
La prorogation du Parlement
- Anna Di Carlo* -
Avec
la prorogation du Parlement, le gouvernement
conservateur de Stephen Harper met encore une fois au défi
l'impuissante opposition de provoquer une élection, parce
qu'il
est convaincu qu'il peut remporter une majorité cette
fois-ci.
On entend partout dire que Harper fait un travail merveilleux
pour
l'économie, qu'il défend l'armée
canadienne et qu'il protège la sécurité du
Canada,
avec pour effet de bloquer toute discussion sur l'annexion de
l'économie et des institutions démocratiques du
Canada
aux États-Unis des Monopoles de l'Amérique du Nord.
Les
conservateurs protégeraient l'armée et la
sécurité du Canada contre la déloyale
opposition.
C'est ainsi que se joue encore
une fois un scénario pour aligner les Canadiens d'un
côté ou de l'autre de ces regroupements partisans,
avec
comme démarcation la ligne qui sépare ceux qui sont
pour
« la défense de notre Parlement »
contre
ceux qui sont pour « la défense de nos troupes
et de
la sécurité du Canada ».
La saga de la prorogation et du parlement
dysfonctionnel
fait ressortir la lutte de factions pour le pouvoir, les
positions et
les privilèges au sein du système de
partis-cartels, sans
égard aux conséquences. Les partis se livrent cette
bataille en vue des prochaines élections, par lesquelles
ils
vont tenter encore une fois de déterminer lequel d'entre
eux présidera aux plans antisociaux et antinationaux de
l'oligarchie financière. Cette bataille pour des fins
intéressées, les périodes de crise et
d'apaisement
qui se succèdent selon que les partis parviennent à
régler leurs différends temporairement
derrière
des portes closes, leur défense du droit de monopole
à
l'heure de la détérioration de
l'économie, tout cela ne fait que saper encore et encore
la
légitimité des institutions politiques du Canada.
Cela
montre la séparation qu'il y a entre les citoyens, qui
veulent
que le Parlement soit un instrument à leur disposition
pour
régler les problèmes auxquels le pays fait face,
dans
l'esprit de l'édification nationale, et les pouvoirs en
place
qui
cherchent à se sortir de l'impasse dans laquelle ils se
trouvent.
La prorogation
« routinière » de Harper est
également un aveu que les cercles dominants n'ont pas de
solution à la crise constitutionnelle et au
déséquilibre politique, autre que de concentrer
davantage
le pouvoir décisionnel entre les mains des
éléments non élus les plus influents, sous
prétexte que c'est pour sauver le pays contre
l'« instabilité politique ». Tous
ceux qui
leur barrent la route sont des traîtres à la nation
et des
ennemis de la sécurité, ou des gens
détachés des réalités
économiques
d'aujourd'hui. Cette logique ne doit pas passer !
L'utilisation de la Prérogative royale pour
proroger le Parlement est un aspect de la concentration du
pouvoir
politique entre les mains de quelques-uns. Cette concentration se
manifeste entre autres dans les congédiements
systématiques dans la fonction publique, le
non-renouvellement
de contrats des dirigeants des agences d'État qui ne se
soumettent pas à ce gouvernement arrogant et l'annulation
du
financement des organisations dont l'action va à
l'encontre de
ce que veut faire le gouvernement Harper. Elle se manifeste aussi
par
la criminalisation des travailleurs et de ceux qui luttent pour
leurs
droits, les campagnes de dénigrement contre eux, et aussi
parfois contre des députés,
tout en invoquant toujours les plus nobles idéaux et les
intérêts supérieurs que les simples citoyens
ne
comprendraient pas mais qui doivent être
protégés
contre ce que Harper appelle l'« instabilité
politique ». Les gens sont très inquiets devant
ces
manifestations d'arrogance et cherchent les moyens de les
repousser.
Selon le fonctionnement normal du scrutin
uninominal
majoritaire à un tour, un gouvernement minoritaire comme
celui
de Stephen Harper est censé être un gouvernement
faible
forcé d'agir de façon conciliante avec les autres
partis
politiques à la Chambre pour survivre et faire fonctionner
le
gouvernement. Les Canadiens apprennent à l'école
qu'un gouvernement minoritaire est toujours à l'avantage
du
peuple, puisqu'il ne peut pas gouverner sans tenir compte des
opinions
des partis de l'opposition, comme quand un gouvernement
majoritaire
déclare avoir un incontestable « mandat de
gouverner ». Or, les Canadiens ont maintenant affaire
à un gouvernement minoritaire qui
gouverne sans opposition lorsqu'un des partis de l'opposition
calcule
qu'il sera favorisé dans les sondages s'il vote du
côté du parti au pouvoir. Sinon, si l'opposition
semble
unie, il met tout simplement la clé dans la porte du
Parlement.
Évidemment, l'arrogance du gouvernement et son
mépris
pour la fonction de la Chambre des communes sont le
problème immédiat et la défaite du
gouvernement
Harper est à l'ordre du jour. Mais comment faire ?
Comment
défait-on le gouvernement Harper en l'absence d'une
opposition
officielle qui est une alternative ? Pour trouver la
solution, il
faut revoir les événements et développements
qui
nous ont amenés où nous sommes aujourd'hui et
voir ce qui pourrait créer une situation nouvelle. Les
Canadiens
veulent défaire le gouvernement Harper, mais ils veulent
aussi
changer le système politique et électoral en crise
qui
donne naissance à des gouvernements comme celui-là,
le
changer de manière à s'investir eux-mêmes du
pouvoir de décider.
