Le Marxiste-Léniniste

Numéro 20 - 30 janvier 2010

US Steel

À qui appartient le Canada?
À qui appartient l'économie? Qui décide?

US Steel
À qui appartient le Canada? À qui appartient l'économie? Qui décide?
Chronologie de la destruction de Stelco par US Steel
Quel avenir pour nos jeunes?
US Steel n'est pas une personne - Bulletin d'information du syndicat des Métallos (1005)

Haïti
Lancement de la campagne «Cuba pour Haïti» - Réseau canadien de solidarité avec Cuba
L'UNICEF dénonce la traite des enfants haïtiens
L'ALBA envoie de l'aide à la reconstruction
Vidéo: Les médecins cubains au secours des victimes du séisme
Dépêchons des médecins, non des soldats! - Fidel Castro

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US Steel

À qui appartient le Canada?
À qui appartient l'économie? Qui décide?

Tous à la défense d'un Canada populaire et de son économie socialisée !
Unissons-nous et organisons-nous pour combattre pour restreindre le droit de monopole !

Ce numéro du Marxiste-Léniniste comprend une chronologie de la destruction par US Steel de la production d'acier aux aciéries Hamilton Works et Lake Erie Works depuis qu'il a acquis et pris le contrôle de Stelco. Cette activité viole l'entente que le monopole américain a signée sous l'autorité de la Loi sur Investissement Canada. La chronologie donne également les faits sur la situation présente à Hamilton Works et sur d'autres questions qui ont surgi, comme le fait que US Steel utilise des travailleurs retraités comme travailleurs à contrat plutôt que d'engager et de former des jeunes.

La chronologie soulève clairement la question : qui doit contrôler l'économie canadienne socialisée et qui doit décider de sa direction ? Plusieurs travailleurs ont déjà tiré la conclusion que les institutions politiques et économiques actuelles du Canada ne sont pas capables de restreindre les pratiques destructrices des monopoles qui contrôlent maintenant les secteurs décisifs de l'économie et qu'elle ne sont pas intéressées à le faire non plus. Plusieurs de ces monopoles qui causent tant de dislocation à l'économie et de souffrances individuelles à cause de leur objectif égocentrique étroit sont basés à l'extérieur du Canada et c'est le cas notamment de US Steel, de Vale Inco, de Xstrata, Shell et AbitibiBowater, parmi tant d'autres. Plusieurs autres monopoles qui eux sont basés au Canada comme Nortel et Olymel, ont aussi participé à la vague récente de destruction de la base manufacturière et d'attaques contre les travailleurs.

La responsabilité de changer les choses revient à la classe ouvrière et à ses alliés et surtout aux syndicalistes qui doivent diriger la lutte à la défense des droits de tous et les politiciens ouvriers qui doivent diriger le peuple dans la lutte pour le renouveau démocratique et pour restreindre le droit de monopole.

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Chronologie de la destruction de Stelco par US Steel

Octobre 2008 : plus de 1 700 métallos aux ateliers de Hamilton de Stelco et plus de 1 000 aux ateliers de Lake Erie travaillent à la fabrication de l'acier dans ces usines qui sont aujourd'hui la propriété et sous le contrôle de US Steel. Les travailleurs des ateliers de Hamilton fabriquent des brames d'acier qui sont expédiées aux ateliers de Lake Erie pour y être transformées en tôles laminées à chaud. Les ateliers de Hamilton ont eu dans le passé une usine de laminage à chaud mais elle a été fermée en 2007 par Rodney Mott, le PDG venu de la Caroline du Nord qui a été parachuté à Stelco pour mettre à profit ses liens et sa célébrité dans certains milieux financiers américains pour préparer la vente de Stelco à un monopole étranger.

Une fois l'usine de laminage à chaud de Hamilton fermée en 2007, les brames d'acier ont été expédiées à Lake Erie pour y être transformées en tôles enroulées puis réexpédiées à Hamilton pour y être passées dans le moulin de laminage à froid et finalement transformées dans la ligne Z et la ligne de galvanisation encore en fonction à Hamilton. L'acier produit est maintenant prêt pour la vente à un acheteur.

