Le Marxiste-Léniniste

Numéro 18 - 28 janvier 2010

2009 en revue

Les travailleurs du secteur public s'opposent
à la destruction des services publics et
se portent à la défense de la société

2009 en revue
Les travailleurs du secteur public s'opposent à la destruction des services publics et se portent à la défense de la société

Québec
Le chat sort du sac! L'offensive anti-sociale se poursuit! - Correspondant de Rimouski
Les Québécois demandent une alternative pro-sociale face à l'endettement des finances publiques - David Ethier April

Vancouver
Félicitations aux travailleurs de HandyDart!

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2009 en revue

Les travailleurs du secteur public s'opposent
à la destruction des services publics et
se portent à la défense de la société


Les chauffeurs de HandyDART en grève à Vancouver et leur supporters en octobre 2009.




Les travailleurs municipaux de Widsor en grève et leurs supporteurs, 12 juin 2009.




Les employés municipaux de Toronto en grève manifestent devant l'hôtel de ville
le 24 juin 2009 en compagnie de nombreux supporters.

Le 4 juillet 2009 : Une centaines de représentants syndicaux de Toronto, accompagnés de nombreux résidents,
lors d'une manifestation en appui aux employés municipaux en grève.



Les employés du service Tests au Volant du ministère des Transports de l'Ontario participent à une
manifestation contre l'utilisation de briseurs de grève à Toronto le 10 octobre 2009.



Les grévistes du musée des Civilisations d'Ottawa en septembre 2009.


Les employés d'OC Transpo d'Ottawa-Gatineau en grève en décembre 2008 et janvier 2009.


Manifestation du Front commun du Québec, employés du secteur public, à Québec le 30 octobre 2009.


Secteur de la santé

Rassemblement de l'Association des infirmières de l'Ontario contre les coupures dans les soins infirmiers à Toronto le 5 mars 2009.


À gauche : Rassemblement pour la santé à Cambridge, Ontario, le 22 mars 2009. À droite : Manifestation devant le bureau de circonscription de la député provinciale Loena Dombrowsky en Ontario le 18 avril 2009.


Rassemblement pour les hôpitaux de l'Ontario, devant l'assemblée législative de l'Ontario le 29 avril 2009.


Des infirmières et employés du secteur de la santé de l'Alberta manifestent contre les coupures dans
la santé, le 17 juillet 2009. (Photo : UNA, AUPE)





Rassemblements et assemblées publiques pour sauver l'Hôpital Alberta d'Edmonton, en septembre 2009.

Secteur de l'éducation


À gauche : Des chargés de cours en grève à l'Université York, Toronto, le 20 janvier 2009. Droite : Pendant plus de deux décennies, les enseignants à temps partiel des collèges communautaires de l'Ontario ont combattu pour se syndiquer. Or, leur vote de syndicalisation de février 2009 est resté gelé pendant presqu'un an à cause de l'ingérence de l'Association des collèges dans la procédure. Entre-temps, les enseignants à temps plein ont vu leurs conventions collectives être unilatéralement changées par l'Association des collèges.


Montréal le 3 avril 2009 : Des enseignants de l'Université du Québec à Montréal en grève

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Québec

Le chat sort du sac! L'offensive
antisociale se poursuit!

Depuis le 10 janvier 2010, le Journal de Québec publie des dossiers sur la situation économique et sociale du Québec. Il a publié huit dossiers, la plupart sur des secteurs importants de l'économie au Québec, pour finalement nous dévoiler le 17 janvier, un document intitulé « Questionnaire/Sondage » contenant 63 questions. Ce sondage, auquel le Journal de Québec demande de participer, a été précédé par une semaine entière de propagande et de désinformation, orchestrées pour attaquer les travailleurs de la fonction publique du Québec et les autres sections de travailleurs par la bande.

Par cette démarche le Journal de Québec se livre à un détournement, une manipulation flagrante de l'opinion publique des Québécois. Il nourrit et suscite les préjugés, les opinions rétrogrades, arriérées envers les sections les plus démunies de la population québécoise.

Ce qui attire d'abord notre attention ce sont les titres dont ces dossiers ont été affublés.