Le problème, c'est que les partis
politiques
présents à la Chambre des communes résistent
aux
demandes de renouveau démocratique dans le sens d'investir
l'électoral du pouvoir, même quand il s'agit de
revendications aussi élémentaires que la
représentation proportionnelle pour que la distribution
des
sièges soit plus équitable. Ils portent
l'entière responsabilité de la crise politique et
constitutionnelle. La marginalisation des députés
à la Chambre fait partie de ce désinvestissement de
l'électorat. Pour détourner l'attention du besoin
de
réformes qui renouvellent la démocratie, on nous
répète sans arrêt que le Canada est
« la
meilleure démocratie au monde ». Qu'il s'agisse
des réformes libérales de Jean Chrétien,
instituées au nom de l'« élimination de
l'influence indue de l'argent » en augmentant la
subvention
des partis politiques par l'État, ou de la loi de Stephen
Harper
sur des élections « à date
fixe »
ou de la Loi sur la responsabilité, toutes deux
fausses, les partis politiques à
la Chambre des communes ont collaboré à l'apport de
modifications au processus électoral qui nient le besoin
de
réformes investissant le peuple du pouvoir, pour que les
citoyens puissent exercer pleinement leur droit d'élire et
d'être élu et d'avoir leur mot à dire sur la
direction de la société.
Il n'est pas fortuit que les partis à la
Chambre
des communes se soient regroupés en une coalition
l'année
dernière pour bloquer la proposition de Stephen Harper de
retirer le financement public des partis sur la base du nombre de
votes
reçus. Ils ont dit que c'était une attaque contre
la
démocratie. La menace d'éliminer cet
élément essentiel du
nouveau système de partis cartels, qui aurait
été
à l'avantage du Parti conservateur en raison de sa forte
base
financière parmi les groupes évangélistes,
était une atteinte aux nouvelles règles
d'élections « libres et
équitables » dominées par des
cartels.
À mon avis, la crise de
crédibilité
des partis politiques au Parlement et de leur prétention
de
représenter des alternatives a été un
facteur
important dans le désengagement des citoyens par rapport
au
processus politique. Dans le système actuel les partis
sont le
mécanisme de base de la participation aux affaires
politiques.
Mais ils traitent de plus
en plus l'électorat comme une masse votante à
manipuler
par le marketing. Plus ils parlent de réformes
démocratiques, plus il devient évident que pour
eux, cela
veut dire recourir aux nouvelles technologies de l'information
pour
établir un rapport de seul à seul entre l'individu
et la
direction du parti. En fait, l'individu est mis en contact avec
le
gars qui s'occupe du marketing ! La crise des partis
bourgeois en
tant que partis de masse se constate dans le fait qu'ils n'ont
pas
besoin de membres à part les votes pour les courses
à la
direction. Et d'ailleurs ils ont commencé à mettre
en
place un processus de vote par Internet, comme pour
l'émission American
Idol. L'appareil
décisionnel des partis politiques se retrouve encore une
fois
davantage concentré entre les mains de quelques-uns dans
les
échelons supérieurs, lesquels mènent leurs
campagnes grâce à de généreuses
subventions
de l'État : ils embauchent des conseillers en images
publiques et des firmes de marketing et ils achètent et
déploient des systèmes
d'exploration de données pour mieux cibler leurs campagnes
de
mise en marché.
Il est on ne peut plus clair que la conception et
la
théorie de la suprématie du Parlement et de la
redevabilité du gouvernement envers les
députés
à la Chambre des communes ne correspondent plus à
la
réalité de la situation, le processus
électoral et
politique étant aujourd'hui dominé par les partis
politiques et les députés étant responsables
non
pas envers l'électorat mais envers les partis. On ne
réglera rien en réduisant tout cela à une
affaire
de comportement de Stephen Harper, parce que les libéraux
ne
sont pas différents et que les
néo-démocrates sont
de plus en plus perçus comme des libéraux en
herbe.
Il faut rejeter tous les partis politiques qui
refusent
de reconnaître au départ que le pays est aux prises
avec
une profonde crise constitutionnelle, politique et
électorale,
et surtout ceux qui cherchent à détourner le peuple
de la
recherche d'une solution. Les manoeuvres et les promesses
d'être
« plus responsables » à l'avenir ne
vont
pas rétablir la crédibilité et la
légitimité du système démocratique
échoué, sans parler de le faire fonctionner dans
l'intérêt du peuple. Nous devons rejeter
l'interprétation dogmatique du fonctionnement de la
démocratie et nous unir dans la discussion sur la
réalité actuelle et sur les nouveaux arrangements
constitutionnels qu'il faut pour investir le
peuple du pouvoir de décider.
