La secrétaire d'État des
États-Unis, Hillary Clinton, était très
active
à Londres et à Paris la semaine dernière
à
promouvoir le nouvel ordre du jour euro-atlantique à
l'intention
de la planète.
En tant que principale porte-parole de la
politique
étrangère des États-Unis, ou ce que son
commandant-en-chef, Barack Obama, le 10 décembre, se
plaisait
à appeler l'unique superpuissance militaire au monde,
Hillary
Clinton n'est pas une ministre des Affaires
étrangères
comme les autres. Son poste est plutôt un amalgame de
postes
provenant
d'anciennes époques historiques : vice-roi,
proconsul,
nuncio impérial.
Lorsqu'une secrétaire d'État
étatsunienne parle, le monde entier doit s'arrêter
pour
écouter. Toute nation qui refuse de le faire subira les
conséquences de ce manque d'attention, de ce manque de
respect
envers l'imperatrix mundi.
Le 27 janvier, elle était à Londres
pour
une conférence sur le Yémen et le lendemain, elle
participait à la Conférence internationale sur
l'Afghanistan dans la même ville.
Aussi, le 28, Clinton et le deux-tiers de ses
homologues
du quadrangle de l'OTAN, le secrétaire britannique des
Affaires
étrangères, David Miliband, et le ministre
français des Affaires étrangères, Bernard
Kouchner
(y inclus la Haute Représentante de l'Union
européenne
(UE), Catherine Ashton), ont émis un verdict conjoint sur
l'état de la
démocratie au Nigéria, qui fut jadis une possession
coloniale de la Grande-Bretagne.
Ensuite, elle a traversé la Manche et a
livré, le 29 janvier, un discours, Commentaires sur
l'avenir
de la sécurité européenne, à
l'École militaire à Paris. Cette
présentation fut
la composante la plus substantielle de son voyage
d'agrément de
trois jours en Europe et la seule dont le sujet fut
principalement sur
le
continent lui-même. Ses
commentaires précédents, eux, portaient sur des
pays
perçus par les États-Unis et par leurs partenaires
de
l'OTAN de l'Europe occidentale comme étant des
régions
arides, arriérées et ingouvernables. Le reste du
monde,
quoi.
Lors de son séjour à Paris, Clinton
a
organisé une conférence de presse conjointe avec
son
homologue Kouchner et elle a dit : « Nous avons
discuté des conclusions émanant des réunions
de
Londres sur le Yémen et l'Afghanistan. Nous avons beaucoup
de
pain sur la planche. Nous apprécions
énormément
l'appui de la France dans
le déploiement d'une mission policière
européenne
pour appuyer l'OTAN dans ses efforts pour la formation de
policiers.
« Nous serons en consultations toujours
plus
étroites. Notre travail en Afrique est d'une importance
particulière. J'applaudis la France d'avoir rétabli
des
relations diplomatiques avec le Rwanda et j'apprécie aussi
grandement le travail de Bernard et du gouvernement ici en
Guinée et dans d'autres continents
africains. »[1]
Le Rwanda et la Guinée (Conakry) sont
d'anciennes
colonies françaises.
Deux jours plus tôt, elle avait aussi fait
une
sortie conjointe à Londres avec le secrétaire
britannique
aux Affaires étrangères, David Miliband, et le
ministre
des Affaires étrangères du Yémen, Abu Bakr
Abdullah al-Qirbi. Le Yémen est une ancienne colonie
britannique. À la conférence de Londres du 27
janvier, le
ministre des
Affaires étrangères de la royauté de
l'Arabie
saoudite, le prince Saud Al-Faisal, y était aussi, mais
pas le
secrétaire
général, Amr Moussa, ni aucun autre
représentant
de la Ligue arabe ou de ses 22 membres.
Pour les gouvernements de Barack Obama et de
Gordon
Brown, la présence du ministre des Affaires
étrangères du gouvernement impopulaire du
Yémen
était suffisante. C'est pour ce gouvernement que les
États-Unis mènent une guerre discrète
– et moins
discrète - et le protègent contre l'opposition
populaire
dans le nord et dans le sud du
pays. Aussi, c'est le même ministre qui bombarde
présentement des villages et qui tue des centaines de
civils au
nord du pays. Une telle guerre sur la péninsule arabique,
dont
les trois principaux belligérants sont le gouvernement du
Yémen, l'Arabie saoudite et les États-Unis, ne
semble pas
assez importante aux yeux de Washington et de Londres
pour qu'ils ressentent le besoin de consulter les vingt autres
pays
arabes.
