Entre 7 500 et 10 000 personnes ont pris part
à
la 19e Marche annuelle en mémoire des femmes, la plus
grande
participation depuis que des marches sont organisées le 14
février à la mémoire de femmes disparues ou
assassinées. La tradition a commencé en 1991
à
Vancouver et s'est répandue à d'autres villes
canadiennes, dont Winnipeg,
Thunder Bay, London et Toronto. La marche de Vancouver, qui a
duré trois heures, s'est arrêtée sur les
lieux
où les femmes disparues ont été
aperçues
pour la dernière fois. Tout le centre-ville était
paralysé par le cortège qui s'étendait sur
plusieurs rues.
Dans le contexte de la militarisation de Vancouver
pour
les Jeux olympiques et des efforts des gouvernements et des
médias pour présenter Vancouver et le Canada comme
le
meilleur endroit au monde, les services de police ont
tenté de
persuader les organisatrices de la marche de remettre
l'événement à plus tard, après les
Jeux
d'hiver. Les
femmes ont refusé, car cette marche du 14 février
est
maintenant une tradition et rien ne doit diminuer l'importance de
ce
problème social. Elles ont en cela un appui solide de
nombreuses
organisations et c'est grâce à cet appui qu'il y a
eu une
si grande participation.
La marche s'est arrêtée devant le
quartier
général de la Police de Vancouver. Les marcheuses
et
marcheurs ont dénoncé les autorités
policières pour avoir traîné les pieds
pendant des
mois dans
l'enquête sur Robert Pickton, ce qui a eu pour
conséquence
que 15
autres femmes ont été tuées dans leur
résidence.
Des intervenantes autochtones ont fait valoir la
nécessité d'un changement en profondeur de la
société pour mettre fin à
l'inhumanité
faite aux femmes, pas seulement à Vancouver mais partout
dans le
monde. Tous les êtres humains doivent avoir des droits qui
sont
garantis et doivent être traités avec respect.
Certaines
ont parlé de l'échec des
chefs élus, des hommes pour la plupart, et des
gouvernements
à mettre fin à ces crimes commis contre les femmes
et
à traduire les coupables en justice. Elles ont noté
que
la plupart des meurtres dans le Eastside du centre-ville de
Vancouver
sont considérés comme des « crimes non
résolus ». Une des aînées a
exprimé la frustration de
la communauté devant le fait qu'après 19 ans de
marches
commémoratives les 14 février, pratiquement rien
n'a
changé. Les jeunes femmes autochtones subissent toujours
la
pression économique les poussant à quitter leur
famille
pour aller vivre dans le Eastside de Vancouver, où elles
vivent
dans une pauvreté et une insécurité
extrêmes.
La marche s'est terminée au centre
communautaire
japonais près du parc Oppenheimer, qui était le
coeur de
la
communauté japonaise avant l'internement de la
Deuxième
Guerre mondiale.

Afghanistan
Quels sont les objectifs de l'Opération
Mushtarak en Afghanistan?
Le Marxiste-Léniniste
dénonce la
nouvelle offensive de l'OTAN en Afghanistan avec
l'« Opération Mushtarak » (qui
signifie
« ensemble » en dari) lancée dans la
province d'Helmand le 13 février. La semaine
dernière les
représentants de l'OTAN n'ont cessé de
répéter qu'aucun mal ne serait fait à la
population civile, mais voilà qu'à peine 24 heures
après le début des opérations, le
général Stanley McChrystal, qui commande les forces
étasuniennes et de l'OTAN en Afghanistan, confirme que 12
civils
ont été tués lorsque leur demeure a
été frappée par deux roquettes. McChrystal a
déclaré avec un cynisme brutal que les pertes de
vies
humaines
étaient « regrettables » et que
« nous allons tout faire pour éviter d'autres
incidents ».
L'alliance militaire agressive avait mis beaucoup
d'efforts à préparer l'escalade dans l'opinion
publique
mondiale, en disant entre autres que l'opération sera
« menée par des Afghans » et que la
préoccupation première était de minimiser
les
pertes de vies humaines parmi les civils. L'annonce à
l'avance
de tant de détails concernant
l'opération soulève des questions sur le but
visé
par cette nouvelle offensive.
