Archives | English
La stratégie d'«une seule
mine» de
Vale Inco
révèle une divergence d'intérêt
Nos communautés ! Nos
ressources ! Nous décidons !
Le plan pas si secret
révélé
subrepticement par la direction de Vale Inco nous montre la
divergence
d'intérêt qu'il y a entre les monopoles et les
Canadiens.
Alors que ceux-ci sont préoccupés par la crise
économique, la destruction de la base
manufacturière, le
chômage, la dégradation des programmes sociaux et
des
services publics et par la
multiplication des attaques contre les droits syndicaux, les
monopoles
exploitent l'insécurité provoquée par la
crise
pour se remplir les poches et renforcer leur pouvoir et leur
contrôle dictatorial sur l'économie, la politique et
la
population du Canada.
Vale Inco veut réduire l'emploi dans ses
mines de
Sudbury de près de la moitié et réduire ce
qu'il
appelle « les coûts réels de la
production du
nickel » de leur niveau actuel de 4 ou 5 dollars
à
moins de 3 dollars la livre. La première phase du pan de
Vale
Inco a été de pousser les travailleurs d'Inco
à la
grève en exigeant des
concessions. Le plan de Vale est essentiellement de s'assurer des
profits plus élevés au détriment des
mineurs, des
travailleurs métallurgiques et de la région et de
soustraire cette valeur de la région et de
l'économie
canadienne. (Voir ci-dessous : « La vision
centrée sur le capital de Vale Inco sur les coûts de
production »)
Le plan de mine unique de Vale signifie une
réorganisation centrée sur le capital
Le plan pas si secret de Vale pour
« une
seule mine », que les médias ont
« divulgué », dénigre les
travailleurs de la production, les employés
salariés et
même les contremaîtres en les qualifiant de
« médiocres » et de gens qui pensent
que
« quelque chose leur est due ». C'est
vraiment incroyable quand on pense qu'il y a à peine
quelques
années Vale remettait 19 milliards $ à un
holding
financier pour acquérir le même Inco qu'il
dénigre
aujourd'hui et veut faire éclater. Le plan prévoit
une
réorganisation
centrée sur le capital et les propriétaires
affirment que
« le secteur du nickel doit se
réinventer » pour mieux servir le monopole
mondial
Vale qui demande un tribut toujours plus élevé et
une
servitude absolue.
Le plan propose la stratégie
« une
seule mine », un concept plutôt vague mais qui
ne peut
signifier qu'une chose : le plan néolibéral de
Vale
passe avant toute chose et aucune autre conception ne sera
acceptée ou tolérée. La stratégie
« une seule mine » exige « un
engagement solide des employés »
en appui à la stratégie de Vale et
l'élimination
de l'influence des syndicats. C'est l'ultimatum de Georges Bush
appliqué aux arrangements entre les travailleurs et les
gestionnaires du travail : ou bien vous êtes avec le
pouvoir
qui provient de l'autorité de la propriété,
ou
bien vous êtes contre l'entreprise et sa stratégie
néolibérale d'une mine
unique et alors c'est le congédiement.
On interdit aux travailleurs d'avoir quelque
opinion ou
influence sur les conditions de travail, les salaires, les
avantages
sociaux, l'avenir des mines et des raffineries ou sur toute autre
question relative à la production qui contredit la ligne
« d'une seule mine », surtout si ces
opinions
sont exprimées collectivement et de façon
organisée par un syndicat. On ne permet pas aux
travailleurs et
à leurs régions d'émettre la moindre opinion
qui
contredise le monopole sur la direction de l'économie et
sur le
rôle que la production de nickel peut jouer dans le
développement des régions et des communautés
riches en nickel, surtout si ces opinions sont organisées
collectivement
sous la forme d'une opposition politique ouvrière qui
pourrait
devenir une voix puissante pour former l'opinion publique et une
force
matérielle pour la construction d'une alternative
centrée
sur l'être humain.