Les commentaires de Clinton pour l'occasion furent
exactement ce qu'il fallait pour obscurcir la véritable
situation au Yémen et pour promouvoir la campagne
militaire que
son pays y mène : « Les États-Unis
intensifient leurs efforts de sécurité et de
développement au Yémen. Nous voilà
encouragés par les récents efforts du
gouvernement du Yémen contre Al Qaïda et contre
d'autres
groupes extrémistes. Il poursuit sans relâche les
terroristes qui menacent non seulement le Yémen et toute
la
région du Golfe, mais aussi Londres et notre pays, les
États-Unis. »[2]
Larguer des bombes sur des civils chiites au nord
du
pays et avoir recours à l'intervention
« diplomatique »
préférée
des quatre derniers secrétaires d'État des
États-Unis – les missiles de croisière
– au sud, pour
protéger Londres contre Oussama ben Laden, voilà
une
autre illustration de ce qu'on fait en l'absence d'un corps
diplomatique formel.
Du même souffle, Clinton a ajouté que
« le peuple du Yémen mérite de
déterminer son propre avenir », alors que ce
n'est
pas du tout ce qu'elle a en tête.
Elle a su reconnaître que « le
mouvement de protestation de longue date se poursuit »
dans
le sud et que les combats dans le nord « ont fait
plusieurs
milliers de morts et plus de 200 000 personnes
déplacées » – sans mentionner les
assauts
armés des Saoudiens au nord ni les lancements de missiles
de
croisière par les
États-Unis au sud. Elle s'est concentrée uniquement
sur
« les extrémistes qui incitent à la
violence
et qui
infligent des blessures ». Les bombes
étatsuniennes
et les missiles, comme de raison, sont non-violents et
sécuritaires selon la vision étatique du
« nous contre eux » de madame la
secrétaire.
Clinton n'a pas raté l'occasion de rabrouer
le
client de son pays, le président du Yémen, Ali
Abdullah
Saleh (« Nous devons travailler en partenariat si nous
voulons des conditions gagnantes ») pour son
échec
à « protéger les droits humains,
à
faire progresser l'équité sexuelle, à
construire
des institutions démocratiques et
l'État de droit » de façon
adéquate.
Les États-Unis pourraient étendre leur guerre
afghane-pakistanaise jusqu'à la péninsule arabe
ainsi
qu'à la Corne de l'Afrique[3] à titre d'appui
nominal au
chef d'État du Yémen et de ses homologues
somaliens, le
président Sheik Sharif Sheik Ahmed, à condition que
ceux-ci et leurs semblables – Hamid
Karzaï, en Afghanistan, et Asif Ali Zardari, au Pakistan
–
n'oublient pas pour un seul instant qui mène et qui fixe
les
règles du jeu.
La secrétaire d'État n'avait rien
à
dire au sujet des conditions des droits humains,
d'équité
sexuelle, etc., en Arabie saoudite et chez d'autres vassaux
militaires
des États-Unis dans le Golfe persique. Des monarchies
médiévales et des autocraties
héréditaires
qui sont l'hôte de bases militaires étatsuniennes,
qui
achètent à coup de milliards les
armes modernes des Raytheon, Lockheed Martin et Northrop Grumman,
et
qui abritent la Cinquième Flotte des États-Unis, ne
sont
pas la cible d'homélies sur les droits humains et sur les
« institutions démocratiques ».
Lors de la conférence de Londres sur
l'Afghanistan, Clinton, accompagnée des ministres des
Affaires
étrangères de deux principaux maîtres
coloniaux,
David Miliband de la Grande-Bretagne et Bernard Kouchner de la
France,
a aussi fait la leçon au gouvernement du Nigéria,
lui
ordonnant de s'adresser à « la réforme
électorale, aux
programmes post-amnistie dans le Niger du delta, au
développement économique, à la discorde
religieuse
et au problème de transparence ».[4]
Lors de la conférence du 28 janvier sur
l'Afghanistan, à laquelle ont participé tous les 28
ministres des Affaires étrangères de l'OTAN et de
dizaines de partenaires subalternes de l'OTAN qui ont des troupes
dans
la zone de guerre sud-asiatique – la
« communauté
internationale », selon la définition de
l'Occident
–, Clinton a
félicité les alliés et satrapes du
Pentagone :
« Je pense que nous sommes
témoins
d'un défi mondial et d'une riposte mondiale. Je tiens
à
remercier particulièrement les pays qui ont engagé
des
troupes additionnelles, avec en tête notre pays hôte,
le
Royaume-uni, mais aussi l'Italie, l'Allemagne et la
Roumanie. »[5]
Elle voudra sans doute davantage de troupes dans
un
avenir rapproché pour un conflit beaucoup plus vaste que
celui
dans lequel les États-Unis et l'OTAN sont
présentement
engagés en Afghanistan, au Pakistan, au Yémen et en
Somalie, si on se fie aux commentaires suivants :
« Aussi ai-je eu l'occasion de discuter
du
refus de l'Iran de discuter avec la communauté
internationale de
son programme nucléaire. Il continue de violer les
conditions de
l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et du
Conseil de sécurité.