« Le Québec dans le rouge » est le titre général sous lequel sont regroupés sept sous-dossiers et le Questionnaire/Sondage. Il est sous la direction de J. Jacques Samson, chef des nouvelles du Journal de Québec. Le Questionnaire/Sondage a été mené dans la même période par la firme Léger Marketing, aux quatre coins de la province. Il porte le titre « L'heure des choix ».

« Un vrai ménage », « Les lecteurs s'invitent au débat », « L'État du statu quo... », « Un ménage à faire dans les programmes », « Trop c'est trop », « L'État-Provigo », « Le débat populaire se poursuit », « Se résigner à payer plus cher l'électricité », « Refonte majeure des commissions scolaires », « Le temps est-il venu de repousser l'âge de la retraite ? », « Le secteur public a besoin de la concurrence du privé », « Quand on se compare, on se console », « Oui le déficit, mais l'éducation et la formation sont notre vrai défi », « L'heure d'augmenter les frais universitaires », « Le gros morceau, c'est la santé ». Voilà la collection des titres coiffant les articles contenus dans les sous-dossiers publiés durant la semaine du 10 au 17 janvier 2010.

Battons le fer pendant qu'il est chaud

Pour introduire le Questionnaire/Sondage, le Journal de Québec a publié ce qui suit :« Le gouvernement du Québec tiendra dans deux semaines des consultations pour voir comment il se sortira de son impasse budgétaire, accusant maintenant un déficit de 5 milliards $ et une dette de 178 milliards $, soit 16 336 $ par Québécois, y compris les enfants (sans compter la dette fédérale). Le gouvernement pourrait vouloir fouiller dans vos poches une fois de plus. Êtes-vous capable de payer plus de taxes et d'impôts de toutes sortes ou préférez-vous vous priver de certains services qui vous sont chers ? Ce sont là les grandes questions que les Québécois ne peuvent plus éviter de se poser. Pour vous aider à vous faire une opinion en vue de ce grand débat de société, nous avons préparé ce questionnaire qui vous permettra de vous poser toutes les bonnes questions. Les premières questions vous permettront d'évaluer vos connaissances sur l'état des finances publiques (les réponses sont au bas de la page), les autres vous permettront d'amorcer votre réflexion. Ce questionnaire a fait l'objet d'un sondage... ».

Le Questionnaire/Sondage se divise en 5 sections : le test, le diagnostic, les dépenses, les mesures et les négociations. Le dernier point s'adresse directement à la question des prochaines négociations dans la fonction publique.

Bien entendu ce Questionnaire/Sondage n'a aucune prétention scientifique. Cependant, précédé par une série de sept dossiers plus alarmistes les uns que les autres, l'orientation de ce faux débat est évidente. Elle vise à faire disparaître les acquis de la classe ouvrière et des larges sections du peuple québécois des 60 dernières années. C'est d'ailleurs ce que reflètent les suggestions des lecteurs qui ont été amenés à répondre aux demandes du Journal de Québec. Le but du journal était atteint : noircir la situation économique et sociale du Québec. Proposer la destruction de l'État québécois.

« Les finances publiques du Québec se trouvent dans une impasse. Soit le gouvernement coupe dans ses dépenses, soit il fouille dans vos poches, soit un peu des deux. »

M. Samson lance un appel aux Québécois. « Avez-vous des solutions ? », « Avez-vous des idées pour économiser ou trouver de nouveaux revenus ? », « Faites-moi parvenir vos pistes de réflexion. Nous sommes à la recherche de nouvelles idées pour alimenter le débat difficile qui s'en vient. » « Participez au débat ».

Les soi-disant solutions proposées par les lecteurs sont simplistes, déconnectées de la vie et de l'expérience des travailleurs québécois. Elles ne reflètent pas que le Québec est un État moderne, développé, avec une population instruite. Que le Québec est riche de ressources naturelles que les travailleurs ne demandent qu'à exploiter et transformer pour leur propre bénéfice et bien être.

L'approche adoptée par le Journal de Québec est centrée sur le capital. Elle ne prend pas en ligne de compte la totalité de la réalité économique et sociale du Québec. Elle oublie délibérément les actifs que possède l'ensemble des Québécois. Le facteur humain/conscience sociale est totalement absent.

