Accueil |
Archives | English
La politique et l'économie de
l'édification nationale
Ces dernières années, le Canada a
été durement frappé par des décisions
prises par des monopoles géants, sur lesquels les
Canadiens ont
peu ou pas de contrôle. Ces décisions ont
provoqué
une grave dislocation de l'économie et une
désintégration du secteur manufacturier et du tissu
social canadien. Parmi ces décisions et actions il y a par
exemple celles qui ont durement frappé la base
manufacturière, comme Vale Inco, US Steel, Xstrata,
AbitibiBowater, Nortel, Rio Tinto, Eurocan à Kitimat,
Shell
à Montréal et les monopoles de l'automobile.
Le parlement canadien, l'Assemblée
nationale du
Québec et les assemblées législatives des
provinces semblent impuissants à défendre les
droits et
le bien-être des Canadiens. Ces instances politiques qui
devraient être à la barre de l'édification
nationale jouent plutôt le rôle de faciliter le droit
des
monopoles de détruire la base manufacturière au
gré de leurs intérêts, de
déprécier
les services publics et les programmes sociaux et de nier aux
Canadiens
le droit souverain de contrôler la direction de
l'économie
socialisée et d'exercer une autorité sur leurs
institutions politiques.
La politique et l'économie de
l'édification nationale se croisent dans des initiatives
pour
changer la situation en faveur du peuple. Le parlement canadien,
l'Assemblée nationale du Québec et les
assemblées
législatives des provinces doivent être au service
de
l'édification nationale au pays et à
l'étranger et
non pas des instruments du droit de
monopole et de la dictature des propriétaires du capital.
Les
initiatives et revendications économiques populaires qui
vont
dans le sens de bâtir les secteurs de base de
l'économie
ou de les secourir de la destruction monopoliste doivent trouver
un
appui dans les institutions politiques. Le fer de lance de cette
lutte
doit être de faire avancer le
mouvement organisé du peuple pour renouveler les
institutions
démocratiques et le processus politique. On peut
établir
une direction prosociale en développant un mouvement des
travailleurs et des gens à l'esprit démocratique
pour
formuler un projet d'édification nationale en
bâtissant
des Comités de citoyens pour le renouveau
démocratique.
Menés par le Parti marxiste-léniniste du Canada, le
but
de ces comités est de mettre fin à la destruction
nationale, d'investir le peuple du pouvoir souverain et de voir
à ce que les Canadiens aient leur mot à dire sur la
défense de leurs intérêts au niveau local,
régional et national. Pour cela il faut des politiciens
ouvriers
qui oeuvrent dans les
institutions politiques et qui défendent les initiatives
économiques populaires en opposition au droit de monopole.
Il
faut des politiciens ouvriers qui se font élire et qui
s'unissent et mènent le peuple dans une Opposition
officielle
ouvrière.
Le Marxiste-Léniniste sollicite
les
points de vue des Canadiens, en particulier des travailleurs qui
sont
directement touchés par ces développements, sur les
efforts d'organisation pour relancer l'édification
nationale,
restreindre le droit de monopole et réaliser le droit
démocratique d'exercer un contrôle sur la direction
de
leur
économie socialisée. Il faut une vaste discussion
et
populariser toutes les propositions qui sont faites pour
bâtir
des entreprises et une économie viables dans les
régions,
dans les grandes villes et partout au pays, les propositions qui
mettent concrètement au défi le droit de monopole
et qui
vont dans le sens de le restreindre.
Cette discussion ne se fait pas dans l'abstrait.
Elle
porte sur des problèmes très réels qui
nécessitent des solutions très réelles.
Trois
problèmes et les solutions possibles viennent
immédiatement à l'esprit mais beaucoup d'autres
font
l'objet de discussions et d'actions partout au pays. Pour
réussir, ces initiatives économiques doivent
être
appuyées
par une mobilisation politique et des initiatives s'attaquant au
besoin
de renouveau démocratique pour faire élire des
travailleurs et réaliser une Opposition officielle
ouvrière.