« Les révélations au
sujet
d'une installation nucléaire secrète à Qom
soulèvent encore plus de questions au sujet des intentions
de
l'Iran. Le gouvernement iranien a répondu par une
série
de menaces concernant d'autres infractions aux normes
nucléaires
internationales. L'approche de l'Iran nous laisse peu de choix
sinon de
travailler avec
nos partenaires dans le but d'exercer encore plus de
pression... »
Washington et ses principaux partenaires, la
Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne, ainsi que ses divers
alliés internationaux – ces puissances
nucléaires
délinquantes comme l'Inde, Israël et le Pakistan (qui
savent avec qui s'aligner et de qui acquérir leurs armes)
en
font partie – imposent les conditions sur toutes questions,
que ce soit
la
tenue d'élections ou quel pays peut développer un
programme nucléaire civil. Tout pays exclu des
communautés « euro-atlantiques » et
« internationales » subira la censure, les
menaces, de « plus grandes pressions » et,
ultimement, l'assaut militaire.
Ensemble, les États-Unis, avec sa
population de
300 millions, et l'Union européenne, avec sa population de
500
millions, ne représentent même pas un
huitième de
la
population mondiale. Pourtant, ces deux pays, dont l'aile
militaire est
l'OTAN, tiennent des « conférences
internationales » sur l'Asie, le Moyen-Orient et
d'autres
régions du monde et se permettent de livrer des ultimatums
à toutes autres nations.
À titre d'exemple récent, le New
York
Times a rapporté que « la
secrétaire
d'État Hillary Rodham Clinton a livré un
avertissement
à la Chine (le 29 janvier) à l'effet que celle-ci
subirait l'insécurité économique et
l'isolement
diplomatique si elle n'approuvait pas de nouvelles sanctions plus
dures
contre l'Iran pour son
programme nucléaire, tentant d'exercer plus de pression
sur
Beijing pour qu'il intègre une campagne dirigée par
les
États-Unis. »[6] Le jour même,
« l'administration Obama informait le Congrès
qu'il
allait poursuivre son plan de compléter cinq transactions
de
ventes d'armes avec Taïwan pour un total de 6,4 milliards $.
La
transaction d'armes inclut 60 hélicoptères Black
Hawk,
des missiles d'interception Patriot, des missiles Harpoon de
pointe
à cibles terrestres ou maritimes ainsi que deux
détecteurs de mines remis à
neuf. »[7]
Clinton s'est jointe à ceux qui, aux
États-Unis, sermonnent la Chine depuis qu'elle a
accédé à son poste l'an dernier, allant
jusqu'à soulever, en mai, le spectre d'une influence
chinoise en
Amérique latine.
La Chine n'est pas l'Afghanistan, ni le
Yémen. La
politique étrangère de la génération
précédente caractérisée par
l'arrogance et
la mégalomanie de l'Occident, avec ses guerres dans le
sud-est
de l'Europe, dans le sud de l'Asie et au Moyen-Orient, se
dirigerait
donc vers des eaux beaucoup plus houleuses.
La mégalomanie, l'arrogance et une
impression
d'impunité aveuglent ceux-là qui en sont
affligés,
qu'il s'agisse d'individus ou de nations.
Il n'y a pas d'exemples plus clairs que les
commentaires
de la secrétaire Clinton à Paris, le 29
janvier.
Exprimant la conception du monde de ceux qu'elle
représente – que les États-Unis et l'Europe
sont les
métropoles incontestables et les maîtres de droit de
la
planète –, dans son discours Clinton déclare
d'emblée : « Je suis heureuse de pouvoir
de
discuter d'une question de grande conséquence pour les
États-Unis, la France et
tous les pays de ce continent et bien au-delà de ses
frontières : l'avenir de la sécurité
européenne. »[8]
Bref, les États-Unis s'arrogent la
prérogative non seulement de se prononcer avec
autorité
sur le sujet de la sécurité d'un continent à
une
distance de 5 500 km de ses côtes, mais d'intervenir
partout dans
le monde sous prétexte de défendre cette
sécurité.
Voulant flatter ses hôtes, elle dit plus
loin : « En tant que membres fondateurs de
l'alliance
de l'OTAN, nos pays ont travaillé côte à
côte
pendant des décennies pour construire une Europe forte et
sécuritaire et pour défendre et promouvoir la
démocratie, les droits humains, l'État de droit. Et
je
suis ravie que nous travaillions encore
plus étroitement, maintenant que la France participe
pleinement
à la structure de commande intégrée de
l'OTAN. Je
tiens à remercier le président Sarkozy pour son
leadership et j'anticipe de bénéficier des conseils
de
nos collègues français dans la planification de
l'avenir
de l'OTAN. »
Le discours de Clinton à Paris était
parsemé de phrases comme « défendre et
promouvoir la démocratie, les droits humains et
l'État de
droit », rappelant presque mot pour mot ce qu'elle avait
dit
deux jours plus tôt en référence au
Yémen.
