|
|||||
Après avoir déclaré par la voix du maire Tremblay que le profilage racial n'existait pas, la Ville de Montréal s'apprête à présenter une requête à la Cour supérieure dans laquelle elle prétend que la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) a l'obligation de respecter le « droit au silence » que la Loi sur la police conférerait aux policiers visés par une plainte en déontologie. Dans son communiqué conjoint, les représentants des trois organismes soulignent que : « La Ville de Montréal, par son contentieux, mène actuellement une véritable guérilla judiciaire par laquelle elle s'en prend à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) alors que celle-ci ne fait que remplir son mandat afin de faire la lumière sur les plaintes de profilage racial déposées à l'encontre de policiers du Service de police de la ville de Montréal(SPVM). » Pour Philippe Robert de Massy, avocat conseil à la Ligue des droits et libertés : « Par ces mesures dilatoires, la Ville de Montréal tente d'écarter tout examen de la conduite des policiers relatives à du profilage discriminatoire et paralyse la capacité d'agir de la CPDPJ concernant un problème relevant essentiellement de son mandat et soulevant des enjeux de société que nous ne pouvons plus nous permettre d'ignorer. » « En imposant à la CDPDJ le respect de règles prescrites par la Loi sur la police en matière de déontologie policière, la Ville de Montréal propose ni plus ni moins que la Charte des droits et libertés de la personne soit subordonnée aux règles s'appliquant en matière de déontologie policière, alors que c'est la Charte qui a préséance sur la législation québécoise », soutient quant à lui Dominique Peschard, président de la Ligue des droits et libertés. « Plutôt que de faire du déni face aux profilages et tenter de bloquer le travail de la CDPDJ, la Ville et le SPVM devraient revoir leurs pratiques », ajoute Pierre Gaudreau, coordonnateur du RAPSIM. Le regroupement d'organismes souhaite interpeller les élus municipaux concernant cette stratégie de la Ville de Montréal visant à taire les questions soulevant le profilage racial au sein du SPVM. « Comment nos élus évaluent-ils la conséquence de cette stratégie sur les relations déjà fortement tendues entre les policiers et certains groupes de la population plus particulièrement visées par les pratiques de profilage ? », demande Fo Niemi, directeur du CRARR. Ce n'est pas la première fois que la Ville de Montréal se livre à pareille obstruction. En décembre 2009, elle avait tenté de faire casser des citations à comparaître envoyées à 16 policiers de Montréal, dans huit cas allégués d'intervention discriminatoire. À cette époque, le responsable du contentieux de la Ville, Pierre-Yves Boisvert, avait déclaré que la CDPDJ devrait attendre la fin des procédures pénales ou criminelles intentées contre un citoyen avant d'examiner des gestes de profilage commis contre la police. Il avait même ajouté que la Commission devrait perdre sa compétence pour étudier les questions de profilage à partir du moment où un citoyen est reconnu coupable des infractions qui lui sont reprochées. Cette véritable guérilla judiciaire à laquelle se livre la Ville de Montréal doit prendre fin. Pour cela le gouvernement du Québec doit sortir de son mutisme et ramener à l'ordre la Ville de Montréal. Il doit répondre à la demande de la population qui exige que la justice et la vérité triomphent. L'impunité policière doit cesser ! Forum contre la violence policière et l'impunité
Du 29 au 31 janvier
2010
Centre communautaire de Parc-Extension 419, rue St-Roch (métro Parc) Ateliers, table-rondes, panels, témoignages, partage de connaissances, musique, spoken word et plus encore ! Gratuit : Bienvenue à tous et toutes (pas de police, pas de médias de masse). Garderie disponible sur place. Accessible en partie aux fauteuils roulants ; pour des besoins particuliers, contactez-nous. Information : (514) 398-3323 forumcontrelaviolencepoliciere@gmail.com www.forumcontrelaviolencepoliciere.net Facebook: www.facebook.com/group.php?gid=178907089708 span> YouTube: www.youtube.com/watch?v=5PEMPJh8ZCg « Notre boulot, à la police, c'est la répression. Nous n'avons pas besoin d'un agent sociocommunautaire comme directeur, mais d'un général. Après tout, la police est un organisme paramilitaire, ne l'oublions pas. » – Yves Francoeur, président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal Nos quartiers sont marqués par une lourde présence policière, et ce au nom de la sécurité publique, mais qui est réellement protégé par la police ? Au fil des ans, nous n'avons pu que constater que la police se protège elle-même, échappant aux conséquences de ses actes, et ce même quand la population réclame justice pour les individus et les communautés victimes de violence policière. Le harcèlement vécu par les communautés de couleur, les migrants, les pauvres, les travailleurs et les travailleuses du sexe ainsi que les personnes vivant avec des problèmes de santé mentale démontre bien que les populations les plus affectées