Les plans néolibéraux du monopole
Vale
pour l'exploration et le raffinage du nickel par Inco au
Canada
L'achat de Inco par
Vale en
2006 d'une société d'investissement a
été
un transfert de capital au sein de l'oligarchie financière
internationale, sans apporter la moindre valeur aux installations
de
Sudbury et aux autres usines
Inco au Canada. Ce transfert de propriété
monopoliste n'a
pas apporté un bénéfice net pour le Canada,
bien
au contraire. Il a accéléré la
restructuration
néolibérale des opérations de Inco. Vale a
l'intention de n'exploiter qu'une seule mine. Elle choisit le
meilleur
gisement et abandonne les autres, avec pour conséquence la
mise
à pied de centaines
de travailleurs, et refuse de réinvestir le produit social
dans
les communautés qui vivent de l'exploitation du nickel. Un
élément important de sa stratégie est de
soutirer
des concessions aux mineurs et aux métallos. Les
travailleurs de
Inco ont répondu en déclenchant la grève
à
la défense de leurs salaires, avantages sociaux et
pensions de
standard
canadien et en demandant au gouvernement d'assumer ses
responsabilités sociales en empêchant la destruction
et en
ramenant Inco sous contrôle canadien.
Le transfert de la propriété et du
contrôle de Inco à l'intérieur de
l'oligarchie
financière internationale à un monopole
étranger
soulève le problème de qui doit contrôler les
ressources naturelles du Canada et décider de leur
exploitation
et utilisation. L'acquisition de Inco, les demandes de
concessions et
la restructuration néolibérale par Vale
posent le problème suivant : que doivent faire les
Canadiens pour se défendre, eux et leurs régions et
leur
économie, quand ils sont ainsi menacés par les
intérêts étroits d'une monopole
puissant ? Que
doivent faire les travailleurs et leurs alliés quand leur
mode
de vie est en danger, quand les moyens de production, les
ressources
naturelles et le produit social qu'ils produisent sont
accaparés
par des intérêts qui semblent échapper au
contrôle des institutions politiques ? Que doivent
faire les
travailleurs et leurs alliés pour garantir leur
bien-être
économique, politique et social et leur avenir, pour eux,
leurs
familles, les communautés et la
société ?
En plus de mener leur grève jusqu'à
conclusion, l'opposition des travailleurs aux attaques et
à la
stratégie néolibérale de Vale
nécessite une
intervention législative en invoquant la Loi sur
Investissement Canada parce que l'achat de Inco par Vale n'a
pas
été à l'avantage du Canada. Vale doit
renoncer
à la propriété de Inco et verser
une indemnisation aux travailleurs, aux communautés du
nickel et
à l'économie pour les torts causés. Certains
ont
également proposé qu'on nationalise les
opérations
de Vale au Canada et qu'on en fasse une entreprise publique au
service
du bien-être des Canadiens et de l'intérêt
général de la société.
La fermeture arbitraire de la papeterie Eurocan
à Kitimat, en Colombie-Britannique
La compagnie West
Fraser
Timber vient d'annoncer la fermeture d'une importante papeterie
à Kitimat. Cela va détruire 500 emplois productifs
et
saper l'économie socialisée de la région et
même de la province. Cette région du nord-ouest de
la
Colombie-Britannique, terre ancestrale des Haisla et des
Henaaksaila,
est une excellente source de fibre ligneuse, mais celle-ci est de
plus
en plus transportée ailleurs plutôt que d'être
transformée sur place. Cette région est aussi
abondante
en ressources hydroélectriques réelles et
potentielles.
Les travailleurs et leurs organisations mobilisent leur
force collective pour la réouverture de la papeterie de
Kitimat
et d'autres usines forestières de la région.
Plusieurs
propositions ont été faites, dont la
réouverture
de l'usine comme coopérative ouvrière ou la
restitution
de la loi qui oblige les compagnies à transformer le bois
là où il trouve, loi qui était en vigueur
avant
l'offensive néolibérale et
antinationale des gouvernements libéraux et
néodémocrates de la province.
