Cette ligne de conduite irresponsable des
collèges, leur refus de parvenir à un
règlement
juste qui respecte les droits des enseignants et des
étudiants
doit cesser. Ils déclarent que c'est le mieux qu'ils
peuvent
offrir dans la situation actuelle pour inciter aux conflits, pour
attaquer les enseignants en les dépeignant comme
étant
déraisonnables et
ennemis de la société. Même si les
estimations des
collèges du coût d'une solution globale sont
exactes,
elles sont inférieures à un centième du
manque
à gagner de 25 milliards $ que le gouvernement de
l'Ontario
de l'Ontario prétend avoir.
Ni les collèges ni le gouvernement de
l'Ontario
ne peuvent utiliser de tels arguments comme justification pour
continuer de nier aux professeurs à temps partiel et au
personnel de soutien leur droit au redressement des salaires et
conditions de travail qui sont en-dessous des normes canadiennes
–
conditions de déni de la liberté d'association et
du droit de se syndiquer et de négocier collectivement
avec leur
employeur, qui ont
été
imposées au cours des
décennies. Ils méritent les salaires et les
conditions de
travail comparables à leurs homologues à temps
plein.
Une solution globale – qui respecte les
droits de tous,
à temps plein et à temps partiel sous ses diverses
formes,
ainsi que le droit des étudiants à un
système
d'éducation de qualité, financé et
dispensé
publiquement- est ce qui est demandé.
Appuyons les enseignants du
collégial !
Non aux demandes de concessions sur la charge
de travail !
Demandons une
solution globale qui défend les droits de tous !

Le SEFPO recommande le rejet
et repousse le
délai de grève
- Syndicat des employés de
la
fonction publique de l'Ontario, 3 février 2010 -
La Commission des relations de travail de
l'Ontario
(CRTO) a décidé que le personnel scolaire des 24
collèges communautaires de l'Ontario voterait sur l'offre
de
l'employeur le 10 février 2010. Aujourd'hui, le SEFPO a
annoncé qu'il repoussait le délai de grève
au 17
février 2010.
Ted Montgomery, président de
l'équipe de
négociation du SEFPO pour le personnel scolaire, a fait
savoir
que l'équipe recommande à ses membres de rejeter
l'offre
et que le nouveau délai de grève permettra à
l'équipe de continuer de négocier après le
vote de
rejet de l'offre.
« Nous demandons à nos membres
de
faire clairement savoir à l'employeur que son offre est
inacceptable », a déclaré Montgomery.
« Une fois l'offre rejetée, nous inviterons
l'employeur à retourner à la table et à
commencer
à négocier sérieusement en vue d'aboutir
à
une véritable convention
collective. »
Montgomery a dit que si l'on ne parvient pas
à
négocier une entente, le syndicat demanderait que toutes
les
questions encore en litige soient soumises à l'arbitrage
exécutoire. Cela permettrait d'éviter une
grève
potentielle et de prévenir l'interruption inutile des
études des 200 000 étudiants des collèges de
l'Ontario.
« Nous voulons bien sûr
répondre
aux besoins de nos membres, mais nous voulons aussi
répondre aux
besoins des étudiants, qui dépendent d'un
enseignement
ininterrompu », a encore ajouté Montgomery.
« C'est une grande priorité pour
nous. »
Warren (Smokey) Thomas, président du SEFPO,
encourage ses membres à soutenir l'équipe de
négociation et à rejeter l'offre de
l'employeur.
« Ce n'est pas une question
d'argent », a dit Thomas. « Nous voulons
simplement ajouter au contrat des dispositions qui contribueront
à améliorer la qualité de l'éducation
que
nos membres peuvent offrir aux étudiants. Ces questions
doivent
être abordées maintenant et seules des
négociations
collectives raisonnables nous permettront de le faire. Les
collèges doivent mettre leurs propres
intérêts de
côté et s'engager dans de véritables
négociations. »

Toronto: Quatre travailleurs
migrants
tués au travail
Justice pour les victimes! Défendons le
droit
de
tous les travailleurs à des conditions
de travail
sécuritaires!