Des monopoles comme Vale et Xstrata ont l'unique
ambition de faire autant d'argent que possible et le plus
rapidement
possible avec les ressources du Canada. Ils ne se soucient
nullement de
laisser derrière eux des communautés vibrantes
dotées d'économies viables, d'infrastructures
modernes et
de programmes sociaux de qualité. Les
monopoles sont dans les régions pour y exploiter le
meilleur de
leurs ressources, y prendre tout ce qu'ils peuvent le plus
rapidement
possible et disparaître, laissant des villes fantômes
dans
leur sillage. Ça n'est pas une exagération. On a
qu'à lire le document de Vale. Il n'y a rien dans ce plan
qui
reconnaisse un lien entre Vale et les préoccupations
de la communauté et la viabilité à long
terme de
l'économie et de la région. Le plan se concentre
uniquement sur les besoins des propriétaires du capital et
de la
dette de Vale et c'est bien cela le problème avec les
monopoles.
Leurs intérêts supplantent ceux du peuple, de
l'économie et même de la société toute
entière.
Vale Inco affirme dans ce plan qu'il se doit de
développer une aproche d'une seule mine qui comprend un
plan
d'affaires intégré centré sur la production
de
liquidités et sur des opérations profitables,
répétant ainsi le même jargon
néolibéral de son PDG sur la
nécessité
« d'être en état de liquidité
positif
dans tous les cycles
d'affaires ». Selon le plan, la stratégie d'une
seule
mine prévoit un seul quart-horaire de production et une
standardisation des horaires, des équipements, des mesures
incitatives et de la discipline. Toute personne qui ose
suggérer
que cette « approche standard » n'est pas
dans le
meilleur intérêt des travailleurs, ou qu'elle n'est
pas
dans l'intérêt à long terme de la
communauté
et de l'économie est qualifiée de
« médiocre » et de quelqu'un qui
pense que
« quelque chose lui est due » et doit donc
être expulsé de l'industrie du nickel et de la
région.
La stratégie d'une seule mine
centrée sur
le capital est censée encourager « une culture
centrée sur le succès de la division plutôt
que
celui de la mine individuelle ». Mais qui va
définir
ce qui est un succès ? Si le
« succès » est défini de
manière étroite comme une victoire pour la
« division », est-ce
que les travailleurs ne seront pas poussés à se
concurrencer les uns les autres afin que l'entreprise enregistre
un
« succès » qu'elle a elle-même
défini ? Si le
« succès » est
défini de façon étroite comme du profit que
l'entreprise retire des régions et du Canada, est-ce que
ce
n'est pas plutôt un échec pour les
communautés riches en nickel et un désastre
potentiel
à long terme ?
Selon une opposition ouvrière, le
« succès » serait plutôt que
la
valeur ajoutée produite par les travailleurs est
retournée aux communautés riches en nickel afin de
garantir leur viabilité à long terme. Ce n'est pas
l'avis
du monopole centré sur son objectif étroit de
production
de liquidités et d'opérations profitables et son
obsession
d'un « état de liquidité
positif ».
Le « succès » voudrait dire une
opération qui a très peu d'accidents de travail. Le
succès voudrait dire que la valeur ajoutée
retournerait
dans la communauté afin de créer une
économie
régionale qui subvient à ses besoins et est
à
l'abri des cycles d'affaires destructeurs. Ce n'est pas ce que
les monopoles veulent et ils ne considéreraient jamais
cela
comme étant un succès. Ce genre de succès
centré sur l'être humain appartient seulement
à une
opposition ouvrière unie et déterminée
à
combattre le droit de monopole, y compris la stratégie
d'« une seule mine ».
La stratégie d'une seule mine évoque
la
« nécessité d'introduire un langage qui
rend
possibles les transferts flexibles entre les différentes
mines
selon le besoin ». « Introduire un
langage ? » Où
ça ? Dans la convention
collective ?
Dans l'opinion publique ? Lorsque les monopoles utilisent le
mot
« flexible », c'est en
général pour
attaquer les droits des travailleurs.
Selon le diktat d'une seule mine, il faut ramener
le
nombre d'employés des mines à 1 500 et en
particulier
réduire le personnel de la mine Creighton de 500 à
200,
tout en forçant Inco à Sudbury à produire
entre
180 et 200 millions de livres de nickel par année. On
prévoit « améliorer la
productivité du
travail de 25 % ». En
plus de la réduction de personnel, le plan prévoit
de
réduire les dépenses en capital de moitié,
à 100 millions $ par année.
La productivité est un processus objectif.
Lancer
des chiffres dans l'abstrait, c'est faire de la
désinformation.
