Accueil |
Archives | English
US Steel
À qui appartient le Canada?
À qui appartient l'économie? Qui décide?
Tous à la défense d'un
Canada
populaire et de son économie socialisée !
Unissons-nous et organisons-nous pour combattre pour restreindre le
droit de monopole !
Ce numéro du Marxiste-Léniniste comprend
une
chronologie
de
la
destruction par US Steel de la production d'acier
aux aciéries Hamilton Works et Lake Erie Works depuis qu'il a
acquis et pris le contrôle de Stelco. Cette activité viole
l'entente que le monopole américain a signée sous
l'autorité de la Loi sur Investissement
Canada. La chronologie donne également les faits sur la
situation présente à Hamilton Works et sur d'autres
questions qui ont surgi, comme le fait que US Steel utilise des
travailleurs retraités comme travailleurs à contrat
plutôt que d'engager et de former des jeunes.
La chronologie soulève clairement la
question : qui doit contrôler l'économie canadienne
socialisée et qui doit décider de sa direction ?
Plusieurs travailleurs ont déjà tiré la conclusion
que les institutions politiques et économiques actuelles du
Canada ne sont pas capables de restreindre les pratiques destructrices
des monopoles qui
contrôlent maintenant les secteurs décisifs de
l'économie et qu'elle ne sont pas intéressées
à le faire non plus. Plusieurs de ces monopoles qui causent tant
de dislocation à l'économie et de souffrances
individuelles à cause de leur objectif égocentrique
étroit sont basés à l'extérieur du Canada
et c'est le cas notamment de US Steel, de Vale Inco, de
Xstrata, Shell et AbitibiBowater, parmi tant d'autres. Plusieurs autres
monopoles qui eux sont basés au Canada comme Nortel et Olymel,
ont aussi participé à la vague récente de
destruction de la base manufacturière et d'attaques contre les
travailleurs.
La responsabilité de changer les choses revient
à la classe ouvrière et à ses alliés et
surtout aux syndicalistes qui doivent diriger la lutte à la
défense des droits de tous et les politiciens ouvriers qui
doivent diriger le peuple dans la lutte pour le renouveau
démocratique et pour restreindre le droit de monopole.

Chronologie de la destruction de Stelco par US Steel
Octobre 2008 : plus de 1 700
métallos
aux ateliers de Hamilton de Stelco et plus de 1 000 aux ateliers de
Lake Erie travaillent à la fabrication de l'acier dans ces
usines qui sont aujourd'hui la propriété et sous le
contrôle de US Steel. Les travailleurs des ateliers de Hamilton
fabriquent des brames d'acier qui sont expédiées aux
ateliers de Lake Erie pour y être transformées en
tôles laminées à chaud. Les ateliers de Hamilton
ont eu dans le passé une usine de laminage à chaud mais
elle a été fermée en 2007 par Rodney Mott, le PDG
venu de la Caroline du Nord qui a été parachuté
à Stelco pour mettre à profit ses liens et sa
célébrité dans certains milieux financiers
américains pour préparer la vente de Stelco à un
monopole étranger.
Une fois l'usine de laminage à chaud de Hamilton
fermée en 2007, les brames d'acier ont été
expédiées à Lake Erie pour y être
transformées en tôles enroulées puis
réexpédiées à Hamilton pour y être
passées dans le moulin de laminage à froid et finalement
transformées dans la ligne Z et la ligne de galvanisation encore
en fonction à
Hamilton. L'acier produit est maintenant prêt pour la vente
à un acheteur.
Hamilton a alors 200 travailleurs dans le moulin
numéro 3 de billettes et de barres d'acier.
Novembre 2008 : Début des grandes
mises à pieds en novembre 2008 lorsque US Steel ferme sa
première ligne de production de brames à Hamilton. La
seule production qui reste est alors la transformation finale de la
tôle laminée à chaud que Hamilton reçoit de
Lake Erie.
Décembre 2008 : US Steel continue
d'attaquer la production en fermant les moulins de billettes et barres
d'acier de Hamilton. À partir de ce moment près de 800
métallos, soit presque la moitié de la main-d'oeuvre de
Hamilton, sont sans emploi et ne fabriquent plus d'acier.