Le 27 janvier, le gouvernement de l'Ontario a
annoncé une révision de son système de
sécurité professionnelle. L'annonce survient suite
à la mort de quatre travailleurs migrants de la
construction
tués au travail à Toronto le 24 décembre
2009
alors qu'ils effectuaient des réparations au 13e
étage
d'un immeuble
à Toronto. Ces travailleurs étaient sur un type
d'échafaudage appelé échafaudage volant qui
s'est
brisé en deux. Quatre sont morts et le cinquième a
été grièvement blessé. Au moment de
l'annonce du gouvernement, il a été
révélé que 405 travailleurs de la
construction ont
été tués au travail en Ontario depuis
1990.
Nulle part dans le communiqué de presse du
gouvernement ou le document d'information il n'est dit que
l'employeur
ou les gouvernements se sont engagés à garantir et
défendre les droits de tous les travailleurs à des
conditions de travail sécuritaires et saines, et c'est
pour
laisser dans l'ombre le fait que c'est
le contraire qui se passe, comme le révèle le taux
d'accidents mortels au travail en Ontario et dans le secteur de
la
construction. Les travailleurs dénoncent depuis des
années le fait que les employeurs continuent leurs
activités comme si rien ne s'était passé
après des accidents, mêmes mortels – ils
reçoivent
quelques fois des amendes, mais souvent ils jouissent d'un rabais
pour
leurs primes d'indemnisation en ne rapportant pas des accidents
déclarés ! Aucune vérification ou
enquête n'a lieu et les ministres du Travail sous lesquels
les
morts continuent de s'accumuler ne sont jamais tenus
responsables.
Quelle
sera l'issue
de la présente révision si elle ne commence pas
avec le
fait que le ministère ne s'en tient pas à ses
responsabilités et que sa propre négligence est en
cause
dans ces décès et ceux liés aux autres lieux
de
travail ?
Il est honteux que le gouvernement utilise cette
récente tragédie et l'augmentation du nombre de
victimes
pour tenter de se faire du capital politique. Il prétend
avoir
augmenté le nombre d'inspecteurs et que le nombre
d'accidents
diminue. Il masque une question cruciale que les travailleurs
soulèvent depuis des
années, nommément qu'un des facteurs menant au
déclin du nombre d'accidents signalés est la
pression des
monopoles sur les travailleurs de ne pas rapporter les accidents
afin
de ne pas être criminalisés, congédiés
et
même déportés. Cette pression est un facteur
dans
l'augmentation d'accidents mortels.
Le communiqué de presse du gouvernement
déclare aussi que le rapport inclura
« l'économie clandestine » comme
partie
prenante de son mandat. Cela est loin d'être anodin car il
tente d'opposer une section de la classe ouvrière à
une
autre. Cela est accompagné d'un déluge de
propagande dans
les
médias monopolisés qui racontent que les
problèmes
de
sécurité au travail sont causés par des
travailleurs sans papiers et des entrepreneurs
indépendants qui
ont désespérément besoin d'argent et qui
« sont prêts à travailler pour
rien ». Ils sont prétendument à
blâmer
sur les raisons expliquant la sécurité des autres
travailleurs
est compromise. Alors, qui est à blâmer pour cette
situation ? Ce n'est pas dit.
Que manigance le gouvernement ?
L'enquête n'a
même pas débuté et on tente
déjà de
créer la fausse impression que lorsqu'il s'agit de
santé
et sécurité, il y a plusieurs catégories de
travailleurs. Cela crée une atmosphère de
blâme
contre les travailleurs les plus vulnérables tout en
masquant la
responsabilité
des employeurs et des gouvernements dans les accidents de
travail. Tous
les travailleurs ont le droit à des conditions de travail
sécuritaires et saines ! Une attaque contre un est
une
attaque contre tous !
