Le Marxiste-Léniniste

Numéro 31 - 16 février 2010

14 février

Marche annuelle à la mémoire
des femmes disparues

14 février
Marche annuelle à la mémoire des femmes disparues

Afghanistan
Quels sont les objectifs de l'Opération Mushtarak en Afghanistan?
La nouvelle offensive commence

Honduras
Une «Commission de la vérité» au milieu de la torture et des assassinats - Annie Bird, Rights Action
Communiqué #47 du Front national de résistance populaire

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14 février

Marche annuelle à la mémoire
des femmes disparues

Vancouver

Entre 7 500 et 10 000 personnes ont pris part à la 19e Marche annuelle en mémoire des femmes, la plus grande participation depuis que des marches sont organisées le 14 février à la mémoire de femmes disparues ou assassinées. La tradition a commencé en 1991 à Vancouver et s'est répandue à d'autres villes canadiennes, dont Winnipeg, Thunder Bay, London et Toronto. La marche de Vancouver, qui a duré trois heures, s'est arrêtée sur les lieux où les femmes disparues ont été aperçues pour la dernière fois. Tout le centre-ville était paralysé par le cortège qui s'étendait sur plusieurs rues.

Dans le contexte de la militarisation de Vancouver pour les Jeux olympiques et des efforts des gouvernements et des médias pour présenter Vancouver et le Canada comme le meilleur endroit au monde, les services de police ont tenté de persuader les organisatrices de la marche de remettre l'événement à plus tard, après les Jeux d'hiver. Les femmes ont refusé, car cette marche du 14 février est maintenant une tradition et rien ne doit diminuer l'importance de ce problème social. Elles ont en cela un appui solide de nombreuses organisations et c'est grâce à cet appui qu'il y a eu une si grande participation.

La marche s'est arrêtée devant le quartier général de la Police de Vancouver. Les marcheuses et marcheurs ont dénoncé les autorités policières pour avoir traîné les pieds pendant des mois dans l'enquête sur Robert Pickton, ce qui a eu pour conséquence que 15 autres femmes ont été tuées dans leur résidence.

Des intervenantes autochtones ont fait valoir la nécessité d'un changement en profondeur de la société pour mettre fin à l'inhumanité faite aux femmes, pas seulement à Vancouver mais partout dans le monde. Tous les êtres humains doivent avoir des droits qui sont garantis et doivent être traités avec respect. Certaines ont parlé de l'échec des chefs élus, des hommes pour la plupart, et des gouvernements à mettre fin à ces crimes commis contre les femmes et à traduire les coupables en justice. Elles ont noté que la plupart des meurtres dans le Eastside du centre-ville de Vancouver sont considérés comme des « crimes non résolus ». Une des aînées a exprimé la frustration de la communauté devant le fait qu'après 19 ans de marches commémoratives les 14 février, pratiquement rien n'a changé. Les jeunes femmes autochtones subissent toujours la pression économique les poussant à quitter leur famille pour aller vivre dans le Eastside de Vancouver, où elles vivent dans une pauvreté et une insécurité extrêmes.

La marche s'est terminée au centre communautaire japonais près du parc Oppenheimer, qui était le coeur de la communauté japonaise avant l'internement de la Deuxième Guerre mondiale.



Toronto

À Toronto le 14 février, des centaines de femmes ont participé à la marche de la Coalition « No More Silence » (Plus jamais le silence!) à la mémoire des femmes autochtones disparues et assassinées. Sous la bannière « Fini le silence : Justice pour les femmes autochtones », la marche était liée à la marche commémorative de Vancouver. C'est la cinquième année que la marche a lieu à Toronto et là, également, la participation a été beaucoup plus grande que les années précédentes, en partie en guise de solidarité avec la marche de Vancouver et en opposition à la tenue des Jeux olympiques sur des terres volées.

Les autorités policières de Toronto refusent d'enquêter sérieusement sur les nombreuses disparitions et les nombreux cas de violence contre les femmes autochtones, et les gouvernements refusent d'agir. Les intervenants à la marche ont fait un lien entre la violence contre les femmes autochtones et les Jeux olympiques, notamment avec l'appauvrissement du Eastside de Vancouver où ont lieu la plupart des meurtres et disparitions. Les participants ont demandé qu'on mette fin à ces « actes de génocide contre les Premières Nations », comme l'a souligné une intervenante.

Les orateurs ont noté qu'avec ces meurtres de femmes, c'est une partie de l'avenir des nations autochtones qui disparaît. Ils ont parlé des expériences vécues par les nations autochtones depuis l'arrivée de Christophe Colomb : vol de leurs terres, les écoles résidentielles, les Sociétés d'aide à l'enfance et les disparitions de femmes et d'enfants.

