
Québec
Le chat sort du sac! L'offensive
antisociale se poursuit!
- Correspondant de Rimouski -
Depuis le 10 janvier 2010, le Journal de
Québec publie des dossiers sur la situation
économique et sociale du Québec. Il a publié
huit
dossiers, la plupart sur des secteurs importants de
l'économie
au Québec, pour finalement nous dévoiler le 17
janvier,
un document intitulé
« Questionnaire/Sondage » contenant 63
questions. Ce sondage, auquel le Journal de
Québec
demande de participer, a été
précédé
par une semaine entière de propagande et de
désinformation, orchestrées pour attaquer les
travailleurs de la fonction publique du Québec et les
autres
sections de travailleurs par la bande.
Par cette démarche le Journal de
Québec se livre à un détournement, une
manipulation flagrante de l'opinion publique des
Québécois. Il nourrit et suscite les
préjugés, les opinions rétrogrades,
arriérées envers les sections les plus
démunies de
la population québécoise.
Ce qui attire d'abord notre attention ce sont les
titres dont ces dossiers ont été
affublés.
« Le Québec dans le
rouge » est le titre général sous lequel
sont
regroupés sept sous-dossiers et le Questionnaire/Sondage.
Il est
sous la direction de J. Jacques Samson, chef des nouvelles du
Journal
de
Québec. Le Questionnaire/Sondage a été
mené dans la même période par la firme
Léger
Marketing, aux
quatre coins de la province. Il porte le titre
« L'heure des
choix ».
« Un vrai ménage »,
« Les lecteurs s'invitent au
débat »,
« L'État du statu quo... »,
« Un ménage à faire dans les
programmes », « Trop c'est
trop »,
« L'État-Provigo », « Le
débat populaire se poursuit », « Se
résigner à payer plus cher
l'électricité », « Refonte
majeure
des commissions scolaires », « Le temps
est-il
venu de repousser l'âge de la retraite ? »,
« Le secteur public a besoin de la concurrence du
privé », « Quand on se compare, on
se
console », « Oui le déficit, mais
l'éducation et la formation sont
notre vrai défi », « L'heure
d'augmenter
les frais universitaires », « Le gros
morceau,
c'est la santé ». Voilà la collection
des
titres coiffant les articles contenus dans les sous-dossiers
publiés durant la semaine du 10 au 17 janvier 2010.
Battons le fer pendant qu'il est chaud
Pour introduire le Questionnaire/Sondage, le
Journal
de
Québec a publié ce qui
suit :« Le
gouvernement du Québec tiendra dans deux semaines des
consultations pour voir comment il se sortira de son impasse
budgétaire, accusant maintenant un déficit de 5
milliards $ et une dette de 178 milliards $, soit 16
336 $
par
Québécois, y compris les enfants (sans compter la
dette
fédérale). Le gouvernement pourrait vouloir
fouiller dans
vos poches une fois de plus. Êtes-vous capable de payer
plus de
taxes et d'impôts de toutes sortes ou
préférez-vous
vous priver de certains services qui vous sont
chers ? Ce sont là les grandes questions que les
Québécois ne peuvent plus éviter de se
poser. Pour
vous aider à vous faire une opinion en vue de ce grand
débat de société, nous avons
préparé
ce questionnaire qui vous permettra de vous poser toutes les
bonnes
questions. Les premières questions vous permettront
d'évaluer vos connaissances
sur l'état des finances publiques (les réponses
sont au
bas de la page), les autres vous permettront d'amorcer votre
réflexion. Ce questionnaire a fait l'objet d'un
sondage... ».
Le Questionnaire/Sondage se divise en 5
sections :
le test, le diagnostic, les dépenses, les mesures et les
négociations. Le dernier point s'adresse directement
à la
question des prochaines négociations dans la fonction
publique.
Bien entendu ce Questionnaire/Sondage n'a aucune
prétention scientifique. Cependant,
précédé
par une série de sept dossiers plus alarmistes les uns que
les
autres, l'orientation de ce faux débat est
évidente. Elle
vise à faire disparaître les acquis de la classe
ouvrière et des larges sections du peuple
québécois des 60 dernières années.
C'est d'ailleurs ce que reflètent les suggestions des
lecteurs
qui ont été amenés à répondre
aux
demandes du Journal de Québec. Le but du journal
était atteint : noircir la situation
économique et
sociale du Québec. Proposer la destruction de
l'État
québécois.
« Les finances publiques du
Québec se
trouvent dans une impasse. Soit le gouvernement coupe dans ses
dépenses, soit il fouille dans vos poches, soit un peu des
deux. »
M. Samson lance un appel aux
Québécois.
« Avez-vous des solutions ? »,
« Avez-vous des idées pour économiser ou
trouver de nouveaux revenus ? »,
« Faites-moi parvenir vos pistes de réflexion.