Le Marxiste-Léniniste se joint
à
ceux qui dénoncent la tragédie du 24
décembre
comme un crime et non pas un accident et qui réclament que
justice soit faite. Une des demandes mises de l'avant par la
Fédération du travail de l'Ontario est qu'il y ait
une
enquête
criminelle sur cet événement tragique et que le
gouvernement de l'Ontario soit tenu de satisfaire cette demande.
Le
gouvernement de l'Ontario doit aussi immédiatement
compenser
financièrement les familles et défrayer tous les
coûts reliés à la tragédie.
Il a déjà été
établi
par diverses enquêtes que les cinq travailleurs
n'étaient
pas bien attelés conformément aux règlements
provinciaux régissant l'utilisation des
échafaudages
volants. Parmi ces règlements, il y a ceux qui exigent que
soit
fourni à chaque travailleur un harnais de
sécurité
complet ainsi qu'un câble
de sauvetage fixé de la manière proscrite à
un
élément structurel au-dessus de la zone de travail.
Les
employeurs sont tenus d'avoir un plan de sauvetage mis en place
si un
travailleur devait être secouru alors qu'il est
suspendu au câble de sauvetage après l'effondrement
d'un
échafaudage. Cela n'a pas été mis
en place et l'entrepreneur Metron Construction est directement
responsable de cette négligence criminelle.
Le gouvernement de l'Ontario et le
ministère du
Travail sont également responsables de la mort de ces
travailleurs. Le ministère était pleinement
conscient de
la négligence de l'entrepreneur, ayant fait neuf visites
au site
entre le 20 octobre et le 17 décembre l'année
dernière, et ayant trouvé huit conditions non
conformes aux règlements de sécurité –
y compris
des infractions à la sécurité des
échafaudages volants. Les infractions étaient assez
graves pour ordonner même l'arrêt des travaux –
mais
seulement temporairement. Les inspecteurs du ministère ont
des
pouvoirs très larges pour éviter les accidents. Si
un
inspecteur
croit que les pratiques d'une entreprise menacent la
sécurité des travailleurs, les opérations de
l'entreprise peuvent être fermées
indéfiniment, non
seulement sur un chantier, mais dans toute la province. Les
inspecteurs
ont le pouvoir d'ordonner la formation en sécurité
(y
compris la formation multilingue pour les
allophones), d'appliquer des politiques et procédures de
sécurité et de solliciter des rapports
d'ingénieur
– avec l'arrêt des travaux jusqu'à ce que la
sécurité soit assurée sur le chantier en
question.
En dépit de ces pouvoirs à la disposition des
inspecteurs, le ministère a fermé les yeux sur le
chaos
évident sur ce chantier,
lequel a créé une atmosphère où
« tout est permis ». Le ministère a
abdiqué sa responsabilité permanente d'assurer la
sécurité des travailleurs, créant ainsi les
conditions dans lesquelles ces travailleurs ont été
tués. Le ministère doit lui aussi être tenu
responsable.
Tout de cet événement tragique
montre la
négligence criminelle fondée sur l'avantage
à
tirer profit de la situation précaire des travailleurs
migrants.
Les riches et les gouvernements à leur service ne se
cachent pas
pour dire que les travailleurs migrants à qui on a
nié
les droits fondamentaux, sont
« flexibles »,
« remplaçables » et donc
« la
main-d'oeuvre de l'avenir ». Le climat politique entre
également en jeu comme un facteur qui menace directement
la vie
de ces travailleurs alors que les gouvernements des riches
dépeignent de plus en plus les travailleurs migrants
comme une menace à leur définition arbitraire de la
« sécurité ». Les
médias ont
signalé qu'au moins trois des cinq travailleurs ont
été eux-mêmes des demandeurs d'asile ou
avaient des parents qui sont demandeurs d'asile vivant au Canada
dont
une
des familles est présentement menacée d'expulsion.