On a lu les noms des disparues et assassinées de l'Ontario et il y a eu une intervention émouvante d'une aînée autochtone des Six Nations dont la fille et l'enfant qu'elle portait ont été tués il y a deux ans. Elle a conclu en soulignant la force et l'esprit de résistance des nations autochtones face à leur avenir.


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Afghanistan

Quels sont les objectifs de l'Opération
Mushtarak en Afghanistan?

Le Marxiste-Léniniste dénonce la nouvelle offensive de l'OTAN en Afghanistan avec l'« Opération Mushtarak » (qui signifie « ensemble » en dari) lancée dans la province d'Helmand le 13 février. La semaine dernière les représentants de l'OTAN n'ont cessé de répéter qu'aucun mal ne serait fait à la population civile, mais voilà qu'à peine 24 heures après le début des opérations, le général Stanley McChrystal, qui commande les forces étasuniennes et de l'OTAN en Afghanistan, confirme que 12 civils ont été tués lorsque leur demeure a été frappée par deux roquettes. McChrystal a déclaré avec un cynisme brutal que les pertes de vies humaines étaient « regrettables » et que « nous allons tout faire pour éviter d'autres incidents ».

L'alliance militaire agressive avait mis beaucoup d'efforts à préparer l'escalade dans l'opinion publique mondiale, en disant entre autres que l'opération sera « menée par des Afghans » et que la préoccupation première était de minimiser les pertes de vies humaines parmi les civils. L'annonce à l'avance de tant de détails concernant l'opération soulève des questions sur le but visé par cette nouvelle offensive.

Radio Havana Cuba note dans un éditorial le contexte dans lequel a lieu cette offensive et cet effort inhabituel de relations publiques :

« Toute cette publicité est faite dans le contexte d'une grave crise économique dans les grands centres de cette alliance guerrière. Il est question d'un déficit d'environ 650 millions $ qui a entraîné des renvois discrets de civils et le report de programmes 'non prioritaires'. Cela se passe également dans le contexte où le nombre de morts parmi les forces d'invasion est considérable. Pour le Royaume-Uni, c'est déjà 255 soldats qui sont morts au combat en Afghanistan.

« Selon le ministère de la Défense, la dernière fois que l'armée britannique a perdu autant de soldats était en 1982, lors de la guerre des Malouines.

« Les États-Unis ont quant à eux perdu 984 soldats dans une guerre qui est devenue un des plus longs conflits armés de l'histoire militaire de ce pays. Et jusqu'à présent, rien ne semble garantir une victoire des forces étasuniennes. [...]

« Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans le spectacle médiatique entourant l'offensive dans l'Helmand. Il est vrai que les conflits armés ont beaucoup changé avec l'avènement des nouvelles technologies de l'information, mais la doctrine militaire, elle, a très peu changé depuis 1832, lorsque le général prussien Karl von Clausewitz a publié son traité De la guerre.

« Dans ces principes militaires, il n'a jamais été question de révéler tant de détails concernant une opération stratégique, à moins, bien sûr, que les objectifs visés soient autres que ceux annoncés. »

Il est bien connu que les impérialistes ne s'intéressent pas au bien-être des civils afghans, alors toute prétention à cet effet ne peut être qu'une façon de faire croire aux Afghans que cette occupation étrangère qu'ils n'ont jamais acceptée comporte une facette « humanitaire ». Les peuples du monde rejettent eux aussi l'occupation de l'Afghanistan et réclament le retrait immédiat des forces étrangères. Les États-Unis et les autres gouvernements de l'alliance prétendent que leur objectif est de se retirer de l'Afghanistan le plus tôt possible, mais ils ne renonceront jamais à leur contrôle de cette région stratégique. En d'autres mots, tout « retrait » se fera à la condition de pouvoir assurer la suppression de la volonté du peuple afghan par la perfidie et l'opportunisme d'entremetteurs.

Ces prétentions sont fausses et le but de cette opération « Mushtarak » est suspect. Il faut dénoncer les nouveaux crimes de guerre commis et relever la vigilance concernant la situation en Afghanistan.

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La nouvelle offensive commence

Suite à l'ordre d'escalader l'offensive en Afghanistan donné par le président Barack Obama en décembre 2009, les forces de l'OTAN ont commencé l'« Opération Mushtarak », une des plus grandes opérations militaires depuis l'invasion illégale de ce pays en 2001.

L'« Opération Mushtarak » (qui signifie « ensemble » en dari) serait une « opération contre-insurrectionnelle menée par les autorités afghanes ». Son objectif premier serait de prendre le contrôle de Marjah, une ville de 80 000 habitants au sud-ouest de la capitale d'Helmand, Lashkar Gah. « Marjah est connue pour être le coeur de la culture et du commerce de l'opium », rapporte Al Jazeera.

