Le Marxiste-Léniniste

Numéro 25 - 6 février 2010

Les enseignants du collégial en Ontario
voteront le 10 février sur «l'offre définitive»

Les collèges doivent retirer les demandes
de concessions sur la charge de travail!

Les enseignants du collégial en Ontario voteront le 10 février sur «l'offre définitive»
Les collèges doivent retirer les demandes de concessions sur la charge de travail! Une solution globale qui défend les droits de tous est requise! - Dave Starbuck et Steve Rutchinski, pour le groupe des collèges de l'Ontario du Centre ouvrier du PCC(M-L)
Le SEFPO recommande le rejet et repousse le délai de grève - Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario

Toronto: Quatre travailleurs migrants tués au travail
Justice pour les victimes! Défendons le droit de tous les travailleurs à des conditions de travail sécuritaires!
Les travailleurs et la communauté exigent que justice soit faite

Amérique latine
L'autochtone Evo Morales Ayma réélu en Bolivie - Maria Elena Parada

Asie
La menace militaire des États-Unis force la Chine à augmenter son budget de défense - Cheng Guangjin

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Les enseignants du collégial en Ontario
voteront le 10 février sur «l'offre définitive»

Les collèges doivent retirer les demandes
de concessions sur la charge de travail!
Une solution globale qui défend
les droits de tous est requise!

Le 10 février est la date butoir pour un vote, supervisé par la Commission des relations de travail de l'Ontario, sur ce que les collèges appellent leur « offre définitive » pour les plus de 10 000 enseignants du collégial à temps plein et partiel. Un vote de rejet de l'offre ouvrirait la voie à une grève dans les 24 collèges communautaires en Ontario.

Tout au long de ces négociations, en octobre, quand les collèges ont déclaré que les négociations étaient dans une impasse, puis de nouveau en novembre, quand les collèges ont modifié unilatéralement les conditions de travail et ont imposé les conditions d'une précédente « offre finale », les collèges ont maintes et maintes fois refusé d'exercer leur option en vertu de la Loi sur la négociation collective pour forcer un vote sur leur « offre définitive ».

Maintenant, avec une échéance de grève prévue pour le 11 février, les collèges ont décidé de jouer la carte du vote dans le cadre législatif sur leur « offre définitive ». Ils n'ont pas renoncé à essayer de vaincre la juste demande du SEFPO que les collèges retirent leurs demandes de concessions sur la charge de travail.

Les collèges refusent d'appliquer les conclusions du groupe de travail sur la charge de travail qui a été créé dans le cadre du règlement par arbitrage de la grève de trois semaines en 2006 – lorsque la question principale était encore l'exigence de concessions sur la charge de travail. Les collèges ont également refusé de présenter les questions en litige à un arbitre, tandis que le SEFPO recommandait de ne pas perturber la vie des étudiants du collégial.

Les enseignants des collèges et le SEFPO ne sont pas le problème ici.


Enseignants du collège Georgian
en grève en mars 2006.

Cette ligne de conduite irresponsable des collèges, leur refus de parvenir à un règlement juste qui respecte les droits des enseignants et des étudiants doit cesser. Ils déclarent que c'est le mieux qu'ils peuvent offrir dans la situation actuelle pour inciter aux conflits, pour attaquer les enseignants en les dépeignant comme étant déraisonnables et ennemis de la société. Même si les estimations des collèges du coût d'une solution globale sont exactes, elles sont inférieures à un centième du manque à gagner de 25 milliards $ que le gouvernement de l'Ontario de l'Ontario prétend avoir.

Ni les collèges ni le gouvernement de l'Ontario ne peuvent utiliser de tels arguments comme justification pour continuer de nier aux professeurs à temps partiel et au personnel de soutien leur droit au redressement des salaires et conditions de travail qui sont en-dessous des normes canadiennes – conditions de déni de la liberté d'association et du droit de se syndiquer et de négocier collectivement avec leur employeur, qui ont été imposées au cours des décennies. Ils méritent les salaires et les conditions de travail comparables à leurs homologues à temps plein.