La destruction des aciéries Stelco par US
Steel
L'acquisition de
Stelco, qui
fut jadis la plus grande aciérie intégrée du
Canada, par US Steel a été une perte nette pour les
métallos, leurs communautés et l'économie
socialisée. Le transfert de plus d'un milliard de dollars
de US
Steel à d'autres regroupements au sein de l'oligarchie
financière pour l'acquisition de Stelco n'a eu que des
retombées malheureuses pour les métallos. Les
ateliers
Lake Erie demeurent complètement fermées et les
Ateliers
de Hamilton ne produisent plus que des plaques d'acier, ce qui
est une
énorme sous-utilisation de capacité. Le Parti
conservateur au pouvoir poursuit US Steel devant les tribunaux
pour violation des conditions de la vente aux termes de la
Loi sur
Investissement Canada mais les tactiques de diversion de US
Steel
vont sans doute prolonger l'affaire à n'en plus finir.
Les métallos ont demandé une loi
d'urgence
pour obliger US Steel à respecter ses engagements
contractuels
concernant l'emploi et la production et à verser une
indemnisation aux travailleurs, à leurs communautés
et
à l'économie, mais le gouvernement conservateur de
Stephen Harper et le gouvernement libéral de Dalton
McGuinty en
Ontario
refusent d'en parler. Les métallos actifs et à la
retraite du local 1005 aux ateliers de Hamilton font valoir
depuis
longtemps que la solution est de renouveler Stelco en tant
qu'entreprise privée qui deviendrait le coeur d'une
industrie
qui répond aux besoins du Canada en acier et qui
s'étendrait dans toutes les régions du pays. Cette
proposition
requiert une action politique concernant la vente de gros de
l'acier
pour forcer l'industrie à servir l'économie
socialisée du Canada plutôt que d'être un
simple
instrument de réalisation du droit de monopole.
Une Opposition officielle ouvrière
Un problème commun à ces trois cas,
comme
à beaucoup d'autres dans d'autres secteurs et d'autres
régions, est que les travailleurs et leurs
communautés
n'ont pas de pouvoir politique. Les gens ont d'excellentes
suggestions
à faire sur la façon de développer
l'économie socialisée en leur faveur
mais l'absence de politiciens ouvriers élus et d'une
Opposition
officielle ouvrière effective fait en sorte qu'il est
impossible
d'y donner suite.
Cette absence de pouvoir politique mène
souvent
à la frustration et au pessimisme, et à l'absence
de
changement réel sur le plan économique. Nous devons
surmonter cet obstacle en nous organisant et en luttant pour que
les
problèmes causés lorsque le droit de monopole
supplante
le droit public soient résolus par un programme
centré
sur l'être
humain qui restreint le droit de monopole. Cela veut dire qu'il
faut en
faire l'objet d'une mobilisation politique de masse en faveur du
renouveau démocratique et économique. Le programme
pour
le renouveau démocratique et les solutions populaires aux
problèmes de l'économie se croisent dans des
initiatives
pour changer la situation en faveur du
peuple. Cela veut dire que les politiciens ouvriers doivent
être
dans les institutions politiques à défendre les
initiatives économiques des Canadiens en opposition au
droit de
monopole. Il faut faire élire des politiciens ouvriers qui
mènent le peuple dans une Opposition officielle
ouvrière.

Le règlement entre Xstrata et Mine Mill
établit
un modèle de négociations sans concessions
dans le secteur minier canadien
Le 2 février, les membres de la
section locale 598 des Travailleurs canadiens de l'automobile
(TCA) de
Mine Mill en Ontario ont entériné à
93 %
l'entente de principe conclue
par le comité de négociation du syndicat avec
Xstrata
Nickel cinq
heures après l'échéance de minuit le 1er
février, après laquelle ils
allaient en grève. L'entente
est intervenue après six semaines de négociations
difficiles avec
Xstrata qui avait débuté les négociations en
demandant des concessions
sur les pensions, les primes et les effectifs très
semblables
à celles
exigées par l'autre géant du nickel à
Sudbury,
Vale Inco, où les
travailleurs en sont maintenant à leur septième
mois de
grève. Les
membres de la
section locale 598 avaient donné un mandat de grève
de
96 % à leur
comité de négociation. « Les
négociations ont été difficiles mais nous
pensons avoir fait des gains importants », a dit
Richard
Paquin, le
président de la section.
