Le Marxiste-Léniniste

Numéro 35 - 20 février 2010

Le concept étasunien
de supériorité militaire absolue

Le concept étasunien de supériorité militaire absolue
Sur ordonnance de Hillary Clinton: Faire de la planète un protectorat de l'OTAN - Rick Rozoff, Stop NATO

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Le concept étasunien
de supériorité militaire absolue

L'insoutenabilité des dépenses militaires crée beaucoup d'inquiétudes dans certains cercles aux États-Unis de nos jours. Or, ce n'est pas le coût de la guerre ou la place que l'armée occupe dans les affaires politiques, économiques et sociales des États-Unis qui doit nous préoccuper, quand on sait que l'empire américain se livre depuis le début à des guerres incessantes pour la conquête du monde. L'empire repose essentiellement sur l'existence d'une force militaire supérieure à celle de tout ennemi. C'est le concept de l'absolutisme : la supériorité absolue non seulement sur le plan militaire, mais aussi en idéologie, en pensée. Les « valeurs » étasuniennes doivent être perçues comme étant supérieures à toutes les autres. Quelle était l'essence de la supériorité militaire absolue sur toutes les nations autochtones, avec leur extermination et le vol de leurs terres, sinon la supériorité absolue de l'homme européen réalisée en chair et en os sur le continent américain ? Le concept de supériorité militaire absolue et de supériorité idéologique absolue est cruciale pour le maintien et l'expansion de l'empire américain. Celui-ci ne peut exister que dans une condition d'absolutisme militaire et idéologique. Il doit écraser sous le poids de leur absolutisme tous les autres peuples et nations, y compris leur matériel de pensée antique et contemporain.

Les Étasuniens préoccupés par les coûts de la guerre, qui contestent sérieusement le rôle de cette armée aux États-Unis et dans le monde, doivent d'abord contester les fondements politique, culturel, social et idéologique des États-Unis. Les États-Unis sont devenus un empire impérialiste mondial par l'exploitation débridée de l'humanité et de la Terre Mère. L'armée est une de ses composantes essentielles. La glorification de cette armée est intimement liée à la glorification de l'empire et du fondement idéologique de cet empire basé sur la supériorité sur tous les autres. Cela a commencé avec le général George Washington et cela va continuer tant qu'il n'aura pas fait place à un fondement nouveau.

La plus grande victoire des États-Unis militaristes fut la défaite et l'occupation du Japon militariste. C'est la conquête de l'Est asiatique qui a permis de faire de l'empire américain la plus grande puissance impérialiste agressive dont le monde ait jamais été accablé. Si ceux qui sont préoccupés par le coût de la guerre aux États-Unis désirent faire une contribution aux peuples du monde, ils doivent contester leur propre pensée, rejeter le fondement idéologique de l'empire, s'unir aux peuples du monde qui résistent à l'empire par le sang et par tout leur être et participer à des actes conscients pour renverser la dictature de la classe capitaliste monopoliste des États-Unis.

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Sur ordonnance de Hillary Clinton:
Faire de la planète un protectorat de l'OTAN


Manifestations mondiales condamnant l'OTAN à l'occasion du 60e anniversaire de sa création en 2009.

La secrétaire d'État des États-Unis, Hillary Clinton, était très active à Londres et à Paris la semaine dernière à promouvoir le nouvel ordre du jour euro-atlantique à l'intention de la planète.

En tant que principale porte-parole de la politique étrangère des États-Unis, ou ce que son commandant-en-chef, Barack Obama, le 10 décembre, se plaisait à appeler l'unique superpuissance militaire au monde, Hillary Clinton n'est pas une ministre des Affaires étrangères comme les autres. Son poste est plutôt un amalgame de postes provenant d'anciennes époques historiques : vice-roi, proconsul, nuncio impérial.

Lorsqu'une secrétaire d'État étatsunienne parle, le monde entier doit s'arrêter pour écouter. Toute nation qui refuse de le faire subira les conséquences de ce manque d'attention, de ce manque de respect envers l'imperatrix mundi.

Le 27 janvier, elle était à Londres pour une conférence sur le Yémen et le lendemain, elle participait à la Conférence internationale sur l'Afghanistan dans la même ville.

Aussi, le 28, Clinton et le deux-tiers de ses homologues du quadrangle de l'OTAN, le secrétaire britannique des Affaires étrangères, David Miliband, et le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner (y inclus la Haute Représentante de l'Union européenne (UE), Catherine Ashton), ont émis un verdict conjoint sur l'état de la démocratie au Nigéria, qui fut jadis une possession coloniale de la Grande-Bretagne.

Ensuite, elle a traversé la Manche et a livré, le 29 janvier, un discours, Commentaires sur l'avenir de la sécurité européenne, à l'École militaire à Paris. Cette présentation fut la composante la plus substantielle de son voyage d'agrément de trois jours en Europe et la seule dont le sujet fut principalement sur le continent lui-même. Ses commentaires précédents, eux, portaient sur des pays perçus par les États-Unis et par leurs partenaires de l'OTAN de l'Europe occidentale comme étant des régions arides, arriérées et ingouvernables. Le reste du monde, quoi.

