Le Marxiste-Léniniste

Numéro 29 - 12 février 2010

Jeux d'hiver 2010

Pour des événements sportifs
centrés sur l'être humain !

Comment on dépense son argent
Pour des événements sportifs centrés sur l'être humain !
À titre d'information: Amusez-vous et tâchez d'oublier que cela coûte 8 milliards$ 

Sur la trajectoire du relais de la Flamme

Montréal
Hausse des tarifs dans les installations récréo-sportives, culturelles et communautaires - Serge Lachapelle

Accueil | Archives | English

Comment on dépense son argent

Pour des événements sportifs
centrés sur l'être humain !


«Les Olympiques de la pauvreté», Vancouver
le 10 février 2010.
(Photo: kk+ -- Flickr)

On reconnaît le caractère d'une personne ou d'un État à la façon dont elle ou il dépense son argent. Le caractère centré sur le capital de l'État canadien nous est révélé par les dépenses de l'État pour de grands événements dominés par l'oligarchie financière internationale comme les Olympiques. Les dépenses d'un État centré sur l'être humain seraient au contraire centrées sur sa responsabilité sociale d'accroître les investissements dans les programmes sociaux, les services publics et l'économie socialisée dont tous les Canadiens dépendent. Il est possible de bâtir un mouvement olympique qui rassemble les peuples du monde pour le sport et l'amitié, mais il faut pour cela éliminer la domination actuelle des Jeux olympiques par le capital monopoliste et l'élite privilégiée du CIO qui regroupe des membres de l'oligarchie financière internationale.

Le sport, la construction, l'immobilier, le transport et la sécurité sont réunis dans les Jeux olympiques comme moyens de faire faire beaucoup d'argent à une petite minorité. C'est l'État qui fournit les garanties, les fonds publics, le marketing, l'infrastructure et la sécurité pour ce coup d'argent. Sans tout cet argent public et sans la garantie d'un certain taux de rendement et de sécurité des investissements, des Jeux olympiques aussi extravagants ne seraient pas possibles et c'en serait fait des profits fabuleux des monopoles impliqués, de même que de leur prétention d'être le moteur de la vie économique, sociale, culturelle et sportive.

La Grèce poussée à la faillite

L'oligarchie financière internationale a décrété que la Grèce est en faillite. Une partie importante de la dette de la Grèce est la dette olympique garantie, qui représente 20 milliards $, et elle est due aux investisseurs qui ont financé les Jeux de 2004. L'Union européenne est en train de préparer un sauvetage de la Grèce. Ce sauvetage ne garantit pas le bien-être du peuple grec, il garantit le paiement des dividendes et intérêts sur la dette aux investisseurs, dont ceux qui ont financé les Olympiques de 2004. L'Union européenne demande au peuple grec de lui rembourser l'argent du sauvetage et d'accepter une réduction de son niveau de vie et des programmes sociaux et services publics que toute société moderne se doit de dispenser. La faillite forcée de la Grèce est un exemple de l'échec d'un État centré sur le capital et de Jeux olympiques dominés par les monopoles internationaux.


Grèce, le 10 février 2010: De grandes manifestations ont eu lieu dans 66 villes. Les travailleurs ont dit
Non! à la réduction des salaires et des pensions et à la hausse de l'âge de la retraite sous prétexte
de «sauver le pays» de la ruine.
(Photos: KKE)

Les Jeux olympiques d'hiver de 2010

Si nous les imaginons tels qu'ils devraient être, les sports, la construction, l'immobilier, le transport et la sécurité sont toutes des choses positives et nécessaires de la vie moderne. Mais dans la réalité concrète du capitalisme monopoliste d'État, ces cinq secteurs sont dominés par l'oligarchie financière internationale et ils sont devenus des instruments de profits et de privilèges faramineux pour une petite minorité et, à l'inverse, l'instrument de privation de dépenses nécessaires et d'une insécurité croissante pour la majorité.