Radio Havana Cuba note dans un éditorial le
contexte dans lequel a lieu cette offensive et cet effort
inhabituel de
relations publiques :
« Toute cette publicité est
faite dans
le contexte d'une grave crise économique dans les grands
centres
de cette alliance guerrière. Il est question d'un
déficit
d'environ 650 millions $ qui a entraîné des
renvois
discrets de civils et le report de programmes 'non prioritaires'.
Cela
se passe également dans le contexte où le nombre de
morts parmi les forces d'invasion est considérable. Pour
le
Royaume-Uni, c'est déjà 255 soldats qui sont morts
au
combat en Afghanistan.
« Selon le ministère de la
Défense, la dernière fois que l'armée
britannique
a perdu autant de soldats était en 1982, lors de la guerre
des
Malouines.
« Les États-Unis ont quant
à
eux perdu 984 soldats dans une guerre qui est devenue un des plus
longs
conflits armés de l'histoire militaire de ce pays. Et
jusqu'à présent, rien ne semble garantir une
victoire des
forces étasuniennes. [...]
« Il y a quelque chose qui ne tourne
pas rond
dans le spectacle médiatique entourant l'offensive dans
l'Helmand. Il est vrai que les conflits armés ont beaucoup
changé avec l'avènement des nouvelles technologies
de
l'information, mais la doctrine militaire, elle, a très
peu
changé depuis 1832, lorsque le général
prussien
Karl von
Clausewitz a publié son traité De la
guerre.
« Dans ces principes militaires, il n'a
jamais été question de révéler tant
de
détails concernant une opération
stratégique,
à moins, bien sûr, que les objectifs visés
soient
autres que ceux annoncés. »
Il est bien connu que les impérialistes ne
s'intéressent pas au bien-être des civils afghans,
alors
toute prétention à cet effet ne peut être
qu'une
façon de faire croire aux Afghans que cette occupation
étrangère qu'ils n'ont jamais acceptée
comporte
une facette « humanitaire ». Les peuples du
monde
rejettent eux aussi l'occupation de
l'Afghanistan et réclament le retrait immédiat des
forces
étrangères. Les États-Unis et les autres
gouvernements de l'alliance prétendent que leur objectif
est de
se retirer de l'Afghanistan le plus tôt possible, mais ils
ne
renonceront jamais à leur contrôle de cette
région
stratégique. En d'autres mots, tout
« retrait » se fera à la condition
de pouvoir assurer la suppression de la volonté du peuple
afghan
par la perfidie et l'opportunisme d'entremetteurs.
Ces prétentions sont fausses et le but de
cette
opération « Mushtarak » est suspect.
Il
faut dénoncer les nouveaux crimes de guerre commis et
relever la
vigilance concernant la situation en Afghanistan.

La nouvelle offensive commence
Suite à l'ordre d'escalader l'offensive en
Afghanistan donné par le président Barack Obama en
décembre 2009, les forces de l'OTAN ont commencé
l'« Opération Mushtarak », une des
plus
grandes opérations militaires depuis l'invasion
illégale
de ce pays en 2001.
L'« Opération
Mushtarak »
(qui signifie « ensemble » en dari) serait
une
« opération contre-insurrectionnelle
menée par
les autorités afghanes ». Son objectif premier
serait
de prendre le contrôle de Marjah, une ville de 80 000
habitants
au sud-ouest de la capitale d'Helmand, Lashkar Gah.
« Marjah
est connue pour être le coeur de la culture et du commerce
de
l'opium », rapporte Al Jazeera.
On rapporte également que 15 000 soldats
ont
été déployés au total contre les
forces
talibanes dans la province d'Helmand. De ce nombre, environ
60 %
sont afghans, membres de l'Armée nationale afghane, de la
police
frontalière et de la gendarmerie. L'OTAN parle d'une
opération « menée par les
Afghans »
mais ces
derniers jouent principalement un rôle de soutien. Le reste
des
forces de l'opération est constitué d'environ 4 500
marines étasuniens, 2 000 soldats britanniques et des
soldats du
Danemark, d'Estonie et du Canada.
Selon les autorités étasuniennes,
cette
plus récente phase de la guerre serait le prototype d'un
nouveau
genre d'opération militaire dont le but est de s'emparer
de
régions « avec un minimum de
violence ».
Les représentants de l'OTAN ont conseillé aux
civils de
ne pas fuir leur demeure.