3 mars 2009 : US Steel annonce la fermeture
de toutes ses installations canadiennes. Peu de temps après, 700
métallos de Hamilton et 200 de Lake Erie annoncent leur retraite.
3 août 2009 : Dans un assaut brutal
pour soutirer des concessions aux métallos de la section locale
8782, US Steel transforme sa fermeture de Lake Erie en un lock-out.
Fin août 2009 : US Steel
redémarre le haut fourneau de Hamilton et 850 métallos de
la section locale 1005 commencent à produire des brames d'acier.
Comme toute transformation a été arrêtée
à Hamilton et que Lake Erie est fermé, les brames sont
expédiées à diverses usines aux États-Unis,
dont l'usine Fairfield en Alabama
et l'usine Great Lakes à Détroit. Les commandes des
clients traditionnels de US Steel sont remplies à partir
d'usines américaines.
Première semaine de janvier 2010 : US
Steel
déplace
les
travailleurs
de Hamilton vers le
département de la ligne Z afin d'y repartir la production. Comme
Lake Erie demeure fermé, US Steel fait venir les tôles
enroulées produites dans des usines de laminage à froid
aux États-Unis pour qu'elles y soient transformées en
produits finis sur la ligne Z et vendues à ses clients
canadiens. Cet arrangement ne donne lieu qu'à une production
sporadique.
Début janvier 2010 : Le responsable
de US Steel pour la production, James Garroux, arrive à Hamilton
pour une inspection et fait savoir à la direction de Stelco
qu'il y a encore trop de monde d'employé à Hamilton. Les
employés salariés pensent que Garroux veut mettre
à pieds plus de 100 d'entre eux et rappeler ceux de son
choix en tant que travailleurs à contrat selon ses besoins. Cela
contreviendrait complètement à l'entente signée en
vertu de la Loi sur Investissement Canada mais les
dirigeants de US Steel semblent se ficher éperdument des lois
canadiennes.
Mi-janvier 2010 : US Steel informe la
section locale 1005 des Métallos que la compagnie voulait
repartir les quatre laminoirs à froid au début de
février 2010. La production étant arrêtée
à Lake Erie, cela veut dire que les métallos de Hamilton
produiraient les brames qui seraient ensuite envoyées aux
États-Unis, soit aux
ateliers Gary dans l'Indiana, aux ateliers Great Lakes à
Détroit au Michigan, Granite City dans l'Illinois, Fairfield en
Alabama ou Mon Valley en Pennsylvanie, et la tôle laminée
à chaud reviendrait à Hamilton pour passer par la ligne
Z. La main-d'oeuvre restante à Hamilton est maintenant de 850
travailleurs, à peine suffisant pour la fabrication de
brames avec la formation sur le tas d'une centaine de travailleurs
rappelés qui ne connaissent pas le procédé. Le
monopole a mentionné qu'il voulait faire appel à des
travailleurs à contrat pour former les métallos qui ne
connaissent pas le procédé de la ligne Z. Avec les mises
à pied et les retraites, il ne reste pas suffisamment de
travailleurs
possédant les qualifications nécessaires pour faire
fonctionner les quatre laminoirs et la ligne Z avec des quarts-horaires
de huit heures par jour, cinq jours semaines. Les mises à pied
et les retraites ont également fait baisser la
disponibilité de travailleurs de métier. Alors la
compagnie comble les postes avec des travailleurs à contrat,
d'anciens
employés de Stelco à la retraite pour la plupart. Il y en
a des centaines à l'usine chaque jour. Le travail à
contrat devient un problème sérieux et les travailleurs
commencent à voir ce que cela signifie. (Voir ci-dessous
l'article
« Quel avenir pour nos jeunes ? »)


Quel avenir pour nos jeunes?
Voici une lettre tirée du bulletin d'information
de la section locale 1005 du syndicat des Métallos en date du 25
janvier 2010. Un membre de l'exécutif du syndicat propose le
renouvellement de l'économie socialisée à Hamilton
en embauchant des jeunes plutôt qu'embaucher des retraités
à contrat. C'est un exemple de la largesse d'esprit qu'il
faut pour donner une direction pro-sociale à l'économie
socialisée.
* * *
Avec un taux de chômage qui se situe aux alentours
de 10 %, pourquoi les entreprises et les agences gouvernementales
embauchent-elles des travailleurs à la retraite ?