Il n'y a que trois façons d'améliorer la
productivité dans les mines : sur le dos des
travailleurs
par l'augmentation de l'intensité du travail ; en
accroissant la mécanisation par des dépenses en
capital ; en faisant de
l'extraction seulement là où les minerais s'y
prêtent le plus facilement et en abandonnant tous les
autres. Si
le plan est de réduire de moitié les
dépenses en
capital et l'emploi, l'amélioration de la
productivité
par 25 % ne peut se faire que sur le dos des travailleurs
qui
restent à l'emploi et en ne traitant que les minerais qui
se
prêtent le plus
facilement à l'extraction.

La conception de Vale centrée sur le
capital
des
coûts de production
Lorsque Vale parle de « coûts de
production », il inclut les réclamations des
travailleurs à la valeur ajoutée en plus des
coûts
des machines, du combustible et d'autres composantes. Placer les
réclamations des travailleurs à la valeur
ajoutée
dans la même catégorie que les coûts de
production
est un geste délibéré. Les salaires, les
bénéfices et les pensions des travailleurs d'Inco
sont
des réclamations légitimes à la valeur
ajoutée que ces travailleurs actifs produisent. Il faut
une
approche complètement centrée sur le capital pour
prétendre que les salaires sont un coût de
production. Les
travailleurs des mines et de la métallurgie ne peuvent
consommer
que ce qu'ils ont produit.
Il n'existe pas d'autre source que la valeur ajoutée que
les
travailleurs produisent et échangent contre d'autres
marchandises.
Les propriétaires du capital et de la dette
de
Vale Inco peuvent seulement réclamer (et consommer) en
tant que
profits et intérêt de l'entreprise ce que les
travailleurs
d'Inco ont produit. Il n'existe aucune autre source de profit et
d'intérêt que ce que les travailleurs ont produit en
valeur ajoutée.
Les coûts de production proviennent d'un
transfert
de valeur qui a déjà été produite.
Cette
valeur transférée, contrairement au temps de
travail des
travailleurs actifs, ne peut donner naissance à une
nouvelle
valeur, mais seulement à une valeur équivalente qui
est
consommée dans le processus de production. Les coûts
de
production sont des
entités qui ont déjà été
produites
ailleurs, comme les machines, les outils, le combustible et
autres
composantes nécessaires au processus de production. Les
coûts de production n'ajoutent pas de valeur mais
facilitent
plutôt la production de nouvelle valeur par les
travailleurs
actifs. Les coûts de production, contrairement aux
travailleurs
actifs, ne
font que transférer leur propre valeur au nouveau produit
pendant le processus de production. Le coût de production
est
remboursé au moment de la vente du produit.
Les mineurs et les métallurgistes d'Inco se
servent des coûts de production que sont les machines, les
outils
et le combustible pour produire une nouvelle valeur
ajoutée
surtout sous forme de nickel. La valeur ajoutée produite
par les
travailleurs actifs devient la source de réclamations
faites par
ces mêmes travailleurs, par les travailleurs à leur
retraite, par les propriétaires du capital et de la dette
et par
les impôts perçus par les gouvernements. Ces
réclamations ne peuvent provenir des coûts de
production,
puisque le revenu de ces coûts ne peut que remplacer les
dépenses initiales. Le salaire des travailleurs, le profit
et
l'intérêt réclamés par les
propriétaires de capital et de dette de Vale
Inco, ainsi que les impôts gouvernementaux, proviennent
tous de
la nouvelle valeur ajoutée que les travailleurs
produisent. On
ne peut prétendre que ces réclamations à la
valeur
ajoutée faites par les travailleurs, les
propriétaires de
capital et le gouvernement sont des coûts de production
sans que
l'un de ces groupes n'adopte un point de vue très
subjectif et ne déclare les réclamations des autres
un
coût à leurs dépens, ce qui est absurde. En
ce
sens, les travailleurs pourraient aussi facilement
dénoncer les
réclamations des propriétaires du capital et de la
dette
en tant que coûts de production à leurs
dépens et
aux dépens des communautés.