Comme le dit la déclaration du PMLC sur la
prorogation du Parlement : « Le PMLC appelle les
travailleurs, les femmes, les jeunes et toutes les personnes
à
l'esprit démocratique à intensifier leur lutte pour
le
renouveau démocratique pour que l'opposition populaire
à
la destruction nationale mène à la création
d'une
opposition
politique effective et viable qui bloquera la régression
et nous
entraînera dans un projet d'édification nationale
pour
résoudre les crises politique et constitutionnelle
à
l'avantage du peuple. Il faut pour cela des Comités pour
le
renouveau démocratique qui unissent la classe
ouvrière et
ses alliés en une opposition politique effective, la seule
force
sociale capable d'apporter une alternative au système
corrompu
de partis-cartels et au pouvoir néolibéral qui
déraille et qui échappe à tout
contrôle. »

Que faire à propos de la démocratie
canadienne hors contrôle
- Entrevue, Sandra L. Smith -
LML : Le Parti
marxiste-léniniste du Canada s'oppose
catégoriquement
à l'utilisation de la Prérogative royale par
Stephen
Harper pour proroger le parlement. Pouvez-vous expliquer cette
position ?
Sandra L. Smith : Au niveau le plus
élémentaire, nous nous opposons
catégoriquement
à la tyrannie, à l'utilisation de l'impunité
et
à l'invocation de « circonstances
exceptionnelles » pour servir les
intérêts de
l'empire américain, des monopoles étrangers et les
plans
qui ne profitent pas au Canada et à son
peuple.
Nous sommes aussi préoccupés par
l'approfondissement de la crise politique et constitutionnelle.
Comme
d'autres, nous aimerions voir le parlement fonctionner mais
qu'est-ce
que ça veut dire exactement ? Fonctionner pour qui et
pour
quoi ? Quelles mesures concrètes vont faire en sorte
que le
parlement fonctionne ?
La prorogation du parlement est une énigme.
Elle
montre d'abord et avant tout à quel point notre
système
parlementaire est devenu inefficace. Crier à
« la
trahison de notre démocratie » ne changera pas
le
fait qu'il n'y a pas d'opposition effective au Parti au Pouvoir
et
que
tous les autres partis à la Chambre sont pris à
représenter un
pourcentage minoritaire de l'électorat.
En dépit de sa prétendue base
évangélique monolithique, le Parti au Pouvoir reste
pris
en territoire minoritaire. Puis, ce qui est censé
être
l'opposition est divisé en factions parlementaires : les
libéraux et le NPD dont l'appui extraparlementaire –
les
adhérents – est aussi pris dans un pourcentage
minoritaire,
tandis que le Québec demeure hors
d'atteinte pour les partis dits majeurs à cause de
l'échec à résoudre la crise
constitutionnelle.
La crise constitutionnelle a atteint un point
critique
avec le rapatriement de la constitution de 1982 sans accommoder
la
nation du Québec. Elle s'est depuis répandue au
processus
politique et électoral. La crise du système
politique et
électoral s'est approfondie parce que le système
selon
lequel la Loyale Opposition est censée constituer une
alternative au Parti au Pouvoir ne fonctionne plus. Les
Québécois refusent d'être
représentés
à la Chambre des communes par les partis qui ont
appuyé
ce rapatriement de la Constitution en 1982. À
l'élection
de 1993, l'ancien Parti conservateur n'a récolté
que 3
sièges, et ç'a été sa perte. Le Bloc
québécois a formé l'Opposition officielle,
ce qui
voulait également dire la mort de la théorie de la
gouvernance et du système qui lui correspond, dans lequel
les
électeurs qui ne sont pas représentés par le
Parti
au Pouvoir étaient représentés par
l'Opposition
officielle.
Le Parti libéral a formé des
gouvernements
majoritaires sous Jean Chrétien, mais son refus de
renouveler le
processus politique sur une base démocratique, de
manière
à investir le peuple du pouvoir souverain, l'a
entraîné dans la désintégration
publique que
l'on sait, qui n'a pas été très jolie. Les
interventions grossières de Chrétien dans les
affaires du Québec, comme avec le
« Rassemblement
pour l'unité » à Montréal pour
subvertir le référendum du Québec, ont
été suivies du scandale des commandites avec les
enveloppes brunes qui changent de mains puis de
l'éclatement
d'une
guerre intestine entre Chrétien et Paul Martin. Puis
Chrétien a tenté d'en finir avec le scandale des
commandites en introduisant une réforme de la loi
électorale, mais celle-ci ne faisait qu'accroître
les
subventions publiques aux partis parce qu'ils n'ont pas d'appui
de
masse et qu'ils sont incapables de s'autofinancer. Les
libéraux ont ensuite fait plusieurs promesses de renouveau
mais
elles se
sont toutes soldées par le statu quo puisqu'ils ont
élu
Stéphane Dion comme nouveau chef, un ennemi
déclaré du renouveau constitutionnel et de
l'avènement d'un État moderne dans lequel le peuple
est
investi du pouvoir de décider. Après cet
échec, la
faction Jean Chrétien, Bob Rae et Power Corporation de
Desmarais
a tenté de former une coalition parlementaire avec le NPD
et le
Bloc pour défaire
Stephen Harper. La tentative a échoué car l'aile
droite
du Parti libéral, dont John Manley était devenu le
représentant, s'y opposait. Il y a eu une espèce de
coup
d'État au sein du parti pour imposer le
réactionnaire
pro-torture et pro-empire Michael Ignatieff comme nouveau
patriarche,
mais son étonnante ignorance de ce que veut dire
représenter le
Canada l'a rendu encore plus inepte comme chef que
Stéphane Dion
et son chien Kyoto !
Pendant ce temps Stephen Harper se complait dans
l'absence d'une opposition et fait tout ce que lui dicte sa
conscience
évangélique et le
« dominionisme ».