Ne croyez-vous pas que ce serait beaucoup plus à
l'avantage de la société, et moins dur pour nos
programmes sociaux, d'embaucher des chômeurs ? Elles
préfèrent embaucher des retraités à contrat
pour ne pas être obligées de payer les pensions et
avantages sociaux de nouveaux travailleurs.
Les compagnies prétendent qu'elles ne peuvent pas
se permettre de former de nouveaux travailleurs. Les retraités
ne vont pas pouvoir maintenir une économie forte et durable.
Nous avons besoin du plein emploi, pas du chômage, pour une
économie forte et durable. Plutôt que de
ré-embaucher ces retraités, nous devrions former des
jeunes dans
les programmes d'apprentissage, parce que les retraités sont une
solution à court terme pour un problème à long
terme. Ils ont travaillé fort et méritent une pension
avec laquelle se retirer dans la dignité.
Les syndicats ont négocié une clause sur
la retraite après trente ans pour permettre aux travailleurs de
prendre leur retraite et d'être remplacés par nos enfants,
pas pour revenir à l'usine pour percevoir à la fois une
prestation de retraite et un chèque de paie alors que nos
enfants n'ont pas de travail.
Nos jeunes méritent un niveau de vie que la
plupart d'entre nous avons connu durant nos meilleures années.
Ce niveau de vie ne peut pas être soutenu si nos enfants
travaillent dans la vente au détail.
Les emplois dans le secteur manufacturier sont ce qu'il
faut pour l'économie, parce qu'ils produisent de la richesse. Il
y a même des bureaux d'assurance-emploi du gouvernement qui
rappellent des retraités parce qu'il y a trop de travail
à cause du nombre élevé de chômeurs. C'est
ridicule. Ne serait-il pas plus logique d'embaucher des
chômeurs et de les former ?
Les syndicats doivent négocier des conventions
avec des dispositions sur le travail à temps partiel des
retraités et forcer ces compagnies à embaucher des jeunes
qui sont sans travail.
En toute solidarité,
[signé]
Membre de l'exécutif du 1005, Syndicat des
métallos

US Steel n'est pas une personne
- Bulletin d'information du syndicat des
Métallos (1005), le 18 janvier 2010 -
US Steel compte sur le paragraphe 2(e) de la Déclaration
canadienne
des
droits qui garantit à toute personne un
procès équitable selon les principes de justice
fondamentale. Il prétend avoir de droits en tant que personne.
US Steel Canada une
« personne » ?
Bien que la notion d'entreprise comme personne soit
acceptée dans la « jurisprudence », elle
n'a aucun rapport avec la réalité. Les entreprises sont
des rapports sociaux très inégaux constitués de
deux éléments en opposition antagoniste l'un avec
l'autre : 1) les propriétaires du capital et 2) les
travailleurs. Ce rapport social
antagoniste et inégal est extrêmement instable et tendu.
Les propriétaires du capital, qui se considèrent comme
« la personne » visée dans les lois sur
les affaires et la Déclaration des droits, ne peuvent
pas exister sans leur opposé, la classe ouvrière. Les
travailleurs sont ce qui donne à l'entreprise sa valeur, par
leur temps
de travail à transformer les matières premières en
produit social et à dispenser des services.
L'absurdité de la notion que les
sociétés sont des « personnes »
devient vite évidente dans le cas de Stelco. En novembre 2008,
lorsque les récentes mises à pied ont commencé, et
en mars 2009, lorsque US Steel a annoncé la fermeture des
aciéries Stelco, les quelque 3 000 travailleurs et plus de 9 000
retraités voulaient-ils fermer
Stelco ? Quelle « personne » avait
intérêt à morceler l'aciérie et à la
vendre à la pièce ? Était-ce la
« personne » de John Surma (le PDG de US Steel),
la « personne » représentée par le
conseil d'administration ou les « personnes »,
les travailleurs qui produisent toute la
richesse ? Ou était-ce les 9 000 retraités qui
comptent sur la production et la survie de l'entreprise pour leur
pensions ?
L'idée qu'une entreprise comme US Steel soit une
personne n'est pas défendable dans les faits et dans la loi, et
le gouvernement a tort d'accepter cette logique.