Les épouses des travailleurs ont déclaré aux
médias que leur mari leur avait fait part de leur
préoccupation quant au manque de sécurité
sur le
chantier et surtout de l'échafaudage volant, mais ils sont
restés silencieux au sujet de leurs préoccupations
en
raison de la crainte d'être mis sur la liste de
surveillance de
l'État
et surtout en tant que gens qui osent se plaindre.
Voilà la société que les
cercles
dirigeants créent : un nombre croissant de
travailleurs
deviennent clandestins ou semi-clandestins, y compris dans le
secteur
syndiqué, et ces conditions deviennent la nouvelle norme
pour
beaucoup de ceux dont les conditions de vie et de travail sont
des plus
précaires. Au
moment de la crise du SRAS en 2003-2004, il a été
révélé que des centaines d'employés
d'hôtel de Toronto qui ont été
licenciés
à mesure que les activités de l'industrie
touristique
diminuaient en raison du SRAS ont choisi de ne pas
réclamer
l'assurance-emploi, même s'ils étaient admissibles
parce
qu'ils ne voulaient
pas être sur le radar de l'État en raison de la
crainte
que leur nationalité ne serait pas
considérée
comme « souhaitable ».
C'est ainsi que la précarité du
travail et
les conditions de vie des travailleurs migrants deviennent la
nouvelle
norme pour tous les travailleurs en vertu de la supercherie que
l'économie dépend de la concurrence des monopoles
et des
secteurs
concurrentiels sur les marchés mondiaux et que c'est la
seule
façon de faire.
La demande de justice dans cette affaire va de
pair avec
la demande que le droit de tous les travailleurs à des
conditions de travail saines et sécuritaires soit reconnu
et
garanti. Les travailleurs ont des droits du fait qu'ils sont les
producteurs de la richesse sociale et les dispensateurs de
services.
Cela doit être la
considération globale à la base de toutes les
industries
et les secteurs de services. Les travailleurs ne sont pas
divisés sur la base de ces catégories humiliantes
et
arbitraires telles que « occasionnels »,
« migrants » ou « sans
papier ». Dès que des travailleurs viennent au
Canada
pour travailler, ils font partie de la classe ouvrière
canadienne et leurs droits en tant que travailleurs doivent
être
reconnus et garantis, comme tout le monde.
Le Marxiste-Léniniste en appelle
à tous les travailleurs de l'Ontario d'exiger que justice
soit
faite pour les victimes, d'intensifier leur lutte pour mettre fin
au
massacre des travailleurs sur les chantiers et de renforcer la
solidarité sociale dans leurs rangs pour défendre
les
droits de tous sur la base qu' « une
attaque contre un est une attaque contre tous ».
Les quatre travailleurs qui ont été
tués le 24 décembre 2009 sont Fayzullo Fazilov, 31
ans,
de l'Ouzbékistan, et Vladimir Korostin, 40 ans, né
en
Ouzbékistan et vivant en Israël jusqu'à il y a
trois
ans quand il est venu au Canada en quête du statut de
réfugié, Alexander Bondorev, 25 ans, de Lettonie,
et
Alexsey
Blumberg, 33 ans, de l'Ukraine. Dilshod Marupov, également
en
provenance d'Ouzbékistan, a subi des blessures qui ont mis
sa
vie en danger mais il n'est plus dans un état
critique.

Les travailleurs et la communauté
exigent que
justice soit faite
Le 7 janvier, plus de 400 travailleurs et
résidants de Toronto ont bravé le froid glacial
pour
participer à une vigile en soirée en souvenir des
quatre
travailleurs étrangers qui ont été
tués le
24 décembre 2009, lorsque l'échafaudage volant sur
lequel
ils travaillaient sur un immeuble au 2757 avenue Kipling s'est
effondré, entraînant la mort des quatre ouvriers et
blessant grièvement un autre travailleur.