Une solution globale – qui respecte les droits de tous, à temps plein et à temps partiel sous ses diverses formes, ainsi que le droit des étudiants à un système d'éducation de qualité, financé et dispensé publiquement- est ce qui est demandé.

Appuyons les enseignants du collégial !
Non aux demandes de concessions sur la charge de travail !
Demandons une solution globale qui défend les droits de tous !

* Dave Starbuck est membre de la section locale 655 du SEFPO au Cambrian College et Steve Rutchinski est le candidat du Parti marxiste-léniniste dans la circonscription Nickel Belt.

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Le SEFPO recommande le rejet
et repousse le délai de grève

La Commission des relations de travail de l'Ontario (CRTO) a décidé que le personnel scolaire des 24 collèges communautaires de l'Ontario voterait sur l'offre de l'employeur le 10 février 2010. Aujourd'hui, le SEFPO a annoncé qu'il repoussait le délai de grève au 17 février 2010.

Ted Montgomery, président de l'équipe de négociation du SEFPO pour le personnel scolaire, a fait savoir que l'équipe recommande à ses membres de rejeter l'offre et que le nouveau délai de grève permettra à l'équipe de continuer de négocier après le vote de rejet de l'offre.

« Nous demandons à nos membres de faire clairement savoir à l'employeur que son offre est inacceptable », a déclaré Montgomery. « Une fois l'offre rejetée, nous inviterons l'employeur à retourner à la table et à commencer à négocier sérieusement en vue d'aboutir à une véritable convention collective. »

Montgomery a dit que si l'on ne parvient pas à négocier une entente, le syndicat demanderait que toutes les questions encore en litige soient soumises à l'arbitrage exécutoire. Cela permettrait d'éviter une grève potentielle et de prévenir l'interruption inutile des études des 200 000 étudiants des collèges de l'Ontario.

« Nous voulons bien sûr répondre aux besoins de nos membres, mais nous voulons aussi répondre aux besoins des étudiants, qui dépendent d'un enseignement ininterrompu », a encore ajouté Montgomery. « C'est une grande priorité pour nous. »

Warren (Smokey) Thomas, président du SEFPO, encourage ses membres à soutenir l'équipe de négociation et à rejeter l'offre de l'employeur.

« Ce n'est pas une question d'argent », a dit Thomas. « Nous voulons simplement ajouter au contrat des dispositions qui contribueront à améliorer la qualité de l'éducation que nos membres peuvent offrir aux étudiants. Ces questions doivent être abordées maintenant et seules des négociations collectives raisonnables nous permettront de le faire. Les collèges doivent mettre leurs propres intérêts de côté et s'engager dans de véritables négociations. »

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Toronto: Quatre travailleurs migrants tués au travail

Justice pour les victimes! Défendons le droit
de tous les travailleurs à des conditions
de travail sécuritaires!

Le 27 janvier, le gouvernement de l'Ontario a annoncé une révision de son système de sécurité professionnelle. L'annonce survient suite à la mort de quatre travailleurs migrants de la construction tués au travail à Toronto le 24 décembre 2009 alors qu'ils effectuaient des réparations au 13e étage d'un immeuble à Toronto. Ces travailleurs étaient sur un type d'échafaudage appelé échafaudage volant qui s'est brisé en deux. Quatre sont morts et le cinquième a été grièvement blessé. Au moment de l'annonce du gouvernement, il a été révélé que 405 travailleurs de la construction ont été tués au travail en Ontario depuis 1990.