Lors de son séjour à Paris, Clinton a organisé une conférence de presse conjointe avec son homologue Kouchner et elle a dit : « Nous avons discuté des conclusions émanant des réunions de Londres sur le Yémen et l'Afghanistan. Nous avons beaucoup de pain sur la planche. Nous apprécions énormément l'appui de la France dans le déploiement d'une mission policière européenne pour appuyer l'OTAN dans ses efforts pour la formation de policiers.

« Nous serons en consultations toujours plus étroites. Notre travail en Afrique est d'une importance particulière. J'applaudis la France d'avoir rétabli des relations diplomatiques avec le Rwanda et j'apprécie aussi grandement le travail de Bernard et du gouvernement ici en Guinée et dans d'autres continents africains. »[1]

Le Rwanda et la Guinée (Conakry) sont d'anciennes colonies françaises.

Deux jours plus tôt, elle avait aussi fait une sortie conjointe à Londres avec le secrétaire britannique aux Affaires étrangères, David Miliband, et le ministre des Affaires étrangères du Yémen, Abu Bakr Abdullah al-Qirbi. Le Yémen est une ancienne colonie britannique. À la conférence de Londres du 27 janvier, le ministre des Affaires étrangères de la royauté de l'Arabie saoudite, le prince Saud Al-Faisal, y était aussi, mais pas le secrétaire général, Amr Moussa, ni aucun autre représentant de la Ligue arabe ou de ses 22 membres.

Pour les gouvernements de Barack Obama et de Gordon Brown, la présence du ministre des Affaires étrangères du gouvernement impopulaire du Yémen était suffisante. C'est pour ce gouvernement que les États-Unis mènent une guerre discrète – et moins discrète - et le protègent contre l'opposition populaire dans le nord et dans le sud du pays. Aussi, c'est le même ministre qui bombarde présentement des villages et qui tue des centaines de civils au nord du pays. Une telle guerre sur la péninsule arabique, dont les trois principaux belligérants sont le gouvernement du Yémen, l'Arabie saoudite et les États-Unis, ne semble pas assez importante aux yeux de Washington et de Londres pour qu'ils ressentent le besoin de consulter les vingt autres pays arabes.

Les commentaires de Clinton pour l'occasion furent exactement ce qu'il fallait pour obscurcir la véritable situation au Yémen et pour promouvoir la campagne militaire que son pays y mène : « Les États-Unis intensifient leurs efforts de sécurité et de développement au Yémen. Nous voilà encouragés par les récents efforts du gouvernement du Yémen contre Al Qaïda et contre d'autres groupes extrémistes. Il poursuit sans relâche les terroristes qui menacent non seulement le Yémen et toute la région du Golfe, mais aussi Londres et notre pays, les États-Unis. »[2]

Larguer des bombes sur des civils chiites au nord du pays et avoir recours à l'intervention « diplomatique » préférée des quatre derniers secrétaires d'État des États-Unis – les missiles de croisière – au sud, pour protéger Londres contre Oussama ben Laden, voilà une autre illustration de ce qu'on fait en l'absence d'un corps diplomatique formel.

Du même souffle, Clinton a ajouté que « le peuple du Yémen mérite de déterminer son propre avenir », alors que ce n'est pas du tout ce qu'elle a en tête.

Elle a su reconnaître que « le mouvement de protestation de longue date se poursuit » dans le sud et que les combats dans le nord « ont fait plusieurs milliers de morts et plus de 200 000 personnes déplacées » – sans mentionner les assauts armés des Saoudiens au nord ni les lancements de missiles de croisière par les États-Unis au sud. Elle s'est concentrée uniquement sur « les extrémistes qui incitent à la violence et qui infligent des blessures ». Les bombes étatsuniennes et les missiles, comme de raison, sont non-violents et sécuritaires selon la vision étatique du « nous contre eux » de madame la secrétaire.

Clinton n'a pas raté l'occasion de rabrouer le client de son pays, le président du Yémen, Ali Abdullah Saleh (« Nous devons travailler en partenariat si nous voulons des conditions gagnantes ») pour son échec à « protéger les droits humains, à faire progresser l'équité sexuelle, à construire des institutions démocratiques et l'État de droit » de façon adéquate. Les États-Unis pourraient étendre leur guerre afghane-pakistanaise jusqu'à la péninsule arabe ainsi qu'à la Corne de l'Afrique[3] à titre d'appui nominal au chef d'État du Yémen et de ses homologues somaliens, le président Sheik Sharif Sheik Ahmed, à condition que ceux-ci et leurs semblables – Hamid Karzaï, en Afghanistan, et Asif Ali Zardari, au Pakistan – n'oublient pas pour un seul instant qui mène et qui fixe les règles du jeu.