par la violence policière et l'impunité sont également celles qui subissent d'autres formes de violence institutionnelle. De plus, la police joue un rôle important dans le maintien de l'oppression et de la répression des peuples autochtones, sur des terres qui leur ont été volées. En posant un regard honnête sur le rôle de la police dans notre société, nous constatons qu'elle existe pour « servir et protéger » les intérêts des institutions gouvernementales, des entreprises et de l'élite plutôt que pour assurer la sécurité et le bien-être de nos communautés et surtout de nos jeunes. La « police communautaire », qui travaille fréquemment en collaboration avec des ONG et des groupes communautaires conservateurs, sert quant à elle, à masquer cette choquante réalité. Le Forum contre la violence policière et l'impunité est un effort de collaboration entre plusieurs militants et militantes pour la justice sociale. Le Forum vise à créer un espace qui nous permettra de discuter, de partager des expériences et de développer des stratégies de lutte pour un monde sans violence policière. En regardant d'abord la réalité de Montréal à travers différentes thématiques (dont l'immigration, le profilage social et racial, la violence sexiste, la répression politique et la colonisation), le Forum cherche à briser l'isolement des différentes communautés aux prises avec la violence policière et à exposer le caractère systémique de cette violence. Le Forum vise à mobiliser la population à travers des projections de film, de la musique, des performances de hip hop et de poésie, des ateliers, des discussions, des panels et des témoignages. L'idée du Forum contre la violence policière et l'impunité est issue de la Coalition Justice pour Anas, afin de rassembler ceux et celles qui font face et qui luttent contre la violence policière sur l'île de Montréal. Un des principaux objectifs de cette initiative est de créer et de consolider les liens et les réseaux de solidarité entre les personnes qui sont victimes de violence policière et qui luttent au quotidien contre cette injustice dans différents quartiers de Montréal. La manière la plus efficace de combattre le harcèlement, le profilage et la violence policière consiste à construire de fortes relations de solidarité et d'entraide au sein de nos différentes luttes et campagnes. Ensemble, nous espérons renforcer nos mouvements contre la violence policière et l'impunité, tout en travaillant à construire un avenir sans violence policière. [Pas de police, pas de médias de masse : Le Forum se veut un espace accueillant et sécuritaire, et qui favorise l'expression et le partage d'expériences par les membres de la communauté. Dans l'esprit de cet événement, les individus victimes de violence policière doivent se sentir à l'aise de pouvoir s'exprimer, sans crainte de représailles de la part des autorités ou d'être placé-es sous les projecteurs par les médias.] Nord ontarien Blâmons Vale Inco et non les
travailleurs
|
![]() Le 13 janvier 2010: Les grévistes de Vale Inco manifestent en compagnie de leurs supporters pour marquer six mois de lutte résolue. |
Dans une série de courriels envoyés au personnel des opérations de Vale Inco en Ontario et dans des déclarations aux médias de Sudbury, Steve Ball, le directeur aux Affaires corporatives, a lancé une campagne pour dépeindre les grévistes de Vale Inco comme des voyous qui utilisent l'intimidation et la violence. « Il y a encore des gens pour qui, a-t-il dit, nous vivons toujours dans un passé révolu où le banditisme, la violence et l'intimidation prévalent lors d'une grève tandis que nous savons tous que de telles pratiques n'ont pas de place dans le monde d'aujourd'hui. »
Cette falsification ne mérite que le mépris. Ce ne sont pas les travailleurs de Vale Inco, en grève depuis plus de six mois contre l'exigence arrogante de Vale revendiquant un état de liquidités positif dans tous les cycles d'affaires, qui sont la source de la tension croissante à Sudbury ; c'est Vale, ce monopole minier étranger arrogant, qui est la source de la violence. Lorsque Vale provoque une grève en demandant des concessions sur les pensions, les primes et les règles de travail, et qu'elle cause de la dévastation économique à des milliers de familles de Sudbury ; quand elle engage les voyous de l'AFI, une compagnie de briseurs de grève, pour veiller à la sécurité de la compagnie sur les lignes de piquetage ; quand Vale essaie de repartir la production dans ses mines et raffineries avec le travail de mercenaires antiouvriers ; quand Vale poursuit en cour le syndicat et une douzaine de travailleurs individuels pour des dizaines de millions de dollars en dommages ; quand Vale congédie trois travailleurs pour des incidents sur les lignes de piquetage que même la police ne considère pas comme étant de nature criminelle ; quand Vale tente de négocier une convention avec Voisey's Bay mais refuse de négocier avec les travailleurs de l'Ontario ; tout cela c'est de la violence réelle que Vale a infligée et continue d'infliger à la communauté de Sudbury.