Nulle part dans le communiqué de presse du gouvernement ou le document d'information il n'est dit que l'employeur ou les gouvernements se sont engagés à garantir et défendre les droits de tous les travailleurs à des conditions de travail sécuritaires et saines, et c'est pour laisser dans l'ombre le fait que c'est le contraire qui se passe, comme le révèle le taux d'accidents mortels au travail en Ontario et dans le secteur de la construction. Les travailleurs dénoncent depuis des années le fait que les employeurs continuent leurs activités comme si rien ne s'était passé après des accidents, mêmes mortels – ils reçoivent quelques fois des amendes, mais souvent ils jouissent d'un rabais pour leurs primes d'indemnisation en ne rapportant pas des accidents déclarés ! Aucune vérification ou enquête n'a lieu et les ministres du Travail sous lesquels les morts continuent de s'accumuler ne sont jamais tenus responsables. Quelle sera l'issue de la présente révision si elle ne commence pas avec le fait que le ministère ne s'en tient pas à ses responsabilités et que sa propre négligence est en cause dans ces décès et ceux liés aux autres lieux de travail ?

Il est honteux que le gouvernement utilise cette récente tragédie et l'augmentation du nombre de victimes pour tenter de se faire du capital politique. Il prétend avoir augmenté le nombre d'inspecteurs et que le nombre d'accidents diminue. Il masque une question cruciale que les travailleurs soulèvent depuis des années, nommément qu'un des facteurs menant au déclin du nombre d'accidents signalés est la pression des monopoles sur les travailleurs de ne pas rapporter les accidents afin de ne pas être criminalisés, congédiés et même déportés. Cette pression est un facteur dans l'augmentation d'accidents mortels.

Le communiqué de presse du gouvernement déclare aussi que le rapport inclura « l'économie clandestine » comme partie prenante de son mandat. Cela est loin d'être anodin car il tente d'opposer une section de la classe ouvrière à une autre. Cela est accompagné d'un déluge de propagande dans les médias monopolisés qui racontent que les problèmes de sécurité au travail sont causés par des travailleurs sans papiers et des entrepreneurs indépendants qui ont désespérément besoin d'argent et qui « sont prêts à travailler pour rien ». Ils sont prétendument à blâmer sur les raisons expliquant la sécurité des autres travailleurs est compromise. Alors, qui est à blâmer pour cette situation ? Ce n'est pas dit.

Que manigance le gouvernement ? L'enquête n'a même pas débuté et on tente déjà de créer la fausse impression que lorsqu'il s'agit de santé et sécurité, il y a plusieurs catégories de travailleurs. Cela crée une atmosphère de blâme contre les travailleurs les plus vulnérables tout en masquant la responsabilité des employeurs et des gouvernements dans les accidents de travail. Tous les travailleurs ont le droit à des conditions de travail sécuritaires et saines ! Une attaque contre un est une attaque contre tous !

Le Marxiste-Léniniste se joint à ceux qui dénoncent la tragédie du 24 décembre comme un crime et non pas un accident et qui réclament que justice soit faite. Une des demandes mises de l'avant par la Fédération du travail de l'Ontario est qu'il y ait une enquête criminelle sur cet événement tragique et que le gouvernement de l'Ontario soit tenu de satisfaire cette demande. Le gouvernement de l'Ontario doit aussi immédiatement compenser financièrement les familles et défrayer tous les coûts reliés à la tragédie.

Il a déjà été établi par diverses enquêtes que les cinq travailleurs n'étaient pas bien attelés conformément aux règlements provinciaux régissant l'utilisation des échafaudages volants. Parmi ces règlements, il y a ceux qui exigent que soit fourni à chaque travailleur un harnais de sécurité complet ainsi qu'un câble de sauvetage fixé de la manière proscrite à un élément structurel au-dessus de la zone de travail. Les employeurs sont tenus d'avoir un plan de sauvetage mis en place si un travailleur devait être secouru alors qu'il est suspendu au câble de sauvetage après l'effondrement d'un échafaudage. Cela n'a pas été mis en place et l'entrepreneur Metron Construction est directement responsable de cette négligence criminelle.