La secrétaire d'État n'avait rien à dire au sujet des conditions des droits humains, d'équité sexuelle, etc., en Arabie saoudite et chez d'autres vassaux militaires des États-Unis dans le Golfe persique. Des monarchies médiévales et des autocraties héréditaires qui sont l'hôte de bases militaires étatsuniennes, qui achètent à coup de milliards les armes modernes des Raytheon, Lockheed Martin et Northrop Grumman, et qui abritent la Cinquième Flotte des États-Unis, ne sont pas la cible d'homélies sur les droits humains et sur les « institutions démocratiques ».

Lors de la conférence de Londres sur l'Afghanistan, Clinton, accompagnée des ministres des Affaires étrangères de deux principaux maîtres coloniaux, David Miliband de la Grande-Bretagne et Bernard Kouchner de la France, a aussi fait la leçon au gouvernement du Nigéria, lui ordonnant de s'adresser à « la réforme électorale, aux programmes post-amnistie dans le Niger du delta, au développement économique, à la discorde religieuse et au problème de transparence ».[4]

Lors de la conférence du 28 janvier sur l'Afghanistan, à laquelle ont participé tous les 28 ministres des Affaires étrangères de l'OTAN et de dizaines de partenaires subalternes de l'OTAN qui ont des troupes dans la zone de guerre sud-asiatique – la « communauté internationale », selon la définition de l'Occident –, Clinton a félicité les alliés et satrapes du Pentagone :

« Je pense que nous sommes témoins d'un défi mondial et d'une riposte mondiale. Je tiens à remercier particulièrement les pays qui ont engagé des troupes additionnelles, avec en tête notre pays hôte, le Royaume-uni, mais aussi l'Italie, l'Allemagne et la Roumanie. »[5]

Elle voudra sans doute davantage de troupes dans un avenir rapproché pour un conflit beaucoup plus vaste que celui dans lequel les États-Unis et l'OTAN sont présentement engagés en Afghanistan, au Pakistan, au Yémen et en Somalie, si on se fie aux commentaires suivants :

« Aussi ai-je eu l'occasion de discuter du refus de l'Iran de discuter avec la communauté internationale de son programme nucléaire. Il continue de violer les conditions de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et du Conseil de sécurité.

« Les révélations au sujet d'une installation nucléaire secrète à Qom soulèvent encore plus de questions au sujet des intentions de l'Iran. Le gouvernement iranien a répondu par une série de menaces concernant d'autres infractions aux normes nucléaires internationales. L'approche de l'Iran nous laisse peu de choix sinon de travailler avec nos partenaires dans le but d'exercer encore plus de pression... »

Washington et ses principaux partenaires, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne, ainsi que ses divers alliés internationaux – ces puissances nucléaires délinquantes comme l'Inde, Israël et le Pakistan (qui savent avec qui s'aligner et de qui acquérir leurs armes) en font partie – imposent les conditions sur toutes questions, que ce soit la tenue d'élections ou quel pays peut développer un programme nucléaire civil. Tout pays exclu des communautés « euro-atlantiques » et « internationales » subira la censure, les menaces, de « plus grandes pressions » et, ultimement, l'assaut militaire.

Ensemble, les États-Unis, avec sa population de 300 millions, et l'Union européenne, avec sa population de 500 millions, ne représentent même pas un huitième de la population mondiale. Pourtant, ces deux pays, dont l'aile militaire est l'OTAN, tiennent des « conférences internationales » sur l'Asie, le Moyen-Orient et d'autres régions du monde et se permettent de livrer des ultimatums à toutes autres nations.

À titre d'exemple récent, le New York Times a rapporté que « la secrétaire d'État Hillary Rodham Clinton a livré un avertissement à la Chine (le 29 janvier) à l'effet que celle-ci subirait l'insécurité économique et l'isolement diplomatique si elle n'approuvait pas de nouvelles sanctions plus dures contre l'Iran pour son programme nucléaire, tentant d'exercer plus de pression sur Beijing pour qu'il intègre une campagne dirigée par les États-Unis. »[6] Le jour même, « l'administration Obama informait le Congrès qu'il allait poursuivre son plan de compléter cinq transactions de ventes d'armes avec Taïwan pour un total de 6,4 milliards $. La transaction d'armes inclut 60 hélicoptères Black Hawk, des missiles d'interception Patriot, des missiles Harpoon de pointe à cibles terrestres ou maritimes ainsi que deux détecteurs de mines remis à neuf. »[7]

Clinton s'est jointe à ceux qui, aux États-Unis, sermonnent la Chine depuis qu'elle a accédé à son poste l'an dernier, allant jusqu'à soulever, en mai, le spectre d'une influence chinoise en Amérique latine.