L'événement était
organisé
par No One Is Illegal et Justicia for Migrant Workers. Les
travailleurs
et les autres membres de la communauté sont venus offrir
leurs
plus sincères condoléances aux familles et exprimer
leur
indignation pour ces travailleurs migrants de la
construction.
Plusieurs orateurs de No One Is Illegal ont
lancé
l'appel à la foule de joindre la lutte Pour un statut pour
tous !, disant que si ces travailleurs avaient eu plein
statut au
Canada, leurs conditions de travail n'auraient pas
été
aussi précaires au point de mettre leur vie en danger. Les
membres de No One Is Illegal
ont appelé à l'unité de tous les
travailleurs et
de la communauté pour exiger des conditions de travail
sécuritaires pour tous les travailleurs et la fin des
tragédies comme la mort de ces quatre hommes et les
blessures
graves infligées à Dilshod Marupov. Les orateurs
ont
souligné que la lutte pour les droits de tous
signifie que les travailleurs qui débarquent au Canada ont
immédiatement le droit au travail et à des
conditions de
vie sécuritaires, le droit à la citoyenneté,
le
droit aux soins de santé et à l'éducation
pour
leurs familles, à l'indemnisation des travailleurs et
autres
protections de base, sans la crainte de la déportation
qui plane sur leurs têtes.
Les membres de la communauté
ouzbèke,
à Toronto, ont parlé des familles dans la patrie
d'origine de ces hommes qui étaient scandalisées
d'apprendre qu'une telle tragédie puisse arriver à
des
membres de leur famille au Canada, un pays où ils
pensaient que
les droits des travailleurs sont garantis à tous. Un autre
orateur qui a vécu dans l'immeuble a souligné qu'il
était scandaleux que les dépouilles des personnes
décédées aient dû rester au sol plus
longtemps que les 12 heures autorisées par la tradition
religieuse islamique, avant que les corps soient enterrés,
ou
que l'entreprise en construction qui a embauché ces hommes
ne défrait le coût de transport des
dépouilles par avion, vers leur patrie pour y
être
enterrés.
Jim Nugent, membre de la section locale 721 des
Métallos et de No One is Illegal, a souligné que
les
travailleurs ne doivent pas être divisés sur la base
du
statut. Une attaque contre un est une attaque contre tous. Il a
lancé l'appel à l'importante
délégation de
travailleurs de la construction de se tenir avec tous
les travailleurs migrants et temporaires qui exigent un statut.
Il a
rappelé à tous que la première chose que le
gouvernement anti-travailleur d'Harper a fait lorsqu'il est venu
au
pouvoir en 2006 était d'attaquer les travailleurs de la
construction sans papier du Portugal, membres de la section
locale 183
du Syndicat des journaliers, et de les déporter. Il a
réitéré que la classe ouvrière est
une et a
appelé à un statut pour tous.
Sid Ryan, président de la
Fédération des travailleurs de l'Ontario, a
réclamé une enquête criminelle au sujet de la
mort
des quatre travailleurs. Il a déclaré que depuis
1992, il
y a eu plus de 400 travailleurs tués en Ontario et
qu'aucune
accusaton criminelle n'a été déposée.
Les
travailleurs ne peuvent permettre
que cela continue, a-t-il souligné.
Des porte-paroles de syndicats, des Travailleurs
canadiens de l'automobile et UNITE-HERE et d'autres ont aussi
exprimé leurs condoléances aux familles et
ajouté
leurs voix à ceux qui exigent une enquête publique
pour
éclaircir ce crime contre la classe ouvrière et le
peuple. La vigile s'est terminée par une
minute de silence en mémoire des quatre travailleurs et
tous les
autres travailleurs tués au travail et sur le ton d'une
résolution militante des organisateurs de poursuivre la
mobilisation et d'organiser pour les droits de tous les
travailleurs,
le
plein statut pour tous les travailleurs migrants et la fin des
conditions de travail
dangereuses.