La plus grande part du capital de départ des projets reliés aux Olympiques est ou bien directement empruntée par l'État ou bien une dette garantie par le biais des partenariats public-privé. Les dépenses en transport de l'État pour les Olympiques dans le Lower Mainland de la Colombie-Britannique vont à deux grands projets : l'élargissement de l'autoroute Sea to Sky qui relie Vancouver à la station balnéaire de Whistler (les états financiers vérifiés établissent le coût total de ce PPP à 1 milliard $) et le train Canada Line Sky qui relie l'aéroport de Vancouver au centre-ville (évalué à 2 milliards $). Le transport stimule la spéculation immobilière et fait monter les prix. Le secteur immobilier de Vancouver est maintenant le plus dispendieux au monde, avec des prix du marché bien au-delà du prix de la production des habitations, et c'est en grande partie à cause des Jeux olympiques et des grands projets qui y sont reliés.


La défunte aînée autochtone Harriet Nahanee (au centre) qui a refusé de s'excuser pour avoir protesté contre l'expansion de l'autoroute Sea to Sky à Eagleridge Bluffs, qui fait partie du territoire ancestral de son peuple.

Les organisateurs des Jeux ont demandé que l'autoroute Sea to Sky soit rénovée, ce qui a donné un nouveau souffle aux investisseurs du centre de ski Whistler-Blackcomb. Cette station est un élément majeur d'Intrawest, le monopole mondial de la récréation qui a fait faillite pendant la crise économique. Ceux qui contrôlent la dette d'Intrawest demandent à l'État des dizaines de millions de dollars pour que le centre Whistler-Blackcomb soit utilisé pendant les Olympiques et vendu par après à un prix gonflé grâce à la rénovation de l'autoroute Sea to Sky.

Les dépenses de l'État en immobilier pour les Olympiques dans le Lower Mainland sont reliées à trois projets principaux : le Village des athlètes (750 unités de condominiums à 1 333 million $ par condo, pour un total de 1 milliard $), le Richmond Oval (178 millions $) et le nouveau Centre des congrès de Vancouver (883 millions $ jusqu'à maintenant). Cela renforce la tendance actuelle à Vancouver, c'est-à-dire des dépenses et des investissements dans des projets qui bénéficient à une petite partie de la population, tendance en vertu de laquelle les riches s'enrichissent et les pauvres s'appauvrissent et par laquelle Vancouver devient une ville sans base productive sauf la construction et le transport.

Les dépenses pour ces grands projets de transport et d'immobilier reliés aux Olympiques font en sorte que valeur ajoutée produite par les travailleurs se retrouve en majeure partie dans les coffres des monopoles de la construction et des capitalistes financiers détenteurs de la dette. Les grandes entreprises de la construction et les investisseurs ne courent pratiquement pas de risques parce que l'État garantit le paiement. Puis ils n'ont pas besoin de chercher des acheteurs pour les marchandises.

L'autre grand consommateur olympique de produit social est la sécurité. On estime à 1 milliard $ le coût total de la sécurité fournie par l'État et de la sécurité privée. La majeure partie du financement de cette sécurité provient de l'État ou de prêts garantis par l'État. Ces grands événements servent à créer une atmosphère militarisée qui empoisonne les relations entre les gens et crée la méfiance et la peur plutôt que de la solidarité sociale. L'unité et le comportement civilisé ne seraient possibles que par la menace de répression et l'omniprésence de soldats, de policiers et d'armes. C'est une approche médiévale qui élimine la solidarité sociale moderne, civilisée, entre gens qui vivent et travaillent ensemble socialement en mettant en valeur le facteur humain/conscience sociale et en appliquant le principe « un pour tous et tous pour un ». Les monopoles et leurs propriétaires de capital ont créé l'atmosphère rétrograde qui veut que la sécurité soit au bout du fusil parce que cette riche élite s'est mise en contradiction avec le peuple et sa solidarité sociale. L'élite dirigeante a placé la sécurité au bout du fusil parce qu'elle a peur du peuple et peur de perdre sa richesse immense et ses privilèges. En Colombie-Britannique, cette peur du peuple est accrue par le fait que le vol du territoire des peuples autochtones est quelque chose d'encore récent et que les revendications territoriales n'ont toujours pas été réglées de façon satisfaisante et selon le droit international.