La Chine n'est pas l'Afghanistan, ni le Yémen. La politique étrangère de la génération précédente caractérisée par l'arrogance et la mégalomanie de l'Occident, avec ses guerres dans le sud-est de l'Europe, dans le sud de l'Asie et au Moyen-Orient, se dirigerait donc vers des eaux beaucoup plus houleuses.

La mégalomanie, l'arrogance et une impression d'impunité aveuglent ceux-là qui en sont affligés, qu'il s'agisse d'individus ou de nations.

Il n'y a pas d'exemples plus clairs que les commentaires de la secrétaire Clinton à Paris, le 29 janvier.

Exprimant la conception du monde de ceux qu'elle représente – que les États-Unis et l'Europe sont les métropoles incontestables et les maîtres de droit de la planète –, dans son discours Clinton déclare d'emblée : « Je suis heureuse de pouvoir de discuter d'une question de grande conséquence pour les États-Unis, la France et tous les pays de ce continent et bien au-delà de ses frontières : l'avenir de la sécurité européenne. »[8]

Bref, les États-Unis s'arrogent la prérogative non seulement de se prononcer avec autorité sur le sujet de la sécurité d'un continent à une distance de 5 500 km de ses côtes, mais d'intervenir partout dans le monde sous prétexte de défendre cette sécurité.

Voulant flatter ses hôtes, elle dit plus loin : « En tant que membres fondateurs de l'alliance de l'OTAN, nos pays ont travaillé côte à côte pendant des décennies pour construire une Europe forte et sécuritaire et pour défendre et promouvoir la démocratie, les droits humains, l'État de droit. Et je suis ravie que nous travaillions encore plus étroitement, maintenant que la France participe pleinement à la structure de commande intégrée de l'OTAN. Je tiens à remercier le président Sarkozy pour son leadership et j'anticipe de bénéficier des conseils de nos collègues français dans la planification de l'avenir de l'OTAN. »

Le discours de Clinton à Paris était parsemé de phrases comme « défendre et promouvoir la démocratie, les droits humains et l'État de droit », rappelant presque mot pour mot ce qu'elle avait dit deux jours plus tôt en référence au Yémen.

Ces mots ont été tellement ternis et rabaissés par un usage abusif – particulièrement pour justifier la guerre – qu'ils sont sur le point de perdre leurs lettres de noblesse et de dégénérer en abstractions suspectes.

Pire encore, ce sont des incantations qu'on utilise pour se louer soi-même du simple fait que nous sommes seuls à les posséder et pour fustiger les autres qui ne les auraient pas. (« Notre travail va aussi au-delà de l'Europe... des gens en Europe et aux États-Unis parlent d'une seule voix pour dénoncer les flagrantes violations des droits humains en Iran. » Mais non en Arabie saoudite, au Sahara occidental, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, ni au Kosovo, en Estonie et en Lettonie depuis leur « indépendance », etc.)

Le discours de Clinton contenait les termes et les phrases suivants dans l'ordre qui suit :

démocratie, droits humains, État de droit
unité, partenariat, paix
progrès mondial
réconciliation, coopération, communauté
sécurité et notre prospérité
l'importance de la liberté
paix et sécurité
développement, démocratie et droits humains
potentiel humain
institutions démocratiques et État de droit
progrès et stabilité
démocratie et stabilité
des gouvernements responsables et efficaces
développement économique et démocratique
élargissement des possibilités
développement et plus grande stabilité
défendre et promouvoir les droits humains
paix, opportunité et prospérité
défendre et faire progresser nos valeurs dans le monde
une Europe transformée, en sécurité, démocratique, unifiée et prospère

La dernière phrase est une variante d'une Europe intègre et libre[9] d'abord mise de l'avant par le président George H. W. Bush en 1989 quand il lançait son soi-disant nouvel ordre mondial.

Comme nous allons le voir dans d'autres extraits (et par le lieu et le contexte), Clinton utilise ces expressions à la fois pour se féliciter soi-même et pour mettre en relief l'absence supposée de ces qualités dans le monde étranger à la communauté euro-atlantique ainsi qu'à ses alliés approuvés ailleurs. Abordant à nouveau le thème de la supériorité de l'Occident et la nécessité d'imposer le modèle euro-atlantique à d'autres, elle a dit : « La sécurité européenne affecte non seulement les nations prises individuellement mais le monde entier. Elle est, après tout, plus qu'une collection de pays liés par l'histoire et la géographie. C'est un modèle de la puissance transformatrice de la réconciliation, la coopération et la communauté. »

Néanmoins, « beaucoup de travail important reste à compléter. La transition à la démocratie n'est que partielle dans certaines régions de l'Europe et de l'Eurasie. » La subjugation des « arrière-pays » de l'Europe occidentale sera explorée plus tard en relation avec ses commentaires sur l'Union européenne et son partenariat à l'est et autres questions connexes.

« Le partenariat transatlantique a été à la fois une pierre d'achoppement pour la sécurité mondiale ainsi qu'une force puissante pour le progrès mondial.