L'inclusion des réclamations des
travailleurs
à la valeur ajoutée dans les coûts de
production
révèle une motivation ultérieure, qui est de
placer les propriétaires du capital au centre de l'univers
économique afin qu'ils réclament des vrais
producteurs
qu'ils leur paient un tribut. Cela ressemble beaucoup aux
monarques et
aux seigneurs médiévaux
qui se plaçaient, eux-mêmes ainsi que la Terre, au
centre
de notre système solaire pour réclamer un tribut
des
vrais producteurs, qui étaient à cette
époque
principalement les paysans.
Lorsque les chefs de Vale parlent de
réduire les
coûts de production et incluent faussement les salaires et
les
avantages sociaux des travailleurs comme faisant partie des
coûts, ils utilisent « coûts de
production » en tant qu'euphémisme pour vol des
salaires, des avantages sociaux et des pensions des travailleurs
canadiens et de leurs
communautés pour transformer cette valeur ajoutée
en
profits et intérêt saisis par les
propriétaires du
capital et de la dette et retirés des régions et de
l'économie.
Le fait de réduire les vrais coûts de
production tels que les machines, le combustible et autres
composantes
ne donne naissance à aucune valeur additionnelle. Le fait
de
réduire les coûts de production à la livre
réduit la valeur intrinsèque du nickel mais ne
produit
aucune valeur additionnelle. La réduction des coûts
de
production véritables ne
fera que permettre à l'entreprise de faire plus d'argent
si le
prix du marché du nickel grimpe plus haut que sa valeur
intrinsèque ou que son prix de production, ce que les
monopoles
tentent de faire constamment par leur manipulation mondiale des
prix.
Mais une telle manipulation des prix est une cause majeure de
bouleversements économiques et
de crises, comme on l'a vu ces dernières
années.
Réduire la réclamation des
travailleurs
à la valeur ajoutée produite par eux ne donne pas
plus de
valeur ajoutée mais ne fait que transférer les
salaires,
les avantages sociaux et les pensions des travailleurs aux
propriétaires du capital et de la dette. Ce
phénomène est lui aussi un facteur qui cause les
crises
économiques et les rend plus profondes
et plus longues. Réduire les réclamations des
travailleurs à ce qu'ils produisent peut être
particulièrement dévastateur dans les petites
communautés qui dépendent d'une ou de deux
industries
majeures telles que Sudbury.
Pour plus de discussion de la stratégie
néolibérale de Vale pour « un
état de
liquidité positif dans tous les cycles
d'affaires »,
voir l'article du Marxiste-Léniniste
« Vale
demande que toutes ses unités atteignent un "état
de
liquidité positif" » ci-dessous.
Ne serait-il pas merveilleux si nous avions tous
un « état de liquidité
positif » ?
Cette expression reflète la vision
étroite
et l'égocentrisme subjectif du capitalisme monopoliste. En
affaires, l'expression « état de
liquidité » décrit en
général
une pratique de gestion qui organise les entrées et
sorties de
liquidités. Cela inclut l'organisation de l'achat de
matériel d'inventaire et d'autres dépenses en
rapport
avec le
revenu des ventes de biens et de services. Les compagnies, y
compris
celles qui sont en bonne santé financière, n'ont
pas
toujours un état de liquidité positif pour des
raisons
hors de leur contrôle et elles doivent recourir à
une
ligne de crédit. Des situations urgentes comme la crise
économique actuelle qui détruit les ventes et
gèle
le crédit peuvent
rendre impossible un état de liquidité positif et
elles
peuvent pousser des compagnies mêmes puissantes à la
faillite.
Vale ajoute « doivent
atteindre »
à l'expression et transforme une pratique de gestion
essentiellement routinière vis-à-vis les
liquidités en un absolu : doivent atteindre un
« état de liquidité
positif ».
Selon ses dirigeants, Vale atteint ou atteindra un
état de liquidité positif pendant tous les cycles
d'affaires. Vale et chacune de ses opérations atteignent
ou
atteindront un « état de liquidité
positif », un point c'est tout.
C'est ridicule et cela va même à
l'encontre
des pratiques d'affaires habituelles. Essayons d'imaginer chaque
entreprise comme ayant « un état de
liquidité
positif » dans le cours normal de la vente et de
l'échange, sans l'intervention du crédit sous la
forme de
ligne de crédit ou de lettres de change. Ça ne
serait pas
long que le
capitalisme cesserait de fonctionner.