Bien sûr que les Canadiens veulent
« que le parlement fonctionne » mais il ne
fonctionnera pas, parce qu'il ne le peut pas. Le système
parlementaire était basé à l'origine sur des
accommodements raisonnables entre différentes factions
bourgeoises. C'est pourquoi dans le passé, lorsqu'il y
avait un
gouvernement minoritaire, les
partis de l'opposition pouvaient en effet faire contrepoids au
gouvernement minoritaire et il a même été
possible
de faire adopter des choses comme l'assurance-maladie. Mais
aujourd'hui
nous avons un système de « partis
cartels » où les partis s'arrangent pour
fonctionner
avec des subventions de l'État, des accords secrets, etc.
Leurs
intérêts fractionnels sont si enchâssés
que
même s'il était évident que la coalition
était la seule façon de faire contrepoids au
gouvernement
Harper, elle a été incapable de se
coaliser ! L'« aile droite » du Parti
libéral veut rivaliser avec Harper pour le pouvoir. Son
programme est essentiellement le même, du moins pour ce
qui est des politiques de payer les riches et de l'annexion du
Canada
à la machine de guerre des États-Unis. Elle n'a pas
permis que la coalition se forme. L'« aile
gauche », qui est à l'origine de l'idée
de
former une coalition, s'est retrouvée en face d'un NPD
lui-même divisé entre une « aile
droite » constituée de libéraux
en herbe et d'une « aile gauche » de
« travail à la base » qui a en
horreur
l'idée de se retrouver dans le même lit que les
libéraux. D'ailleurs, le Parti libéral et le NPD
sont si enracinés dans le chauvinisme canadien
anglais
qu'ils n'ont même pas pu résister aux
accusations
démentielles des harperistes à propos de
leur « pacte avec le diable
séparatiste ».
Une coalition parlementaire sérieuse aurait
requis des mesures sérieuses. Il aurait fallu que les
partis
s'entendent pour présenter un seul candidat dans chaque
circonscription pour élire une opposition effective,
plutôt que de tout simplement vouloir se partager les
postes
ministériels en fonction du rapport de force. En fait, ils
auraient pu élire un
gouvernement majoritaire. Mais la coalition s'est
effondrée.
L'affaire s'est terminée de façon si pitoyable que
Stephen Harper s'est retrouvé dans une situation de force,
sans
opposition à toute fin pratique, et il peut maintenant se
prévaloir de la Prérogative royale pour proroger le
parlement une deuxième fois, en plus de nombreux autres
abus de
pouvoir.
LML : Pourquoi n'a-t-il pas
été possible de former une coalition ?
SLS : Regardez les manifestations que
les
forces de la coalition ont tenté d'organiser à
l'échelle du pays l'année dernière, quand
elles
voulaient
prouver
à la gouverneure générale que la coalition
représentait une majorité légitime et
devrait
être invitée à former le gouvernement. Ces
partis
n'ont pas été capables de rassembler un appui
convaincant parce qu'ils ne sont pas des partis de masse, ils
n'ont pas
un appui de masse. Cela rappelle le référendum sur
l'Accord de Charlottetown en 1992. La majorité des
Canadiens
cherchaient de l'information sur ce qui se passait. Ils voulaient
participer à la formulation de l'ordre du jour et pas
seulement
voter pour ou contre un accord
conclu derrière des portes closes. Ils ne voulaient pas se
rallier derrière une faction ou une autre. Durant le
référendum notre Parti a fait un grand effort pour
informer les électeurs sur les enjeux et les engager dans
le
débat, et l'année dernière également.
La
coalition n'a rien fait de tout cela. Ce n'était rien
d'autre
qu'un feu de paille. Certains
étaient si désespérés qu'ils ont
donné dans la logique de George Bush :
« Ou bien
vous êtes avez nous, ou bien vous êtes avec Stephen
Harper.
C'est maintenant ou jamais. » Eh bien, ce
n'était pas
« maintenant » et quant à
« jamais », nous assistons maintenant
à la
deuxième tentative. Cette fois-ci elle se fait avec
la méthode Twitter et elle orchestrée par les
agences de
marketing qui ont inventé la campagne Obama aux
États-Unis, maintenant devenue la méthode
préférée de tous les partis politiques qui
vivent
des subventions de l'État. En passant, les libéraux
comptent faire une sortie triomphale de leur crise
d'identité
avec les technologies comme Twitter, qu'ils
disent représenter un renouveau du processus politique,
même si elles écartent le citoyen du processus
décisionnel et l'entraînent dans un cul-de-sac sans
retour.
LML : On dit que le groupe
sur
Facebook « Canadiens contre la prorogation du
parlement » compte 200 000 membres. Ce serait plus que
tous
les partisans des partis politiques
« majeurs »
pris ensemble. Qu'en pensez-vous ?
SLS : Ça montre qu'il y a
très
peu de Canadiens qui sont membres de partis politiques ! Ces
chiffres sont cités pour montrer l'importance d'organiser
sur
Facebook, comme force démocratique. On dit aussi
qu'environ deux
fois plus de personnes ont regardé la première
émission de saison de American Idol
que le nombre de votes total aux dernières
élections
fédérales, mais ces chiffres n'expliquent pas
grand-chose. Sans vouloir rien reprocher aux jeunes non partisans
qui
participent à cet effort d'organisation, il est
évident
que les nouvelles technologies doivent être mises au
service d'un
projet. Faire de Twitter un nouveau processus politique ne nous
donnera pas un processus politique démocratique moderne,
ni
faire voter les gens pour faire grimper les chiffres pour se
comparer
à une émission de télévision.