Selon Ball, il y a eu un incident le 19 janvier où un employé de Vale Inco a été assailli par trois hommes alors qu'il faisait du jogging. Trois grévistes ont été accusés de harcèlement criminel et l'un d'entre eux a aussi été accusé d'assaut. Ball a dit que l'employé blessé a vu un médecin mais n'a pas eu besoin d'intervention médicale pour ses blessures légères. Un autre incident a impliqué un gréviste qui a été accusé le 21 janvier d'avoir menacé un agent de sécurité de AFI sur la ligne de piquetage rue Balsam à Copper Cliff. Le 22 janvier, Ball s'est plaint que de la peinture a été arrachées sur les camions des sous-traitants stationnés à Copper Cliff et qu'une confrontation ayant impliqué de 50 à 100 personnes a opposé grévistes et mercenaires dans un Tim Hortons.
Pourquoi Steve Ball, Vale Inco et les médias lancent-ils une campagne pour faire passer les travailleurs en grève à Sudbury pour des gens violents ? Même si les allégations étaient fondées, ce qui est peu probable compte tenu des préjugés dont font preuve ceux qui les avancent (les porte-parole de Vale Inco et les mercenaires), elles seraient tout au plus des questions mineures sur les registres de la police et ne devraient pas donner lieu à des courriels envoyés à tous les employés ni à des gros titres dans les premières pages des journaux. N'oublions pas que des quatre membres de la section locale 6500 qui font face à des accusations, trois sont accusés de choses qu'ils ont supposément dites et non supposément faites et que les blessures légères de la supposée victime n'ont pas justifié d'intervention médicale. Les paroles des travailleurs feraient donc si mal ? Il faut s'opposer résolument à la criminalisation de la parole lorsque les travailleurs sont en grève.
Cette
campagne
a été lancée la
semaine-même où Vale Inco a annoncé qu'il
repartait
une des deux fournaises de la fonderie avec le travail des
mercenaires
antiouvriers et qu'il a commencé à lui fournir du
concentré. Cette action est non seulement une tentative de
briser la grève des mineurs de Sudbury, mais aussi
une menace directe pour ceux qui travaillent dans la fonderie et
vivent
à Copper Cliff. C'est de la violence, la violence du
capital
monopoliste dans le feu de la crise et qui crée des
tensions et
menace de créer de la vraie violence physique dans la
communauté de Sudbury.
Si Steve Ball et Vale Inco étaient vraiment inquiets des tensions croissantes et de la violence potentielle à Sudbury, ils retourneraient tout de suite et sans conditions à la table de négociations et négocieraient une convention acceptable qui reconnaisse la juste réclamation du travail et de la communauté de Sudbury à la richesse minérale de notre région et donne des salaires et autres conditions de travail au standard canadien à nos mineurs, travailleurs de fonderie et raffineurs.
![]() Les travailleurs de Xstrata à Kidd Creek durant la grève de 2008. |
L'annonce de la fermeture par Xstrata de ses opérations de cuivre et de zinc au site métallurgique Kidd à Timmins est abominable. Cette fermeture va éliminer à peu près 3 000 emplois si on inclut les emplois indirects et va priver annuellement le réseau du Nord de huit millions de dollars en revenus et sérieusement réduire les revenus en taxes de la ville de Timmins.
L'industrie forestière et minière sont deux des industries les plus importantes de la province et c'est autour d'elles que se sont développées historiquement l'Ontario et les communautés à l'intérieur des terres.
Le Nord de l'Ontario comprend seulement 7 % de la population de la province mais il occupe 80 % de sa masse terrestre. Bien que nos ressources en minerais, en forêts, en eaux et en métiers spécialisés soient parmi les plus riches et les plus abondantes dans le monde, plusieurs de nos communautés sont en train de mourir.
Il y a certainement des réalités économiques qui sont hors de notre contrôle mais les lois et politiques actuelles des gouvernements contribuent pour beaucoup aux épreuves qui frappent nos industries et nos communautés. Dans notre système de gouvernement, la voix du Nord est étouffée par les politiques de soumission aux grandes compagnies et par le Sud de l'Ontario riche en votes.
Si notre droit de survivre et de prospérer, qui dépend largement de la transformation de nos ressources naturelles, n'est pas respecté et défendu par les lois, le Nord de l'Ontario deviendra un simple centre d'extraction de ressources pour les multinationales, ce qui causera encore plus de dévastation et de dépeuplement.
Les tarifs d'électricité en Ontario sont de 7,7 cents par kilowatt/heure alors qu'ils sont de 3,1 cents au Manitoba et de 4,5 cents au Québec.
Cela fait des années que le Nord de l'Ontario réclame du gouvernement qu'il baisse les tarifs d'électricité afin de remettre les industries basées sur les ressources en état de faire face à la concurrence. Face à ce problème, nous avons suggéré la mise sur pied d'une autorité régionale de production et de transmission d'électricité pour le Nord de l'Ontario qui se doterait d'une politique énergétique indépendante.