Or, les résidants ont très peu
confiance
en ces promesses, puisque depuis le début de cette guerre
illégale les civils afghans sont devenus des
« dommages collatéraux », victimes
de
« feux amicaux » de l'OTAN. Les habitants
de
Marjah cherchent à fuir même si les régions
avoisinantes sont considérées comme très
dangereuses à cause des mines sur les routes et dans les
champs.
Malgré les assurances données, les
commandants de l'OTAN préparent déjà
l'opinion
publique au pire en disant que le nombre de morts pourrait
être
plus élevé que durant les premières
opérations, celles d'octobre 2001.
Oubliant que les Afghans n'ont jamais
accepté
l'occupation étrangère, les agences de nouvelles
rapportent que l'OTAN a formé plusieurs administrateurs
afghans
ainsi qu'un gouverneur pour assumer la direction de Marjah
dès
que les combats auront cessé. Plus de 1 000 policiers se
tiennent tout près pour assurer le
« succès » de
l'opération.
Al Jazeera décrit la tactique de tenter de
donner
un visage plus humain à l'occupation en utilisant des
représentants locaux qui se prêtent au jeu comme
étant « la nouvelle stratégie
contre-insurrectionnelle des États-Unis qui consiste
à
combiner des objectifs militaires pour chasser les Talibans et
leur
remplacement par une autorité civile
moins sévère ».
Ali Ahmed Jalali, ancien ministre de
l'Intérieur
d'Afghanistan, a expliqué cette stratégie par
laquelle
l'occupant espère gagner l'appui de la population à
l'occupation : « Marjah offre un microcosme de la
stratégie adoptée par les forces internationales
pour
conquérir une région et la rebâtir et gagner
la
confiance de la
population.
« Si l'opération de Marjah
crée
une meilleure stabilité dans la région et si cela
est
fait comme il faut, cela enverra un message aux autres
régions
du pays. » Il a précisé que Marjah n'est
qu'un
des 385 districts de l'Afghanistan.
Samedi, le premier jour de l'opération
Mushtarak,
4 500 marines étasuniens, 1 500 soldats afghans et 300
soldats
étasuniens ont commencé leur assaut sur Marjah
où,
selon l'OTAN, se cachent 1 000 Talibans.
Selon les reportages, le Taliban affirme que 2 000
de
ses militants sont dans la région. Mais la correspondante
d'Al
Jazeera, Zeina Khodr, écrit : « Les
commandants
de
l'OTAN et les représentants afghans disent que
jusqu'à
présent l'opération est une réussite. Il y a
peu
de résistance sur le terrain mais il faut se rappeler que
cela a
toujours été la tactique du Taliban.
« Vous entendez souvent leurs
porte-parole
dire : 'Nous allons affronter l'envahisseur' et 'nous allons
résister', mais le Taliban sait très bien qu'il ne
peut
pas affronter une armée supérieure.
« Les porte-parole du Taliban nous
disent
plutôt qu'ils ont entre autres l'option de tout simplement
se
retirer et d'utiliser des explosifs improvisés et des
mines. En
fait, tout le secteur est miné.
« Les commandants disent
eux-mêmes
qu'ils avancent très lentement à cause de ces
explosifs. »

Honduras
Une «Commission de la
vérité»
au milieu
de la torture et des assassinats
- Annie Bird, Rights Action, le 5
février 2010 -
Le Marxiste-Léniniste reproduit
ci-contre un article d'Annie Bird, la co-fondatrice de
l'organisation
Rights Action qui expose les efforts du régime
illégitime
de Porfirio Lobo pour se donner une image de
crédibilité
avec sa « Commission de la
vérité ». Cette tentative de camoufler
le coup
et les autres crimes commis
par les forces oligarchiques antisociales du Honduras est faite
tandis
que des crimes continuent d'être commis contre le peuple du
Honduras afin de réprimer son mouvement visant à se
doter
du pouvoir politique et que la vaste majorité de la
population
du Honduras ainsi que les peuples du monde et leurs gouvernements
refusent de reconnaître un
gouvernement qui a été élu par des
élections illégitimes suite au coup.
Mardi le 4 février, Profirio Lobo, le
président « élu » lors des
élections frauduleuses du 27 novembre 2009, a donné
le
mandat à l'ancien vice-président du Guatemala,
Eduardo
Stein, de présenter une proposition pour former une
« Commission de la
vérité ».
Le même jour, un dirigeant syndical actif
dans le
mouvement de résistance pacifique a été
assassiné alors que deux cameramen du réseau
national
de télévision Globo ont été
kidnappés et torturés par des forces de
sécurité de l'État hondurien le 2
février.