Nous
sommes à la recherche de nouvelles idées pour
alimenter
le débat difficile qui s'en
vient. » « Participez au
débat ».
Les soi-disant solutions proposées par les
lecteurs sont simplistes, déconnectées de la vie et
de
l'expérience des travailleurs québécois.
Elles ne
reflètent pas que le Québec est un État
moderne,
développé, avec une population instruite. Que le
Québec est riche de ressources naturelles que les
travailleurs
ne demandent qu'à exploiter et
transformer pour leur propre bénéfice et bien
être.
L'approche adoptée par le Journal de
Québec est centrée sur le capital. Elle ne
prend pas
en ligne de compte la totalité de la réalité
économique et sociale du Québec. Elle oublie
délibérément les actifs que possède
l'ensemble des Québécois. Le facteur
humain/conscience
sociale est totalement absent.
Dans le cadre de la publication de ces 8
dossiers, le Journal
de
Québec demande à ses lecteurs de lui
suggérer des moyens, des solutions pour sortir le
Québec
de la crise qui le guette et le menace. Voilà tout un
revirement
puisque de tout temps, le peuple québécois a
été écarté des prises de
décisions
sur les orientations à
donner à l'économie du Québec. Les
décisions importantes pour son avenir étant
toujours
prisent derrière des portes clauses.
Avec la publication de ces dossiers dans le
Journal
de
Québec et le faux « débat
populaire », on découvre un nouveau visage de
l'offensive antisociale menée par le gouvernement de Jean
Charest.
Ça ne doit pas passer ! Le
Québec
nous appartient ! Une nouvelle direction pour le
Québec !

Les Québécois demandent une
alternative
pro-sociale face à l'endettement des finances
publiques
- David Ethier April, 22 janvier
2010 -
Depuis plusieurs jours, le Journal de
Montréal publie des articles sur les finances du
Québec qui s'intitulent : « Les
Québécois dans le rouge ». Aujourd'hui,
ce
journal a publié un sondage de 34 questions
réalisé par Léger marketing auprès de
1059
personnes. La question posée était :
« Afin de faire
face aux défis de nos finances publiques au Québec,
seriez-vous favorable ou défavorable à ce que l'on
introduise les mesures suivantes ? » Les
résultats reflètent la demande d'une alternative
pro-sociale face à l'endettement des finances publiques.
Voici
quelques réponses aux questions
demandées :
Augmenter significativement vos impôts sur
le
revenu : Oui 7 % / Non 91 %
Réduire considérablement les prêts et bouses
aux
étudiants : Oui 25 % / Non 70 %
Privatiser Hydro-Québec : Oui 24 % / Non
65 %
Augmenter significativement la TVQ: Oui 20 % / Non
77 %
Augmenter significativement votre facture
d'électricité:
Oui 11 % / Non 87 %
Augmenter significativement les impôts aux entreprises:
Oui
70 % / Non 25 %
Ne plus subventionner les écoles privées: Oui
74 % / Non 22 %
Les Québécois ne veulent plus que le
gouvernement prenne l'argent dans leurs poches, mais bien qu'il
prenne
l'argent dans les poches des entreprises. Quelques pages plus
loin, le
chroniqueur Richard Martineau se prononce sur le sondage. Il
écrit : « [...] chers amis, certaines des
"solutions miracles" que vous proposez
m'apparaissent comme de très mauvaises
idées. » Premièrement, il explique que
le
gouvernement ne peut pas arrêter de subventionner les
écoles privées puisqu'elles augmenteront leurs
frais et
les membres de la classe moyenne ne pourront plus y envoyer leurs
enfants. Deuxièmement, il est contre l'augmentation des
impôts aux entreprises.
Voici son explication :
« Sur papier c'est parfait [augmenter
les
impôts aux entreprises]. Mais en pratique, c'est une autre
paire
de manches. Primo, parce que les entreprises bougent. Si elles
sont
trop taxées ici, elles vont déménager
ailleurs.
Deuxièmement, les entreprises ne sont pas des organismes
de
charité. Elles doivent débourser plus
d'argent ?
Elles
vont tout simplement refiler le montant aux citoyens en
augmentant le
prix des produits qu'elles fabriquent ou [...] en freinant la
progression des salaires de leurs employés. Au bout du
compte
c'est nous qui allons finir par payer. »
Ce qui ressort de cette chronique est que Richard
Martineau a une vision centrée sur le capital. Pour lui,
les
entreprises ont le dernier mot et on ne peut rien n'y faire. Nous
ne
pouvons donc pas avoir une alternative pro-sociale puisque les
entreprises la bloquent. Avec cette vision centrée sur le
capital, il ne peut pas dire aux lecteurs du Journal de
Montréal :
« Voici comment nous voulons financer le
système
public. Maintenant, nous devons discuter des mesures à
appliquer
afin d'y arriver. »
Au lieu d'inviter la population à discuter
de
cela, de trouver et de débattre des mesures à
appliquer,
il bloque la discussion complètement. Il ne pense
aucunement des
mesures possibles qui pourraient empêcher les entreprises
de
bouger ou d'augmenter leurs tarifs. La discussion permettrait de
répondre à des questions comme celle-ci :
Pourquoi les entreprises ont le dernier mot ? Pourquoi le
gouvernement ne peut rien faire ? Quelles sont les mesures
nécessaires afin de forcer les entreprises à payer
plus ? Etc. La discussion permettrait d'élever la
conscience sociale de tous les citoyens et de placer au centre de
la
discussion le facteur humain.