Ces mots ont été tellement ternis et
rabaissés par un usage abusif –
particulièrement pour
justifier la guerre – qu'ils sont sur le point de perdre
leurs lettres
de noblesse et de dégénérer en abstractions
suspectes.
Pire encore, ce sont des incantations qu'on
utilise pour
se louer soi-même du simple fait que nous sommes seuls
à
les posséder et pour fustiger les autres qui ne les
auraient
pas. (« Notre travail va aussi au-delà de
l'Europe...
des gens en Europe et aux États-Unis parlent d'une seule
voix
pour dénoncer les flagrantes violations des droits
humains en Iran. » Mais non en Arabie saoudite, au
Sahara
occidental, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, ni au
Kosovo, en
Estonie et en Lettonie depuis leur
« indépendance », etc.)
Le discours de Clinton contenait les termes et les
phrases suivants dans l'ordre qui suit :
démocratie, droits humains, État de
droit
unité, partenariat, paix
progrès mondial
réconciliation, coopération, communauté
sécurité et notre prospérité
l'importance de la liberté
paix et sécurité
développement, démocratie et droits humains
potentiel humain
institutions démocratiques et État de droit
progrès et stabilité
démocratie et stabilité
des gouvernements responsables et efficaces
développement économique et démocratique
élargissement des possibilités
développement et plus grande stabilité
défendre et promouvoir les droits humains
paix, opportunité et prospérité
défendre et faire progresser nos valeurs dans le monde
une Europe transformée, en sécurité,
démocratique, unifiée et prospère
La dernière phrase est une variante d'une
Europe
intègre et libre[9] d'abord mise de l'avant par le
président George H. W. Bush en 1989 quand il
lançait son
soi-disant nouvel ordre mondial.
Comme nous allons le voir dans d'autres extraits
(et par
le lieu et le contexte), Clinton utilise ces expressions à
la
fois pour se féliciter soi-même et pour mettre en
relief
l'absence supposée de ces qualités dans le monde
étranger à la communauté euro-atlantique
ainsi
qu'à ses alliés approuvés ailleurs. Abordant
à nouveau le thème de la
supériorité de l'Occident et la
nécessité
d'imposer le modèle euro-atlantique à d'autres,
elle a
dit : « La sécurité
européenne
affecte non seulement les nations prises individuellement mais le
monde
entier. Elle est, après tout, plus qu'une collection de
pays
liés par l'histoire et la géographie. C'est un
modèle de la puissance
transformatrice de la réconciliation, la
coopération et
la communauté. »
Néanmoins, « beaucoup de travail
important reste à compléter. La transition à
la
démocratie n'est que partielle dans certaines
régions de
l'Europe et de l'Eurasie. » La subjugation des
« arrière-pays » de l'Europe
occidentale
sera explorée plus tard en relation avec ses commentaires
sur
l'Union européenne et son
partenariat à l'est et autres questions connexes.
« Le partenariat transatlantique a
été à la fois une pierre d'achoppement pour
la
sécurité mondiale ainsi qu'une force puissante pour
le
progrès mondial.
« L'OTAN révise
présentement
son concept stratégique en préparation pour le
sommet de
l'alliance à la fin de cette année ici à
(inaudible). Je concède qu'il y a beaucoup
d'inquiétudes
au sujet de menaces stratégiques et comment les
confronter. La
semaine prochaine, à la conférence sur la
sécurité à Munich, des dirigeants de tout le
continent examineront les défis urgents relatifs à
la
sécurité et aux politiques
étrangères.
« Les États-Unis aussi
étudient
depuis quelque temps différentes façons de
renforcer la
sécurité européenne et par le fait
même,
notre propre sécurité, et de la développer
pour
renforcer la sécurité à l'échelle
mondiale. »
En ce qui concerne l'élite de
législateurs
trans-atlantiques, le paragraphe précédent est sans
équivoque : l'utilisation du bloc militaire de
l'Organisation du traité de l'Atlanque Nord – la
vraie base du
« partenariat transatlantique » –
pour mener la
guerre et pour effectivement coloniser les Balkans et
s'étendre
en Europe de
l'Est, avec l'incorporation de douze nouveaux pays, y inclus les
anciens membres du Pacte de Varsovie et des républiques
soviétiques, est le paradigme mondial de l'Occident pour
le XXIe
siècle.