Amérique latine
L'autochtone Evo Morales Ayma réélu
en
Bolivie
- Maria Elena Parada, le 1er
février 2010 -
L'autochtone Evo Morales Ayma :
« Je
vais travailler avec le peuple pour promouvoir le
développement,
l'unité et l'intégration en
Bolivie. »
Vendredi dernier, le 22 janvier, Evo Morales a
inauguré son deuxième mandat historique en tant que
président de la Bolivie, dans l'édifice de la
première Assemblée législative
plurinationale,
à La Paz. Il était accompagné des
présidents du Chili, de l'Équateur, du Paraguay et
du
Venezuela, du prince d'Espagne,
Felipe de Bourbon, et de délégations du Canada, de
la
France, du Pérou et du Brésil, entre autres.
« Pour la nation et pour le peuple
bolivien,
je jure en tant que président de l'État
plurinational de
la Bolivie », a déclaré le chef
indigène Evo Morales Ayma, au moment où il recevait
l'écharpe présidentielle, qui comprend
désormais
la drapeau amérindien Wiphala, symbole des
communautés
autochtones
de la Bolivie.
Un État multiculturel avec un horizon
socialiste
Dans son discours devant la nation bolivienne, le
vice-président Alvaro Garcia Linera a affirmé que
ce
second mandat « marquera la fin de l'État
apparent et
fera place à un État intégré avec un
horizon socialiste, quelque part entre un État colonial
et un nouvel État plurinational que nous
édifions ».
Il a expliqué que l'État apparent a
été incapable de représenter la
totalité de
la population, mais seulement un fragment isolé,
« il
excluait la majorité autochtone, sa culture, ses
héros et
son rôle politique. La Bolivie devrait évoluer vers
un
État intégré, où il y a
correspondance
entre la société civile, les
citoyens, les classes sociales et la représentation
politique au
sein de laquelle s'exerce un leadership moral et intellectuel, et
où les politiciens nous unissent tous », a-t-il
dit.
Garcia Linera a exprimé ses remerciements
aux
mouvements autochtones, paysans et étudiants du pays qui
ont
mené le processus de changement révolutionnaire,
« la Bolivie a été en mesure de devenir
un
État juste, une vraie démocratie participative,
où
les communautés autochtones et mestizoz (peuples
métis) sont incluses de manière
unifiée ».
L'appui du peuple a été la
clé
« Durant les quatre ans où j'ai
été à la tête du gouvernement, j'ai
beaucoup
appris sur la sagesse du peuple avec qui j'ai entretenu des
contacts
permanents », a proclamé le président
bolivien
exubérant. Dans son allocution présidentielle, Evo
Morales a
comparé les résultats obtenus au cours de son
premier
mandat, durant lequel un processus de transformation sociale a
commencé avec un niveau élevé de
participation
populaire, à ceux des gouvernements
précédents. Il
a dit qu'il a toujours « envie de travailler pour
l'égalité, l'unité et la dignité de
la
Bolivie,
et il n'a pas été facile de gouverner avec une
opposition
qui utilise tous les outils et stratégies possibles pour
déstabiliser la démocratie et renverser un
gouvernement
qui cherche à mettre un terme à
l'injustice ».
Plusieurs fois durant son premier mandat, les
forces
d'opposition ont tenté de renverser le président
bolivien
par des tentatives de coup d'État, des proclamations et
des
mouvements séparatistes, la violence politique et le
sabotage
économique.
Morales a souligné l'amélioration de
l'éducation, la construction de nouvelles écoles et
la
mise en oeuvre d'un système plus accessible d'enseignement
supérieur avec des bourses pour étudier à
l'étranger durant son administration. Il a
également
expliqué comment le système de soins de
santé
s'était amélioré au
cours des quatre dernières années et la dette
extérieure réduite de 50 %.
Alors que le salaire minimum avait seulement été
haussé de 10 bolivianos pendant l'administration
précédente, durant le premier mandat d'Evo, le
salaire
minimum a été augmenté de plus de 230
bolivianos.