À moins que l'on n'amende immédiatement la Loi sur les mines et la Loi sur la durabilité des forêts de la Couronne afin d'arrêter l'exportation de nos ressources qui n'ont pas reçu de valeur ajoutée en étant transformées dans notre région, les pertes d'emplois pas milliers, la séparation des familles et la décimation des communautés vont continuer.
STRONG (Groupe pour la sauvegarde du Nord ontarien), une organisation incorporée sans but lucratif, s'est impliquée directement dans la lutte pour protéger nos ressources depuis mars 2005. Cette lutte n'est pas différente. Nous luttons tous pour garder nos emplois et nos ressources naturelles et pour maintenir nos communautés.
La Coalition pour sauver les emplois à Kidd Creek formée récemment à Timmins est certainement un pas dans la bonne direction et tous se doivent de l'appuyer. Chaque dirigeant communautaire du Nord de l'Ontario doit s'impliquer dans cette lutte pour nos ressources. Votre communauté pourrait bien être la prochaine sur la liste !
« Personne ne fait une plus grosse erreur que celui qui ne fait rien car il ne pense pouvoir n'en faire que trop peu.. » - Edmund Burke
Al Simard
Président de STRONG
RR#2 Lot 3 Con 9, Kapuskasing ON, P5N 2X8
Bureau : 705-337-1580 Cellulaire : 705-335-0627
Adresse courriel : wearestrong@gmail.com
Discussion sur les questions qui affectent la classe ouvrière
Parmi les questions importantes à discuter, il y a celle des travailleurs à contrat, un phénomène qui représente un développement spontané du capitalisme dans la socialisation de la classe ouvrière. Les travailleurs à contrat ne sont pas liés à un endroit de travail en particulier. Ce phénomène résulte de la quête de productivité absolue des propriétaires du capital. Comment la classe ouvrière peut-elle transformer ce phénomène en une force positive dans sa lutte contre le capital et en un facteur de développement de la conscience et d'organisation — en soi, pour soi et par soi ?
Le travail à contrat est un aspect du marché du travail capitaliste qui permet aux propriétaires du capital d'utiliser le marché du travail de façon plus efficace. Les travailleurs sont recrutés et renvoyés plus rapidement, sans qu'aucune dépense ne soit encourue dans l'embauche et le licenciement. Ils sont exploités plus intensément lorsqu'ils sont requis, ce qui accroît la productivité absolue et la quantité de valeur ajoutée réclamée par les propriétaires du capital. L'embauche de travailleurs à contrat permet à des compagnies d'éviter des réclamations faites au nom de la sécurité humaine, comme les réclamations associées aux pensions des entreprises, aux programmes de santé et d'autres comme les journées de maladie, et cela leur permet aussi d'éviter des déductions à la source, comme l'Assurance-Emploi et le Régime de pensions du Canada, de même que les dépenses en comptabilité reliées à la perception des impôts. Le transfert de cette partie des réclamations des travailleurs aux propriétaires du capital n'est pas dû à l'accroissement de la productivité mais au manque d'organisation des travailleurs à contrat, qui sont privés des moyens de défendre leurs droits. Il peut être éliminé en organisant les travailleurs à contrat à la défense de leurs droits.
À chaque jour, les Ateliers Stelco de Hamilton emploient entre 50 et 100 travailleurs à contrat dans l'usine, surtout des gens de métier. Deux compagnies gérées par d'anciens employés salariés, DMR et Staff-aid, fournissent la plupart des travailleurs à contrat.
Le travail à contrat est quelque chose qui se fait depuis longtemps dans l'industrie de la construction, surtout dans les sections qui fonctionnent selon le cycle d'expansion et de contraction. Dans la construction urbaine résidentielle et commerciale, les syndicats de la construction sont en partie responsables de l'emploi des travailleurs à contrat. Ces syndicats jouent essentiellement un rôle de gérance en fournissant les travailleurs là où ils sont requis et ils sont aussi les intermédiaires entre les travailleurs à contrat et les employeurs et le gouvernement sur des questions comme l'Assurance-Emploi, la santé/sécurité et les programmes de formation et ils gèrent aussi les pensions. Les syndicats de la construction n'ont pas contribué à restreindre le marché du travail dans la construction, ils ont plutôt facilité et institutionnalisé cette pratique du capitalisme.
Les travailleurs à contrat et les services contractuels constituent aussi un secteur qui remplit certaines fonctions dans l'industrie, comme les services alimentaires et de nettoyage et surtout la sécurité privée, qui est une des fonctions les plus répandues. Le secteur public est de plus en plus sectionné en composantes lucratives qui sont remises aux monopoles privés qui fournissent alors la main-d'oeuvre ou le service lui-même dans son entier. En font partie par exemple les services alimentaires dans les hôpitaux, le nettoyage et parfois même toutes les opérations non médicales. Un exemple récent est l'allocation du contrat de l'ensemble système de transport adapté de la Colombie-Britannique à un monopole californien. La section du Vancouver métropolitain des travailleurs du transport adapté (HandyHART) a fait la grève récemment contre les concessions et elle a remporté cette bataille.