L'assassinat du dirigeant syndical et les
témoignages des deux journalistes confirment les craintes
que la
répression va continuer ou s'intensifier contre les
secteurs qui
expriment leur opposition au gouvernement de Lobo, exposent les
violations des droits humains ou appellent à une nouvelle
constitution pour le Honduras.
Le 27 janvier 2010, Porfirio Lobo a
été
intronisé président lors d'une
cérémonie
devant une poignée de diplomates étrangers alors
que des
centaines de milliers de Honduriens marchaient de
l'Université
de l'Enseignement national vers l'aéroport pour saluer le
président Manuel Zelaya Rosales à son départ
pour
la République dominicaine.
Dans un effort pour renforcer l'image très
pauvre
de son gouvernement, Lobo a formé un soi-disant
« gouvernement de réconciliation
nationale », qui comprend des partis politiques dits
de
gauche, au sujet duquel le mouvement de résistance
nationale a
dit qu'il ne représente en rien la résistance.
C'est
également dans un effort pour
renforcer la légitimité de son gouvernement qu'il a
appelé à la création d'une Commission de la
vérité.
Cette proposition d'une Commission de la
vérité a été invoquée la
première fois dans les soi-disant accords de
San-José-Tegucigalpa à l'initiative du
médiateur
Oscar Arias. Bien que le Front national de résistance
populaire
et le président renversé Manuel Zelaya aient
déclaré cet accord « nul et non
avenu », puisque Zelaya n'a pas
été rétabli dans ses fonctions à la
présidence, le gouvernement Lobo continue de promouvoir la
Commission de la vérité tout comme le gouvernement
américain qui a appuyé le régime
illégal
issu du coup et le mandat d'origine de la Commission de la
vérité.
La promotion d'une Commission de la
vérité
au milieu de la répression par l'État et sans
aucune
participation de la société hondurienne y compris
du
mouvement de résistance dont les membres ont
été
les plus touchés par la répression (notamment par
des
assassinats, des enlèvements, le viol et la torture) et en
coordination directe avec les
auteurs de la répression par l'État – le
régime
oligarchique militaire installé par le coup – n'est
rien d'autre
qu'un effort pour donner de la légitimité aux
auteurs de
ces violations sans que les conditions nécessaires ne
soient
créées pour permettre aux victimes de
révéler la vérité.
La résistance continue de lutter pour une
Assemblée constituante nationale qui écrira une
nouvelle
constitution qui comprendra des propositions provenant de vastes
secteurs de la société. La constitution actuelle
est le
résultat d'un processus qui a débuté en 1981
suite
à un coup.
En même temps que nous devons dans
l'immédiat dénoncer la répression et les
violations des droits humains et considérer cette
« Commission de la vérité »
avec le
maximum de prudence et de scepticisme, nous devons appuyer et
travailler avec le mouvement de résistance dans sa lutte
pour
l'établissement à moyen ou long terme
d'une Assemblée constituante nationale pour renouveler le
pays
et la société.

Communiqué #47 du Front national
de résistance populaire
- 5 février 2010 -
Le Front national de la résistance
populaire
condamne les plans du régime de facto de Porfirio
Lobo
Sosa de licencier un grand nombre d'employés de la
fonction
publique et d'éliminer ou de coopter les organisations de
défense des travailleurs.
Cette action fait partie de la stratégie de
l'oligarchie pour affaiblir les organisations populaires dont
près de la moitié ont participé aux
protestations
contre le coup d'État et continuent d'être une force
importante pour l'affirmation des revendications du peuple qui
réclame le rétablissement de la démocratie
et la
création d'une Assemblée
constituante nationale populaire.
La dictature Lobo, qui agit pour le compte d'un
tout
petit groupe de grands employeurs, cherche à
accélérer la mise en oeuvre du modèle
néolibéral qui lui permettra de continuer de
concentrer
la richesse par l'exploitation, le vol et la destruction des
ressources
naturelles.
Nous lançons l'appel à tous les
membres de
la Résistance partout au pays et en particulier aux
organisations ouvrières à faire preuve de vigilance
face
à l'offensive néolibérale de l'oligarchie.
Nous
devons resserrer les rangs contre les ennemis de la classe
ouvrière.
¡Resistimos y Venceremos !
(Nous résisterons et nous vaincrons !)

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