Il y avait plus d'investissements
étrangers, un doublement des créations d'emplois,
une
remontée importante du PNB et une augmentation des
réserves six fois supérieures aux administrations
précédentes.
Le président Morales a aussi
détaillé l'importance des changements sociaux et
politiques réalisés au cours de son premier mandat
de
quatre ans. « Le 22 janvier est une date clé
pour
moi », a-t-il déclaré. « Non
seulement est-ce le jour de l'inauguration, mais quand
j'étais
député à la législature,
j'ai fait une grève de la faim pour m'opposer à
certaines
politiques gouvernementales, un certain 22 janvier ».
Le
gouvernement de l'époque « avait ordonné
que
toutes les toilettes dans l'édifice du Congrès
soient
bouclées, afin que je ne puisse pas les
utiliser »,
a-t-il ajouté. « C'est comme
ça qu'ils m'ont sorti de
l'édifice. »
« Quand j'ai quitté, j'ai
déclaré que je serais de retour, avec au moins 10
autres
membres de l'Assemblée. Jamais je n'imaginais que je
serais de
retour, mais avec 115 membres de l'Assemblée »,
a-t-il dit. Le parti d'Evo Morales, le Movimiento al Socialismo
(MAS),
a remporté en décembre dernier
115 des 157 sièges de l'Assemblée
législative, une
majorité sans équivoque.
La souveraineté alimentaire et la
réforme
juridique
Se référant aux priorités
durant
son deuxième mandat, le président Morales a
mentionné la nécessité d'améliorer la
souveraineté alimentaire et la sécurité,
ainsi que
de « promouvoir une révolution dans le
système
judiciaire afin que la justice
cesse d'être contrôlée par les puissants et
que la
loi s'applique à tous les citoyens ».
« Nous allons également mettre
l'accent sur l'industrialisation, et pas seulement du gaz et du
pétrole, mais aussi du lithium, qui requiert des millions
d'investissements qui seront ouverts aux partenaires
privés.
L'exploitation et l'industrialisation de fer seront
développées à El Mutun, situé sur la
frontière
avec le Brésil, et non seulement avec la
société
indienne Jindal Steel, mais aussi avec des investissements de
l'État », a-t-il indiqué.
La Bolivie est l'un des plus proches alliés
politiques, commerciaux et sociaux du Venezuela dans la
région.
Tous deux sont membres de l'Alliance bolivarienne pour les
Amériques (ALBA) avec le plan de développer les
relations
dans un avenir proche.
Aujourd'hui, Evo Morales est le seul
président
autochtone dans le monde et le premier en Bolivie, un pays
à
80 % autochtone. En décembre dernier, il a
remporté
les élections présidentielles avec plus de
64 % des
voix, la plus grande victoire jamais vue dans l'histoire de la
Bolivie.

Asie
La menace militaire des États-Unis force
la
Chine à augmenter son budget de défense
- Cheng Guangjin, China Daily, le
1er
février 2010 -
Il serait justifié que la Chine accroisse
ses
dépenses militaires puisque les États-Unis posent
une
menace et un défi aux intérêts
stratégiques
fondamentaux de la Chine avec leur plan de vendre 6,4
milliards $
d'armes à Taïwan, disent les experts chinois.
« L'action des États-Unis donne
à la Chine une raison de justifier l'augmentation de ses
dépenses en défense nationale, d'améliorer
le
développement et l'achat d'armes, et
d'accélérer
son processus de modernisation en matière de
défense
nationale », a déclaré Luo Yuan,
chercheur
principal à l'Académie
des sciences militaires dans une entrevue accordée
à la
chaîne Phoenix TV de Hong Kong.
« La Chine fait l'objet de pressions de
la
part des États-Unis, ce qui pose une menace à ses
intérêts fondamentaux », a
déclaré Luo.