« L'OTAN révise présentement son concept stratégique en préparation pour le sommet de l'alliance à la fin de cette année ici à (inaudible). Je concède qu'il y a beaucoup d'inquiétudes au sujet de menaces stratégiques et comment les confronter. La semaine prochaine, à la conférence sur la sécurité à Munich, des dirigeants de tout le continent examineront les défis urgents relatifs à la sécurité et aux politiques étrangères.

« Les États-Unis aussi étudient depuis quelque temps différentes façons de renforcer la sécurité européenne et par le fait même, notre propre sécurité, et de la développer pour renforcer la sécurité à l'échelle mondiale. »

En ce qui concerne l'élite de législateurs trans-atlantiques, le paragraphe précédent est sans équivoque : l'utilisation du bloc militaire de l'Organisation du traité de l'Atlanque Nord – la vraie base du « partenariat transatlantique » – pour mener la guerre et pour effectivement coloniser les Balkans et s'étendre en Europe de l'Est, avec l'incorporation de douze nouveaux pays, y inclus les anciens membres du Pacte de Varsovie et des républiques soviétiques, est le paradigme mondial de l'Occident pour le XXIe siècle.

Ce mécanisme, qui consiste à utiliser l'Europe comme tremplin pour l'expansion géopolitique de l'OTAN vers l'est et vers le sud, est maintenant à même d'être appliqué à des adversaires beaucoup plus grands que ceux que le bloc a affrontés auparavant :

« La sécurité européenne demeure le pilier de la politique étrangère et de la sécurité des États-Unis. Une Europe forte est d'une importance critique pour notre sécurité et pour notre prospérité. Presque tout ce que nous espérons réaliser à l'échelle mondiale dépend de notre coopération avec l'Europe... Ainsi, nous travaillons avec nos alliés et partenaires pour apporter la stabilité à l'Afghanistan et pour tenter de régler les dangers que posent les ambitions nucléaires de l'Iran. »

« Nous avons sans cesse exhorté la Russie à honorer les conditions de son accord de cessez-le-feu avec la Géorgie, et nous refusons de reconnaître les revendications d'indépendance de la Russie pour l'Abkhazie et l'Ossétie du sud. Plus largement, nous nous objectons à toute réclamation de sphère d'influence en Europe par laquelle un pays pourrait chercher à contrôler l'avenir d'un autre pays. Notre sécurité dépend de la capacité des nations de choisir leur destinée. »

La dernière phrase est exaspérante à l'extrême puisqu'elle est prononcée par une représentante de la politique étrangère d'un pays qui déploie des centaines de milliers de troupes en Afghanistan et en Iraq et qui, avec ses alliés de l'OTAN, a mené une guerre contre la Yougoslavie et a déchiré cette nation.

La phrase précédente est également absurde, Clinton insistant sans cesse sur le droit des États-Unis d'être non seulement un joueur majeur sur le continent européen mais le principal arbitre des politiques militaires, de sécurité, énergétiques et autres, tout en dénonçant la Russie – inutile de la nommer – pour son soi-disant désir d'établir sa « sphère d'influence » dans les États avoisinants.

« La sécurité en Europe doit être indivisible. Depuis trop longtemps, le discours public au sujet de la sécurité en Europe est basé sur des divisions géographiques et politiques. Certains voient le continent même en ce moment comme l'Europe de l'Ouest et de l'Est, Europe l'ancienne et Europe la moderne, l'Europe de l'OTAN et l'Europe sans OTAN, l'Europe de l'UE et l'Europe sans UE. La réalité est qu'il n'y a pas plusieurs Europes, il n'y a qu'une Europe. Et c'est une Europe qui inclut les États-Unis en tant que partenaire... Nous sommes plus près de notre but que jamais, c'est-à-dire le but qui a inspiré les dirigeants et les citoyens européens et étasuniens – non seulement de réaliser une Europe transformée, en sécurité, démocratique, unifiée et prospère, mais une alliance euro-atlantique qui est plus grande que la somme de ses composantes... »

Depuis des décennies, en fait depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les dirigeants étasuniens sont « inspirés » par une vision d'une Europe transformée et unifiée – sous le commandement militaire de l'OTAN, ainsi qu'une union européenne servant en tant que complément civil et de plus en plus militaire de l'Alliance.