Comment le mouvement ouvrier doit-il aborder ce phénomène qu'est le travail à contrat ? Le travail à contrat est un aspect du marché du travail et la question est donc : comment le mouvement ouvrier doit-il aborder le marché du travail ? Le marché du travail et le travail à contrat s'inscrivent dans un rapport dialectique. Ils contiennent deux éléments contraires. Le marché du travail et ses divers aspects ont été créés en tant que composantes du système capitaliste et de l'exploitation des producteurs par les propriétaires du capital. L'aspect négatif du marché du travail, c'est qu'il définit les producteurs comme du travail-marchandise qu'on achète et vend. Le propriétaire du capital est l'acheteur et le travailleur est le vendeur. (Le marché du travail diffère du marché d'esclaves parce que le travailleur n'y vend pas toute sa personne mais seulement sa capacité de travailler.) Le marché du travail constitue cependant, tout comme le marché d'esclaves, un rapport social inégal. Le marché du travail est un phénomène passager d'un système capitaliste transitoire coincé entre la petite production et la grande production industrielle socialisé à laquelle correspondent des rapports socialisés de production — des rapports socialisés entre humains engagés dans l'économie en harmonie avec les conditions socialisées de la grande production industrielle, ou, pour le dire plus seulement, des rapports de production socialisés à l'intérieur desquels les producteurs possèdent et contrôlent collectivement les moyens de production.
L'objectif immédiat du mouvement ouvrier est de restreindre le marché du travail le plus possible et son objectif ultime est de l'éliminer complètement.
L'aspect positif du marché du travail est qu'il prolétarise (ou socialise) les producteurs. L'emploi de travailleurs à contrat, plutôt que de les employer dans une entreprise donnée, accroît ce processus de prolétarisation. Le travail à contrat détache de plus en plus le travail de tel ou tel endroit de travail et l'associe de plus en plus à l'économie socialisée en général, même si les propriétaires du capital continuent de bloquer les travailleurs face à toute participation dans le contrôle de l'économie et dans les prises de décisions concernant la direction de l'économie.
On en vient à réaliser que la sécurité du travailleur à contrat ne dépend pas du succès d'une entreprise en particulier mais de l'économie socialisée dans son ensemble et des programmes sociaux gouvernementaux. Cela ressemble à ce que les travailleurs du secteur public ressentent face à l'économie socialisée. La gravitation spontanée des travailleurs à contrat les pousse à revendiquer des mesures qui garantissent le bien-être de tous par le biais des programmes sociaux, de même qu'une économie socialisée en bonne santé qui garantisse de l'emploi pour tous. Le travail à contrat contredit le faux argument néolibéral que la sécurité des travailleurs qui sont employés par un monopole dépend de leurs efforts pour rendre leur monopole concurrentiel sur les marchés mondiaux et dépend en général de la compétition inter-capitaliste.
Le phénomène des travailleurs à contrat a été particulièrement présent au Japon depuis la crise économique de 1989, dont le pays ne s'est pas encore remis. Le contrat social de l'après-guerre entre certains monopoles et leurs employés, cimenté par des « syndicats d'affaires », a progressivement été érodé. L'introduction sur une vaste échelle de travailleurs à contrat, d'abord avec des employés de bureaux féminins et maintenant avec des travailleurs industriels contractuels des deux sexes, a joué un grand rôle dans cette érosion.
La relation patriarcale sous le contrat social japonais entre les travailleurs et des monopoles définis a été minée. Cette relation patriarcale touche la plupart des aspects de la vie, y compris les facilités sportives, les saunas et salons de massage, les événements culturels, les pensions de compagnies, l'emploi garanti et les primes annuelles. Cela est remplacé soit par la rupture abrupte du rapport patriarcal, soir par l'introduction de nouveaux travailleurs embauchés selon un contrat renouvelable d'un an ou deux qui ne comporte pas de lien patriarcal ou de contrat social avec le monopole mais seulement un lien sans lendemain avec l'entreprise pourvoyeuse de contrat. Pour les travailleurs de l'ancien contrat social maintenant mis à pieds et pour les nouveaux travailleurs à contrat, il ne peut y avoir de sécurité que de deux façons : le renouvellement de leurs syndicats et la mise sur pied sur une base nouvelle d'organisations des travailleurs, par les travailleurs et pour les travailleurs, et les programmes sociaux gouvernementaux.