Dans les 17 heures suivant l'annonce du 29 janvier
par
l'administration Obama informant le Congrès
américain du
plan de vendre à Taïwan des armes comprenant des
missiles
Patriot, des hélicoptères Black Hawk et des
dragueurs de
mines, la Chine a annoncé des contre-mesures.
Le ministère de la Défense a
déclaré qu'il allait suspendre les visites
d'échanges militaires prévues avec les
États-Unis,
de surveiller de près la situation et de prendre les
mesures qui
s'imposent.
Des visites d'échange ont été
planifiées pour cette année à l'occasion de
la
visite aux États-Unis, du 24 octobre au 3 novembre, du
vice-président de la Commission militaire centrale de
Chine, Xu
Caihou, de la visite en Chine du secrétaire
américain
à la Défense, Robert Gates, de l'amiral Mike Mullen
et
de
la visite aux États-Unis du chef de l'état-major
militaire chinois Chen Bingde.
Ces arrangements ont été
confirmés
dans une déclaration commune publiée lors de la
visite en
Chine en novembre dernier du président américain
Barrack
Obama.
Toutefois, des mesures similaires ont
été
prises par la Chine en 2008 après que l'ancienne
administration
Bush eut annoncé une vente de plusieurs milliards de
dollars
d'armes à Taïwan, mais huit mois plus tard, le
dialogue
militaire avait repris.
« C'est un signal envoyé aux
États-Unis que les actions de la Chine sont en vigueur
seulement
durant une période de temps limitée, et plus tard
tout
rentrera dans l'ordre comme auparavant », a
déclaré Luo Yuan.
Mais la communauté internationale doit
savoir que
ce ne sont pas des « menaces chinoises »,
mais
« des menaces américaines ».
« La Chine n'a rien fait pour menacer les
États-Unis,
alors pourquoi les Américains contestent-ils nos
intérêts stratégiques
fondamentaux ? »,
a déclaré Luo.
Luo a indiqué que la Chine devrait
s'imposer pour
mettre fin à la vente d'armes américaines à
Taïwan, ce qui signifie fondamentalement une armée et
une
défense nationale plus fortes.
En 2009, le budget de la défense nationale
de la
Chine était de plus de 48 milliards de yuans, en hausse de
14,9 % par rapport à l'année
précédente. Mais ses dépenses en
matière de
défense représente environ 1,4 pour cent du PIB
total,
alors que ce chiffre est supérieur à 4 % aux
États-Unis, et plus
de 2 % au Royaume-Uni et en France.
Jin Canrong, expert en affaires internationales
à
l'Université Renmin de Chine, a déclaré que
l'armée chinoise doit effectuer plus d'essais d'armes de
haute
technologie, afin d'accélérer la modernisation
militaire
et, cette année, les dépenses militaires devraient
augmenter de plus de 10 %.
Depuis que la Chine et les États-Unis
avaient
officiellement établi des relations diplomatiques en 1979,
les
États-Unis ont continué de vendre des armes
à
Taïwan et la Chine a constamment fait des
représentations.
Guo Xiaobing, chercheur à l'Institut
chinois des
relations internationales contemporaines, a souligné que
les
relations militaires entre la Chine et les États-Unis ont
été à la traîne de leurs relations
économiques et politiques.
« Ce que les États-Unis ont fait
cette
fois-ci va gêner davantage l'amélioration possible
de
leurs relations, et les États-Unis espèrent en
apprendre
davantage sur la Chine, leur principal concurrent, à
travers des
échanges et la communication », a
indiqué Guo.
Mais pour la Chine, qui ne dispose pas de beaucoup
d'échanges techniques avec les États-Unis en
matière de construction de la défense, la
suspension des
échanges ne la touchera que de peu, a dit Guo.
Toutefois, en n'incluant pas cette fois, dans la
vente
d'armes, les avions de combat F-16, ce qui préoccupe le
plus
Beijing, les États-Unis montrent qu'ils n'avaient pas
l'intention d'irriter la Chine au point de non retour, a
déclaré Guo.

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