Arrêtez de payer les riches !

L'État et sa population ont une quantité donnée de produit social à dépenser. Ce sont les travailleurs qui créent le produit social en transformant les richesses de la Terre Mère. La façon dont l'État et sa population dépensent et investissent ce produit social est une expression du caractère de l'État et de ceux qui contrôlent la direction de l'économie. Cela fait des mois maintenant que le gouvernement fédéral et provincial de Colombie-Britannique avertissent les gens que les finances sont épuisées et déficitaires et que le gouvernement doit faire des coupures. C'est une déformation de la réalité et d'un cynisme brutal. L'État moderne et l'économie socialisée ont une capacité énorme à satisfaire les besoins de la population mais on doit pour cela augmenter les investissements dans les programmes sociaux, les services publics et l'entreprise publique et établir un contrôle des dépenses centré sur l'être humain.

Les Jeux olympiques ont le caractère médiéval de dépenses pour le plaisir d'une petite élite aristocratique, où la majeure partie de la population est la spectatrice d'un grand cirque dans lequel sa participation est très marginale. Ceux qui profitent le plus du spectacle sont les propriétaires du capital par le biais des dépenses de l'État, les revenus de la vente des billets et les droits en publicité et de télévision. Que les Olympiques « soient déficitaires » ou non n'a pas grande importance pour les monopoles parce que leurs profits sont garantis. Si le budget est défoncé, l'oligarchie financière ne sera que trop heureuse de prêter encore plus d'argent, surtout que le remboursement est garanti par l'État. Pour changer cet état de chose et pour utiliser les dépenses de l'État et des principaux secteurs de l'économie pour le progrès de notre humanité et de notre civilisation communes, il faut créer, par la mobilisation politique et idéologique maximum, une Opposition officielle ouvrière qui force l'État à accroître ses investissements dans les programmes sociaux, dont font partie les sports pour tous, les services et les entreprises publics, et le force à arrêter de payer les riches et à arracher le contrôle de la direction de l'économie des mains de l'oligarchie financière.

Ensemble, luttons pour pour des événements sportifs centrés sur l'être humain !
Arrêtez de payer les riches ! Augmentez les investissements dans les programmes sociaux !

Haut de page


À titre d'information

Amusez-vous et tâchez d'oublier
que cela coûte 8 milliards $

Voici le pointage du plus grand de tous les événements sportifs des Jeux olympiques internationaux, le jeu de la sous-estimation des coûts et de la surenchère des profits.

Décembre 1997 : La soumission pour les avoir les Jeux d'hiver 2010 à Vancouver commence et les organisateurs promettent que les jeux vont rapporter. Mais pour être bien certain, vaut mieux demander au gouvernement un « investissement de départ » de 100 millions $.

Janvier 1998 : Le premier ministre de la Colombie-Britannique, le chef du NPD Glen Clark, proclame son « appui sans équivoque » à la candidature de Vancouver, en autant qu'il y ait « un bon plan d'affaire » car « ce n'est pas nous qui allons subventionner cela ».

Mai 1998 : Clark remet un chèque de 150 000 $ pour démarrer le processus et rend publiques les premières estimations officielles des retombées des Jeux d'hiver : une croissance économique d'un milliard de dollars et 25 000 emplois.