Ce mécanisme, qui consiste à
utiliser
l'Europe comme tremplin pour l'expansion géopolitique de
l'OTAN
vers l'est et vers le sud, est maintenant à même
d'être appliqué à des adversaires beaucoup
plus
grands que ceux que le bloc a affrontés
auparavant :
« La sécurité
européenne
demeure le pilier de la politique étrangère et de
la
sécurité des États-Unis. Une Europe forte
est
d'une importance critique pour notre sécurité et
pour
notre prospérité. Presque tout ce que nous
espérons réaliser à l'échelle
mondiale
dépend de notre coopération avec l'Europe... Ainsi,
nous
travaillons avec nos alliés et
partenaires pour apporter la stabilité à
l'Afghanistan et
pour tenter de régler les dangers que posent les ambitions
nucléaires de l'Iran. »
« Nous avons sans cesse exhorté
la
Russie à honorer les conditions de son accord de
cessez-le-feu
avec la Géorgie, et nous refusons de reconnaître les
revendications d'indépendance de la Russie pour l'Abkhazie
et
l'Ossétie du sud. Plus largement, nous nous objectons
à
toute réclamation de sphère d'influence en Europe
par
laquelle un
pays pourrait chercher à contrôler l'avenir d'un
autre
pays. Notre sécurité dépend de la
capacité
des nations de choisir leur destinée. »
La dernière phrase est exaspérante
à l'extrême puisqu'elle est prononcée par une
représentante de la politique étrangère d'un
pays
qui déploie des centaines de milliers de troupes en
Afghanistan
et en Iraq et qui, avec ses alliés de l'OTAN, a
mené une
guerre contre la Yougoslavie et a déchiré cette
nation.
La phrase précédente est
également
absurde, Clinton insistant sans cesse sur le droit des
États-Unis d'être non seulement un joueur majeur sur
le
continent européen mais le principal arbitre des
politiques
militaires, de sécurité,
énergétiques et autres, tout en
dénonçant
la Russie – inutile de la nommer – pour son
soi-disant désir
d'établir sa « sphère
d'influence »
dans les États avoisinants.
« La sécurité en Europe
doit
être indivisible. Depuis trop longtemps, le discours public
au
sujet de la sécurité en Europe est basé sur
des
divisions géographiques et politiques. Certains voient le
continent même en ce moment comme l'Europe de l'Ouest et de
l'Est, Europe l'ancienne et Europe la moderne, l'Europe de l'OTAN
et
l'Europe
sans OTAN, l'Europe de l'UE et l'Europe sans UE. La
réalité est qu'il n'y a pas plusieurs Europes, il
n'y a
qu'une Europe. Et c'est une Europe qui inclut les
États-Unis en
tant que partenaire... Nous sommes plus près de notre but
que
jamais, c'est-à-dire le but qui a inspiré les
dirigeants
et les citoyens européens et étasuniens – non
seulement
de
réaliser une Europe transformée, en
sécurité, démocratique, unifiée et
prospère, mais une alliance euro-atlantique qui est plus
grande
que la somme de ses composantes... »
Depuis des décennies, en fait depuis la fin
de la
Deuxième Guerre mondiale, les dirigeants étasuniens
sont
« inspirés » par une vision d'une
Europe
transformée et unifiée – sous le commandement
militaire
de l'OTAN, ainsi qu'une union européenne servant en tant
que
complément civil et de plus en plus militaire de
l'Alliance.
« L'OTAN doit rester et restera ouverte
à tout pays qui aspire à devenir membre et à
respecter les conditions de membership », même
en
Ukraine ou la majorité écrasante des citoyens
s'oppose
à l'adhésion au bloc militaire. (« Nous
sommes
de tout coeur avec le peuple ukrainien qui élira son
prochain
président la semaine
prochaine, un pas important dans l'évolution de l'Ukraine
vers
la démocratie, la stabilité et l'intégration
à l'Europe. Et nous nous dévouons aux efforts pour
résoudre des conflits qui persistent, y inclus dans le
Caucase
et à Chypres. »)
Et une fois un pays incorporé au bloc,
même
contre la volonté de son peuple, les États-Unis
« respecteront fermement l'engagement qui se trouve
dans
l'article 5 du traité de l'OTAN à l'effet qu'une
attaque
contre un est une attaque contre tous. Lorsque la France et nos
autres
alliés de l'OTAN ont invoqué l'article 5 à
la
suite des
attaques du 11 septembre 2001, ce fut une proclamation au monde
entier
que la promesse que nous nous sommes faite les uns aux autres
n'était pas que des paroles... Et pour cela, je vous
remercie.
Et je vous assure, à vous et à tous les membres de
l'OTAN, que notre engagement envers la défense de l'Europe
est
également inébranlable.
« Comme preuve de cet engagement, nous
continuerons de stationner des troupes en Europe, à la
fois pour
dissuader toute attaque et pour réagir rapidement en cas
d'attaque. Nous travaillons avec nos alliés afin d'assurer
que
l'OTAN ait les plans nécessaires pour répondre
à
toutes nouvelles éventualités. Nous participons
à
des discussions
productives avec nos alliés européens pour
construire une
nouvelle architecture de défense
anti-missile... »
Washington compte irrémédiablement
renforcer l'OTAN davantage le long des frontières avec la
Russie
– l'Ukraine, la Géorgie, l'Azerbaïdjan et la
Finlande – en
dépit de malentendus au sein de certains alliés de
l'OTAN
en Europe, et se servira de l'article 5 de l'Alliance, la clause
de
guerre, pour « protéger » ces
nouveaux
postes coloniaux. Il compte aussi entraîner toute l'Europe
dans
son système mondial d'intercepteur de missiles.