Un autre aspect positif de cette perte d'identification à un employeur unique est qu'elle unit les travailleurs de différentes entreprises en un seul syndicat. Les moulins de barres d'acier aux Ateliers de Hamilton par exemple vont possiblement être vendus à une entreprise allemande. Plus de cent travailleurs de l'usine sont liés à ces moulins. Cela veut dire que des travailleurs appartenant à une même usine ou ayant travaillé ensemble pendant longtemps sont « vendus » avec la machinerie et le carnet de commandes à d'autres propriétaires de capital. Que ces travailleurs appartiennent à la même usine ou non, comme ce fut le cas des travailleurs de Stelco membres d'unités qui ont été vendues quand la compagnie s'est mise sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC), ils font face à des problèmes comme les pensions, les avantages sociaux, les conditions de travail, les droits syndicaux, etc. Que doivent faire les travailleurs dans de telles situations ? Ils se sont spontanément donnés des outils comme les « syndicats amalgamés » qui permettent aux travailleurs qui ont été « vendus » et aux autres qui sont embauchés de demeurer dans la même section locale du syndicat. Aux Ateliers Lake Erie de Stelco par exemple, la section locale des métallos est une section amalgamée qui comprend les travailleurs de Lake Erie, ceux de l'usine Nelson et les travailleurs de Heckett-Multiserv.
La section locale 16506 des métallos, qui comprend 1700 travailleurs répartis sur 30 unités appartenant à 30 entreprises différentes, est un exemple de section locale amalgamée des métallos de Hamilton.
L'expérience directe des travailleurs leur enseigne que ce n'est pas la propriété capitaliste d'un endroit de travail en particulier ou la propriété en général qui est déterminant pour ce qui est de leur capacité à se défendre. Ce qui est décisif, c'est de s'organiser d'eux-mêmes, par eux-mêmes et pour eux-mêmes pour défendre leurs droits. C'est la lutte de classe menée par une classe ouvrière organisée, unie et déterminée qui est décisive sous le capitalisme pour ce qui est de l'établissement des conditions de travail et la défense des salaires, des avantages sociaux et des pensions à un standard canadien.
Les travailleurs devraient considérer la question de la propriété comme une question politique, à être réglée politiquement en s'organisant avec leurs alliés pour discuter d'un programme de propriété publique des secteurs de base de l'économie. Cette discussion fait rage présentement sur la question de la propriété monopoliste et du contrôle étrangers de sections importantes de l'économie comme l'acier, les mines et l'assemblage automobile et des entreprises comme US Steel, ArcelorMittal, Essar Steel Algoma, Vale Inco, Xstrata, AbitibiBowater, Shell, GM, Ford, Chrysler et d'autres.
Dans l'optique des travailleurs, la propriété par tel ou tel monopole ou les changements de propriétaires ne doit pas compromettre leur lutte pour se défendre. Ils doivent trouver les façons de surmonter les obstacles légaux à l'unité et à la défense de leurs droits. Ils ne doivent pas permettre que les changements dans la propriété capitaliste déterminent leurs organisations, leurs activités et leur lutte pour leurs droits et la reconnaissance de leur droit légal de s'organiser et de se défendre.
Les travailleurs actifs et à la retraite dans un endroit de travail donné comme les Ateliers de Hamilton considèrent que la richesse produite par les travailleurs actifs est la base de leur bien-être et ils prennent tout naturellement un intérêt à la vie de l'usine et à la richesse que les travailleurs actifs produisent, de même qu'à la richesse produite et aux services dispensés par les autres travailleurs dans l'ensemble du Canada. Les travailleurs à contrat considèrent la richesse qu'ils produisent dans les multiples usines où ils travaillent comme la base de leur bien-être et ils s'intéressent tout naturellement à l'état de l'économie socialisée et à la richesse qu'ils produisent dans cette économie.
L'expérience directe des travailleurs dans une usine donnée et celle des travailleurs à contrat et des autres travailleurs qui sont employés dans un contexte plus vaste convergent en une expérience directe unique des travailleurs au sein de l'économie socialisée intégrée, et les travailleurs ont un intérêt dans cette économie en tant que producteurs de la richesse et dispensateurs des services. Ils en arrivent à la conclusion qu'ils doivent s'organiser pour défendre leurs droits et lutter activement et consciemment pour prendre le contrôle de la direction de leur économie socialisée.
Le travail à contrat et les changements dans la propriété des entreprises peuvent contribuer spontanément à la prolétarisation des travailleurs mais, pour que cet effet spontané joue un rôle positif, il faut qu'il soit organisé, guidé et développé consciemment. Il faut prendre des mesures pratiques pour intégrer les travailleurs à contrat et ceux qui sont « vendus » dans le mouvement syndical afin qu'ils défendent leurs droits et les droits de tous et afin de renforcer la solidarité sociale des travailleurs ans une ville ou une région.