Hamilton a alors 200 travailleurs dans le moulin numéro 3 de billettes et de barres d'acier.

Novembre 2008 : Début des grandes mises à pieds en novembre 2008 lorsque US Steel ferme sa première ligne de production de brames à Hamilton. La seule production qui reste est alors la transformation finale de la tôle laminée à chaud que Hamilton reçoit de Lake Erie.

Décembre 2008 : US Steel continue d'attaquer la production en fermant les moulins de billettes et barres d'acier de Hamilton. À partir de ce moment près de 800 métallos, soit presque la moitié de la main-d'oeuvre de Hamilton, sont sans emploi et ne fabriquent plus d'acier.

3 mars 2009 : US Steel annonce la fermeture de toutes ses installations canadiennes. Peu de temps après, 700 métallos de Hamilton et 200 de Lake Erie annoncent leur retraite.

3 août 2009 : Dans un assaut brutal pour soutirer des concessions aux métallos de la section locale 8782, US Steel transforme sa fermeture de Lake Erie en un lock-out.

Fin août 2009 : US Steel redémarre le haut fourneau de Hamilton et 850 métallos de la section locale 1005 commencent à produire des brames d'acier. Comme toute transformation a été arrêtée à Hamilton et que Lake Erie est fermé, les brames sont expédiées à diverses usines aux États-Unis, dont l'usine Fairfield en Alabama et l'usine Great Lakes à Détroit. Les commandes des clients traditionnels de US Steel sont remplies à partir d'usines américaines.

Première semaine de janvier 2010 : US Steel déplace les travailleurs de Hamilton vers le département de la ligne Z afin d'y repartir la production. Comme Lake Erie demeure fermé, US Steel fait venir les tôles enroulées produites dans des usines de laminage à froid aux États-Unis pour qu'elles y soient transformées en produits finis sur la ligne Z et vendues à ses clients canadiens. Cet arrangement ne donne lieu qu'à une production sporadique.

Début janvier 2010 : Le responsable de US Steel pour la production, James Garroux, arrive à Hamilton pour une inspection et fait savoir à la direction de Stelco qu'il y a encore trop de monde d'employé à Hamilton. Les employés salariés pensent que Garroux veut mettre à pieds plus de 100 d'entre eux et rappeler ceux de son choix en tant que travailleurs à contrat selon ses besoins. Cela contreviendrait complètement à l'entente signée en vertu de la Loi sur Investissement Canada mais les dirigeants de US Steel semblent se ficher éperdument des lois canadiennes.

Mi-janvier 2010 : US Steel informe la section locale 1005 des Métallos que la compagnie voulait repartir les quatre laminoirs à froid au début de février 2010. La production étant arrêtée à Lake Erie, cela veut dire que les métallos de Hamilton produiraient les brames qui seraient ensuite envoyées aux États-Unis, soit aux ateliers Gary dans l'Indiana, aux ateliers Great Lakes à Détroit au Michigan, Granite City dans l'Illinois, Fairfield en Alabama ou Mon Valley en Pennsylvanie, et la tôle laminée à chaud reviendrait à Hamilton pour passer par la ligne Z. La main-d'oeuvre restante à Hamilton est maintenant de 850 travailleurs, à peine suffisant pour la fabrication de brames avec la formation sur le tas d'une centaine de travailleurs rappelés qui ne connaissent pas le procédé. Le monopole a mentionné qu'il voulait faire appel à des travailleurs à contrat pour former les métallos qui ne connaissent pas le procédé de la ligne Z. Avec les mises à pied et les retraites, il ne reste pas suffisamment de travailleurs possédant les qualifications nécessaires pour faire fonctionner les quatre laminoirs et la ligne Z avec des quarts-horaires de huit heures par jour, cinq jours semaines. Les mises à pied et les retraites ont également fait baisser la disponibilité de travailleurs de métier. Alors la compagnie comble les postes avec des travailleurs à contrat, d'anciens employés de Stelco à la retraite pour la plupart. Il y en a des centaines à l'usine chaque jour. Le travail à contrat devient un problème sérieux et les travailleurs commencent à voir ce que cela signifie. (Voir ci-dessous l'article « Quel avenir pour nos jeunes ? »)


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Quel avenir pour nos jeunes?