Haïti
Lancement de la campagne «Cuba pour
Haïti»
- Réseau canadien de
solidarité avec Cuba, le 18 janvier 2010 -

Un médecin cubain en Haïti,
le 18 janvier 2010
|
Chers amis,
En réponse aux grandes souffrances que vit le
peuple haïtien suite au séisme et à ses nombreuses
répliques, beaucoup de Canadiens se demandent quel est le moyen
le plus efficace de leur venir en aide. L'Association d'amitié
Canada-Cuba de Toronto a proposé de mettre sur pied une campagne
de financement Cuba pour Haïti appuyée par le
Réseau canadien de solidarité avec Cuba pour en faire un
effort national.
Cuba a une histoire sans précédent d'aide
aux personnes en situation de crise, telles que le tremblement de terre
au Pakistan et les catastrophes naturelles dans de nombreux autres
pays. En fait, il a mis en place une unité spéciale
d'urgence, la Brigade médicale Henry Reeve, pour répondre
à de telles catastrophes. Au moment du tremblement de
terre en Haïti, 402 internationalistes cubains, 302 d'entre eux
étant du personnel médical, avaient déjà
aidé les Haïtiens. Ce personnel ainsi que bon nombre des
500 médecins haïtiens qui avaient été
formés à Cuba à titre gracieux forment le groupe
de sauveteurs qui ont assisté plus de 1 102 patients dès
les premières 24 heures après le séisme. Ils
ont continué leur travail, appuyés par une brigade
médicale supplémentaire qui est rapidement arrivée
de Cuba.
Nous pensons que ce type d'aide précieuse et sans
précédent de Cuba à Haïti depuis onze ans
mérite d'être appuyé aussi solidement que possible.
Le Réseau de solidarité avec Cuba vous exhorte à
appuyer Cuba dans ce travail en versant un don au
« Mackenzie-Papineau Memorial Fund », en
indiquant sur votre chèque
« Cuba pour Haïti ».
Des reçus de charité seront émis
par le Mackenzie-Papineau Memorial Fund (organisme de bienfaisance –
Revenu Canada Reg, # 88876 9197RR0001).
Votre don doit être envoyé au :
Mackenzie-Papineau Memorial Fund & Friends of the
Mac-Pap Bataillon, Int'l Brigades
a/s de S. Skup
56 Riverwood Terrasse
Bolton, ON L7E 1S4
Les contributions « Cuba pour
Haïti » seront affectées à un compte
spécial, pour que 100 % des dons soient utilisés
pour le soutien médical et l'aide à Haïti. Nous
travaillons directement avec l'ambassade de Cuba à Ottawa et le
consulat général à Toronto.
Cordialement,
Isaac Saney, co-président et porte-parole
national
Tamara Hansen, co-présidente
Keith Ellis, coordonnateur de « Cuba pour
Haïti »
Réseau canadien de solidarité avec Cuba

L'UNICEF dénonce la traite des enfants
haïtiens
Le 22 janvier, l'Organisation des Nations unies pour
l'enfance (UNICEF) a dénoncé la disparition d'enfants
haïtiens laissés à eux-mêmes dans les
hôpitaux à Port-au-Prince, après le séisme.
L'organisation a annoncé qu'elle a découvert qu'au moins
15 enfants ont été enlevés et soupçonne
qu'un réseau de trafic d'êtres humains basé
à Saint-
Domingue, République dominicaine, soit responsable de
l'enlèvement.
L'enlèvement d'enfants haïtiens a lieu au
moment où le pays est confronté à la plus grande
catastrophe humanitaire des trois dernières décennies, a
fait remarquer le représentant de l'UNICEF, Jean Claude Legrand.
L'UNICEF a également dénoncé la
probabilité d'autres cas d'enlèvement d'enfants et a
aussi sonné l'alarme sur la légalité de la
procédure d'adoption accélérée
demandée par l'Allemagne, la France, la Hollande, l'Espagne et
les États-Unis, en particulier.
Les réseaux de trafic d'enfants existaient avant
le séisme et ont été très actifs dans les
enlèvements de mineurs pour le marché international des
adoptions illégales, a fait remarquer Legrand, soulignant qu'ils
peuvent être en train d'élargir leurs activités
compte tenu des circonstances actuelles, parce que les trafiquants
essaient de profiter de la
fragilité de l'appareil d'État durant une telle
catastrophe.