Dans le cadre de la publication de ces 8 dossiers, le Journal de Québec demande à ses lecteurs de lui suggérer des moyens, des solutions pour sortir le Québec de la crise qui le guette et le menace. Voilà tout un revirement puisque de tout temps, le peuple québécois a été écarté des prises de décisions sur les orientations à donner à l'économie du Québec. Les décisions importantes pour son avenir étant toujours prisent derrière des portes clauses.

Avec la publication de ces dossiers dans le Journal de Québec et le faux « débat populaire », on découvre un nouveau visage de l'offensive antisociale menée par le gouvernement de Jean Charest.

Ça ne doit pas passer ! Le Québec nous appartient ! Une nouvelle direction pour le Québec !

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Les Québécois demandent une alternative pro-sociale face à l'endettement des finances publiques

Depuis plusieurs jours, le Journal de Montréal publie des articles sur les finances du Québec qui s'intitulent : « Les Québécois dans le rouge ». Aujourd'hui, ce journal a publié un sondage de 34 questions réalisé par Léger marketing auprès de 1059 personnes. La question posée était : « Afin de faire face aux défis de nos finances publiques au Québec, seriez-vous favorable ou défavorable à ce que l'on introduise les mesures suivantes ? » Les résultats reflètent la demande d'une alternative pro-sociale face à l'endettement des finances publiques. Voici quelques réponses aux questions demandées :

Augmenter significativement vos impôts sur le revenu : Oui 7 % / Non 91 %
Réduire considérablement les prêts et bouses aux étudiants : Oui 25 % / Non 70 %
Privatiser Hydro-Québec : Oui 24 % / Non 65 %
Augmenter significativement la TVQ: Oui 20 % / Non 77 %
Augmenter significativement votre facture d'électricité: Oui 11 % / Non 87 %
Augmenter significativement les impôts aux entreprises: Oui 70 % / Non 25 %
Ne plus subventionner les écoles privées: Oui 74 % / Non 22 %

Les Québécois ne veulent plus que le gouvernement prenne l'argent dans leurs poches, mais bien qu'il prenne l'argent dans les poches des entreprises. Quelques pages plus loin, le chroniqueur Richard Martineau se prononce sur le sondage. Il écrit : « [...] chers amis, certaines des "solutions miracles" que vous proposez m'apparaissent comme de très mauvaises idées. » Premièrement, il explique que le gouvernement ne peut pas arrêter de subventionner les écoles privées puisqu'elles augmenteront leurs frais et les membres de la classe moyenne ne pourront plus y envoyer leurs enfants. Deuxièmement, il est contre l'augmentation des impôts aux entreprises. Voici son explication :

« Sur papier c'est parfait [augmenter les impôts aux entreprises]. Mais en pratique, c'est une autre paire de manches. Primo, parce que les entreprises bougent. Si elles sont trop taxées ici, elles vont déménager ailleurs. Deuxièmement, les entreprises ne sont pas des organismes de charité. Elles doivent débourser plus d'argent ? Elles vont tout simplement refiler le montant aux citoyens en augmentant le prix des produits qu'elles fabriquent ou [...] en freinant la progression des salaires de leurs employés. Au bout du compte c'est nous qui allons finir par payer. »

Ce qui ressort de cette chronique est que Richard Martineau a une vision centrée sur le capital. Pour lui, les entreprises ont le dernier mot et on ne peut rien n'y faire. Nous ne pouvons donc pas avoir une alternative pro-sociale puisque les entreprises la bloquent. Avec cette vision centrée sur le capital, il ne peut pas dire aux lecteurs du Journal de Montréal : « Voici comment nous voulons financer le système public. Maintenant, nous devons discuter des mesures à appliquer afin d'y arriver. »

Au lieu d'inviter la population à discuter de cela, de trouver et de débattre des mesures à appliquer, il bloque la discussion complètement. Il ne pense aucunement des mesures possibles qui pourraient empêcher les entreprises de bouger ou d'augmenter leurs tarifs. La discussion permettrait de répondre à des questions comme celle-ci : Pourquoi les entreprises ont le dernier mot ? Pourquoi le gouvernement ne peut rien faire ? Quelles sont les mesures nécessaires afin de forcer les entreprises à payer plus ? Etc. La discussion permettrait d'élever la conscience sociale de tous les citoyens et de placer au centre de la discussion le facteur humain.