Puisque le Journal de Montréal ne
fera
probablement pas de suivi sur le sondage et n'amènera pas
la
population à discuter des mesures à appliquer afin
de
faire payer les entreprises. Je crois qu'il revient à tous
ceux
qui veulent une alternative pro-sociale de continuer la
discussion au
sein de leurs organisations afin d'amener des
solutions aux problèmes du financement du système
public.

Vancouver
Félicitations aux travailleurs de
HandyDart!
Les usagers de HandyDART et les travailleurs du
transport adapté,
qui constituent une section importante des travailleurs du
transport en
commun de la ville et de la province, sont devenus très
inquiets
en
2008 lorsqu'un monopole américain s'est emparé du
service
public et l'a
privatisé par le biais d'une conspiration avec l'ex-PDG de
Translink (le système de transport en commun de Vancouver)
et le
Parti
libéral au pouvoir en Colombie-Britannique. Cette
manoeuvre pour
transformer un service public en un coffre au trésor pour
un
monopole
étranger géant a profondément
inquiété les travailleurs et leurs alliés
de la province.
La pression est forte dans toute la province pour
la
forcer à
accepter le diktat de l'Empire américain et de sa vision
néolibérale de
cupidité égocentrique. Chaque contingent de
travailleurs
et leurs
alliés sont appelés à faire leur part dans
la
résistance et la lutte
pour un ordre du jour alternatif centré sur l'être
humain.
Les
travailleurs de
HandyDART ont certainement fait leur part en paroles et en actes
pour
le développement d'une alternative et la population leur
est
reconnaissante de leur courage à défendre leurs
droits et
les droits
des passagers du transport adapté. Ils ont fait savoir
très clairement
qu'un service public, les mots le disent, doit être un
service
public
où tout le revenu
doit être remis dans le service pour l'améliorer et
améliorer les
conditions de vie des travailleurs qui dispensent le service.
Pas un sou du revenu du service public ne doit
être accaparé par les
parasites qui vivent du travail des autres ! Pas un sou du
service
public ne doit quitter la ville ou la province ! Les
services
publics
et les programmes sociaux sont un aspect crucial et toujours plus
nécessaire de l'économie socialisée. La
privatisation est une forme
de corruption officielle pour remplir les poches des capitalistes
monopolistes au détriment de la population.
L'ancien conseiller municipal de Vancouver Tim
Louis, un
membre
fondateur et un usager du service de transport adapté
HandyDART,
a fait
remarquer que pendant les 27 années où le
système
public de transport
adapté a été organisé et
géré
par une coopérative d'usagers, la
coopérative n'a jamais refusé de négocier
avec ses
employés et
qu'elle n'a jamais retiré d'argent du service pour le gain
personnel.
La coopérative travaillait pour amalgamer à long
terme le
système de
transport adapté de HandyDART avec le système
général de transport en
commun Translink, mais ce programme a été
saboté
en 2008 quand le
contrat de la coopérative a été donné
à un monopole
américain.
Le tissu social est en train d'être
détruit
par la vision
néolibérale centrée sur le capital, selon
laquelle
la population, les
ressources et les moyens de production du Canada doivent servir
les
objectifs étroits des propriétaires du capital. On
pourrait en rire, si
ce n'était pas si tragique, de voir un monopole
américain
faire
irruption en Colombie-
Britannique et transformer un service aussi vital pour ceux qui
ont
besoin de travailleurs et d'équipement spéciaux de
transport adapté en
une vache à lait pour des intérêts
privés.
Quelle absurdité et quel
assaut contre la personnalité humaine ! Nos
félicitations une fois de
plus aux membres de la section locale 1724 pour avoir
dénoncé et
combattu ce comportement irrationnel des riches et des
privilégiés et
avoir hissé la bannière d'un système de
transport
adapté intégré au
système général de transport en commun, un
système public qui ne
fonctionne pas pour le profit et où les passagers et les
travailleurs
sont traités avec le respect et la dignité qui leur
revient, où les
passagers
jouissent d'un service public qui s'améliore constamment
et
où les
travailleurs reçoivent des pensions, des salaires et des
conditions de
travail à un standard canadien.