Décembre 1998 : « Bonne nouvelle pour la Colombie-Britannique », dit Clark, la province est candidate officielle pour les jeux de 2010. Mais il avertit les contribuables que la province devront financer d'importants travaux de transport. « C'est beaucoup d'argent. Je ne vais pas prétendre le contraire. »

Novembre 2001 : « Les Jeux vont s'autofinancer », déclare le nouveau premier ministre, le chef libéral Gordon Campbell. « Nous allons nous en assurer. »

Janvier 2002 : Une firme d'experts conseille au gouvernement d'améliorer l'autoroute Sea to Sky s'il veut obtenir les jeux de 2010. Il doit aussi construire un train rapide entre l'aéroport et le centre-ville de Vancouver et agrandir le Centre des Congrès de Vancouver. Les libéraux approuvent les trois projets mais insistent pour dire que ce ne sont pas des dépenses reliées aux Jeux olympiques.

Novembre 2002 : Campbell rend publics les résultats d'une étude qu'il a commandée sur les retombées économiques des Jeux d'hiver. On estime que les deux semaines d'activités olympiques vont générer une activité économique de 10,7 milliards $ et créer 244 000 emplois sur 35 ans.

Octobre 2004 : Un peu plus d'un an après l'octroi des Jeux d'hiver 2010 à Vancouver par le Comité olympique international, le patron du Comité olympique de Vancouver John Furlong chante les louanges des Jeux d'été tenus à Athènes l'été précédent. « Ce pourrait être le plus grand succès olympique de tous les temps », dit-il. Pendant ce temps, la Grèce chancelle sur le bord de la faillite avec une dette qui atteindra 20 milliards $. Tout le système monétaire européen est menacé. Un autre fier moment du financement olympique.

Septembre 2006 : Le vérificateur général de la Colombie-Britannique reproche au gouvernement libéral de n'avoir pas compté tous les coûts reliés aux Jeux olympiques. Le premier ministre jure qu'ils se chiffrent à 600 millions $ mais le vérificateur affirme que c'est 2,5 milliards $ que les contribuables devront payer et que le total continue d'augmenter.

Juillet 2007 : Le conseil des ministre approuve un budget revu à la hausse de 885 millions $ pour le Centre des congrès, presque le double de l'estimation initiale.

Avril 2008 : La vérification du bilan financier de Vancouver révèle que le conseil municipal a discrètement assumé la pleine responsabilité des risques associés à la construction et la mise en marché du Village des athlètes, d'une valeur d'un milliard de dollars.

Février 2009 : Le budget pour la sécurité des Jeux est revu à la hausse, à 900 millions $, comparé à la risible somme de 175 millions $ prévue par le gouvernement libéral.

Juillet 2009 : La vérification du bilan financier de la Colombie-Britannique établit à 1 milliard $ le coûts du partenariat public-privé pour la construction de l'autoroute Sea to Sky. Le gouvernement avait annoncé que cela coûterait 700 millions $.

Août 2009 : Inauguration du train rapide Canada Line qui relie l'aéroport au centre-ville de Vancouver, qui aura coûté 2 milliards $, alors qu'on avait prévu 1,4 milliard $.

Novembre 2009 : Le gouvernement publie ce qu'il appelle « l'étude la plus complète » jamais faite des retombées économiques des Jeux olympiques. Durant les cinq premières années, les dépenses reliées aux Jeux (y compris la construction et le tourisme) ont fait grimpé le taux de croissance économique d'un infime 0,01 % et créé environ 3 000 emplois par année.

Février 2010 : Le renflouement des caisses est terminé, déclare le patron du Comité olympique international Jacques Rogge. Le Comité n'aura pas besoin de donner suite à son offre d'aider à clore le budget du comité de Vancouver.

Souhaitons qu'il ait raison, parce que c'est le gouvernement provincial qui est garant de la dette, pas le Comité olympique.

En tout et partout, il aura un coût de 8 milliard $ pour tenir les Jeux d'hiver 2010 à Vancouver.

(Source : « Be a Good Sport and Try to Forget the $8-billion Price Tag », Vaughn Palmer, Vancouver Sun, 11 février 2010)

Haut de page


Le relais de la Flamme est accueilli
par des manifestations partout au Canada


Montréal le 10 décembre 2009.