On rapporte également que 15 000 soldats ont été déployés au total contre les forces talibanes dans la province d'Helmand. De ce nombre, environ 60 % sont afghans, membres de l'Armée nationale afghane, de la police frontalière et de la gendarmerie. L'OTAN parle d'une opération « menée par les Afghans » mais ces derniers jouent principalement un rôle de soutien. Le reste des forces de l'opération est constitué d'environ 4 500 marines étasuniens, 2 000 soldats britanniques et des soldats du Danemark, d'Estonie et du Canada.

Selon les autorités étasuniennes, cette plus récente phase de la guerre serait le prototype d'un nouveau genre d'opération militaire dont le but est de s'emparer de régions « avec un minimum de violence ». Les représentants de l'OTAN ont conseillé aux civils de ne pas fuir leur demeure.

Or, les résidants ont très peu confiance en ces promesses, puisque depuis le début de cette guerre illégale les civils afghans sont devenus des « dommages collatéraux », victimes de « feux amicaux » de l'OTAN. Les habitants de Marjah cherchent à fuir même si les régions avoisinantes sont considérées comme très dangereuses à cause des mines sur les routes et dans les champs.

Malgré les assurances données, les commandants de l'OTAN préparent déjà l'opinion publique au pire en disant que le nombre de morts pourrait être plus élevé que durant les premières opérations, celles d'octobre 2001.

Oubliant que les Afghans n'ont jamais accepté l'occupation étrangère, les agences de nouvelles rapportent que l'OTAN a formé plusieurs administrateurs afghans ainsi qu'un gouverneur pour assumer la direction de Marjah dès que les combats auront cessé. Plus de 1 000 policiers se tiennent tout près pour assurer le « succès » de l'opération.

Al Jazeera décrit la tactique de tenter de donner un visage plus humain à l'occupation en utilisant des représentants locaux qui se prêtent au jeu comme étant « la nouvelle stratégie contre-insurrectionnelle des États-Unis qui consiste à combiner des objectifs militaires pour chasser les Talibans et leur remplacement par une autorité civile moins sévère ».

Ali Ahmed Jalali, ancien ministre de l'Intérieur d'Afghanistan, a expliqué cette stratégie par laquelle l'occupant espère gagner l'appui de la population à l'occupation : « Marjah offre un microcosme de la stratégie adoptée par les forces internationales pour conquérir une région et la rebâtir et gagner la confiance de la population.

« Si l'opération de Marjah crée une meilleure stabilité dans la région et si cela est fait comme il faut, cela enverra un message aux autres régions du pays. » Il a précisé que Marjah n'est qu'un des 385 districts de l'Afghanistan.

Samedi, le premier jour de l'opération Mushtarak, 4 500 marines étasuniens, 1 500 soldats afghans et 300 soldats étasuniens ont commencé leur assaut sur Marjah où, selon l'OTAN, se cachent 1 000 Talibans.

Selon les reportages, le Taliban affirme que 2 000 de ses militants sont dans la région. Mais la correspondante d'Al Jazeera, Zeina Khodr, écrit : « Les commandants de l'OTAN et les représentants afghans disent que jusqu'à présent l'opération est une réussite. Il y a peu de résistance sur le terrain mais il faut se rappeler que cela a toujours été la tactique du Taliban.

« Vous entendez souvent leurs porte-parole dire : 'Nous allons affronter l'envahisseur' et 'nous allons résister', mais le Taliban sait très bien qu'il ne peut pas affronter une armée supérieure.

« Les porte-parole du Taliban nous disent plutôt qu'ils ont entre autres l'option de tout simplement se retirer et d'utiliser des explosifs improvisés et des mines. En fait, tout le secteur est miné.

« Les commandants disent eux-mêmes qu'ils avancent très lentement à cause de ces explosifs. »

(Al Jazeera, Radio Havana Cuba)

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Honduras

Une «Commission de la vérité» au milieu
de la torture et des assassinats

Le Marxiste-Léniniste reproduit ci-contre un article d'Annie Bird, la co-fondatrice de l'organisation Rights Action qui expose les efforts du régime illégitime de Porfirio Lobo pour se donner une image de crédibilité avec sa « Commission de la vérité ». Cette tentative de camoufler le coup et les autres crimes commis par les forces oligarchiques antisociales du Honduras est faite tandis que des crimes continuent d'être commis contre le peuple du Honduras afin de réprimer son mouvement visant à se doter du pouvoir politique et que la vaste majorité de la population du Honduras ainsi que les peuples du monde et leurs gouvernements refusent de reconnaître un gouvernement qui a été élu par des élections illégitimes suite au coup.

