, mais que tous ont la responsabilité de sauver l'humanité et que, pour cela, il faut immédiatement s'organiser et s'unir.

Mentionnant les réalisations de son gouvernement, il a précisé que ce qu'il a appris des quatre premières années était à écouter et écouter encore les demandes et préoccupations des sections du peuple, autant les autochtones que les travailleurs, les intellectuels, les gens de l'éducation, de la santé, pour ainsi prendre les mesures nécessaires pour y répondre et servir leurs intérêts. C'est pourquoi, dit-il, « nous n'avons pas eu peur de nationaliser le gaz, nous n'avons pas eu peur de récupérer nos mines d'argent et ainsi réaliser un surplus budgétaire en un an de pouvoir », mettant fin à plus de 66 années de déficit continuel.

S'adressant à la question économique, il a souligné que les peuples n'avaient rien de bon à attendre du système capitaliste, que les droits à l'éducation, à la santé, aux choses de bases pour le bien-être ne pouvaient être réalisés sous le capitalisme, que ce système était la cause de leur rébellion à la défense de leur bien-être et c'est pourquoi son gouvernement est engagé dans ce qu'il appelle le développement d'un socialisme communautaire.

Il a poursuivi en soulignant la nécessité de jeter les impérialistes américains hors d'Amérique latine, de faire en sorte de les peuples puissent vivre sans l'ingérence, la menace et l'agression des impérialistes américains et de leurs institutions comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. La Bolivie vit sans cela et s'en porte beaucoup mieux et tous doivent arriver à le vivre également, a-t-il dit. Il faut empêcher les coups d'État comme au Honduras et les menaces que cela représente contre les gouvernements progressistes d'Amérique latine.

Il a salué Cuba et Fidel Castro pour leur courage et détermination à poursuivre la révolution cubaine, contre le blocus étasunien et la défense du droit à la souveraineté, et il a salué le président Hugo Chavez et tous les autres dirigeants de gouvernements progressistes récemment élus en Amérique latine. Il a terminé en saluant les forces révolutionnaires et progressistes du Mexique et soulevé la foule en scandant : « Bientôt Mexico sera libre. »

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Cuba

Déclaration du ministère des Relations extérieures
sur les pourparlers avec les États-Unis
en matière de migration

Comme cela avait été annoncé en temps utile, le 19 février 2010, de nouvelles conversations migratoires ont eu lieu à La Havane avec le gouvernement des États-Unis.

De la même manière que lors des séances qui ont eu lieu à New York, les conversations ont aussi porté sur d'autres sujets. À cette occasion la délégation de Cuba a réitéré les propositions faites en juillet à la partie étasunienne, propositions ayant trait à la coopération dans la lutte contre le trafic de stupéfiants, le terrorisme et le trafic de personnes, à la protection de l'environnement et à l'affrontement des désastres naturels. Nous avons en particulier exprimé notre disposition à signer avec le gouvernement des États-Unis un accord pour la lutte contre le trafic de stupéfiants, sur la base du projet présenté récemment par Cuba, en janvier 2010, par les voies diplomatiques.

De surcroît, la délégation de Cuba a rappelé les sujets essentiels qui devraient être abordés dans un processus éventuel de dialogue destiné à améliorer les relations : la levée du blocus économique, commercial et financier ; l'exclusion de Cuba de la liste bâtarde de pays terroristes ; l'abrogation de la Loi d'Ajustement cubain et la « politique de pieds secs / pieds mouillés » ; le dédommagement pour les dommages économiques et humains, la restitution du territoire occupé par la Base navale de Guantanamo ; la fin des agressions radio-télévisuelles des États-Unis contre Cuba, et la fin du financement de la subversion intérieure.

La délégation cubaine a abordé à fond un point de ce programme qu'elle tient pour essentiel : la demande de libération des Cinq Cubains qui subissent, depuis onze ans, une incarcération injuste aux États-Unis pour avoir lutté contre le terrorisme.

Contrairement à l'esprit de coopération et de volonté d'entente affiché par la partie cubaine, une fois les conversations migratoires terminées, la délégation étasunienne a convoqué quelques dizaines de ses mercenaires qu'elle a elle-même transportés à la résidence du Chef de la SINA, démontrant une nouvelle fois qu'elle se soucie davantage de soutenir la contre-révolution et de promouvoir la subversion pour détruire la Révolution cubaine que d'instaurer un climat conduisant à la solution réelle des problèmes bilatéraux. Ces éléments contre-révolutionnaires bénéficient d'une partie des plus de 20 millions de dollars qui ne restent pas à Miami et que le gouvernement des États-Unis consacre annuellement au travail de déstabilisation et de subversion contre Cuba.

Dès le jour même de son arrivée au pays, le chef de la délégation étasunienne avait été averti par le ministère des Affaires étrangères de notre refus de le voir profiter de son bref séjour pour organiser un événement provocateur, éloigné de l'esprit des conversations migratoires.

Par cette conduite offensante envers les autorités et le peuple cubains, le gouvernement étasunien confirme qu'il maintient les instruments de la politique subversive contre Cuba et il manifeste son manque de volonté réelle pour améliorer les relations avec notre pays et pour abandonner les actes d'ingérence grossière qui ont constitué, historiquement, le plus grand obstacle à la normalisation des relations entre les deux pays.

Le ministère des Relations extérieures réitère la disposition déjà exprimée par le gouvernement cubain de soutenir un dialogue respectueux sur n'importe quel sujet avec le gouvernement des États-Unis, sur un pied d'égalité, sans aucune atteinte à son indépendance, à sa souveraineté et à son autodétermination.

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