Manifestations contre le « Train de l'esprit olympique » à l'automne 2008.


À gauche : Manifestation à Montréal contre le « Train de l'esprit olympique » le 18 octobre 2008. À droite : Manifestation à Victoria le 1er novembre 2009.


À gauche: Halifax le 21 novembre 2009. À droite: Six Nations le 19 décembre 2009

Haut de page


Montréal

Hausse des tarifs dans les installations
récréo- sportives, culturelles et communautaires

Après avoir réduit les investissements de 355 millions de dollars dans les parcs, la culture, les sports et loisirs et le transport routier, l'administration Tremblay vient d'annoncer des hausses de tarifs pour l'accès aux installations de la Ville Montréal.

Ainsi, pour les installations du complexe sportif Claude Robillard, les organismes et fédérations sportives subiront une hausse de 160 $ de l'heure pour l'accès aux pistes du complexe et une hausse de 70 $ de l'heure pour l'utilisation du gymnase double. Le tarif pour l'utilisation de terrains de soccer synthétiques extérieurs augmentera de 120 $ par partie de soccer. Pour ce qui est du bassin de natation, on parle d'une augmentation de 100 $. Il s'agit d'une augmentation de 20 % pour l'année 2010.

À l'aréna Maurice-Richard, le tarif d'accès à la patinoire connaîtra une augmentation de 20 % soit 40 $ de plus, pour un total de 240 $ de l'heure.

Au Jardin botanique et à l'Insectarium, l'augmentation du droit d'entrée en haute saison, pour les détenteurs de la carte Accès Montréal, représentera une hausse de 8,3 % pour les 18 ans et plus et pour les personnes de 65 ans et plus. Même les enfants de 5 à 17 ans ne seront pas épargnés : ils subiront une hausse de 6,3 % du droit d'entrée. Les tarifs pour les groupes d'enfants en session estivale augmenteront de 15 %. Finalement, les tarifs de groupe pour le Biodôme subiront une hausse de 9, 1 %.

Les complexes sportifs administrés par la ville centre ne seront pas les seuls touchés par de nouveaux tarifs. Certains arrondissements ont déjà annoncé des augmentations de prix dans les installations qu'ils administrent. Dans Rosemont-La Petite-Patrie, par exemple, la location d'un aréna pour une heure coûtera 85 $ au lieu de 70 $. Dans le Plateau-Mont-Royal, l'accès aux piscines extérieures les fins de semaine et les jours fériés passera de 3 $ à 4 $ pour les adultes.

Dans une déclaration des plus irresponsables, pour ne pas dire provocantes, le responsable des finances au comité exécutif Alan DeSousa a dit douter que les augmentations empêchent quiconque d'accéder aux installations sportives et culturelles. Il fait valoir que, même avec l'augmentation, les citoyens pourront se procurer la carte Accès-Montréal pour bénéficier de tarifs réduits.

« Si on veut continuer à offrir un service de qualité dans les installations culturelles comme les Muséums Nature, il faut augmenter les tarifs », a-t-il résumé.

Pour les adeptes de la vision du monde centrée sur le capital, l'accès à la culture, aux loisirs et aux sports est un luxe. Cette hausse des tarifs qui doit être rejetée en est une autre preuve.

Pour les travailleurs et leurs alliés, l'accès à la culture, aux loisirs et aux sports est une nécessité, un droit qui doit recevoir des garanties concrètes. Elle part d'une vision du monde centrée sur l'être humain, un être humain qui, pour s'épanouir, doit bénéficier d'une vaste culture correspondant à une société moderne. Elle est aussi essentielle que l'air que nous respirons. Les hausses de tarifs doivent être annulées !

Haut de page


Lisez Le Marxiste-Léniniste
Site web:  www.pccml.ca   Courriel: redaction@cpcml.ca