L'absolu de Vale (l'état de
liquidité
positif) exprime le désir du droit de monopole de dominer
en
tant qu'empire, de dicter ses termes aux autres, les travailleurs
comme
les fournisseurs et les acheteurs de leurs produits, et d'exiger
que
tous agissent comme sujets de leur empire. Vale va jusqu'à
nier
hypocritement le rôle du crédit dans le
maintien d'un état de liquidité fonctionnel qui
n'endommage pas les intérêts d'une compagnie. Il nie
aussi
le rôle du crédit dans l'expansion de la production
(reproduction élargie) bien que Vale soit un des plus gros
emprunteurs dans le monde et un participant actif dans le secteur
financier dans l'échange de produits
dérivés,
comme opérateur en
couverture et prêteur.
Le capitalisme ne peut pas fonctionner avec des
compagnies qui atteignent toutes spontanément un
« état de liquidité
positif ». Il
faudrait pour cela un niveau de coopération et de
planification
en contradiction avec la division de l'économie
socialisée par le capitalisme en composantes
privées et
rivales. À l'origine, la transformation
en capital usuraire du crédit provenant du capital
industriel,
en particulier avec les lettres de change, a permis au
capitalisme de
fonctionner et d'élargir la reproduction. L'expansion par
le
crédit engendre cependant de façon
inévitable un
surplus de biens et de services qui ne peut pas se
réaliser dans
la vente parce que les masses sont appauvries de
façon relative et absolue et n'ont pas les moyens de les
acheter.
Le cycle d'affaires est maintenant mondial et plus
destructeur à cause de pratiques comme le contrôle
monopoliste des prix au-dessus ou au-dessous de leurs prix de
production, le drainage de valeur vers le secteur financier et sa
pratique parasitaire de faire de l'argent avec de l'argent, ce
qui
draine encore plus de richesses dans les mains de
l'oligarchie financière. Ces pratiques contribuent
à
l'anarchie de la production de biens et de services, au
développement inégal ou au
sous-développement des
économies, de l'infrastructure ou de la fourniture de
programmes
sociaux et elles tendent à appauvrir encore davantage la
classe
ouvrière et les pays pauvres qui manquent de moyens de
production modernes. Cela contribue à la tendance,
à
l'échelle nationale et internationale, à
l'élargissement du fossé entre les riches et les
pauvres,
à la concentration de la richesse et du pouvoir dans un
nombre
de mains toujours plus petit et à la formation de
puissants
monopoles mondiaux qui sont capables de dominer et de manipuler
même des
États. Les pays impérialistes les plus puissants
comme
l'empire américain dépensent des sommes
énormes en
armements et en guerres pour s'accaparer des sources de
matières
premières, des marchés et des sphères
d'influence,
ce qui engendre des crises économiques encore plus graves
et
plus longues.
Dans le monde du droit de monopole, toutes les
entreprises n'ont pas les mêmes opportunités.
L'État et les épargnes du peuple sont devenus le
plus
grand créditeur et la plus grande réserve de
capitaux,
que les monopoles peuvent gérer à leur guise
grâce
à leur pouvoir politique. On devient gagnant ou perdant en
affaires selon que l'on bénéficie
ou non de ces stratagèmes pour payer les riches. La banque
d'investissement Goldman Sachs est un gagnant parce que son
président et grand actionnaire Henry Paulson a
été
secrétaire au Trésor des États-Unis, qui lui
a
versé des milliards de dollars à travers le
Programme de
secours des avoirs en difficulté (Troubled Asset Relief
Program,
TARP),
un stratagème pour payer les riches qui se continue sous
le
secrétaire au Trésor de l'administration Obama
Timothy
Geithner, qui vient de la même famille capitaliste
monopoliste en
tant qu'ex-président de la Federal Reserve Bank de New
York.
Le rapport financier de 2008 de Vale
Les monopoles sont capables de manipuler les prix
de
marché pendant un certain temps afin de
générer
des états de liquidité positifs qui vont
au-delà
des espérances même les plus folles des
capitalistes. En
2008, Vale avait un état de liquidité positif de
près de 20 milliards $
essentiellement à cause des prix de marché
élevés et cela malgré qu'il ait payé
2
milliards $ en frais et intérêts, perdu plus
d'un
milliard sur le marché des produits dérivés
et en
dépit du fait qu'il appartienne à une industrie qui
est
soumise à une grande tension à cause de la chute du
taux
de rendement sur le capital investi causée par la
productivité industrielle.