À mesure que le travail à contrat et les changements de propriétaires se multiplient, la responsabilité du gouvernement de garantir les droits de tous apparaît de plus en plus clairement, que ce soit sur la question des pensions ou de la sécurité d'emploi et du revenu. Les travailleurs doivent forcer les gouvernements à assumer leur responsabilité sociale de garantir les programmes sociaux pour tous, comme des pensions à un standard canadien, et à revendiquer une quantité suffisante de produit social des propriétaires du capital et de leurs entreprises pour permettre à ces programmes sociaux de fonctionner. Cela signifie qu'il faut restreindre le marché du travail, soit en garantissant du travail ou en garantissant un revenu quand le travailleur est en chômage.
Des monopoles comme US Steel veulent bénéficier de la productivité accrue que leur procurent les travailleurs à contrat mais ils ne veulent pas prendre la responsabilité des conséquences de cette pratique. Sous le capitalisme, les propriétaires du capital doivent être forcés de fournir une quantité suffisante de travail à cette main-d'oeuvre mobile et à les soutenir lorsqu'ils n'en ont pas besoin. La même chose s'applique quand les propriétaires changent.
Cela pourrait être très bon pour l'économie socialisée et la classe ouvrière si une ville avait une main-d'oeuvre mobile, mais ce développement ne peut avoir un effet positif que si les travailleurs s'unissent d'abord pour défendre leurs droits fondamentaux à la sécurité du travail, à leurs salaires, avantages sociaux, pensions et conditions de travail dans les multiples endroits de travail où on a besoin d'eux. Les travailleurs et leurs alliés doivent aussi s'unir politiquement et lutter pour prendre le contrôle de la direction de l'économie. Il faut pour cela organiser des Comités du renouveau démocratique pour que les travailleurs se représentent eux-mêmes au parlement en tant qu'opposition ouvrière effective et ultimement, en tant que gouvernement.
Honduras
Le 27 janvier, alors que les yeux du monde continuent d'être rivés sur le désastre en Haïti, Porfirio « Pepe » Lobo deviendra président du Honduras, succédant au président de facto Roberto Micheletti. Lobo, un partisan du coup d'État militaire du 28 juin qui a destitué le président Manuel Zelaya, a été choisi lors d'une élection en novembre tenue dans des conditions qualifiées de terrorisme d'État. Tandis que la majorité des Honduriens ont boycotté les élections, des douzaines de candidats à des positions inférieures se sont retirés, la vaste majorité des pays dans le monde qualifiant le scrutin d'illégitime.
Dans les heures et jours qui ont suivi l'élection, le Tribunal électoral suprême illégalement nommé a commis une fraude en annonçant une participation des électeurs indiscutablement 12 % plus élevée que ses propres chiffres publiés officiellement. Les résultats gonflés et trafiqués ont été cités à répétition par Lobo, la secrétaire d'État Clinton et par les autres amis du régime pour légitimer le scrutin contesté. Plusieurs observateurs honduriens et étrangers affirment que l'appui international pour l'administration Lobo qui s'ensuivra assurera éventuellement l'invalidation des réformes les plus récentes de Zelaya. Cet appui garantira la répression à long terme, une augmentation du contrôle très strict dans le pays ainsi qu'une menace aux institutions démocratiques et aux réformes de justice sociale partout dans l'hémisphère, résultat d'un effet d'entraînement.
Bien que des représentants du département d'État insistent pour dire que le processus électoral hondurien était transparent, en fait, aucun observateur international n'était présent pour confirmer le compte parce que – tel qu'annoncé par le Secrétaire général des Nations unies Ban Ki-Moon le 23 septembre – les conditions pour une élections libre et équitable n'étaient pas présentes. Un rapport cinglant de 147 pages publié mercredi le 20 janvier par l'Inter-American Human Rights Commission a corroboré cela, citant une litanie d'abus bien documentés des droits humains, incluant plusieurs assassinats politiques commis avant et après l'élection. Le rapport décrit un environnement militarisé dans lequel les opinions dissonantes ou critiques ont été officiellement interdites selon « une restriction flagrante, arbitraire, non nécessaire et disproportionnée en violation de la loi internationale, du droit de tout Hondurien de s'exprimer librement et de recevoir une information provenant de plusieurs sources diverses ».
Bien qu'aucun des observateurs officiels internationaux n'étaient sur le terrain le jour des élections, le National Democratic Institute (NDI) et l'International Republican Institute (IRI) ont envoyé des « moniteurs » pour superviser l'élection du Honduras que l'OEA et le Centre Carter avait refusé de légitimer par leur présence. Le NDI et l'IRI sont financés par le Congrès des États-Unis par le biais d'une organisation-cadre conservatrice de l'époque de Reagan, le National Endowment for Democracy (NED). L'extrêmement conservatrice IRI a appuyé ces dernières années les efforts impliquant le renversement du président démocratiquement élu en Haïti et au Venezuela. Le jour de l'élection, lors d'une entrevue enregistrée, les moniteurs du NDI ont refusé de discuter de la violence policière, où ils avaient été témoins à l'extérieur des lieux de scrutin dans la ville industrielle hondurienne de San Pedro Sula.