La porte-parole de l'UNICEF, Véronique Taveau, a
rappelé que lors des situations d'urgence les enfants sont les
plus vulnérables parmi la population. Elle a exhorté les
États qui adoptent des enfants haïtiens de respecter la
Convention de La Haye concernant la protection des enfants et leur
famille face aux procédures illégales. En même
temps,
l'UNICEF a également souligné le danger que les jeunes
femmes haïtiennes soient également des victimes
d'éléments criminels impliqués dans la traite des
femmes.
Par ailleurs, l'Église catholique de Miami
prépare un plan pour Haïti semblable à
« l'Opération Peter Pan », un plan de
traitement cruel et inhumain instigué en 1960 par la CIA qui a
séparé 14 000 enfants de leurs familles cubaines. Cette
opération contre-révolutionnaire était le plus
grand exode d'enfants non accompagnés
enregistrés dans l'hémisphère ouest et est
resté secret pendant 30 ans.

L'ALBA envoie de l'aide à la reconstruction
Le président Hugo Chávez de la
République bolivarienne du Venezuela a présidé une
réunion extraordinaire du Conseil politique de l'Alliance
bolivarienne pour les Amériques (ALBA), qui a eu lieu le 24
janvier, au Palais de Miraflores à Caracas, Venezuela.
La réunion d'urgence, qui a suscité une
réaction immédiate des pays membres, a discuté de
la contribution du bloc régional à la reconstruction
d'Haïti dévasté par le tremblement de terre.
Selon Chávez, la réunion – qui comprenait
Roosevelt Skerrit, le premier ministre de la Dominique, et d'autres
représentants de l'ALBA – a été convoquée
pour parler de la situation en Haïti, une nation ayant le statut
d'observateur permanent auprès de l'ALBA, et pour renforcer
l'aide humanitaire.
À la fin de la réunion, la
déclaration finale a été lue par le ministre
cubain des Affaires étrangères Bruno Rodriguez et il fut
convenu que ce plan serait transmis de toute urgence au
président haïtien René Préval via une
commission de haut niveau.
Le texte déclare que les efforts de
reconstruction dans ce pays frère des Caraïbes
« doit faire du peuple et du gouvernement d'Haïti les
principaux protagonistes, respectant ainsi les principes de la
souveraineté et de l'intégrité
territoriale ».
La poursuite des travaux en cours, avant tout dans
« la sphère de la santé », a
été réaffirmée, notamment pour ce qui est
de la préparation d'un plan donnant la priorité aux
enfants et d'inclure la reconstruction des infrastructures du
système d'éducation, les programmes d'alimentation et
d'aide scolaire
et la formation des enseignants.
La création d'un fonds humanitaire par
l'intermédiaire de la Banque de l'ALBA a été
approuvé et doit être créé avec le soutien
des pays membres. Les membres se sont entendus sur l'approvisionnement
de denrées alimentaires pour soulager la crise et la
réactivation des plans de production des aliments qui
étaient
en cours dans le cadre de l'Initiative en alimentation-ALBA.
Entre autres mesures, ils ont également
proposé de réintroduire des projets à l'appui de
la production d'électricité, en garantissant
l'approvisionnement en combustible nécessaire aux usines
à Cap-Haïtien, aux Gonaives et à Carrefour, les
zones
gravement endommagées par le séisme.

Vidéo: Les médecins cubains au
secours
des victimes du séisme
Voici un reportage du réseau CNN paru le 16
janvier qui décrit le haut niveau d'organisation et de soin des
équipes médicales cubaines en Haïti, aux
côtés des équipes des autres pays d'Amérique
latine et de l'Espagne, dans des circonstances extrêmement
difficiles. Bien que Cuba offre depuis longtemps cette
assistance médicale à Haïti (et à d'autres
pays), les médias étasuniens ont érigé un
mur du silence à ce sujet. Ce reportage de CNN est assez
exceptionnel.
Dépêchons des médecins, non des
soldats!
- Fidel Castro, le 23 janvier 2010 -
Dans mes Réflexions du 14 janvier,
rédigées deux jours après la catastrophe qui a
détruit Haïti, pays voisin frère,
j'écrivais :
« Dans le domaine de la santé et
d'autres, Cuba, bien que pays pauvre en butte à un blocus,
coopère depuis des années avec le peuple haïtien.