Et ceci se fera, non contre des menaces militaires
– il
n'existe aucune menace militaire envers aucune nation
européenne
– mais contre une véritable surabondance de
prétextes
fantômes, y inclus la
« cyber-sécurité » et la
sécurité énergétique, deux
subterfuges des
États-Unis pour l'intervention contre la Russie. Nous
avons vu
naître toute une gamme de nouveaux subterfuges de l'OTAN
grâce à son secrétaire général,
le
secrétaire général Anders Fogh Rasmussen et
sa
liste en 17 points présentée l'an
dernier[10] : le
programme nucléaire de l'Iran, « confronter le
non-respect par la Corée du nord de ses obligations
internationales ». « gérer des
menaces non traditionnelles telles que les pandémies, la
guerre
cybernétique et le trafic d'enfants » ainsi que
« la nécessité d'en faire encore plus,
tel
qu'en défense de missile, la lutte contre les
narcotrafiquants
et l'Afghanistan ». Tout et rien, de l'eau au moulin
des
États-Unis et de l'OTAN.
Comme Clinton l'a exprimé :
« Au
XXIe siècle, l'esprit de défense collective doit
inclure
les menaces non traditionnelles. Nous croyons que le nouveau
concept
stratégique de l'OTAN doit s'adresser à ces
nouvelles
menaces. La sécurité énergétique est
une
priorité particulièrement urgente. Les pays
vulnérables aux interventions
énergétiques risquent de subir non seulement des
conséquences économiques mais aussi
stratégiques.
Et je salue la récente création du Conseil
énergétique États-Unis/Union
européenne, et
nous sommes déterminés à assister l'Europe
dans
ses efforts pour diversifier ses approvisionnements
d'énergie. »
Le terme « diversifier les
approvisionnements
d'énergie » est un code pour repousser la
Russie et
empêcher l'Iran de livrer du pétrole ou du gaz
naturel en
Europe. Si l'inverse était vraie, les États-Unis
interpréteraient ces mesures comme un acte de guerre et
agiraient
en conséquence.
L'expansion mondiale des visées
étasuniennes en Europe fut mise encore plus en relief par
les
commentaires de Clinton à l'effet que « ce
partenariat est beaucoup plus qu'un renforcement de notre
sécurité. Au coeur de ce partenariat se trouvent la
défense et le progrès de nos valeurs dans le monde.
Je
crois qu'il est particulièrement
important aujourd'hui de non seulement défendre ces
valeurs dans
le monde, mais d'en faire la promotion ; d'indiquer
clairement que
nous ne sommes pas en mode défensif, mais sur
l'offensive. » Plaçant les choses dans une
perspective historique, elle a dit : « Nous
poursuivons
l'effort que nous avons entrepris à la fin de
la Guerre froide pour agrandir la zone de démocratie et de
stabilité. Nous avons travaillé ensemble cette
année pour compléter les efforts entrepris dans les
années 90 pour que règnent la paix et la
stabilité
dans les Balkans. Et nous travaillons de près avec l'Union
européenne pour appuyer les six pays avec lesquels l'Union
européenne entretient un
dialogue par le biais de son initiative de Partenariat de
l'Est. »
Le Partenariat de l'Est est un programme de
l'Union
européenne, lequel programme est soutenu par les
États-Unis qui vise à aspirer six des douze
anciennes
républiques soviétiques, qui formaient jadis le
Commonwealth d'États indépendants, dans l'orbite de
l'ouest : l'Arménie, l'Azerbaïdjan, le
Bélarus,
la Géorgie, la Moldavie et
l'Ukraine[11]. L'Arménie et le Bélarus sont, comme
la
Russie, membres de l'Organisation du traité de la
sécurité collective, un contrepoids potentiel
à la
poussée de l'OTAN dans l'ancienne Union soviétique.
Avec
la Serbie et Chypres, ces nations représentent les
derniers
obstacles à ce que l'OTAN, et derrière elle, les
États-Unis, contrôle une fois
pour toutes l'Europe en entier.
Clinton a aussi eu l'audace de soulever les
questions du
Traité de réduction d'armes stratégiques
(START)
ainsi que les Forces conventionnelles dans le traité de
l'Europe
(CFE), START étant expiré depuis le 5
décembre et
l'autre, dans sa forme adaptée, qui n'a pas
été
ratifié par un seul état membre de l'OTAN, lequel
–
dirigé par les États-
Unis – profite de sa suspension pour solidifier sa
présence
militaire dans les nouvelles nations de l'Europe de l'Est.