Le rapport de Vale de 2008 donne une vue
d'ensemble des
réclamations du « personnel »,
c'est-à-dire de ceux qui produisent et livrent son produit
social. Les réclamations des travailleurs de Vale à
la
valeur ajoutée qu'ils ont produite en 2008 sont bien
petites si
on les compare aux coûts énormes
représentés
par le capital fixe et de
circulation (les matériaux consommés dans le
processus de
production en plus des dépenses pour des choses comme la
sous-traitance des réparations de la machinerie), qui sont
appelés valeur transférée. Dans sa
comptabilité centrée sur le capital, Vale met
pèle-mêle les réclamations des travailleurs
à la valeur ajoutée et les coûts de
production
(valeur transférée) dans une catégorie qu'il
appelle « coûts des produits vendus »
(COGS). Les « dépenses en
personnel » qui
sont les réclamations des travailleurs à la valeur
ajoutée représentent environ 12.1 % (2,139
milliards $) sur le total des COGS (17,641
milliards $).
La valeur ajoutée est la valeur
créée par les travailleurs quand ils transforment
la
matière première en valeur d'usage. La valeur
ajoutée est la valeur additionnelle créée
par le
temps de travail des travailleurs à partir de laquelle ils
peuvent faire leurs réclamations en salaires, avantages
sociaux
et pensions, les propriétaires du capital peuvent faire
leurs réclamations en profit d'entreprise,
intérêts, frais et rente, et les gouvernements en
taxes.
Les réclamations des travailleurs de Vale
à la valeur ajoutée sont de 2,139
milliards $.
La valeur transférée est la valeur
d'usage
déjà produite qui est consommée dans le
processus
de production. La valeur d'usage est transférée
dans le
nouveau produit social et récupérée quand ce
nouveau produit social se réalise dans la vente. La valeur
transférée n'est pas une valeur nouvelle et
conséquemment elle ne peut pas faire l'objet de
réclamations. La comptabilité centrée sur le
capital n'a pas de catégories pour la valeur
transférée et la valeur ajoutée.
On peut estimer la valeur transférée
de
Vale en déduisant les réclamations des travailleurs
à la valeur ajoutée (personnel) du COGS :
17,641
milliards $ moins 2,139 milliards $ = 15,502
milliards $.
On voit qu'il faut déployer
d'énormes
montants de capital pour que la classe ouvrière puisse
entrer en
action et générer la valeur ajoutée à
partir de laquelle les propriétaires du capital
réclament
leur profit. Ceci est une cause importante de crise dans le
système capitaliste alors que le taux de rendement sur le
capital investi se développe en
relation inverse au développement de la
productivité
industrielle. Les monopoles essaient de surmonter le
problème de
plusieurs façons, notamment en faisant pression sur les
travailleurs pour des concessions, en exigeant que l'État
leur
fournisse des fonds publics, en établissant des prix de
marché pour leur produit social qui est au-dessus des prix
de production, en abaissant les prix de marché des
produits et
services qui sont consommés dans le processus de
production et
en utilisant les épargnes des travailleurs comme source de
capital d'investissement et de crédit sous le
contrôle du
capital monopoliste. Toutes ces pratiques des monopoles
contribuent
à la récurrence des crises
économiques.
On peut apprécier à quel point
l'extraction minière et le raffinage sont devenus
intensifs en
capital en comparant les réclamations des travailleurs en
2008
avec le revenu brut de Vale pour l'année qui se chiffre
à
38,509 milliards $. Les réclamations de 2,139
milliards $ des travailleurs représentent seulement
5.6 % du revenu
brut de 38,509 milliards $. Gardons cependant en tête
que le
revenu brut de Vale en 2008 est gonflé en vertu des prix
de
marché très à la hausse pour les produits de
base
et qui le sont restés pour la plus grande partie de 2008
par
rapport aux contrats de vente établis dans une
période
précédente. Ces prix gonflés ont
été
la cause de grands
bouleversements et de grandes tensions dans le monde comme l'a
montrée l'âpre dispute entre la Chine et Rio Tinto,
le
monopole anglo-américain minier et financier.