Le gouvernement de l'Ontario et le ministère du Travail sont également responsables de la mort de ces travailleurs. Le ministère était pleinement conscient de la négligence de l'entrepreneur, ayant fait neuf visites au site entre le 20 octobre et le 17 décembre l'année dernière, et ayant trouvé huit conditions non conformes aux règlements de sécurité – y compris des infractions à la sécurité des échafaudages volants. Les infractions étaient assez graves pour ordonner même l'arrêt des travaux – mais seulement temporairement. Les inspecteurs du ministère ont des pouvoirs très larges pour éviter les accidents. Si un inspecteur croit que les pratiques d'une entreprise menacent la sécurité des travailleurs, les opérations de l'entreprise peuvent être fermées indéfiniment, non seulement sur un chantier, mais dans toute la province. Les inspecteurs ont le pouvoir d'ordonner la formation en sécurité (y compris la formation multilingue pour les allophones), d'appliquer des politiques et procédures de sécurité et de solliciter des rapports d'ingénieur – avec l'arrêt des travaux jusqu'à ce que la sécurité soit assurée sur le chantier en question. En dépit de ces pouvoirs à la disposition des inspecteurs, le ministère a fermé les yeux sur le chaos évident sur ce chantier, lequel a créé une atmosphère où « tout est permis ». Le ministère a abdiqué sa responsabilité permanente d'assurer la sécurité des travailleurs, créant ainsi les conditions dans lesquelles ces travailleurs ont été tués. Le ministère doit lui aussi être tenu responsable.

Tout de cet événement tragique montre la négligence criminelle fondée sur l'avantage à tirer profit de la situation précaire des travailleurs migrants. Les riches et les gouvernements à leur service ne se cachent pas pour dire que les travailleurs migrants à qui on a nié les droits fondamentaux, sont « flexibles », « remplaçables » et donc « la main-d'oeuvre de l'avenir ». Le climat politique entre également en jeu comme un facteur qui menace directement la vie de ces travailleurs alors que les gouvernements des riches dépeignent de plus en plus les travailleurs migrants comme une menace à leur définition arbitraire de la « sécurité ». Les médias ont signalé qu'au moins trois des cinq travailleurs ont été eux-mêmes des demandeurs d'asile ou avaient des parents qui sont demandeurs d'asile vivant au Canada dont une des familles est présentement menacée d'expulsion. Les épouses des travailleurs ont déclaré aux médias que leur mari leur avait fait part de leur préoccupation quant au manque de sécurité sur le chantier et surtout de l'échafaudage volant, mais ils sont restés silencieux au sujet de leurs préoccupations en raison de la crainte d'être mis sur la liste de surveillance de l'État et surtout en tant que gens qui osent se plaindre.

Voilà la société que les cercles dirigeants créent : un nombre croissant de travailleurs deviennent clandestins ou semi-clandestins, y compris dans le secteur syndiqué, et ces conditions deviennent la nouvelle norme pour beaucoup de ceux dont les conditions de vie et de travail sont des plus précaires. Au moment de la crise du SRAS en 2003-2004, il a été révélé que des centaines d'employés d'hôtel de Toronto qui ont été licenciés à mesure que les activités de l'industrie touristique diminuaient en raison du SRAS ont choisi de ne pas réclamer l'assurance-emploi, même s'ils étaient admissibles parce qu'ils ne voulaient pas être sur le radar de l'État en raison de la crainte que leur nationalité ne serait pas considérée comme « souhaitable ».

C'est ainsi que la précarité du travail et les conditions de vie des travailleurs migrants deviennent la nouvelle norme pour tous les travailleurs en vertu de la supercherie que l'économie dépend de la concurrence des monopoles et des secteurs concurrentiels sur les marchés mondiaux et que c'est la seule façon de faire.

La demande de justice dans cette affaire va de pair avec la demande que le droit de tous les travailleurs à des conditions de travail saines et sécuritaires soit reconnu et garanti. Les travailleurs ont des droits du fait qu'ils sont les producteurs de la richesse sociale et les dispensateurs de services. Cela doit être la considération globale à la base de toutes les industries et les secteurs de services. Les travailleurs ne sont pas divisés sur la base de ces catégories humiliantes et arbitraires telles que « occasionnels », « migrants » ou « sans papier ». Dès que des travailleurs viennent au Canada pour travailler, ils font partie de la classe ouvrière canadienne et leurs droits en tant que travailleurs doivent être reconnus et garantis, comme tout le monde.