« L'OTAN doit rester et restera ouverte à tout pays qui aspire à devenir membre et à respecter les conditions de membership », même en Ukraine ou la majorité écrasante des citoyens s'oppose à l'adhésion au bloc militaire. (« Nous sommes de tout coeur avec le peuple ukrainien qui élira son prochain président la semaine prochaine, un pas important dans l'évolution de l'Ukraine vers la démocratie, la stabilité et l'intégration à l'Europe. Et nous nous dévouons aux efforts pour résoudre des conflits qui persistent, y inclus dans le Caucase et à Chypres. »)

Et une fois un pays incorporé au bloc, même contre la volonté de son peuple, les États-Unis « respecteront fermement l'engagement qui se trouve dans l'article 5 du traité de l'OTAN à l'effet qu'une attaque contre un est une attaque contre tous. Lorsque la France et nos autres alliés de l'OTAN ont invoqué l'article 5 à la suite des attaques du 11 septembre 2001, ce fut une proclamation au monde entier que la promesse que nous nous sommes faite les uns aux autres n'était pas que des paroles... Et pour cela, je vous remercie. Et je vous assure, à vous et à tous les membres de l'OTAN, que notre engagement envers la défense de l'Europe est également inébranlable.

« Comme preuve de cet engagement, nous continuerons de stationner des troupes en Europe, à la fois pour dissuader toute attaque et pour réagir rapidement en cas d'attaque. Nous travaillons avec nos alliés afin d'assurer que l'OTAN ait les plans nécessaires pour répondre à toutes nouvelles éventualités. Nous participons à des discussions productives avec nos alliés européens pour construire une nouvelle architecture de défense anti-missile... »

Washington compte irrémédiablement renforcer l'OTAN davantage le long des frontières avec la Russie – l'Ukraine, la Géorgie, l'Azerbaïdjan et la Finlande – en dépit de malentendus au sein de certains alliés de l'OTAN en Europe, et se servira de l'article 5 de l'Alliance, la clause de guerre, pour « protéger » ces nouveaux postes coloniaux. Il compte aussi entraîner toute l'Europe dans son système mondial d'intercepteur de missiles.

Et ceci se fera, non contre des menaces militaires – il n'existe aucune menace militaire envers aucune nation européenne – mais contre une véritable surabondance de prétextes fantômes, y inclus la « cyber-sécurité » et la sécurité énergétique, deux subterfuges des États-Unis pour l'intervention contre la Russie. Nous avons vu naître toute une gamme de nouveaux subterfuges de l'OTAN grâce à son secrétaire général, le secrétaire général Anders Fogh Rasmussen et sa liste en 17 points présentée l'an dernier[10] : le programme nucléaire de l'Iran, « confronter le non-respect par la Corée du nord de ses obligations internationales ». « gérer des menaces non traditionnelles telles que les pandémies, la guerre cybernétique et le trafic d'enfants » ainsi que « la nécessité d'en faire encore plus, tel qu'en défense de missile, la lutte contre les narcotrafiquants et l'Afghanistan ». Tout et rien, de l'eau au moulin des États-Unis et de l'OTAN.

Comme Clinton l'a exprimé : « Au XXIe siècle, l'esprit de défense collective doit inclure les menaces non traditionnelles. Nous croyons que le nouveau concept stratégique de l'OTAN doit s'adresser à ces nouvelles menaces. La sécurité énergétique est une priorité particulièrement urgente. Les pays vulnérables aux interventions énergétiques risquent de subir non seulement des conséquences économiques mais aussi stratégiques. Et je salue la récente création du Conseil énergétique États-Unis/Union européenne, et nous sommes déterminés à assister l'Europe dans ses efforts pour diversifier ses approvisionnements d'énergie. »

Le terme « diversifier les approvisionnements d'énergie » est un code pour repousser la Russie et empêcher l'Iran de livrer du pétrole ou du gaz naturel en Europe. Si l'inverse était vraie, les États-Unis interpréteraient ces mesures comme un acte de guerre et agiraient en conséquence.

L'expansion mondiale des visées étasuniennes en Europe fut mise encore plus en relief par les commentaires de Clinton à l'effet que « ce partenariat est beaucoup plus qu'un renforcement de notre sécurité. Au coeur de ce partenariat se trouvent la défense et le progrès de nos valeurs dans le monde. Je crois qu'il est particulièrement important aujourd'hui de non seulement défendre ces valeurs dans le monde, mais d'en faire la promotion ; d'indiquer clairement que nous ne sommes pas en mode défensif, mais sur l'offensive. » Plaçant les choses dans une perspective historique, elle a dit : « Nous poursuivons l'effort que nous avons entrepris à la fin de la Guerre froide pour agrandir la zone de démocratie et de stabilité. Nous avons travaillé ensemble cette année pour compléter les efforts entrepris dans les années 90 pour que règnent la paix et la stabilité dans les Balkans. Et nous travaillons de près avec l'Union européenne pour appuyer les six pays avec lesquels l'Union européenne entretient un dialogue par le biais de son initiative de Partenariat de l'Est. »

Le Partenariat de l'Est est un programme de l'Union européenne, lequel programme est soutenu par les États-Unis qui vise à aspirer six des douze anciennes républiques soviétiques, qui formaient jadis le Commonwealth d'États indépendants, dans l'orbite de l'ouest : l'Arménie, l'Azerbaïdjan, le Bélarus, la Géorgie, la Moldavie et l'Ukraine[11]. L'Arménie et le Bélarus sont, comme la Russie, membres de l'Organisation du traité de la sécurité collective, un contrepoids potentiel à la poussée de l'OTAN dans l'ancienne Union soviétique. Avec la Serbie et Chypres, ces nations représentent les derniers obstacles à ce que l'OTAN, et derrière elle, les États-Unis, contrôle une fois pour toutes l'Europe en entier.