* * *

Grande mobilisation du Front national de la résistance populaire le 27 janvier 2010, jour où le président Manuel Zelaya a été renversé.

Mardi le 4 février, Profirio Lobo, le président « élu » lors des élections frauduleuses du 27 novembre 2009, a donné le mandat à l'ancien vice-président du Guatemala, Eduardo Stein, de présenter une proposition pour former une « Commission de la vérité ».

Le même jour, un dirigeant syndical actif dans le mouvement de résistance pacifique a été assassiné alors que deux cameramen du réseau national de télévision Globo ont été kidnappés et torturés par des forces de sécurité de l'État hondurien le 2 février.

L'assassinat du dirigeant syndical et les témoignages des deux journalistes confirment les craintes que la répression va continuer ou s'intensifier contre les secteurs qui expriment leur opposition au gouvernement de Lobo, exposent les violations des droits humains ou appellent à une nouvelle constitution pour le Honduras.

Le 27 janvier 2010, Porfirio Lobo a été intronisé président lors d'une cérémonie devant une poignée de diplomates étrangers alors que des centaines de milliers de Honduriens marchaient de l'Université de l'Enseignement national vers l'aéroport pour saluer le président Manuel Zelaya Rosales à son départ pour la République dominicaine.

Dans un effort pour renforcer l'image très pauvre de son gouvernement, Lobo a formé un soi-disant « gouvernement de réconciliation nationale », qui comprend des partis politiques dits de gauche, au sujet duquel le mouvement de résistance nationale a dit qu'il ne représente en rien la résistance. C'est également dans un effort pour renforcer la légitimité de son gouvernement qu'il a appelé à la création d'une Commission de la vérité.

Cette proposition d'une Commission de la vérité a été invoquée la première fois dans les soi-disant accords de San-José-Tegucigalpa à l'initiative du médiateur Oscar Arias. Bien que le Front national de résistance populaire et le président renversé Manuel Zelaya aient déclaré cet accord « nul et non avenu », puisque Zelaya n'a pas été rétabli dans ses fonctions à la présidence, le gouvernement Lobo continue de promouvoir la Commission de la vérité tout comme le gouvernement américain qui a appuyé le régime illégal issu du coup et le mandat d'origine de la Commission de la vérité.

La promotion d'une Commission de la vérité au milieu de la répression par l'État et sans aucune participation de la société hondurienne y compris du mouvement de résistance dont les membres ont été les plus touchés par la répression (notamment par des assassinats, des enlèvements, le viol et la torture) et en coordination directe avec les auteurs de la répression par l'État – le régime oligarchique militaire installé par le coup – n'est rien d'autre qu'un effort pour donner de la légitimité aux auteurs de ces violations sans que les conditions nécessaires ne soient créées pour permettre aux victimes de révéler la vérité.

La résistance continue de lutter pour une Assemblée constituante nationale qui écrira une nouvelle constitution qui comprendra des propositions provenant de vastes secteurs de la société. La constitution actuelle est le résultat d'un processus qui a débuté en 1981 suite à un coup.

En même temps que nous devons dans l'immédiat dénoncer la répression et les violations des droits humains et considérer cette « Commission de la vérité » avec le maximum de prudence et de scepticisme, nous devons appuyer et travailler avec le mouvement de résistance dans sa lutte pour l'établissement à moyen ou long terme d'une Assemblée constituante nationale pour renouveler le pays et la société.

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)

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Communiqué #47 du Front national
de résistance populaire

Le Front national de la résistance populaire condamne les plans du régime de facto de Porfirio Lobo Sosa de licencier un grand nombre d'employés de la fonction publique et d'éliminer ou de coopter les organisations de défense des travailleurs.

Cette action fait partie de la stratégie de l'oligarchie pour affaiblir les organisations populaires dont près de la moitié ont participé aux protestations contre le coup d'État et continuent d'être une force importante pour l'affirmation des revendications du peuple qui réclame le rétablissement de la démocratie et la création d'une Assemblée constituante nationale populaire.

La dictature Lobo, qui agit pour le compte d'un tout petit groupe de grands employeurs, cherche à accélérer la mise en oeuvre du modèle néolibéral qui lui permettra de continuer de concentrer la richesse par l'exploitation, le vol et la destruction des ressources naturelles.

Nous lançons l'appel à tous les membres de la Résistance partout au pays et en particulier aux organisations ouvrières à faire preuve de vigilance face à l'offensive néolibérale de l'oligarchie. Nous devons resserrer les rangs contre les ennemis de la classe ouvrière.

¡Resistimos y Venceremos !
(Nous résisterons et nous vaincrons !)

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