Le Marxiste-Léniniste en appelle à tous les travailleurs de l'Ontario d'exiger que justice soit faite pour les victimes, d'intensifier leur lutte pour mettre fin au massacre des travailleurs sur les chantiers et de renforcer la solidarité sociale dans leurs rangs pour défendre les droits de tous sur la base qu' « une attaque contre un est une attaque contre tous ».

Les quatre travailleurs qui ont été tués le 24 décembre 2009 sont Fayzullo Fazilov, 31 ans, de l'Ouzbékistan, et Vladimir Korostin, 40 ans, né en Ouzbékistan et vivant en Israël jusqu'à il y a trois ans quand il est venu au Canada en quête du statut de réfugié, Alexander Bondorev, 25 ans, de Lettonie, et Alexsey Blumberg, 33 ans, de l'Ukraine. Dilshod Marupov, également en provenance d'Ouzbékistan, a subi des blessures qui ont mis sa vie en danger mais il n'est plus dans un état critique.

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Les travailleurs et la communauté
exigent que justice soit faite

Le 7 janvier, plus de 400 travailleurs et résidants de Toronto ont bravé le froid glacial pour participer à une vigile en soirée en souvenir des quatre travailleurs étrangers qui ont été tués le 24 décembre 2009, lorsque l'échafaudage volant sur lequel ils travaillaient sur un immeuble au 2757 avenue Kipling s'est effondré, entraînant la mort des quatre ouvriers et blessant grièvement un autre travailleur.

L'événement était organisé par No One Is Illegal et Justicia for Migrant Workers. Les travailleurs et les autres membres de la communauté sont venus offrir leurs plus sincères condoléances aux familles et exprimer leur indignation pour ces travailleurs migrants de la construction.

Plusieurs orateurs de No One Is Illegal ont lancé l'appel à la foule de joindre la lutte Pour un statut pour tous !, disant que si ces travailleurs avaient eu plein statut au Canada, leurs conditions de travail n'auraient pas été aussi précaires au point de mettre leur vie en danger. Les membres de No One Is Illegal ont appelé à l'unité de tous les travailleurs et de la communauté pour exiger des conditions de travail sécuritaires pour tous les travailleurs et la fin des tragédies comme la mort de ces quatre hommes et les blessures graves infligées à Dilshod Marupov. Les orateurs ont souligné que la lutte pour les droits de tous signifie que les travailleurs qui débarquent au Canada ont immédiatement le droit au travail et à des conditions de vie sécuritaires, le droit à la citoyenneté, le droit aux soins de santé et à l'éducation pour leurs familles, à l'indemnisation des travailleurs et autres protections de base, sans la crainte de la déportation qui plane sur leurs têtes.

Les membres de la communauté ouzbèke, à Toronto, ont parlé des familles dans la patrie d'origine de ces hommes qui étaient scandalisées d'apprendre qu'une telle tragédie puisse arriver à des membres de leur famille au Canada, un pays où ils pensaient que les droits des travailleurs sont garantis à tous. Un autre orateur qui a vécu dans l'immeuble a souligné qu'il était scandaleux que les dépouilles des personnes décédées aient dû rester au sol plus longtemps que les 12 heures autorisées par la tradition religieuse islamique, avant que les corps soient enterrés, ou que l'entreprise en construction qui a embauché ces hommes ne défrait le coût de transport des dépouilles par avion, vers leur patrie pour y être enterrés.

Jim Nugent, membre de la section locale 721 des Métallos et de No One is Illegal, a souligné que les travailleurs ne doivent pas être divisés sur la base du statut. Une attaque contre un est une attaque contre tous. Il a lancé l'appel à l'importante délégation de travailleurs de la construction de se tenir avec tous les travailleurs migrants et temporaires qui exigent un statut. Il a rappelé à tous que la première chose que le gouvernement anti-travailleur d'Harper a fait lorsqu'il est venu au pouvoir en 2006 était d'attaquer les travailleurs de la construction sans papier du Portugal, membres de la section locale 183 du Syndicat des journaliers, et de les déporter. Il a réitéré que la classe ouvrière est une et a appelé à un statut pour tous.