Clinton a aussi eu l'audace de soulever les questions du Traité de réduction d'armes stratégiques (START) ainsi que les Forces conventionnelles dans le traité de l'Europe (CFE), START étant expiré depuis le 5 décembre et l'autre, dans sa forme adaptée, qui n'a pas été ratifié par un seul état membre de l'OTAN, lequel – dirigé par les États- Unis – profite de sa suspension pour solidifier sa présence militaire dans les nouvelles nations de l'Europe de l'Est.

« Il y a deux ans, la Russie a suspendu la mise en oeuvre du traité CFE, alors que les États-Unis et nos alliés continuent de l'appliquer. La guerre Russie-Géorgie en 2008 fut plus qu'une tragédie, elle a créé un obstacle de plus à notre progrès... » Les États-Unis et l'OTAN ont justifié leur non-ratification du traité de forces conventionnelles adaptées en Europe en exigeant que la Russie retire un petite poignée de gardiens de la paix qu'elle maintient dans des zones affectées par le conflit, comme en Abkahzie, en Ossétie du sud et en République moldave du Dniestr. Si ces forces avaient été retirées plus tôt grâce à la pression de l'Occident, l'invasion de l'Ossétie du sud par la Géorgie en 2008, en coordination avec une attaque contre l'Abkhazie, aurait sans doute été un succès pour l'armée soutenue par les États-Unis.

En partie, l'interprétation intéressée de Clinton du traité CFE est « le droit de pays hôtes de consentir à la présence de troupes étrangères sur son territoire ». C'est donc dire la présence de troupes des États-Unis et de l'OTAN, mais définitivement pas de la Russie. Aucune sphère d'influence n'est permise dans l'ancien espace soviétique – sauf celle de l'Occident.

Sa compréhension d'une Europe autonome non « assiégée » par la Russie et l'Iran – ainsi que la Corée du nord – inclut la présence non seulement de troupes étasuniennes en territoire européen mais aussi celle d'armes nucléaires, dont des centaines sont toujours installées dans des bases de l'OTAN dans plusieurs pays européens. « Le président Obama a déclaré que son but à long terme était un monde sans armes nucléaires. Aussi longtemps que ces armes existent, les États-Unis maintiendront un arsenal sécuritaire et efficace pour dissuader l'adversaire, et nous garantirons la défense de nos alliés.

« Nous sommes à étudier une révision exhaustive de notre position nucléaire pour planifier une nouvelle voie qui renforce la dissuasion et une nouvelle assurance pour les États-Unis et nos alliés... » Clinton n'a pas précisé quelles nations européennes avaient demandé d'être protégées par le bouclier nucléaire du Pentagone.

Suite à son allocution, Clinton a répondu à des questions provenant de l'auditoire à l'Académie militaire française.

Ses commentaires spontanés furent encore plus révélateurs que son texte officiel.

On peut y entendre :

« En ce qui concerne l'OTAN, je crois qu'une plus grande intégration sur le continent européen est encore plus propice à une plus grande coopération.

« Mais je crois, à la lumière du monde complexe d'aujourd'hui, qu'une coopération plus étroite et une plus grande complémentarité entre l'Union européenne et l'OTAN est dans l'intérêt de tous les partis impliqués si l'on veut forger des politiques communes – des politiques relatives à l'économie, au développement, à la politique et au droit en ce qui concerne l'Union européenne, et relatives principalement à la sécurité en ce qui concerne l'OTAN. Mais comme je l'ai dit dans ma présentation, ces éléments ne sont plus séparés. Il est difficile de dire que la sécurité se limite à ce qu'elle était au moment de la création de l'OTAN, ou que l'Union européenne n'a pas de rôle à jouer dans les questions de sécurité. »

Le nouveau concept stratégique de l'OTAN met l'accent sur l'avancement – voire l'aboutissement – de l'intégration militaire mondiale États-Unis/Union européenne/OTAN.[12]

En ce qui concerne la mise en oeuvre de ce projet, Clinton a soulevé la question des guerres énergétiques. « Cela relèverait de la responsabilité de l'Union européenne de créer des politiques qui assureraient plus d'indépendance et de protection vis-à-vis l'intimidation liée aux marchés énergétiques des pays membres. Mais je constate aussi comment, dans certains cas reliés à l'énergie, il y a possiblement un rôle à jouer par l'OTAN aussi. »

Lorsqu'on lui a posé une question au sujet d'un OTAN mondial s'étendant « allant au-delà des frontières de l'OTAN jusqu'à des pays non occidentaux, y compris des puissances émergentes comme le Brésil, l'Inde, et autres démocraties et si ces derniers pouvaient répondre aux critères », Clinton a dit favoriser une série de partenariats qui s'ajouteraient au Partenariat pour la paix, la Charte adriatique, le dialogue méditerranéen, l'Initiative de coopération d'Istanbul, Pays contact, la Commission militaire trilatérale Afghanistan/Pakistan/OTAN et autres qui comptent plus d'un tiers des nations du monde :

« Comment coopérer, au-delà de distances géographiques, avec des pays dans d'autres hémisphères, aux défis géopolitiques différents ? Et nous en avons un exemple récent vécu avec l'engagement de l'OTAN-ISAF en Afghanistan.