Voici une lettre tirée du bulletin d'information de la section locale 1005 du syndicat des Métallos en date du 25 janvier 2010. Un membre de l'exécutif du syndicat propose le renouvellement de l'économie socialisée à Hamilton en embauchant des jeunes plutôt qu'embaucher des retraités à contrat. C'est un exemple de la largesse d'esprit qu'il faut pour donner une direction pro-sociale à l'économie socialisée.

* * *

Avec un taux de chômage qui se situe aux alentours de 10 %, pourquoi les entreprises et les agences gouvernementales embauchent-elles des travailleurs à la retraite ?

Ne croyez-vous pas que ce serait beaucoup plus à l'avantage de la société, et moins dur pour nos programmes sociaux, d'embaucher des chômeurs ? Elles préfèrent embaucher des retraités à contrat pour ne pas être obligées de payer les pensions et avantages sociaux de nouveaux travailleurs.

Les compagnies prétendent qu'elles ne peuvent pas se permettre de former de nouveaux travailleurs. Les retraités ne vont pas pouvoir maintenir une économie forte et durable. Nous avons besoin du plein emploi, pas du chômage, pour une économie forte et durable. Plutôt que de ré-embaucher ces retraités, nous devrions former des jeunes dans les programmes d'apprentissage, parce que les retraités sont une solution à court terme pour un problème à long terme. Ils ont travaillé fort et méritent une pension avec laquelle se retirer dans la dignité.

Les syndicats ont négocié une clause sur la retraite après trente ans pour permettre aux travailleurs de prendre leur retraite et d'être remplacés par nos enfants, pas pour revenir à l'usine pour percevoir à la fois une prestation de retraite et un chèque de paie alors que nos enfants n'ont pas de travail.

Nos jeunes méritent un niveau de vie que la plupart d'entre nous avons connu durant nos meilleures années. Ce niveau de vie ne peut pas être soutenu si nos enfants travaillent dans la vente au détail.

Les emplois dans le secteur manufacturier sont ce qu'il faut pour l'économie, parce qu'ils produisent de la richesse. Il y a même des bureaux d'assurance-emploi du gouvernement qui rappellent des retraités parce qu'il y a trop de travail à cause du nombre élevé de chômeurs. C'est ridicule. Ne serait-il pas plus logique d'embaucher des chômeurs et de les former ?

Les syndicats doivent négocier des conventions avec des dispositions sur le travail à temps partiel des retraités et forcer ces compagnies à embaucher des jeunes qui sont sans travail.

En toute solidarité,
[signé]

Membre de l'exécutif du 1005, Syndicat des métallos

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US Steel n'est pas une personne

US Steel compte sur le paragraphe 2(e) de la Déclaration canadienne des droits qui garantit à toute personne un procès équitable selon les principes de justice fondamentale. Il prétend avoir de droits en tant que personne.

US Steel Canada une « personne » ?

Bien que la notion d'entreprise comme personne soit acceptée dans la « jurisprudence », elle n'a aucun rapport avec la réalité. Les entreprises sont des rapports sociaux très inégaux constitués de deux éléments en opposition antagoniste l'un avec l'autre : 1) les propriétaires du capital et 2) les travailleurs. Ce rapport social antagoniste et inégal est extrêmement instable et tendu. Les propriétaires du capital, qui se considèrent comme « la personne » visée dans les lois sur les affaires et la Déclaration des droits, ne peuvent pas exister sans leur opposé, la classe ouvrière. Les travailleurs sont ce qui donne à l'entreprise sa valeur, par leur temps de travail à transformer les matières premières en produit social et à dispenser des services.

L'absurdité de la notion que les sociétés sont des « personnes » devient vite évidente dans le cas de Stelco. En novembre 2008, lorsque les récentes mises à pied ont commencé, et en mars 2009, lorsque US Steel a annoncé la fermeture des aciéries Stelco, les quelque 3 000 travailleurs et plus de 9 000 retraités voulaient-ils fermer Stelco ? Quelle « personne » avait intérêt à morceler l'aciérie et à la vendre à la pièce ? Était-ce la « personne » de John Surma (le PDG de US Steel), la « personne » représentée par le conseil d'administration ou les « personnes », les travailleurs qui produisent toute la richesse ? Ou était-ce les 9 000 retraités qui comptent sur la production et la survie de l'entreprise pour leur pensions ?