En fin de compte, il reste que le problème
de
base avec ces rassemblements et ces organisations basées
sur les
nouvelles technologies est que si le but n'est pas clair,
où le
processus entraîne-t-il tout ce monde là ? Les
rassemblements expriment l'opposition à la prorogation de
Harper. Très bien. C'est très nécessaire.
Mais de
là à dire que
la démocratie va être rétablie en
révoquant
la prorogation, c'est contourner le problème parce qu'il
faut
voir pourquoi la démocratie a été
détournée et par qui. Quelles sont les forces
sociales
derrière et qu'espèrent-elles accomplir ? Sans
répondre à ces questions de base, les
rassemblements et
les regroupements sur Facebook ne vont pas
rétablir la démocratie. S'ils le pouvaient, le
Stephen
Harper qui a été si châtié
l'année
dernière ne continuerait pas aujourd'hui ses
méthodes
tyranniques.
Pour ce qui est des rassemblements, beaucoup de
ceux qui
y participent s'opposent sérieusement à la
tentative du
gouvernement Harper d'établir un état d'exception
permanent, dans lequel il peut faire ce qu'il veut au nom de la
sécurité nationale et autres nobles idéaux,
mais
certains éléments voudraient faire croire qu'on
peut
créer une base de
masse à partir de rien. Ce n'est pas réaliste. Il
faut un
projet sérieux d'édification nationale pour
constituer
une opposition sérieuse. Seule la classe ouvrière
peut
mener un tel projet à bien parce que les travailleurs sont
les
producteurs de la richesse du Canada ; ils ont
intérêt à s'opposer à la destruction
nationale, à défendre nos ressources et
le secteur manufacturier, ils veulent assurer un avenir à
leurs
enfants et la sécurité pour les aînés
et
pour eux-mêmes quand ils seront à la retraite. C'est
aussi
simple. Entre les mains de la classe ouvrière, le pouvoir
décisionnel servira le peuple et établira les
rapports
commerciaux et entre États sur la base de l'avantage
réciproque. Les factions
politiques de la classe dominante présentement à la
Chambre des communes peuvent dire n'importe quoi à propos
de la
prorogation et de Harper en général parce qu'en ce
moment
la classe ouvrière se prive du pouvoir politique. Si l'on
prend
l'analogie du conte d'Andersen sur les habits neufs de
l'Empereur,
c'est la classe ouvrière qui est nue, pas
l'empereur. La classe ouvrière n'est pas organisée
dans
ses propres intérêts, elle est nue et sans pouvoir
mais
elle est supposée croire qu'elle porte un beau costume si
elle
agit comme auxiliaire du Parti libéral ou du NPD et du
Bloc.
Elle se leurre si elle croit que l'empereur est tout nu car ce
sont les
travailleurs qui sont nus et sans pouvoir. Oui, il
est vrai que ceux qui sont au pouvoir sont exposés quand
ils
font des choses comme proroger le Parlement, mais ils ont tout le
pouvoir dont ils ont besoin et s'en sauvent, tandis que la classe
ouvrière n'a pas de pouvoir politique pour les
arrêter en
ce moment. On a beau maudire Stephen Harper tant qu'on voudra,
mais
cela montre que la classe
ouvrière est sans pouvoir. Il ne s'agit pas de convaincre
Harper
de changer sa façon de faire, il s'agit que la classe
ouvrière assume son rôle dirigeant dans la
société.
Que proposent les libéraux et le NPD pour
faire
fonctionner le parlement ? Par exemple, Michael Ignatieff
répète que les Canadiens ne veulent pas d'une
élection, ils veulent une alternative. C'est stupide. Si
Ignatieff et les libéraux étaient une alternative,
pourquoi ne voudrait-on pas d'une élection ? Au
Canada les
élections servent
ou bien à réélire le gouvernement, ou bien
à élire une alternative. Où est
l'alternative ? Jack Layton affirme quant à lui que
les
Canadiens veulent un parlement qui fonctionne. Eh bien, il ne
fonctionne pas ! Quelle analyse fait-il de la
situation ? Il
n'en fait aucune. Il se contente de blâmer Stephen Harper
et
maudit le fait que la
coalition ne s'est pas coalisée parce qu'il a vu s'envoler
ses
chances d'obtenir les postes ministériels qu'il
convoite.
LML : Que faut-il faire dans
ce
cas-là ? Quelle est l'alternative à votre
avis ?
SLS : Il est important que les
travailleurs,
les jeunes, les femmes et les autres qui se soucient de l'avenir
discutent entre eux. Laisser un processus politique Twitter
dominer
parce que c'est une technologie jeune et moderne, c'est permettre
que
la discussion soit manipulée pour servir des motifs
cachés. Si les travailleurs
établissent un ordre du jour qui commence avec le besoin
de
constituer eux-mêmes le gouvernement, ils peuvent profiter
au
maximum des nouvelles technologies, mais en soi ces technologies
ne
constituent pas un processus politique démocratique.
L'excitation inutile et Twitter peuvent être fatals pour
l'effort
pour investir le peuple du pouvoir
souverain. Vous n'avez qu'à regarder le chaos
créé
par les révolutions colorées en utilisant ces
nouvelles
technologies en Europe de l'Est et dans les anciennes
républiques soviétiques.