Sid Ryan, président de la Fédération des travailleurs de l'Ontario, a réclamé une enquête criminelle au sujet de la mort des quatre travailleurs. Il a déclaré que depuis 1992, il y a eu plus de 400 travailleurs tués en Ontario et qu'aucune accusaton criminelle n'a été déposée. Les travailleurs ne peuvent permettre que cela continue, a-t-il souligné.

Des porte-paroles de syndicats, des Travailleurs canadiens de l'automobile et UNITE-HERE et d'autres ont aussi exprimé leurs condoléances aux familles et ajouté leurs voix à ceux qui exigent une enquête publique pour éclaircir ce crime contre la classe ouvrière et le peuple. La vigile s'est terminée par une minute de silence en mémoire des quatre travailleurs et tous les autres travailleurs tués au travail et sur le ton d'une résolution militante des organisateurs de poursuivre la mobilisation et d'organiser pour les droits de tous les travailleurs, le plein statut pour tous les travailleurs migrants et la fin des conditions de travail dangereuses.

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Amérique latine

L'autochtone Evo Morales Ayma réélu en Bolivie

L'autochtone Evo Morales Ayma : « Je vais travailler avec le peuple pour promouvoir le développement, l'unité et l'intégration en Bolivie. »

Vendredi dernier, le 22 janvier, Evo Morales a inauguré son deuxième mandat historique en tant que président de la Bolivie, dans l'édifice de la première Assemblée législative plurinationale, à La Paz. Il était accompagné des présidents du Chili, de l'Équateur, du Paraguay et du Venezuela, du prince d'Espagne, Felipe de Bourbon, et de délégations du Canada, de la France, du Pérou et du Brésil, entre autres.

« Pour la nation et pour le peuple bolivien, je jure en tant que président de l'État plurinational de la Bolivie », a déclaré le chef indigène Evo Morales Ayma, au moment où il recevait l'écharpe présidentielle, qui comprend désormais la drapeau amérindien Wiphala, symbole des communautés autochtones de la Bolivie.

Un État multiculturel avec un horizon socialiste

Dans son discours devant la nation bolivienne, le vice-président Alvaro Garcia Linera a affirmé que ce second mandat « marquera la fin de l'État apparent et fera place à un État intégré avec un horizon socialiste, quelque part entre un État colonial et un nouvel État plurinational que nous édifions ».

Il a expliqué que l'État apparent a été incapable de représenter la totalité de la population, mais seulement un fragment isolé, « il excluait la majorité autochtone, sa culture, ses héros et son rôle politique. La Bolivie devrait évoluer vers un État intégré, où il y a correspondance entre la société civile, les citoyens, les classes sociales et la représentation politique au sein de laquelle s'exerce un leadership moral et intellectuel, et où les politiciens nous unissent tous », a-t-il dit.

Garcia Linera a exprimé ses remerciements aux mouvements autochtones, paysans et étudiants du pays qui ont mené le processus de changement révolutionnaire, « la Bolivie a été en mesure de devenir un État juste, une vraie démocratie participative, où les communautés autochtones et mestizoz (peuples métis) sont incluses de manière unifiée ».

L'appui du peuple a été la clé

« Durant les quatre ans où j'ai été à la tête du gouvernement, j'ai beaucoup appris sur la sagesse du peuple avec qui j'ai entretenu des contacts permanents », a proclamé le président bolivien exubérant. Dans son allocution présidentielle, Evo Morales a comparé les résultats obtenus au cours de son premier mandat, durant lequel un processus de transformation sociale a commencé avec un niveau élevé de participation populaire, à ceux des gouvernements précédents. Il a dit qu'il a toujours « envie de travailler pour l'égalité, l'unité et la dignité de la Bolivie, et il n'a pas été facile de gouverner avec une opposition qui utilise tous les outils et stratégies possibles pour déstabiliser la démocratie et renverser un gouvernement qui cherche à mettre un terme à l'injustice ».