La section 598 des TCA de Mine Mill
représente
540 travailleurs de
la production et de l'entretien de Xtrata Nickel
présentement
à
l'ouvrage dans ses opérations de Sudbury et 580 membres
(toujours sur
la liste de rappel) qui ont été mis à pied
l'an
dernier quand
l'entreprise a fermé ses opérations dans plusieurs
sites
miniers. Les
travailleurs
de Xtrata Nickel avaient placé le facteur humain et la
responsabilité
sociale au centre de leur négociation en faisant du rappel
des
travailleurs mis à pied leur revendication centrale.
L'entente
conclue
prévoit le rappel de jusqu'à 230 des travailleurs
mis
à pied l'an
dernier. Le syndicat a négocié la
réouverture de
la mine Fraser ce qui
va sauver 40
emplois à Nickel Rim et forcer le rappel de 100 autres
travailleurs. Le
contrat prévoit un montant incititatif de 10 000 dollars
pour
les
travailleurs éligibles à la retraite, ce qui
pourrait
encourager
jusqu'à 130 d'entre eux à se retirer avec pleine
pension
dans les trois
prochaines années et faire place à des travailleurs
sur
la liste de
rappel. Les
travailleurs de Mine Mill ont aussi gagné le droit
exclusif de
fournir
des travailleurs aux mines Thayer Lindsley, Craig et Fraser si
Xstrata
les redémarre. « Les demandes de l'entreprise
visaient à remplacer nos
prérogatives d'emploi avec pleins droits pour les
travailleurs
actifs
et mis à pied par du travail et des rappels
temporaires », a
ajouté Paquin.
L'entente maintient la prime sur le nickel mais
celle-ci
est versée
quand le prix du nickel atteint 4 $ la livre et non plus
2,15
dollars,
sans plafond, et s'y ajoute une prime basée sur le
pourcentage
pouvant
aller jusqu'à 5 $ l'heure si l'entreprise
réalise
ses cibles de
performance. Elle prévoit un ajustement au coût de
la vie
de
0,27 $ étalé depuis le dernier contrat et sur
toute
la durée du présent
contrat et une augmentation de salaire de 0,20 $ pour la
troisième
année du contrat. Le montant de la pension à
prestations
définies pour
ceux qui se retirent avec 30 ans d'ancienneté passe de 3
300 $ à 3
450 $ par mois. Les travailleurs présentement
engagés et mis à pied touchent une prime de 2
500 $
à la signature du
contrat et les retraités et leurs survivants à
faible
revenu reçoivent
un montant de 500 $. Selon Xstrata, l'entente
« prévoit une structure
conjointe entre l'entreprise et le syndicat qui vise à
réduire les
problèmes à long terme causés par le
régime
actuel de
pensions à prestations définies ».
Le contrat négocié. par la section
locale
598 des TCA de Mine Mill
et les travailleurs actifs et mis à pied de Xstrata Nickel
témoigne de
leur unité de pensée et d'action. Le comité
de
négociation a dit
d'emblée qu'il n'allait pas abandonner les travailleurs
actifs,
mis à
pied et retraités à leur sort et qu'il y aurait
quelque
chose pour
chaque
groupe dans la convention. Le comité de négociation
a
discuté de ces
problèmes dans des réunions de masse qui ont
souvent
réuni des
centaines de travailleurs. Cela a joué un
rôle-clé
dans la négociation
d'une convention sans concessions.
Le fait que Xstrata ait négocié un
contrat
avec la section 598 des
TCA de Mine Mill mais que Vale Inco refuse depuis sept mois de
négocier
ne veut pas dire que Xstrata sont les bons alors que Vale Inco
sont les
méchants. Les deux sont des monopoles miniers
internationaux
dont
l'allégeance est aux propriétaires du capital et
aux
détenteurs de
la dette. Xstrata a détruit de manière agressive
les
moyens de
production et continue de le faire. Il y a à peine un an,
Xstrata a
réorganisé ses opérations de Sudbury en
mettant
à pied 686 travailleurs
et en fermant trois mines. En décembre, Xstrata a
annoncé
qu'il fermait
le site métallurgique de Kidd Creek (fonderie de cuivre et
usine
de
zinc) à
Timmins et déplaçait sa production vers la fonderie
Horne
à
Rouyn-Noranda, soi-disant à cause des coûts
élevés de
l'hydroélectricité dans le Nord de l'Ontario.