Réduire ces 5,6 ou 12,1 % par rapport
au
COGS de Vale ne résoudra pas le problème de la
chute du
taux de rendement sur le capital investi. Il est cependant
important
pour les propriétaires de capital que l'abaissement des
réclamations des travailleurs transfère du revenu
des
poches des travailleurs vers les profits d'entreprise, et c'est
une très bonne affaire pour les propriétaires de
capital.
Cela ne résout pas la crise économique ou la
tendance
à la chute du taux de rendement sur le capital investi
mais pour
les propriétaires du capital de Vale cela transfère
l'argent des travailleurs dans leurs poches déjà
plus que
pleines et c'est une bonne chose même si cela endommage
l'économie socialisée en général.
Les 2,139 milliards $ de réclamations
des
travailleurs en 2008 proviennent directement de la valeur
ajoutée réalisée qui est l'unique source des
réclamations des travailleurs, du profit d'entreprise, des
intérêts, des frais, de la rente et des taxes.
Réduire les coûts réels de
production (valeur transférée) peut jouer un
rôle
important en certaines circonstances mais, en
général,
une réduction dans la valeur transférée
résulte dans une réduction correspondante dans la
valeur
de la production. Une productivité supérieure peut
réduire les coûts par unité de production, ce
qui
aide un monopole
dans la compétition, mais elle accélère la
chute
du taux de rendement sur l'investissement. La tendance à
la
hausse relative des coûts de production (la proportion de
valeur
transférée par unité de production par
rapport
à la valeur ajoutée par les travailleurs) par le
biais de
l'augmentation de la productivité est une tendance
capitaliste
bien établie qui
réduit le nombre de travailleurs produisant la même
quantité de produit social et a pour conséquence
inattendue la baisse de la quantité de valeur
ajoutée par
unité d'investissement. La part relative de la valeur
ajoutée est réduite en comparaison avec les
coûts
réels de production, ce qui abaisse le taux de rendement
sur le
capital investi et ce serait la
même chose même si on réduisait à
presque
rien les salaires et les avantages sociaux des travailleurs.
Il faut noter aussi que la comptabilité
centrée sur le capital n'inclut pas dans le total des
« coûts des produits vendus » les
coûts en capital fixe autres que ceux des travaux de
réparations qui sont donnés en sous-traitance. Le
transfert de valeur des machines et des édifices dans le
produit
social qui est récupéré comme un coût
de
production dans la vente est considéré comme un
« revenu » et non comme une dépense
récupérée.
« Dépréciation,
amortissement
et épuisement = 2,807 milliards $ pour
2008 ».
Ceci est le montant (de valeur
transférée)
récupéré par le monopole dans la vente du
produit
social pour compenser pour l'achat original de machines, etc. Les
moyens de production fixes sont consommés petit à
petit
et leur prix d'achat à l'origine est
récupéré quand les machines
transfèrent
leur valeur au nouveau produit social. Le transfert de
valeur est du revenu seulement en tant que partie du revenu brut
mais
il n'est pas du revenu au même titre que la valeur
ajoutée
une fois réalisée qui est une valeur nouvelle
créée par le temps de travail des travailleurs de
Vale.
La valeur transférée fixe n'ajoute rien à la
valeur des usines et des machines transférée au
produit
social.
Le prix à l'achat des biens de capital fixe
comme
les machines est inscrit en tant que
« Liquidités
provenant des activités d'investissement — ;
Item :
Additions à la propriété, à l'usine
et
à l'équipement (2008) = 8,972
milliards ». Le
montant total est inscrit comme une déduction du revenu
brut et
il apparaît
comme « revenu » quand il est
transféré à la nouvelle production des
années subséquentes.
Notons que le montant total de 2008 imputé
à la dépréciation, à l'amortissement
et
à l'épuisement du capital fixe (la valeur fixe
transférée de 2,807 milliards $) est plus
élevée que les réclamations du personnel
à
la valeur ajoutée (2,139 milliards).