L'idée qu'une entreprise comme US Steel soit une personne n'est pas défendable dans les faits et dans la loi, et le gouvernement a tort d'accepter cette logique.

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Haïti

Lancement de la campagne «Cuba pour Haïti»


Un médecin cubain en Haïti,
le 18 janvier 2010

Chers amis,

En réponse aux grandes souffrances que vit le peuple haïtien suite au séisme et à ses nombreuses répliques, beaucoup de Canadiens se demandent quel est le moyen le plus efficace de leur venir en aide. L'Association d'amitié Canada-Cuba de Toronto a proposé de mettre sur pied une campagne de financement Cuba pour Haïti appuyée par le Réseau canadien de solidarité avec Cuba pour en faire un effort national.

Cuba a une histoire sans précédent d'aide aux personnes en situation de crise, telles que le tremblement de terre au Pakistan et les catastrophes naturelles dans de nombreux autres pays. En fait, il a mis en place une unité spéciale d'urgence, la Brigade médicale Henry Reeve, pour répondre à de telles catastrophes. Au moment du tremblement de terre en Haïti, 402 internationalistes cubains, 302 d'entre eux étant du personnel médical, avaient déjà aidé les Haïtiens. Ce personnel ainsi que bon nombre des 500 médecins haïtiens qui avaient été formés à Cuba à titre gracieux forment le groupe de sauveteurs qui ont assisté plus de 1 102 patients dès les premières 24 heures après le séisme. Ils ont continué leur travail, appuyés par une brigade médicale supplémentaire qui est rapidement arrivée de Cuba.

Nous pensons que ce type d'aide précieuse et sans précédent de Cuba à Haïti depuis onze ans mérite d'être appuyé aussi solidement que possible. Le Réseau de solidarité avec Cuba vous exhorte à appuyer Cuba dans ce travail en versant un don au « Mackenzie-Papineau Memorial Fund », en indiquant sur votre chèque « Cuba pour Haïti ».

Des reçus de charité seront émis par le Mackenzie-Papineau Memorial Fund (organisme de bienfaisance – Revenu Canada Reg, # 88876 9197RR0001).

Votre don doit être envoyé au :

Mackenzie-Papineau Memorial Fund & Friends of the Mac-Pap Bataillon, Int'l Brigades
a/s de S. Skup
56 Riverwood Terrasse
Bolton, ON L7E 1S4

Les contributions « Cuba pour Haïti » seront affectées à un compte spécial, pour que 100 % des dons soient utilisés pour le soutien médical et l'aide à Haïti. Nous travaillons directement avec l'ambassade de Cuba à Ottawa et le consulat général à Toronto.

Cordialement,

Isaac Saney, co-président et porte-parole national
Tamara Hansen, co-présidente
Keith Ellis, coordonnateur de « Cuba pour Haïti »
Réseau canadien de solidarité avec Cuba

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L'UNICEF dénonce la traite des enfants haïtiens

Le 22 janvier, l'Organisation des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) a dénoncé la disparition d'enfants haïtiens laissés à eux-mêmes dans les hôpitaux à Port-au-Prince, après le séisme. L'organisation a annoncé qu'elle a découvert qu'au moins 15 enfants ont été enlevés et soupçonne qu'un réseau de trafic d'êtres humains basé à Saint- Domingue, République dominicaine, soit responsable de l'enlèvement.

L'enlèvement d'enfants haïtiens a lieu au moment où le pays est confronté à la plus grande catastrophe humanitaire des trois dernières décennies, a fait remarquer le représentant de l'UNICEF, Jean Claude Legrand.

L'UNICEF a également dénoncé la probabilité d'autres cas d'enlèvement d'enfants et a aussi sonné l'alarme sur la légalité de la procédure d'adoption accélérée demandée par l'Allemagne, la France, la Hollande, l'Espagne et les États-Unis, en particulier.