Les travailleurs sont déjà en train
de
renforcer leur conscience et organisation dans la lutte contre
l'offensive antisociale. La demande que l'économie soit
subordonnée aux besoins des producteurs et de leur
société est déjà très
répandue. Les travailleurs s'opposent avec militantisme
aux
politiques pour payer les riches et servir le droit de
monopole. Ils s'opposent à la poussée de la classe
dominante en faveur de l'annexion et de la guerre. Et maintenant,
en
plus, ils s'organisent en comités pour le renouveau
démocratique dans le but explicite de se persuader qu'ils
doivent diriger le Canada. Ils doivent se présenter aux
élections pour former le gouvernement. Cela commence avec
l'objectif de défaire le gouvernement Harper en formant
une
opposition parlementaire officielle alternative. Une fois qu'ils
se
seront persuadés, qu'ils auront établi les
comités
pour le renouveau démocratique et formé
l'opposition, ils
n'auront qu'à passer à la prochaine étape et
former le gouvernement ! Cela peut se faire parce que cela
doit
se faire !
LML : Alors l'alternative est
que
les travailleurs trouvent les moyens de se faire
élire ?
SLS : Oui. Ils doivent se persuader
qu'il
n'y a pas d'alternative dans le système de partis-cartels.
S'ils
continuent de jouer le jeu du parti-cartel, ils vont rester nus
et sans
pouvoir. Pour créer une alternative ils doivent
créer une
nouvelle équation, parce que tous ces partis politiques
bourgeois sont eux-mêmes en crise. Ils sont
incapables d'analyser. Pour eux tout se réduit à
des
tautologies, comme dire que la cause de la pauvreté est le
manque d'argent. Ce n'est pas une analyse. Analyser, c'est
reconnaître que la cause de la pauvreté est le
système d'exploitation et d'oppression mangeur d'homme et
voir
ce les travailleurs peuvent faire exactement pour changer la
situation. C'est la même chose pour ce qui est de
renouveler la
démocratie. Il n'est pas suffisant de dire que la
prorogation
est une mauvaise chose et que Harper devrait changer sa
façon de
faire. Il faut une autre vision de la démocratie, une
autre
façon de choisir les candidats, il faut financer le
processus
plutôt que les partis et tous les autres
aspects doivent être discutés et
réalisés.
Ce sont les travailleurs et ceux qui se regroupent dans les
Comités pour le renouveau démocratique qui peuvent
et
doivent devenir l'opposition officielle en pratique et ensuite
former
le gouvernement. Faire le premier pas, avec la discussion et
l'organisation, c'est ce que signifie occuper l'espace du
changement. Les mineurs, les métallos, les dispensateurs
des
services publics et tous les Canadiens qui travaillent sont
déjà engagés corps et âme dans une
bataille
à finir pour déterminer quelle définition de
la
démocratie aura le dessus.
LML : Que proposez-vous
à
ceux qui participent aux rassemblements ?
SLS : Ceux qui sont sérieux
doivent
se poser la question : quelle est la prochaine
étape ?
Nous les appelons à s'attaquer au problème le plus
pressant pour l'ensemble du corps politique : créer
l'alternative nécessaire pour apporter une solution
à la
crise politique et constitutionnelle. Tout le pays est
plongé
dans une grave crise politique et constitutionnelle. Ce n'est pas
seulement la prorogation, le système de partis-cartels est
lui-même en crise. Il faut discuter sérieusement des
causes sous-jacentes. Crier « Sauvez notre
démocratie » sans se poser de question sur
cette
démocratie et comment la renouveler ne peut pas être
considéré comme
une action sérieuse.
Il existe un important mouvement parmi les
Canadiens
autour de la question : « Quelle
démocratie ? » et qui répond :
« Notre démocratie ! » Il a
déjà rejeté cette démocratie qui a
institué le droit de monopole dans les affaires
économiques et toutes les affaires de l'État et qui
supplante le droit
public. Il rejette cette démocratie qui est devenue hors
contrôle et pose la question : comment
« sauver » une démocratie qui est
hors
contrôle ? On ne la sauve pas. On bâtit une
alternative, une démocratie renouvelée !
J'appelle
les travailleurs et tous ceux et celles qui se préoccupent
de
l'échec de cette démocratie
hors contrôle à joindre leurs efforts pour
bâtir des
Comités pour le renouveau démocratique. Ensemble
bâtissons une opposition officielle ouvrière.

Lettres à la réaction
La deuxième prorogation du Parlement par
les
conservateurs de Stephen Harper en un peu plus d'un an met en
évidence l'urgence pour la classe ouvrière et ses
alliés d'intensifier leur travail pour se constituer en
l'opposition.
(signé)
La prorogation du Parlement l'année
dernière sur des fondements constitutionnels douteux avait
pour
but d'éviter un vote de non-confiance à la Chambre
des
communes, et cette fois-ci M. Harper voulait mettre fin aux
travaux de
la commission sur le rôle du gouvernement canadien dans la
soumission des détenus afghans à la torture. Harper
nie
tout cela, mais le prétexte qu'il invoque (qu'il a
prorogé le Parlement pour le
« recalibrer » et se concentrer sur
l'économie) est tout aussi contestable, car cela veut dire
qu'il
veut se réunir à huis clos avec sa poignée
de
conseillers pour trouver comment intensifier l'offensive
antisociale
néolibérale.