Puisque le Journal de Montréal ne fera probablement pas de suivi sur le sondage et n'amènera pas la population à discuter des mesures à appliquer afin de faire payer les entreprises. Je crois qu'il revient à tous ceux qui veulent une alternative pro-sociale de continuer la discussion au sein de leurs organisations afin d'amener des solutions aux problèmes du financement du système public.

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Vancouver

Félicitations aux travailleurs de HandyDart!

La nouvelle année nous a amené la bonne nouvelle d'une victoire pour la classe ouvrière à Vancouver et en Colombie-Britannique. Les travailleurs de HandyDART, membres de la section locale 1724 du Syndicat uni du transport (SUT), ont forcé par leur détermination et leur courage le monopole américain MV Transportation à accepter l'arbitrage exécutoire pour régler leurs différends sur les pensions, les salaires et les conditions de travail. Le Marxiste-Léniniste félicite chaleureusement et remercie les 525 membres de la section locale 1724 du SUT et leur direction qui n'ont pas dévié de leur position pendant leurs 67 jours de grève.

Les usagers de HandyDART et les travailleurs du transport adapté, qui constituent une section importante des travailleurs du transport en commun de la ville et de la province, sont devenus très inquiets en 2008 lorsqu'un monopole américain s'est emparé du service public et l'a privatisé par le biais d'une conspiration avec l'ex-PDG de Translink (le système de transport en commun de Vancouver) et le Parti libéral au pouvoir en Colombie-Britannique. Cette manoeuvre pour transformer un service public en un coffre au trésor pour un monopole étranger géant a profondément inquiété les travailleurs et leurs alliés de la province.

La pression est forte dans toute la province pour la forcer à accepter le diktat de l'Empire américain et de sa vision néolibérale de cupidité égocentrique. Chaque contingent de travailleurs et leurs alliés sont appelés à faire leur part dans la résistance et la lutte pour un ordre du jour alternatif centré sur l'être humain. Les travailleurs de HandyDART ont certainement fait leur part en paroles et en actes pour le développement d'une alternative et la population leur est reconnaissante de leur courage à défendre leurs droits et les droits des passagers du transport adapté. Ils ont fait savoir très clairement qu'un service public, les mots le disent, doit être un service public où tout le revenu doit être remis dans le service pour l'améliorer et améliorer les conditions de vie des travailleurs qui dispensent le service.

Pas un sou du revenu du service public ne doit être accaparé par les parasites qui vivent du travail des autres ! Pas un sou du service public ne doit quitter la ville ou la province ! Les services publics et les programmes sociaux sont un aspect crucial et toujours plus nécessaire de l'économie socialisée. La privatisation est une forme de corruption officielle pour remplir les poches des capitalistes monopolistes au détriment de la population.

L'ancien conseiller municipal de Vancouver Tim Louis, un membre fondateur et un usager du service de transport adapté HandyDART, a fait remarquer que pendant les 27 années où le système public de transport adapté a été organisé et géré par une coopérative d'usagers, la coopérative n'a jamais refusé de négocier avec ses employés et qu'elle n'a jamais retiré d'argent du service pour le gain personnel. La coopérative travaillait pour amalgamer à long terme le système de transport adapté de HandyDART avec le système général de transport en commun Translink, mais ce programme a été saboté en 2008 quand le contrat de la coopérative a été donné à un monopole américain.

Le tissu social est en train d'être détruit par la vision néolibérale centrée sur le capital, selon laquelle la population, les ressources et les moyens de production du Canada doivent servir les objectifs étroits des propriétaires du capital. On pourrait en rire, si ce n'était pas si tragique, de voir un monopole américain faire irruption en Colombie- Britannique et transformer un service aussi vital pour ceux qui ont besoin de travailleurs et d'équipement spéciaux de transport adapté en une vache à lait pour des intérêts privés. Quelle absurdité et quel assaut contre la personnalité humaine ! Nos félicitations une fois de plus aux membres de la section locale 1724 pour avoir dénoncé et combattu ce comportement irrationnel des riches et des privilégiés et avoir hissé la bannière d'un système de transport adapté intégré au système général de transport en commun, un système public qui ne fonctionne pas pour le profit et où les passagers et les travailleurs sont traités avec le respect et la dignité qui leur revient, où les passagers jouissent d'un service public qui s'améliore constamment et où les travailleurs reçoivent des pensions, des salaires et des conditions de travail à un standard canadien.

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