Les réseaux de trafic d'enfants existaient avant le séisme et ont été très actifs dans les enlèvements de mineurs pour le marché international des adoptions illégales, a fait remarquer Legrand, soulignant qu'ils peuvent être en train d'élargir leurs activités compte tenu des circonstances actuelles, parce que les trafiquants essaient de profiter de la fragilité de l'appareil d'État durant une telle catastrophe.

La porte-parole de l'UNICEF, Véronique Taveau, a rappelé que lors des situations d'urgence les enfants sont les plus vulnérables parmi la population. Elle a exhorté les États qui adoptent des enfants haïtiens de respecter la Convention de La Haye concernant la protection des enfants et leur famille face aux procédures illégales. En même temps, l'UNICEF a également souligné le danger que les jeunes femmes haïtiennes soient également des victimes d'éléments criminels impliqués dans la traite des femmes.

Par ailleurs, l'Église catholique de Miami prépare un plan pour Haïti semblable à « l'Opération Peter Pan », un plan de traitement cruel et inhumain instigué en 1960 par la CIA qui a séparé 14 000 enfants de leurs familles cubaines. Cette opération contre-révolutionnaire était le plus grand exode d'enfants non accompagnés enregistrés dans l'hémisphère ouest et est resté secret pendant 30 ans.

(Prensa Latina)

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L'ALBA envoie de l'aide à la reconstruction

Le président Hugo Chávez de la République bolivarienne du Venezuela a présidé une réunion extraordinaire du Conseil politique de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA), qui a eu lieu le 24 janvier, au Palais de Miraflores à Caracas, Venezuela.

La réunion d'urgence, qui a suscité une réaction immédiate des pays membres, a discuté de la contribution du bloc régional à la reconstruction d'Haïti dévasté par le tremblement de terre.

Selon Chávez, la réunion – qui comprenait Roosevelt Skerrit, le premier ministre de la Dominique, et d'autres représentants de l'ALBA – a été convoquée pour parler de la situation en Haïti, une nation ayant le statut d'observateur permanent auprès de l'ALBA, et pour renforcer l'aide humanitaire.

À la fin de la réunion, la déclaration finale a été lue par le ministre cubain des Affaires étrangères Bruno Rodriguez et il fut convenu que ce plan serait transmis de toute urgence au président haïtien René Préval via une commission de haut niveau.

Le texte déclare que les efforts de reconstruction dans ce pays frère des Caraïbes « doit faire du peuple et du gouvernement d'Haïti les principaux protagonistes, respectant ainsi les principes de la souveraineté et de l'intégrité territoriale ».

La poursuite des travaux en cours, avant tout dans « la sphère de la santé », a été réaffirmée, notamment pour ce qui est de la préparation d'un plan donnant la priorité aux enfants et d'inclure la reconstruction des infrastructures du système d'éducation, les programmes d'alimentation et d'aide scolaire et la formation des enseignants.

La création d'un fonds humanitaire par l'intermédiaire de la Banque de l'ALBA a été approuvé et doit être créé avec le soutien des pays membres. Les membres se sont entendus sur l'approvisionnement de denrées alimentaires pour soulager la crise et la réactivation des plans de production des aliments qui étaient en cours dans le cadre de l'Initiative en alimentation-ALBA.

Entre autres mesures, ils ont également proposé de réintroduire des projets à l'appui de la production d'électricité, en garantissant l'approvisionnement en combustible nécessaire aux usines à Cap-Haïtien, aux Gonaives et à Carrefour, les zones gravement endommagées par le séisme.

(Granma International)

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Vidéo: Les médecins cubains au
secours des victimes du séisme

Voici un reportage du réseau CNN paru le 16 janvier qui décrit le haut niveau d'organisation et de soin des équipes médicales cubaines en Haïti, aux côtés des équipes des autres pays d'Amérique latine et de l'Espagne, dans des circonstances extrêmement difficiles. Bien que Cuba offre depuis longtemps cette assistance médicale à Haïti (et à d'autres pays), les médias étasuniens ont érigé un mur du silence à ce sujet. Ce reportage de CNN est assez exceptionnel.


Dépêchons des médecins, non des soldats!