(signé)

À titre d'information
L'état des affaires courantes
du gouvernement
lors de la prorogation
La prorogation du Parlement signifie que tout
projet de
loi qui a été déposé est
écarté et que la nouvelle session du Parlement
recommence
à zéro, la première procédure
étant
la lecture d'un discours du Trône le 3 mars, le
troisième
depuis qu'Harper a accédé au pouvoir en janvier
2006.
Cela signifie que tous les comités parlementaires et
sénatoriaux sont de nouveau constitués et que les
affaires courantes traitées dans ces comités lors
de la
précédente session sont terminées.
Cependant, selon les règles parlementaires,
une
motion pour la présentation de documents par le
gouvernement
dans l'affaire des détenus Afghans demeure en vigueur au
moment
de la prorogation et les membres du cabinet Harper peuvent
être
reconnus coupables de mépris envers le Parlement lors de
sa
convocation s'ils continuent de refuser
de se conformer avec la motion adoptée le 10
décembre.
Dans tous les cas, le gouvernement conservateur Harper est
clairement
déjà coupable de mépris envers le Parlement,
ayant
qualifiés tous ceux qui veulent établir les faits
au
sujet des détenus Afghans de traîtres et d'ennemis
de
l'État, insistant pour que tout document confidentiel ne
soit
confié à personne d'autre que le Conseil
privé. De
plus, ils ont déclaré que le rôle du Canada
dans la
sujétion des détenus Afghans à la torture
n'est
« pas sur le radar » pour les
Canadiens.
Étant donné la motion ordonnant au
gouvernement Harper de produire les documents requis dans une
forme non
censurée, étant donné que cette motion n'est
pas
annulée par la prorogation et étant donné le
refus
continuel du gouvernement Harper de produire les documents, tout
parlementaire peut soulever une question de privilège
accusant
le
ministre responsable de mépris envers la Chambre
aussitôt
que la prochaine session débute. Puisque ce gouvernement a
développé un penchant pour déférer
les
affaires politiques aux tribunaux pour justifier
l'impunité
(bien qu'il refuse de tenir compte des décisions de la
cour
lorsque cela fait son affaire, comme dans le cas d'Omar Kadr,
entre
autres) et a aussi établi l'habitude de défier et
miner
les institutions indépendantes du Parlement, cette
question sera
vraisemblablement résolue devant les tribunaux, avec pour
conséquence d'accentuer le rôle secondaire du
Parlement
dans la gouvernance du pays.
Lors d'une entrevue au Business News
Network
le 11 janvier, Harper a dit : « Je pense que nous
représentons le système constitutionnel le moins
ininterrompu au monde. Je pense que les jeux débuteront
lorsque
le Parlement siégera et que le gouvernement peut prendre
maintenant le temps de faire le travail important
pour préparer à l'avance l'ordre du jour
économique ». Les
« jeux »
auxquels Harper fait référence ne sont pas les
Olympiques
mais les procédures du Parlement. Selon Harper, le
Parlement
n'est rien et la seule chose importante pour son cabinet est de
diriger
les affaires impunément, au nom des monopoles, pour
remettre le
Canada sur la voie de la droiture.
Ce qui suit est le statut des affaires courantes
du 40e
Parlement au moment de la prorogation, le 30 décembre
2009 :
Chambre des Communes
C-6 - Loi canadienne sur la sécurité
des
produits de consommation (approbation des amendements du
Sénat)
C-8 : Loi sur les foyers familiaux situés
dans les réserves et les droits ou intérêts
matrimoniaux (deuxième lecture)
S-8 Loi mettant en oeuvre des conventions et des
protocoles conclus entre le Canada et la Colombie, la
Grèce et
la Turquie en vue d'éviter les doubles impositions et de
prévenir l'évasion fiscale en matière
d'impôts sur le revenu (deuxième lecture)
C-13 Loi modifiant la Loi sur les grains du Canada
(deuxième lecture)
C-15 Loi modifiant la Loi réglementant certaines
drogues et autres substances (approbation des amendements du
Sénat)
C-19 Loi modifiant le Code criminel (investigation et
engagement assorti de conditions) (deuxième lecture)
C-20 Loi concernant la responsabilité civile et
l'indemnisation des dommages en cas d'accident
nucléaire
C-23 Loi de mise en oeuvre de l'Accord de
libre-échange Canada-Colombie
C-30 Loi sur des questions d'éthique
(Sénat) (deuxième lecture)
C-31 Loi modifiant le Code criminel, la Loi sur la
corruption d'agents publics étrangers et la Loi sur
l'identification des criminels et une autre loi en
conséquence
(comité)
C-34 Loi protégeant les victimes des
délinquants sexuels (deuxième lecture)
C-37 Plan d'action pour la Commission de la capitale
nationale (comité)
C-40 Loi modifiant la Loi électorale du Canada
(deuxième lecture)
C-42 Loi modifiant le Code Criminel (mettant fin
à l'octroi de sursis à l'exécution de peines
visant des crimes contre les biens ainsi que d'autres crimes
graves)
(comité)