Les
parallèles entre le Honduras et Haïti
sont frappants ; chaque pays a été
marqué par
une série de dettes dont il n'est pas responsable - un
lourd
héritage du colonialisme – et dans le cas de chaque
pays
(après plus d'un siècle de dictatures souvent mises
en
place par les États-Unis) un président élu
qui
s'est engagé de façon responsable d'amener à
ses
citoyens la justice sociale a été
évincé de
son poste. L'instrument utilisé fut un coup d'État
militaire au moins tacitement soutenu par Washington. En aidant
les
ennemis de Manuel Zelaya au Honduras et de Jean-Bertrand Aristide
en
Haïti, Washington a indirectement
ou directement chassé du pouvoir ceux qui étaient
prêts à protéger les ressources publiques des
exigences du FMI, pour la privatisation et la réduction de
l'infrastructure liée au secteur public des deux pays. Le
développement asymétrique de ces pays, ainsi que
des
conseils émanant d'entités privées et du
gouvernement
américain, ont fait que les intérêts
nationaux
d'Haïti et au Honduras ont été à la
merci des
opinions de ces étrangers. C'est une situation qui
pourrait
transformer la plus petite tempête en un ouragan, quand il
s'agit
des effets d'une catastrophe naturelle sur le résident
moyen,
à l'abri des manipulations politiques.
Bien que le président Obama se soit d'abord joint à la communauté internationale pour condamner le coup d'État du Honduras en appelant à la restauration de l'ordre démocratique en tant que condition préalable à la reconnaissance des élections dans ce pays, en fait Washington a fait du lobbying agressif auprès d'autres présidents d'Amérique latine afin qu'ils reconnaissent le nouveau gouvernement Lobo. Malgré le refus du gouvernement de facto de réintégrer Zelaya ou de suivre l'échéancier et le processus prévus par les Accords de Guaymuras, l'administration Obama a signalé son intention de reconnaître un gouvernement « d'unité » qui ne représente que les putschistes, et à soutenir le Congrès hondurien dans sa décision d'accorder l'amnistie à ceux qui sont responsables du coup d'État militaire ainsi que les milliers de violations des droits humains qui ont suivi. Lors d'une récente entrevue accordée à COHA, le journaliste indépendant et cinéaste hondurien Oscar Estrada a exprimé certaines des appréhensions de l'opposition face à Lobo :
« Avec l'entrée en scène de Porfirio Lobo Sosa, commence une nouvelle étape dans le projet de domination commencé par le coup d'État du 28 juin. L'Accord récent de réconciliation [de Lobo] n'est rien de plus qu'une tentative de blanchir le coup d'État et démobiliser la résistance populaire. »
Lobo, l'homme qui parle aujourd'hui de dialogue et de paix, a offert un sauf-conduit pour Mel Zelaya afin qu'il quitte le pays. Mais, il y a quelques jours, il a proposé un « plan national » néolibéral pour les 28 prochaines années. Par le biais de son propre bloc législatif, il cherche à approuver une amnistie qui favorise principalement les pays violateurs des droits humains et il planifie gouverner avec le soutien et la protection des structures paramilitaires qui ont terrorisé la population pendant les six derniers mois.
Les opposants du coup d'État du Honduras, qui depuis le 28 juin ont organisé des actions de protestation quasi quotidiennes, y compris les nombreuses marches comprenant des centaines de milliers de personnes, planifient de protester contre l'inauguration de Lobo.
L'administration Obama a si profondément malmené la situation au Honduras qu'elle a détruit tout espoir chez bon nombre de ses citoyens, ainsi que parmi les Latino-Américains, qu'une ère « nouvelle » de relations avec les États-Unis est en gestation. Ajoutez à cela la multiplication des bases militaires américaines en Colombie, aux erreurs dans la réponse à la tragédie en Haïti et aux occasions manquées à Cuba, on ne peut prétendre avec un certain degré d'optimisme que Obama est parti d'un pied solide pour mettre en oeuvre une nouvelle politique énergique et éclairée en Amérique latine.
* Chercheure émérite de la COHA, Adrienne Pine, Ph.D, est également professeure adjointe d'anthropologie à l'American University. Docteure Pine a signé récemment un livre « Working Hard, Drinking Hard : On Violence and Survival in Honduras » (University of California Press). Le présent article est traduit de l'anglais par Le Marxiste-Léniniste.
Lisez Le
Marxiste-Léniniste
Site web: www.pccml.ca
Courriel: redaction@cpcml.ca