Dans mes Réflexions du 14 janvier, rédigées deux jours après la catastrophe qui a détruit Haïti, pays voisin frère, j'écrivais :

« Dans le domaine de la santé et d'autres, Cuba, bien que pays pauvre en butte à un blocus, coopère depuis des années avec le peuple haïtien. Environ quatre cents médecins et spécialistes de la santé lui prêtent des services gratuits. Nos médecins travaillent tous les jours dans 227 des 337 communes du pays. Par ailleurs, au moins quatre cents jeunes Haïtiens se sont formés comme médecins dans notre pays. Ils travailleront maintenant auprès des renforts que nous avons dépêchés hier pour sauver des vies dans cette situation critique. On peut donc mobiliser sans efforts spéciaux jusqu'à un millier de médecins et de spécialistes de la santé qui sont presque tous déjà sur place et prêts à coopérer avec n'importe quel État qui souhaiterait sauver des vies haïtiennes et soigner des blessés. »

[...]

« La chef de notre brigade médicale a informé : « La situation est difficile, mais nous avons déjà commencé à sauver des vies. »

Les personnels de santé cubains ont entrepris de travailler sans trêve heure après heure, de jour et de nuit, dans les rares installations restées debout, sous des tentes ou dans des parcs et des espaces publics, parce que la population redoutait de nouveaux tremblements.

La situation était encore plus grave qu'on ne l'avait imaginée au départ. Des dizaines de milliers de blessés réclamaient de l'aide dans les rues de Port-au-Prince, tandis qu'une quantité incalculable de personnes gisaient, vivantes ou mortes, sous les ruines des maisons de pisé et de torchis qui abritaient l'immense majorité de la population. Mêmes des bâtiments plus solides s'étaient effondrés. Il fallut aussi rechercher, au milieu des quartiers détruits, les médecins haïtiens diplômés de l'École latino-américaine de médecine (ELAM), dont beaucoup avaient été touchés directement ou indirectement par la tragédie.

Des fonctionnaires des Nations Unies sont restés coincés dans plusieurs de leurs édifices, et des dizaines ont perdu la vie, dont plusieurs chefs de la MINUSTAH, une force de l'ONU, et on ignorait le sort des centaines d'autres membres de ce personnel.

Le Palais présidentiel s'était effondré. De nombreuses installations publiques, dont plusieurs hôpitaux, avaient été converties en ruines.

La catastrophe a bouleversé le monde qui en a été témoin grâce aux images des principales chaînes de télévision internationales. Les gouvernements ont annoncé de partout l'envoi de secouristes, d'aliments, de médicaments, d'équipements et d'autres ressources.

Conformément avec la position annoncée publiquement par Cuba, des personnels médicaux d'autres nationalités, dont des Espagnols, des Mexicains, des Colombiens, ont oeuvré ardûment auprès de nos médecins dans les installations que nous avions improvisées. Des organisations comme l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS) et des pays amis comme le Venezuela et d'autres ont fourni des médicaments et des moyens variés. Les personnels médicaux cubains et leurs chefs, faisant preuve d'une conduite dénuée de chauvinisme, ont refusé absolument de se mettre en vedette.

En des circonstances similaires, quand le cyclone Katrina fit d'énormes ravages à la Nouvelle-Orléans et y mit en danger la vie de milliers de personnes, Cuba avait offert de dépêcher une brigade médicale complète pour coopérer avec le peuple des États-Unis, un pays qui, on le sait, possède d'immenses ressources, mais manque de médecins formés et équipés pour le sauvetage de vies. Ainsi donc, plus de mille médecins cubains de la Brigade Henry Reeve étaient prêts à partir, dotés des médicaments et des équipements pertinents, à toute heure du jour ou de la nuit vers cette ville proche de Cuba par sa position géographique. Nous n'avions jamais supposé un instant que le président de cette nation refuserait cette offre et condamnerait à la mort nombre d'Étasuniens qu'on aurait pu sauver. L'erreur de cette administration-là a été peut-être son incapacité à comprendre que le peuple cubain ne voit pas un ennemi dans le peuple étasunien ni ne l'accuse des agressions dont a souffert notre patrie.