Environ quatre cents médecins et spécialistes de la
santé lui prêtent des services gratuits. Nos
médecins travaillent tous les jours dans 227 des 337 communes du
pays. Par ailleurs, au moins quatre cents jeunes Haïtiens se sont
formés comme médecins dans notre pays. Ils travailleront
maintenant auprès des renforts que nous avons
dépêchés hier pour sauver des vies dans cette
situation critique. On peut donc mobiliser sans efforts spéciaux
jusqu'à un millier de médecins et
de spécialistes de la santé qui sont presque tous
déjà sur place et prêts à coopérer
avec n'importe quel État qui souhaiterait sauver des vies
haïtiennes et soigner des blessés. »
[...]
« La chef de notre brigade médicale a
informé : « La situation est difficile, mais
nous avons déjà commencé à sauver des
vies. »
Les personnels de santé cubains ont entrepris de
travailler sans trêve heure après heure, de jour et de
nuit, dans les rares installations restées debout, sous des
tentes ou dans des parcs et des espaces publics, parce que la
population redoutait de nouveaux tremblements.
La situation était encore plus grave qu'on ne
l'avait imaginée au départ. Des dizaines de milliers de
blessés réclamaient de l'aide dans les rues de
Port-au-Prince, tandis qu'une quantité incalculable de personnes
gisaient, vivantes ou mortes, sous les ruines des maisons de
pisé et de torchis qui abritaient l'immense
majorité de la population. Mêmes des bâtiments plus
solides s'étaient effondrés. Il fallut aussi rechercher,
au milieu des quartiers détruits, les médecins
haïtiens diplômés de l'École
latino-américaine de médecine (ELAM), dont beaucoup
avaient été touchés directement ou indirectement
par la tragédie.
Des fonctionnaires des Nations Unies sont restés
coincés dans plusieurs de leurs édifices, et des
dizaines ont perdu la vie, dont plusieurs chefs de la MINUSTAH, une
force de l'ONU, et on ignorait le sort des centaines d'autres membres
de ce personnel.
Le Palais présidentiel s'était
effondré. De nombreuses installations publiques, dont plusieurs
hôpitaux, avaient été converties en ruines.
La catastrophe a bouleversé le monde qui en a
été témoin grâce aux images des principales
chaînes de télévision internationales. Les
gouvernements ont annoncé de partout l'envoi de secouristes,
d'aliments, de médicaments, d'équipements et d'autres
ressources.
Conformément avec la position annoncée
publiquement par Cuba, des personnels médicaux d'autres
nationalités, dont des Espagnols, des Mexicains, des Colombiens,
ont oeuvré ardûment auprès de nos médecins
dans les installations que nous avions improvisées. Des
organisations comme l'Organisation panaméricaine
de la santé (OPS) et des pays amis comme le Venezuela et
d'autres ont fourni des médicaments et des moyens variés.
Les personnels médicaux cubains et leurs chefs, faisant preuve
d'une conduite dénuée de chauvinisme, ont refusé
absolument de se mettre en vedette.
En des circonstances similaires, quand le cyclone
Katrina fit d'énormes ravages à la
Nouvelle-Orléans et y mit en danger la vie de milliers de
personnes, Cuba avait offert de dépêcher une brigade
médicale complète pour coopérer avec le peuple des
États-Unis, un pays qui, on le sait, possède d'immenses
ressources,
mais manque de médecins formés et équipés
pour le sauvetage de vies. Ainsi donc, plus de mille médecins
cubains de la Brigade Henry Reeve étaient prêts à
partir, dotés des médicaments et des équipements
pertinents, à toute heure du jour ou de la nuit vers cette ville
proche de Cuba par sa position géographique.
Nous n'avions jamais supposé un instant que le président
de cette nation refuserait cette offre et condamnerait à la mort
nombre d'Étasuniens qu'on aurait pu sauver. L'erreur de cette
administration-là a été peut-être son
incapacité à comprendre que le peuple cubain ne voit pas
un ennemi dans le peuple étasunien
ni ne l'accuse des agressions dont a souffert notre patrie.
Cette administration-là n'a pas été
non plus capable de comprendre que notre pays ne mendie pas les faveurs
ou les pardons de ceux qui ont tenté en vain, un
demi-siècle durant, de le mettre à genou.