« Il y a deux ans, la Russie a suspendu
la
mise en oeuvre du traité CFE, alors que les
États-Unis et
nos alliés continuent de l'appliquer. La guerre
Russie-Géorgie en 2008 fut plus qu'une tragédie,
elle a
créé un obstacle de plus à notre
progrès... » Les États-Unis et l'OTAN
ont
justifié leur non-ratification du traité de forces
conventionnelles adaptées en Europe en exigeant que la
Russie
retire un petite poignée de gardiens de la paix qu'elle
maintient dans des zones affectées par le conflit, comme
en
Abkahzie, en Ossétie du sud et en République
moldave du
Dniestr. Si ces forces avaient été retirées
plus
tôt grâce à la pression de l'Occident,
l'invasion de
l'Ossétie du
sud par la Géorgie en 2008, en coordination avec une
attaque
contre l'Abkhazie, aurait sans doute été un
succès
pour l'armée soutenue par les États-Unis.
En partie, l'interprétation
intéressée de Clinton du traité CFE est
« le droit de pays hôtes de consentir à
la
présence de troupes étrangères sur son
territoire ». C'est donc dire la présence de
troupes
des États-Unis et de l'OTAN, mais définitivement
pas de
la Russie. Aucune sphère d'influence n'est permise dans
l'ancien
espace
soviétique – sauf celle de l'Occident.
Sa compréhension d'une Europe autonome non
« assiégée » par la Russie et
l'Iran – ainsi que la Corée du nord – inclut
la présence
non seulement de troupes étasuniennes en territoire
européen mais aussi celle d'armes nucléaires, dont
des
centaines sont toujours installées dans des bases de
l'OTAN dans
plusieurs pays européens.
« Le président Obama a déclaré
que son
but à long terme était un monde sans armes
nucléaires. Aussi longtemps que ces armes existent, les
États-Unis maintiendront un arsenal sécuritaire et
efficace pour dissuader l'adversaire, et nous garantirons la
défense de nos alliés.
« Nous sommes à étudier
une
révision exhaustive de notre position nucléaire
pour
planifier une nouvelle voie qui renforce la dissuasion et une
nouvelle
assurance pour les États-Unis et nos
alliés... » Clinton n'a pas
précisé
quelles nations européennes avaient demandé
d'être
protégées par le bouclier nucléaire du
Pentagone.
Suite à son allocution, Clinton a
répondu
à des questions provenant de l'auditoire à
l'Académie militaire française.
Ses commentaires spontanés furent encore
plus
révélateurs que son texte officiel.
On peut y entendre :
« En ce qui concerne l'OTAN, je crois
qu'une
plus grande intégration sur le continent européen
est
encore plus propice à une plus grande
coopération.
« Mais je crois, à la
lumière
du monde complexe d'aujourd'hui, qu'une coopération plus
étroite et une plus grande complémentarité
entre
l'Union européenne et l'OTAN est dans
l'intérêt de
tous les partis impliqués si l'on veut forger des
politiques
communes – des politiques relatives à
l'économie, au
développement, à la politique et au
droit en ce qui concerne l'Union européenne, et relatives
principalement à la sécurité en ce qui
concerne
l'OTAN. Mais comme je l'ai dit dans ma présentation, ces
éléments ne sont plus séparés. Il est
difficile de dire que la sécurité se limite
à ce
qu'elle était au moment de la création de l'OTAN,
ou que
l'Union européenne n'a pas de rôle à jouer
dans les questions de sécurité. »
Le nouveau concept stratégique de l'OTAN
met
l'accent sur l'avancement – voire l'aboutissement –
de
l'intégration militaire mondiale États-Unis/Union
européenne/OTAN.[12]
En ce qui concerne la mise en oeuvre de ce projet,
Clinton a soulevé la question des guerres
énergétiques. « Cela relèverait
de la
responsabilité de l'Union européenne de
créer des
politiques qui assureraient plus d'indépendance et de
protection vis-à-vis l'intimidation liée aux
marchés énergétiques des pays membres. Mais
je
constate aussi
comment, dans certains cas reliés à
l'énergie, il
y a possiblement un rôle à jouer par l'OTAN
aussi. »
Lorsqu'on lui a posé une question au sujet
d'un
OTAN mondial s'étendant « allant au-delà
des
frontières de l'OTAN jusqu'à des pays non
occidentaux, y
compris des puissances émergentes comme le Brésil,
l'Inde, et autres démocraties et si ces derniers pouvaient
répondre aux critères », Clinton a dit
favoriser une série de
partenariats qui s'ajouteraient au Partenariat pour la paix, la
Charte
adriatique, le dialogue méditerranéen, l'Initiative
de
coopération d'Istanbul, Pays contact, la Commission
militaire
trilatérale Afghanistan/Pakistan/OTAN et autres qui
comptent
plus d'un tiers des nations du monde :
« Comment coopérer,
au-delà de
distances géographiques, avec des pays dans d'autres
hémisphères, aux défis géopolitiques
différents ? Et nous en avons un exemple
récent
vécu avec l'engagement de l'OTAN-ISAF en Afghanistan.