Xstrata a
décidé d'en
arriver à un entente parce qu'il a besoin de revenus,
parce
qu'il a
déjà suffisamment de mauvaise publicité sur
les
bras avec sa fermeture
à Timmins et qu'il a pensé
plus profitable en ce moment de signer que de provoquer une
grève.
L'entente à Xstrata ajoute à la
pression
sur Vale Inco pour le
ramener à la table de négociations et conclure une
entente pour régler
la grève qui dure depuis longtemps. L'entente entre Mine
Mill et
Xstrata établit un modèle de négociations
sans
concessions dans le
secteur minier canadien. Le porte-parole de Vale Steve Ball s'est
couvert de
ridicule quand il a dit que mettre les deux entreprises sur le
même
pied c'est « comparer des pommes et des
oranges ».

Jeux olympiques d'hiver 2010
à
Vancouver
La flamme olympique passe par les villes
ravagées
du nord de la Colombie-Britannique
- Roger Annis*, 2 février
2010 -
Le relais de la flamme olympique qui mène
à l'ouverture des jeux d'hiver de Vancouver traverse le
nord de
la Colombie-Britannique cette semaine. La flamme est
arrivée
à Kitimat hier, sur la côte du Pacifique. Les gens
n'avaient pas le coeur à la fête. Comme la plupart
des
villes sur le chemin du relais, l'économie
de Kitimat a subi de durs coups des magnats de l'industrie des
ressources naturelles, le soutien principal de l'économie
de la
province.
La papeterie Eurocan, le deuxième plus
grand
employeur industriel de la ville, a annoncé à la
fin
d'octobre la fermeture permanente. La flamme est arrivée
le
premier jour de la fermeture. La fermeture entraîne la
perte
directe de 550 emplois et la perte indirecte de centaines
d'autres. La
municipalité perd une
part importante de son assiette fiscale.
Des dizaines de milliers d'emplois ont
été
perdus dans l'industrie forestière de la
Colombie-Britannique
ces dernières années. Les fermetures de papeteries
et de
scieries s'accompagnent d'importantes compressions dans les
services
gouvernementaux. On a récemment annoncé la
fermeture de
14 écoles à Prince
George, la plupart dans les régions rurales entourant la
ville.
C'est plus du tiers des écoles du district scolaire.
Prince
George est une ville industrielle de 80 000 habitants
située
dans le centre géographique de la province.
Ces fermetures ont provoqué les plus
grandes
protestations des dernières années contre les
coupures du
gouvernement provincial dans les programmes sociaux. Des
centaines de
parents et élèves de l'école Prince George
Traditional ont marché jusqu'aux bureaux du ministre de
l'Éducation Pat Bell le 25 janvier.
Deux jours plus tard, on a assisté à la
première
manifestation pour accueillir la flamme olympique dans la
province
lorsque des centaines de parents et élèves se sont
rendus
sur le trajet du relais pour faire connaître leur
indignation
face à la fermeture des écoles.
Une ville assiégée par la grande
entreprise
Kitimat est une ville de 9 000 habitants
assiégée par l'industrie des ressources à
laquelle
elle doit son existence. La société West Fraser
Timber
Mills a fermé la papeterie Eurocan parce que selon elle
l'usine
n'était pas assez profitable.
Les résidants craignent par ailleurs la
fermeture
du plus grand employeur de la ville, l'aluminerie Rio Tinto
(auparavant
Alcan). Cette entreprise cherche depuis des années
à
réduire, ou à fermer complètement, la
production
de l'aluminium tout en poursuivant la production
d'hydroélectricité, qui lui ramène des
profits faramineux. L'aluminerie est active pour l'instant, mais
ses 1
300 employés subissent une pression énorme et sont
forcés de faire beaucoup de temps supplémentaire.
On
estime que 200 personnes pourraient être embauchées
sans
la frénésie du temps supplémentaire.
Selon Barry Pankhurst, président de la
commission
scolaire Coast Mountain, les gens ont un sentiment mitigé
face
aux Jeux olympiques (qu'il appelle « les Jeux de
Vancouver »). « Beaucoup nous disent :
"Nous
appuyons les athlètes, mais pas les
Jeux." »
La ville subit la pression des fermetures d'usines
et
des compressions budgétaires. La commission scolaire a
récemment fermé trois écoles. Cinq autres
ont
été fermées antérieurement.