Dans le cas d'Haïti, notre pays a accepté
aussitôt, à la demande des autorités
étasuniennes, de permettre le survol de notre région
orientale et d'offrir d'autres facilités nécessaires pour
pouvoir prêter au plus vite de l'aide aux Étasuniens et
aux Haïtiens touchés par le séisme.
Cette conduite morale de notre peuple, de pair avec son
équanimité et sa fermeté, n'a cessé de
sous-tendre notre politique extérieure. Tous ceux qui ont
été nos adversaires dans l'arène internationale le
savent pertinemment.
Cuba est résolument d'avis que la tragédie
qui a frappé Haïti, la nation la plus pauvre de notre
continent, est un défi pour les pays les plus riches et les plus
puissants de la communauté internationale.
Haïti est un pur produit du système
colonial, capitaliste et impérialiste imposé au monde.
C'est de l'étranger que l'esclavage y a été
introduit, ainsi que la pauvreté qui en a découlé.
Ce terrible séisme a eu lieu peu après le Sommet de
Copenhague où les droits les plus élémentaires des
cent quatre-vingt-douze
États membres de l'Organisation des Nations Unies ont
été bafoués.
La tragédie a déclenché en
Haïti une course à l'adoption hâtive et
illégale de garçons et de filles, au point que l'Unicef a
dû prendre des mesures préventives pour empêcher le
déracinement d'enfants qui seraient séparés de
parents proches.
On compte déjà plus de cent mille morts.
Nombre d'habitants ont perdu des bras ou des jambes, ou ont souffert
des fractures, de sorte qu'ils doivent suivre un traitement qui leur
permettent ensuite de travailler ou de mener leur vie.
Il faut relever 80 p. 100 du pays et créer une
économie assez développée pour satisfaire les
besoins de la population dans la mesure de ses capacités
productives. Il fut relativement aisé, compte tenu de leurs
capacités productives et du niveau technique de leur population,
de relever l'Europe ou le Japon, en comparaison
des efforts à consentir en Haïti. Là, à
l'instar d'une grande partie de l'Afrique et d'autres régions du
Tiers-monde, il est indispensable de créer les conditions d'un
développement durable. Dans seulement quarante ans,
l'humanité comptera plus de neuf milliards de membres et doit
faire face aux changements climatiques
que les scientifiques acceptent comme une réalité
inévitable.
Or, au beau milieu de la tragédie, sans que nul
ne sache pourquoi ni comment, des milliers de soldats de l'infanterie
de marine, des troupes aéroportées de la 82e division et
d'autres forces militaires des USA ont occupé Haïti. Pis
encore, ni l'Organisation des Nations Unies ni l'administration
étasunienne n'a offert
à l'opinion publique mondiale une explication au sujet de ce
déploiement de forces.
Plusieurs gouvernements se plaignent que les avions
qu'ils ont envoyés en Haïti n'ont pas pu y atterrir pour
débarquer des ressources humaines et techniques.
Divers pays annoncent de leur côté qu'ils
enverront d'autres soldats et équipements militaires. Ce qui,
à mon avis, contribuerait à aggraver encore plus le chaos
et à compliquer la coopération internationale,
déjà complexe en soi. Il faut en discuter
sérieusement et assigner à l'ONU le rôle dirigeant
qui lui incombe
dans cette question délicate.
Notre pays remplit une mission strictement humanitaire.
Il fournira les ressources humaines et matérielles à sa
portée. La volonté de notre peuple, fier de ses
médecins et coopérants dans des activités vitales,
est grande et sera à la hauteur des circonstances.
Notre pays ne refusera aucune coopération
importante qu'on lui offrirait, à condition toutefois qu'elle
soit en accord avec l'importance et la valeur de l'aide qu'on exigerait
des ressources humaines de notre patrie.
Il est juste de signaler que nos modestes moyens
aériens et les importantes ressources humaines que Cuba a mises
à la disposition du peuple haïtien n'ont eu aucun mal
à arriver à destination.
Dépêchons des médecins, non des
soldats !
Fidel Castro Ruz
Le 23 janvier 2010
17 h 30

Lisez Le
Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca
Courriel: bureau@cpcml.ca