Cette administration-là n'a pas été non plus capable de comprendre que notre pays ne mendie pas les faveurs ou les pardons de ceux qui ont tenté en vain, un demi-siècle durant, de le mettre à genou.

Dans le cas d'Haïti, notre pays a accepté aussitôt, à la demande des autorités étasuniennes, de permettre le survol de notre région orientale et d'offrir d'autres facilités nécessaires pour pouvoir prêter au plus vite de l'aide aux Étasuniens et aux Haïtiens touchés par le séisme.

Cette conduite morale de notre peuple, de pair avec son équanimité et sa fermeté, n'a cessé de sous-tendre notre politique extérieure. Tous ceux qui ont été nos adversaires dans l'arène internationale le savent pertinemment.

Cuba est résolument d'avis que la tragédie qui a frappé Haïti, la nation la plus pauvre de notre continent, est un défi pour les pays les plus riches et les plus puissants de la communauté internationale.

Haïti est un pur produit du système colonial, capitaliste et impérialiste imposé au monde. C'est de l'étranger que l'esclavage y a été introduit, ainsi que la pauvreté qui en a découlé. Ce terrible séisme a eu lieu peu après le Sommet de Copenhague où les droits les plus élémentaires des cent quatre-vingt-douze États membres de l'Organisation des Nations Unies ont été bafoués.

La tragédie a déclenché en Haïti une course à l'adoption hâtive et illégale de garçons et de filles, au point que l'Unicef a dû prendre des mesures préventives pour empêcher le déracinement d'enfants qui seraient séparés de parents proches.

On compte déjà plus de cent mille morts. Nombre d'habitants ont perdu des bras ou des jambes, ou ont souffert des fractures, de sorte qu'ils doivent suivre un traitement qui leur permettent ensuite de travailler ou de mener leur vie.

Il faut relever 80 p. 100 du pays et créer une économie assez développée pour satisfaire les besoins de la population dans la mesure de ses capacités productives. Il fut relativement aisé, compte tenu de leurs capacités productives et du niveau technique de leur population, de relever l'Europe ou le Japon, en comparaison des efforts à consentir en Haïti. Là, à l'instar d'une grande partie de l'Afrique et d'autres régions du Tiers-monde, il est indispensable de créer les conditions d'un développement durable. Dans seulement quarante ans, l'humanité comptera plus de neuf milliards de membres et doit faire face aux changements climatiques que les scientifiques acceptent comme une réalité inévitable.

Or, au beau milieu de la tragédie, sans que nul ne sache pourquoi ni comment, des milliers de soldats de l'infanterie de marine, des troupes aéroportées de la 82e division et d'autres forces militaires des USA ont occupé Haïti. Pis encore, ni l'Organisation des Nations Unies ni l'administration étasunienne n'a offert à l'opinion publique mondiale une explication au sujet de ce déploiement de forces.

Plusieurs gouvernements se plaignent que les avions qu'ils ont envoyés en Haïti n'ont pas pu y atterrir pour débarquer des ressources humaines et techniques.

Divers pays annoncent de leur côté qu'ils enverront d'autres soldats et équipements militaires. Ce qui, à mon avis, contribuerait à aggraver encore plus le chaos et à compliquer la coopération internationale, déjà complexe en soi. Il faut en discuter sérieusement et assigner à l'ONU le rôle dirigeant qui lui incombe dans cette question délicate.

Notre pays remplit une mission strictement humanitaire. Il fournira les ressources humaines et matérielles à sa portée. La volonté de notre peuple, fier de ses médecins et coopérants dans des activités vitales, est grande et sera à la hauteur des circonstances.

Notre pays ne refusera aucune coopération importante qu'on lui offrirait, à condition toutefois qu'elle soit en accord avec l'importance et la valeur de l'aide qu'on exigerait des ressources humaines de notre patrie.

Il est juste de signaler que nos modestes moyens aériens et les importantes ressources humaines que Cuba a mises à la disposition du peuple haïtien n'ont eu aucun mal à arriver à destination.

Dépêchons des médecins, non des soldats !

Fidel Castro Ruz
Le 23 janvier 2010
17 h 30

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