« De plusieurs façons, le
succès de cette alliance est tout à fait
remarquable.
Hier, à la Conférence de Londres sur l'Afghanistan,
comme
vous le savez, les États-Unis, dirigés par le
gouvernement Obama, ont accepté de déployer 30 000
troupes de plus en Afghanistan. Et les pays membres, l'OTAN et
l'ISAF –
les partenaires
internationaux – ont ajouté un total de 9 000
troupes
additionnelles... L'OTAN ouvre la voie, mais elle doit
déterminer les façons de coopérer avec
d'autres.
Je pense que le monde dans lequel nous vivons, un monde
d'États
en faillite, d'acteurs sans-État, de réseaux de
terroristes, de régimes délinquants – la
Corée du
nord étant le meilleur
exemple – met la communauté internationale au
défi. Et
c'est un défi que nous devons relever. Certains peuvent
dire que
tout ça est trop compliqué, que ce n'est pas dans
notre
juridiction ni de notre responsabilité. Mais face aux
menaces
auxquelles nous sommes confrontés, je ne crois pas que ce
soit
une réponse adéquate.
« Des brèches de
sécurité cybernétique, des attaques
concertées contre des réseaux et contre des pays,
risquent de déborder les frontières. Nous devons
savoir
comment nous en défendre et nous devons travailler avec
des pays
qui pensent comme nous. Aussi, avec des problèmes
d'énergie, des attaques sur les pipelines, contre des
navires
d'approvisionnement, contre des installations électriques,
de
telles activités auront des conséquences bien
au-delà des frontières. Et elles ne seront pas que
pour
les pays
de l'OTAN. Les pays membres de l'OTAN partagent des
frontières
avec des pays non membres. »
Un petit consortium de nations occidentales, deux
en
Amérique du Nord et 26 en Europe – bien que la
grande
majorité de celles-ci ne soient que des partenaires
serviles –
s'est déclaré, dans ses propres
intérêts,
l'arbitre des affaires mondiales dans tous les domaines :
juger de
la légitimité politique des gouvernements, de qui
reçoit des
approvisionnements énergétiques de qui, y compris
la
question la plus urgente de toutes : à quel moment et
contre qui des guerres peuvent être
déclarées.[13]
Le discours de Clinton à Paris indique les
intentions de son pays d'officialiser ce rôle et d'en
accroître l'importance à travers le monde au XXIe
siècle.
Notes
1.
http ://www.state.gov/secretary/rm/2010/01/136280.htm
2. http ://www.state.gov/secretary/rm/2010/01/135930.htm
3. Les États-Unis, l'OTAN élargissent la guerre
afghane
jusqu'à la Corne de l'Afrique et l'Océan indien.
Stop
NATO, le 8 janvier, 2010
http ://rickrozoff.wordpress.com/2010/01/08u-s-nato-expand-a
fghan-war-to-horn-of-africa-and-indian-ocean-2
4. http ://www.state.gov/secretary/rm/2010/01/136159.htm
5. http ://www.tate.gov/secretary/rm/2010/01/136159.htm
6. New York Times, 29 janvier 2010
7. New York Times, 30 janvier 2010
8. http ://www.state.gov/secretary/rm/2010/01/136273.htm
9. Berlin Wall : From Europe Whole And Free To New World
Order,
Stop NATO, 9 novembre 2009
http :rickrozoff.wordpress.com/2009/11/09/berlin-wall-from-e
urope-whole-and-free-to-new-world-order
10. Berlin Wall : From Europe Whole And Free To New World
Order,
Stop NATO, 9 novembre 2009
http ://rickrozoff.wordpress.com/2009/11/09/berlin-wall-euro
pe-whole-and-free-to-new-world-order
11. Eastern Partnership : The West's Final Assault On the
Former
Soviet Union, Stop NATO, 13 février 2009
http ://rickrozoff.wordpress.com/2009/08/26/eastern-partners
hip-the-wests-final-assault-on-the-former-soviet-union
12. EU, NATO, US : 21st Century Alliance For Global
Domination,
Stop NATO, 19 février 2009
http ://rickrozoff.wordpress.com/2009/08/26/eu-nato-us-21st-
century-alliance-frr-global-domination
13. EU, NATO, US : 21st Century Alliance For Global
Domination,
Stop NATO, 19 février 2009
http ://rickrozoff.wordpress.com/2009/08/26/eu-nato-us-21st-
century-alliance-for-global-domination

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