Dans son rapport de 2008, Vale décrit le
« miracle » de la croissance explosive de
son
empire et des « liquidités nettes provenant des
opérations » (près de 20
milliards $) de
la façon intéressée suivante :
« Pendant le cycle d'expansion, la
maximisation de la production a joué le
rôle-clé
dans la maximisation de la valeur et nous avons réussi
à
augmenter notre agrégat de production de produits en vrac
et
non-ferreux d'une moyenne annuelle de 11,2 % depuis
2003. »
Vale oublie de mentionner que la plus grande
partie de
« la moyenne annuelle » de croissance est
le
résultat d'acquisitions (Inco, etc.) et de la hausse des
produits de base. Vale y fait une allusion lointaine quand il
admet que
les prix de marché remarquablement élevés
ont
contribué à l'état de liquidité
positif en
2008 :
« En 2008, nos revenus bruts
d'opérations (revenu brut) ont atteint le niveau record de
38,509 milliards $US, soit 16 % de plus que les 33,115
milliards $US de 2007.
« L'augmentation des prix des produits
a
contribué 4,932 milliards $US, soit 91 % de
l'augmentation totale de 5,394 milliards $US par rapport
à
2007, tandis que la croissance du volume des ventes a
ajouté 462
milliards $US. »
La beauté de la fixation des prix par les
monopoles ! Bien sûr, ces prix de monopoles ont
joué
un rôle majeur dans la destruction de l'économie
socialisée de plusieurs pays et d'autres secteurs mais
pourquoi
s'en faire quand l'empire et son « état de
liquidité positif » sont satisfaits !
Le « cycle d'expansion » est
fini
et Vale a changé ses tactiques pour faire face à la
crise
économique qu'il a contribué à créer.
Les
prix de marché ont chuté considérablement,
bien
que pas aux niveaux précédents, mais cette
méthode
pour obtenir un état de liquidité positif est
néanmoins bloquée pour le moment. Le cycle
expansionniste a fourni à Vale des liquidités
énormes mais il lui a aussi légué une
énorme dette. L'état de liquidité positif
s'est
maintenant envolé mais il faut faire les paiements sur la
dette
quelque soient les prix des produits de base dans les
années
à venir. Vale entretient maintenant la rumeur qu'il va
utiliser
ses réserves en liquidités comme
garantie pour faire de nouveaux emprunts afin d'acquérir
d'autres propriétés et agrandir son empire (il
planifie
d'acheter pour 20 milliard $ le monopole américain
d'engrais Mosaic Co. présentement contrôlé
par
Cargill).
Au sujet de ce que Vale appelle la période
de
« contraction » actuelle, Vale
écrit : « La priorité s'est
déplacée vers la minimisation des coûts comme
outil
majeur de création de valeur [sic] et nous cherchons
à
atteindre ce but à travers des initiatives variées
comme
la réduction des coûts d'opérations et
d'investissements. »
Les propriétaires de Vale entendent faire
cette
« création de valeur » en
réduisant
les réclamations des travailleurs de Vale sur la valeur
ajoutée qu'ils produisent pendant cette période de
« contraction ». Intéressante
conception
de création de valeur qui vole les réclamations de
travailleurs à la valeur ajoutée qu'ils ont
produite. Cette idée parasitaire provient des mêmes
cerveaux de capitalistes monopolistes qui pensent qu'on peut
accroître l'argent du secteur financier sans faire appel au
secteur de production de biens ou qu'on peut consommer quelque
chose
sans d'abord le produire.
La « création de
valeur »
est également impossible sans la réduction des
coûts de production sauf si le contrôle monopoliste
des
prix de marché impose qu'ils soient maintenus plus
élevés que les prix de production. Lorsque Vale
exige que
toutes les unités d'affaires atteignent un
« état de liquidité positif »
pendant tous
les cycles d'affaires, il cherche à voler les
réclamations des travailleurs à la valeur
ajoutée.
C'est de la propagande pour tromper les travailleurs et les
couches
moyennes afin qu'ils ne s'unissent pas consciemment et ne
défendent par leurs droits et les droits de tous dans la
lutte
de classe contre le droit de monopole. Cette propagande est
intimement
liée à l'affirmation non scientifique que les
concessions
ont quelque chose à voir avec la solution de la crise
économique, ce qui n'est pas le cas. Comme première
ronde
de cette bataille, Vale demande des concessions aux mineurs et
aux
raffineurs de Vale Inco. Il est très important pour les
travailleurs de Vale Inco et pour tous les Canadiens et
leur économie socialisée de vaincre la campagne
antiouvrière et antisociale de Vale pour des concessions
au nom
de « l'état de liquidité
positif ».

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca
Courriel: redaction@cpcml.ca