« La
province a des tas d'argent pour faire la fête à
Vancouver
mais pas pour les écoles. Il y a quelque chose qui cloche
là-dedans. »
« Il ne reste plus rien à
couper »
Selon M. Pankhurst, Kitimat se sent
abandonnée
par le gouvernement provincial. « La
vérité
toute simple est que les gens sentent que le gouvernement n'est
pas
là pour nous aider. »
Il s'inquiète de l'avenir de l'aluminerie.
« Rio Tinto ne fait pas les travaux d'entretien et de
mise
à niveau nécessaires pour maintenir l'usine
compétitive. C'est une répétition de ce qui
s'est
produit à Eurocan. »
Ce qu'il faut, selon lui, c'est un gouvernement
comme
celui de Terre-Neuve qui est prêt à tenir tête
à la grande entreprise. L'année dernière, le
gouvernement de Danny Williams a interdit au géant de
l'industrie du papier AbitibiBowater de continuer de produire et
de
vendre l'électricité après avoir
fermé sa
papeterie,
les droits d'exploitation de l'hydro-électricité
étant liés à la production du papier depuis
1912.
Le gouvernement a obligé la compagnie a vendre ses
centrales
à la province à ses conditions.
Une course effrénée au profit dans
l'industrie des ressources
L'industrie forestière de la
Colombie-Britannique
est frappée par l'effet combiné de l'effondrement
de
l'industrie de l'habitation aux États-Unis et de
l'épidémie de la rongeuse du pin de Ponderosa.
La hausse de la température hivernale
moyenne et
les mauvaises pratiques d'abattage sont à l'origine de
l'épidémie. La coupe à blanc a
détruit
l'équilibre entre les espèces d'arbre, qui assurait
l'harmonie de l'écologie forestière, tandis que les
températures hivernales ne sont plus suffisamment basses
pour
tuer
les larves (il faut plusieurs semaines d'une température
inférieure à 20 degrés). Les forêts de
pin,
cette source vitale pour l'industrie des scieries, ont à
toute
fin pratique disparu dans la province.
La rongeuse a récemment
dépassé sa
barrière géographique habituelle et fait son chemin
dans
les Rocheuses, poursuivant une marche inexorable vers les vastes
terres
forestières du Nord canadien.
Depuis qu'il a été élu, en
2001, le
gouvernement du Parti libéral de la Colombie-Britannique
vend
les ressources naturelles de la province aux plus offrants. On
assiste
à une course folle au forage pour le pétrole et le
gaz
dans le nord, à l'harnachement de centaines de
rivières
pour la production d'énergie
« verte », à l'exploitation du
charbon, au
forage en roche dure, sans égard à l'impact sur
l'environnement, et à une incessante coupe à blanc
des
forêts.
Les eaux côtières n'échappent
pas au
pillage. Le foisonnement des piscifactures de saumon sur la
côte
du Pacifique, accompagné d'un développement urbain
et
industriel accéléré, menace les stocks de
poisson.
Le saumon est également menacé par l'augmentation
de la
température de l'océan. Cette année nous
avons assisté à une chute catastrophique du nombre
d'espèces de saumon qui retournent vers les
frayères du
Fraser, le plus important lit de fraie du saumon au monde.
Les gouvernements provincial et
fédéral
laissent entendre qu'ils ont l'intention de lever l'interdiction
de
forage et de transport du pétrole et du gaz naturel le
long de
la côte du Pacifique, en vigueur depuis des dizaines
d'années. L'écologie de cette région compte
parmi
les plus riches et les plus diversifiées du
monde. La pétrolière étasunienne Apache a
fait la
demande d'un permis pour construire un terminal de gaz naturel de
3
milliards $ à Kitimat pour desservir l'expansion
rapide des
champs gaziers dans le nord de la Colombie-Britannique et les
projets
de sables bitumineux en Alberta.
* Roger Annis est un travailleur de
l'aérospatial
et syndicaliste de Vancouver. Cet article est d'abord paru dans
The
Bullet, du Socialist Project.

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca
Courriel: redaction@cpcml.ca