Plusieurs fois durant son premier mandat, les forces d'opposition ont tenté de renverser le président bolivien par des tentatives de coup d'État, des proclamations et des mouvements séparatistes, la violence politique et le sabotage économique.

Morales a souligné l'amélioration de l'éducation, la construction de nouvelles écoles et la mise en oeuvre d'un système plus accessible d'enseignement supérieur avec des bourses pour étudier à l'étranger durant son administration. Il a également expliqué comment le système de soins de santé s'était amélioré au cours des quatre dernières années et la dette extérieure réduite de 50 %. Alors que le salaire minimum avait seulement été haussé de 10 bolivianos pendant l'administration précédente, durant le premier mandat d'Evo, le salaire minimum a été augmenté de plus de 230 bolivianos. Il y avait plus d'investissements étrangers, un doublement des créations d'emplois, une remontée importante du PNB et une augmentation des réserves six fois supérieures aux administrations précédentes.

Le président Morales a aussi détaillé l'importance des changements sociaux et politiques réalisés au cours de son premier mandat de quatre ans. « Le 22 janvier est une date clé pour moi », a-t-il déclaré. « Non seulement est-ce le jour de l'inauguration, mais quand j'étais député à la législature, j'ai fait une grève de la faim pour m'opposer à certaines politiques gouvernementales, un certain 22 janvier ». Le gouvernement de l'époque « avait ordonné que toutes les toilettes dans l'édifice du Congrès soient bouclées, afin que je ne puisse pas les utiliser », a-t-il ajouté. « C'est comme ça qu'ils m'ont sorti de l'édifice. »

« Quand j'ai quitté, j'ai déclaré que je serais de retour, avec au moins 10 autres membres de l'Assemblée. Jamais je n'imaginais que je serais de retour, mais avec 115 membres de l'Assemblée », a-t-il dit. Le parti d'Evo Morales, le Movimiento al Socialismo (MAS), a remporté en décembre dernier 115 des 157 sièges de l'Assemblée législative, une majorité sans équivoque.

La souveraineté alimentaire et la réforme juridique

Se référant aux priorités durant son deuxième mandat, le président Morales a mentionné la nécessité d'améliorer la souveraineté alimentaire et la sécurité, ainsi que de « promouvoir une révolution dans le système judiciaire afin que la justice cesse d'être contrôlée par les puissants et que la loi s'applique à tous les citoyens ».

« Nous allons également mettre l'accent sur l'industrialisation, et pas seulement du gaz et du pétrole, mais aussi du lithium, qui requiert des millions d'investissements qui seront ouverts aux partenaires privés. L'exploitation et l'industrialisation de fer seront développées à El Mutun, situé sur la frontière avec le Brésil, et non seulement avec la société indienne Jindal Steel, mais aussi avec des investissements de l'État », a-t-il indiqué.

La Bolivie est l'un des plus proches alliés politiques, commerciaux et sociaux du Venezuela dans la région. Tous deux sont membres de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA) avec le plan de développer les relations dans un avenir proche.

Aujourd'hui, Evo Morales est le seul président autochtone dans le monde et le premier en Bolivie, un pays à 80 % autochtone. En décembre dernier, il a remporté les élections présidentielles avec plus de 64 % des voix, la plus grande victoire jamais vue dans l'histoire de la Bolivie.

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste. Cet article a été initialement publié dans Correo del Orinoco International.)

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Asie

La menace militaire des États-Unis force
la Chine à augmenter son budget de défense

Il serait justifié que la Chine accroisse ses dépenses militaires puisque les États-Unis posent une menace et un défi aux intérêts stratégiques fondamentaux de la Chine avec leur plan de vendre 6,4 milliards $ d'armes à Taïwan, disent les experts chinois.

« L'action des États-Unis donne à la Chine une raison de justifier l'augmentation de ses dépenses en défense nationale, d'améliorer le développement et l'achat d'armes, et d'accélérer son processus de modernisation en matière de défense nationale », a déclaré Luo Yuan, chercheur principal à l'Académie des sciences militaires dans une entrevue accordée à la chaîne Phoenix TV de Hong Kong.