« De plusieurs façons, le succès de cette alliance est tout à fait remarquable. Hier, à la Conférence de Londres sur l'Afghanistan, comme vous le savez, les États-Unis, dirigés par le gouvernement Obama, ont accepté de déployer 30 000 troupes de plus en Afghanistan. Et les pays membres, l'OTAN et l'ISAF – les partenaires internationaux – ont ajouté un total de 9 000 troupes additionnelles... L'OTAN ouvre la voie, mais elle doit déterminer les façons de coopérer avec d'autres. Je pense que le monde dans lequel nous vivons, un monde d'États en faillite, d'acteurs sans-État, de réseaux de terroristes, de régimes délinquants – la Corée du nord étant le meilleur exemple – met la communauté internationale au défi. Et c'est un défi que nous devons relever. Certains peuvent dire que tout ça est trop compliqué, que ce n'est pas dans notre juridiction ni de notre responsabilité. Mais face aux menaces auxquelles nous sommes confrontés, je ne crois pas que ce soit une réponse adéquate.

« Des brèches de sécurité cybernétique, des attaques concertées contre des réseaux et contre des pays, risquent de déborder les frontières. Nous devons savoir comment nous en défendre et nous devons travailler avec des pays qui pensent comme nous. Aussi, avec des problèmes d'énergie, des attaques sur les pipelines, contre des navires d'approvisionnement, contre des installations électriques, de telles activités auront des conséquences bien au-delà des frontières. Et elles ne seront pas que pour les pays de l'OTAN. Les pays membres de l'OTAN partagent des frontières avec des pays non membres. »

Un petit consortium de nations occidentales, deux en Amérique du Nord et 26 en Europe – bien que la grande majorité de celles-ci ne soient que des partenaires serviles – s'est déclaré, dans ses propres intérêts, l'arbitre des affaires mondiales dans tous les domaines : juger de la légitimité politique des gouvernements, de qui reçoit des approvisionnements énergétiques de qui, y compris la question la plus urgente de toutes : à quel moment et contre qui des guerres peuvent être déclarées.[13]

Le discours de Clinton à Paris indique les intentions de son pays d'officialiser ce rôle et d'en accroître l'importance à travers le monde au XXIe siècle.

Notes

1. http ://www.state.gov/secretary/rm/2010/01/136280.htm
2. http ://www.state.gov/secretary/rm/2010/01/135930.htm
3. Les États-Unis, l'OTAN élargissent la guerre afghane jusqu'à la Corne de l'Afrique et l'Océan indien. Stop NATO, le 8 janvier, 2010 http ://rickrozoff.wordpress.com/2010/01/08u-s-nato-expand-a fghan-war-to-horn-of-africa-and-indian-ocean-2
4. http ://www.state.gov/secretary/rm/2010/01/136159.htm
5. http ://www.tate.gov/secretary/rm/2010/01/136159.htm
6. New York Times, 29 janvier 2010
7. New York Times, 30 janvier 2010
8. http ://www.state.gov/secretary/rm/2010/01/136273.htm
9. Berlin Wall : From Europe Whole And Free To New World Order, Stop NATO, 9 novembre 2009 http :rickrozoff.wordpress.com/2009/11/09/berlin-wall-from-e urope-whole-and-free-to-new-world-order
10. Berlin Wall : From Europe Whole And Free To New World Order, Stop NATO, 9 novembre 2009 http ://rickrozoff.wordpress.com/2009/11/09/berlin-wall-euro pe-whole-and-free-to-new-world-order
11. Eastern Partnership : The West's Final Assault On the Former Soviet Union, Stop NATO, 13 février 2009 http ://rickrozoff.wordpress.com/2009/08/26/eastern-partners hip-the-wests-final-assault-on-the-former-soviet-union
12. EU, NATO, US : 21st Century Alliance For Global Domination, Stop NATO, 19 février 2009 http ://rickrozoff.wordpress.com/2009/08/26/eu-nato-us-21st- century-alliance-frr-global-domination
13. EU, NATO, US : 21st Century Alliance For Global Domination, Stop NATO, 19 février 2009 http ://rickrozoff.wordpress.com/2009/08/26/eu-nato-us-21st- century-alliance-for-global-domination

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)

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