C-43 Loi modifiant la Loi sur le système
correctionnel et la mise en liberté sous condition et le
Code
criminel (comité)
C-44 Loi modifiant la loi sur la société
canadienne des postes (deuxième lecture)
C-45 Loi modifiant la Loi sur l'immigration et la
protection des réfugiés (deuxième
lecture)
C-46 Loi sur l'entraide juridique en matière
criminelle (comité)
C-47 Loi sur l'assistance au contrôle
d'application des lois au 21e siècle (comité)
C-52 Loi modifiant le Code criminel (peines pour fraude)
(comité)
C-53 Loi modifiant la Loi sur le système
correctionnel et la mise en liberté sous condition
(procédure d'examen expéditif) (deuxième
lecture)
C-54 Loi modifiant le Code criminel et la Loi sur la
défense nationale en conséquence (deuxième
lecture)
C-55 Loi donnant suite à la décision de la
Cour suprême du Canada dans l'affaire R. c. Shoker
(deuxième lecture)
C-57 Loi portant mise en oeuvre de l'Accord de
libre-échange entre le Canada et le Royaume
hachémite de
Jordanie (deuxième lecture)
C-58 Loi concernant la déclaration obligatoire de
la pornographie juvénile sur Internet par les personnes
qui
fournissent des services Internet (deuxième lecture)
C-59 Loi modifiant la Loi sur le transfèrement
international des délinquants (deuxième
lecture)
C-60 Loi portant mise en oeuvre de l'Accord cadre sur
les opérations intégrées
transfrontalières
maritimes d'application de la loi entre le gouvernement du Canada
et le
gouvernement des États-Unis d'Amérique
(deuxième
lecture)
C-61 Loi prévoyant la reprise et le maintien des
services ferroviaires (deuxième lecture)
C-63 Loi modifiant la Loi sur le développement
commercial et industriel des premières nations
(deuxième
lecture)
Sénat
S-5 Loi sur l'abrogation du registre des armes
d'épaule (deuxième lecture)
S-6 Loi modifiant la Loi électorale du Canada
(responsabilité en matière de prêts
liés
à la politique) (deuxième lecture)
S-7 Loi modifiant le la Loi constitutionnelle de 1867
(limitation de la durée du mandat des sénateurs)
(deuxième lecture)
C-26 Loi modifiant le Code criminel (vol d'automobile et
trafic de biens criminellement obtenus) (deuxième
lecture)
C-27 Loi sur la protection du commerce
électronique (comité)
C-36 Loi renforçant la
sévérité des peines d'emprisonnement pour
les
crimes les plus graves (deuxième lecture)
Adoptés/obtenus la sanction
royale
C-2 Visant la mise en oeuvre de l'ALÉCA
(Accord
de libre-échange Canada-Association Européenne de
Libre-Échange)
S-2 Loi modifiant la Loi sur les douanes
S-3 Loi modifiant la Loi sur l'efficacité
énergétique
C-3 Loi modifiant la Loi sur la prévention de la
pollution des eaux arctiques
C-4 Loi canadienne sur les organisations à but
non lucratif
S-4 Loi modifiant le Code criminel (vol
d'identité et inconduites connexes)
C-5 Loi modifiant la Loi sur le pétrole et le gaz
des terres indiennes
C-7 Loi modifiant la Loi sur la responsabilité en
matière maritime
C-9 Loi modifiant la Loi de 1992 sur le transport des
marchandises dangereuses
C-10 Loi d'exécution du budget de 2009
C-11 Loi sur les agents pathogènes humains et les
toxines
C-12 Budget supplémentaire des dépenses
(B) de 2008-2009, Loi de crédits
C-14 Loi modifiant le Code Criminel (crime
organisé et protection des personnes associées au
système judiciaire)
C-16 Loi sur le contrôle d'application de lois
environnementales
C-17 Loi reconnaissant le Cimetière Beechwood
comme le cimetière national du Canada
C-18 Loi modifiant la loi sur la pension de retraite de
la gendarmerie royale du canada
C-21 Budget supplémentaire des dépenses
(C) 2008-2009
C-22 Loi de crédits no1 pour 2009-2010
C-24 Accord de libre-échange Canada-Pérou
(ALÉCP)
C-25 Loi sur l'adéquation de la peine et du crime
C-28 Loi modifiant la Loi sur les Cris et les Naskapis
du Québec
C-29 Loi visant à accroître la
disponibilité des prêts agricoles et abrogeant la
loi sur
les prêts destinés aux améliorations
agricoles
C-32 Loi modifiant la Loi sur le tabac
C-38 Loi modifiant la Loi sur les parcs nationaux du
Canada en vue de l'agrandissement de la réserve à
vocation de parc national Nahanni du Canada
C-33 Loi modifiant la Loi sur les allocations aux
anciens combattants
C-39 Loi modifiant la Loi sur les juges
C-41 Loi portant mise en vigueur de l'accord
définitif concernant les premières nations
maanulthe
C-48 Budget principal des dépenses 2009-2010
C-49 Budget supplémentaire des dépenses de
2009-2010, Loi de crédits
C-50 Loi modifiant la Loi sur l'assurance-emploi et
augmentant les prestations
C-51 Loi portant exécution de certaines
dispositions du budget déposé au Parlement le 27
janvier
2009
C-56 Loi modifiant la Loi sur l'assurance-emploi
C-62 Loi modifiant la Loi sur la taxe d'accise
C-64 Budget supplémentaire des dépenses
(B) de 2009-2010

Position des partis à la 40e
Législature