« La Chine fait l'objet de pressions de la part des États-Unis, ce qui pose une menace à ses intérêts fondamentaux », a déclaré Luo.

Dans les 17 heures suivant l'annonce du 29 janvier par l'administration Obama informant le Congrès américain du plan de vendre à Taïwan des armes comprenant des missiles Patriot, des hélicoptères Black Hawk et des dragueurs de mines, la Chine a annoncé des contre-mesures.

Le ministère de la Défense a déclaré qu'il allait suspendre les visites d'échanges militaires prévues avec les États-Unis, de surveiller de près la situation et de prendre les mesures qui s'imposent.

Des visites d'échange ont été planifiées pour cette année à l'occasion de la visite aux États-Unis, du 24 octobre au 3 novembre, du vice-président de la Commission militaire centrale de Chine, Xu Caihou, de la visite en Chine du secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, de l'amiral Mike Mullen et de la visite aux États-Unis du chef de l'état-major militaire chinois Chen Bingde.

Ces arrangements ont été confirmés dans une déclaration commune publiée lors de la visite en Chine en novembre dernier du président américain Barrack Obama.

Toutefois, des mesures similaires ont été prises par la Chine en 2008 après que l'ancienne administration Bush eut annoncé une vente de plusieurs milliards de dollars d'armes à Taïwan, mais huit mois plus tard, le dialogue militaire avait repris.

« C'est un signal envoyé aux États-Unis que les actions de la Chine sont en vigueur seulement durant une période de temps limitée, et plus tard tout rentrera dans l'ordre comme auparavant », a déclaré Luo Yuan.

Mais la communauté internationale doit savoir que ce ne sont pas des « menaces chinoises », mais « des menaces américaines ». « La Chine n'a rien fait pour menacer les États-Unis, alors pourquoi les Américains contestent-ils nos intérêts stratégiques fondamentaux ? », a déclaré Luo.

Luo a indiqué que la Chine devrait s'imposer pour mettre fin à la vente d'armes américaines à Taïwan, ce qui signifie fondamentalement une armée et une défense nationale plus fortes.

En 2009, le budget de la défense nationale de la Chine était de plus de 48 milliards de yuans, en hausse de 14,9 % par rapport à l'année précédente. Mais ses dépenses en matière de défense représente environ 1,4 pour cent du PIB total, alors que ce chiffre est supérieur à 4 % aux États-Unis, et plus de 2 % au Royaume-Uni et en France.

Jin Canrong, expert en affaires internationales à l'Université Renmin de Chine, a déclaré que l'armée chinoise doit effectuer plus d'essais d'armes de haute technologie, afin d'accélérer la modernisation militaire et, cette année, les dépenses militaires devraient augmenter de plus de 10 %.

Depuis que la Chine et les États-Unis avaient officiellement établi des relations diplomatiques en 1979, les États-Unis ont continué de vendre des armes à Taïwan et la Chine a constamment fait des représentations.

Guo Xiaobing, chercheur à l'Institut chinois des relations internationales contemporaines, a souligné que les relations militaires entre la Chine et les États-Unis ont été à la traîne de leurs relations économiques et politiques.

« Ce que les États-Unis ont fait cette fois-ci va gêner davantage l'amélioration possible de leurs relations, et les États-Unis espèrent en apprendre davantage sur la Chine, leur principal concurrent, à travers des échanges et la communication », a indiqué Guo.

Mais pour la Chine, qui ne dispose pas de beaucoup d'échanges techniques avec les États-Unis en matière de construction de la défense, la suspension des échanges ne la touchera que de peu, a dit Guo.

Toutefois, en n'incluant pas cette fois, dans la vente d'armes, les avions de combat F-16, ce qui préoccupe le plus Beijing, les États-Unis montrent qu'ils n'avaient pas l'intention d'irriter la Chine au point de non retour, a déclaré Guo.

(Traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste)

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